‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 74 sur 93 · ABRÉGÉ · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ

Çleazar et Ithamar, de les pleurer. Moïse, Je la part dû Seigneur , promulgue diverses ordonna nces , dont les plus remarquables sont les suivantes.

Loi concernant lis premiers nés. -r- Elle avait été donnée £ Moïse avant la dernière plaie d'Egypte. Par cette loi , Dieu se réserve à perpétuité les premiers nés de toutes les familles israëlites et de tous leurs animaux domestiques, pour lui étr€ consacrés , en mémoire de ce qu'il les a épargnés dans le massacre de eaux des Egyptiens. Les premiers nés des hommes, devaient se racheter, moyennant le prix de cinq $ich?s d'argent ; et à l'égard des animaux, on distingue ceux qui sont purs de ceux qui soqt impurs. Les premiers nés de ceux-là , devaient être portés aux prêtres pour être offerts en sacrifice ; mais il fallait ou racheter ou mettre à qiort ceux des animaux impurs (x).

souillé. Telle était la pureté qu'on exigeait de lui , qu'il ne pouvait épouser qu'une vierge. Poux ne point affaiblir le respect du à son caractère | il devait être exempt de toute difformité choquante. Ainsi un boiteux, un borgne, un homme contrefait, quoique l'ainé de la famille d'Aaron, étail exclus du souverain sacerdoce. On était moins difficile à l'égard des autres prêtres. Ils pouvaient épo^er de* veuves; mais ils étaient tenus, ainsi que le grand-prêtre» de garder la continence pendant qu'il* servaient, à l«ur tour, dans le tabernacle ou dans le temple, ce qui n'arrivait que de loin en loin, lorsqu'ijsfte furent multipliés par La suite des géoératiops. Car alors ils furent partagés en vingt-quatre rlasses, et chaque classe en sept familles qui se succédaient dans l'exercice du ministère.

(i) La distinction des animaux purs et des animaux impurs fiait établie dès le commencement du monde, comme on en a fait la remarque en parlant de l'arche de Noé Mais on n'est pas assuré si «Ile est absolument la même dans la loi de Moïse, qu'elle fiait dans la loi de la nature. Vraisemblablement dans celle-ci on ne regardait comme impurs que les animaux malfaisants et ceux doot la chair était nuisible à la santé, suivant les climats où l'on se trouvait. Mais dans la loi de Moïse , ce n'est pas seulement à raison de leur mauvaise qualité que Dieu défend à son peuple l'usage de la chair de certains animaux. Ce sage législateur, dit un écrivain moderne, voulait encore, par cette distinction, rappeler sans cesse aux Hébreux leur consécration particulière au seigneur, et leur supériorité, du moins quant au Culte, sur tous les peuples d'alors. Ce dessein n'est pas douteux; il est expressément marqué dans la loi : Je vous ai séparés de toutes les nations de la terre , pour être spécialement injon peuple , dit le seigneur ) séparez donc anssi U pur

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Lois POUR LES sacrifices. — Ils étaient de deux sortes, comme on l'a déjà dit, les sacrifices sanglants et les non sanglants. On divisait les premiers- en holocaustes, en sacrifices pacifiques et en sacrifices d'expiation. Dans l'holocauste, la victime était entièrement consumée par le feu sur l'autel , et tel était celui qu'on offrait chaque jour le malin et le soir. Dans le sacrifice pacifique dont l1 objet était de demander au seigneur des grâces , ou de le remercier de celles qu'on avait reçues, ou d'acquitter un vœu, le prêtre, après avoir brûlé la graisse et les reins de la victime, prenait pour lui la poitrine avec l'épaule droite , et laissait le reste à celui qui avait fourni l'animal. La victime pour le péché ne se partageait pas de même. Celui qui l'avait présentée n'en remportait rien, et le tout, hormis la graisse qu'on brûlait sur l'autel , appartenait aux prêtres pour être mangé avec ses enfants mâles seulement , dans la maison du Seigneur. Cinq espèces d'animaux seulement étaient propres aux sacrifices ; les taureaux , les vaches et les veaux ; les béliers , les brebis et les agneaux ; les boucs , les chèvres et les chevreaux ; les pigeons et les tourterelles. Quant à la victime , lorsqu'à près en avoir répandu le sang au pied de l'autel , on l'imposait dessus pour être brûlée , on ajoutait une offrande de gâteaux cuits au four ou sur le gril , ou des beignets frits dans la poêle , ou une certaine quantité de fleur de farine avec du vin , de l'huile , du sel et de l'encens , etc. c'est ce qu'on appelait sacrifice non sanglant ; le prêtre en avait toujours sa part.

Moïse décrit en détail quels sont les animaux purs et les animaux impurs Tout ce qui ne rumine pas, ou n'a pas la corne du pied fendue parmi les quadrupèdes , est regardé comme impur; de même parmi les oiseaux, tous ceux qui marchent à quatre pieds, les oiseaux carnassiers et les oiseaux nocturnes; et parmi les poissons, tous ceux qui n'ont point d écailles ou de nageoires.

