PREMIÈRE ASSERTION
Les deux premiers textes, le juif et le samaritain doivent avoir la piéiérence sur le texte grec.
i°. Par la raison qu'on vient dédire, qu'ils s'accordent bien mieux ensemble , qu'avec l'Ëzzo , et que de plus» dans les points même où ils diffèrent l'un de l'autre, il est si aisé de les accorder , ou du moins de les rapprocher , comme on le verra bientôt, qu'on peut dire que chacuo d'eux ofïie le même résultat pour la durée de ce premier fige , et qu'ainsi , quand on ne regarderait qu'au nombre, ils doivent l'emporter sur le texte grec * puisque c'est une double autorité contre une seule.
Parce que ces deux premiers textes étant d'une bien lus haute antiquité que le grec, et tous deux écrits dans a même longue, quoiqu'en caractères différents, ils doivent passer aussi pour plus authentiques et par conséquent être préférés au grec d'Ezzo , dont la chronologie , pour ce premier âge du monde , est visiblement défectueuse.
3°. C'est que , suivant une règle très-judicieuse donnée et suivie par saint Augustin sur le point dont il s'agit ici, c;tiand des exemplaires de l'Ecriture sainte différent sur quelques points, il laut donner la préférence à ceux qui sont
écrits dans la langue primitive et originale, à moins que des raisons très-fortes ne s'y opposent : Rectè fieri nullo modo duhiiaoerim , ut cùm dhersum atiand in utriusque codicibus inveniatur.... et lingua potiàs credatur undè est in alùan per interpreterfècta translation lib. i5 de Cfoit. /)«, cap. a3. Done la chronologie du texte hébreu , pour ne parler à présent eue de celui-là, doit avoir ici la préférence sur celle yu'£z£o, d'autant plus que ces interprètes ayant fait leur version sur le texte hébreu , il se trouve qu'elle n'en est qu'une copié ; or, on sait combien un texte original dans la langue primitive, mérite plus de respect et de créance qu'une simple copie faite en une langue étrangère.
Ajoutons que notre Vulgale, qui a été déclarée authentique par le concile dé Trente , se trouvant conforme en tout au texte hébreu sur le point dont il s'agit , il paraît
3ue le plus sûr et le meilleur, est de s'y tenir attaché, et 'abandonner la chronologie d'£zzo sur le premier âge du monde.
Mais auquel des deux premiers textes, de l'hébreu ou du samaritain , fout-il donner la préférence ? c'est ce que nous allons voir.