‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 72 sur 93 · DEPUIS L'ARRIVÉE DE JACOB EN EGYPTE JUSQU'A LA SORTIE · texte numérisé non relu

DEPUIS L'ARRIVÉE DE JACOB EN EGYPTE JUSQU'A LA SORTIE

2076. Jacob ravi d'apprendre que Joseph est vivant, part pour l'Egypte à l'âge de cent trente ans avec sa famille, sur les chariots qoe Pharaon lui avait fournis, deux cent quinze ans après la vocation d'Abraham. Moïse (Genès. XLVI.w. 26.) dit que cette famille était de soixante-six âmes, sans compter les femmes des enfans de Jacob , lorsqu'elle entra en Egypte, et saint Etienne dit (ArU VU. v. 1 4,) qu'elle était de soixantequinze personnes. Mais saint Etienne compte les femmes des douze patriarches, desquelles il faut retrancher la femme de Juda morte en Chanaan , celle de Joseph , et Joseph luimême. (1) Joseph présente son père au roi avec cinq de ses frères. Pharaon apnreifant qu'il sont pasteurs de brebis, leur donne la terre de Gessen située dans la moyenne Egypte, le long du bord oriental du Nil. C'était le canton de ce royaume

(1) Il est vrai qu'au verset suivant de la Genèse, Moïse compte soixante et dix personnes. Mais il y comprend Jacob lui-même, Joseph et ses deux fils, quatre personnes qu'il n'avait pas fait d'abord entrer dans sa supputation. C'est ainsi qu'il faut expliquer aussi Je cinquième verset du premier chapitre de l'Exode , qui donne le même nombre de soixante-dix personnes qui sortirent de Jacob.

de l'histoire sainte. 3S5

*ù H y avaJt les meilleurs pâturages. Il fallait d'ailleurs les sépare/ des Egyptiens qui, après avoir secoué le joug des rois pasteurs, conservaient une grande aversion contre ceux qui suivaient le même genre de vie.

Fin des sept années de stérilité. Pendant qu'elles durèrent, les Egyptiens furent contraints de vendre au- roi leurs terres, leurs troupeaux, et leus personnes pour avoir de quoi vivre, Joseph leur rendit leurs terres, et leur fournit de. quoi semer à la charge de payer au roi le cinquième de ce qu'ils recueilleraient, ce qui s'observa depuis comme une loi dans toute l'Egypte. Par cette modération, la politique du Pharaon conciliait ses intérêts avec ceux de ses sujels. Elle l'enrichissait sans les accabler. Réduire en effet tous les impôts au cinquième du produit des terres, est un tempérament dont saecomoderaient encore de nos jours presque tous les peuples de l'Europe.

2.oSç). Jacob sentant approcher sa fia, appelle tous ses enfans, et après les avoir bénis, il leur prophélisece qui doit arriver à chacun d'eux. Il prédit à Juda que le sceptre ne sortira point de sa maison , c'est-à-dire, que sa tribu ne cessera point de former un étal gouverné par des chefs et des magistrats, jusqu'à la venue du Messie. Il meurt ensuite tranquillement à l'âge de cent quarante-sept ans , dont il avait passé les dix-sept dernières en Egypte. Après sa mort, Joseph fait embaumer son corps à la manière du pays, c'èstrà-dire, qu'on l'oignit de drogues aromatiques pendant trente jours, puis on» le mit tremper dans le sel et dans le nitre pendant quarante jours. Cela fait, Joseph accompaené de ses frères, et des principaux de l'Egypte, transporle le corps de son père dans le pays de Chanaan, comme il l'avait ordonné, pour y être inhumé auprès d'Abraham et d'isaac.

2.o''j. Caath , âgé de quatre-vingts ans, devient pèr* d'Amram.