Lois pour les mariages. — Ils n'étaient accompagnés d'aucune cérémonie religieuse, et se contractaient sans le

d'avec V impur : ne vous souillez pas en mangeant les animaux que j'ai déclares immondes, (Lé vit. 20. ) Abstenez-vous de la chair de ceux qui seront morts d'eux-mêmes , ou qui auront été déchires par les bêtes ; laissez-les aux étrangers ou aux chiens : mais pour vous, soyez saint 'j, parce que je suis saint. ( Lévitiq. 22)

ministère des prêtres. Un homme en mourant laissait-il safemme sans enfants , le frère du défunt était obligé d'épouser" la veuve. Que s'il refusait de remplir ce devoir, *a belle-sœur le citait au tribunal des anciens, qui se tenait à la porte de la ville , et après lui avoir ôté son soulier , elle lui crachait au visage, en disant : c'est ainsi que sera traité celui qui ne voudra pas rétablir la maison de son frère. Car les- enfants qui naissaient de ce second mariage, étaient censés appartenir au premier mari, (.et te loi , qu on nomme le lairatrnz point lieu dans le christianisme, ou il rtest pas permis r en aucun cas , d'épouser sa belle-sœur. W en. est de même du divorce que Dieu permit aux Israélites, à cause de la dureté de leur cœur, sans néanmoins accorder à la femme répudiée de convoler â de secondes noces du vivant de son premier époux. Ce ne fut pas la seule condescendance dont usa le Seigneurenvers les Israélites pour les empêcher uVattenler à la vie de leurs femmes; il leur permit encore l'épreuve des eaux de jalousie. Lorsqu'un homme soupçonnait sa* femme d'adultère, il l'amenait devant le prêtre qui remplissait de l'eau., puisée dans le grand bassin d'airain , un vase de terre ♦ où il mêlait de la poussière du pavé du temple , puis après avoir fait des imprécations sur la femme qui répondait amen , il lui donnait cette eau à boire, en l'assurant qu'elle n'en souffrirait aucun mal, si elle était innocente, mais que , dans le cas où elle serait coupable, son ventre enflerait et sa cuisse sécherait comme Dieu l'avait prédit. L'appareil de cette épreuve était si terrible , qu'on ne voit pas que jamais femme criminelle ait osé la subir.

Lois pour la guerre — Tout Israélite était né soldat, et obligé de porter les armes p«>ur la défense de la patrie, dès qu il avait atteint l'âge de vingt ans. Mais lorque les troupes étaient rassemblées pour une expédition , les chefs déclaraient libres de s'en retourner chez lui , et dispensé du service pendant cette année, quiconque ayant bâti une maison ne l'avait point encore habitée, ou ayant planté une vigne n'en avait point encore recueilli le fruit, ou ayant pris une femme n'avait point demeuré avec elle. (Deut. XX 5 et 7.)

Aux approches du combat , on publiait même , que ceux dont le cœur était frappé de frayeur i pouvaient se retirer, de

Î>eur que leur exemple ne jetât l'épouvante dans le cœur de eurs frères. Défense aux Israélites d'entreprendre aucune guerre par caprice , par ambition , par esprit de conquête.

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La seule nécessité de se défendre Contre d'injustes invasions, ou d'obtenir réparation des torts qu'on avait soufferts, autorisait les Israélites à prendre les armes. Nul dégât inutile permis sur les terres de l'ennemi. Avant d'assiéger une ville , on devait faire aux habitants des propositions de paix. S'ils les acceptaient avant l'assaut et qu'ils ouvrissent leurs portes, tout se bornait pour eux à devenir les tributaires et les sujets des Israélites. iMais , si refusant tout accommodement et persistant à se défendre , ils laissaient prendre la place de vive force, alors pour les punir de leur résistance opiniâtre et foire un exemple qui pût intimider les autres, la loi les abandonnait à la discrétion des vainqueurs. Fous passerez au fil de Vèpe'e , dit-elle, tous (es hommes qui s'y troueront, c'est-à-dire, tous ceux qui portaient les armes, mais non pas tout âge 'et tout sexe sans distinction , comme faisaient les autres peuples. Il était permis de faire les femmes prisonnières, mais toute licence contraire à la pudeur, était interdite envers ces captives. Un Israélite voulait-il épouser une de ces infortunées ? il ne pouvait le faire qu'au bout d'un mois, pour lui donner le tems de pleurer son père et sa mère , et se donner à soi - même celui de la réflexion. Venait - elle ensuite à lui déplaire? il devait la renvoyer libre.

Obligés d'abréger, nous supprimons un grand nombre d'autres lois données aux Israélites , soit sur le mont Sinaï, soit dans le cours de leur pèlerinage, lois dont l'ensemble, en y comprenant celles que nous venons d'indiquer , forme un « ode de législation si complet et si parfait , que ce peuple, tant qu'il a subsisté en corps de république, ne s'est jamais permis e t n'a jamais eu besoin d'y rien ajouter ni retrancher. Quelle est la nation qui puisse se vanter d'avoir eu un semblable code depuis son origine ?

