LA TOSCANE EN RÉPUBLIQUE
Florence, après s'être mise en liberté, se vit déchirée, ainsi que plusieurs autres villes, par ces deux factions qu'on vient de nommer, lesquelles, tour a tour, y dominèrent, sous les noms de Blancs et de Noirs. Pise , Sienne et Lucques éprouvèrent , a peu près , les mêmes effets de la discorde , après avoir secoué le joug de l'empire. Mais Florence , comme autrefois Rome, s'accrut au milieu des agitations qui semblaient devoir la détruire ; elle étendit sa domination au dehors, soumit à ses lois plusieurs villes voisines, et devint enfin la capitale et la maîtresse de toute la Toscane. Les autres puissances d'Italie firent d'inutiles effort* pour empêcher les progrès des Florentins.
Le gouvernement de Florence, tant qu'elle subsista dans l'état de république , éprouva bien des variations. D'abord elle fiil gouvernée par trente-six anciens, ayant a leur tête un capitaine et un podestat. Ensuite, l'an 1367, le peuple de Florence donna la seigneurie de la ville , pour dix ans, a Charles I , roi de Sicile. Le pape, dans le même tenu , nomma ce prince vicaire de la Toscane , l'empire vacant , à condition de quitter ce titre dès qu'il y aurait un empereur ou un roi des Romains. Charles arrive à Florence dans le mois d'août , et prend possession du gouvernement qu'on lui avait déféré. Il établit, à son départ , des vicaires pour gouverner la Toscane en son nom , sans toucher, néanmoins, au gouvernement intérieur de Florence. L'année suivante, ou environ , les Florentins substituèrent aux anciens douze chefs, sous le titre de bonshommes, qui devaient exercer la magistrature pendant deux mois. Cette forme changea quelques années après; et environ l'an ia8o, au lieu de douze gouverneurs, on en établit quatorze ; savoir , sept du parti guelfe , et autant du parti gibelin , qui devaient être choisis par le pape, et dont la magistrature était annuelle. L'an ia8a, on créa trois prieurs , dont fa magistrature n'était que pour trois mois. On y en ajouta cinq autres dans la suite avec un goufalonier a leur tête; et cet ordre dura jusqu'en i34a. Alors les plébéiens ayant prévalu sur la noblesse, choisirent neuf prieurs u entre eux , et à leur titre ajoutèrent celui de seigneurs ; les logèrent dans un palais , et leur donnèrent des officiers et des gardes : ce qui excita de grandes querelles entre la noblesse et le peuple. Les nobles, eux-mêmes, n'étaieot rien moins qu'unis entre eux. Les Cerqui et les Donali formèrent deux factions qui partagèrent toute b ville et la mirent en combustion. Le pape Bonifàce VIU, voulant rétablir le calme a Florence , y appela Charles de Valois, frère du roi de France. Ce prince , l'étant venu trouver avec un corps de troupes dans la ville d'Anagni , fut créé par lui comte de la Romagne, capitaine du patrimoine de Saint-Pierre et seigneur de la Marche d'Ancône. De la Charles s'étaot rendu, le jour de la Toussaint i3oi , a Florence , avec le titre de pacificateur, il y demanda la seigneurie et la garde de la ville, promettant , avec serment, de la maintenir dans un état de paix et de tranquillité. Mais bien loin de tenir parole, il se déclara pour les Noirs, et laissa rentrer dans Florence Corso Donati, leur cnef, avec ses autres partisans, qui en avaient été chassés; ce qui occasiona des pillages et un incendie qui durèrent l'espace de cinq jours. Charles , ayant sî mal répondu aux intenlions du pape , reprit la route de France , l'année suivante , et se déclara hautement pour 1e roi . son frère , contre Boniface. Cor» Donati , ce-
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pendant , n'aspirait à rien moins qu'à se rendre souverain dans Florence. On s'aperçut de son dessein , et il périt dans une attaque qui lui fut livrée l'an i3o8. A la fin , néanmoins, les nobles, s'étant réunis, reprirent le dessus a Florence.
L'empereur Henri VU, étant venu, l'an i3ia, en Italie pour son couronnement, forma le dessein de soumettre lea Florentins. Après avoir pris quelques villes en Toscane, il alla camper, le 19 septembre, aux environs de Florence.' Mais , au bout de cinquante jours, il prit le parti de s'éloigner sans avoir rien entrepris contre cette ville.
L'an i3i3, les Florentins, craignant le retour de l'empereur , accordent la seigneurie de leur ville , pour cinq ans , à Robert, roi de Naples , contre lequel Henri VII était en marche. La mort de ce prince , arrivée le a4 août de celte année , délivra le roi de Naples et les Florentins de la terreur que ses armes leur avaient inspirée. Mais ces derniers avaient un autre ennemi redoutable dans la personne d'Ugution Faggiuola, qui, déjà maître de Lucques et de Pise, menaçait d'envahir toute la Tosrane. Robert, l'an i3i4, leur envoya Pierre, son frère, comte de Gravina, et, l'année suivante, Philippe, prince dcTarente, son autre frère, avec Charles, fils de Philippe, pour les aider à réprimer l'ambition de ce tyran. L'an i3i5, le 39 août, les Florentins, étant venus aux mains avec Ugution, près de Monte-Catino , qu'il assiégeait, sont mis en déroule, et perdent le duc de Gravina, qui se noie dans un marais , avec le jeune prince Charles, qui resta mort sur le champ de bataille. Ugution , ayant été chassé de Pise, l'année suivante, se retira à Lucques, où il délivra Castruccio-Castracani , qu'il avait fait mettre en prison avec les Inlcrminelli , ses parents, pour des meurtres et d'autres violences commis dans b Lunigiane. Les Lucquois se soulevèrent , à leur tour, contre Ugution , et donnèrent la seigneurie de leur ville , pour un an , a Castruccio , qui sut bien la conserver au-deb de ce terme. Castruccio vécut d'abord en paix avec les Florentins; mais, l'an i3ao, il leur déclara la guerre, et prit sur eux quelques places. L'an i3aS, le a3 septembre, il délit , près d'Altropascio, leur armée , et fit prisonnier Raymond de Cardonne , leur général. D'autres avantages , que Castruccio remporta sur eux , les déterminèrent à prendre pour leur seigneur Charles , ducdeCabbre, fils aîné du roi Robert , qui accepta cette élection le i3 janvier i3a6, et arriva , le 3o juillet suivant , a Florence , a b tête de deux mille cavaliers. Le 3o août suivant, le légat Jean des Ursins, arrivé deux mois auparavant a Florence , y publie , dans b grande place , au nom du pape , en présence du duc de Cabbre et de sa cour , une sentence d'excommunication contre Castruccio , laquelle , en même teins , le prive de ses dignités , avec permission a tout le monde de lui nuire, à lui et aux siens, tant en leurs biens qu'en leurs personnes, sous péché. Ces censures n'abattirent point son courage , ni ne diminuèrent son crédit. L'empereur Louis de Bavière, étant venu, l'an i3a7, k Lucques, y est honorablement reçu par Castruccio, qu'il crée, par reconnaissance , le 4 novembre , duc de Lucques , de Pistoie , de Prato et d'autres lieux. Castruccio , étant retourné auprès de l'empereur a Viterbe , avec trois cents cavaliers et mille arbalétrier* f accompagne de U jusqu'à Rome, ce prince, qui , après l'avoir fait chevalier, de sa main, le crée comte du sacré palais, afin d'assister , en cette qualité , à son couronnement ; cérémonie qui se fil le 17 janvier t3a8. Peu de tems après, l'empereur le fit encore sénateur de Rome. (Muratori, Annal. d'Ital., tom. VIII.) Pendant le séjour de Castruccio dans cette ville, les Florentins, sous la conduite de Philippe de Sanguinet, vicaire du duc de Cabbre , s'emparent , le a8 janvier , de Pistoie qu'ils pillent durant dix jour*. Castruccio revole , à cette nouvelle , en Toscane, et, avec le secours des Lucquois et des Pisans, il met le siège, le i3 mai, devant Pistoie, dont il se rend maître le i3 août. Ce fut la dernière expédition de cet homme fameux , qui mourut le 3 septembre suivant , à
•9<> CHRONOLOGIE quarante-sept a ru , et fut inhumé dam l'église de Saint-François à Lurques.
