‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 540 sur 582 · DES ROIS DE NAPI.F.S · texte numérisé non relu

DES ROIS DE NAPI.F.S

que U stérile satisfaction d'avoir fait beaucoup de dégât dans la environs de U place. ( Georg. Stella , «un. genuenw. ) Une nouvelle descente que 6t en Sicile , au mois de juin de l'année suivante, par ses ordres, le comte Novello, de la maison de Baux , avec une flotte de quatre-vingts voiles , n'eut pas un plus heureux succès. Le peu de fruil que Robert lira de cette expédition fut compensé en quelque sorte par l'honneur que le pape lui Cl, la même année, de le nommer vicaire de l'empire en Italie , WMcant» imperio , c'est-à-dire pendant les démêlés de ce pape avec Louis de Ravière, qu'il avait déposé. Ses pensées, cependant , ne cessaient de se tourner vers la Sicile. Fier de la conquête qu'il avait faite, l'an l'Slg, de l'île de Lipari, il Gt partir, le 1 1 juin i34i , une nouvelle flotte plus formidable que 1rs précédentes pour s'emparer de ce royaume. Mais tout le fruil de cet armement fut la prise de Melazzo, qui s? rendit bute de secours, le i5 septembre, après environ trois mois de siège. Robert mourut le 19 ou le 14 janvier i3*3; Villani et d'autres écrivains d'Italie disent l'an i34a, en suivant le calcul florentin. Robert, suivant Paule Jove, avait le génie grand, Cultivé par l'élude et par les beaux arts, dont il était le protecteur déclaré. Il avait une mémoire admirable , et outre cela une piété égale à celle de saint Louis, son grand-oncle. Il emporta dins le tombeau les regrets de ses sujets, et fut inhumé dans

l'il avait fondée en i3io. On y lit

1'eejise de Sainte-Claire qui «on épitapbe en ce vers :

Eloge un peu bref pour un prince si sage et si savant , et pour on si grand capitaine. Il avait épouse, 1*. en mars 1297. CUu de Jacques II , roi d'Aragon

Yolande

morte en i3oa ;

a", l'an i3oçj, SsMCisj fille de Jacques , roi de Majorque, morte sans avoir eu d'enfants , en i345. Du premier lit , il eut Robert, décédé l'an i34a au plus tard, et Charles, duc de Calabre, qu'il perdit le 10 novembre l'an i3a8. (Charles laissa deux filles, Jeanne, qui suit, et Marie, Clle posthume, mariée i Charles , duc de Duras , son cousin , neveu du roi Robert , par Jean son père, duc de Duras et prince de la Murée. ) Le n>i Robert mérita le titre de Sage par sa prudence, par son suent ion pour le bien de ses peuples , par la régularité de sa conduite et par son amour pour les lettres. Ce prince était attaché singulièrement à l'ordre de saint François. Ce fut lui qui obtint du sultan d'Fgyte , à force de présents , la permission d'établir douze franciscains dans l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem, qu'ils desservent encore de nos jours, »ous la protection du roi de France. (1787.) (Sponde, ad

JEANNE I, ANDRÉ DE HONGRIE et LOUIS DE TARENTE.

i3<(3. Jeanne , fille de Charles, duc de Calabre, et de Marie de Valois, née l'an i3a6, mariée, le aG septembre i333, *vec André , fils puîné de Charobert , roi de Hongrie , est proclamée reine de Naplcs, après les obsèques de Robert, son *feul, qui, par son testament du 16 janvier t343, lui avait «•gué ses états, avec substitution en faveur de Marie, sa soeur.

On refusa d'abord à son époux le titre de roi ; mais la reine Elisabeth, mère d'André, étant venue a Naplrs, Jeanne feignit «consentir a la demande qu'elle lui fit d'associer ce prince aux honneurs du trône Le pape Clément VI intervint dans cette ""ire , non comme médiateur , mais comme partie intéressée,

prélendit que la régence du royaume de Naples lui appartenait en qualité de suzerain , pendant la minorité de Jeanne. *n conséquence, il fit dresser une longue bulle où ses pré- J«ntions étaient expliquées, et envoya le cardinal Aimen de J-Mlelua a Naplcs , pour la faire exécuter. La reine amusa le lc g»»i et continua d'exercer les droits de la royauté, dont elle

