DES SEIGNEURS DE FERRA RE
A uon VII , on Novelh , ayant «uccéJé à son frère , il n'était r« difficile à Sali nguer ra de conserver l'ascendant sur un jeune domine. Perdant ce lems de tranquillité , ce seigneur aviat relevé les forteresses de Thedaldo, de Fratla, et embelli se» pilais. Occupe alors du gouvernement de Mantoue , il se reposait sur la foi des traités laits entre lui et Azzon Nooello , lorsque le jeune marquis , avant réuni des trouas de Padoue et de Vérone, attanua subitement le château de Fratla, où Salingaerra avait rassemblé ce cju'il avait de plus précieux. L'élite tie ses troupes formait la garnison ; elle s'y défendit avec un courage opiniâtre. Presse par la famine, et n'ayant nul espoir de secours , elle s'eiait rendue ; mais Azzon la fit toute égorger impitoyablement, sans épargner les femmes et les enfants. Il n'échappa au fer des vainqueurs que ceux qui cherchèrent une mort non moins cruelle, en se précipitant dans les eaux qui défendaient la place. (Voy. Roland, script, rer. liai., tom. VIII, pag. 186.) Au désespoir d'avoir aussi malheureusement perdu ses plus fidèles serviteurs , Salinguerra répandit l'amertume de sa douleur dans le sein d'fczzclin , Sun ami et son beau -père , en réclamant son secours (i). Bientôt leurs armes réunies firent repentir le marquis de ses cruautés. Ils l'expulsèrent , en 1337 , de Vérone , dont Ëzzelin fut fait podestat. ( Voy. Roland, ibid. pag. 188.) Salinguerra le fut a son tour de la même ville en ia3o, et, Tannée u'ih , il remit Ferrare, dont il était maître, a l'empereur. (Voy. Se ri f>t or es rerum Italie, tom. XVIII, pag. a5y.) uvert Je gloire et chargé d'années , Salinguerra jouissait
' V possesseur de Fer- 1 malheureusement interrompu le commerce, ils" se liguèrent avec Gregorio Monleh.ngo, légat du pipe Grégoire IX , prélat dévoué a la maison d'Est. Bientôt une année nombreuse de Vénitiens, Milanais, Mantouans, Bolonais et Véronais, assiégea terrare au mois de février ia4«. Le marquis Azzon en avait le commandement. Salinguerra s'y défend vaillamment pendant quatre mois. Pour le vaincre, l'on est obligé d'avoir recours a l'artifice. Azzon l'attire sous préteste d'un pourparler propre à établir les articles de paix ; et comme ce grand homme se rendait avec confiance au rendezvous, le 3 juin , jour de la Pentecôte , Hamberto et Richard , comte de San-Bouifacio , le font prisonnier , et le doge Jacques Tiepolo, qui avait conduit en personne les troupes de la république au siège , l'emmène 4 Venise. Salinguerra y tut traite avec toutes sortes d'égards , mais tenu dans une captivité qui ne fut terminée que par sa mort , arrivée quatre ans après , le a5 juillet Plus de quinze cents familles de son parti , qui étaient sorties de la ville après sa détention , le vengèrent de cette tra-
(1) J< crois devoir au lecteur la réponse d'Eccdlino, qui peint si bien le caractère de grandeur de et» tenu- ta : lierpotiiio Etelinide Romane lilterm Saliagnerr* : Sapienti el praio rira Domina Salinguerra sa» Dotai»» pra> eanctii mertalikas révérende . Ecrlinas de Romane ejas sakditas etjUetis arnicas, tolalem, et de iaimieit gloriam et trinmphum .
Dm» sttat priacipaliler in kdc riti, ad f» teneatur hemiaes ialer taltr» lotorare ./drm ridelitet okserrare amie i s et rirere ex m honore : el ta- t»»t il la caasmpreeeipaee, oaïkns me teaiio iadittolaHliter atligalam, al Militer ialeadam et tigilem ad retira negotia «not suât me». Sajte t*Jte»am aadiri de faelo Frai* . aee /ai aaielar mentis, are pelai eotlertari : immà in reniai* pre.'etfor, faàd pleaam larlitiam non kakeko niii prias ut/if tri/ de dama» . el saagaiae iki fado . samert allioaem. Est aalem puitlaatauiat ia adtertis modam esceder* in détende. Coasolelar ergà cor ifilnum , el ego aaà totucum ; ouemièm , lit» daale , noa priât aaai eirfulas rerelretmr, fmam ieumicos nestros tom acatit eateorièas perfarare ni-
î.m.'jr
tiim ioJere pmipitmm
( Verei Slaria
*ee~ïi Eeetini , tome III , page aod. )
(a) Fait ia cooditionibue paeù jiim dur tôt . ut non liirret Marchionibus reaire Ferra h a m . ai ri eam eomitala non megao , Us ia aaaa, el de pnestiealid Salinguerra- (Voy. Ckroaica parya ferrai. ; Moral, Stript iterum Hat., tom. Mil, pag. 48a.)