2oo3. Joseph étant près de mourir assemble ses frères , et les assure que Dieu les fera passer dans la terre qu'il a promise à leur père, assurance qu'il confirme en leur ordonnant d'emporter avec eux ses os, lorsqu'ils sortiront d'Egypte. IL meurt à l'âge de cent dix ans, et son corps embaumé cumme 1 avait été celui de son père , est mis dans un cercueil. Ce, monument toujours présent aux yeux des Israélites servit à les consoler dans les afflictions qu'ils éprouvèrent de la

356 ABRÉGÉ CHRONOLÔGIQUF.

part des Egyptiens , par l'espérance qu'il leur donnait d'en élre un jour délivrés. C'est ainsi que les os de Joseph, suivant l'expression de l'Ecriture, prophétisèrent après sa mort.

Nous supposons, pour les raisons que nous dirons ci-après, plusieurs générations omises dans la Genèse enlre Caath et celui que Moïse nomme immédiatement après lui , parmi les descendans de Lévi. C'est d'après cette supposition que nous allons poursuivre notre chronologie.

1741- Naissance de Marie issue d'Amram ét de Jocabed sa femme.

1728. Naissance d'Aaron, frère de Marie.

1725. Naissance de Moïse, frère de Marie et d'Àaron, à Tanis, capitale de l'Egypte, où son père s'était retiré avec sa famille, (i) Les Hébreux ou Israélites gémissaient alors sous la plus dure oppression. Un nouveau roi s'était élevé qui ne connaissait ni Joseph, ni les services qu'il avait rendus à l'Egypte. Voyant que les Hébreux s'y multipliaient prodigieusement, il en conçut de l'ombrage. La crainte qu'ils ne se Tendissent maîtres de ce royaume , lui fit prendre le parti de les détruire. Dans cette vue il leur imposa de rudes corvées, et les appliqua sans relâche à bâtir des villes ét des forteresses. Mais plus on les opprimait, plus on voyait leur nombre croître de jour en jour. Pour arrêter cette multiplication dans sa source , Pharaon ordonna aux sages-femmes (2) de tuer tous les mâles que les femmes des Hébreux mettraient au

(1) Depuis long-tems la terre où le roi d'Egypte avait cantonne Jacoh et sa famille, à leur arrivée dans ce royaume, se trouvant trop resserrée pour contenir à l'aise les nombreux descendants de ce patriarche , ils s'étaient répandus dans toutes les parties et toutes les villes de l'Egypte, de sorte qu'il n'y avait que le gros de la nation dans le pays de Gessen. C'est ce qu'atteste un grand nombre de passages de l'Ecriture. Mais il y a bien de. l'apparence qu'averti* par Moïse, lorsqu'il vint pour délivrer son peuple , des plaies dont le Seigneur allait frapper l'Egypte, ceux des Israélites qui demeuraient hors de Gessen, y retournèrent pour se soustraire aux malheurs dont ce canton devait être préservé.

(2) L'Ecriture ne nomme que deux de ces sages-femmes, Sepnora et Phua. C'étaient les intendantes des accoucheuses qui , dans un état aussi policé que l'était l'Egypte , devaient former des communautés dans chaque ville.

de l'histoire sainte. 3.17

monde. La compassion et la crainte de Dieu empêchent les sages- femmes d'exécuter cette ordre cruel. Llles eurent horreur de prêter à un ministère de mort leurs mains accoutumées a un ministère de vie. Pharaon voyant toujours augmenter le nombre des nouveaux nés de ce peuple, s'aperçoit qu'elles ne lui obéissent point, et leur en fait des reproches menaçants. Elles s'excusent par un mensonge, en disant que les femmes des Hébreux, par la facilité qu'elles ont d accoucher, préviennent leur secours , quelque diligence qu'elles fassent pour arriver à teros. Dieu les sauva de la colère du roi , et leur fit du bien, non pas à cause de leur mensonge, mais en considération de leur charité. Pharaon en vient à des violences ouvertes, et veut rendre tout son' peuple ministre de ses cuautés. ' Il ordonne en conséquence à tous les Egyptiens de jeter dans le Nil les enfants mâles qui naîtraient des Hébreux. Ce fut dans ces conjonctures que Moïse vint au monde. Jocabed sa mère, après l'avoir tenu caché pendant trois lunes ou trois mois, se résout, par la crainte d'être punie, à l'exposer dans une corbeille enduite de bitume et de poix, le lonfl des bords du Nil, dans un lieu rempli de roseaux. La fille de Pharaon va se baigner en cet endroit (on pouvait s'y baigner en toute sûreté, parce que les Crocodiles n'habitaient point cette partie du Mil.) La princesse ayant aperçu l'enfant dont la figure était charmante, le prit , l'adopta pour son fils , et le fit élever avec le plus grand soin. L'Ecriture dit que la princesse le reconnut pour un enfant des Hébreux. On demande à quelle marque. Est-ce parce qu'il était exposé sur le bord du Nil ? Mais il avait déjà trois mois, et l'ordre de Pharaon portait que les mâles des Hébreux seraient jetés dans le fleuve aussitôt après leur naissance. D'ailleurs la manière dont il était exposé montrait assez qu'on n'avait pas eu dessein de le noyer. Ce ne put donc être qu'à la circoncision de l'enfant que le discernement se fit ; d où il faut conclure que cette marque n'était pas commune alors aux Egyptiens et aux Hébreux.

