‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 302 sur 582 · AMÉDÉE 11 , PREMIER COMTE DE SAVOIE · texte numérisé non relu

AMÉDÉE 11 , PREMIER COMTE DE SAVOIE

1 108. Amédée H, fils d'Humbert II, devient son successeur. 11 fut attaché à l'empereur Henri V, qu'il accompagna , l'an 1 1 1 1 , dans son voyage d'Italie. Ce monarque , avant de repasser les Alpes, l'éleva a la dignité de comte de l'empire; et de la vient , disent quelques-uns, le droit de suffrage que les ducs de Savoie exercent a la diète d'Allemagne. Amédée paraît être le même que le marquis Hamadan, qui, suivant l'annaliste saxon, prit les armes en faveur des princes de la maison de Franconie contre l'empereur Lolbaire , qu'ils refusaient de reconnaître. Lothaire étant venu, l'an u3a, en Italie, mit en fuite Conrad de Franconie, son compétiteur, qui s'était fait couronner à Monza, et ravagea les états des princes italiens du même parti. Amédée fonda, l'an na5, l'abbaye cistercienne de Haute-Combe, où sont inhumées plusieurs personnes de la maison de Savoie. Vers l'an 1 136 , la reine Adélaïde , voyant le comte Amédée, ton frère, sans enfants , engagea le roi Louis le Gros, son époux, a faire marcher des troupes «lan* les étals de ce prince pour s'assurer au moins une grande partie de sa succession. Mais la naissance d'un Gis que Mathilde d'A lbon, femme d'Amédée , mit au monde, et la mort de Louis le Gros, qui suivit de près, firent évanouir les projets d'Adélaïde. Le comte Amédée eut bientôt repris les places dont les Français s'étaient emparés ; et comme il paraissait disposé à se venger en continuant la guerre, on eut recours, pour l'apaiser, à Pierre le Vénérable, abbé de Cluni , son ami particulier. Amédée se rendit aux sollicitations de Pierre. Il fit la paix , et prit sincèrement les intérêts de son neveu Louis le Jeune, Amédée eut aussi différentes guerres avec Guigues IV, dauphin de Viennois, qui ne finirent qu'à la mort de ce dernier, qui

Èiril, l'an 114a, dans une bataille qu'ils se livrèrent près de ontmélian. L'an 1146, Amédée prit la croix dans un voyage qu'il fit a Metz, et , l'an n47» »l partit avec le roi de France pour la Terre-Sainte. Odon tle Deuil dit qu'en Asie, le roi l'ayant envoyé devant lui avec Geoffroi de Ban çon , ces deux braves attirèrent , par leur témérité , sur l'armée française , un si grand désastre , que sans )a proche parenté du monarque et du comte on les eût condamnés a la corde. ( ChifTiet , S Bernard , Gen. illusl, pp. &i-6ti.) Ce fut vraisemblablement la honte de cet événement qui fut cause du retour précipité d'Amédée en Europe. Mais avant abordés Nicosie, en Chypre, il y mourut le premier avril 1148, laissant de son ~

Humbert , qui suit ; et au moins deux filles, dont l'une , ap pelée Mafalde, ou Malhilde, devint femme d'Alphonse Henri quez, premier roi de Portugal; et l'autre, nommée Alix,

épousa Humbert II, sire de Beaujolais. Quoique Amédée n ne prenne le titre de comte de Savoie dans aucune de ses chartes, mais seulement celui de comte de Maurienne, il parait certain qu'il possédait l'un et l'autre pays. ( Vuyci Guigues IV, comte de V tennois. )

HUMBERT III, dit LE SAINT.

1148. Humbert III, né à Vcillane, te premier août n3€, fut tiré de l'abbaye d'Aulps, ordre de Cîteaux, où il avait pris l'habit , pour succéder au comte Amédée, son père, sous la tutelle d'Amédée, évéque de Lausanne. Urs qu'il fut en état de porter les armes, il donna des preuves de sa valeur. L'an 1 153 , il marcha contre Guigues V, comte d'Albon , qui faisait le siège de Montmélian, et l'obligea de se retirer. L'an n58, invite par l'empereur Frédéric Barbe rousse a la dicte de Boncaille , il se contenta d'y envoyer trois prélats pour le représenter et veiller a ses intérêts. Mais l'an 1 iGa, il ne put se dispenser d'accompagner l'empereur au siège de Milan, où il se distingua. Frédéric ne lui tint pas grand compte de ce service, parcp qu'il était déclaré pour le pape Alexandre III contre l'antipape Octavien. Pour le punir d'avoir embrassé cette obédience , il accorda aux éVéques de Turin , de Maurienne et de Tarentaise, la plus grande partie de leurs diocèses en fief, en les déclarant princes de l'empire , ce qui fit un tort considérable a la maison de Savoie. L'empereur ne borna point là sa vengeance. L'an 1174 , étant repassé en Italie, il ravagea le Piémont, brûla Suze avec ses archives, et n'épargna que Turin, dont l'évéque était dans ses intérêts. Humbert mourut à Charabéri, le 4 mars ii&H, à l'Age de cinquante-deux ans. Sa piété constante et sincère lui a mérité le surnom de Saint. La chartreuse d'Aillon, en Savoie, fondée l'an 1184, est son ouvrage. Il avait épousé, i°. Faididb , fille d'Alfonse I, comte de Toulouse; a". Germains, fille de Berthold III, duc de Zéringen , et femme répudiée de Henri le Lion, duc de Bavière et de Saxe; 3°. Léatbix, fille de Gérard, comte de Vienne et de Mâcon; 4°. Gertrude, fille de Thierri d'Alsace, comte de Flandre, laquelle ayant survécu à Humbert , épousa , en secondes noces, suivant Gilbert de Mons, Hugues (IV), sire d'Oisi , après la mort duquel elle se fit religieuse à l'abbaye de Messines. (Bouquet, tome XIII, p. 56t. ) Les trois premiers mariages ont été connus de Guichenon. Le quatrième est certain par l'autorité de Mons, que nous venons de citer. Ce fut de Gertrude qu'Humbcrt laissa Thomas, qui suit. De Béat ris, il eut Eléonore, femme de Gui de Vintimille , puis de Boni face 11 , marquis de Montferrat. Germaine donna au comte Humbert Agnès, ou Adélaïde, fiancée, en 117^, au prince Jean d'Angleterre, fils du roi Henri II, et morte l'année suivante. L'attachement de Humbert pour les Cisterciens el ses libéralités à leur égard , l'ont fait placer parmi les saints de cet ordre.

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