COMTES, PUIS DUCS DE SAVOIE, ET ENFIN ROIS DE SARDAIGNE
La. Savoie, pays aujourd'hui renfermé entre le Piémont, le Valais, U Suisse, le Khone, le Dauphiné et la Provence, mai» autrefois beaucoup plu» étendu, était anciennement habitée parles Centrons, les Branorices, les Antuates ou Nantuates, les Lalobriges et les Allobroges, tous peuples subjugués par Julcs-Ccsar. Elle est aujourcPhui divise* en six parties , qui sont la Savoie propre , le Genevois , la Maunenoe , la Tarentaise, le Faucigni et le Cbablais. Le nom de Savoie ( en latin Sapaudia, et depuis Saiaudia ), n'est point connu avant le quatrième siècle. Ammien Marcellin est le premier auteur où il se rencontre. La Savoie passa de la domination des Itomains sous celle des Bourguignons, en 4i 3 ; et après IVxtinctiou du royaume de ces derniers, elle devint, en 56i, une province de la France , jusqu'à l'érection du nouveau royaume de la Bourgogne supérieure , en 888 , dans lequel elle se trouva comprise. Ce royaume ayant été réuni à celui de Germanie dans le dixième siècle, la Savoie devint une portion de l'empLe, et ses différentes parties furent gouvernées par différents comtes, que les empereurs y nommèrent. Les comtes de Maurienne , ancienne patrie des Branovices , sont connus avant ceux de la Savoie proprement dite ; et ces derniers ne se montrent dans l'histoire , que lorsque ces deux cantons furent réunis.
L'origine de l'auguste maison de Savoie est depuis longlems une matière de contestation parmi les généalogistes. Les uns la font sortir de telle de Habsbourg. C'est l'opinion du P. Vignier , de D. Hergolt , de M. SchospBin , et en dernier lieu de Iru M. Riva*, écrivain suisse, qui a lâché de l'établir dans une dissertation qui n'a pas encore vu le jour, et dont un littérateur des plus respectables , à tous égards, a bien voulu nous donner le précis (i). Les autres font descendre celte maison de
(t) Tel est re précis : D'Albert, duc d'Alsace, fondateur de l'abbaye de Saint- Etienne de Strasbourg, qui mourut vers l'an 73a . el qui était ûls oiné du duc Elhico, dépendait an huitième degré Gootran, dit lt Hic kl. comte «n Argow vers l'an q5o , po^es>eur ar terres considérables en Alsace et en Brisgaw. Kadebolon , son pelït-fils, comte d'Altenhourg , en Argow, mort le 3o juin loaj. avait pour frerr» Werner, evéque de Strasbourg et fondateur de l'abbaye de Mari el du château de Habsbourg , en Argow . mort en io>«, et Bertilon , ou Berthol, comte de Brisgaw, qui fonda, «n 1008 , le monastère de Sulsberg. el de qui dérivent les durs de Zeringen, auteur» de la maison des margraves de Bade-Bad*n et de Badc-Dourlach. Werner, dit le Pieux, premier comte de Habsbourg, rn Argow, avoué de l'abkave de Mûri . mort le 1 1 novembre loob, fils dn même Radrboton , comte d'AIUobourg, ut d'ide, «rur de ïhierri, duc de Lorraine, eut
celle de Saxe. C'est le sentiment adopté par la plupart da généalogistes , et d'autant plus respectable, qu'il est conforme 1 un acte authentique du corps des électeurs , en date du a3ao*t i5«a, et imprimé dans Guichenon, parmi les preuves de l'histoire généalogique de la maison de Savoie ( pag. 53; > bans cet acte , il est expressément dit: auôd dur Sabaudia si princeps sacri imperdex sanguine germano ducum Saxonktormndu!, Cette maison , elle-même , n'a jamais pensé autrement. Loris, duc de Savoie, mariant la princesse Charlotte, sa fille, en 144H, avec le prince Frédéric, fils aîné du duc de Saxe, reconnut cette parenté dans la procuration qu'il donna an thisceljer , son ambassadeur, pour conclure ce mariage: asseserf nastras qui oè i m lit a dumo Saxonù* ortum traaJmus , rrmvsn, et ea qva iongatecc aclaiii pngrttsus dùt'uvât , aolhort Dte , reunir t confidentes , etc. C'est dans cette persuasion , qu'ans diètes impériales, elle a toujours siégé sur le même banc que
et en troisièmes, à Simon , comte de Lciniogen, on Lînaoge. M **~ ronde branche qui dérivait de Hugues, comte d'Egùhrim. el Se O.ig -bourg , frère puîné du pape saint Léon, finit, en 1 101. avec w comte Henri , fils d'Albert, comte de Dag^Hourg et de Mnrhs. e» 4* Moha, et d'Errnesinde, comtesse de Luxembourg ; maïs jusqu'à pressât on n'avait pas oui-dire que l'ancusle maison de Savoie avait p^" auteur le même Gérard, comte d'Alsace, fr^re amé du ^ Léon IX. Ce comte a elé le même, suivant notre auteur, que Bérsr». ou Br'rold , que tous les modernes diarsit avoir été la lig* du i»aio de Maurienne , dits depuis comtes de Savoie.
pour fils Othon , comte de Habsbourg , landgrave de la haute Abect, avoué du monastère de Mnri , dont le petit-fils, Adalberl, ou Albert % dit le Riche, mort le aS novembre nm, comte de Habsbourg, Isadgrave de la haute Alsace, avoué des abbaye* de Murbach et de Mari, fut le bisaïeul de l'empereur Rodolphe 1, de qui descend l'augurt maison d'Autriche Habsbourg.
Elhico , II*, du nom , qualifié duc, fils d'Etbiro, premier duc d'Alsace, qui mourut vers 690, et frère puîné d'Adelberg, duc d'Alsace, de qui dérive la maison d'Autriche , était le cinquième aïeul d'Ebsrard , IV». du nom , comte de Nordgaw, qui vivait en q5o, et oui, entr'autres enfants, eut Adelbcrt, dur et marquis de Lorraine, ta 979, de qui descend l'auguste maison de Lorraine, et Huge.es, II*. <*• nom, comte de Nordgaw, fondateur de l'abbaye d'Altorf, en 966» tige des comte» d'Egtsheùh , en Alsace, et aïeul paternel du f*ft saint Léon IX (mort en io54 )■ La maison des comtes d'Egi>bein (si divisée en deut branches, celle qui avait pour auteur Gérard, frèrs aîné du pape saint Léon, s'éteignit en iaa5, suivant M Schetplbs» svec Ger'rude, comtesse, héritière des romtes de Oagsbourjt > sa Dabo , de Mets et de Moha , mariée, en premières noces , à Thibaut, duc de Lorraine . en seconde* , a Thibaut , comte de Champ ie. ae >