Les Israélites devant bientôt décamper pour aller à la conquête de la terre de Chanaan , Dieu ordonne à Moïse le Ier. jour du deuxième mois de faire un second dénombrement des enfants d'Israël. ( Il s'en était faii un premier six ou sept mois auparavant.) C'était une espèce de revue que Dieu faisait faire de son armée, comme il se pratique, lorsqu'un prince se met à la téte de ses troupes pour commencer sa campagne. 11 se trouva le même nombre d'hommes qu'an premier dénombrement , c'est -à-dire six cent trois mille cinq cent cinquante hommes capables «le porter les armes depuis l'âge de vingt ans jusqu'à soixante. Les Lévites n'y furent

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Îmint commis , comme n'étant point sujet* aux charges de 'état, et n ayant d'autres fonctions que celles qui concernent le service du tabernacle. *— * Lé Seignèur marque en détail quelle doit Être la disposition du camp des enfants d'Israël autour du tabetnarle, et quel câlé chaque tribu doit occuper. Ainsi , le camp des Israélites pourrait Être regardé comme une ville partagée en douze quartiers , au milieu de laquellè était le temple de son Dieu et le palais de son roi. Dû reste, chaque Iribu était distinguée de manière qu'il nVtàit permis de passer de l'une dans I autre , ni par alliance , ni en aucune aulre manière. On dérogea depuis à cette loi en permettant aux femmes d'une tribu de passer dans une autre par les mariages. Mais en ce cas , leurs bien-fonds ne les suivaient pas. Le mélange d'ailleurs des familles de chaque tribu n'empêchait pas qu'elles ne reconnussent chacune leur origine, par le soin qu'elles avaient de conserver le souvenir de leurs ancêtres. Elles rédigèrent dans la suite par écrit leurs généalogies, dont elles portèrent une copie authentique dans un dépôt public.

Consécration des Lévites un mois après celle des prêtres. On ne voit pas qu'ils eussent comme ceux-ci des habits particuliers pour leurs fonctions. Josephc dit que sous le règne du jeune Agrippa, peu avant la ruine de Jérusalem , ils obtinrent la permission de porter la tunique de lin , comme les prêtres. Ils entraient dans le ministère à vingt-cinq ans et en sortaient à cinquante, parce que leurs fonctions étaient pénibles, et demandaient des hommes vigoureux et robustes. Les princes d'Israël, et les chefs des tribus établis depuis le dénombrement , offrent devant le Seigneur six chariots couverts , avec douze bœufs. Moïse les donne aux Lévites , pour s'en servir dans les fonctions de leur charge.

Les Israélites , après être restés un an environ au pied du mont Sinaï, en décampent'précédés par la nuée qui marchait devant eux , pour aller dans le désert de Pharan. Fatigués de la marche, ils murmurent contre Moïse * et ils en sont punis par le feu du ciel , qui en consume un grand nombre. Moïse fait cesser ce désastre par ses prières. Le murmure recommence de la part du petit peuple dégoûté àe la manne. H demande une nourriture plus solide. Moïse poussé à hout nar l'indocilité des Israélites , supplie le Seigneur de le décharger du soin de les conduire. Dieu lui ordonne de choisir soixantedix anciens d'Israël les plus expérimentés pour partager avec luj les fonctions du ministère,

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Moïse annonce en même tems au peuple que le Seigneur lui enverra de la chair, non un jour ni deux, mais pendant un mois. Le seigneur effectivement envoie dans le camp d'Israël un grand nombre de cailles. Mais presque en même tems il chérie les murmurateurs par une grande plaie dont un grand nombre moururent.

Marie et Aaron se livrent eux-mêmes au murmure contre Moïse, parce qu'il avait épousé une femme égyptienne (ou plutôt une femme chushile, suivant l'hébreu, c'est à-dire du pays occupé par les descendants de Chus , fils aîné de Cham. Ce peuple s'était établi dans cette partie de l'Arabie, laquelle s'étind depuis l'Euphrate , le long du golfe Persique , jusqu'à l'Océan : d'où le P. Houbigant conclut que cette femme n'était pas la même que Séphora, ulle de Jéihrof prêtre de Madian. ) Dieu prend la défense de Moïse, et frappe de lèpre Marie , qui est chassée hors du camp ; mais sept jours après, elle y rentre parfaitement guérie.

Les Israélites changèrent plusieurs fois de station dans le désert de Pharan, en s'approchant toujours de la terre promise. Ils y touchaient lorsqu'ils furent arrivés à Cadés-Barné, qui est au midi de ce pays. — De là Moïse, à la prière du peuple , envoya douze hommes choisis dans les douze tribus pour aller examiner la terre de Chanaan. De retour, au bout de quarante jours, après avoir parcouru le pays, ces députés font l'éloge de la bonté du sol , et confirment leur récit par la beauté des fruits qu'ils en avaient rapportés. On fut sur-» tout frappé d'une branche de vigne avec ses .grappes, qu'ils

Sortaient à deux sur un bâton , tant à cause de la grosseur e cette grappe que pour ne pas la froisser (i). Mais ils exagèrent la difficulté de la conquête , peignent les Chananéens comme des hommes chine taille , d'une force et d'une valeur ex h aord inaires , et représentent leurs villes comme des places imprenables. Le peuple consterné par ce récit , pense à se donner un chef pour retourner en Egypte, Josué et Caleb , qui étaient du nombre des douze envoyés , font de vains efforts pour le détourner de ce dessein. Loin de les