laissa a peine le titre a son époux. Rien n'était plus mal assorti que les caractères de Jeanne et d'André : l'une spirituelle, enjouée , pleine de grâces , élevée avec soin par le roi , son aïeul, dans toutes les connaissances qui convenaient a son sexe et a son rang , aimant les plaisirs , sans négliger les affaires ; l'autre, suivant le commun des historiens, dun esprit lourd et sans culture, farouche dans ses manières, grossier dans ses propos et dépourvu d'agréments dans sa ligure. Malheureuse' ineot les conseils auxquels se livrèrent les deux époux , ne servirent qu'à augmenter leur antipathie naturelle. Le prince était gouverné par un dominicain hongrois , son précepteur, nommé Robert, qui faisait tomber toutes les dignités sur ceux de sa nation. Jeanne avait pour confidente la fameuse Catanoise, qui, de lavandière, devenue sa gouvernante, l'excitait à retenir l'autorité que son époux semblait vouloir lui ravir. Les grands se partagèrent entre le roi et la reine , qui eurent chacun leur cour à part. Le dernier parti l'emporta. L'an i345, non le aoaout, comme le marque Gravina, mais le 18 septembre, comme on va le voir, les deux époux étant au couvent de Massa , dans la ville d'Averse , les camériers éveillent le roi pendant la nuit, et, sous prétexte d'un tumulte qui s'était élevé dans la ville, l'engagent a sortir de la chambre de la reine. Il n'eul pas plutôt passé la porte, qu'elle se ferma sur lui; aussitôt des assassins s'étant jetés sur lui , les uns lui mettent les mains r U bouche pour l'empêcher de crier, les autres lui passant un cordon au cou, le suspendent a un balcon au-dessous duquel se trouvaient d'autres conjurés qui le tirèrent par les pieds , et ensuite le laissèrent tomber dans le jardin , où ib se disposaient a l'enterrer; mais la nourrice du prince étant accourue au bruit, ils prirent la fuite. Telle fut la fin tragique de ce prince , à l'âge de vingt ans. Plusieurs l'ont représenté comme un prince brutal, féroce et crapuleux; mais Pétrarque, qui devait le connaître , fait l'éloge de la bonté de son caractère. Villani lui donne la simplicité d'un enfant , el n'attribue qu'au défaut d'éducation et à son peu de capacité , son humeur brusque et ses manières sauvages. Son corps resta deux jours étendu a terre, sans que la reine donnât aucun ordre pour le faire inhumer, ni pour informer contre les auteurs de sa mort. Un chanoine enleva le cadavre et le fit enterrer sans pompe. La négligence de la reine dans une matière aussi grave et qui la touchait de si près, donna lieu aux discours les plus ficheux qui se tinrent sur son compte. On crut qu'elle avait consenti a ce meurtre ; on prélendit même qu'elle avait tissu de ses mains le cordon de soie qui servit à cette funeste exécution, et que son mari, qui la voyait travailler a cet ouvrage, lui ayant demandé à quoi elle le destinait, elle avait répondu : Cest pour vous étrangler. Cependant effravée de ces bruits affreux et des suites funestes qu'ils annonçaient , Jeanne adressa aux Florentins, ses alliés, la lettre suivante, où le déguisement des principales circonstances de l'événement qui en est l'objet , sembk déceler la main de quelqu'un de ses favoris : « C'est » avec la plus vive douleur, dit-elle, et les yeux baignés de » larmes, que je vous apprends l'assassinat horrible commis » en la personne du roi, mon époux , le 18 septembre, lorsque a nous étions dans Averse. Il était descendu fort tard , au • moment où nous allions nous mettre au lit , dans un pare a attenant au château , où il allait fort souvent ; il y était seul , a suivant son usage , ne voulant écouter aucun conseil par une . imprudence de jeune homme, ni prendre personne pour a l'accompagner: en sortant, il avait fermé la porte de la chaota bre où j étais, el où lassée de l'attendre , je m'étais endormie, a lorsqu'une dame hongroise, qui avait été sa nourrice, in— a quiète de ne le voir point arriver, prend la lumière et se a met a le chercher : elle le trouve sans vie au pied d'un mur. a Je ne puis vous dire et vous ne pouvez vous imaginer quelle a fut mon aflliction. Quoique l'auteur de cet horrible attentat a en ait été cruellement puni, autant qu'on a pu le savoir, a cependant , eu égard a l'atrocité du crime , la sévérité des

» peines peut encore passer pour indulgence. L'auteur de ce a parricide redoutant les supplices qui l'attendaient, a voulu, ■ nouveau Judas, les prévenir en se donnant volontairement » la mort : il a lait servir a l'exécution de son projet le rainis- ». tére d'un valet, qui n'a point encore été découvert ». (Papou, Hist. de Provence y torn. I , pr. , n. XL.)

