PRINCES DE CAPOUE S
cessaient de dévaster le pays par les brigandages , les incendies cl toutes les atrocités qu ils se croyaient permises dans les contrées qui étaient ouvertes a leur fureur. Les Bénéventains et les Capouans , pour les repousser , se virent obligés d'appeler * leur secours, non-seulement les princes, leurs voisins, mais les Français. Les troupes qu'il en reçurent , n'étant point suffisantes pour leur défense, ils firent, l'an 85i , une députât ion a Louis 11 , roi d'Italie , fils de l'empereur Lothaire , et depuis son successeur , pour le prier de se transporter en personne t avec une boune armée, sur les lieux. Louis, louche de l'état déplorable de ces contrées, ne tarda pas a se mettre en roule pour l'Italie , et dirigea sa marche droit a Bari. S'il ne put emporter celte place, il fut dédommagé de ce revers, par divers avantages qu il remporta sur les brigands, dont il purgea la pays. Il employa, de plus, son autorité 1 rétablir la paix entre les princes divises, et partagea la principauté de Bénévent en deux parties égales , bissant la première à Radelgise, et confirmant Taulre, dont Salerne était la capitale, a Siconulfe. Ces deux princes jurèrent fidélité a Louis , qu'ils reconnurent pour leur libérateur et leur souverain. Louis, après avoir si glorieusement terminé son expédition , repassa les Alpes. Entre les gastaldes, qu'il avait attribués a la principauté de Salerne , était compris celui de Capoue ; mais Landon et ses frères n'étaient nullement disposes a reconnaître pour leur seigneur aucun prince, depuis la mort de Siconulfe, prince de Salerne, et celle de Radelgise , prince de Bénévent : ils en vinrent même au point, qu'ayant secoué toute subordination , ils se comportèrent en despotes dans leurs départements , mettant en prison leurs sujets , et les condamnant à divers supplices : ils employèrent de plus divers artifices contre un nommé Pandolfe, leur parent ; de manière qu'ils réussirent a lui enlever Suessuola, dont il
qu
était gastalde ; et , non contents de l'avoir chassé de cette seigneurie, ils exercèrent leur barbarie sur quatre de ses fils, dont l'un eut la tête tranchée par leurs mains, un autre fut brûle par leur ordre , et deux furent envoyés en exil , où ils périrent misérablement. Mais Dieu se servit des Sarrasins pour modérer leur férocité. Ces infidèles , que la valeur du roi Louis II avait tenus renfermés dans Bari , dès qu'ils virent ce prince hors d'Italie, recommencèrent à se mettre en campagne. Après avoir saccagé la Pouille et la Calabre, ils passèrent dans les principautés de Bénévent et de Salerne , ou ils commirent les mêmes horreurs ainsi que dans le duché de Naplcs. Les peuples de ces contrées, poussés a bout, furent obligés d'implorer de nouveau le secours du roi Louis : pour l'obtenir , ils lui députèrent, vers la fin de l'an 85a, l'abbé Bassace , vicaire de Saint-Benoît , et Jacques , abbé de Saint-Vincent. Le prince n'hésita point a sa rendre à leurs vœux ; mais de retour en Italie , il fui étonné de voir qu'au lieu d'accourir pour se rendre a lui , les peuples se tenaient renfermés dans leur» murs, n'ayant envoyé que Landulfe , évêque de Capoue , frère de Landon , pour le complimenter. Soupçonnant alors de la mauvaise foi dans ceux qui l'avaient appelé, il était dans la disposition de s'en retourner ; mais l'intérêt de la religion le retint et le détermina à poursuivre son expédition.
Entre les crimes qu'on reproche à Landon et a ses frères, celui qui eut de plus fâcheuses conséquences, ce fut la guerre qu'ils firent à Magenulfe de Teaoo, neveu des Saduti , qu'ils haïssaient mortellement : chassé, par eux , de cette ville où il dominait , il chercha les moyens de se venger. Peu de tenu après arriva l'incendie de la nouvelle ville de Sicopoli , fondée I an 8a6, événement dont l'auteur est, jusqu'à présent, ignoré. Erkempert, l'anonyme du Mont-Cassin, et lÀon d'Ostie 1 attribuent aux Capouans. î/abbé Trioli, d'après une ancienne chronique, charge de ce crime les Napolitains et Sergius II, leur duc ; mais la chronique de Capoue , publiée nouvellement par M. Pralilli , le met sur le compte de Magenulfe , aidé vraisemblablement par les Grecs, qui étaient alors en grand nombre a Naplea. Cet incendie , arrivé l'an 856 , suivant Léon d'0*tie,
tôt
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
fut si terrible , qu'il consuma toutes les maisons de la ville a l'exception de celle de l'éveque.
Pour réparer ce désastre, Landon et ses frères pensèrent à construire une nouvelle ville. Mais ils ne s'accordaient point »ur le lieu où ils devaient la placer. Landon était d'avis de la bâtir sur l'emplacement même de Sicopoli , disant Que, située sur les collines escarpées de Palombera , elle servirait d'asile dans les tems difficiles où l'on se trouvait. A quoi ses frères répondaient que cette habitation convenait plutôt à des chèvres. Landenulfe , enfin , et l'évoque Landulfe , son frère , l'emportèrent par voie de fait , et étant descendus dans la plaine , ils commencèrent à élever les murailles de la nouvelle ville, le 1 >ng du Volturne, près du pont vulgairement appelé de Casiiin. C'était , dit la chronique des comtes de Capouc , un terrain si marécageux, qu'on lui donna le nom de Pantana : Ipse Caribou m cum frutribus suis moliri Jerit in Pantana. Les voisins se moquèrent de la nouvelle ville et l'appelèrent, par dérision, la nouvelle Rome ; mais Ijindon observant que le Volturne embrassait une grande partie de son enceinte, et rendait, par la, son site d'autant plus respectable, il mit toute la diligence et l'activité possibles pour conduire l'ouvrage à sa perfection; en sorte que la nouvelle Capoue fut habitée dès l'année même 856, où elle commença d'être édifiée.