(i) Les vignes d'Hcbron, de Bethléem, de Sorec et de Jérusalem, dit un voyageur moderne , portant, pour Pordinaife, des raisins du poids de sept livres, et en i634 , il s'en trouva un du poids de vingt-cinq livres et demie , dans la vallée de Sorec. (Eugène Roger, Voy.deU T*rr*-SuinU+) -

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écouter, le peuple veut les lapider. Irrité de ce murmure , le Seigneur condamne les Israélites depuis vingt ans et audessus à mourir dans le désert. 11 n'excepte de cet arrêt que Josué et Caleb, les seuls qu'il promet de faire entrer dans la terre promise. Les dix espions infidèles sont punis par une mort subite , et le peuple reçoit ordre le jour suivant de lever le camp pour retourner vers la mer Rouge. En faisant ainsi revenir les Israélites sur leurs pas , le dessein du Seigneur était de les promener dans le désert jusqu'à ce que la mort eût entièrement exécuté l'arrêt d'exclusion qu'il avait prononcé contre eux. Ce même jour, au lieu d'obéir à Tordre du Seigneur , le peuple se met en marche contre l'avis de Moïse pour aller combattre les Chananéens et les Amalécites. Il croyait par-là réparer sa faute , il ne faisait que l'aggraver. Les ennemis d'Israël remportent la victoire, et le peuple rentre dans son camp fort affligé. Le lendemain il décampe pour retourner dans la première solitude dont il était parti. Pendant la route, un Israélite est surpris ramastant du bois le jour du sabbat ; le Seigneur, consulté sur ce sujet , ordonne qu'il soit lapidé hors du camp.

Coré de la tribu de Lévi , Dathan et Abiron de la tribu de Ruhen , s'élèvent contre Moïse et Aaron. Coré prétendait à la sacrificature ; Dathan et Abiron , comme descendants de l'aîné des enfants de Jacob , ne pouvaient souffrir que toute l'autorité fût entre les mains d'un homme, tel que Moïse , de la tribu de Lévi. Ces factieux, pour couvrir leur ambition , accusaient Aaron d'avoir usurpé le sacerdoce , et reprochaient à Moïse de gouverner le peuple avec une tyrannie insupportable. Us entraînent dans leur révolte deux cent cinquante lévites des premiers de leur ordre. Moïse somme Coré et ceux de sa faction de comparaître le lendemain devant le Seigneur, les uns d'un côté, avec leurs encensoirs , et Aaron de l'autre , pour connaître ceux que le Seigneur a choisis. Ils comparaissent. Moïse ayant fait citer inutilement Dathan et Abiron , pour expliquer leurs griefs devant le tabernacle, va les trouver. Il commande au peuple de s'éloigner des tentes de Dathan et d' Abiron , et aussitôt la terre s'étant entr'ouverte , les engloutit vivants avec leurs tentes et tout ce qui leur appartenait. Dans le même tems, les deux cents cinquante hommes qui offraient avec Coré de l'encens dans le tabernacle, sont uevorés par un feu sorti de terre. Mais par un nouveau miracle , les enfants de Coré ne périrent point avec lui, Dieu ordouue à Llcazar, fils

d'Àaron , de retirer des flammes les encensoirs (1). On en. fait des lames qui sont attachées à l'autel, pour servir de monument de cette rébellion. Le lendemain nouveau murmure des Israélites , punis par un embrasement qui en dévore quatorze mille sept cents. Aaron arrête ce fléau en, offrant au Seigneur de 1 encens. Le sacerdoce lui est confirmé par le miracle de sa verge, qui fleurit dans le tabernacle et produit des amandes, tandis qu'il n'arrive aucun changement à celles que les chefs des autres tribus y avaient portées. Moïse place la verge de son frère dans rarche d'alliance y pour être un témoignage perpétuel de l'indocilité des Israélites. Dieu instruit Aaron des obligations de son ministère; il règle les fonctions des prêtres et des lévites , assigne, aux premiers les prémices pour leur subsistance et celle de, leur famille, donne les dîmes aux lévites, à condition de payer la dîme de ces dîmes aux prêtres, et défend aux uns, et aux autres d'avoir d'autre part dans la terre d'Israël (2). On ne sait distinctement ni l'année, ni le lieu où ces choses, arrivèrent.

Depuis la deuxième année de la sortie d'Egyte, jusqu'à la quarantième année , les Israélites continuèrent de voyager dans le désert , tantôt s'approchant de la terre promise , tantôt s'en retournant sur leurs pas. L'Ecriture se borne à,

(1) Ces encensoirs étaient des espèces de réchaux qu'on portait à> la main ; et tels ils étaient dans les premiers siècles de l'église , avant l'invention des encensoirs à chaînons dont on se sert présentement. IL n'était pas permis aux lévites de mettre la main à l'encensoir dans le culte divin. Du reste» on se servait d* encensoirs dans l'intérieur des maisons, pour purifier l'air et pour dissiper les mauvaises odeurs.

(a) Ces dîmes devaient être apportées, par les cultivateurs des terres , dans la maison du seigneur, et lorsque la trop grande distance des lieux ne permettait pas de les y transporter en nature, on devait en apporter le prix aux ministres de l'autel.