C'est à peu près vers ce tems, suivant l'opinion la plus ancienne et la plus commune, que vivait Job, prince de la terre de Hus dans l'ancienne Idumée , laquelle tirait son nom de Hus, petit-fils de Séhir Horréhen. (Cette contrée a depuis été nommée Ausitidc.) Guidé par la loi naturelle, et attaché par une grâce singulière au culte du vrai Dieu, Job accomplit toute justice. Les richesses immenses, qu'il possédait ne lui corrompirent point le cœur, et il en souffrit la perte entière

avec une parfaite résignation. J/ange des ténèbres, Satany ayant un jour comparu devant le Seigneur, au milieu de la cour céleste, osa demander qu'il lui fut livré pour éprouver sa vertu et reconnaître si elle était à l'épreuve de l'adversité. Dieu lui abandonna tout ce que le saint homme possédait, en lui défendant seulement de toucher à sa personne. Satan ne tarda pas de faire usage du pouvoir que Dieu lui avait accordé sur Job. Quatre messagers arrivent consécutivement pour lui annoncer les plus grands désastres. Le premier lui apprend que les Sa bée us viennent d'enlever une partie de ses fyestiaux, après avoir massacré les esclaves commis à leur g*rde. Celui-ci avait à peine cessé de parler, qu'un second vint lui dire qu'une partie de ses troupeaux et de ceux qui les conduisaient , avait été consumée par un embrasement. Un troisième survint pour l'informer que les Chaldéens divisés en trois bandes s'étaient emparés de ses chameaux, dont ils avaient rais à mort les conducteurs. Tandis qu'il recevait ces nouvelles accablantes avec la constance d'un juste soumis aux volontés de l'Eternel, un quatrième messager parut, et lui dit tout effrayé que, tandis que ses fils et ses filles s'abandonnaient à la joie dans la maison de leur frère aîné, un vent épouvantable s'est élevé du côté du désert et l'a renversée de manière que tous ont été écrasés sous ses ruines , à l'exception de lui seul qui est venu pour lui en apporter la nouvelle. Job, à ce fatal récit , se prosterne en terre et adore la Providence qui le prive des biens qu'elle lui avait donnés sans qu'il les eût mérités.

Satan comparaît une seconde fois devant le trône de l'Eternel, et cojifùs, mais non désespéré de n'avoir nu vaincre sa patience, il demande encore le pouvoir d'exercer sa fureur sur lui, dans sa chair et dans ses os. L'ayant obtenu il frappe Job d'un ulcère effroyable de la téte jusqu'aux pieds. Dans cet état le saint homme dépouillé de tout, se voit réduit à se coucher sur un fumier et à nétoyer le pus de ses plaies avec un tél. Pour surcroît d'affliction sa femme, loin de chercher a le consoler dans ses maux, l'exhorte à blasphémer contre le Seigneur. Job rejette avec force ce conseil insensé. Trois princes voisins, ses amis, touchés de son état viennent le trouver , et , après être restés muets devant lui pendant sept jours, ils rompent enfin le silence pour lui persuader par des discours vagues qu'il a mérité par sa faute les souffrances qu'il endure. Job