Les Florentins ayant acquis, l'an i34t, de Mastin de l'Escale, ou Scaliger, la ville de Lucques (qu'il avait achetée luimi'ine en «335, de Gérard Spinola, a qui les Allemands l'avaient vendue en i33t ), cette acquisition excita la jalousie des Pisans. Guerre entre ces deux villes a cette occasion. Après nne bataille gagnée sur les Florentins, le a octobre de la même année, les Pisans mettent le siège devant Lucques, dont ils s'emparent, le 6 juillet i.%a. tes Florentins, abandonnés du roi Robert et du duc de Calabrc, son fils, élisent, la même année , Gautier de Driennc , duc d'Athènes, pour leur chef, sous les titres de capitaine et de conservateur du peuple, qu'il fil changer, dans unparlement tenu le 8 septembre, en celui de srignimr à vie de Florence; mais il ne le conserva pas un an , sa conduite atroce l'ayant fait chasser le 3 août de l'année suivante. Son expulsion , néanmoins , ne rendit pas la paix a la ville de Florence. Le peuple se souleva contre la noblesse, destitua les prieurs nobles, et établit le gouvernement populaire, sous un chef nommé gnnfalonier.
Une peste affreuse, en i348, désole Florence, où elle enlève, si l'on en croit Boracc, plus de cent mille âmes. Plusieurs personnes, a la vérilé, du territoire, s'y étaient réfugiées.
La guerre se rallume, en i36a, entre les Florentins et les Pisans : elle cesse le 3o août i364 , par un traité de paix , après t>ne victoire gagnée par Gateot Malatesta , général des Florentins, sur les Pisans , commandés par Jean Aucud, ou Kauebouod, fameux capitaine anglais. (Villani, liv. u , c. a.) L'empereur Charles IV, étant arrivé k Pise, le 3 octobre i368, avec l'impératrice , exerce l'autorité souveraine dans cette ville, ainsi que dans Lucques et dans Sienne , où il se rendit le 12 du mois t et établit dans toutes les trois des vicaires de l'empire. Mais ce prince , étant revenu sur la fin de l'année a Sienne , souleva le peuple contre lui, en déposant ses magistrats; et après avoir vu ses troupes battues et chassées par les Siennois , le 18 janvier 1369, il se trouva lui-même assiégé dans le palais, et obligé, pour se délivrer, de confirmer tous les privilèges de la ville.
L'an 1370, les Lucquois, au moyen d'une somme de vingtcinq mille florins , qu'ils paient au cardinal Gui , leur gouverneur, l'engagent a se retirer, et à les laisser en liberté. C'est ici proprement l'époque de l'indépendance où cette ville s'est maintenue jusqu'à nos jours.
L'an 1375, Guillaume, légat de Bologne, voulant enlever aux Florentins la terre de Prato , ceux — ci se liguent avec la reine de Nantes, le duc de Milan , les Lucquois et les Siennois, et font soulever la plupart des villes de l'état ecclésiastique. Le pape Grégoire XI , l'année suivante , met la ville de Florence en interdit , et excommunie ses magistrats. Cet a na thème dura Jusqu'au pontificat d'Urbain VI, qui, l'an 1376, le leva, par la médiation de sainte Catherine de Sienne.
Les habitants de Monte-Pulciano, fatigués et harcelés par les Siennois, qui voulaient les subjuguer, se donnent, l'an i388, avec leurs sujets, aux Florentins. Il fut passé à ce sujet, l'an 1390, un contrat solennel , sous le gouvernement du gonfalonier Beccanugi.
Les Florentins, en 1890, voyant la liberté de l'Italie menacée par l'ambition de Jean-Galéas Visconti, duc de Milan, se liguent avec les Bolonnaia pour la défense de la cause commune : ils gagnent, par argent, le capitaine Aucud, qui se donnait au plus offrant , et renvoient, avec un corps de troues, au secours de Bologne , assiégée, ou près de l'être, par le uc de Milan et ses confédérés , le marquis de Ferra re et le seigneur de Mantoue.
Le comte d'Armagnac s'étant mis à la tête de l'armée de Florence, est battu, au mois de juillet 1391 , devant Alexandrie, qu'il assiégeait , et meurt, quelques jours après , des blessures qu'il avait reçues dans le combat. Les hostilités cessèrent
l'année suivante , par un traité de paix conclu an mois de janvier : mais bientôt de nouvelles entreprises du dnc de Ferrare, obligèrent les Florentins à reprendre les armes.
Les Florentins, sous la conduite de Luc de Fiesque, se rendent maîtres de l'ise, le 9 octobre 1406, par la trahison de J ean G ambacorta , capitaine de celte ville , après un siège commencé le 4 mars précédent. ( Muratori.) « On voit encore, en » forme de trophée, devant le baptistère de Florence, et à » quelques-unes des portes de la ville, des chaines qui ler- » vaient à barrer le port de Pise , quand les Florentins s'en » emparèrent : ces triomphes étaient d'autant plus remarqua- » blés , que Pise était alors une puissante république ». (M. de la Lande. )
Le pape Martin V, au retour du concile de Constance, arrive a Florence le 26 février >4'9 » ct J reste jusqu'au ao septembre i4ao, qu'il en part pour aller s'établir k Borne. Pendant son séjour dans celte ville, il érigea, le a mai 1419, l'église de Florence en archevêché. ( Muratori.) Les Génois, l'an 1421 , vendent Livourne aux Florentins.
La guerre que Philippe-Marie, duc de Milan, avait depuis plusieurs années , avec les Florentins et les Vénitiens , lëun alliés, est terminée l'an 1428, par un traité de paix , conclu le 16 ou le 18 avril. La même année, Jeah DR Médicis, rige d'une maison féconde ( 1 ) en grands hommes , meurt a Florence, sa patrie , a l'âge de soixante-huit ans , regretté de tons In Florentins, dont les larmes firent son éloge. U était négociant , comme ses compatriotes les plus distingués , et quoique sans lettres , il servit utilement sa patrie , dont il fut plusicors frai gonfalonier, et qu'il maintint en paix par la sagesse de » conseils : ses aumônes abondantes le firent surnommer le ftrr des pauvres. Il laissa de Picarde de Bueri , sa femme , deux fils, Came , dit Y Ancien, né le 27 septembre 1389 , et Laurent, d'où sont issus les grands-ducs de Toscane.
