‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 397 sur 582 · SEIGNEURS DE LA MAISON D'EST · texte numérisé non relu

SEIGNEURS DE LA MAISON D'EST

AZZON VI.

Atto, Azzo, ou Azzolimo, marquis d'Est, sixième

du nom de celte maison , sans contredit ciennes et des plus illustres de l'Europt de Ferrare en îicib. Il y acquit une

l'une des plus anpe, était déjà podestat ii(j<3. 11 y acquit une grande autorité, et il obtint aussi la même dignité à Padoue , l'an 119*,- Azzon tirait son origine, ainsi que les Malespina et les Pallavicini, le prouve Muratori, d'Oberl 1 (1),

origine en ligne directe,

(l) Ascendants d'Atso VI , d'après les tables généalogiques , 1 , a et 8 de Muratori ( Voy Amtiekilà Èt/eiui em" Italiane, pari. I. )

BoJUfACR 1. comte de Lurqucs et doc de la To cane . fleurissait l'année 811. Il laissa deux fils. Berald , autrement Bcrchard ou r, qui vivait en 831,, el Bonifa. c, qui suit.

Bo«i»acb II . comte, ou duc de la Toscane , et préfet de la Corse , vivait en 8a 9 ; il laissa un ûl* , qui suit.

seigneur de Canossa , que l'empereur Otlon I fit comte do sacré palais, en ytia. Après avoir perdu Léomore , 611e de Thomas, comte de Savoie, sa première femme, il épousa, le 22 février iao4, Alausie, ou Adélaïde, fille de Renaud de Chitillon , prince d'Antioche. En iao5, Azzon

el détruit son château de la Allié, en 1207, avec 1rs , il défait, a Vérone, Exzelin le Moine , repousse les ennemis jusqu'au lac de Garde , et revient ensuite attaquer Salinguerra , qui était allé au secours d'Ezzelin. En 1209, Azzon va au-devant d'Otton, roi d'Aile*

enasse salinguerra de F Fratla; mais il y rentre San-Bonifacio et les

An ALBERT I, marquis et duc de la Toscane, fleurissait dans lu années 847 et fc 7 5. Il laissa deux fils, Boniface, comte en 8^4, cl Adalbert II, qui suit.

Adalbert II, surnommé Le Riens , marquis et duc de Tosranc, mourut en 917, laissant deux fil», Lambert, marquis et duc de Toscane rers l'an g3i , el Gui, qui suit.

Gi'l, marquis el duc de Toscane, finit ses {ours vers l'an o3o. Plusieurs conjectures donnent lieu dr croire que de cette famille , et nommément de celle du marqui» Gui, naquit

Adalbert III, marquis d'Italie , vivant en l'année 940. Il laissa sa fils, qui suit.

Obert I, ou ALBERT, fut, dit Muratori , non -seule ment marquis d'Italie, mais aussi romle du sacré palais; dignité la première dea royaume d'Italie, qui rendait celui qui la poisëdait vicaire de souverain, et lui assujétissait un grand nombre des villes de cet étal. Indigné de la tyrannie du roi Bérenger II, et de la persécution qu'il faisait a la reine Adélaïde, veuve du roi Lolhairc , pour la contraindre à épouser Adalbert, son fils, il alla trouver, en Allemagne, le ri Olton I pour l'engager a venir délivrer cette princesse ; ce qu'il obtint, comme on l'a vu ri — devant. Le premier monument «uni lequel on voit Obert qualifié marquis , est de l'an g3i , et le dernier de l'an 97t. (Voy. Amtithita Esteiui ', part. 1, pp. i34~i3a ) Maïs il y a bien de l'apparence qu'il prolongea beaucoup plus lois u carrière. Il jouissait en bénéfice de l'abbaye de San - Coloaaban île Bobio. Il eut pour successeur son fils,

Obert II, marquis d'Italie, qui fleurissait depuis l'an 994 iosqtt') l'an 101 4. Il laissa au moins trois fils, savoir Alton I, qui sait; Hugues I, marquis et comte depuis l'an 1014 jusqu'à l'an u>3f>: Adalbert, marquis, fondateur de l'abbaye de Caatiglionc en Canote lo33; et peut-être Gui, marquis en 1039.

Albert Azzo I, marquis d'Ilalie et comte, fleurissait depuis l'an 1014 jusqu'à l'an to» 9 - Il laissa un fils , qui suit.