L'ordre des prêtres, après qu'il se fut multiplié par la suite des. générations, comme on l'a déjà dit, se partagea en vingt-quatre classes, divisées chacune en sept familles qui servaient tour-a-tour» Leurs fonctions ne se bornaient pas au ministère de l'autel. Ils mar-p chaiént à la tète des armées, et sonnaient la charge avec leurs trom«4 pettes d'argent, après avoir exhorté les soldats à se comporter en» gens de cœur et à mettre leur confiance dans le secours du ciel. Ils, étaient de plus les interprètes nés de la loi du seigneur, et les juge* de toutes les matières concernant la religion. .

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nous marquer leur différentes stations pendant cet intervalle de tems , sans entrer dans aucun détail de ce qui les concerne ; elle nous apprend seulement en gros , que pendant ces trente-huit années, ils tombèrent en différentes idolâtries, et qu'ils périrent tous sous la main du Seigneur.

1606. Sur la fin de la trente- neuvième année; ils reviennent à Hazcroth, près de Cadès-Barné , dans le désert <Je Sin, différent de celui où la manne tomba pour la première fois.

i6o5. Ce fut là que Marie, sœur de Moïse et d'Àaron, mourut le premier mois de Tannée suivante, à l'âge de m cent vingt-neuf ans commencés.

Le peuple étant dans le désert de Raphidim et manquant d'eau , se livre au murmure. Moïse et Aaron affligés, ont recours au Seigneur, oui ordonne à Moïse de mener le. peuple au rocher d'Oreb, et de parler à la pierre, en la frappant de sa verge, avec promesse qu'il en sortira de Teau. Moïse au lieu de parler au rocher , le frappe deux fois , en témoignant au peuple sa défiance. H en sort aussitôt de l'eau en abondance , et cette eau fut appelée Veau de contradiction (1). Mais parce que Moïse et Aaron n'avaient pas sanctifié le Seigneur devant les Israélites, il leur fut dit qu'ils ne feraient point entrer ce peuple dans la terre promise, et qu'ils n'y entreraient pas eux-mêmes.

De Cadès, Moïse envoie des députés au roi de 11 damée, pour lui demander le passage par ses terres. Ce prince re refuse , quoiqu'il eût auparavant permis aux Israélites (Deut.Ili 29), d acheter des vivres chez lui. lirait plus, craignant que les Israélites ne s'ouvrent le passage l'épée a

(r) 5w ce miracle, Tacite ( Mistor , 1, v, n. 3 ) avance une opinion qui ne fait honneur ni à son exactitude , ni à son jugement? « Couchés ça et là dans les plaines, les Israélites allaient, dit-il, >» mourir de soif, lorsqu'une troupe d'ânes sauvages, en sortant » de paître, se retira sur une roche couverte d'arbres touffus. Moïse, » ta suivant, y déV ouvrit des sources abondantes que les piaules, » dont le sol était revêtu, lui avaient fait conjecturer, » Quoi/ dans un peuple innombrable , soulevé contre son chef et toujours en défiavee à son égard, il ne s'est trouvé personne que lui qui ait aperçu (es animaux, ci découvert naturellement les eaux qu'ils indiquaient 1 »

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la main , il vient au devant d'eux, à la tête d'une armée, . pour les arrêter. Moïse fait prendre une autre roule aux Israélites, et Ifs mène au pied de la montagne de Hor, voisine de Tldumée. Ce fut dans celte station qu'Aaron termina ses jours , quatre mois après sa sœur. Moïse, par l'ordre du Seigneur, l'ayant conduit sur le sommet de la montagne, le dépouilla de ses habits pontificaux, dont il revêtit Eléazar, son fils T après c|uoi il rendit l'esprit à l'âge de cent vingt-trois ans, le premier jour du cinquième mois. (Ab.) les Israélites le pleurèrent pendant trente jours, suivant leur usage de faire un deuil de pareil nombre de jours pour les personnes publiques. De sa femme Elisabeth , fille d'Aminabad, de la tribu de Juda, il avait eu quatre' fils, Nadab, Abiu, Eléazar, Ithamar, fails prêtres en même tems que lui, dont les deux aînés , comme on Ta déjà dit , ayant voulu offrir de l'encens avec un feu étranger, périrent de son vivant par le feu du ciel.

Les Israélites empressés d'entrer dans la terre promise, veulent y pénétrer par le chemin le plus court , nommé le défilé des Espions. Mais Arad , l'un des rois de Chanaan, qui habitait au midi, étant venu les attaquer, a d'abord l'avantage. Les vaincus s'adressent au Seigneur, et deviennent victorieux à leur tour; ils se rendent maîtres du pays, dont ils détruisent toutes les villes.

Les Israélites étant partis de Hor, dirigent leur route vers Im-Souph. C'était s'éloigner de la terre promise; mais Dieu leur avait ordonné de faire , pour y arriver, le tour de l'Idumée, afin d'éviter la guerre avec les Iduméens, leurs frères. La fatigue du voyage les ayant portés au murmure , Dieu , pour les punir, envoie contre eux de ces serpens ailés, nommés séraphes, qu'on voit passer en grande quantité, tous les ans au printems, de l'Arabie Pétrée en Egypte. Les Israélites étaient alors dans la première de ces deux contrées, et c'était la saison du passage de ces animaux. Ainsi, le miracle consiste en ce que Dieu fit élever un vent qui les jeta sur le camp de son peuple. Tous Veux qui en sont mordus, souffrent des douleurs semblables à celles que causent le feu ; plusieurs en meurent. Le peuple vient trouver Moïse , pour le prier de faire cesser ce fléau. Moïse, par l'ordre du Seigneur, élève au-dessus d'un étendard, un serpent d'airain , et tous ceux qui le regardent sont guéris. Ce serpent, élevé sur un bois , était une figure a laquelle personne aujourd'hui ne peut se méprendre. Jésus-Cnrist à dit

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. lui-même qu'il serait élevé sur la croix comme Mofee y avait élevé le serpent d'airain.