Adéroar, prince de Salerne, ne vit pas, sans jalousie, s'élever la nouvelle Capoue. Etant venu trouver Gui , duc de Spoletle,
il vint a bout de l'ent
. g ager a tenter la ruine de cette place, afin d'obliger Landon et ses frères à se reconnaître vassaux de la principauté de Salerne. Le duc, en conséquence, vint avec ses troupes se présenter devant Capoue, pour en faire le siège. Landon était déjà disposé à faire un accommodement ; mais Landenulfe et l'évéque Landulfe protestèrent hautement que jamais ils ne s'avoueraient hommes liges du prince de Salerne. Sur cette déclaration, le siège de la place fut commencé avec une telle fureur, que, non content de battre les murs, on brûla tous les blés de U campagne ; ce qui réduisit les assiégés à promettre au prince de Salerne le serment de fidélité qu'il exigeait. Le seul Landenulfe refusa d'entrer dans aucune composition ; ce qui lui fit perdre le gastaldat de Sors , dont il était pourvu : on lui enleva , de plus , les villes d'Àrpino , de Vicalbo et d'Atino , qui furent adjugées au duc de Spoletle , suivant le traité fait entre lui et le prince de Salerne. Ces pertes causèrent i Landenulfe un chagrin si vif, qu'une mort prématurée l'enleva l'an 85g. Landon , après cela , s'étant transporté a Naples, pour rendre visite au duc Sergius, y rencontre Gaifre, qui depuis long-teras était banni de Salerne. Celui-ci s'étant adressé a Sergius, le pria d'interposer son crédit pour lui faire obtenir une des filles de Landon. Mais Sergios ayant néglige cette affaire , il eut le courage de s'adresser a Landon luimême. Sa demande fut si favorablement accueillie , que Landon lui offrit celle de ses filles qu'il voudrait choisir. Il donna la préférence a Landclaja, sans égard pour certains défauts corporels qu'elle cachait par une grande prudence. Aux noces qui suivirent celte alliance, assista un certain Montula, qui jouissait de la familiarité du prince de Salerne. Landon l'ayant prié d'employer son crédit pour obtenir a son gendre le retour dans sa patrie, Montula s'en excusa d'abord sur la difficulté qu'il y aurait d'obtenir une pareille grâce ; mais enfin vaincu par les i réitérées du comte , il consentit a ce qu'on lui de- , et réussit a faire lever le ban de Gaifre, qui revint avec sa femme à Naples, chargé des présents de son beau-père. ( Anon. Salent. , c. 89. )
Cependant Pandon , frère de Landon , ne discontinuait pas de faire la guerre au prince Adémar , pour se venger de l'outrage qu'il avait fait au fils de Marin, comte d.\nwlfi, son parent, en le faisant emprisonner et le livrant ensuite à Sergius, duc de Naples, qui tenait lui-même en prison le père de Marin.
Depuis fa mort de Landenulfe, le comle Landon était attaqué d'une paralysie, qui le retint sur le grabat l'espace d'un «c. Le
duc Sergius profita de celte infirmité, au mépris de l'alliance qu'il avait contractée avec l andon, pour lui déclarer la guerre avec le secours du prince Adéroar. Landon leur opposa le jeune Landon , son fils, avec un corps de troupes. Ce dernier, plein de valeur, apprenant que Grégoire et César, fils de Sergius , et Landolfe ue Suessola , son gendre, venaient avec une armée de Napolitains et d'Amalfitains, montant à sept mille hommes, pour taire le siège de Capoue , marche a leur rencontre avec tant de précipitation, que les ayant atteints après qu'ils eurent passé le Clanio , il se jeta au milieu d'eux comme un lion , dissipa une aile de leur armée, fil prisonnier César, fils du duc, avec huit cents hommes qui l'accompagnaient, et mit le reste en fuite. Celte victoire, dans la chronique des comtes de Capouc , porte la date du 7 mai de l'an 860. La maladie de Landon le Vieux empirait toujours. Se voyant près de sa fin , il appela ses frères Pandon et l'évéque tandulfe , et leur recommanda le jeune Landon, son fils, sans s'apercevoir, dit Muratori, qu'il recommandait un mouton à des loups. Il mourut ensuite dans le mois de février de l'an 861. D AloaRa, sa femme, il laissait quatre fils, dont l'aîné, qu'on vient de nommer, fut son successeur; Landulfe, surnommé, Suessola, qui fut gendre du duc Sergius; Landulfe et Pandon ; avec deux filles, Landelaja , dont ou a déjà parle, et une autre dont le it ignoré.
Lasdon le Jeune, surnommé CYRRtrrc, c'est-à-dire lb Crépu , successeur de Landon le Vieux , son père , était disposé
à vivre en paix avec ses voisins» Mais Pandon , son oncle . dévoré d'ambition, continua d'exercer des hostilités contre le prince Adémar. A sa persuasion et a celle de Landulfe , son frère , Gaifre s'étant saisi d' Adémar , le fit mettre en prison. Pandon, non content de cette perfidie , le fit aveugler, l'an 866, suivant Mura tori, {Aimai, d'itaj., lom. V, pag. 70), et mettre a sa place Gaifre. (For- les princes de Salerne.) Mais à peine
ce nouveau prince était- il sur le trône, que les deux violèrent le serment de fidélité qu'ils lui avaient fait, et tournèrent leurs armes contre lui : ils ne furent pas moins perfides envers leurs propres neveux. Voulant s'emparer du gastaldat de Capoue , ils chassèrent de celte ville le comte Landon. Celui-ci se jeta à son tour sur la ville de Cajazzo et mit en prison Ajoalde, à qui ses oncles en avaient confié la garde : vers le même tems, Landulfe le Jeune, son frère, envahit U ville de Case rte; mais Pandon étant survenu peu de tems après, reprit la place où il fit prisonnier Landulfe, avec quarante des plus nobles citadins. Les enfants du comte Landon se voyant alors sans ressource, se retirèrent a Suessola, où ils furent bien accueillis par l'evêque Landulfe. Pandon étant venu les y attaquer, Us se défendirent avec le secours que Gaifre leur fournit. Pandon reçut ; peu de tems après, le juste salaire de ses usurpations dans un combat où il fut percé d'un coup de lance. Son Gis Pandonulfe y reçut aussi une blessure considérable , et toute sa troupe, mise en déroute, y fut faite ou prisonnière ou obligée de prendre la fuite. (Erkempert , n. a8 et 3o. ) Pandon laissa en mourant trois fils : Landulfe, Pandonulfe, et Landunulfe.