bison odieuse. (Sériai, rer. liai. tom. VIII , pag. 485.) Salinguerra avait fini sa carrière , âgé de plus de quatre-vingt-quatre ans. Toute la noblesse de Venise assista a ses funérailles , et lui rendit de grands honneurs. Il fut enterré dans l'église du monastère des Bénédictins de San Nicolo di Lido. Sur son sépulcre de marbre, qui existe encore, on lit l'inscription suivante: Sepulchrum magnifia domini Sa/ingurrrm de Ferrarid , qui obiit die a5 julii, anno 124 4- Salinguerra 'Corel li eut trois femmes, la première , Ketrude , dont on ignore le nom de famille ; la seconde , SoPME da Onara , lille d'Kzzelin IV , dit te Moine , et d'Adélaïde, des comtes de Mangnne, veuve de Henri d'Egna, qu'il épousa vers laaa. (Verci slaria dri Eereli., tom. I , p. 11 40 Il parait qu'elle était morte avant sa captivité , puis qu'il se maria en troisièmes noces avec SlBILIA DA MontaPIORE, fille d'Uguzzone. (F. Savioli , Annal. ttoiog., tom. II, pag. a 43.) Salinguerra obtint du premier lit, 1 Paolo , qui , marié à Lucrèce N... , fut père du bienheureux Torello , né en 130a ( 1 ) , mort en ia8a ; a 0 . Itarlnlomca , mariée à Giacobino Rangone. Du deuxième lit , il n'eut qu'un fils , Giacobo ou Giaromo , qui suit , et une fille, Fraisenda, qui vivait en ia6a. Plusieurs chroniques disent que Salinguerra eut de sa troisième femme deux fils, Ricciardo et Salinguerra. Le seul fait certain est que cette épouse fidèle l'accompagna a Venise dans sa prison , où clic le consola jusqu'à sca derniers instants (a).
G1ACOMO.
ta44- Giacoko, ouGtACOJto , avait le U tri«<g<r, comme nous le confirme Muratori (3). A la prise de Ferrare , Azzon et les chefs de l'armée , ne le croyant pas dangereux, lui permirent de se retirer où il voudrait ; et il choisit la cour d'kzzelin , son aïeul maternel. (Voyez Pigna Stor. dei Prinei/d d'Est, lib. Il, pag. 18^.) Le parti des Gibelins voulut le rappeler a Ferrare ; mais ta nullité ne lui peimit pas d'en profiter. L'empereur Frédéric II l'investit, en i*45, des mêmes fiefs, provenants de la comtesse. Malhilde , qu'il avait donnés a Salinguerra, son père, vers l'an taio, et qu'Innocent III lui avait confirmé* en iat&. ( Voyez Trisl. Catch. Istoria di Milanoy lib. III.) Ces mêmes fiefs furent donnés, depuis , par l'empereur Charles IV aux Gonzagues , vers i36o , ainsi que l'attestent Posaevino. Istor. dei Gomaghi , lib. IV, fol. 3a5; et Maria Equicola, Stor. di MatUoua; lib. II, p. oS. Giacomo épousa Marie Morosiwi, petite-fille, à ce quon croit, de Dominique Morosini, doge de Venise en 1 1 4 S - Outre une fille , dont on ignore le nom , il eut encore d« ce mariage un fils, Salinguerra, qui lui
(1) Bealus Taareltas, eai gealile cognemen , al ia Torellié geate et aliis aea rari asareail , idem ac a»mea /ait, amno Er» ealgaris ciïcen . appido salis noiili ad Arnam site et Clasenliam proriacim faeile priacipe , parralHai aatlaaitate geaeris et glorii ma/aram, et sué eirtair Jtoreatiiaj , salas est. ( V ■ Jacob. Bellogradut, de ritd B. Torelli Pappieasis Vallts- Vmlrosm cammealariut . ) ( Traitai' ape/og. ia cai si dimoslra S Tarrlto da Poppi Eremita ettere s lato delf ordioe di rallomirosa. ) ( Opéra di D Fedele Soldaai da Poppi, f*J- '«"!«' plu»icun autres vie* d« ce saint, p»lron de la ville de Forli. H est en grande vénération daus toute la Toscane. )
(a) Porto Dominas Satingaerra taillas oral dicen : lalom cœli domino, terrara autem dédit fili" homittum, aamsi per hoc roleas gloriari tuèd peteas et jet ia terril, el lamen ia aeais >J'"iaram mariantes! : et eam fuet sapiens filiam hainit ,tatt.m....kie dretns est Jarotas Toretlas. (Voy. Ckraaiea Vaticann. ) LeTaasoni . au chant IV de la SeecAra rrspila, riante 3g, no»» peint la puissance dr vers :
Di Salinguerra ilpoderoso ia dico Cke tennegii t errara t F"
(3) JaeoSas Toretlas aaotae ejms anitat filial jàm m emieit eral mmrori . gaadio iaimieis , alpotefataas et déliras^ liones remm eam rirnm reddiderant iagloriam , etc. ( V oy. Ferrer. Rer. liai. , tome VIH . P«g« ifii )
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
SALINGUERRA III.
