‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 73 sur 93 · DEPUIS LA SORTIE D'ÉGYPTE JUSQU'A L'ÉLECTION DE SAUL · texte numérisé non relu

DEPUIS LA SORTIE D'ÉGYPTE JUSQU'A L'ÉLECTION DE SAUL

1645. Le i5du premier mois (nisan) qui répond à un jeudi 5 avril, le soleil, suivant l'historien Josephe, (1) étant dans le signe du Bélier ; les Israélites partent de Ramessès au nombre de six cent mille combattants (ce qui suppose trois millions d'hommes (2) en comptant un soldat par cinq) empoitant avec eux les os du patriarche Joseph. (Il est probable que chaque tribu emporta de même les os de son patriarche; car saint Ltienne dit assez clairement Act. VII. v. 16, qu'ils furent tous enterrés à Sichem.) Une merveille bien remarquable , c'est que dans toute cette multitude il ne se trouva pas un seul infirme, et que les vieillards les plus décrépits

(1) Cette anne'e la nouvelle lune astronomique de l'équinoxe du prmtems, suivant le* tables les plus exactes , arriva, sous le méridien d'Alexandrie, le 20 mars à sept heures cinquante-huit minutes du matin, et lVquinoxc le 5 avril. Mais la lune civile ou visible n'ayant commencé que le lendemain au soir, qu'il faut compter pour le 32 mars, suivant l'usage des Juifs, c'est à ce jour qu'on doit fixer le i*r. du moia nisan, dont le quatorzième jour arriva par conséquent le 4 avril. D'où il suit que les Israélites firent la première Pâquc non le jour, mais la veille de l'équinoxe. On se tromperait, si Ton Toul.iit inférer delà que l'an 1645 avant jlésus-Christ ne fût pas cel ui de la sortie d'Egypte; car on ne peut citer aucune loi qui obligeât les anciens Juifs à se régler sur le point de l'équinoxe pour la célébration de la Pâque. Ils devaient, à la vérité, la rapprocher de ce point autant que les conjonctures le permettaient ; mais ils pouvaient la faire précéder d'un jour f lorsque ce point concourait avec le quinzième delà lune. At qui interca , dit Selden {de an. OviU Jud , c. 21 ), i ni mol are guidem lascha rite ex sententià sud fotuerc illi pridie jEçuinoctii, sed non o m ni no diutius an/e. ( Voyez Dewignoles, t. I , p. 55o, et suiv. )

(a) Cette muiip ication prodigieuse des Israélites , après l'ordre donné quatre-vingts ans, pour le moins, auparavant (dès avant la i»a-s,auce de Moïse, qui avait pour lors cet âge), de mettre à mort leurs enfant.* maies en naissant, paraît incroyable à nos déistes, ^'ais qui |t Ur a dit que cet ordre n'avait pas été révoqué par le rot qui l'avait donné, ou par son .successeur? car il n'y a pas d'appa- *<-uçe que celui sous lequel les Israélites partirent d'Egypte, fût le même qui régnait à la naissance de Moïse.

?>GG aiuiégé chronologique

furent en état départir, et de faire la route à pied. Pour arriver par le chemin le plus court à la terre de Chanaan , qui était le but de ce voyage, il faudrait laisser Hieropolis à droite, enfiler le désert de Gaza, en laissant Péluse à gauche , et tourner tant soit peu au nord, pour pénétrer dans cette partie de l'Asie que nous appelions Orient. Moïse, par une inspiration particulière, prit un autre chemin. Il se porta sur la droite, ne passa point l'Isthme de Suez; mais laissant Hieropolis sur sa gauche , il tourna directement au midi. Une nuée miraculeuse , qui pendant le jour conservait son obscurité, et brillait comme une aurore boréale durant la nuit, marchait devant eux pour leur montrer la route qu'ils devaient tenir. Le même jour ils arrivent à Soccoth , dans une gorge, entre deux hautes montagnes, à quatorze milles ou environ d'Héliopolis. Le lendemain ils vont camper à Etham, qui est à l'extrémité du désert. Le jour suivant, 17 du mois, un samedi, ils arivent , en revenant vers l'Egypte, dans le détroit de Phi-ha-hirot, entre Migdol ou Magdalo, et la mer

ouge. (C'est le nom que les Phéniciens et d'après eux les Grecs ont donné au golfe qui sépare l'Egypte de l'Arabie, non de la couleur de son sable ou de ses eaux, mais parce que l'Jdumée ou pays d'Edom , qui signifie Rouge en Phénicien , comme on l'a déjà dit, s'étendait jusqu'à ses bords.)

Cependant Pharaon honteux de sa faiblesse , s'était mis à la poursuite des émigrans avec une armée nombreuse composée de cavalerie el de chariots. H paraît sur le soir à la vue des Israélites. Grand rtiurmure dans le camp de ceux-ci contre Moïse. Alors l'ange du Seigneurqui précédait le camp d'Israël, transporte la nue derrière, ensoite qu'elle aveuglait par son obscurité les Egyptiens , tandis qu'elle éclairait par son côté lumineux les Israélites. Moïse en même tems ayant étendu sa verge sur les eaux de la mer, elles se divisent , et demeurent suspendues comme deux montagnes , laissant entre elles un grand espace vide d'un rivage de la mer à l'autre. Dans le même tems s'élève un vent impétueux et brûlant, lequel ayant soufflé toute la nuit, rend le fond de la mer asse^ sec et assez solide pour pouvoir y marcher en sûreté.