H>E l'histoire SAINTE. 35<)

réfutâtes reproches de ces faux amis par des réponses qui eu démontrent la témérité. Il développe à cette occasion les leçons de la plus sublime morale. Dieu prend lui-même la défense de son serviteur contre ses accusateurs et leur ordonne d'offrir un sacrifice pour se mettre à couvert des châtiments qu'ils méritent. Il couronne en même tems par les plus insignes faveurs la vertu de Job éprouvé par tant d'adversités. Les maux qui avaient attaqué son corps, disparaissent tour-à-coup; ses richesses se multiplient au double avec une rapidité étonnante. Aux enfants qu'il avait perdus, succèdent sept fils et trois filles qui le rendirent le plus fortuné des pères. Cette félicité temporelle dura l'espace de cent quarante années à l'expiration desquelles il s'endormit dans le Seigneur.

Moïse devenu grand et capable de figurer à la cour d'Egypte, renonce à la qualité de fils de la fille de Pharaon. // aima mieux, dit saint Paul, être affligé avec le peuple de Dieu que £e jouir du plaisir passager du péché , jugeant que Vopprobre de Jésus Christ (auquel cet état ressemblait), était un trésor plus grand que toutes les richesses de l 'Egypte , parce qu 'il envisageait la récompense et l 'accomplissement des promesses divines. ( Hébr. XI , \v. 25 et 26. )

i685. Agé de quarante ans, il visite ses frères, et tue un Egyptien qui maltraitait un Hébreu. Ce meurtre ayant ëté divulgué, mit en colère le roi contre lui.- Il s'enfuit ii Madian où il épousa Séphora, Tune des filles de Raguel ou Jéthro , dit Kaguel dans la Vulgate , prince et prêtre du pays, de laquelle il eut deux fils, Gersan et Eliézer.

1646. Les cris des enfants d'Israël s'élèvent jusques vers le Seigneur. Il les entend, et se ressouvenant de l'alliance qu'il a faite avec Abraham , Isaac et Jacob, il a pitié de leurs descendants. Moïse cependant gardait les brebis de son beau père flans le désert. Un jour qu'il avait mené son troupeau jusqu'au pied du mont Horeb , il aperçoit sur le mont Sinaï qui en est proche, un buisson qui brûle sans se consumer. S'etant approché, par curiosité, il entend une voix qui lui ordonne d'ôïer ses souliers, parce que la terre où il marche est un lieu saint. C'était Dieu même qui lui parlait dans la personne de son anee, et il se fait connaître en disant qu'il est le Dieu d'Abraham, d'isaac et de Jacob. Il déclare ensuite à Moïse qu'il veut l'envoyer vers Pharaon pour déli-

3Go ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE

vrcr son peuple des maux qu'il souffrait en Egypte , l'assure de sa protection ; et pour gage de cette assurance, fait devant lui plusieurs miracles dont le principal fut de changer la verge ou baguette de Moïse, en serpent, et de lui faire reprendre ensuite sa première forme.

Moïse s'excusant d'accepter ce ministère sur la ,difficulté qu'il avait de parler, Dieu lui dit de prendre avec lui son frère Aaron pour porter la parole. Enfin il se soumit. Aaron était marié pour lors avec Elisabeth, fille d'Aminadab, dont il avait quatre fils, Nadabf Abiu, Eléasar et lthamar.

Moïse, après avoir pris congé de son beau-père, se met en chemin pour l'Egypte, avec sa femme et ses enfants, il était pour lors âgé de quatre-vingts ans. Sur la route un ange lui apparaît dans le lieu où il «'était arrêté pour passer Ja nuit, et menace de le luer pour n'avoir pas circoncis ses deux (ils, Gersan et Eliezer. Séphora prend un couteau sur-le-champ, et les ayant circoncis, elle se jeta, suivant l'édition grecque de MilL aux pieds de Moïse, en lui disant : vous m 'é/es un époux de sang ; c'est-à-dire , selon la paraphrase d'Onkelos, je vous ai sauvé et acquis de nouveau pour mon époux , par le sang de cette circoncision. Obligée de s'arrêter à cause de cette opération, elle laissa Muïse continuer sa route et s'en retourna ensuite chez son père.