Arrivés sur les frontières des Amorrhéens, dont la capitale était Hesebon, les Israélites demandent le passage au roi Sehon ; mais loin de l'accorder, il vient avec uue armée pour les combattre. Dieu livra ce prince entre les mains des Israélites, qui s'étant rendus maîtres de son royaume, passent tous ses sujets au fil de l'épée. Og, roi deBasan, qui avait imité l'insolence de Sehon, eut aussi le même sort avec tout son peuple. Il était le dernier de la race des géants. On montre encore à Kabbath , capitale des Ammonites, dit l'auteur sacré, (Ueul. lll, n. ) son lit de fer, qui a neuf coudées de long, sur quatre de largeur; c'est-à-dire

3uinze pieds quatre pouces et demi de long, sur cinq pieds ix pouces de large. Mais la stature du géant n'était, suivant les meilleurs critiques, que de neuf pieds quatre pouces. Les Israélites devinrent , par là , maîtres de tout le pays qui s'étend depuis le torrent d'Arnon , jusqu'à la montagne d'Hermon.

Ces exemples jetèrent la consternation parmi lesMoàbttes, voisins des Amorrhéens. Balac , leur roi , voyant les Israélites approcher de son pays, envoyé chercher à Phatura, dans le pays des Ammonites , le prophète ou devin Balaam , pour venir les maudire. Balaam renvoie les députés du roi , sur la défense que Dieu lui fait de les suivre. Nouvelle députation de Balac pour le presser de venir. 11 consulte le seigneur , qui , le voyant séduit par les promesses magnifiques du roi de Moab , le laisse aller. Il selle son âuesse, et part. Sur la route, un ange, ayant une épée nue k la main, se présente à lui, sans qu'il l'aperçoive. L'ànesse de Balaam, qui voit l'ange, tombe d'effroi par terre. Le prophète la frappant rudement, elle lui répond d'une voix humaine, pour se plaindre. Le Seigneur ouvre alors les yeux à Balaam. Il aperçoit l'ange, qui lui reproche la corruption de son cœur , et lui défend de rien dire que ce qu'il lui commandera. Le prophète, arrivé auprès de Balac, fait dresser sept autels , sur lesquels il immole des victimes. Le seigneur met sa parole dans la bouche de Balaam. U bénit les Israélites loin de les maudire. Balac lui fait des reproches d'avoir trompé son attente ; mais Balaam répond qu'il ne peut dire que ce que Dieu lui a inspiré. La même chose arrive jusqu'à trois fois dans trois différents endroits où Balac l'avait transporté. Mais craignant de perdre les présents que (e roi de

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Mnab lui avait promis, le prophète, en partant , lui conseille de faire entrer des tilles Madianites dans le camp d'Israël. Balac suit ce conseil. Les filles Madianites corrompent les Israélites, et les engagent dans le culte idolâtre de Béelphegor. Le Seigneur irrite dit à Moïse, suivant l'hébreu : Prenez tous les chefs du peuple (qui sont coupables) , faites les pendre à la vue du soleil , et ma colère se détournera de des us Israël, Moïse dit ensuite par Tordre du seigneur aux juges: -que chacun de vous extermine' dans son quartier ceux qui ont eu part au culte in j âme de Béelphegor ; et il périt vingt-quatre mille hommes dam ce massacre. Malgré cette affreuse exécution, Zambri , chef d*une des familles de la tribu de Siméon, eut encore l'effronterie d'entrer , en plein jour, dans •la tente d'une Madianite. Alors Phinéez , fils du grandprêtre Eléazar, transporté de zèle, prit sa lance, et étant •entré dans la lente , perça les deux fornicateurs , dans le moment qu'ils commettaient le crime , et dans les parties où ils le commettaient. Cette action de Phinéez apaisa la colère du seigneur, qui lui promit le sacerdoce pour lui •et sa postérité.

Dieu ordonne à Moïse de faire la guerre aux Moabites , qu'il avait auparavant défendu aux Israélites d'attaquer, parce qu'ils étaient leurs frères , étant descendus «le Lot , -neveu d'Abraham. Moïse fait, dans la plaine de Moab, le dénombrement des Israélites qui avaient vingt ans et au- -dessus (c'était le troisième depuis la sortie d'Egypte.) Le «ombre des mâles , non compris vingt trois mille lévites, qui n'entrèrent point dans ce dénombrement , se trouva monter à six cent un mille sept cent trente. Nul de ceux qui avaient été compris dans les dénombrements précédents 9 «e se rencontra dans celui-ci , excepté Josué et Caleb.