Landulfe, le dernier des fils de Landulfe, premier comte de Capoue , s'étant emparé par violence de l'évêché de Capoue , après la mort de l'évéque saint Paulin , arrivée le 10 octobre 840, se comporta dans ce siège d'une manière conforme à son entrée. Après la mort de Pandon , il vint i bout , par son intrigue, de lui faire donner pour successeur son fils Pandonulfe , le même qui avait été blessé a la bataille où périt son père; mais parce que celui ci était ami de Maion , parent de Daufer , dont il redoutait l'habilelé , il voulut insinuer a Pandonulfe de séparer ses intérêts de ceux de Daufer , et de l'engager à transporter ailleurs son domicile. Paodonulfe, au lieu de suivre ce conseil, s'unit à Daufer élises deux frères, Landulfe et
DÈS COMTES ET DES Landotnilfe, avec lesquels il se retira dans le château de Potenza. Panionulfc, après cela, se rendit maître de Suessola , Landulfe de Caserte , et Landonulfe, du château de Cajazzo. Les fures s'étant ainsi partagé la meilleure partie du Capouan , commencèrent à dévaster te pays , tandis que Landulfc restait maître du comté de Capouc. Landulfe , alors , ayant rappelé ws neveux, 61s de I'andon , son frère , qu|il avait depuis long-tcms bannis, après les avoir privés du droit de succéder au comté, se joignit a eu* pour faire le pillage dans le voisinage des villes que leurs cousins s'étaient appropriées. Feignant ensuite d'être ému de compassion pour le déplorable état de ses vassaux, il invita les fils de Pandon a venir s'établir à Capoue , avec leurs cousins , les fils de Landon ; mais Pandonulfe démêlant les mauvaises intentions de son oncle, loin de se rendre à cette invitation , cul recours à l'empereur Louis II , pour lui faire connaître le tort que lui avait fait son oncle , en le privant du comté de Capoue , et le mal qu'il causait à tout ce pays , en souffrant que les Sarrasins le ravagassent impunément." Louis s'etant rendu , au mois de juin 866, au Motit-Cassin , y reçut les députés des différentes contrées , qui lui apportaient leurs plaintes sur les malheurs que les I nfidèles leur faisaient éprouver. Louis s'élant mis aussitôt en marche, pour la troisième fois, va faire le siège de Capoue, qu'il oblige, au bout de trois mois, en septembre 866, a se rendre. Réginon dit que les murs de celte place étant bâtis de grosses pierres carrées, cet avantage avait enhardi ses défenseurs a faire tête a l'empereur , qui l'ayant emportée, fil détruire ces murs, et nomma pour gouverneur du pays, le comte Lambert. Landulfe par la perdit, en septembre 866 , la seigneurie de Capoue. Louis étant parti de la au mois de novembre suivant, pour compléter son expédition, entra au mois de décembre, dans Bénévcnt, pour aller attaquer les Sarrasins de Bari. Il en fut mal reçu d'abord; mais ■près avoir été repoussé vigoureusement , il réussit i les battre, et à les forcer de se renfermer dans leurs forteresses de Bari et de Tarenle , tandis qu'il mit aux flammes la ville et la campagne de Matera dont ils s'étaient rendus maîtres. Etant retourné, dans le mois d'aoûl 867 , i Bénévent, il fit partir de la son armée pour faire le siège de Bari. Les Sarrasins s'y défendirent l'espace de quatre ans ; mais avec les secours que Lothaire, roi de lorraine, fournit a l'empereur, son frère , la place fut emportée au mois de février 87 1 . Le Soudan Seodam , qui avait exercé tant de cruautés envers les Chrétiens, y fut fait prisonnier, et toute sa troupe passée au fil de l'épée.
H restait a prendre Tarante, pour chasser entièrement d'Italie ces barbares. La bonne intelligence qui régnait entre tous les princes du pays, semblait assurer le succès de cette entreprise pour laquelle Louis faisait ses préparatifs ; mais la conduite insolente des Français logés k Bénévent envers leurs hôtes , fît évanouir les belles espérances dont on se flattait, les Bénéventains irrités de leurs mauvais traitements, se soulevèrent; et leur prince Adelgise, regardant l'empereur comme la première cause de ces désordres, par sa faiblesse, se saisit Je sa personne pendant qu'il faisait la méridienne et le retint prisonnier, après quoi il força les Français de vider le pays. Mais sur la nouvelle qui se répandit que les Sarrasins avaient débarqué près de Salerne, Adelgise remit l'empereur en liberté, après avoir fait jurer l'impératrice Angelbcrge, sa femme, et sa fille Ermeogarde, que l'outrage qu'on lui avait fait resterait impuai. (Erkemp. HisU, c.34.)
L'empereur partit de Capoue pour repasser les monts, l'an 874, y laissant sa femme et sa fille. Gaifre, prince de Salerne, étant venu faire sa cour à ces princesses, Landulfe , oubliant qu'il lui «tait redevable de son élévation , et lui avait fait plusieurs fois serment de fidélité, le fit arrêter, et ne le relie ha quelques jours après, qu'en l'obligeant de lui remettre en otage les fils de Landon, ses parents, que l'impératrice fit conduire prisonnier» i ftavenne; après quoi elle partit pour aller rejoindre sou
PRINCES DE CAPOUE. 3oo
époux. Ce prince étant mort dans la même année, les enfants de Landon furent rerois en liberté.
Landulfe termina ses jours au mois de mars 879 , plus méchant évêque que mauvais comte. Un a cependant plusieurs lettres qui lui furent adressées par le pape Jean VIII , dans lesquelles il fait l'éloge de sa prudence et Je son habileté dans les affaires. Mais il y a loin de la aux vertus chrétiennes et même a l'exacte probité.
Après la mort de landulfe, ses neveux partagèrent entre eux le comté qu'il laissait vacant. Pandonulfe , fils de Pandon, eut pour sa part Teano et Caserte. A Landon le Jeune, fils de landon le Vieux, déjà comte de Capoue, échurent les villes de Surs sa et de Berelai. Un autre Landon, fils de LanJenulfe, obtint la ville de Cajazzo et Carinola. Mais le gouvernement de Capouc fut confié à Pandonulfe , qui en fut proclamé comte et gastalde. Il fut, de plus, couvenu entre ces copartageants, que chacun d'eux pourrait établir sa demeure a Capoue. La même année, landulfe, fils de Landon le Jeune, fut élu évéque de celle ville. Mais la négligence de son père, très- paresseux de sa nature, fil différer sa consécration. Ce partage fait le 1 1 mars entre ces parents, ne dura cependant que jusqu'au 8 mai suivant. Le comte Pandonulfe, voyant d'un oeil jaloux qu'Atenulfe, son cousin, fils de Landulfe l'Ancien, gastalde de Teano, élevait une forteresse dans Calvi , se joignit a ses frères pour détruire cet ouvrage. Mais les assauts qu'ils lui donnèrent ayant été vains, Pandonulfe tourna ses armes contre les fils de Landon, auxquels il enleva Suessa. 11 employa depuis tant de stratagèmes, qu'il vint à bout de mettre en prison Alenulfe et Landenulfe , deux des trois fils de Landenulfe te Vieux , et de leur enlever la ville de Cajazzo. Il se mit ensuite i persécuter l'évêque Landulfe , fils de Landon le Jeune , et l'obligea de transporter son siège dans la vieille Capoue. Mais Pandonulfe, profilant de son éloignement , fit mettre a sa place Landonulfe, son frère, quoiqu'il fût déjà marié.
