FERDINAND I DE MÉDICIS
1587. Ferdinand I, né Tan »54g, cardinal en i5€3, succède au grand-duc François, son frère, qui l'avait nommé son héritier. Ayant pris congé du pape sans lui remettre son chapeau , il partit de Rome où il faisait sa résidence depuis l'an 1574, et arriva, le ig octobre >58^, à Florence, ou il fut proclamé grand-duc avec des acclamations d'autant plus sincères , qu'elles étaient fondées sur la haute estime qu il s'était acquise par ses vertus. En montant sur le trône, il trouva des trésors immenses accumulés par son frère, et mit son application à les employer pour le bien de la patrie. Sa conduite , en presque tous les points, fut le contre-pied de celle de son prédécesseur. Au lieu de ce ton fier , impérieux et presque oriental qu'avait affecté le grand-duc François , il se montra doux, affable, humain, complaisant et accessible à tout le monde. Déterminé par Catherine de Médicis, reine de France, il épousa, le 3o avril i58y , Christine , fille de Charles III , duc de Lorraine , et nièce de celte princesse , qui l'avait élevée auprès de soi. Ce fut alors qu'il déposa la pourpre romaine qu'il avait gardée jusque-la. Ferdinand fit trois choses mémorables ; 1*. il engagea, par adresse, les Espagnols à sortir des terres de sa domination ; a», il écaita de la Toscane une multitude de bandits qui , sous la conduite d'Alfonse Picolomini , duc de Monte-Marciano , travaillaient a s'y établir; et devenu maître de la personne de ce scélérat, le a janvier i5gt , il le fit pendre le 16 mars suivant; 3°. il équipa une flotte avec laquelle ses amiraux donnèrent la chasse aux corsaires qui , infestant les côtes d'Italie, furent sur le point de prendre Famagouste, en Chypre, l'an 1607 , et prirent réellement, l'année suivante, Bonne ou Hippone, en Afrique , qu'ils abandonnèrent après y avoir mis le feu. Ferdinand , à diverses fois , prêta des sommet considérables au roi de France, Henri IV, mais plutôt awc les précautions d'un marchand qu'avec la noblesse d un prince. Pour sûreté de son prêt , il s'était emparé , durant les troubles de la ligue, des tles d'If et de Pomègues, et ce ne fut qu'avec grand'peine que Henri vint à bout de l'engagera les loi rendre. Ferdinand mourut le 17 (et non le aa) février 1W09 (1608, suivant le style florentin) , laissant de sa femme, décédée le 20 décembre i636 (Galuxzi), et enterrée sous l'autel de la sacristie du Saint-Esprit, quatre fils; Corne, qui suit ; Charles, cardinal en 161 S, mort en 1666; François et Laurent; are* trois filles : Eléonore ; Catherine, mariée à Ferdinand, duc de Mantoue; et Claude, femme, t». de Frédéric-Ubald de la Rovère, fils unique de François-Marie , duc d'Urbin , mort en iba3, avant son père , a°. de Léopold , archiduc d'Autriche.
« Ferdinand , dit Galuzzi , fut le premier des princes de sa » maison que ses vertus et sa bienfaisance aient fait générale- » ment regretter. Son caractère et ses grandes qualités lui » avaient mérité l'amour de son peuple.-. H était sincère,
• mais réservé , ferme dans ses résolutions, courageux et grand
• dans l'exécution de ses projets. Les revers qu'il éprouvait, loin » de le décourager, l'animaient davantage. Il savait balancer » habilement la rigueur et la clémence. Son gouvernement fut ■ modéré , juste , tranquille , et fit oublier à Florence les » malheurs arrivés sous les autres princes. »
A la mort de Ferdinand , on trouva dans ses coffres du.
millions d'or et la valeur Je deux millions en pierreries. Ce fui lui qui commença, l'an 1604, la chapelle royale des tombeaux (la rtai capeila </«' depositi) , où l'on voit les tombeaux des Ktands-ducs Côme I, François. Ferdinand 1 , Corne II, Ferù.nand 11 el Côme III.