Les Israélites entrent dans la mer pendant la nuit. Au bruit île leur marche, les Egyptiens les poursuivent sans s'apercevoir qu'ils sont dans la mer. Le nuage épais que la nuée formait au milieu d eux leur dérobait la clarté de la lune qui était alors en son plein. Du sein de cette même nnée sortent des éclairs , des tonnerres et un ouragan qui renverse les

DE L'HISTOIRE SAÎ1STE. 3~>j

chariots des Egyptiens, et les brise. Dieu porte dans toute l'armée de Pharaon l'effroi et l'image de la mort. Le jour commence à paraître , et les Israélites sont déjà à l'autre bord. Pharaon voit alors les flots dé la mer suspendus à droite et à gauche. Tous s'écrient : Euyons Israël. Ils veulent rebrousser chemin. Dieu commande alors à Moïse d'étendre la main sur la mer: les flots s'abaissent aussitôt, se réunissent , et Pharaon est enseveli dans les eaux avec toute son armée. Ce passage se fit à neuf lieues de Suez, à l'extrémité de la mer Rouge, et dans un endroit où la mer n'a pas plus de cinq à six lieues de largeur, (i)

On avouera sans peine qu'à cette extrémité la basse marée , sur-tont dans les équinoxes , laisse un certain espace de terrein à sec. Mais dans l'endroit où passèrent les Hébreux, ce n'est que sur les bords que la marée se fait sentir, et le milieu reste toujours plein: circonstances qui ne sont contredites par aucuns de ceux qui ont examiné les lieux.

Cantique de Moïse en actions de grâces de ce grand miracle, chanté, d'un côté par les hommes, et de l'autre par Marie sœur de Moïse , que toutes les femmes accompagnent do leurs voix et de leurs instruments de musique. Cette pièce admirable est le plus ancien morceau de poésie que nous

(i) On voit , par un passage d'Artapane , qu'Eusèbe nous a conserve (Prèp. Evang., 1. 9, p. (lue l°s habitants de Mcmpliis rapportaient à une cause naturelle le passage de la mer Rouge. Moïse, suivant eux, par la grande connaissance qu'il avait du pays, ayant observé le reflux de la mer, avait fait passer les Israélites, lorsqu'elle s'était retirée. Pitoyable défaite renouvelée de nos jours pour éluder la force d'un miracle si éclatant. Moïse- était-il donc le maître d'obtenir, pour ses frères, la permission de sortir dans le tems du reflux de la mer ; de combiner si bien cette permission avec la marche qu'il lui fallait faire pour se rendre sur les bords du golfe arabique, qu'il y soit arrivé dans le tems précisément du reflux ? Il n'est pas permis d'ignorer que quand la mer s'est retirée , elle revient en six heures ; et peut-on concevoir que dans un espace aussi court de tems, 600,000 hommes capables de porter les armes, qu'accompagnait une multitude infinie de vieillards, d'enfants et de domestiques, qui menaient avec eux de nombreux troupeaux de toule sorte de bétail, des bêtes de charge et des chariots, puissent passer un trajet de mer long de six lieues dans un tems aussi court que celui du reflux? Ajoutez à cela que, suivant le rapport de témoins oculaires. la mer Rouge ne laisse pas plus de trois cents pas à sec dans son reflux. ( Gillet , notes sur Josephe , t. 1 , p. 2 45. )

ayons. Elle a servi de modèle pour toutes les hymnes et les odes consacrées à la louange du Très-Haut.

J.a mer ainsi traversée met un obstacle insurmontable au retour des enfans d'Israël , et tel était le dessein de Moïse en préférant la route qu'il avait prise. La suite fera voir que sans cette précaution, à moins d'un autre miracle , il n'eût pu empêcher ce peuple de regagner le pays qu'il avait quitté.

De La mer, les enfans d'Israël étant entres dans le désert de Sur, y marchent trois jours sans trouver de l'eau. Arrivés enfin à Mara, ils n'y rencontrent que des eaux amères, ce qui les porte au murmure. Moïse les apaise en jetant dans ces eaux un certain bois qui les rend douces: figure expressive de la croix qui a la vertu d'adoucir les amertumes de cette vie.

De Mara , ils vont à Elim où il y avait douze fontaines d'eau douce. De là ils reviennent sur la mer Rouge, puis ils passent dans le désert de Sin où ils arrivent un samedi , i5 du second mois (Jiar.) Les vivres leur manquant, ils s'en

Î>rennent à Moïse , et lui reprochent de les avoir tirés de 'Egypte pour les faire mourir de faim d.ins le désert. Moïse

Sorte leurs plaintes au Seigneur, qui leur envoie sur le soir es cailles dont tout le camp est couvert. Un veut subit lesavait emportées dans ce désert, L'était au reste le tems du passage de ces oiseaux (vers le milieu d'avril) ; on en voit encore sur le golfe arabique, ou sur la mer ftouge , dans cette saison, une très-grande quantité qui passe la mer; et on y en prend un très-grand nombre sur les côtes. Le miracle consiste donc principalement en ce que Dieu les amena dans le camp à point nommé et au moment qu'il l'avait promis. (Calmet.) Le lendemain matin Dieu fait pleuvoir la manne, espèce de rosée congelée , qui tombant dans la suite régulièrement tous les matins de chaque jour, à l'exception du sabbat, servit à les nourrir dans le cours de leur pèlerinage. (1) Moïse les