Aaron, par ordre de Dieu, vient au-devant de Moïse. Ils vont trouver ensemble Pharaon , et lui notifient que la volonté du Seigneur est qu'il laisse sortir les Hébreux de l'Egypte, pour lui offrir un sacrifice dans le désert; mais ce prince, loin de les écouler, commande qu'on augmente les travaux des Hébreux. Ceux-ci se plaignent à Moïse, de les avoir rendus odieux à Pharaon et a ses serviteurs.

164- . Dieu rassure Moïse, et lui ordonne de retourner auprès de Pharaon avec son frère. Pour confondre son incrédulité, ils font divers miracles ; et d'abord à leur voix la verge de Moïse est changée, devant ce prince, en serpent. Les magiciens de Pharaon , ou les mesureurs d'eau ( en hébreu rhartamawi), dont les principaux étaient Jannès et Mambrès,. font la même chose par la permission de Dieu. Mais la verge de Moïse dévore celles de ces imposteurs. Ce miracle n'ayant fait qu'endurcir Pharaon, toutes les eaux que Moïsé et Aaron avaient frappées sont changées en sang. Les magiciens en firent autant sur l'eau qu'ils firent apporter de la terre de Gessen, où le miracle de Moïse ne s'était point étendu, ou bien sur l'eau des puits qu'on creusa le long du Nil ; ce qui aug-

de jl'histoïre sainte. 36 i

mente l'endurcissement de Pharaon. Celte première plaie , des Egyptiens arriva le 18, ou environ, du sixième mois qui repondait à notre mois de février , et dura sept jours.

Troisième miracle , et deuxième plaie de l'Egypte. Vers le 2S du même mois, Moïse et Aaron font sortir. o\s eaux de l'Egypte, une si grande quantité de Grenouilles, qui' lout le pays en est couvert. Les magiciens de Pharaon en font encore de même par leurs enchantements.

Aaron. deux jours après . ayant frappé de sa verge la poussière de la terre, en fait sortir une quaniite pro liseuse de cousins, appelés par les Egyptien lo.iopes, et dans !a Vulgate Sririphes, qui s'attachent aux hommes et aux bctes Ce quatrième prodige (qui est la troisième plaie > , met les magiciens hors de mesure, et les force à dire au roi : Le doigt de Dieu agit ici. Pharaon ne laisse pas néanmoins de persister dans son endurcissement.

Quatrième pJaie de 'V Egypte , le 29 du même mois. De grosses mouches s'y répandent, et infectent tout le pays , à l'exception de la terre de Gessen. Pharaon ayant fait venir Moïse et son frore , leur dit Je sacrifier au Seigneur en Egypte. Nous ne le pouvons , répondent-ils, parce que nous sacrifierons au Seigneur des animaux, dont la mort paraîtrait au r. Egyptiens une abomination : si nous suai fions à leurs ) eux ce qu ils adorent, ils nous lapideront. Pharaon y cousent , mais il se rétracte, aussitôt qu'a la prière de Moïse les mouches ont disparu.

Cinquième plaie de l'Egypte* le 2 du septième mois , qu'on a dcpuL appelé nisan , et qui répond à notre mois de mars. Dieu envoie sur tous les bestiaux une horrible peste, qui en fait mourir un grand nombre ; mais ceux des Israélites sont

épargnés.

Sixième plaie , le quatrième jour du même mois. Il vient des tumeurs et des ulcères aux hommes et aux bétes , par toute l'Egypte. Pharaon demeurant toujours endurci, le lendemain une grêle horrible, accompagnée de tonnerres et d'éclairs, écrase les hommes et les bestiaux qui étaient dans les champs, et y détruit l'orge et le lin : c'est la septième plaie. Le froment n'en souffrit point, parce qu'il était encore en herbe.