Dieu commande à Moïse de monter sur le mont Abarim, pour voir de là la terre de Chanaan, et lui annonce qu'après cela il mourra comme Aaron , sans y entrer. Moïse prie le Seigneur de donner un chef à son peuple. Dieu lui répond qu'il a fait choix de Josué pour le remplacer. Moïse le présente au grand -prêtre Eléazar, devant le peuple, et lui impose tes mains.

Ce fut en celte station qu'il régla la manière dont se ferait le partage des terres. Vous partagerez, dit-il, ta terre au sort , selon vos familles : à ceux qui sont en plus grand nombre vous donnerez un plus grand héritage , et un moindre a ceux qui sont en plus petit nombre. Chacun aura ce qui lui sera échu.

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(Num. XXXIII. 540 Les fonds obtenus par ce partage ne pouvaient être aliénés que pour un tems, et à l'année du jubilé, qui revenait tous les cinquante ans, le vendeur y rentrait de plein droit. C'était le vrai moyen , si cette loi eût été fidèlement observée, de perpétuer l'égalité de fortune entre les Israélites. Mais on ne voit pas qu'elle ait jamais eu d'exécution. Les Israélites furent plus religieux observateurs de Tannée sabbatique. Cet. -rit chaque septième année, dans laquelle il leur était ordonné de laisser, comme on l'a déjà dit, reposer la terre sans la cultiver, Dieu voulant parla rendre la fécondité aux champs et aux vignes épuisées par le travail de six années consécutives, et voulant apprendre à son peuple à se confier eu sa providence dont il promet de leur donner des marques sensibles par l'abondante récolte de la sixième année.

Par une autre loi , il était dit mie les filles n'auraient aucune part à la succession des immeubles, lorsqu'elles auraient des frères, afin que les biens demeurassent toujours à ceux de la même famille et du même nom. Or, Salphad , de la tribu de Manassé, étant mort dans le désert, n'avait laissé que des biles au nombre de cinq. S'étant présentées à Moïse, au grand prêtre Eléazar et aux princes du peuple , à l'entrée du tabernacle , elles demandèrent un héritage entre les parents de leur père. Le seigneur, consulté là-dessus par Moïse, approuve la demande de ces fdles , et ordonne que lorsqu'un Jiomme sera mort sans laisser de fils , son bien passera à ses filles qui en hériteront, que s'il n'a point de filles, il aura ses frères pour héritiers, et que s'il n'a point de frères , on donnera sa succession à ses plus proches parents.

Avant de mourir, Moïse, par l'ordre du Seigneur, envoie douze mille hommes contre les Madianites. Us passent tous les mâles au fil de l'épée , tuent cinq de leurs rois avec le prophète Balaam ; mais ils épargnent les femmes. Moïse , irrité de ce qu'on leur avait fait grâce , ordonne qu'elles soient mises à mort , et qu'on n'épargne que les vierges. Celles-ci se trouvèrent au nombre de trente-deux mille. Au reste, il ne faut point confondre ces Madianites avec ceux dont était le prêtre Jéthro , beau-père de Moïse. Ceux-ci, descendus de Madian , fils de Chus, et petit -fils de Cham , habitaient sur la partie de la mer ttouge , nommée le golfe d'fclath , et leur pays , dont la capitale, située à l'orient de ce golfe , subsiste encore sous le nom de Madian , s'éten* dait jusqu'à la côte occidentale, et même, selon quelques-*

\imfc> jusqu au mont Sinaï. Les autres issus de Madiart et dé Cétbura vivaient sur le bord oriental de la nier Morte, et avaient pareillement une capitale du nom de Madian , qui n'existe plus.

Les enfants de Ruben et de Gad , demandent à MoYse le* terres conquises au-delà du Jourdain, lis les obtiennent sous la promesse de marcher en avant à la tête de leurs frères » jusqu'à ce qu'ils soient en possession de la terre que Die» leur a promise.

Moïse, ayant assemblé les Israélites, fait une récapitulation tles bienfaits qu'ils ont reçus du Seigneur, et des marques «l'ingratitude qu'ils lui ont données. 14 prescrit les limites tjue doit avoir la terre promise. Il assigne quarante-huit villes pour la demeure des Lévites, desquelles six serviront d'asile pour tout homme qui a tu a commis un homicide involontaire. 11 annonce aux Israélites que Dieu leur enverra un prophète comme lui , et qu'ils l'écoutcront ; ce que les Juifs entendent du Messie.

Nouvelle assemblée des Israélites convoquée par Moïse dans le deuxième mois (schebal). Après les avoir de nouveau, exhortés à l'observation du décaloguc , il leur ordonne d'ex-» terminer les sept nations des Chananéens^ avee défense de ^contracter aucune alliance avec eux, les avertissant que s'ils les épargnent, ils seront comme une épine dans leurs yeux* Moïse leur promet les biens temporels s'ils demeurent fidèles dans l'alliance du seigneur. Mais prévoyant leurs infidélités, il leur annonce les derniers malheurs /qui leur arriveront; il prédit leur dispersion par toute la terre> leur retour à Dieu dans les derniers lems leur rappel dans leur patrie , le fcèle qu'ils montreront alors pour l'observation de la loi du Seigneur, les bénédictions qu il attirera sur eux, les malédictions qui, après avoir été prononcées contre eux, retom~ beront sur leurs ennemis.