L'an i43o, les Florentins, sous prétexte de délivrer Lucqufs de la tyrannie de Guinigi , qui s en était emparé , viennent mettre le siège, au printems, devant celte ville. François Sforce, envoyé secrètement par le duc de Milan , les oblige à se retirer, entre dans la ville et envoie Guinigi prisonnier i Milan. Les Florentins , ayant recommencé ce siège au mois de novembre suivant , sont battus par Piccinino , général des Milanais, sous les murs de la place. Les Vénitiens alors se déclarent pour les Florentins , et les Siennois pour le doc de Milan. Les hostilités durent Jusqu'au traité de paix , conclo par la médiation du marquis de Ferra re , le 26 avril ii33. La m. me année, CÔME de MRDicis,dont le commerce s'étendait dam l'Europe et l'Asie, ayant excité, par ses richesses , la jalousie des Albizxi, des Strozzi, des Pélrucci et des Barbadori, est mis «1 prison par Guadigni , gonfalonier de Florence, que les ennemis de Côme avaient corrompu par argent. Corne gagne à son tour , par la même voie , ce magistrat , qui le soustrait au suppure qu'on lui destinait, en l'exilant pour cinq ans. Le peuple qu'il occupait dans ses manufactures, sentit bientôt le vide de soa absence, et le fit rappeler au bout d'un an.
L'an 1447, sur la fin d'octobre , Alfonse, roi de Napl«, qui était en guerre avec les Vénitiens, fait entrer des troupes sur les terres des Florentins, leurs alliés, pour faire diversion: elles y restèrent pendant trois ans, et ne se retirèrent qu'après un traité de paix , signé le 29 juin 14^0. ( Ammirati , Isfor. « Firent., liv. 22. )
Côme de Médias* à l'âge de soixante-quinze aw, termine ses jours à Florence, le 1*. août 1464, l»>s"nl les égl»«,
(1) Jean de Mtdiri» «'tait petit-fil», par Everbard, «on père, de SyUeslre de Médicis, surnommé Clcriuime, qui fut fait gon£»!ooi« de Florence, et acquit on très-grand crédit parmi le peuple par o» esprit insinuant et par ane générosité qui lui fit beaucoup de parluaiu. (Cbasot, M. de Islande)
DES DUCS, MARQUIS, GOUVERNEURS ET GRANDS-DUCS DE TOSCANE. ay* p P" 1 ?** 5 » fe* tt*>nli et les artistes comblés de ses bienfaits. I Laurent et Julien db MÉOicis furent reconnu! princes de Corne était le plus riche particulier de l'Europe , et la consi- la république de Florence , après la mort de Pierre , leur père , dération qu'il s était acquise le mettait de pair avec les rois. Il | par le crédit de Thomas Loderini , citoyen puissant, qui ~~
fat, pendant trente-quatre ans, l'unique arbitr ue , et te conseil de la plupart des villes et
des
la républisouverains
3; 'Italie. Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Lauréat , qu'il avait £ùt bâtir ; et , par un décret public , il fut qualifié Père d< la pairie, dans l'epitaphe qu'on grava sur son tombeau. CAtnc laissa de CaSTisiM*. otu Babjii , son épouse, un fila qui
aui|.
Piebrb, fils de Corne de Médicis, fut pourvu, l'an 1460, «le la charge de gonfalooier, en considération des grandes «pialïtes de son père , dont il n'hérita point. Corne n'avait cependant rien oublié pour lui procurer une éducation qui répondit a sa fortune; mais son esprit borné le rendait absolument inhabile ans lettres et aux affaires. Il exerça toutefois sa charge sjvec modération tant que son père vécut ; mais après U mort de ce surveillant , il changea de ton , et séduit par des flatteurs , il voulut gouverner en souverain. Les Pitti , les Acciaioli , et d'autres familles de la première noblesse de Florence , ne pouvant soutenir sa hauteur, formèrent, l'an i465, une conspiration pour l'assassiner : instruits du jour et de l'heure qu'il devait revenir de sa maison de campagne de Mugello, iU lui dresse ui une embuscade sur U route. Il était près d'y donner , lorsque , par un secret pressentiment du péril dont il était menacé , ou par caprice, il lui prit envie de se détourner pour aller, par un chemin tout opposé à celui qu'il tenait , rendre visite a un de s<*s amis, nomme LantL Celui-ci le retint a souper malgré lui , et le renvoya si bien escorté qu'il n'avait rien a craindre. Les assassins qui l'attendaient sur la route qui conduisait chez lui, ■e le voyant point venir , se divisèrent pour aller a sa rencontre dans les diflereotes avenues de sa maison. Pierre de Médicis rentrant chez lui , ne trouva que trois ou quatre hommes armés, qui le reconnurent bien, mais qui n'osèrent l'attaquer. Ainsi , par un coup singulier de U providence , échoua la conjuration des Pitti et de leurs consorts. Leur crime fut découvert par un de ceux même qu'ils avaient employés pour l'exécuter et qu ils n'avaient pas assez largement récompensé. ( Anecd. liai.) Ils furent bannis, et s'étant retirés a Venise, ils engagèrent , avec le consentement tacite de la seigneurie , Barthelemi Coleone, fameux capitaine, a se mettre a leur téte pour faire la guerre a leur patrie. Les seigneurs de Pesaro, de Forli, de la Mirandole et d'autres se joignent a lui , et forment une armée de quinze mille hommes. L'Italie, dit Muratori , dait alors en condottieri, ou capitaines, qui tenaient toujours sur pied des compagnies , pour les employer au service de ceux qui leur limaient les meilleures conditions. Les Florentins , de leur cAlé , s'étant ligués avec Ferdinand , roi de Naples , et Galbas-Marie , duc do Milan , mettent a la tête de leurs troupes Frédéric , duc d'Urbin. Les deux armées s'étant rencontrées dans le Bolones, se livrent baUille le x5 juillet 1407, et la victoire , après un long combat , reste indécise. Paul Toscanella , sous les auspices de Pierre de Médicis , !, Tan 1467, dans le duomo, on la cathédrale de FIc- ! méridienne, dont le gnomon est élevé de deux cent ix-sept pieds deux pouces et neuf ligne*. C'est , dit M. de la Lande, le plus grand instrument astronomique qu'U
J r ait au monde. Il a été réparé, dans ces derniers tenu, par e P. Ximenès , jésuite , sur les instances de M. de la Condamine , et aux frais de l'empereur François.
Pierre de Médicis meurt de la goutte , l'an 147a , 1 l'âge de cinquante - trois ans , laissant de Locales ToatuauoitA , sa femme, qu'il avait épousée en 1 444 1 deux fils, Laurent, né l'an I44S , et Julien , né l'an t453 , qui
ueux ireres. 11 lui pris aux premières ru 111 pendu aux fenêtre» du palais avec Jacquc Hoegio, fils de l'historien, et François Julien. On fit subir la même peine a tou:
rempli , avec honneur, la charge de gonfalonier.