(i) « On m'assura , à Basra , dit M. de Niebuhr ( Description de

* l'Arabie y p. 129), que la manne, nommée tarands juiia* se » recueillait en grande quantité dans la contrée d'Lpahan, sur un » petit buisson épineux. Je me fis montrer de cette sorte de manne, » à Basra, et je trouvai qu'elle consistait en petits grains ronds, » jaunes, par conséquent de la même figure que la manne des

* Israélites est décrite (Exod. XVI, i4»3i, et Notnb. XI, 7 ). Peut- » être est-ce celte qui servit de nourriture aux Juifs, pendant leur

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Avertit de là recueillir avant le lever du soleil , parce que la chaleur du jour la fait fondre. Apprenons de là à profiter des grâces, au moment que Dieu nous les offre. La négligence les fait évanouir.

L'auteur du livre de la Sagesse (XVI, v. ao et 21) dit que lâ manne se proportionnait au goût de tous ceux cjui en manjgeaient. C'est aux seuls justes que cela doit se restreindre. Com^ ment en effet , si cela eût été commun à tous les Israélites, auraient-ils pu se plaindre, comme ils le firent quelques années après du dégoût que cette nourriture leur causait. Les gens dé bien la trouvaient si délicieuse qu'i Is ne désiraient point d'autre aliment; elle leur tenait lieu des mets les plus délicats.

Du désert de Sin, les Israélites étant venus à Raphidim qui fut leur onzième station , n'y trouvèrent point d'eau. Nouveau murmure à cette occasion. Moïse , par l'ordre du Seigneur , frappe de sa verge le rocher d'Horeb , d'où il sort une fon-». tainc abondante. (1)

Vers ce même lieu les Amalécites, peuple de l'Arabiepétrée, issus d'Amalec petit-fils d'Esau , nar son père Eliphazj viennent attaquer les Israélites sarts égard pour 1 origine commune qu'il, tiraient d'Abraham , et tuent inhumainement les. traîneurs qui n'auraient pu suivre le gros de l'armée. ( Les thrétiens lâches et paresseux sont ainsi la proie du démon).

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» voyage ; car il y a beaucoup de buisson épineux dans le désert dtf

* mont Sinaï, et cette contrée est à peu près à la même hauteur >» du pôle qu'Ispahan : mais si les enfants d'Israël en ont eu toulà » Tannée, excepté le jour du sabbat, cela s'est fait par miracle; car » la manne de tarands jubin ne se trouve que pendant quelques

* mois. J'ignore si Ton cultive du sucre en d'autres contrées que* » dans l'Yémen. Mais quand les Juifs n'auraient trouvé dans le » désert de Sinaï que de la tarands jubin naturelle, ce leur aurait » de'jà été une chose fort agréable. Dans le Kurdeislan, à Mosul

» Merdin , Diarbekir, Ispahan, et vraisemblablement en d'autres

* villes, on né se sert que de manne au Heu de sucre pour les pâtis»* » séries et autres mets >»

(1) Saint Paul ( l Cèrimth. , x. 4 ) dit, selon la Vulgate, que h |>ierré ou le rocher suivait les Israélites. Il y a, dans le grec Att**fa<mç qui veut dire obediente ( et non pas subséquente )

pe/rà:\sk pierre obéissant, ou se montrant docile (à l'oidre ou

* la volonté de Moïse. ) C'est ainsi qu'au deuxième livre des Macrabées , ebap. 8, v. 36, Nicanor emploie le verbe Axg\m/$<i» en disant que les Juifs sont invincibles, parce qu'ils obéissent à la loi-de Dieu.

Moïse envoie Josué fils de Nun avec des troupes contre le* Amalécites. Lui cependant se place sur la montagne, où il tient durant le combat ses mains élevées vers le ciel, Àaron et Hur son beau frère les lui soutenant , pour obtenir la victoire, fclle fut complette. Jésus-Christ étendant ses mains sur la croix a de même triomphé de l'enfer. C'est la realité de l'action figurative de Moïse. Il érige un monument de cette victoire, et fait jurer le peuple qu'à l'avenir il exterminera les Amalécites de dessus la terre; ce qui fut accompli sous le régne de Saiil. Jéihro, beau-père de Moïse, vient le trouver, lui ramenant sa femme et ses cnfans. Par son conseil, Moïse établit des juges inférieurs pour rendre la justice au peuple dans les affaires de peu de conséquence, se réservant celles qui concernent la religion. Telle est, selon plusieurs, l'origine du Sanhédrin ou conseil général de la nation. Mais il ne paraît pas que ce conseil ait constamment et invariablement subsisté depuis Moïse. Il est plus probable que le Sanhédrin ne fut établi que sous le gouvernement des Maccabées. Jéthro s'en retourne après avoir fait alliance avec les Israélites , et laisse son fils Hobab pour leur servir Je guide dans le désert.