Albert-Azzo II , né vers l'an 996, marquis d'Italie, comte de Lu- — , seigneur d'Est ( tn latin A Utle ), et de Rovigo (en lalin s>), muu.rut co 1097. Il est la tige des famill.s régnantes de ick et de- Modene l)e CcwzooSDE, princesse de la maison des Guelfes, il laissa Guelfe IV, duc de Bavière, de qui descendent 1rs princes de la maison ducale, électorale et royale de Brurovrirk 1 et «le Geeskxpe , fille d'Herbert Enitle-Chiea' , romle du Maine, >a deuxième femme, il eut Foulques I, qui suit ; et Hugues II , marquis d'Italie et comte du Maine, vivant l'an 1100. Ce dernier laissa trois Atzo III. marquis, mort en 1142; Tancrèdc , marquis, mort en ■ 14&; el Robert, marquis, vivant encore en liai. Le marquis Tancrede cul un fils de même nom que lui, qui mourut l'an nt>4> UB! postérité mile. Hugues laissa ses enfants en Italie, pour aller prendre possession du Maine, où il était appelé par les seigneurs du pats. ( Vojet let comtes dm Maine. )

Foulques I , marquis d'Italie . seigneur d'Est , Rovigo, etc., mrurt vers l'an n36. De ce prince desrend la famille des marquis d'Est, durs de Ferrare el de Moilène. Il laissa cinq fils, Boniface I , inarquis d'Est, mort en 1 |63; Ubiuon I, qui suit; Foulques II, marquis d'Est, mort en 11 -H ; Albert, marquis d'Est, mort co n»4 ; el A110 IV, aussi marquis d'Est.

Obizzoh I, marquis d'Est , meurt vers l'an 1194- Il eut deux fib. Boniface III . marquis . vivant l'an îara ; et Alton V, mort avant son père , I au 1 1 9 3, laissant un fils de même nom que lui , qui suit.

Azzo VI, ou Azzon*, marquis d'Est et d'Ancône, sei-oearde Ferrare , don 1 il est <

raient, qui se rendait 4 Rome , pour y recevoir la couronne impériale. Ce fut a celle occasion qu'il eut le chagrin de voir que ce prince, quoique son parent , portait à Ezzclin et à balioguerra , une affection particulière. Avant celle époque, 1* pape Innocent 111 avait nomme Azzon marquis d'Aucùne; Miichc »ur laquelle les papes avaient de* prétentions, comme taisant partie du fameux héritage Je la comlesse Mathilde. L'empereur Otton IV, pour conserver ses droits , lui conféra, de son coté, la même dignité, au mépris du serment qu'il avait fait a son couronnement impérial , de restituer au saint siège les terres allodialcs de MatliilJe. Ijc pape ayant frapp il'anathême , l'an laio, Oilon, et l'ayant déclare déchu de l'empire, Azzolin abandonna son parti pour embrasser celu de Frédéric 11 , son rival, qu'Innocent protégeait alors. Azzolin mourut au mois de novembre iaia, laissant du premier lit , Aldovrandin ou Aldobrandin, qui suit; et du second, Azzon, qui fut le septième de son nom; Agnès, mariée à Ezzelin le Moiitt; et Bealris, fondatrice du monastère de Gemola, mort lao iaa6.

ALDOVRANDIN I.

ma. Aldovb&kdin 1, fils d'Azzolin, lui succéda dans !• marquisat d'Est et la Marche d'Anitine , dite aussi la Marthe de Warnier ; mais il n'eut pas la m£me autorité que lui dans Ferrare. Salinguerra , qu'Azzolin en avait fait bannir, n'a pas plutôt appris sa mort, qu'il y rentre avec les siens. L'an (ai o, il oblige AldovranJrin , le au mai, a faire avec lui un traité par lequel il était dit qu'ils éliraient en commun le podestat, et qu'ils gouverneraient la ville ensemble; mais Aldovrandin ne tint pas sa promené. Il fit une ligue avec les Parmesans, les Manlouans cl les Modenois contre Salinguerra. Ces derniers étaient animés contre lui , parce qu'il s'était emparé Je la personne de Balduino Vis-Domini , leur podeslal , et lui avait fait arracher la langue. Aldovrandin assiégea pour la seconde fois, en taiâ, le château de Ponte-Duce, et obligea Salinguerra à le lui abandonner pour le raser entièrement. (Voyez Tirabotchi, tom. I , pag. attK.") L'an iai4 » pressé par les sollicitations du pape Innocent III, Aldovrandrin prit les armes pour recouvrer la Marche d'Ancône , dont les marquis de CeUno, partisans d'Olton IV, avaient envahi la plus grande partie. Aldovrandin mourut empoisonné l'an iat5 , ne laissant

K'one fille, Béatrix , que son oncle, Azzon' VII, inaria, a ia34 , a André II , roi de Hongrie.