Les Pazzi , famille puissante â Florence , jaloux du grand pouvoir dont les deux frères de Médicis y jouissaient , se concertent, l'an 147s, avec François Salviati, archevêque de Pise, pour les faire périr. Le pape bixte IV, séduit par Jérôme Riario, seigneur d'Imola, son neveu, grand ennemi des Médicis, entre dans re noir complot. Le jour, le lieu, la circonstance, choisis pour l'exécuter, furent le a6 avril, U cathédrale de Florence , et le moment de l'élévation de l'hostie a la messe. Julien de Médicis fut mis â mort sur la place ; mais Laurent , son frère , eut le bonheur de s'échapper, après avoir été légèrement blessé. Cette exécution ne produisit pas l'effet que les conjurés s'en étaient promis. L'archevêque ue Pise , François Salviati , se promenait alors dans le palais de la seigneurie , attendant , pour s'en emparer , qu'on lui annonçât la mort des deux frères. Il fut pris aux premières rumeurs du peuple , et
ues Salviati, Jacques Pazzi, assassins de peine à tous ceux de la maison de Pazzi que l'on put prendre, et à leurs adhérents, au nombre de soixante-dix. César de Pétrucci , oui était alors gonfalonier, se comporta avec une fermeté qui dissipa , en peu de teins , toute celte conjuration. Le pape apprit , avec une surprise extrême , des nouvelles si contraires à ses espérances. Dans l'excès de sa colère , il fulmina contre les Florentins une bulle d'excommunication , sous prétexte , qu'en faisant pendre un archevêque, ils avaient donné atteinte aux immunités ecclésiastiques. Il fit plus ; il se ligua contre eux avec Ferdinand , roi de Naples ; et l'un et l'autre firent passer , au mois de juillet , des troupes dans la Toscane , sous les ordres d'Alfonse , duc de Calabre , fils de Ferdinand , et de Frédéric , duc d'Urbin. Plusieurs puissances , telles que Louis XI , roi de France , la régence de Milan, les Vénitiens, le duc de Fer rare et le seigneur de Rimini , se déclarèrent pour les Florentins. Ceux-ci , ue concert avec la duchesse de Milan , donnèrent le commandement de leurs troupes â Hercule , duc de Ferrare , quoique gendre du roi de Naples, et à Robert Malatesta , seigneur de Rimini. Celte campagne n'eut aucun événement remarquable; mais la suivante fut très-désavantageuse aux Florentins. Laurent de Médicis prit alors une résolution digne d'un homme de grand sens, mais nui fut regardée de plusieurs comme trop hardie. Le 5 décembre , il part de Florence pour aller trouver le roi Ferdinand , et l'engaêer à donner la paix â la république. La chronique de Ferrare ait qu'il entreprit ce voyage par le conseil du duc de Ferrare , qui , vraisemblablement , ne te lui aurait pas donné , s'il n'eût été sûr qu'il pouvait le suivre sans danger. Le journal de Parme ajoute , qu'avant de partir, il avait eu soin de se prémunir d'un sauf-conduit. Quoi qu'il en soit , Laurent fut très-bien reçu du roi de Naples *, et non-seulement il obtint de ce prince, par son éloquence, U paix qu'il était venu demander , mais il conclut encore avec fui , le 6 mars 1480, une ligue contre le duc de Lorraine, «mi s'avançait en Italie pour disputer le royaume de Naples i Ferdinand. L'an 1487, les Florentins , sous la conduite de Nicolas Orsini , leur général , reprennent , le aa juin , la ville de Sarzane sur les Génois , qui, l'an 1407, s'en étaient emparés. Le recouvrement de cette place , qui était une des clefs de l'état , du côté de Gênes , fit beaucoup d'honneur â Laurent de Médicis , qui s'était trouvé en personne â cette expédition. Le ciel ne lui accorda pas d'aussi longs jours qu'il semblait le mériter pourle honneur de sa patne. Une maladie, qui ne fui d'abord qu'une fièvre des plus légères , l'emporta , le 7 avril 1 4ç,a , i l'âge de qua-
un fils, Ivre des plus légères , l'emporta , élevé sur 1a chaire de saint Pierre; et deux filles, Blanche, , rante-quatre ans. On imputa sa mort à la témérité de Pierre I Ami, mariée à Guillaume Paxsi, et Nanina, femme de Reroaed 'célèbre médecin de Spolelte, qu'on avait fait venir pour le trai- B ii rrei la ? . -1er. Ce docteur, entêté de I astrologie judiciaire, avait prédit
*V * CHRONOLOGIE HISTORIQUE
qu'il guérirait sans le secours des remèdes , et en conséquence ■ Pise , le g Je novembre , la noblesse et le peuple s'attroupent ne lui en avait point administré. L'événement ayant démenti autour de lui, pour demander qu'il les délivre du joug des sa prédiction , Pierre de Médicis vengea la mort de son père , Florentins. Charles leur donne de bonnes paroles, qu'ils prenen précipitant le médecin dans un puits. C'est ainsi que I>nni nent pour un consentement ; et aussitôt ils se mettent à courir
vérifu son horoscope qu'il avait t
annonçait qu'il serait noyé par un accident imprévu. Dc'Cla-
lirée lui-même, et qui II
RICK DE* UnstNS, sa seconde femme, Laurent de Médicis laissa trois fils : Pierre , dont on vient de parler , et qui lui succéda; Jean, cardinal a l'âge de treize ans, puis pape , sous le nom de Léon X ; et Julien; avec trois filles , Lucrèce, femme de Jacques Salviati , et mère de Jean Salviali , créé cardinal en tSiy ; Madeleine, alliée a François Cibo, comte d'Aguillar; et Contessine , femme de Pierre Kidotfï , décapité a Florence en *497i pour son attachement aux Médici;.
Laurent fut appelé le Pire des Muses, et il mérita ce glorieux titre par ses talents, par l'accueil qu'il fit aux savants et aux artistes, et par le soin qu'il prit de former la bibliothèque la plus riche qu'il y eût en Europe. C'est a lui que l'université de Pise doit sa fondation. « C'était une chose aussi admirable » qu'éloignée de nos mœurs , dit un écrivain de nos jours, de » voir ce citoyen, qui faisait toujours le commerce, vendre • d'une main les denrées du Levant , et soutenir de l'autre le
■ fardeau des affaires publiques ; entretenir des facteurs, et » recevoir des ambassadeurs; donner des spectacles aux peuples,
■ des asiles aux malheureux ; orner sa patrie d'édifices superbes,
■ et accueillir tous le savants grecs de Constantinople ». Julien de Médicis, frère de Laurent, avait laissé, de Camille f-affarelli, on fils nommé Jules, qui fut d'abord chevalier de Malte , puis archevêque de Florence, fait cardinal en i5i3, par le pape J éon A, son cousin, et enfin élu pape, sous le nom de Clément VII , le 19 novembre i5a3.