Le premier jour du troisième mois (siban) qui répond au 20 de mai , quarante-six jours après la sortie d'Egypte , les Israélites arrivent au pied du mont Sinaï, qui fut leur douzième station. Le lendemain , Moïse , par ordre du Set* gneur, monte sur la montagne où il a un entretien avec lui. Il en descend pour proposer au peuple de faire alliance avec le Seigneur. La proposition est acceptée sans hésiter. Le peuple déclare qu'il est tout prêt à entrer dans cette alliance, et à en observer les conditions. Moïse remonte sur la montagne , et rapporte au Seigneur les dispositions du peuple : le Seigneur le renvoie vers le peuple pour le sanctifier , et le disposer à recevoir la loi. Défense, sous peine de mort, 2 tous les Israélites, aux prêtres (les aînés des familles), comme au peuple, de monter sur la montagne et même d'y toucher.

Au troisième jour (sixième du mois), la majesté du Seigneur éclate sur la montagne; un bruit comme celui d'une trompette, ou du tonnerre, s'y fait entendre. Elle paraît toute en feu, et jette partout la terreur. Moïse y monte en tremblant au milieu d'un nuage d'où sortent des foudres et des éclairs. Le Seigneur lui annonce ses préceptes moraux dont le Décalogue est le précis. Ce n'était autre chose que

la lo-î naturelle gravée dans le cœur de t6u$ les hommes t mais tellement obscurcie par les ténèbres des passions , qu'à peine pouvaient-ils en apercevoir quelques traits. Moïse descend et propose au peuple ce qu'il avait appris du Seigneur» Les Israélites, se confiant en leurs propres forces, promettent d'observer tout ce qui leur est proposé ; mais effrayés de ce qu'ils voyent, ils prient Moïse de leur parler lui-même et non le Seigneur, de peur qu'ils ne meurent. Moïse les> rassure, et étant monté de nouveau sur la montagne, U reçoit du Seigneur divers préceptes qui ne concernent pro-

5 rement que la police religieuse et civile. Dans ces lois, ont nous ferons connaître ci -après les principales, Dieu parle et comme souverain arbitre de toutes choses, et comme un roi particulier qui règle l'administration de son état. Telle était en effet la constitution de la république des Hébreux , en vertu de l'alliance qu'ils Venaient de contracter. Ils avaient choisi le Seigneur pour leur souverain immédiat; et leur gouvernement était devenu une véritable théocratie. Moïse, à son retour, dresse au pied de la montagne douze autels de pierres brutes , sur lesquels il fait immoler desvictimes pour ratifier l'alliance. Du sang de ces victimes, it arrose le livre qui contenait les conditions de Falliance; il en arrose aussi tout le peuple.

Cela fait , Aaron , Nadab , Abiu et les soixante dix anciensd'Israël , montent aussi sur la montagne et voyent la gloire du Seigneur. Ils en descendent le même jour ; mais Moïse r et Josué, son serviteur, y restent encore six jours.

Le septième jour , Dieu appelle Moïse au sommet de la montagne, où il lui expose pendant trente-quatre jours ce qui concerne son tabernacle qui devait lui tenir Heu detemple , le sacerdoce et les sacrifices. Ainsi Moïse resta quarante jours et quarante nuits sur la montagne. Le terrible appareil sous lequel la gloire 'de Dieu s'était montrée au> sommet de la montagne, avait disparu; les foudres, les «clairs, et le son de Ta trompette avaient cessé, le nuage même, qui environnait la montagne lorsque Moïse y monta» s*était dissipé. Délivrés de la crainte que ce spectacle leur avait inspirée , les Israélites s'ennuient de la longue absence de Moïse, et s'imaginent qu*il ne reviendra plus. Dans ce préjugé, ils s'assemblent autour d'Aaron , et demandent qu'il leur tasse des dieux qui marchent devant eux ; car pour ce- Moïse , ajoutent - ils , nous ne savons ce qu'il est devenu* Aaron t effrayé , leur dit de lui apporter les pendants d'oreilleaL

ABIVÉGÊ CAHONOLOeiQUE

de leurs femmes et de leurs enfants. Ayant jeté en fonte ces ipaticrcs, il en forme un veau sur le modèle d'Apis, l'une des principales divinités des Egyptiens. Cela fait , il dresse, en tremblant, un autel, et an non et pour le lendemain une fele du Seigneur, pour arrêter, s'il est possible, la frénésie du peuple , ou pour la tourner vers un autre objet. Mais les Israélites placent eux-mêmes le veau sur l'autel et lui offrent des sacrifices ; ce qui est suivi de fêtes et de danses.