AZZON VII.

iat5. Azzon VII, dit Novello, on te.JECHH, successeur d'Aldovrandin , son frère , dans un âge encore tendre, fut obligé, dans le commencement, de céder presque toute l'autorité a Salinguerra dans Ferrare. Ayant repris le dessus n taai , il chassa ce rival, qui , bientôt après, rentra dans la ville, au moyen d'un accommodement. L'année suivante, chassé a son tour par Salinguerra, il vint mettre le siège devant Ferrare; mais Salinguerra, l'avant attiré dans la ville avec cent des siens, sous prétexte de traiter de la pai», ezeita contre lui une sédition, dont il n'échappa que par la fuite. L'an la^o , s étant ligué par les intrigues de Grégoire de Montelongo, légat du pane , avec les Vénitiens, les Bolonais et les Manlouans, il vint à leur tête faire le siège de Ferrare, au commencement de février. Salinguerra ayant été fait prisonnier, le marquis Azzon se vit délivré d'un dangereux ennemi, et Ferrare, où il avait des intelligences, lui ouvrit ks portes. L'an i*4g , le fameux Ecelin V podestat de

(>) On a souvent confondu ensemble le* différents EueJins; et il ■ou» parait indispensable de faire ici connaître cet huiuruo calibres, " défiguré* par le< erreurs de* historien*.

DES SEIGNEURS DE FERRARE. a? 9

Padoue , et le plus reJoulable tyran d'Italie, enlève au marquis Azzon , les armes à la main, une partie de ses terres. Azzon , l'an ia5t>, entre dans la croisade publiée par le pape contre Ecelin- Il marche avec les croises au siège de Padoue. Celle

lo II s'appelait Aies; celle d'Alberiro, Cemzza on dont il laissa un seul fils, Ecelo 111. Albéric mourut

Ecelo, ou F.zilom, fils d'Arpon, /tait un des 1 qui accompagnèrent , vers .o36,Vcmpercur Conrad II en Italie. Il lui donna les fiefs d'Onora et de llomano, dont se* descendaiiti portèrent le nom. Gisla, sa femme, qui vivait sous la loi lombarde , est nommée dans une donation faite, par son mari, au monastère de Saint-Félix, en lo'*. Un diplôme de l'empereur Henri IV, de 1091 , rn labeur des religieuses de Saint-Pierre de Pnjoue , est le dernier acte nu l'on voit paraître Ecelo I. Il semble qu'il mourut peu après, alors âgé de plus de quatre-vingts ans , et laissant deux entants , Ecelo II et Albérico. Gliérard Maurice fait un grand éloge d« la probité et des vertus d'Ecelo I.

Ecelo II et At.sxaico I , son frère, firent, a divers monastères, da riches donations, qui leur méritèrent la réputation de personnage* pieux et respectables. An passage de l'empereur Henri V, en Italie, l'an 11 16, ils étaient as.u à ses côté* quand il rendait la justice. La femme d Ecelo II s'a CoXECOMDE,

avant n5 T .

Ecelo III, aussi appelé, par un diminutif, Ecelino , suivant l'usage de ce tems—la . que nous avons déjà expliqué, fut encore surnomme /'/ Balte, ou U Brgie, à cause de la difficulté qu'il éprouvait >n parlant. Imitateur de U générosité de ses pères envers l'église, il passa à la Terre-Sainte en 1 147, lors de la croisade prèrhée par saint Bernard , et mérita l'honneur d'être choisi pour chef par tous le* aventurier* lombards qui s'y étaient rendus. U y acquit beaucoup de gloire , et la soutint le reste de sa vie. Ce seigneur habitait ordinairement Virence, ou Trevigi A sa mort, arrivée ver* l'an n83. il laissa, de son épouse Aobia da Baone, deux fils , Giovanni, marié à Béalrix da Baone, et Ecelin IV, dit le Maine; il en obtint aussi deux filles, Cuniaxa, marié* a Tuolino da Campo Satnpiero , et Gisla.