t4g3> Pierre II de Médicis , né l'an 1469 1 conserva dans Florence la même autorité dont Laurent, son père, y avait joui : mais il n'y acquit pas la même considération. S'etant lié avec Alfonse, nouveau roi deNaples, il engagea, l'an 1494, les Florentins a se déclarer contre Charles VIII , qui s'avançait en Italie, pour faire la conquête du royaume de Kaplcs. Mais Charles ayant résolu de prendre sa route par la Toscane , ne lut pas plutôt arrivé près de Sarzane, que Pierre vint lui faire ses soumissions ; et , pour gage de sa fidélité , il lui remit cinq villes frontières de la république, pour les garder jusqu'à la fin de la guerre. Les Florentins, indignés de ce traité , fait sans leur participation, se soulèvent contre Pierre de Médicis a son retour, l'obligent a sortir de la ville, le 8 novembre, avec ses deux frères , confisquent leurs biens , pillent et démolissent leurs maisons, et déclarent leurs personnes proscrites. Charles profila du désordre que cette révolution occasionait dans Florence; il s'approcha de celte ville, et y fit son entrée en conquérant. Ses soldats y commirent plusieurs hostilités. La bibliothèque précieuse de Laurent de Médicis devint la proie d'une troupe de brigands (1). Pierre, dans sa fuite, se retira d'abord a Bologne. Benlivoglio, seigneur de cette ville, le voyant arriver , lui demande comment il a pu survivre a sa honte. Cet accueil rebutant le détermine à passer a Venise. Il eut occasion d'y voir Philippe de Comines , que le roi de France avait envoyé à la seigneurie en qualité d'ambassadeur. Dans les entretiens que ces deux politiques eurent ensemble, ils convinrent, enlr'aulres maximes, de celle-ci : que, quand on o perdu son crédit et se fortune , on perd communément , de plus, tous ses amis. Le monarque français s'etant rendu à
(1) On concevra ùiément la grandeur de la p*rte que Ct alors la république de» lettre*, îor.qu'on prnxra que les d&rùde cette bibliolllf f|llC t <|ue Catherine de Médicis sut retirer de la main de* ravisseurs
pour chasser les commissaires florentins , arrachent les i ries de Florence, et crient partout liberté! Ib la recouvrèrent effectivement, et la conservèrent jusqu'en i5og. Les Florentins, consternés de celte révolution, envoient des députés au roi pour traiter d'accommodement avec lui. Charles arrive à Florence, le 17 du même mois, et y est magnifiquement reçu. Aprta la cérémonie, on entre en négociation. Le roi demaude trois choses : i». une somme d'argent exorbitante ; a*, le rétablissement des Médicis ; 3°. le domaine de la ville. Plusieurs jours se passent à disputer sur ces objets , sans rien conclure. Enfin les ministres du roi présentent aux députés îles Florentins un acte, contenant les conditions que le roi exigeait d'eux, et cela sans s'être concertes avec eux, et sans avoir tenu compte de leurs raisons. Pierre Capponi , l'un d'entre ces députés, après la lecture de cet écrit , le prend , et de colère le déchire en présence do roi. Les ministres indignés menacent d'en venir aux dernières extrémités : Vous battrez du tambour, leur dit Capponi , en sortant de la salle, et nous sonnerons nos cloches. Ce discours rendit le roi plus Irailable : il réduisit ses demandes à cent vingt mille écus, qui lui furent accordés le »6 novembre, par un traité, où il ne fut fait nulle mention du retour des Médicis. Charles quitte Florence , le 28 du même mois, pour s'acheminer vers Rome. (Murât.) Les Florentins , après son départ , établissent parmi eux le gouvernement aristocratique , par le conseil de Jérôme Savonarolr, dominicain de Ferrare. Cet homme fameux était l'oracle des Florentins, qui le regardaient comme nn prophète , et luimême se croyait tel. Par une prévoyance naturelle , qu'il prit pour une inspiration divine , il avait prédit , quatre ans auparavant, l'arrivée du roi Charles VIII en Italie. Ce prince étant a Pise, il vint le trouver, et lui promit une suite non interrompue d'heureux succès, s'il voulait travailler a la réformation de l'église , en commençant par U déposition du scandaleux pape Alexandre VI. Les vices de ce pontife étaient U matière la plus ordinaire de ses véhémentes déclamations. Alexandre lui interdit en vain la chaire; il n'en prêcha qu'avec dus de hardiesse et de chaleur. Ses confrères le soutinrent, (lais Alexandre lui suscita, pour contradicteurs, les cordeliers, qui le firent décheoir de sa haute réputation. Le peuple, revenu de son enthousiasme, l'abandonna, comme un impos-
teur dans
et le
périr
a la fureur de ses ennemis , es flammes , le a3 mai i49^- Lan i4y^» le rot Charles VIII, retournant en France, fait a Trin , avec les députés de Florence , un traité par lequel il consent de leur rendre les villes de la république , où il avait mis garnison. Les ordres, en conséquence, sont expédiés aux gouverneurs d'évacuer ces places. Mais l'ambassadeur florentin, chargé de ce» ordres, est arrêté sur sa route par le duc de Milan, qui lui enlève ses papiers. Le monarque envoie de nouveaux ordres, qui sont mal exécutés. Le comte de Ligni mande aux gouverneurs de trouver des prétextes pour n'y point déférer. Saillant est le seul qui s'y conforma , en remettant Livourne aux Florentins. D'Entraguea porta l'infidélité jusqu'à vendre la citadelle du pays aux Pisans ; ce qui les lira entièrement de la dépendance des Florentins.
Les Florentins érigent, l'an iSoa, en charge perpétuelle, la dignité de gonfalonier de justice, qui n'était jusqu'alors que pour deux mois , et la confèrent a Pierre Soderini , personnage, rrcommandable par sa modération et son intégrité.
L'an i5o3, Pierre de Médicis, qui, après avoir tenté vainement de rentrera Florence, s'était engagé par dépit au service des Français , périt , le 27 décembre , au passage de la rivière du Garillan , dans le royaume de Naples , a l'âge de trente- cinq ans. il est enterre au Mont Casa in , dans on magnj-
DES DUCS, MARQUIS, GOUVERNEURS ET GRANDS-DUCS DE TOSCANE
fique tombeau. D'Alton si ne ses Ursi*s, sa femme (morte le 7 février i5i4), il laissa deux fils, Laurent et Côme; avec uue fille , Clarice , mariée a Philippe Strozzi.
Piae retombe, pour la dernière fois, le 8 juin i5oo, , sous la domination des florentins, par capitulation, après un siège d'environ quatre ans, commencé le 6 septembre i5o4. (Murât.) Ce fut le terme de sa grandeur et de sa prospérité. On y comptait alors cent cinquante mille habitants : elle n'en a pas plui dp vingt mille actuellement , suivant M. de la Lande ; encore y compte- t-on , dit-il, six à sept cents juifs. {Voy. à l'article de Gênes, les querelles des Génois et des Pisans, peudaut les croisades.)
L'an iSia , le pape Jules II , irrité contre les Florentins de ce qu'ils avaient souffert qu'on tint a Pise un concile pour le déposer, engage Raymond de Cardone, vice-roi de Naples, à travailler au rétablissement des Médicis a Florence. Cardone entre avec une armée dans la Toscane; et, après avoir effrayé les Florentins , par le saccagement de la terre de Pralo, il ramène en triomphe, le 3i août, les Médicis a Florence , où il sont reçus avec de grandes démonstrations de joie. Le gonfilonier Soderini quitte alors le palais de la seigneurie, et se relire a Raguse.
Julien II » ou Jules de Médicis, et le cardinal Jean , son frère , fils de Laurent 1 , rétablis dans Florence , reprirent leur ancien rang , et gouvernèrent avec plus d'empire et d'autorité que n'avaient fait leurs ancêtres. Le cardinal Jean devint pape, le it mars i5i3, sous le nom de Léon X; et, la même année, il fit cardinal Jules, fils naturel de Julien I. Léon donna le commandement des troupes de l'église à Laurent , son neveu, et lui fil d'autres avantages, comme on le verra dans la suite. A l'égard de Julien de Médicis, il prit la conduite de son père pour modèle de la sienne, et gagna les coeurs de ses con- • citoyens par son esprit et son affabilité. L'an i5t5, au mois de février, il épousa PiiilibertB, fille de Philippe, duc de : Savoie, tante du roi François I.Ce monarque, en considération : de ce mariage , donna le duché de Nemours i Julien, lien ■ jouit peu de tenu , étant mort le 17 mars i5i6, a l'âge de trente-huit ans, sans laisser d'autres enfants qu'un fils, nommé ' Hippolvte, que le pape Clément VII fit cardinal en iSag, ' contre l'inclination qu'il avait pour la profession des armes; ' Philiberte, veuve de Julien, mourut le 4 avril i5*4, à Virieu- ' le-Grand , en Bugei.
