HENRI LE SUPERBE
L'an n33, Hewri le Superbe, duc de Bavière, fut Investi du comté de Toscane et du duché de Spolette , par l'empereur Lothaire II , son beau-père , a qui le pape Innocent II les avait cédés , comme relevants de l'église romaine , moyennant un tribut annuel de cent livres d'argent. 11 était de b ligne d'Est en Allemagne ; et ce fut apparemment en considération des droits que cette ligne avait sur la succession de la comtesse Mathilde , que l'empereur lui conféra ces dignités. L'an n34 (n35 suivant le calcul pisan), le concile, tenu a Pise par le pape Innocent 11 , investit de la Toscane le marquis Ingetbert, c'est-à-dire qu'il le nomma vicaire du duc Henri, en Toscane. Mais les Lucquois , ne voulant personne qui les commandât , rejetèrent ce marquis , lui firent la guerre et le chassèrent , quoique soutenu des Pisans. L'empereur vint , l'an 1137, au secours d'ingelbert et le rétablit. Henri mourut en Altemagi.es, {Voy. Henri VU! , duc de Bavière.)
ULDÉRIC
dans la suite de sa maison , frère de Henri le Superle , reçut ; en 11 53, de son neveu Frédéric Barberousse, roi des Romains, et depuis empereur, l'investiture de la Marche de Toscane, et en m^rne tems celle des biens allodiaux de Mathilde et du duché de Spolette. 11 vint en Italie, l'an 11 54, et fut reçu avec de grands honneurs par tous les peuples de Toscane , même par les Lucquois et les Pisans. Lan ii5q, il aida l'empereur à réduire la ville de Crème, qui s'était révoltée. Il retourna, l'année suivante, en Allemagne, laissant Welphe VII, son fils, pour gouverner la Toscane en son absence. Le jeoos Welphe se comporta de manière à mériter l'affection des peuples. Ce prince étant mort en 1167, Welphe, son pire, qui se voyait sans enfants, institua son héritier Henri le Lion, son neveu , a la charge de lui paver une certaine somme (1). Mais Henri , négligeant d'acquitter cette dette, Welphe changea de dispositions à son égard ; et , pour le punir de son ingratitude, il céda , ou engagea, l'an itbg, tous ses biens à l'empereur Frédéric. Henri le Lion réclama cependant l'exécution de la donation que Welphe lui avait faite ; et, malgré ses malheurs , il ne voulut jamais entendre à aucun accommodement avec l'empereur à cet égard. Welphe VI mourut ea Allemagne , l'an 1 iq5 , dans un âge très-avancé. La république de Lucques conserve dans ses archives un monument précieux de sa libéralité ; c'est un privilège par lequel il lui accorde, dans une étendue de six milles , la juridiction qui lui appartenait dans celte ville et ses environs, comme marquis de Toscane.
PHILIPPE
L'an 119,5, Philippe, cinquième fils de l'empereur Frédéric I, fut nommé marquis de Toscane par l'empereur
Henri VI, son frère, qui /l'an U97, le fît duc de C'est le même qui se fit élire roi des Romains, en 1198, et tut assassiné l'an iao8. 11 est probable qu'il garda pendant toute sa vie la Toscane et les autres biens de la succession de Mathilde. Mais il y eut peu d'autorité depuis la mort de Henri VI; car, après cet événement, le pape Innocent III fit des efforts pour faire rentrer le saint siège en possession des biens de la comtesse Mathilde. 11 commença par la Marche d'Ancône , dite alors la Marche de Came ri no , et la Marche de Fermo, qu'il enleva sans peine à Marquard, que Henri VI en avait fait marquis. Voulant ensuite recouvrer la Toscane, il fil une ligue avec Lucques, Florence, Pistoie et les autres ville» de cette province, à 1 exception de Pise, qui seule resta fidèle à Philippe, ainsi qu'à son C'est ici propremen lions des Guelfes et
chaient aux papes pour conserver leur liberté et n'être pins vexés par les officiers de l'empire , s'appelaient les Guelfes ou Welpnes; ceux qui étaient du parti des empereurs, se nommaient les Gibelins ou Ghibclins ; et dans cette faction se rencontraient principalement les marquis , les comtes , les châtelains, et les autres nobles qui jouissaient des fiefs de l'empire , pour se maintenir contre les villes libres qui cherchaient à les assujettir. Plusieurs villes aussi, que les empereurs traitaient favorablement , entrèrent dans la faction giwline, par le besoin qu'elles avaient de la protection des ém-
et neveu Frédéric II.
l'origine . selon Muratori , des deux facdes Gibelins, en Italie. Ceux qui s'alta-
it3q. Uldéric, ou Ulric, comte de Lenzbnurg, fut créé! marquis de Toscane par l'empereur Conrad après la mort de ' Henri le Superbe. Sous son gouvernement, les guerres des Lucquois, des Pisans et des Génois causèrent de grands désordres en Toscane. Le nécrologe du chapitre de Munster, en Argow, place sa mort au 8 octobre.
WELPHE.
ti 53. Welphe, ou Guelfe, d'Est, sixième du nom
pereurs
voisii
protection 1
pour n'être pas englouties par d'autres villes de leur e, plus puissantes qu'elles, ou plus aguerries. L'ani-
(1) Le» «Slat» «me Welphe possédait sont connu» par le» titre* «m 3 prend en plusieurs document» : telle est entraulre* la lettre qu'il écmit au roi Loui» le Jeuue, pour le remercier de* .ervice» qu'il avait rendu» au pape Alexandre III, et dont Tinjcription est dan» ce» terme»: tTetpLs Deigratid Dax SpoMi , Marchio Tutti*. Princept Sarditia e* Corsicm et domiaai tottut Demis CotnitintÊ JletAt'Uit. {Oi II, oap6i6.)
DES DUCS, MARQUIS, GOUVERNEURS ET GRANDS-DUCS DE TOSCANE
mositê de cei deux raclions s'augmenta par la rivalité de Ph lippe de Suabe et d'Ollon IV, tous deux compétiteur» pour I empire. Le premier . descendant de l'ancienne maison de Ghioling, avait contre lui l>; pape, qui favorisait Otlon , issu de la maison des Guelphes ; ci de la vient que Guelphe ou Guelfe , et partisan du pape , signifia la même chose dans la suite , comme Gibelins fut le nom des partisans de Tempe-