Eceuho IV, dit /'/ Monaco, ou le Maine, fut ainsi surnommé parce que , vers la tin de sa vie , il se retira dans un monastère de Bénédictins, pour se préparer à la mort : action fréquemment usitée dans le moven age. Il naquit vers si5o. Ayant épousé , d abord fort jeune. Acmss, tille d'Aston VI, marquis d Est , qui mourut en couche, il se remaria à SrEBoxEix* Dalesmamiini, qui abandonna soo époux pour s'enfuir avec Olderico di Fontana, et mourut, eu ■ igq , âgée de cinquante ans, après avoir en successivement cinq maris. Ecelin épousa ensuite CexilIa Oa AbaHo , fille de Mainfroi , comte de Badonc, qu'il répudia parce qu'elle avait été violée par Gérard da Campo Sampiero : ce fut la cause de* guern-s cruelles qui ravagèrent ensuite la Marche de Trevigi. Erelin prit enfin, en quatrièmes noces, Adélaïde, de» comtes de Mangane , qui passait pour être Irés-vcrsce dans l'astrologie judiciaire. Ecelin donna, comme ses prr'dccesseu s , des exemples de religion et de dévouement à l'église. Il fonda a Virence, en iao>, l'église de Sainl-Donal , et a Olier», six milles audessus de Bassano , une église et un monastère de Bénédictins, qui fut le lieu de u retraite. U y vécut jusqu'après l'an ia33, et laissa deux fils et six filles ; savoir, du premier lit . Palma , mariée à Valpcrtino da Cavato; du troisième , Agnès, mariée à Giacomo Guidutli ; du quatrième enfin, Palma Novella , née ver* 1186, mariée, en 1307, & Albert da Baone ; Emilie , née ver* 1188 , mariée à Albert , comte de Virence; Sophie, née vers 1190, mariée à Henri d'Egna , dont elle devint veuve, puis en secondes noce», ver* laaa, à Salinguerra II, souverain de Ferrare; enfin Cunixza, née ver* 1198, mariée aussi, vers laaa. a Bicbard, comte Saint-Bonifacio ; mai* bientôt après Sordello Visronti 1 enleva.

Des deux fils d'Ecelin le Maine, issus d'Adélaïde , Ecelino l'alné naquit le afi avril iio4- L'hiitoire de sa naissance fut sujette à mille fable* , comme celle de sa vie Le* écrivains guelfes nous présentent ce guerrier >ou* les plu

uleurs, parce qu il fut l'ennemi le plu* formidable du saint siège. Cependant on peut obsi-rver qoe ce prince semble avoir eu deux carat 1ère». Voi> i le portait qu'en fait le moine

de Padoue : Dam enim , tirai ciris . in slala degeret militari. . dem irai in hostes : erg» lamen amicoi lenit el frarfuiilis 1 promistis aunaue lalit eral fidtlit . in propotiia slaiilit, in 1 ras , in cansilia praeiéns, el in amniias Jadis tait miles es •refins appo- ( Voyei Script. Rcr. liai , tome VIII , page 708. )

f3o CHRONOLOGIE ville avant été prise le ao juin , Azzon recouvre le» terre* que le tyran avait usupres sur lui. L'an i25o, il forma une ligue , le ii juin, avec les Milanais, le* Bolonais, les Crétnonais et les Padouans, contre ce même Ecelin, qui continuait de désoler la Lombardie par ses brigandages et ses cruautés. Azzon, a la t£te des confédérés , l'arrête, le a6 septembre, au pont de Cassano qu'il voulait passer pour entrer dans le Milanez. Ecelin , blessé dans le choc , se relire , et va tenter un autre passage sur l'Adda; mais le lendemain, attaqué de nouveau, il est pris et conduit à Soncino , où il meurt, le 27 du mCmc mois t des blessures qu'il avait reçues. (Voyez Storia dei Eeceltini, tom. Il, pag. 3j)i.) L'an ial>4, la nuit du iG au 17 février (die decimd-tertid extunte feùruario, nocle domtnùi* diei , comme porte un mémorial de ce tems-là) , Azzon , âge de cinquante ans , meurt à Ferrare , qu'il gouvernait avec beaucoup de sagesse depuis vingt-quatre ans (1).