1370. Salingueium , troisième du nom , surnommé Gics- TixtLU pour avoir été conduit a Ferme, en 1261, par un seigneur de cette famille, fut héritier, non de la folie de Giacorao , son père , mais .du courage et des talents de Salinguerra II, son aïeul, et se distingua, dès sa jeunesse, par «ne grande valeur. {Carlo de Lellis Jamlgl. nob. , t. 1 , part. 1, pag. 217.) Il fut créé, l'an 1001 , chef de la ligue formée par les villes de Bologne, Forli et Imota, vint, à la léte de son armée, assiéger Faê'nza , le 27 avril de la même année, cl s'en empara le 2 mai. (Voy et Sigismond Marchesi , Sloria di ForK.) Avant épousé, vers l'an 1006, le ressentiment uV François d'Est contre son frère Azzon VIII, il enlève a ce seigneur Melara, Figliuarola et le fort de la StelUta. Profitant ensuite du trouble arrivé a la mort d'Azzon en t3o8, Salinguerra Torelli se ménagea, par ses amis et ses richesses, un parti dans Ferrare, où il s'introduisit, el s'en fit proclamer souverain par le peuple. Mais le cardinal Pelagrù, légat du saint siège, et les marquis François Renaud et Obizzon d'Est ayant réuni, l'an i3io, leurs etlorts, ne lui permirent pas de s'y maintenir. En se retirant , Ramberto Ramberli et François Menalvi , qui avaient suivi et secondé Salinguerra , ravagèrent Fcrrare, son territoire, livrèrent au pillage et aux flammes les palais du marquis. ( Muratori , Annal. d'Ilai., tom. VIII; Pigna , ibid. lit. IV.) Salinguerra ût de nouveau diverses tentatives pour rentrer dans les anciens états de ses pères; mais elles furent infructueuses, cl il fut oblige d'y renoncer entièrement. Depuis ce. lems , la seigneurie de Ferrare resta à la maison d'Est seule.
Salinguerra Torelli recueillit l'héritage des biens de Pierre Traversaria, seigneur de Ravenne, du chef d'Hingilda, femme de Ludolphe de Saxe, sa cinquième aïeule. Il avait épousé, en 1284, Jeanne, fille du fameux Albert Pal lavici ni , seigneur de Milan, Rrescia, Crémone, Plaisance, Torlone et Alexandrie (Voy et Sansovino, Famigl. Ulutt. d'Itai., paç. 385), et eut de celte union deux filles, Marguerite et Amia. On voit qu'il donna, en i3o4» sa procuration pour les marier a Renaud et Obizzon d'Est , tous deux (ils du marquis Aldovrandin. De son épouse , Salinguerra eut aussi deux enfants mâles , Giacomo, qui se relira a Forli, où il fut la souche des marquis Torelli qui existent encore aujourd'hui (178$) dans cette ville; et Bolacino, marié a Beatrix Malespina. Ce dernier fut trisaïeul de Goido II Torelli, dit le Grand, premier comte de Guastalle. (Voyez la suite des descendants de cette maison à l'article des de Guastalle et de Montethiaruzolo.)