36a ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE

Huitième plaie. Trois jours après la précédente , Dieu envoie des sauterelles , qui dévorent tout ce que la grêle avait épargné (i). Pharaon fait venir Moïse et Aaron, et les prie de faire cesser ce fléau. Moïse s'adresse au Seigneur; un vent d'Occident enlève les sauterelles , et les précipite dans la mer Bouge.

Ces plaies n ayant encore pu fléchir le cœur de Pharaon, Dieu commande à Moïse d'étendre la main vers le ciel , et aussitôt des ténèbres épouvantables couvrent toute l'Egypte. Elles durèrent trois jours (depuis le 10 jusqu'au 12 du septième mois. ) Les Hébreux cependant continuèrent à jouir de la lumière dans le pays où ils demeuraient. Pharaon permet alors à Moïse et aux Israélites de sortir de l'Egypte; mais il veut que les bestiaux restent. Moïse déclare quê tous les troupeaux des Israélites sortiront avec eux , et qu'il n'en demeurera pas seulement un ongle; car nous en devons prendre, ajoula-t-il , pour offrir des sacrifices au Seigneur, et nous ne pouvons savoir ce qui doit être immolé au Seigneur , jusqu'à ce que nous soyons arrivés au lieu marqué. Pharaon irrité chasse Moïse de sa préseuce, et le menace de mort s'il reparait devant lui. Moïse, avant de se retirer, prédit au roi la mort de tous les premiers nés de l'Egypte , tant des hommes que des animaux. Avant que de frapper l'Egypte de cette dixième et dernière plaie , Dieu parle à Moïse et à son frère; et après leur avoir ordonné d'établir désormais ceseptième mois pour le premier de l'année sainte, il leur prescrit de prendre, par chaque famille , le dixième jour <Je ce mois , qui commençait avec la hune de mars ou féquinoxe , un agneau ou un chevreau , sans défaut , de le garder jusqu'au 14 du mois, de l'immoler ce jour là entre les deux soirs , de le manger rôti au feu , avec des pains sans levain et des laitues sauvages, ayant les reins ceints et un bâton à la main comme des voyageurs , et de marquer du sang de (a

(1) La Pologne fut frappée d'une semblable plaie» sans miracle, en 1689 « D'affreuses nuées de sauterelles, pousse'es par un vent » d'Asie, vinrent couvrir les campagnes de ce royaume, à la bau- » teur d'un pied : elles dévorèrent tous les fruits de la terre, et 1» jusqu'à Técorce des arbres. Ce fléau dura deux mois ; mais un » vent du nord, qui amena le froid, le fit cesser. Les sauterelle* » périrent , et leurs cadavres aidèrent à produire une abondante » moisson l'anae'e suivante. » ( Fastes de la Pologne ) t

D£ l'histoire sainte. 303

victime le haut et les deux poteaux de leurs portes. Les enfants d'Israël firent tout ce que le Seigneur leur avait ordonné, et telle fut la première Pâque qu'ils devaient renouveler chaque année à pareil jour, c'est-à-dire le 1 4 de nisan. Vers le milieu de la même nuit , l'ange du Seigneur frappe tous les premiers nés de l'Egypte v n'épargnant que les maisons qui étaient marquées du sang de l'agneau* Pharaon effrayé , presse les Israélites de sortir de son pays. Mais avant que de partir , les femmes des Israélites demandent aux Egyptiens des vases d'or et d'argent, avec d'autres meu-» nies précieux, non par forme d'emprunt, mais en pur don. Dieu l'avait ainsi ordonné ; et par l'empire absolu qu'il a sur les cœurs, il leur fit trouver grâce devant les Egyptiens, qui leur donnèrent gratuitement tout ce qu'ils demandaient (i)* C'est ici nue finit la durée du séjour des Israélites en Egypte. Elle fut de quatre cent trente ans , à compter de la descente de Jacob en Egypte , ainsi qu'on va le faire voir.