Les fils de Landonulfe et de Landon , pour se mettre a l'abri des vexations de Pandonulfe, eurent recours a Gaifre, prince de Salerne , qui les accueillit favorablement et les prit sous sa protection. Gaifre ne tarda pas a se mettre en campagne pour venir a leur secours. Le pape Jean VIII, qui se repentait d'avoir négligé d'interposer son autorité pour rétablir la paix entre les dissidents, se rendit aussi sur les lieux , et, s'étant logé dans un lieu nommé Antignano , il fut témoin des divers combats que se livrèrent les frères et les cousins. Il vit , d'un côté, Athanase, évêque deNaples, avec ses gens, combattre pour Pandonulfe , et de l'autre , les princes de Salerne et de Bénévent , qui , aspirant i la possession de Capouc , lui donnaient souvent de sanglants spectacles ; à quoi ne pouvant remédier, il s'en retourna le cœur plein d'amertume, sans rapporter aucun fruit de son voyage. Gaifre était cependant occupé i faire le siège de Capoue. Mais il le leva , l'année suivante , après avoir tenté inutilement de réconcilier Pandonulfe avec ses frères et ses cousins. Les Sarrasins, a la faveur de ces discordes , recommencèrent a faire dans le Bénéventain des courses funestes qu'ils étendirent jusqu'à la campagne de Rome. Le pape Jean VIII, pénétré des nouvelles qu'il recevait des ravages que ces barbares exerçaient, voulut , pour la seconde fois, l'an8Hi t se remettre en roule pour tâcher de ramener a des sentiments de concorde les princes désunis. Etant arrivé a Capoue, il partagea en deux diocèses l'église de Capoue , et , ayant conféré la consécration épiscopale a Landulfe , qui avait été le premier élu, il lui assigna l'église de la vieille Capoue et adjugea celle de la nouvelle Capoue a Landonulfe. Mais ce partage déplut au perfide comte; et, s'étant concerté avec les Sarrasins et les gens de l'évêque Athanase, il fit mettre le feu a l'église de Saint-Pierre , où l'évêque Landulfe avait été sacré.
Les mariages des princes réunissent souvent les intérêts des princes divisés et mettent fin à leurs longues inimitiés. Le prince Gaiderise , l'un des plus grands adversaires de PanJo-
tnc , pour mettre â sa place , I an 004 , Aion , nse, après sa déposition , fut consigné entre le» içais. Mais , s'étant échappé , il s'enfuit à Baxi , , qui l'envoyèrent à Conslantinople , où l'em-
l'espacede quarante ans, p-ndant lesquels ils ne cess taire du mal aux Chrétiens. (Léo Ost., liv. 1 , c. 43.) L'évèque Athanase, dans le même tenu, laa des
3io
nulfe , donna', vers ce tems , sa fille au fils de ce dernier, et , en conséquence , se retira de l'alliance de Landon. Mais celuici, sans perdre courage, trouva le moyen de faire emprisonner Gaiderise par ses soldais, et de faire proclamer a sa place Radclgise , fils J'Adelgise , que les Bcnéventains chassèrent après trois ans Je rèftnc , pour mettre à sa place , l'an 884 , Aion son fils. Gaiderise, mains de» Français, chez les Grecs, qi
pereur Basile le reçut généreusement et lui donna , outre plusieurs présents ron>iderables, la ville d'Oria, dans la Pouille.
Pandouulfe faisait cependant sa cour au pape Jean VIII , dont il se reconnut l'homme lige. L'ayant gagne par là, il obtint de lui la ville de Gaëte, qui était alors soumise au saint siège. Mais lorsqu'il en eut pris possession , il commença à maltraiter les Gaélans , au point de les empêcher de sortir de la ville. Elle avait pour capitaine un certain Docibile, qui, ne pouvant supporter une telle insolence , fit venir les Sarrasins nui demeuraient dans Agropoli, et se mit avec eui a Élire le dVgât dans le pays. Le pape , commençant alors a se repentir de son excessive'indulgencc pour le comte, lui écrivit, ainsi qu'aux Gaélans , des lettres pressantes pour les détacher de ralliance des Infidèles. Docibile se rendit aux instances du pontife, et, s'étant tourné contre les Sarrasins, leur déclara la guerre. Il y eut alors un sanglant combat où plusieurs gaélans perdirent la vie et un plus grand nombre la liberté. Mais la perte fut encore plus grande du cote des Sarrasins. Ceux-ci ayant a la fin demande u paix , elle leur fut accordée avec perde s'établir le long du Garilian, où ils demeurèrent
cessèrent de
jue Ainanase, oans ic même icius , um uca procédés violents de Pandonulle à son égard, se détacha de lui pour entrer dans la ligue de Landon et des (ils de Landonulfe. Mais le bon évéque, dit Rainaldo , qui s'ennuyait du mal que faisaient les autres , et ne cherchait néanmoins qu'a les surpasser en méchanceté, prit a son service les Sarrasins qui habitaient au pied du Mont- Vésuve. Cette perfidie lui réussit mal. U eu fut puni par ces mêmes Infidèles, oui déchargèrent principalement leur fureur sur le territoire de Naples. Pour se délivrer de cette engeance funeste, il eut recours a Gaimar I, prince de Salerne, aux Capouans et a toutes les communautés des villes et places voisines, à l'aide desquels il les obligea, l'an 881 , d'.illiT se confiner dans Agropoli. Mais à peine eut-il dissipé cet orage , que , s'étant associé les fils de landon et de Lan- ! donulfc , il vint faire irruption sur le territoire de Capoue dont il entreprit le siège. Pour tirer Pandonulfc de presse , Radelgise, prince de Bénévent, son parent, et son fils Aion, accoururent avec leurs troupes et pénétrèrent dans la place à travers l'armée ennemie. Ayant par la relevé le courage des Capouans , ils firent avec eux une sortie qui n'eut aucun succès, les fils de landon et de Landonulfe, par le conseil de i'évéque Athanase , feignirent alors de vouloir faire la paix avec Pandonulfe. Le comte ayant donné dans le panneau , ils entrèrent dans la ville avec leur suite. Mais aussitôt s'étant rendus maîtres de sa personne , ils le firent prisonnier , et le déclarèrent , au mois de novembre 883 , déchu de son comte.
Landon , dit le Paresseux et le Stvpide, fut mis a la la place du comte Pandonulfc, après son emprisonnement. L'évèque Athanase fut assez méchant pour lui conseiller de se défaire de ses frères et de ses cousins, afin de régner avec plus de sûreté dans Capoue. Mais Landon rejeta cet avis avec horreur disant qu'il n'était pas assez pervers pour souiller ses «nains du sang de ses proches. Athanase, se voyant ainsi rebuté , ne perdit pas courage. Ayant obtenu des Grecs une troupe de trois cents soldats , il attendit le tems des vendanges , et , lorsqu'elles furent arrivées , il donna subitement sur lés Capouans,
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
leur récolte , et en fil on
tandis qu'ils étaient occupés 4 grand nombre prisonniers.