Eeelino disait souvent qu'il voulait faire des chose t plus grandes que Charlemagne n'en avait exécutées pendant jon règne. En effet , s'il eût réussi dans son entreprise sur Milan , il faisait de la Lombardic le royaume le plus florissant de l'Europe. Depuis l'an taîy, le rar»ci«re d'Ecelino changea. Le même écrivain nous le peint alors ainsi : Sed pot/faim M an h,* dominiam est adeptas , statara rorporit, ça* mediocris /mi/, eddem permanente . repente in nram altérant eit malatai. Nam in /acie ay itérât esl effeclas. Ta/ii namfae apparetat in eut la, faalis erut in ad». In modo laaaendi terriitlts , ta tares sa sapertas, solo iataita èomines de/errriat. Ai amure salis etstinait mu/ieram : sed .in,, ai montas separaiat, et eos cnm aliis de facto Comtrahere campe/ A-iat. Latroaei odio iatail et pradonei . sed illoram tappleiat o/Jfciam , omîtes indif/eremter spoliando pariter et maetando. t'aide saspittosns /ait ; semacr namyae ia détériorent pariem /acta el reria indi/ferentia erponeiat. Omninà fait immisericart ; cradelilale namoue saperait! imei tient omnium Ij-mr tarant. [ Ibid. )

Plusieurs historiens l'accusent d'avoir fait périr près de cinquante mille hommes par ses ordres. Ses cruautés sont souvent «lacérées: mais il en commit beaucoup. Les sédilions élevées contre lui, à Vicenre , a Padoue et à Vérone , l'obligèrent , il est vrai . a des châtiments sévères qu'il outra, et qui servirent de prétexte au pape pour prêcher une croisade contre lui. Ecelin da Romano épousa, en premières noces, Gilia , saur du comte San-Bonifario. L'ayant répudiée, l'an 1339, il prit, en secondes noces, Sklvagia , fille naturelle de l'empereur Frédéric 11; et en troisièmes, l'an ia44« l»°TTA . parente, par sa mère , du roi Mainfroi : enfin il prit , en quatrièmes noces, l'an ia4g, Beatrix ds Castel- Nrovo ; mais il n'eut aucun enfant de ces alliances. Il mourut , comme on la voit ci-dessus, en ia5g, i l'âge de soixante-cinq ans et six mois. Ce seigneur croyait à l'astrologie judiciaire, et consultait souvent, sur ses opérations, un rrémonais nommé Gérard de SabionelU , grand astrologue de ces tems-là. Il en avait beaucoup à sa cour, ainsi que des histrions, des bouffons, des conteurs, des port ei et des hommes de lettres ; ce qui n'annonce pas un caractère si porté a la barbarie et à la férocité.

Albemco , frère d'Erelin V, né vers 1196, vécut en bonne intelligence avec les pape* jusqu'en ia55 , et fut fort aimé de ses sujets. Mai* lorsque , rapproché de son frère , il eut abandonné le parti guelfe , il éprouva toutes les vengeances de la cour de Home , qui l'excommunia rn 12S8 : et, dès cet instant, l'histoire le peignit comme un monstre De BÉatmx, sa femme, qu'il avait épousée à Vicenre, en laao, il eut six fils et trois filles 1 dont Adélaïde, l'ainée , mariée * Renaud d'Est , fut exilée par Frédéric , avec son mari dans la Pouillc , où elle mourut, Une fin bien plus cruelle attendait sa malheureuse famille. En un mime jour, Albéric , attaché , par les Trévisans, à La queue d'un cheval furieux , fut traîné dans la ville et mis en pièces . ses six enfants massacres, et Ma&6i eeitï , sa seconde femme, brûlée vive avec Griseide et Atnabilie , ses filles. C'est aimi que s'éteignit totalement , l'an ia6o , la célèbre maison des Ecelrn da Onara et da Romano.

Nous avons cru cette note nécessaire pour l'intelligence de cet lté partie de P histoire du moyen Age, et nous l'avons puisée dans la Storia dei Eeceliai di Giam Ballisla Verci; 3 vol. io-8' J . lijsjaiiu 1770 : ouvrage plein d'érudition.

(1) Le* républiques d'Italie ne se bornaient pas à défendre leur liberté contre les tyrans; elles n'étaient guère noius occupée* des

ï HISTORIQUE

OBIZZON H.

1264. Obizzon, second du nom, delà maison d'Est , petitfils d' Azzon VU , par Renaud, son perv, mort en ta5i , succéda dans le marquisat d'fcsl et les aulrr-s biens de cette maison, a son aïeul, et fut proclame, d'un consentement unanime, par les habitants, seigneur de Frrrare. Il marcha . Pan ia65, au secours de Charles d'Anjou contre Mainfroi, roi de Sicile, <*n vertu d'une ligue conclue entre eux le 5 août de cette année. Le 3o mars de l'an 1376, il reçoit, des commissaires de l'empereur Rodolphe I , l'investiture de ses états, situés dans la mouvance de l'empire. Les Modénois, qui , depuis qu'ils s'étaient mis en liberté , étaient gouvernés par un podestat, las des desordres causes par les factions qui les déchiraient , députent , le i!i décembre 1288, Philippe Boschetti, leur évéque, Lanfranco Rangone el Guido Guidone, au marquis Obizzon pour se donner à lui. Obizzon accepte leurs offres , et envoie le comte Cinello , son parent , pour prendre possession de la seigneurie de Modène en son nom. Il y fait lui-même en persnnne son entrée solennelle au mois de janvier suivant (Voyez C/trouira di Boiog. Muratori Rer. liai. , t. XV1I1 , p. ag5.) Pair de Regaio , pour

