‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 324 sur 582 · JEAN I , BIT LE JUSTE · texte numérisé non relu

JEAN I , BIT LE JUSTE

129a. Jean, né l'an 1276, successeur de Guillaume, son père , appr it sa mort à la cour de Charles II , rot de Naples , où il sciait retiré. Mathieu Visconti , seigneur de Milan, profilant de son éloigneraient, entre avec une puissante armée dans le Montferrat , où il prend diverses places, et répand une sr grande terreur, que le peuple de ce marquisat l'élit pour capitaine avec les appointements de trois mille livres par an. Le nouveau marquis, à son arrivée, est obligé de confirmer cette élection , en donnant à Mathieu des lettres par lesquelles il l'instituait son lieutenant. La ville d'Asti, comme la plupart de celles de Lombardie, était alors partagée entre les deux lactions des Gibelins et des Guelfes. Les premiers, ayant appelé» à leur secours les marquis de Montferrat et de Saluces, chassent les seconds , qui avaient à leur tête la maison de Solnri. Le marquis Jean , en cette occasion, recouvre le grand pavillon que les Astesans avaient enlevé à son père , et bientôt après se remet en possession de la terre de Vignal. Bemenuto met celte expédition en 1394 , et Muratori , deux ans plus tard. J,'an 12991 ayant fait une nouvelle ligue avec le marquis de Saluces, auquel se joignirent Philippon, comte de Langusco et Mainfroi de Becrana, il se rend maître, le 18 mars, des villes de Verceiletde Novarre, avec leurs forteresses. Galeas

Visconti , fils ainé de Mathieu , n'eut que le tenu de s'échapper de Novarre, dont il était podestat. Les Milanais, alarmés de cette double conquête , prennent les armes pour arrêter les progrès du marquis Jean. Celui-ci leur tait accepter une con-

férence , qui se tient le i". mai suivant. On y discuta en présence du marquis de Ferrare , et avec le secours de plusieurs docteurs es- lois, les prétentions du marquis sur les deux villes qu'il avait prises ; et son droit avant été reconnu , la paix se ht le 4 septembre de la même année ; mais elle ne fut pas durable. L'an i3or , le marquis Jean ayant chassé de Verceil h faction des Tilioni , et de Novarre celle des Tornielli , les Milanais prennent parti pour ces bannis , qui s'étaient réfugiés chez eux, et se incitent en devoir de les rétablir les armti à la main. Mais , apprenant que les Crémasques , les Lodieians , les Plaisantins , les Cremonois , les Verceillois et 1« Navarrois , ont fait alliance avec le marquis pour ramener i Milan les Torriani, ils changent de dessein, et restent dam leurs murs , de peur d'une invasion. Le marquis Jean réussit néanmoins , l'an i3oa, à faire rappeler les Torriani à Milao, après en avoir fait bannir les Visconti. Depuis l'expulsion du SoUri , rien ne lui résistait dans Asli, qu'il gouvernait , suivant l'expression de Muratori , la baguette à la main. Ces bannis, l'an i3o4, au moyen des intelligences qu'ils y entretenaient, vinrent à bout d'y rentrer, le jour même de l'Ascension, et d'en chasser, à leur tour, les Gottuani, leurs ennemis, dont ils pillèrent et brûlèrent les maisons. Le marquis Jean, pir la chute de celte dernière faction , perdit toute son autorité dans Asti U ne survécut pas long-tems à celte disgrâce, étant mort au mois de janvier i3o5, sans bisser d'enfants de Marguerite, tille d'Amédée V, comte de Savoie , qu'il avait épousée l'an 1296. après avoir été accordé, Tannée précédente , avec Marie , (ilie de Robert de France , sire de Bourbon. Par son testament, il institua son héritière, Yolande , sa sœur , femme de l'empereur Andronic Paléologue , ou celui de ses fils qu'elle choisirait. Mais à peine cut-il les yeux fermes , crue Mainfroi, marquis de Saluces, issu d'Anselme, second bis d'Aledran, prétendit , comme plus proche agnat , au marquisat de Montferrat. Cependant , u ne prit d'abord , comme le prouve Beovenuto, par de bons documents, que le titre de gouverneur de cet état , titre qu'il partagea même avec le comte de 1mgusco , seigneur de Pavie. 11 fit plus, îl consentit à une deputalion qui fut faite à l'impératrice de Constanlinople , pourU presser de venir elle - même , ou d'envoyer un de ses fils prendre possesion du Montferrat. Mais, sur le bruit qui se répandit que la veuve du feu marquis était enceinte , elle jugea à propos d'attendre l'événement de cette grossesse. Le bruit était taux , et lorsqu'il fut pleinement dissipé , l'impératrice , du consentement de son époux , transporta ses droits, sur 1a succession qui lui était échue, à son fils, qui suit.

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