JOSUÉ
i6o5. Josué succède à Moïse, dans Ta conduite du peu* pie d'Israël. Dieu lui apparat et lui promet d'être avec lui , comme il avait été avec Moïse. Avant de faire passer le Jourdain aux Israélites, Josué envoie des espions dans la terre de Chanaan f pour examiner le pays. Etant arrivés 9 Jéricho, ils logent chez Raab, femme publique, ce qui peut s entendre d'une femme qui. tenait hôtellerie..
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Le roi de Jéricho, informé de leur arrivée, les fàit chercher ; ftaab les cache , et les fait évader , sous la promesse qu'ils lui firent, qu'elle serait épargnée, elle et ses proches, dans le sac de la ville. Elle épousa depuis Salmon, israëlite, qui fut un des ancêtres de Jésus Christ.
Le dixième jour de nisan , les Israélites , précédés de l'arche portée par les prêtres, entrent dans le Jourdain, dont les eaux, quoique miraculeusement débordées alors, se divisent par un autre miracle encore plus grand, et leur laissent un libre passage. Arrivés à Galgala , Josué fait circoncire avec des couteaux de pierre tous les mâles d'entre eux; car pendant tout le tems que le peuple avait habité dans le désert , il n'y avait point eu de circoncision.
Le auatorzième jour du même mois, les Israélites célèbrent la PAque de Galgala, quarante ans précisément après celle que leurs pères avaient célébrée en Egypte. Le len« demain , il commencent à manger des fruits du pays, et la maone cesse alors de tomber.
L'armée des Israélites s'avance devant Jéricho, dont tes murs tombent devant elle , au son des trompettes , après qu'elle en eut fait le tour en silence pendant sept jours, comme Dieu l'avait prescrit à Josué. Tous les habitants sont
Î>assés au fil de Cépée, à l'exception de Kaab et de sa famille, es bestiaux égorges, Por et l argent consacrés au Seigneur, avec défense aux particuliers d'en rien retenir , et la ville réduite en cendres avec imprécations contre Celui qui la rebâtirait. On verra sous le i^gne de Josaphat roi de Juda, l'effet de cette malédiction sur la maison d'Hiel. Josué fait marcher trois mille hommes pour faire le siège de Haï. Ils sont mis en déroute, ce qui met la consternation dans ' le camp d'Israël. Dieu consulté là -dessus par Josué, répond que tîes effets du butin de Jéricho . divertis par un particulier contre sa défense, sont la cause de ce malheur. On jette le sort pour découvrir le coupable. Achan de la tribu d& Juda , sur lequel tombe le sort , avoue sa faute. Il est arroté sur l'heure avec sa femme et ses enfants, et lapidé devant le peuple.
Le peuple marche ensuite contre Haï, dont il se rend maître par un stratagème. Le roi de Haï est pris vif, et présenté à Josué, qui le fait mettre en croix.
Ligue des rois de Chanaan, contre les Israëlites, excités par Jabin, roi d'Asor. Leurs troupes s'étant rassemblées ver* les eaux de Merpm , ou le Uq de SemécUon > «lu*
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entre les sources du Jourdain et le lac de Tibériade, Josué va les attaquer, et après les avoir battues, il les poursuit jusqu'à la grande ville de Sidon et jusqu'à la campagne de Maspha. Alors revenant sur ses pas, il met le siège devant Àsor qu'il prend et dont il tue le roi.
Les Gabaonites, plus avisés, viennnent trouver Josué, avec de vieux sacs , des habits' déchirés , des souliers tout usés, du pain dur et moisi qu'ils lui présentent, et feignant, dans cet équipage , de venir de fort loin rechercher son amitié, ils font alliance avec lui. Ayant reconnu depuis leur supercherie, Josué, par respect pour la sainteté du serment qu'il leur avait fait, s'abstint île les faire mourir; mais pour ne pas néanmoins laisser impuni leur mensonge, ils les condamne, eux cl leur race, à couper le bois, et à porter Teau nécessaire pour le service de la maison du Seigneur. Ils furent appelés nathinéens, c'est-à-dire, donnes.