Dieu avertit Moïse de ce qui se passe dans le camp , lui ordonne de descendre et menace d'exterminer tous les Israélites. Moïse fléchit le Seigneur par ses prières. H descend de la montagne le 17 de thamuz(5 juillet), portant les deux tables de pierre sur lesquelles Dieu avait écrit la loi des deux çôtés. A l'aspect du veau d'or, et des danses que le peuple taisait à l'enlour , il brise de colère les deux tables au pied de la montagne , croyant qu'il était inutile de donner des lois à un peuple si indocile et si incapable de les observer; puis s'étant mis à la porte du camp, après avoir reproché à son frère Aaron sa faiblesse, il appelle à lui tous ceux qui ont du zèle pour le Seigneur. Les Lévites, qui n'avaient point eu part à l'impiété des autres , se présentent en foule; \[ les envoie dans le camp avec ordre de (aire main basse» sur tous ceux qu'ils rencontreront , sans distinction de palents ou d'amis. L'ordre est exécuté; il périt en cette journée, par la main des Lévites, environ trois mille hommes, suivant l'hébreu * le samaritain , les septante , la paraphrase chaldaïque et plusieurs pères, et non vingt- trois mille % comme porte La Vulgate ; ces trois mille hommes étaient sans doute les plus coupables, et ceux qui étaient actuelle-, xnent occupés à danser autour du veau d'or. Moïse , après ce massacre, étant entré dans le camp, renverse l'idole, et l'ayant mise au feu , la réduit en une poudre qu'il jette dans Veau dont s'abreuvait le peuple. On ignore quels ingrédiens Moïse employa pour pulvériser l'or. Mais l'on sait qu'il y a plusieurs manières de faire promptement cette opération ; que te sel de tarlre , par exemple , mêlé avec le soufre dis^ sout l'or au point de le réduire en une pondre que l'on peut avaler (Stahl.) ; que le natrou , matière commune en Orient, et surtout près du Nil, produit le même effet (Le Fèvre. ). Moïse , instruit dans toutes les sciences des Egyptiens, connaissait parfaitement bien toute la force de son opération , et il ne pouvait mieux punir l'infidélité des Israélites , qu en U ur faisant boire cette poudre , parçe ou*

i'or, rendu potable par ce procédé, est d'un goût détestable (i). Moïse ordonne au peuple de quitter ses ornements, prend le pavillon où Dieu rendait ses oracles, en attendant que le tabernacle fut construit, le dresse bien loin du camp, et l'appelle le Tabernacle de l'Alliance , pour faire souvenir le peuple de l'alliance qu'il avait contractée avec Dieu, et qu'il avait si légèrement violée. C'est là que se rendait Moïse pour consulter le Seigneur ; c'est là que la colonne de nuée, pour signe de la présence du Seigneur, aparaissait. Moïse remonte sur la montagne , le 29 du mois (ab) , et après qu'il y est encore resté quarante jours et quarante nuits (c'est-à-dire pendant tout le mois Etui , et les dix premiers jours de thisri. ) , Dieu lui écrit de nouveau la loi sur des tables de pierres qu'il avait préparées. Moïse 1rs rapporte au peuple , ayant le visage tellement radieux , que les Israélites ne peuvent le regarder ; ce qui l'obligea mettre un voile sur sa face. Après avoir rendu compte aux Israélites, de ce que le Seigneur lui a prescrit , touchant l'observation du sabbat, les prémices, les oblations, le tabernacle, les sacrifices et leurs différentes espèces (2), l'arche d'alliance, les habits sacerdotaux; il déclare que Bézéléel et Ooliab ont

(1) On peut aussi dire, avec M. l'abbé du Contant , que Moïse fit moudre ou limer le veau d'or, jusqu'à ce qu'il fut réduit en une poudre fine, telle que les anciens en faisaient, au rapport de Bochart ( Hierozoicon , part 1 , 1. a, c. 34)» pour saupoudrer, ou même poudrer la crinière de leurs chevaux, afin de briller avec plus d'éclat, quand ils paraissaient au soleil; et cette explication est plus conforme au texte hébreu : ( Ona itchnan ad ascher dag , et moluit ( Moïse) usçue ad minuium.

(2) Il y avait deux sortes de sacrifices, les uns sanglants, les putres non sanglants. Les premiers étaient de trois espèces, i°. l'holocauste, où l'animal qui avait été égorgé était brûlé tout entier sur l'autel , après qu'on en avait répandu le sang au pied de ce même autel; a°. le sacrifice pacifique, où la victime était par!a»ée en trois parties, dont la première était consumée par le feu sur 1 autel; la seconde était pour le prêtre; la troisième pour ceux qui faisaient offrir ce sacrifice; 3°. le sacrifice pour le péché. Celui qui o ffrait ce sacrifice mettait les mains sur la victime comme pour la charger 'de toutes ses iniquités. Le prêtre eu réservait une partie pour luimême, tout le reste était brûlé sur l'autel, et il était exprès ément défendu à tous ceux, pour qui ce sacrifice était offert, d'y participer.

tes sacrifices non sanglants consistaient eu des oblations qu'où

été choisis de Dieu pour travailler aux ouvrages destinés 2 son culte. Dieu d<>nna ensuite, en divers tems, à Moïse, pour son peuple, d'autres lois politiques, civpesct religieuses, tlônt l'assemblage forme le corps le plus saj^e et le plus complet qu'on puisse imaginer. Il en i-jra ->.irle plus amplement ail heurs.