i5iG. Laurent II de Médicis , dit le Jeune, né Tan 149a, fils ainé de Pierre II et d'Alfonsine des Ursins, succède a Julien, . son oncle, dans le gouvernement de Florence, par la protection du pape Léon X. Ce pontife lui donna, la même année, le duché dUrbin, qu'il avait enlevé a François - Marie de la Rovère, neveu du pape Jules II. Etant venu, l'an i5i8, en France, pour tenir sur les fonts de baptême le dauphin François, au nom du pape Léon X, I surent épousa, le lendemain de la cérémonie, au château d'Amboise, Madeleine de la Tour, fille de Jean 111 , comte d'Auvergne et de Boulogne, laquelle mourut en couches de Catherine, depuis reine de France, le »3 mil i5iç). Laurent ne survécut a sa femme que cinq jours, «tant décédé le »8 du même mois , â l'âge de vingt-sis ans. Avant son mariage , il avait reconnu pour son fils , Alexandre, &t d'une esclave , nommée Anne , avec laquelle il avait eu commerce, comme bien d'autres, suivant le Ségni. Laurent «tait très-bien fait de sa personne; mais il manquait des quartés nécessaires pour le gouvernement. Naturellement lent et paresseux, les affaires les plus importantes ne pouvaient le retirer du sein des plaisirs. On admire son tombeau, de même <jue celui de Julien II , qui est auprès, dans la sacristie neuve «* Saint- Laurent de Florence. Tous deux sont de la main de KicheL-Ange. (Voy. la ducs d' Urina.)
i5ig. Juifs de Médicis, cardinal, archevêque de Florence et légat de la Romagne, fils naturel de Julien I de Médicis,
E rend le gouvernement de la république, après la mort de auront 11, à titre de légat de Léon X , son cousin. Ce prélat ayant succédé, le 19 novembre i5a3 , après un conclave (fenviron deux mois, au pape Adrien VI , sous le nom de Clément VU, nomma, pour ses lieutenants, i Florence, le cardinal Hippolyle de Médicis, fils naturel de Julien I , et Alexandre de Médicis, fils naturel de Laurent II, auxquels il joignit les cardinaux de Cortone, Cibo et Salviati. La ligue que Clément VU conclut, au mois de mai 15x6, avec la France, l'Angleterre et Venise, contre Charles-Quint, attira sur lui et sur sa famille un orage, qui devait en entraîner la ruine. D'un côté, les Colonnes, suscités par l'empereur, se soulevèrent â Rome contre Clément; d'un autre cote, Georges Franisperg entra dans l'Italie, i la tête d'une année considérable d'Allemands, ponant sur lui des cordons d'or et de soie, avec lesquels il voulait, disait-il , pendre le pape et les cardinaux. Jean de Médicis, dit l'Invincible , l'un des chefs de la ligue, et le meilleur capitaine de toute l'Italie, était la principale et presque la seule ressource du pape dans cette extrémité. 11 arrête les Allemands dans le Mantouan , les harcèle , et, par de savantes manoeuvres , vient a bout de les enfermer dans le parc de Governolo, lieu très-fort, où ils se voyaient réduits â mourir de faim, s'ils s'obstinaient i y demeurer. Jean se regardait déjà comme victorieux, lorsque, rentrant vers la nuit dans son camp , il reçut un coup de boulet à la jambe. Les chirurgiens s'etant mis en devoir de la lui couper , et demandant des gens pour le tenir pendant cette opération ;
Coupez har
repondit-il , u n eu oesom ae pe lui-même la bougie pendant qu'ils opéraient, le duc de Manloue étant présent. ( Brantôme.) H n y survécut pas, et mourut i Mantoue, le 3o décembre >5a6, a l'âge de vingt-huit ans, laissant de Marie Salviati, sa femme, un fils, nommé Côme, que nous verrons grand-duc de Toscane. Ce général était si redouté des Allemands , qu'ils l'appelaient le Grand Diable , et tellement adoré de ses troupes , qu'elles prirent le deuil a sa mort ; ce qui les fit appeler les Bandes noires.
Les Florentins, l'an 1337, apprenant que le pape était assiégé dans le château Saint-Ange , et ne voyant plus personne en eut de les défendre contre tés Allemands , secouent le joug des Médicis, qui n'avaient d'audace, disaient les mécontents, que pour les tyranniser ; les chassent , le 16 mai , de leur ville , et brisent les statues de Léon X et de Clément VII. Le gonfalonicr N.... Capponi fut l'auteur de cette révolution , dans laquelle on rétablit le gouvernement démocratique, tel qu'il avait été avant iSia. (Galuzzi.)
Le pape , sacrifiant ses ressentiments contre l'empereur, au) désir de se venger des Florentins, conclut avec ce prince, le *9 juin iSag, a Barcelonnc, une ligue, par laquelle Chartes- Quint s'obligea de rétablir a Florence la maison de Médicis dan» sa première grandeur , et de marier , avec Alexandre de Médicis, Marguerite , sa fille naturelle. Charles tint parole. Au mois d'octobre suivant , le prince d'Orange , son général , après s'être emparé de diverses places en Toscane , vint camper dans le voisinage de Florence (1). Pendant le siège de cette ville, qui dura dix mois , les assiégés, commandés par Malatesta Hnglioni , leur général , firent plusieurs sorties , dont la principale fut celle du 3 août i53o , où le prince d'Orange perdit la vie, d'un coup d'arquebuse , entre les bras de la victoire. Enfin , le ta du même mois, les Florentins, réduits â l'extrémités , capitulèrent avec Ferdinand ou Ferrante de Gonzague,
u ht
de lanoline. Il tint
(1) Les Eip.içnol» arrivés à l'Apparita, dans la plaine de Hipolî, d'où l'on découvre Florenrr et son territoire, commencèrent k crier en branlant leurs lance* : Florence, prépare tu euperêet élejjes , août les ackiterà la mettre de aespit***.
du prince d'Orange dans le eorasianderoent de l'armée aile mande, ou plutôt espagnole f et consentirent a recevoir la forme de gouvernement qu'il plairait a l'empereur de leur donner. En conséquence , le 28 octobre suivant (le Varchî dit le ai ), Charles rendit un décret solennel , par lequel il déclara chefs de la république , Alexandre de Médicis ( à qui le pape avait déjà procuré le duché de Civita-Penna ) , ses fils, leurs descendants , et à leur défaut le plus proche parent. Ainsi fut rétablie , pour la troisième fois , la maison de Médicis à Florence. Les Florentins , dit Muraiori , se lamentèrent en secret d'une pareille décision ou investiture , laquelle établissait clairement l'autorité de l'empereur sur Florence et son état ; autorité qui, depuis tant d'années, n'y avait été ni exercée ni reconnue ; et la cour impériale , ajoute-t-il, a bien su de nos jours t'en prévaloir pour disposer a son gré du beau pays de la Toscane.
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
rendre la liberté à leur patrie , ils ramassaient de» troupes pour chasser de Florence les Médicis. Etant venus à bout de former une armee , ils entrèrent dans la Toscane , sous le commandement de Philippe Strozzi. Côme, de son côté, ne négligea rien pour se préparer à une vigoureuse défense. Déjà une partie des ennemis étaient campés a Mont Murlot, qui est a trois milles de Prato , lorsque le duc prit la résolution de les attaquer avant que toutes leurs forces fussent réunies. Ses troupes étant sorties, par son ordre , de Florence pendant la nuit , arrivent , à la pointe du jour, au camp des ennemis, les surprennent, en font un grand carnage , et amènent le reste prisonnier à Flore uce. Cet événement est du a août i^. (Galuzzi.) Philippe Strozzi, du nombre de ceux qu'on retenait dans les fers, se donna la mort en 1 538 ( i ) , tandis qu'on instruisait son procès, après avoir écrit sur le mur de sa prison ce fameux vers Je Virgile :
ALEXANDRE DE MÉDICIS , peexiier duc de Florence.
