‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 501 sur 582 · FRANÇOIS-MARIE DE MED1CIS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS-MARIE DE MED1CIS

1574. François, fils aîné de Cômc le Grand et d'Eléonore , né le a5 mars i54i , marié, l'an i5t>5, à Jeanne d'Autriche, fille «le l'empereur FerJinand I , succède a son père dans le duché de Toscane, qu'il gouvernait depuis dix ans.

Le jour même de la mort de son père, il fit renfermer, dans un monastère, Camille Marelli , sa belle-mère, et ne lui épargna aucune sorte de mauvais traitements. A cela près , il se montra doux envers tous ceux qui avaient reçu des bienfaits du Corne, sans excepter ses frères, dont les contradictions fréquentes offensaient son dispotisme. Le cardinal Ferdinand , indigné de sa conduite voluptueuse , prit le parti d'abandonner, au mois de décembre 1S74, Florence et de se retirer a Rome. Pierre, autre frère du grand-duc, contre lequel il ne cessait de lenir les propos les plus infâmes , quoique lui-même fut de moeurs très-dissolues, et formait tous les jours des complots, fut traité d'une manière plus favorable qu'il ne méritait. La seule vengeance que François-Marie tira de lui fut de le faire voyager en différentes cours. Il n'en rapporta pas un caractère plus modéré. Instruit, a son retour, qu' Eléonore de Tolède, sa femme , à son exemple, lui était infidèle, il lui plongea, de sa main , un poignard dans le sein, la nuit du 11 juillet 1676, et crut en être quitte en demandant pardon a Dieu et promettant de ne plusse remarier; promesse qu'il ne tint pas. (Galuzzi.) La cour impériale contestait cependant toujours à François- Marie le titre et les honneurs de grand-duc. 11 les obtint enfin

par un diplôme

Italie!

de l'empereur Maxirailien H , son beau-frère , par du 16 janvier 1676. ( Gai uni.) François, en c prétendit avoir la prééminence sur les autres princes Mais 1rs électeurs de l'empire , s'étant assemblés le a3 août 1 58a , déclarèrent qu'elle appartenait au duc de Savoie , comme vicaire de l'empire. Ce fut cette même année que s'établit à Florence l'académie de Crusca , nom qui veut dire du son , et vient du son et du blutoir qu'elle avait pris pour emblème, avec cette devise : // piu bel fior ne coglie ; c'est-à-dire que la plus belle farine se tire d'une farine grossière , en séparant le son. Le grand dictionnaire de la langue italienne que cette académie a produit , sera sans doute pour toujours le premier dépôt de cette langue , et contribuera a la fixer : la plus belle édition est de 1719, en six vol. in-fol. L'an iSiS-j , le grand-duc François-Marie meurt le 14 octobre. Après le décès de sa première femme, arrivé le 6 avril 1S78, il avait épousé, le is octobre suivant, Biakca Capkllia, vénitienne, depuis long-tems sa concubine , qui mourut quinze heures après lui. On a fait sur la rencontre de ces deux morts , une histoire scandaleuse , que nous ne croyons pas assez bien appuyée pour mériter créance. Du premier mariage , François-Marie laissa Eléonore , mariée à Vincent, duc de Mantoue , et Marie, épouse de Henri IV, roi de France. On ne connaît point d'enfants nés du second mariage; mais avant qu'il fut célébré, François avait eu, de Bianca Capellia, trois enfants; savoir, Antoine, qu'on prétend néanmoins avoir été supposé par cette femme, et qui fut marquis deCapistran; avec deux filles.

Le grand-duc François , par la manière dont il faisait le commerce pour son compte, ruina, suivant un de ses historiens, celui de ses états. ■ 11 en faisait un particulier avec sa nation > et avec les étrangers , qui servait du moins a grossir sou trésor. m 11 entrait volontiers dans toutes les sociétés les plus aerré- • ditées, tant de ses états que du dehors, se couvrant néana moins, dans les deux cas , du nom de ses sujets. Mais il faisait , ouvertement et par lui-même, le commerce des diamants, - parre qu'il l'entendait très-bien... Ses galions et ses autres » vaisseaux de transport, sans cesse en course , étaient pour

lui d'un rapport qui n'était pas a mépriser. H faisait la banque a Rome et a Venise... Il tenait, dans différents lieux da ses états , des boutiques ouvertes , remplies de marchandises

■ d'un usage commun. Ce prince trafiquant relirait encore * un grand profit d'un commerce de grains qu'il faisait en

■ Toscane , dans toute l'Italie et jusqu'en Portugal. • (Galuzzi.) Il ne fut toutefois nullement avare , sur tout envers les gens de lettres et les artistes, dont il encouragea les talents par de grandes récompenses. Sa cour, d'ailleurs, était la plus brillante de l'Italie.

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