Paudonulfe ayant trouvé moyen , l'an 884, de s'échapper de sa prison , alla se réfugier à Naples auprès de l'évèque Athanase, et mit dans ses intérêts les Grecs du pajrs, avec lesquels il se mit à piller les environs de Capoue. Pour les repousser , Landulfe , évéque de celte ville , et le comte Landon , s'adressèrent a Gui, duc de Spolelte , qui leur amena un corps de troupes avec lequel il entra dans Capoue, qu'il pourvut de vivres. Mais Gui ayant été appelé pour une affaire a Rome, la ville de Capoue resta entre les mains de l'évèque Laodulfe, parce que Landon était en marche contre les Grecs et les Napolitains , qui s'étaient fortifiés sur le mont Saint- Erasme, l'andonuife, de son côté, s'était posté, avec ceux de son parti, à Sicopoli , d'où il faisait des courses sur le territoire de Capoue. Atenulfe , fils du ci-devant comte Lan dulfe , porta ses vues alors sur le comté de Capoue. S'étant rendu dans ce dessein a Spolelte avec une bonne bourse , il y enrôla un nombre de français. Mais ses troupes ne voyant pas son entreprise ausi facile qu'il l'avait fait espérer , l'abandonnèrent et retournèrent
Spol.
lté. Ce revers ne déconcerta point l'ambitieux Atenulfe. épulé son parent Sadi à l'éveque Athanase , il en reçut la promesse d'employer tout son pouvoir pour seconder «s vues. Mais elles furent découvertes par Landon qui , lent de sa nature, négligea la nouvelle delà révolution dont il était menacé. Tandis qu'elle se préparait , il se vit attaqué d'une violente fièvre, 4 laquelle succéda un état de langueur qui lui fit prendre le parti de se retirer a Téano. Ce fut le terme de son gouvernement, qui avait duré depuis le i er . novembre 88a, jusqu'au i". septembre 88b , suivant la chronique des de Capoue.
Landenulte est donné pour successeur a Landon , son frère, par le Pellegrini. Mais Atenulfe, voyant le gouvernement de Capoue entre les mains de celui-ci , se hâta d'aller trouver a Naples l'évèque Athanase , pour s'aboucher avec lui sur le parti qu'il avait a prendre. 11 ne paraît pas qu'il en rapporta une réponse bien satisfaisante. Cependant il garda le comté de Capoue l'espace de seixe mois , depuis le moi* de septembre 885 jusqu'au 6 janvier 887. (Pellegrini, TuM» exponta Corn. Cap. n. 8.)
A TENUITE , à la fin, réussit i se faire reconnaître comte de Capoue. L'un de ses premiers soins fut d'envoyer des députrs au pape Etienne V, pour lui faire hommage a titre devassil, offrant de lui rendre la ville de Gaëte dont il s'était rendu maître depuis quelque tems. Athanase, évéque de Naples, toujours dévoré d ambition, ne put voir sans jalousie Atenulfe, qu'il avait favorisé jusqu'alors , paisible possesseur du comté de Capoue. Ayant rassemblé une multitude de grecs, de napolitains et de sarrasins, il vint i leur tête, l'an 888, pour faire irruption dans leOpouan. Atenulfe , avec un renfort qu'il reçut d'Aion , duc de Bénévent , et une troupe de sarrasins qui se joignit a ses troupes , ne craignit pas d'aller a la rencontre de l'ennemi. Les deux armées, s'étant rencontrées près du Clanio, se livrèrent une bataille dont les Sarrasins, des deux partis , restèrent spectateurs sans faire aucun mouvement. La victoire se déclara pour Atenulfe, et fut telle , qu'Alhaoase se vit contraint de demander la paix. Elle lui fut accordée pour un an , moyennant dix mille sous d'or qu'il paya et quelques places qu'il rendit. Mais a peine douze jours furent écoulf' qu'elle fut rompue. Les gens d'Athanase et ceux d'AtenuUe recommencèrent a piller les campagnes à l'envi. Mais les Capouans, devenus les plus forts à l aide des Sarrasins avec lesquels ils s'étaient alliés , rendirent avec usure 1 leurs ennemtf le mal qu'ils en avaient reçu.
Aïon , prince de Bénévent , se voyant assiégé dans Ban, p* le» Grecs, sous les ordres du patrice CoiuUoun , sollicite At*
DES COMTES ET DES
nolfe, par des lettres pressantes, de venir s son secours. Atenulfe, au lien de se rendre à ses prières, fit, par ses ambassadeurs , avec le patrice , un traite par lequel il était convenu qu'il accorderait la pais au prince de Benéveut, à condition que celui-ci rendrait Bari. A'ion se soumit avec un grand regret à cette clause, et s'en retourna, l'an 88ti, le cœur plein de dépit, a Bénévent. (Muratori, Annali, tom. VI , pag. i8d. )' Atenulfe avait dès-lors des vues sur la principauté de Bénévent. Elles s'effectuèrent , l'an 900, par une suite du gouvernement faible du prince Radelgise et des violences qu'exerçait , sous son nom, Virialde, son ministre. Plusieurs familles nobles qu'il avait bannies , s étant retirées à Capoue , y lurent reçues du comte avec une générosité qui les enchanta. Les Bénéventains , instruits par la renommée de ce bon accueil , s'empressèrent de se rendre a Capoue. Daos les conversations que les principaux d'entre eus eurent avec lui , ils lui insinuèrent qu'ils avaient un grand désir de le voir élevé à la principauté de Bénévent. Atenulfe , d'abord , regarda ce discours comme un vain compliment. Cependant il cherchait a procurer un mariage honorable a son fils Landulfe , et , dans ce dessein , il osa demander pour lui a Gaimar , prince de Salerne , sa fille, promenant de lui rendre les devoirs d'un vassal , comme avaient fait ses prédécesseurs. Mais sa demande fut rejetée par le conseil de ses frères Landulfe et Lan don, qui , chasses par lui, s'étaient réfugies à Salerne. Iota, femme de Gaimar, fut celle qui s'opposa le plus à cette alliance, disant qu'il ne convenait pas de mêler un sang royal avec celui d'un vassal. Atenulfe , ainsi rebuté , fit épouser a son fils Gemma , nièce de l'évéque Atbanase.