Le roi André avait laissé fa reine enceinte. Sentant approcher le lems de ses couches , elle pria le pape Clément VI , pour se ménager sa protection , de tenir sur les fonts de baptême l'enfant dont elle était enceinte. \/t saint père y consentit , et lui hissa le choix de celui qui devait le représenter dans cette cérémonie. Ce fut Fév^que de Cavaillon qui fit la fonction , et donna le nom de Charles à l'enfant né le a* décembre i3*6. Louis , roi de Hongrie , frère d'André , n'apprit point sa mort violente sans l'émotion qu'elle devait lui inspirer. Résolu d'en tirer vengeance , il fait ses préparatifs pour aller l'exercer sur les lieux. Le pape, de son cote, se crut obligé de faire éclater l'indignation que cet attentat lui causait. C'est ce qu'il fit par une bulle du janvier i346, où il retrancha de la société les coupables, ordonnant que leurs maisons fussent rasées , leurs biens confisqués et leurs vassaux absous du serment de fidélité. Cette bulle ne satisfit point le roi de Hongrie : dans la lettre qu'il écrivit au pape a ce sujet, il demandait de plus l'administration du royaume de Naples et la tutelle du nouveau né, son neveu, qu'il voulait élever à la cour de Hongrie , pour le tirer, disait-il , des mains des traîtres dont il était environné ; il voulait surtout que le procès fût (ait aux coupables hors du royaume , où personne n'aurait intérêt à s'o| finissait en priant le saint père de ne pas f

'épouser Robert de Tarente, ou quelque autre prince du sang , ont la valeur soutenue par les droits que cène alliance lui don-

dont la valeur soutenue par les droits que nerait à la couronne , pourrait l'enlever pour toujours à la mai son d'Anjou-Ilongrie. ( Papon.) Le pape tourna sa réponse de manière a satisfaire le roi de Hongrie , en ce qui concernait le châtiment des coupables et l'éducation du jeune prince; mais a l'égard de l'administration du royaume, qu'il demandait, il lui représenta que la reine en étant pourvue par droit de succession , elle ne pouvait en être dépouillée avant d'être juridiquement convaincue du crime dont on l'accusait. Pour ne pas donner de vaines paroles, Clément chargea le cardinal-archevêque d'Embrun d'aller informer à Naples sur l'assassinat d'André. Mais la reine et ses ministres lui opposèrent Uni de difficultés, qu'il prit le parti «le renoncer a sa commission et se relira à Bénévent. Le pape, craignant que cette retraite ne fût regardée comme un jeu entre lui et les commissaires, nomma Bertrand de Baux , comte de Montescaglioso , grand justicier du royaume, pour instruire le procès des meurtriers d'André , avec deux notables choisis par les Napolitains. Mais , par des lettres particulières, il lui ordonna de tenir les informations secrètes dans le cas où la reine et princes du sang se trouveraient impliqués parmi les coupables , s'en réservant le jugement. Quatre des parents de la reine craignant l'orage qui grondait sur leurs têtes , en prévinrent les eflets en se saisissant du sénéchal du palais , Raymond de Catane, soupçonné d'avoir eu part a l'assassinat du roi. Appliqué à la question , il déclare avoir eu connaissance du complot , et nomme parmi les complices la Catanoise , Robert de t abane , son fils , comte d'Kvoli , et Sanria , sa filte , comtesse de Morcon. Arrêtés par ordre du grand-justicier, ces accusés furent mis à la torture dans une place entourée de palissades, afin que le peuple n'entendit pas leurs dépositions. La CaUnoise , déjà vieille, succomba aux tourments, et laissa en mourant un exemple singulier, dit M. Papon , des vicissitudes humaines et des dangers des prospérités. Robert , son fils, et Sancie , sa fille, furent éeorthés vifs et leurs corps jetés au feu , d'où le peuple furieux les arracha demi-brûlés et les traîna par les rues divisés par lambeaux. Plusieurs autres des coupables subirent différents supplices , et quelques-uns furent conduits à la mort un bâillon à ta bouche.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Ces actes de justice n'apaisèrent point le roi de Hongrie , qui ne cherchait pas moins a envahir le royaume de Naples , qu'à venger la mort de son frère. Dans ce double dessein , il fclla trouver a Munich l'empereur Louis de Bavière, à qui le pape Clément VI venait de donner, le 19 juillet i34b, un concurrent dans la personne de Charles de Luxembourg. Le résultat de ce voyage fut une ligue que les deux princes conclurent Le roi de Hongrie réussit encore , au moyen de l'argent qu'il fit répandre par «es émissaires , a se faire, dans le royaume de Naples et dans les autres états de l'Italie, un grand nombre de partisans qui servirent à préparer la révolution qu'il méditait.