Avant de passer à l'époque suivante , nous observerons que presque tous les chronologistes ne comptent que quatre cent trente ans depuis l'entrée d'Abraham dans la terre de Chanaan jusqu'à l'Exode , par la raison qu'ils confondent le séjour dans la terre promise avec le temps que les enfans de Jacob sont demeurés en Egypte , comme si le tems ûù Abraham et sa postérité étaient des hommes libres et indépendants, devait se confondre avec celui où les descendants de ce patriarche gémissaient dans la servitude. D'ailleurs cea deux régions ne sont-elles pas bien distinguées , et peuventelles être prises pour un seul et même pays!* Cependant

(i) Vous direz à tout le peuple , dit le seigneur à Moïse, que chaque homme demande à son ami , et chaque femme à sa voisine , des poses d'or et d'argent, et le seigneur fera tromer grâce m son peuple auprès des Egyptiens. (Exode XI , a, 3 ) Il n'y a point là de condition exprimée , ni même sous-entendue , comme 1e reconnaissent h*s plus habiles commentateurs. C'est aussi la pcnseV de l'historien Josephe. « Les Egyptiens, dit-il { A ntiquit. Judai., I. 2,. c. S, n. 95), y* leur firent même des présents , les uns par 1 impatience qu'ils » avaient de les voir partir, les autres à cause de 1 habitude qu'ils » avaient avec eux, et ils témoignaient même, par leurs pleurs, » qu'ils se repentaient des mauvais traitements qu'ils leur avaient » faits. » Ces dons, au reste, étaient, dans Tordre de la Providence, le salaire légitime des travaux immenses que les Egyptiens avaient lait subir aux Israélites pendant l'espace de quarante ans.

d'après le récit de Moïse dans la Genèse , il est certain qu'Abraham et sa postérité ont demeuré dans la terre promise deux cent quinze ans avant la desrenie de Jacob en iLgvple. Ainsi, suivant les chronologistesmo.lernes, lesenfans d'Israël n'auront également séjourné dans ce dernier pays que deux cent quiuze ans, espace de tem|>s, suivant l'observation d'un hab le protestant {Gui fridi Kuhbm '(ftd \Chronol. Sacra Ham~ burgi 1734 édita in-H°. ) , qui n'est pas suffisant à moins de recourir au prodige , pour que les descendants *le Jacob fussent au nombre de six cent mille combattants, lors de la sortie d'Egypte, sans y comprendre les femmes t les vieillards et les enfants. (1)

Cependant Moïse dit positivement ( Exode XII. w. 4o et 4t.) que « le tems qu'avaient demeuré les enfans d Israël en » Egypte, fut de quatre cent trente ans, après lesquels ce » même jour toute l'armée du Seigneur sortit uVKgynif. • Par conséquent, d'après ce texte, on est fondé sans avoit égard à la généaologie de Moïse qui a très-probablement omis quelques-uns de ses ancêtres y à faire le séjour des Israélites en Egypte de 43o ans , à compter depuis la descente de Jacob jusqu'à l année de la sortie exclusivement.

(1) Suivant le système de M. Wallace (auteur d'une Dissertation sur la population des anciens lems, Amsterdam 1769) il parait que le nombre des desrendants d'un seul couple, au bou: de treize périodes, c'est-à-dire de 433 ans et un tiers, est de 34576 personne» vivantes. Ain*!, d'après ce principe, puisque le nombre des mâles de la famille de Jac -b, lorsqu'il vint s'établir en Egypte . était de 07, oon compris ce patriarche, il s'ensuit quYn multipliant ce nombre par 34*576, on aura un total de 1.646,692 personnes vivante» lors de la sortie de l'Egypte, en admettant que le séjour a é»é de 43o ans, à compter depuis l'arrivée de Jacob. De cette quantité de 1. 6^6, '92, il faut en soustraire la moitié pour les personnes du sexe, refera 833,396 màJes , d'où il faut déduire le quart pour les enfants et les vieillards, qui ne sont • point en état de porter les arme*, restera 617,473 combattants, ce qui n'excède que de 1 7, 4/a Ie nombre d& combattants porté par le texte sacré.

de l'histoib* sainte. 3GS CINQUIÈME ÉPOQUE ,

Page 1