Les Bénéventains, se dégoûtant de plus en plus de Radelgise, leur seigneur, redoublaient, par lettres, leurs instances auprès de leurs concitoyens exiles a Capoue, pour les engager à déterminer le comte à se rendre a leurs vœux. Atenulfe , cependant , hésitait dans la crainte que l'entreprise ne réussi pas ; mais enfin, sur les assurances qu'ils lui donnèrent, il se mit en marche avec les exiles , suivi d'un assez petit nombre de capouans. Etant arrivés de nuit à Bénévent , ils enfoncèrent les portes de la ville , où dès qu'ils furent entrés, leurs correspondants s'élant joints à eux , ils allèrent droit au palais de HaJrlgi-se , qu'ils firent prisonnier sans éprouver presque aucune résistanc. Le peuple s'élant alors rassemblé , avec les grands, dans IVglise de Sainte-Sophie, Atenulfe y fui proclamé à l'unanimité , prince de Bénévent , l'an de grâce 900. ( Anonym. Sa/em., c. i5o, et Chron. Cavense. )
Atenulfe , après avoir mis ordre aux affaires de Bénévent , tn confia le gouvernement a Pierre , évoque de la ville , après quoi il reprit la route de Capoue : mais , peu de teuis après son retour , il fut informé que le prélat , son lieutenant, s entendait avec quelques factieux pour se rendre maître de la principauté. A cette nouvelle, il revient a Bénévent, d'où il chasse l'évéque, qui , s'étanl retiré à Salerne, y est favorablement reçu du prince Gaimar. Les complices du prélat furent en même tenu arrêtés et punis de leur félonie par la prison. Atenulfe ne divisa point ses états, et y établit partout la même police.
Atenulfe , en retournant à Capoue , y transféra le siège de la principauté. Ce ne fut pas néanmoins alors , comme qui Iquesuns l'ont cru, que Capoue acquit le titre de principauté, quoique les fils d'Aienulie se soient donné le litre de princes de celle ville, et que le vulgaire le leur ait accordé ; mais les BénéventaioSi#ersévérèrenl long tems à donner le titre de princes de leur patrie à Atenulfe et a son successeur. Cependant Bénévent , lorsque le prince eut cessé d'y résider, perdit beaucoup de sa splendeur et de son opulence. Capoue , au contraire, devenue la métropole d'un vaste et florissant état , commença a s'elcver au-dessus des autres villes , et ce fut alors que le bourg qui est au-delà du pont , s'agrandit considérablement par le çraud nombre d'édifices qu'on y éleva et l'aiUuence des
PRINCES DE CAPOUE. 3n
étrangers qui vinrent s'y établir. Atenulfe , après avoir affermi l'ordre et la paix dans ses étals, forma le dessein d'en chasser les Sarrasins ainsi que des provinces voisines. Ayant communiqué ses vues A Grégoire , duc de ISaples , il n'eut pas de peine à l'y faire entrer. Les Amalfitains s'élant aussi joints à lui, ■ I fit construire sur le détroit un pont de bâleaux, sur lequel il alla provoquer les lnâdèles et les Gaétan», leurs alliés, retranchés a Gelra, lieu fortifié par la nature et par l'art. Mais les sentinelles de son camp s étant laissées surprendre , il fut obligé de repasser le pont en diligence; néanmoins ayant ensuite rallié ses troupes, il mit à son tour l'ennemi en fuite. ( Apud PraliL Hist. Langotar. , tom. IV, pag. 4"7-)
Atenulfe termina sa carrière au mois d'avril 910, dans le lems qu'il se disposait a faire un dernier effort contre les Sarrasins. 11 tut inhumé à Capoue, où ses successeurs eurcul pareillement leur sépulture. ( Oltav. Rainai. Mon. istor. , tom. II. ) Prince de glorieuse mémoire, qui fut l'artisan de sa fortune. De Silrelgaitk , sa femme, il laissa deux fils, qui suivent , entre lesquels il établit une si grande amitié qu'ils vécurent toujours dans une parfaite union.
Landulfe, surnommé, par une raison qu'on ignore, Awtï- PATEH, et AtENULPE 11 , son frère, succédèrent a leur père, Atenulfe I. Le premier , dans un voyage qu'il avait fait a Constantinople, avait obtenu le titre de patrice pour lui et pour son frère. L'empereur Constantin Porphyrogenète avait promis de plus à Landulfe de lui fournir des secours contre les Sarrasins. Fidèle a cet engagement , il lui envoya le patrice Picingli a la tête d'une bonne armée, avec ordre de chasser les Infidèles du bénéventain , surtout ceux qui habitaient le long du Garillan. Picingli, homme prudent , pour s'acquitter de sa commission , commença par travailler a détacher de l'alliance des Sarrasins, Grégoire, duc de Naples, et Jean, duc de («acte, en leur présentant , de la part de son maître , les honneurs du palriciat ; en quoi il réussit. Ensuite s'étanl joint aux princes de Bénévent, et à Gaimar II, prince de Salerne, il alla se poster avec une armée nombreuse en deçà du Garillan , en présence des Sarrasins. Le pape Jean X ne voulut pas être oisif dans celte guerre. Ayant engagé le marquis de Toscane et les Spoletlains a venir le renforcer , il forma une seconde année avec laquelle il vint camper de l'autre câté du fleuve ; en sorte que les Barbares se virent assaillis de loutc part pendant l'espace de trois mois, et réduits à la plus grande détresse. Enfin, presses par la faim et sur le point d être accablés par les Chrétiens, ils mirent le feu a leurs logements par le conseil de» ducs Grégoire et Jean , et par une irruption subite , ils se sauvèrent par les montagnes et les forêts comme ils purent ; mais poursuivis par les Chrétiens , ils furent tous passés au fil de lVpée. Ceci arriva dans le mois d'août 91S, suivant Léon d'Oslie (liv. I, c. 5i), et non l'année suivante , comme le marque Loup Piolospata suivi par le P. Pagi. En mémoire de ce glorieux événement , Landulfe fit élever , sur les borda du Garillan , une tour avec cette inscription :
Haut fsaadam terrain tdsfari! gats Jçarena , Staadeas tuae flartam : fitri me pastta partit , Primerai àaae tarrim Pmmdalfat candi dit ètrag , Vt Ut Uratlari datai et memanrMe aamrm
( Galtula, ttittar. Catiia., tom. I , p. 97.5
Atennlfe II n'imitait pas ta conduite sage et prudente de Landulfe, son frère, a l'égard de ses vassaux. Ses minières hautaines et ses procédés violents a li'iir égard les ayant soulevés, vers l'an o33, ils l'obligèrent d'abandonner le pays. S'élant réf igié auprès de Caimarll, prince de Salerne, son gendre, il obtint de lui la seigneurie de Consa. Mais »es nouveaux sujets, qu il in-iltraitait comme les premiers, le chassèrent à l'exemple de ceui-ci ; après quoi il alla s'établir a Naples.
landulfe ne se prévalut point de la disgrâce que son frère
3u CHRONOLOGIE
s'était attirée pour l'exclure entièrement de la principauté de] Bénévent, S'il ne put lui en conserver l'exercice , il voulut du | xnoins que le nom d'Alenulfe fût toujours dans ses diplômes avec le sien.