Adonisedech , roi de Jérusalem , et quatre autres rois Chananécns, marchent contre les Gabaonites pour les punir de s Vire détachés d eux et d'avoir fait leur traité particulier avec les Israélites. Josué vole au secours des Gabaonites, et vient fondre sur l'armée des cinq rois , qu'il met en déroute. ' Dieu fait pleuvoir sur les fuyards une grêle de pierres qui en tue un grand nombre. Le soleil et la lune s'arrêtent par Tordre de Josué, pour lui donner le tems dachever la défaite des ennemis. (1) Après cette victoire,
(i) On forme l'objection suivante contre ce miracle. « Il est évi-* » dent que le soleil et la lune s arrèlant dans leur cours, l'heure » dss marées a dû changer. Or leur situation, à l'égard des autrei » astres, a cessé d'être la même, et les autres planètes ont du s'ar—
* rêter aussi. Lè mouvement de projection et de gravitation ayant » été suspendu dans tous les astres, il faut que les comètes s'en soient » ressenties ; le tout pour tuer quelques malheureux déjà écrasés » par une pluie de pierres. » (Lettres sur les miracles , page 29. ) Réponse. « i°. Pour opérer le miracle , il a suffi d'arrêter ou de » ralentir le mouvement diurne de la tev re; de là s'est ensuivi lè
* retard de celui de la lune , et la continuation de la lumière. » Qu'importe que l'heure d» s marées ait changé? Tous les jours » elle change de quelque minutes. a°. Quand la situation respective» » de tous les astres aurait changé pendant quelques heures, il n'eu
serait rien arrivé ; mais on ne prouvera jamais que le mouve-» » ment de la terre et de la lune ne puisse être arrêté sans faire cesser d celui des autres glohes. Dieu ne peuf-il donc toucher à son ou-» » vragej sans tout détraquer? 3°. Ce iuiracle a été opéré non
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il fait tirer les cinq rois d'une caverne où ils s'étaient cachés; ils sont mis à mort en présence du peuple, et Leurs corps attaches à un, gibet où ils demeurèrent jusqu'au soir. Josué pendant le cours de six ans, -remporta bien d'autres victoires sur les rois et les peuples de Cnanaan. On compte jusqu'à trente-un rois, dont les Israélites triomphèrent, tant sous sa conduite, que sous celle de Moïse. Toutes les villes que Josué soumit , furent conquises l'épée à la main. Telle avait été la volonté du Seigneur , que les cœurs de ces peuples demeurassent endurcis et obstinés à combattre les enfants d'Israël , afin qu'on ne fit quartier à aucun d'eux , et qu'ils fussent tous exterminés comme Dieu l'avait ordonné. On voit que ces peuples se servaient à la guerre de chariots armés de faulx (Josué XVII. i6.)t invention dont l'usage à subsisté longtems en Orient. Tous ceux dont Josué conquit les terres, ne furent pas néanmoins exterminés ; mais ceux-là seulement qui osèrent, les armes a la main, lui résister. D'autres plus timides prirent le parti de la fuite, et allèrent chercher de nouveaux établissements dans des pays éloignés, (i) N
Vers le commencement de l'automne, Dieu commande à Josué de marquer les limites de la terre promise, c'est-àdire du pays de Chanaan , proprement dit. Josué choisit trois hommes de chacune des douze tribus, pour en faire le partage qui ne fut achevé que l'année suivante , ou peutotre encore plus tard.
On dresse le tabernacle à Silo , dans la tribu d'Ephraïm, au pays de Sicuent.
» seulement pour tuer quelques malheureux et pour convaincre les » Hébreux de la protection de Dieu en leur faveur, mais pour » faire connaître aux Chauanéens le souverain mmtre de la nature, » leur montier l'absurdité de leur culte et de leur résistance , les » engager à prévenir leur ruine. S'ils ne l'ont pas conclu c'est leur » faute. » ( Bergier, Traite de la vraie Hel '., tome I , page a8 ; voyez aussi , sur ce miracle , la Dissertation que D. Calmet a mise â la lète de son Commentaire sur Josué. )
(i) Procopc {de Bella Vandale I. a, c. 10) rapporte que Josué* à la tétc des Hébreux, s'éiant présenté sur les frontières de la Palestine, les Gfergéséen», le» Sébusée s, et les autres habitants du, pays, hors d'état de lui rési»t< r, abandonnèrent leur patrie et allèrent s'établir en Egypte, et que s'y trouvant trop resserrés ils. passèrent en Afrique et la peuplèrent jusqu'aux colonnes d'Hercule» .