1 644* Le tabernacle est dresse le ier. jour du premier mois (nisan) de la seconde année .. après la sortie d'Kgypte. C'était une tente de trente couder de long, > >r dix de haut, faite d'étoffes précieuses , enrichies de broderie , cl couverte d'une autre étoffe tissue de poil de chèvre, sur laquelle on étendait des peaux |>our mettre lejabernacle à l'abri des injures de l'air. Le dedans était partagé en deux par un voile ou rideau d une étoffe relevée en broderie, et l entrée en était fermée par un autre rideau travaille de même. La partie antérieure s'appelait le Sanctuaire, ou le Saint, et celle qui était derrière le voile, se nommait le Saint des Saints. Là était placée l'arche d'alliance, espèce de coffre d'un bois précieux, long de deux coudées et demie , larpe d'une et demie , et haut de môme , tout revêtu d'or en dehors et en dedans , où étaient renfermées les deux tables de la loi , et à côté desquelles était une urne pleine de manne, avec le livre de la loi, à quoi l'on ajouta, dans la suite, la verge d'Aaron. Son couvercle était d'or massif, et formait une espèce de table, aux deux extrémités de laquelle étaient deux chérubins d'or, figures dont il est impossible de fixer sûrement la forme, qui la couvraient de leurs ailes. C'est sur cette table que la présence de Dieu se rendait sensible sous la forme d'une nuée. C'est là que le Seigneur rendait ses oracles de vive voix, d'où vient à cette partie le nom de propitiatoire et d'oracle. C'est au pied de ce trône , que Moïse , comme son ministre , venait recevoir ses ordres pour les porter à son peuple. Le grand-prêtre ne pouvait y entrer qu'une seule fois l'année, comme on le verra dans la suite, pour l'expiation solennelle, et devait avoir, en y entrant , tes mains teintes du sang de la victime qu'il venait y offrir : figure expressive de Jésus-Christ qui devait entrer dans le ciel , couvert de son propre sang. Dans

faisait de parfums, en des libations de vin , de fleur de farine mèUe avec de l'huile, qu'on répandait sur les victimes, ou de pelit* gâteaux de pure farine , paitris avec de l'huile. Ces oblaliom accompagnaient toujours les sacrifices sangîants.

DE i/UISTOIRE SAINTE. f 3j$

le Saint, était d'un cMè le chandelier d'or à sept branches, de Pautre, la table des pains de proposition , au nombre de douze, que l'on changeait toutes les semaines, et au milieu, l'autel des parfums. Au dehors, et vis-à-vis l'entrée du tabernacle était l'autel des holocaustes. Entre cet autel et le tabernacle était une cuve d'airain où les prêtres se lavaient avant de faire les fonctions de leur ministère. Tout ce qui environnait le tabernacle et les autels s'appelait le Parvis^ et était fermé d'une enceinte de rideaux soutenus par soixante colonnes de b^is de Setim, couvertes de quelques lames d'argent , ou décorées d'ornements légers du même métal.

i644« Consécration du Tabernacle , le 5e. jour de nisan. Les chef des tribus, à cette occasion , présentèrenf à Moïse t trente-six bœufs, soixante-douze béliers, et autant d'agneaux, pour être immolés au Seigneur. La nuée, qui jusqu'alors s'était arrêtée sûr la tente que Moïse avait dressée hors du camp , se transporte sur le tabernacle , le couvre et le remplit de la gloire du Seigneur. Elle était obscure durant le jour, et brillait comme une flamme pendant la nuit : quand elle se retirait du tabernacle , les enfants d 'Israël partaient ; si elle s* arrêtait dessus , ils demeuraient ddns le même lieu.

Moïse assemble le peuple devant le tabernacle , et lui déclare que Dieu a fait choix d'Aaron et de ses enfants , pour exercer les fonctions du sacerdoce. Après les avoir lavés d'eau , il les revet de leurs habits , et les consacre au Seigneur. Les habits des prêtres, étaient une robe de lin , une large ceinture de différentes couleurs et une tiare ou bonnet de lin. Àaron , comme souverain pontife, avait, outre cela, une robe d'hyacinthe , au bas de laquelle pendaient de petites sonnettes entre-mêlées de grenades , et par dessus cette robe un vêtement court et sans manches, nommé éphod. Cette,

Îiartie de son vêtement était la plus riche. On y employa 'or , l'hyacinthe , la pourpre , l'écarlate teinte deux fois , le fin lin retors. Sur les épaules du grand prêtre il y avait deux onyx où étaient gravés les noms des douçe tribus d'Israël, six sur chacune. Il portait sur sa poitrine une pièce d'étoffe de figure quarrée , qu'on appelait ra/ional ou pec~> toral , sur laquelle étaient écrits en lettres d'or brodées ces deux mots Urim et Thummim , c'est-à-dire lumière et perfecFion. On . y avait aussi attaché douze pierres précieuses, sur chacune desquelles était gravé le nom d'une des douze tribus. Le grand- prêtre , outre cela, portait sur le devant de

3;6 Abrège cérokologIquë

sa tîare une lame d'or où étaient gravés ces mots : ta sainteté est au Seigneur. Dans les cas embarassants, le grand-prêtre consultait le Seigneur en fixant les yeux sur VUrim et le Thummim , et suivant l'éclat qu'ils rendaient, il devinait la réponse du Seigneur.

On peut remarquer dans le détail des ouvrages, dont nous venons de rendre compte, combien les arts avaient déjà fait de progrès parmi les Juifs, dans un tems où la Grèce était encore barbare. Mais ce qu'il y a encore d'étonnant , c'est que ces ouvrages, si multipliés et de genres si différents* ont été exécutés par deux hommes seulement , Bézéléel et Ooliab. Ils savaient fondre et fabriquer les métaux; ils savaient tailler et graver les pierres précieuses ( chose de nos jours encore si difficile) ; ils étaient menuisiers, tapissiers, brodeurs , parfumeurs : jamais artiste a-t-il réuni tant de connaissances et d^industrie? Aussi , l'Ecriture nous dit-elle que Dieu les avait remplis de science.