L'Italie jouissait d'un calme profond , lorsqu'elle se vit toulé coup inondée d'une multitude de Barbares dont elle n'avait jamais ouï parler- C'étaient les Hongrois , qui , s'étant d'abord jetés sur le Capouan , y mirent tout à feu et a sang ; de là ils passèrent dans le Béuéventain où ils commirent de grands ravages , ainsi que dans le pays voisin. Cette irruption est datée de lan q36 dans Loup Prolospata, et dans la chronique des comtes de Capnue; mais le Pellegrini , d'après Frodoard^ Vitikindc et Herman le Contract, la rapporte à l'année suivante. Les Italiens, revenus de leur étonnement , leur dressèrent des embûches en divers endroits , et les ayant surpris , ils fondîr«nt sur eux avec tant de valeur qu'ils les taillèrent en pièces , et recouvrèrent l'or l'argent et les bestiaux qu'ils avaient enlevés ; ce qui put échapper reprit , comme il put , la route de son pays.
I.e prince Laudulfe avait associé, Van g33, son fils Axe- Nl'LFE 111 a sa principauté. Il lui joignit encore, l'an g4o, son autre fils Lakdulfe , que nous nommerons le second! Ces
lu'au 10 avril q43 qui fut iEMMA , fille d'Athanase , veque ue [tapies, qui survécut a son époux jusqu'en 961. De ce mariage, ileut fort jeunes ; d dire , dans sa d'abord
&sjll «mit- nu LiAiauvLrE. 9 \| uv itvu* nu
deux collègues régnèrent avec lui jusqu'i l'époque de sa mort. Il avait épousé Ge« évéque de Naples , qui survécut à son 1
ut sept fils , dont les quatre premiers moururent ux autres qu'il associa, comme on vient de le
Srincipauté ; et Landulfe , le dernier , qui fut e Sessa et ensuite d'Isernia.
Landulfe II , dit LE Roux , et Atenclfe III , surnommé de Camnola, continuèrent de gouverneren commun la principauté lie Bénévent et de Capoue après la mort de Landulfe , leur père. Mais depuis l'an 94^ , il n'est plus fait mention d'Alenulfe III, soit qu'il soit mort cette année , soit qu'il ail été chassé pour raiion tl'incunduite. Landulfe II, l'an , se donna pourcollégue son fils Pandolfb III , surnommé 'i'ETE DE peb, avec lequel il régna jusqu'au 27 mai 961 , époque de sa mort. La chronique des comtes de Capoue donne à Landulfe II , pour femme , Wajceia , et ajoute qu'il eut plusieurs guerres avec les Sarrasins. Le Pellegrini lui donne six enfants, nés de son mariage ; Pandolfe, qu on vient de nommer ; Landulfe 111 , qui fut son collègue ; Landon , comte de Cajazxo ; Jean , qui devint le premier archevêque de Capoue ; Romuald, dont fait mention l'anonyme de Salerne ; et Gemma , religieuse de Sainte- Mario de Capoue,
Pandolfe Tête de fer et Landulfe III, après avoir été associés a Landulfe 11, leur père, devinrent ses successeurs dans la principauté de Bénévent et le comte de Capoue. Ce fut «lors que l'empire d'Occident passa aux rais de Germanie. Les Italiens , irrités de la tyrannie de Bérenger , qui l'avait usurpé, appelèrent à leur secours Ouon I , roi de Saxe et d'Allemagne, avec, promesse de le reconnaître pour leur souverain, s'il voulait
bonne
descendre chez eux avec une bonne armée. Olton se rendit avec joie à l'invitation, et après avoir fait couronner roi de Germanie , k Aix-la-Chapelle, son (ils Olton, âgé pour lors de sept ans, il se met en marche avec le plus de troupes qu'il put rassembler, Adalbert . fils de Bérenger, se mit en devoir d'aller à sa rencontre avec une armée de soixante mille combattants. Mais les barons du pays lui déclarèrent que ne pouvant vivre sous le gouvernement de son père , ils étaient disposés a se donner a une puissance étrangère , à moins qu'il ne se démît eu sa faveur du pouvoir souverain. Bérenger ne paraissait pas opposé a leur juste désir ; mais sa femme l'ayant fait changer de dispositions , les barons , trompés dans leurs espérances , abandonnèrent unanimement Adalbert, et ouvrirent, par la, au roi de Germanie , la libre entrée de leur pays. Bientôt après ,
Otton ayant fait prisonnier Bérenger , dans le chlteau de Saint- Léon, se vit maître de toute l' Italie. ( Léo. Osl. , 1. 1 , e. uit. ; . tnonym Soient, e. îGa ; Lurlprand., 1. 6 , c. 6. ) Valpert , archevêque de Milan, ayant assemblé, l'an 90*1 , un concile, déclara publiquement Bérenger et son fils déchus du royaume d'Italie , et proclama en leur place Olton , qu'il conduisit incontinent k l'église de Sainl-Arabroise , où il le sacra et lui imposa la couronne de fer. Otton , de la , s'etant rendu à Pavie , passa ensuite avec la reine Adélaïde, sa femme, a home, où
il fut présenté par l'archevêque Valpert au pape Jean Xll , qui lui ceignit te diadème impérial, le a février cyS*. Olton, après son couronnement , étant retourné a Pavie , y rétablit les affaires de l'Italie dans un meilleur ordre: après quoi il di
nie dans un meilleur ordre; après quoi il dirigea sa route, l'au 963, vers le duché de Bénévent, et le comté de Capoue , où il fut reçu avec de grands honneurs par les princes
, son frère. (
Nice
et Laudulfe 111 , son frère. ( Artonrm. Salent.