L'an rent
Alexandre de Méuicis, fils naturel de Lauu chef de l'état de Florence ,
II , né l'an i5io , est reconn
pas
Florentins , puisqu'il leur laissait la liberté dé créer leurs magistrats. Mais, l'an i53a, François Guichardin, l'historien, et Ilaccio Valori , ayant été élevés à la magistrature t 6rent , a la sollicitation du pape , on autre décret , par lequel il fut réglé qu'Alexandre serait fait duc de la république , avec toute l'autorité que peut avoir un prince; et qu'après lui, ses descendants, et a leur défaut , la branche de Laurent de Médicis , 61s de Pierre- François , jouiraient de la même dignité. Alexandre, en conséquence , fut proclamé solennellement duc et prince absolu de Florence le i« r , mai. La conduite que tint le nouveau souverain donna bientôt sujet aux Florentins de regretter leur liberté. Alexandre , par sa dissolution et sa cruauté , se fit des ennemis jusques dans sa propre famille. Laurent ou Laurenzin de Médicis, son parent, excité par Philippe Strozzi, zélé républicain, l'ayant attiré dans sa maison par l'espérance d'une jouissance criminelle , le fit poignarder, la nuit du 5 au 6 janvier i53^ (le "Varchi dit 1 536 , en suivant le style florentin ) , dans la vingtcinquième année de son âge. ( Muratori. ) Alexandre ne laissa point d'enfants de Marguerite, fille naturelle de Charles- Quint, qu'il avait épousée le 39 février i536. f Cette princesse se remaria , l'an i538 , avec Octave Farnèse, doc de Parme. ) Mais il eut trois enfants naturels qui lui survécurent ; savoir , Jules, qui fut général des galères de l'ordre de Saint-Etienne ; Julie , femme de François Cartclmi ; «t Porzia , qui se fit religieuse.
COME DE MÉDICIS , bit LE GRAND,
PREMIER GBAKD- DUC.
i537. CÔME, fils de Jean de Médicis, dit l'Imrinc&h, et de Marie Salviati, né le 1 1 juin iStg, et descendant, par son père, de Laurent, frère puîné de Cdme, dit l 'Ancien , fut élu , le
de !
nvier i53y , par les intrigues du cardinal Cibo et des amis sa maison , dans l'assemblée du
sa maison , dans l'assemblée du sénat de» quarante-huit , thel de la nlte de Florence et de us dépendances , au même litre qu avait eu le duc Alexandre. Pour empêcher que cette élection ne donnât quelque sujet de crainte, on avertit le peuple , qu'on bornait par un décret le pouvoir illimité , dont avait joui le duc Alexandre , en donnant a Côme un conseil , et en fixant la somme que 1 son rang avec
ex osjt'âaj tiïtorl
Charles-Quint , a la nouvelle de celle mort , dit en souriant: « Puissent ainsi périr tous mes ennemis ! » Plusieurs des autres prionniers avaient déjà été exécutés, ceux-ci en secret , ceux-U en public. Côme pardonna au plus grand nombre des moins coupables. Il pensait alors a se marier. Après avoir manqué la main d'une fille naturelle de l'empereur , il épousa , par contrat du îo, mars i5<u, Éléokore, fille de don Pierre de Tolède, vice-roi de Naples. (Galuzzi.) Apprenant en t543, que l'empereur s'était embarqué a Barcelonne pour l'Italie , il se reod j Gènes, le 6 mai , pour le saluer, et raccomp.ig'te de la jusqu'à Milan, où il preud congé de lui pour retournera Florence, après avoir retiré de lui , moyennant cent cinquante mille éens d or , les citadelles de Florence et de Livourne , que ce princa retenait depuis i53o.
Depuis te passage Je Charles VIII , roi de France , et la dernière révolte de Pise , l'université de cette ville était dispersée , et la république de Florence , après avoir réduit Pise a l'obéissance , avoil été trop distraite par ses troubles internes, pour songer au rétablissement de celte école La gloire en était réservée è < âme. En iS^a, il chargea Philippe dtl Magiâtrt de parcourir les villes de Lombardie, pour rassembler les hemma célèbres de cette contrée. Il forma, sous la direction de Cam-
fiana , son secrétaire, les statuts relatifs à l'ordre rt la régie de 'université , dont l'ouverture publique se fit le i ,r . novembrs i543. H y eut un nombreux concours d'étudiants. Pour donner plus de lustre et de renommée à cette école, il y fonda une chaire de botanique; mais ce qui nous étonnerait aujourd'hui, il y établit une chaire d'astrologie, dont il donna l'exercice à un carme , nommé Julien Rislori de Prato , qui s'était acquis une certaine réputation , pour avoir prédit la mort violente du duc Alexandre , et découvert quelques embûches qu'on tendait a Côme. Il fonda quarante bourses pour de jeunes toscans a qui leurs facultés n'auraient pas permis de suivre leur inclination pour les lettres. On peut voir , dans l'histoire de Toscane , par M. Galuzzi , le dénombrement des professeurs qui ae distinguèrent dans cette école.
Côme, l'an 1.S48 , fait, du port de Livourne, un port franc, après l'avoir construit tout a neuf, -et y attire beaucoup d'étrangers , par les privilèges qu'il accorde à ceux qui viendront s établir en cette ville. Le aa juin de la même année, par ordre de l'empereur , il est mis en possession , par don Diegue de Mendoza , de la ville de Piombino, de ses forteresses et de ses dépendances , malgré la réclamation de la mère et tutrice de Jacques VI Appiano , a qui ce fief appartenait ;
trésor public devait lui fournir pour soutenir dignité. Le peuple agréa le nouveau prince , et la ville retentit d acclamations. ( Galuzzi. )
Les Florentins qu'on avait exilés après l'assassinat d'Alexandre, ne demeuraient pas cependant oisifs. Tout occupés du projet de
que
que ce fut après avoir subi une tres-rndi d'ea subir nne autre encore plu* cruel!» , noua ne trouvons point «ta cuxepr
DES GRANDS-DUCS DE TOSCANE, mais , fc H juillet suivant, il est obligé de remettre le tout 4 Ferrante de Gootague. (Galuzzi.) Ce fut cette m^me année que Côme le Grand fit ouvrir au public la riche bibliothèque , tonnée par Côme le Vieux. Soigneux de l'augmenter, il n'épargna point la dépense pour y taire entrer ce qu'il y avait de plus rare en manuscrit» crées et latins. C'est dans ce dépôt , ronflé au chapitre de Saint-Laurent , qu'il plaça le célèbre manuscrit de Virgile , regardé comme le plus ancien de l'Europe.
Le même amour des lettres le porta, l'an i54<}, à rétablir l'université de Florence , où il appela d'habiles professeurs , pour y enseigner les lettres grecques et latines , la philosophie •t d'autres sciences. L'émulation qui s'éleva entre ces savants , enfanta une multitude de traductions des auteurs grecs. Pour faciliter l'édition de leurs ouvrages , il fit venir a Florence Liureot Torrenlin , imprimeur flamand, lui monta une imprimerie, avec deux presses et des caractères italiques , ou de l'écriture courante des anciens , et y joignit aussi des caractères grecs. Une grosse pension accordée , pour douze ans , 4 Torreotin , le mit en état de travailler a son aise. Arnaud d'Harlem,
subjuguer. Depuis une grande victoire quelle avak gagnée sur eux , le 4 septembre i»6o , et qui pensa entraîner la ruine de Florence, ils n'avaient osé l'attaquer a force ouverte. Sienne, rs la fin du quinzième siècle , fut tyrannisée par un de
qui l'avait accompagné, et s'était fait connaître à Côme par un dictionnaire qu'il lui avait dédié , eut aussi
de ce prince.
part aux libéralités
Les Siennois , maltraités par la garnison espagnole , qu'ils avaient reç-ue , se révoltent , le a6 juillet i55a ; et l'ayant contrainte, avec l'aide du comte de Pétigliano et des Français , a se retirer, ils se mettent sous la protection de la France. Ce fat le 12 août de cette même année, que Piombino fut rendu au doc , mais pour le tenir en dépôt , et à condition de le remettre a l'empereur lorsqu'il en aurait besoin.