reillement élu, le 1 5 janvier 1390, .v. 8 »v U . ~ — ' r — un eux attacher à son parti les' Rangone (t) , famille illustre

moyens de s'agrandir aux dépens de leurs voisin*. Les ville* de Nonantula et de Sau-Cesaieo étaient de tem* immémorial du domaine Jf» M r >dcnois. Les Koluoais. s'en étant rendus maîtres le* premiers, leor en firent demander la restitution par leur» député*. La réponse des Bolonais fut que Nonantola s était donnée volontairement a eux , et que San-Cesaieo leur était demeuré pour les frais des guerres passées ; que cependant , pour ne pas leur céder en générosité, il* consentaient a les rendre. Ce discours , tout modéré qu'il était , blessa l'orgueil des Modénois , et devint le signal de la guerre. On prend le* arme* de part et d'autre. Entitts, ou Enrio, roi de Sardaigne , et (ils naturel de l'empenrtir Frédéric II, vient au secours des Modénois, el se met a la lile de leur armée. Ayant rencontré celle des Bolonais . près de Possslte, il lui livre une bataille sanglante . et la perd , avec la liberté , te jour ds Saint-Barlhélcmi 1349. Conduit prisonnier a Bologne, il e*t réclamé,

, ton père , qu'on n'écoute qu'avec 1

avec 1

pris. Frédéric , changeant de ton, offre, pour la rançon 'de son fils, d'entourer la ville avec un fil d'or. Il ne réussit pas mieux. Entîe mourut à Bologne . après vingt-trois ans de captivité , pendant lesquels il fut traité , d'ailleurs, avec tous les honneurs du* a son rang el i a naissance. On lui fit des funérailles magnifique* et vraiment royales. Quant à la guerre qui avait occasioné sa détention . elle fut terminée par la médiation du pape Innocent IV, irréconciliable ennemi de Frédéric et de sa race. Qui s'imaginerait que rette guerre, dont nom traçons un fidèle précis d'après Camponarrio , qui en a donné une histoire particulière , a fourni au Tas» oui la matière de ion pnë'ate héroï-comique de la Setehia rapila , ou du Seeaa enlevé ? Le marquis Axson ne fut que spectateur de* querelles de Modene et de Bologne , attendu que ni l'une ni l'autre de ce* villes n'était de sa dépendance; et nous ne rapportons ces faits que parce qu'ils intéressent une république qui tomba sous la puissance de >e* successeurs.

Les lettres ont l'obligation a monseigneur François-Marie d'Est, évéque de Reggio et abbé de Nonantola, d'avoir une histoire diplomatique très- intéressante de celte abbaye célèbre. Le savant cbevaher Tiraboschi l'a publiée en deux volumes in-folio , imprimé* a Modène en 1784.

(1) Cette maison illustre tire son origine de la Weslphalie, on et la Saxe, ainsi que nous l'apprend Muratori ( Dissertât de//' ont de eognomi.) Gmiuid Rakcoxc la transplanta en Italie vers la fin in oniième »iècle. Un second Gui*. sa p , son petit-fils , était podestat it B"K>gne en 1 Ô6 On le voit ensuite inve.ti par Guelfe, duc de Spo

lette et marquis de To»rane en 1 i6»i, dtlla Carte di Garassa. (Voy. Attirait. Es/. , part. I , cap. 3o ; Saeioli Annali Boiog. , tome I , part t , pag. 3oq et 3ia. ) Un troisième Ghebabd fut podestat de Bologne en iaa6, de Vérone en ia3o, de Sienne en ia3a , de Manlnue en ia4' » et tué la même année dans une hâtai Ile. Un quatrième Gamin fut podestat de Bologne en ta4°> de Mauloue en ia5t : c'est le même que le Tassoni a chanté dan* sa Seccàia rapita , cant 1 , stans i3 U fut

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