Moïse établit, par Tordre du Seigneur, cinq fétes^principales outre le sabbat; savoir, i°. celle de Pâques, le i4 du premier mois (nisan). Elle commençait le soir comme toutes les fétes des Israélites, et durait sept jours, pendant lesquels il était défendu de manger du pain levé, et même d'en avoir chez soi; 2°. la fête de la Pentecôte , qui se célébrait le cinquantième jour après Pâques (on offrait ce jour -là deux pains, qui étaient les prémices de la moisson nouvelle)? 3°. celle des Trompettes , le ier. jour du septième mois ecclésiastique ( thisri ) , qui était en même tems le premier mois civil; 4°. celle de Y Expiation, le ioe. jour du même mois (c'était le seul jour, comme on Ta déjà dit, où le grand prêtre entrait dans le Saint des Saints (i).) Cette féte

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(i) 11 est important de parler plus en détail de cette fête, à cause des inystères qu'elle renfermait, et que saint Paul a développés dans son e'pitre aux Hébreux. Ce jour, après avoir immolé un veau, le grand-prêtre en prenait le sâng dans une roupe qu'il portait d'une main , tenant de l'autre un encensoir où brûlaient des parfums dont la fumée devait lui dérober la vue de l'arche d'alliance vers laquelle il s'acheminait. Arrivé au-delà du second voile, dans lo Saint des Saints où elle était placée, lieu qui d'ailleurs ne recevait aucun jour, il dardait sept fois du sang de la victime avec le doigt vers le propitiatoire. On lui présentait, à son retour, deux boucs pour Us péchés du peuple. Il immolait celui sur qui le sort tombait, et prenant de son sang, il en faisait Taspersion dans tout le tabernacle et

DE ^HISTOIRE SAINTE. ï;}

était un jour de jeûne, et c'est le seul que Moïse eut consacré û ce genre de pénitence. (Mats dès le teins du prophète Zacharie , on comptait deux autres jeânes , tin dans le cinquième mois, et un autre dans le dixième); 5°. celle des Tabernacles ou des Tentes , le i5*. du septième mots (thisri). ( Elle durait huit jours, dont le premier et le dernier étaient chômés. ) Outre cela, Moïse ordonne de célébrer, tous les sept ans , Tannée sabbatique , pendant laquelle il était défendu de labourer et de semer (i) ; et tous les cinquante

sur tout ce qui y était renfermé, pour purifier le lieu saint de tous les péchés du peuple. Cela fait, ii présentait à Dieu l'autre houe virant, et lui mettant les mains sur la tète , il faisait la confession publique des péchés du peuple, dont il chargeait ce bouc avec im* précation. Après quoi un homme, choisi pour cette fonction, l'emmenait hors du camp (hors de la ville , lorsque le temple fut bâti ) et le chassait dans le désert pour être dévoré par les bètes farouches. C'est pour cela que ce bouc s'appelait émissaire * qui veut dire chassé ou envoyé dehors. Le poritife, après s'être lavé, offrait en— suite son holocauste et celui du peuple. Et ce qu'il V a de fort remarquable dans cette cérémonie destinée à 1 expiation la plus solennelle des péchés, c'est que non.seulement celui qui avait conduit 1a bouc émissaire dans le désert, et ceux qui avaient porté hors du camp le bouc et le veaU immolés, dont le sang avait servi à purifier le sanctuaire et le tabernarle, mais le grand-maltre même, bien loin d'être purifiés , contractaient Une nouvelle souillure par cette cérémonie , et étaient obligés de s'en purifier en lavant leurs vêtements.

11 y avait encore un sacrifice particulier d'expiation , mais qui n'était point fixé à un certain jour, et qu'on renouvelait toutes let fois que la nécessité l'exigeait C était celui de la génisse rousse ', que le grand-prêtre faisait immoler hors du camp, et qu'on brûlait toute entière avec du bois de cèdre, de l'hyssope et de l'érarlate. On en receuillait les cendres, qu'on mettait eu réserve, pour être distribuées à tous les Israélites. C'était de cette cendre , mêlée avec de l'eau , qu'ils se servaient toutes fois qu'ils avaient besoin d'êîre purifiés, ce qui était fréquent parmi eux. Et ce qu'il faut observer, comme on vient de le dire au sujet de l'expiation générale, tous ceux qui avaient eu part à ce sacrifice , le grand-prêtre même et celui qui avait recueilli les cendres de cette victime destinée à purifier de toutes les impuretés légales, étaient censés eux-mêmes impurs jusqu'au soir, et obligés de se purifier. (Plouden, Traité dm Sacrif. deJ.C)

(i) En ordonnant à son peuple de laisser reposer la terre chaque septième année , Dieu le rassure contre la crainte de tomber dans la disète. Que si rous dites : Que mangerons-nous la septième année , ■si nous n 'avons pas semé et si nous n'avons point recueilli les fruits

ans, l'année du jubilé, où Ton devait rendre la liberté à tous les esclaves Israélites, et les fonds à tous les particuliers de la nation qui les avaient aliénés.