fe I
?phore Phocas, étant monté vers le même tems sur le trône d'Orient , souffrit impatiemment la grande autorité qu'Otton s'était acquise en Italie. Dans la crainte qu'il n'y étendit encore plus loin son autorité, il eut soin de faire réparer les forteresses de la Calabre et de la Pouille, qu'il savait être déjà menacées d'une invasion parce prince. Luitprand, évéque de Crémone , et ami intime d'Otton, vovant qu il était
voyant qu il
près d'entrer en guerre avec Nicéphore, lui conseilla d'essayer, avant que d'en venir a des hostilités dont le succès était incertain , un moyen plus doux et moins hasardeux pour obtenir ce qu'il ambitionnait: c'était de proposer a Nicéphore le mariage de son fils, Otton 11 , et d'Anne, fille de Nicéphore, avec la Pouille et la Calabre , pour dot de la princesse. Ia prélat étant parti k la téte d'une magnifique ambassade pour aller faire cette demande , éprouva de grandes difficultés de la part de l'empereur grec : une des principales fut de vouloir qu'on fît rentrer sous son obéissance, les princes de Bénévent et de Capoue, qu'il appelait des sujets rebelles. Le mariage, néanmoins , fut accordé. Mais les troupes d'Otton étant entrées dans la Calabiv pour recevoir l'épouse promise a leur maître , donnèrent dans une embuscade que les Grecs leur avaient dressée, et plusieurs allemands faits prisonniers furent conduits à Constantinople. Otton ayant appris la nouvelle de cette perfidie , en Allemagne , se remit prompteroent en marche pour en tirer vengeance. Il était dans le voisinage de Capoue, te 18 janvier 967, comme on le voit par une de ses lettres rapportée par Baronius , sous cette date xv Kal. Febmarii ia Cempam'a juxta Capuam. De Capoue il marche vers la Calabre , où les princes de Bénévent ne tardèrent pas a venir le joindre a la téte de leurs troupes. Pandulfe Télt de fer le suivit dans la guerre qu'il porta contre les Grecs et les Sarrasins qu'ils avaient appelés a leur secours. Gisulfe , prince de Salerne , quoique soupçonné d'intelligence avec les Grecs , s'élant remis nouvellement sous la vassalité d'Otton t voulut être aussi de cette expédition.
On combattit avec ardeur et succès contre les Grecs et 1rs Infidèles; mais au milieu de ces prospérités, Pandulfe reçut la nouvelle de la mort de Landulfe , arrivée après huit ans de son règne a Bénévent. Landulfe laissa pour héritier Pandulfe, que nous appellerons le second de son nom. Mais ici nous croyons devoir avertir, pour l'éclaircissement de l'histoire, que Pandulfe, plusieurs années auparavant, avait partagé ses états avec son frère , auquel il avait laissé le Bénéventain pour soa lot, en lui assignant Bénévent pour sa résidence. Pour ne pas, néanmoins , être inférieur a son frère, Pandulfe , toit de Pautorité de l'empereur, soit de la sienne propre, érigea en principauté, le comté de Capoue, que le pape Jean XIII avait déjà élevé, l'an gfili, a la dignité d'archevêché. (Mural-, Ann. LVf, pag 4'7 )
Landulfe 111, prince de Bénévent . étant mort l'an of»*, avait nomme pour son successeur, Pandulfe, son fils aine. Mais
DES COMTES ET DES
Pandulfe, oncle de celui-ci, lui fit l'injustice de créer â sa place Landulfi, son propre fil», que nous nommerons le quatrième Je son nom. Landulfe III, outre ce fils, en laissa deux autres, dont l'un, appelé RofFred, vivait encore en 97a, et l'autre nommé Landulfe. , dont nous aurons occasion de parler ci-après.
L'empereur Otton , étant retourné , l'an $68 , en Allemagne , Pandulfe Tile de /erïui demanda, l'année suivante, des secours, pour faire la conquête de la Pouille, et poursuivre la guerre u'il avait entreprise contre les Grecs. Ayant obtenu ce qu'il ésirait, il entra dans la Pouille et alla camper dans le territoire de Bovino. Les Grecs ne furent pas lents a venir se présenter devant lui. On en vint a une bataille , où ils furent battus, mis en fuite et poursuivis jusqu'aux portes de la ville. On vit alors sortir un grec d'une stature et d'une force extraordinaires , nommé Léonce , qui s'étant présenté a Pandulfe, lui déchargea sur la téte un coup d'estramacon , qui le renversa par terre ; ce que les Grecs ayant vu , ils reprirent courage et revinrent sur le champ de bataille. Le prince s'étant remis en selle, eut bientôt après, son cheval tué sous lui. Un île ses .soldats lui présente aussitôt le sien ; mais a peine l'a-t-il monté , que ses gens ayant pris la fuite, il se voit assailli par un vigoureux grec, qui d'un coup , le démonte de nouveau, et l'ayant fait prisonnier, l'amène au patrice Eugène. ^Anonym. Salem. , c- 164). Un grand nombre de sa suite fut taillé en' pièces, plusieurs furent faits prisonniers , et ceux qui purent échapper, reprirent en diligence broute de leur pays. Gisulfe, prince de Salerne, envoyait cependant un corps de troupes au accours du prince de Bénévent, sous la conduite de Lan don , son gasulde ; mais celui - ci ayant appris ce qui venait d'arriver à Pandulfe, rebroussa aussitôt chemin , et revint a Salerne.
Eugène , avant envoyé sous bonne garde , son prisonnier a Conslanlinople, fit passer en même teins , une armée dans le Beneventain , où elle surprit Avellino, et fit prisonnier le gastalde Siconulfe , avec une grande multitude d'hommes et de femmes. De 11 , il courut , en traversant et ravageant les campées, jusqu'à Capoue, dont il forma le siège, s'imaginant qu il U réduirait aussi facilement qu' Avellino; mais, après être resté 1 espace de quarante jours , pu selon d'autres, deux mois, devant cette place , il n était pas plus avancé que le premier )our. Dans l'embarras où il se trouvait , Marin , qui commandait en qualité du duc de Naplej , survint avec les Grecs de ton duché , qui s'étant joints a leurs compatriotes , brûlèrent et saccagèrent les environs de Capoue. S'a percevant néanmoins que la place était défendue par des hommes déterminés et pourvue de vivres pour dix ans, il ne réussirait point à l'emporter , apprenant , d'ailleurs, que les assiégés attendaient un puissant renfort de Français , Eugène abandonna la partie , et ayant renvoyé ses troupes du côté de Bénévent , il se retira à Salerne auprès du prince Gisulfe I, dont il fut bien reçu. Gisolfe s'était retourné du côté des Grecs , après avoir servi de les troupes contre eux, Pandulfe Tite de fer. Le patrice Eugène , ayant quitté Salerne, alla rejoindre son armée dans la rouille. Mais peu de jours s'étaient écoulés depuis son départ, lorsqu'on vit arriver â Capoue une multitude de Saxons , de •^poleltains et d'Allemands. N'y ayant point rencontré les Grecs, ils tournèrent du côté de Napies, où les Capouans s'étant joints à eux, ils firent un butin immense dans les environs de celte ville, et lui causèrent d'autres pertes considérâmes. Etant passes ensuite a Bénévent , ils y participèrent aux saints mystères pendant ta messe de l'archevêque Landulfe , après quoi ils s'acheminèrent vers la Pouille. Le patrice Eugène n y était plus alors , ayant été déposé et rappelé â Cons- Untinople pour ses cruautés. Un nommé Abdila , que l'empereur Nicéphore lui avait substitué , ne tarda point i se mettre en campagne pour attaquer les Allemands qu il rencontra prés d'Ascoh. Colocunco, comte de ceux-ci, trouvant l'occasion