Côme s'étant concerté, l'an i554 , avec Jacques de Médicis, marquis de Marignan, et général des troupes de l'empereur en Italie, entreprend de se rendre maître de Sienne,
maréchal Pierre ais se présentent lavaient levée et
f.iii marcher en secret, s'emparent d'un fort que les Français avaient fait construire près de l'une des portes , et répandent la consternation dans la ville. Mais Strozzi, qui était absent pour lors, étant revenu 4 la pointe du jour, rassure les Siennois, et oblige les ennemis a se retirer. La guerre est alors déclarée entre le duc et les Français , avec lesquels il avait su jusqu'alors se ménager. Strozzi , le la juin suivant , entre dans la Toscane, où il commet de grands ravages. Mais , le a août de la même année , fête de saint Etienne , pape , le duc et le marquis ayant attaqué Strozzi , près de M arciano , le mettent en déroute. Cdme , après cette victoire, recouvra facilement les places que les r Tançais lui avaient enlevées : Sienne fut la seule qui lui opposa one vigoureuse résistance. Ce ne fut qu'après un blocus de quatre mois , que le marquis de Marignan vint 4 bout de la réduire 4 capituler, le a avril i555 , malgré la brave défense de Biaise de Monlluc, dont les troupes n'évacuèrent la place que le ai du même mois. Cette ville , en vertu de la capitulation , resta libre sous la protection de l'empereur , dont elle reçut garnison , qu'elle devait entretenir 4 ses frais. Dans le cours de la même année , l'empereur donne l'investiture de Sienne
au roi Philippe , son fils ; et , par la , frustre l'espérance du duc de Florence, qui comptait obtenir cette place en dédommagement des grandes sommes qu'il avait avancées 4 l'empereur pour la conquérir. Enfin, l'an i55 7 , Corne apprenant que Philippe voulait céder la ville de Sienne aux Caraffès , employa tant de manège, pour avoir la préférence, qu'elle lui fut accordée. Le traité , en vertu duquel il se mit en possession de Sienne, est du 3 de juillet, et contient l'exception de plusieurs places dépendantes de cette ville (ce sont celle» que l'on nomme iegli pruidi), avec diverses obligations du duc envers le roi d'Espacne. ( Sienne s'était gouvernée long-tems en forme de -, et avait tenu '
citoyens, nommé Paodolfe Pétrucci, que Machiavel donne pour le modèle des usurpateurs. Les troubles qui s'élevèrent après «a mort , entre le peuple et la noblesse , favorisèrent les entreprises des puissances étrangères sur celte ville, et lui firent perdie enfin la liberté. )
La nécessité de défendre les côtes de Toscane contre les corsaires , et surtout contre les Turcs , engagea Cdme 4 instituer, l'an t56o, et non i56i (Sponde), l'ordre militaire et religieux de Saint— Etienne , pape, dont il réserva la grand maîtrise pour lui et ses successeurs. « On est admis dans cet or dru, » dit M. de la Lande, ou par justice, 4 raison de la naissance , ou » par grâce spéciale du grand maître, ou cnGn par droit de com- » manderie, comme enayantfondé, ou étant descendant des fon- » dateurs. Il y a au moins, ajoule-t-il, quatre cents chevaliers; » ils ne sont point obligés au célibat , comme les chevaliers de ■ Malle; mais ils font les preuves de noblesse. Tous les cheva- » lier» portent sur leur habit une croix 4 huit pointes , de salin • rouge, et sur leur poitrine, une petite croix d'or, attachée - avec un ruban couleur de feu ». Depuis Paul IV, oui confirma la chevalerie de Saint-Etienne par sa bulle du 6 juillet iSGa, plusieurs papes lui ont accordé divers privilèges. Le chef-lieu de cette chevalerie est 4 Pisc.
La mort ravit à Côme, dans le mois de novembre i56a, deux de ses fils ; Jean , cardinal, âgé de dix-neuf ans , et Gardas, plus jeune de quatre ans. Le bruit courut que le cadet avait tué l'aîné 4 la chasse , et que le duc ayant fait venir Garcias dans la chambre où l'on avait transporté le cadavre , le sang de la plaie commença 4 bouillir en présence du nouveau Caïn ; ce que voyant le père, il arracha, de désespoir, 4 Garcias le poignard avec lequel il avait commis son crime, et le lui plongea dans le sein. Si ce récit est un conte ou une venté, dit Muralori, c'est ce oue j 'ignore ; ce qui est certain, c'est que la duchesse Kleonore ne survécut que peu de jours 4 la perte de ses deux fils ; et sa mort combla la douleur de son époux. Elle laissait encore trois autres fils : François-Marie , Ferdinand et Pierre ; avec deux filles ; Lucrèce, femme d'Alfonse 11, duc de Ferrare (que quelques-uns prétendent, sans fondement, avoir été mise 4 snort par ordre de son époux ) ; et Isabelle , mariée 4 Jourdain des Unins , duc de Bracciano. Le pape Pie IV , ami de Côme , fil , pour le consoler , Ferdinand , son second fils , cardinal , 4 l'âge de quatorze ans. ( Eléonore avait en telle vénération la fameuse Lucrèce 4 cause de sa chasteté,
Ju'clle prit pour emblème cette dame s'enfonçant un poignard ans le sein, et prononçant ces mots : Famam servare mémento.) L'an i5G4» Côme se trouvant infirme, et voulant former aux affaires le prince François» Marie, son fils aîné , pour lors âgé de vingt-cinq ans, lui résigne le gouvernement de son duché, dans le mois de juin, se réservant toutefois le titre ducal.
Le pape Pic V , héritier des sentiments de son prédécesseur envers Côme, le déclare grand -duc, le i". septembre iSfig (et non le arj août 1570, comme le marque Chazot), sans avoir consulte le sacré collège. Les ministres de l'empereur et du roi d'Espagne prolestent contre celte entreprise, comme contraire aux droits de leurs maîtres , dont le premier se prétendait suzerain de Florence , et l'autre de la seigneurie de Sienne. Le pape, sans égard 4 ces protestations, fait venir CAme 4 Rome, l'année suivante, et lui donne solennellement la couronne royale et le sceptre : cérémonie 4 laquelle aucun des ambassadeurs des princes , excepté celui de Savoie , ne voulut assister. Côme finit ses jours le 2 1 avril 1 574. ( Muralori.) Apres la mort de la duchesse Eléonore , il s'était attaché 4 une pauvre fille nommée Ca.Mtl.LK Ma relu , que le pane Pie V l'obligea d'épouser le ag mais i5 7 a 11 eut d'elle deux fils,
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Pierre et Jean, qui s* signalèrent dan* les arme»; arec une fille, Virginie, mariée à César d'Est, duc de Modène. Corne avait les qualités de corps et d'esprit qui font les grands