i644* Le *4e« j°ur du premier mois de la deuxième année, depuis la sortie de l'Egypte, les Israélites célèbrent la Pâque (1). L'Ecriture ne fait pas mention d'autre Pâque célébrée par les Juifs dans le désert; mais il ne s'ensuit pas qu'ils ny aient célébré nue celle-là. Or, à cette deuxième Pâriue, il y eut des Israélites qui , se trouvant impurs pour avoir touché des morts , ne purent la faire au jour qu'elle tombait. Moïse et Aaron ayant consulté sur ce point le Seigneur, la réponse fut fuie ces Israélites feraient la Pàque le i4 du mois suivant. Même loi pour ceux qui sont en voyage au loin ; mais pour celui qui , étant sur les lieux et n'ayant point d'impureté (égale, aura négligé de faire la Paque, il sera exterminé de son peuple. ( Nombr. IX. )

Consécration du tabernacle , des autels et des prêtres , h 5e. jour du deuxième mois.W n'y avait proprement que deux autels, celui des holocaustes, placé à l'air dans le vestibule

de nos terres ? Je répandrai sur cous ma bénédiction en la sixième année , ci elle portera autant de fruits pue trois autres Vous sèmerez là huitième année % et vous mangerez vos anciens fruits /usça'à U nenvieme année , pous vivre* des vieux Jusçu *à ce qu'il en soit venu de nouveaux. (Levil. a5, v. ai , aa ) La preuve que Dieu tint fidèlement cette promesse, se tire de l'observation constante, à quelques interruptions près , de Tannée sabbatique. Une nation entière se serait-elle exposée à périr de faim sur une parole dont l'accomplissement aurait quelquefois manqué ?

(1) Voici quelles furent I*»s cérémonies de cette Pâque, qui servit de modèle pour toutes celles qui devaient suivre L'Agneau Pasrhal (auquel on pouvait substituer un chevreau), de l'âge d'un an, roâle et sans tache, fut sépaté du troupeau le 10 du mois nisan;le l4 du même mois, on l'égorgea dans le parvis du tabernacle , entre deux vêpres , ce qui signifie toute Pélendue de l'après-midi et au chant des hymnes. Les piètres en reçurent le sang dans un vase qu'ils se donnaient de main en main jusqu'à celui qui était près de l'autel, au pied duquel ce dernier le répandait. On écorcha l'agneau dans le même lieu, oq en sépara ce qui devait être J>rulé sur l'autel, après quoi on le rendit à son maître. Celui-ci , après l'avoir fait rôtir, le mangea , sans en rompre les os, avec des pains sans levain, et des laitues sauvages , en la compagnie de ceux qu'il avait invités , et qui ne devaient pas être moins de dix ni plus de vingt.

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ou parvis intérieur, et celui des parfums, situé dans le lieu saint près du second voile , entre le chandelier d'or et lar table des pains de proposition. Le premier , long de cinq coudées sur autant de large et trois de hauteur, était fait de bois de setim et creux , mais revêtu de grosses lames d'airain en dehors et en dedans y avec une grille au milieu , pour / feire tomber au fond les cendres du bois et des victimes qu'on brûlait dessus , et aux quatre coins s'élevaient comme quatre cornes de même métal. Tout sacrifice sanglant qui n'était pas offert sur cet au te), était en abomination aux yeux du Seigneur. La consécration des prêtres dura l'espace de sept jours. Moïse, après avoir lavé Aaron et ses quatre fils, les revêtit de leurs ornements ; puis, ayant pris 1 nuile préparée pour les onctions , il en versa sur la tête d'Aaron * offrit deux sacrifices au Seigneur, l'un d'expiation, l'autre en holocauste, et du sang des victimes arrosa l'autel, et toucha L'extrémité de l'oreille , le pouce de la main droite et celui du pied droit du nouveau grand prêtre et de ses fils , après quoi il fit une aspersion du sang de la victime, et de l'huile d'onction sur eux et sur leurs vêlements Cette cérémonie continua les six jours suivants, pendant lesquels ils demeurèrent jour et nuit à l'entrée du tabernacle. Enfin, le huitième jour, Aaron offrit des sacrifices pour lui et pour le peuple , éleva les mains au ciel , et bénit l'assemblée. En même tems, un feu sorti du Seigneur (ou descendu du ciel )^ dévora V holocauste et les graisses qui étaient sur V autel. ( Levit. IX. , ) C'est ce feu sacré qu'il fut ordonné aux. prêtres, sous peine de mort, «rentretenir perpétuellement,, en menant sur l'autel du bois, matin et soir. H n'était point permis d'employer d'autre feu pour les sacrifices', ai pour* allumer 1rs lampes du tabernacle, ni pour l'encens qu'on faisait brûler , soit sur l'autel des parfums , soit dans des cassolètes. Ce qui arriva le soir de ce même jonr, est une preuve de la rigueur avec laquelle Dieu voulut que cette loi tut observée; car Nadab et Auiu, deux des quatre fils d'Aaron , ayant eu la témérité de mettre du feu étranger dans leurs encensoirs, des flammes qui sortirent de l'autel les dévorèrent , et il fut défendu à leur père (i) , et à leurs frères

(i) En général il était défendu au grand-prêtre de porter le deuil de *e$ proches, même de ses père et mère Bien plus; il ne pouvait 'entrer dans une maison où il y avait un cadavre , de peur d'en être

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