THÉODORE PALÉOLOGUE
i3o6. Théodore, second fils de l'empereur Andronic Paléologue , et d'Yolande de Montferrat, nommée par les Grecs Irène , arrive en grand cortège, le 16 septembre i3o6 , a Casai, dans le Montferrat, dont sa mère lui avait cédé la propriété. H amenait avec lui sa femme Argentine , fille d'Opicin Spinob, l'un des capitaines de Gênes, qu'il avait épousée en passant par cette ville , où il avait débarqué 1 son arrivée en Italie. En examinant l'état de son marquisat , il ne tarda pas à s'apercevoir que le marquis de Saluces , pendant son administration, en avait cédé frauduleusement quelques places à Charles II , roi de Naples , et en retenait d'autres pour lui. Résolu de les reprendre , il s'aboucha, le jour de saint Michel , à Ponte délia Rutta , près de Garzano avec les Astesans , ennemis du marquis de Saluces, et fit alliance avec eux malgré l'opposition de leur capitaine, Philippe de Savoie . prince de Morée, qui le trahissait en se donnant pour son ami. Assuré de leur secours, ou du moins de n'être point traversé par eux, il se met en campagne h la téte des troupes qu'il avait rassemblées , et recouvre , en peu de jours , Montebello dont les habitants lui firent serment de fidélité. Cet exemple fut suivi de la plupart
DES MARQUIS DE MONTFERRAT
des autres ville» et bourgs du Montferrat. L'an i3o7 , il vint mettre le siège devant Montecalvo , l'une des places du Montferral que le marquis de Saluées avait cédées au roi de Naples. Mais, apprenant que lis allies de ce prince venaient au secours des assiégés avec des forces supérieure*, il abandonna son entreprise, et alla se placer avec son année entre Vignal et Lu, deux places voisines l'une de l'autre , dans le dessein de les assiéger toutes deux à la fois. Les habitants de l'une et de l'autre consentirent a se donner a lui , si, dans l'espace de dix jours, le nu rouis de Saluées ne venait point à leur secours. Celui-ci ayant paru, dans cet intervalle, avec les troupes qu'il avait reçues du roi de Naples , Théodore jugea a propos de se retirer a Russignano , laissant ta conduite de son armée a Philippon , comte de Langusco , son beau-frère. Philippon , au mois d'août , en vint a une bataille qu'il perdit avec la liberté. Le roi de Naples, i qui il fut envoyé a Marseille , où il résidât , le Gt enfermer dans un château de Provence. Sa captivité fut de six mois.au bout desquels Onicin Spinola, son beau père , étant venu trouver le roi de Naples, obtint sa délivrance sous la promesse qu'il lui Gt d'une flotte pour recouvrer la Sicile. Spinola se fit , de plus , céder par ce priuce , toutes ses prétentions sur le Montferrat , avec la restitution des terres de Montecalvo et de Vigual , qu'il reliut pour lui-même , au lieu de les rendre au marquis Théodore , a qui elles devaient revenir. Théodore, étant venu trouver, en îiio, l'empereur Henri VII dans la ville d'Asti , reçut de lui , le alï novembre, l'investiture du Montferrat. L'an m(5, la ville de Casal-Sauii- Euvaise , par délibération du a3 mars , se soumit au marquis Théodore , et le reconnut pour son seigneur , avec tous ses descendans miles et femelles , a perpétuité. Opicin Spinola , son beau-père , étant mort , l'année suivante , à Sarravalle , il hérita , en vertu de sou testament , de tous les droits qu'il avait en cette ville. L'an iH38 ( et non i , comme le marque Chazcit), Théodore étant tombe malade a Trin , y termina ses jours le ai avril. Ç Benveuuto , Muralori. ) De son mariage, il laissa un fils, qui suit, avec une fille, Yolande, mariée, au mois de mai i33o, avec Aimon , comte de Savoie. Le marquis Théodore emporta , dans le tombeau , les regrets de ses sujets, qu'il avait gouvernés , pendant l'espace d'environ trentedeux aus, avec beaucoup de douceur et d'équité. Ce prince aimait les lettres et les cultivait. Daos un voyage qu'il fit » Constant inople, en i3a6 , il composa en grec un traite «le la discipline militaire, qu'il traduisit , l'an 1000 , en latin.