Jeanne , dans l'embarras où la jetaient ces conjonctures , sentit le besoin qu'elle avait de prendre un nouvel époux. Mais l'inclination décida plutôt du choix que la raison. Ses liaisons connues , du tenu de son premier mariage , avec Louis de Tarente , son proche parent , la déterminèrent a lui donner sa main le au août i3*6 , sans attendre les dispenses du pape et avant l'année révolue de son veuvage. Celte alliance , loin d'arrêter le roi de Hongrie , ne servit qu'a précipiter son voyage pour l'Italie. Ce fut envain que la reine lui écrivit une lettre touchante pour se laver du crime dont on l'accusait , et lui recommander Charles , son fils. La réponse accablante qu'elle reçut , fut regardée par son conseil, a qui elle la communiqua, comme une déclaration de guerre, et l'on résolut de se mettre au plutôt eu état de repousser l'ennemi. On aurait dû s'y prendre plutôt ; car le roi de Hongrie étant parti , le 3 novembre iSni » d** frontières de ses états , arriva le même mois à Friuli , près d'I'dine , accompagné d'environ mille cavaliers , qui servaient comme d'avant-garde à une armée considérable qui les suivait , et que la disette des vivres l'avait obligé de partager en différents corps. Arrivé a I itadella, il y fut honora-

p poser * la sévérité des lois. Il permettre a la reine

et la

cale. Enfin, à l'exception d'Imola et de Faenza, dont le duc de la Romagne lui fit refuser l'entrée de la part du pape , il n'eut que sujet d'être satisfait du traitement qu'on lui fit dans tous les lieux où il se présenta. A Foligni , dans l'Ombrie , il trouva le légat du pape , qui l'entretint des affaires du royaume de Naples, et lui intima, sous peine d'excommunication, défense de s'ériger en maître de cet état sans le consentement du

pipe.

Mais

le roi

qui connaissait les dispositions de Clé—

11'il satisferait l'église pour l'hommage dont elle ; et qu'à l'égard de l'excommunication , il n'en tiendrait compte , attendu qu'elle

ment VI en faveur de Jeanne , lui repondit brusquement nue le royaume lui appartenait par le droit que ses ancêtres lui avaient transmis ; qu'i" il était tenu envers c" dont on le menaçait ,

serait évidemment injuste. ( Villani , liv. xit, c. 106. )

Les troupes de la reine Jeanne, commandées par Louis de Tarente, son époux, étaient alors en marche, et vinrent se poster sur les bords du Volturne, vers Capoue, pour fermer an roi de Hongrie le passage de ce fleuve. Mais ce prince, laissant de côté le Volturne, tira droit à Bénévent, où étant arrivé, le 11 janvier i348, il y rassembla son armée, qui se trouva monter à six mille cavaliers avec un nombre bien plus considérable de gens de pied. On vit alors tous les barons du pays, accompagnés des ambassadeurs de la ville de Naples , s'empresser de venir le saluer et lui offrir leurs hommages. A cette nouvelle, les royalistes qui se trouvaient à Capoue, abandonnèrent le prince de Tarente et se retirèrent à Naples. La reine elle-même qui s'y était renfermée dans un des châteaux, apprenant que le roi de Hongrie s'approchait, crut ne pouvoir mieux faire que d'assurer son salut par la fuite. S'étant donc embarquée secrètement pendant la nuit sur une galère qu'on lui avait préparée, elle fit force de rames pour se rendre en Provence, et descendit, le ao janvier, à Nice. Le prince de Tarente, son époux, étant arrivé à Naples, peu de t

: tems après

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