‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 63 sur 93 · SECONDE ASSERTION · texte numérisé non relu

SECONDE ASSERTION

Le texte hébreu doit être préféré au samaritain. Avant de prouver cette assertion, il est à propos de dire en quoi ces deux textes, tels que nous les avons a présent , diffèrent entr'eux.

La différence de l'un à l'autre ne tombe que sur l'âge qu'avaient trois des patriarches anté-diluviens quand ils engendrèrent, et ces trois sont : Jared, Mathusala et Lamech, dont l'âge que chacun avait quand il engendra, est marqué dans la petite table suivante :

Selon Vhébreu. Selon le samaritain.

Jared , à 162 ans. Jarcd, a 62 ans.

Mathusala, à ... 187 Malhusala, à ... 67 Lamech, à 18a Lamech, a 53.

Cela supposé :

La preuve de notre assertion est qu'il y a certainement bute dans le texte samaritain (tel qu'il existe a présent) pa# 1. 36'

rapport aux deux premiers de ces trois patriarches; .puisque ■saint Jérôme nous dit positivement, qu il avait trouvé dans les livres des Samaritains, comme dans ceux des Hébreux, <jue Mathusala avait engendré à cent quatre-vingt-sept ans, etLamech, à cent quatre-vingt-deux. In Hebrœis eïSamoritanorum libris ità scriptum reperi : et rixit Mathusala centum octoginta-septem .annis , et genuit Lamer.h.... et fuerunt omncs dits Mathusala anni nongenti-sexaginta-novem et mortuus «/, et vixit Lantech centum octàginta-duohus annis , et genuit A'<*. Hieron. q. q. Hebraic. in Genesim, tom. H, ctl. S12 €t 5 1 3.

Quand il n'y aurait que ces deux fautes, qui se sont visiblement glissées dans les exemplaires samaritains, depuis le tems de saint Jérôme, c'en serait assez pour nous décider en faveur du texte hébreu, sur ce point particulier de la chronologie des patriarches anté-diiuviens.

Mais de plus, par rapport à l'âge où Jared engendra, n'est-on pas fondé à croire que cest une troisième faute dans le texte samaritain actuel, de ne lui donner que soixante-deux ans, au lieu que l'hébreu lui en donne cent soixante-deux P Cette faute a pu être commise d'autant plus aisément par le premier copiste , que dans la langue samaritaine originale, qui est la même que l'hébraïque, le root qui signifie cent est très- court, n'étant composé que de trois lettres, et que par conséquent il a pu aisément échapper dans une première copie, sur laquelle les autres auraient été tirées avec la même faute. f

Comme saint Jérôme ne dit rien de Jared , on pourrait Croire que ce silence vient de ce qu'il n'y avait pour lors aucune différence entre le texte samaritain et le texte hébreu, et que tous deux portaient également cent soixante-deux ans, ce qui prouverait l'intégrité du texte samaritain sur la chronologie anté-diluvienne du tems de saint Jérôme, puisqu'il s'accorderait alors sur ce point avec le texte hébreu , et qu'il serait visible que les trois fautes qui s'y trouvent à préseut, s'y sont glissées depuis le quatrième siècle.

Mais il est plus vraisemblable, que si le saint docteur ne dit rien de Jared, c'est que cela ne servait de rien à son dessein , qui était de montrer que Mathusala , qui a vécu neuf cent soixante- neuf ans, était mort avant que le déluge commençât , ce qu'il prouvait sur les exemplaires hébreux et samaritains : au lieu que, suivant le texte grec, il n'aurait eu que neuf cents cinquante-cinq ans a*i tems du déluge,

auquel , par conséquent , il aurait survécu de quatorze ans f ce qui est formellement opposé à l'Ecriture sainte, qui nous apprend qu'il n V eut dans l'arche que Noé et sa femme , avec ses trois fils, et leurs trois femmes, et que tous les autres hommes périrent dans ce terrible événement, et cette erreur dans la chronologie anté- diluvienne du texte grec, est une raison particulière de la rejeter; de même que les trois fautes dont on a parlé, nous font abandonner le calcul samaritain tel qu'il exista à présent , pour nous attacher irrévocablement a la chronologie du texte hébreu et de notre version de la Vulgate, pour les patriarches anté-* diluviens, ce qui est le premier des deux points qué nous avons entrepris d'examiner.

Venons à présent à la seconde époque

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