i6o5. Enfin , Moïse ayant assemblé, pour la dernière fois , le peuple, remet aux prêt ces le livre de la loi écrit de sa main, avec ordre de le placer à côté de Parche , et d'en faire lecture au peuple vous les sept ans à la fête des tabernacles. L'esprit de Du u Payant saisi loul-à eouryil composée! publie cecanti? que célèbre qui commence par ces mol s : Ecoutez , Cîeax, r.e qae je vais dire et que la terre entende les paroles qui sortiront de ma fouclte : morceau de poésie admirable, le plus louchant , le plus sublime qui ait jamais paru. Moïse charge les prêtres de le faire apprendre au peuple, H bénil ensuite les douze tribu*

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et prédît les choses qui doivent leur arriver. C'est le dentier adieu qu'il leur fait. Les ayant congédiées il monte sur la montagne de Nébo (vis-à-vis Jéricho), d'où le Seigneur lui montre la terre de Chanaan , en lui disant : Voilà la terre que j'ai promise à Abraham , à Laac, et à Jacob ; vous l'avez vue% mais vous n'y entrerez point. Moïse meurt en ce lieu, par le commandement du Seigneur, dans le douzième mois (adar), à l'âge de cent vingt ans. il fut inhumé , par un ange , dans la vallée de Moab, vis-à-vis de Phagor, ou Béelphégor, et son sépulcre est ignoré jusqu'à ce jour , non sans une permission de Dieu , de peur que la vénération des Juifs pour ce grand homme ne dégénérât en superstition , et ne les portât à lui rendre des honneurs divins. L'apôtre saint Jude nous apprend que Y archange saint Michel eut une dispute pour le corps de Mo'ise, avec le dialtlc , qui voulait le découvrir aux Israélites, afin de tendre un piège à ce peuple trop adonné à l'idolâtrie; que dans celte dispute, saint Michel n'osa condamner Salan avec exécration , mais qu 'il se contenta de dire : que le Seigneur te condamne.

Moïse est auteur du Pentateuque ou des cinq premiers livres de l'Ecriture sainte , à l'exception des derniers versets du Deutérononae. C'est une vérité attestée par une tradition si constante, qu'il n'y a que la haine de la religion qui en puisse faire douter. Dire que c'est l'ouvrage d'Esdras, composé après le retour de la captivité , c'est attribuer également à cet auteur le livre de Josué , celui des Pseaumeset les écrits des prophètes, puisque dans tous ces ouvrages il est fait mention de la loi de Moïse, nom sous lequel on désignait anciennement le Pentateuque (i). Le premier des livres dont il est composé , se nomme la Génèse , et comprend ce qui s'est passé depuis la création du monde jusqu'à la mort de Joseph. Le second , appelé l'Exode, est une suite de l'Histoire sainte, depuis cette époque jusqu'à la construction du tabernacle, fait en la deuxième année de la sortie d'E-

(i) Originairement le Pentateuque ne formait qu* un seul livre. Ce furent les Septante qui, l'ayant divisé en cinq livres, lut donnèrent le nom collectif de Pentateuque , qui signifie en grec cinq ■volumes, et à chacun de ces volumes, le nom particulier que nous avons marqué. Les Juifs lui ont conservé le nom primitif de Thon* qui veut dire la loi, et le partagent en sections , pour le lire chacune des semaines qui composent Tannée.

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gypte. Le troisième, qu'on nomme le Lévitique, traite de toutes les fonctions des ministres de la religion. Le livre des Nombres, qui est le quatrième, tire sa dénomination du dénombrement que Moïse y fait d'abord de tous tes Israélites qui pouvaient porter les armes selon les tribus dont ils étaient. Enfin , le cinquième s'appelle Deutérouome , ou seconde loi 7 parce que la loi qui est écrite dans les livres précédents, est réitérée dans celui ci avec les principaux événements. Le dernier chapitre de celui-ci est visiblement d'une autre main rque de celle de Moïse , puisque sa mort y est rapportée. Mais ce chapitre n'appartient point originairement au Deutéronome. C'est le premier du livre de Josué , et la particule et, par où ce livre débute en est la preuve. On doit recon— naître encore qu'il se rencontre dans le Pentateuque quelques petites additions par forme d'explications, oui ont été faites après la mort de Moïse , non toutefois par de simples particuliers, mais par dès prophètes ou des personnes qui avaient caractère et autorité pour les faire.

Si Ton demande après cela, sur quelle matière et en quels caractères Moïse écrivit ces livres, la réponse est facile» Les tablettes de bois, certaines écorces d'arbres préparées f les lames de plomb et peut-être même le papier d'Egypte r étaient dès-lors en usage pour 1 écriture. Les Hébreux ayant emporté d'Egypte tout ce qui pouvait leur être nécessaire dans le désert , Moïse ne pouvait manquer de matières pour écrire ses livres. A l'égard des caractères dont il se servit,, on convient assez généralement que se sont les Phéniciens * tels que les Samaritains les conservent encore dans leurs, exemplaires du Pentateuque.

Moïse passe aussi pour être l'auteur du livre de Job. On donne encore à Moïse le livre des Guerres, du Seigneur, qu'il " cite dans celui des Nombres (XXI. i4-) et que nous n'avons plus. Il pouvait être de quelqu'auUe main.

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