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Josué, par Pordre du Seigneur, marque trois villes de refuge au-delà du Jourdain et autant en-deçà. ( Ces villes étaient, comme on la dit , pour ceux qui avaient commis un meutre involontaire. ) IL en donne aux Lévites en propriété quarante-huit , prises dans les douze tribus, suivant Tordre que lui en avait donné Moïse. H paraît néanmoins que ce règlement ne fut pas observé avec une exacte fidélité, soit à cause que la tribu de Levi n'était pas assez nombreuse pour occuper toutes ces villes, ou parce que les autres tribus se trouvant trop à l'étroit, et n'ayant pu sitôt exterminer les restes des Chananéens, se contentèrent de recevoir les piètres et les Lévites dans les villes qui leur étaient assignées , sans en sortir eux-mêmes. ( Calmet. )
La conquête du pays de Chanaan achevée , Josué envoie les deux tribus de Gadet de Ruben, la demi-tribu de Manassé, qui habitait avec elles au-delà du Jourdain, après les avoir félicitées du secours qu'elles avaient apporté à leùrs frères. À leur retour, elles édifient sur les bords de ce fleuve , un autel d'une grandeur énorme. Les Israélites de Chanaan t scandalisés de cette entreprise qui leur paraît une marque d'apostasie, s'assemblent à Silo pour en tirer vengeance; mais avant d'agir, ils députent à ces tribus pour leur demander raison de leur conduite. Elles s'excusent en protestant, que leur dessein, en édifiant cet autel n'a pas été d'y immoler des victimes, mais d'ériger simplement un monument durable de leur union indissoluble avec les autres tribus d'Israël.
i58o. Josué, ayant assemblé les principaux d'Israël à Silo, leur rappelle les bienfaits qu'ils ont reçus du seigneur , les exhorte à observer sa loi , et leur prédit les maux qui les accableront, s'ils tombent d.ms l'idolâtrie. Il meurt âgé de cent dix ans, et on Penterre à Thammath-Saré, sur le mont Êphraïm , au nord du mont Gaas. Les chronologistes sont fort partagés sur le tems que Josué vécut depuis la mort de Moïse. Nous suivons Josephe, qui dit qu'après la mort de Moïse , Josué gouverna vingt -cinq ans le peuple. C'est aussi le sentiment de Jules Africain rapporté dans Eusèbe. (Pi-epar. Eoartg., 1. XC 10.) (1). Aucun Israélite
(1) Il est vrai que l'Ecriture ne marque pas précisément la durée du gouvernement de Josué j mais l historien Josephe dit expressé-
n'eut ave*; Moïse autant de rapport que Josué. 11 fut lèsent qui l'accompagna, lorsqu'il moula sur la montagne de Sinaï, pour recevoir des m:iins de Dieu les labiés de la loi ; il était seul avec lui quanJ il en revint ; il suivait Moïse , lorsquil allait consulter Dieu dans le tabernacle, et ne quittait point ce lieu quand Moïse retournait au camp pour parler au peuple, ou qu'il priait le Soigneur de lui faire connaître celui qu'il devait envoyer. Apres la mort de Moïse, il gouverna le peuple avec la même sagesse que ce saint législateur, et le peuple lui porta le même respect qu'il avait porté * Moïse. (î)
ment que Josué gouverna le peuple vingt — cinq ans après la mort de Moïse. Xr^aTxyàf A /u«?« mr uctir* TtAicùtv yiitïau mrjt Jutî tutti, A l'autorité de Jo&ephe on peut joindre l'extrait d'une chronique des Samaritains , dont Sraligera recouvré une version arabe. Cet extrait porte que , Van 63 de l'exode, Jouté mourut dgè de cent n'agi ans, après avoir été juge d'Israël vingt-cinq ans et quelques mois.
(1) Il est impottant. pour justifier les promesses que Dieu fit, par la bouche de Moïse . aux Israélites, de faire connaître la nature du pays dont Josué les mit en possession. La tmre de Chanaan, nommée aujourd'hui la Palestine, t tait-elle donc , ainsi que Moïse t'annonça plusieurs fois, une terre où coulait le lait et le miel? Oui sans doute, elle était arrosée par de belles eaux nui, prenant leurs sources dans les monlagnes, coulaient dans les vallées , où elles ne laissaient aucun terrein inculte : les rosées abondantes, jointes aux pluies qui tombaient régulièrement chaque année au printems et dans l'automne, rendaient ses campagnes fécondes. La 'terre était douce et si facile à cultiver, que deux bœufs, ou même des ânes» suffisaient pour le labour. Le froment, l'orge, le rit et les autres grains nécessaires à la subsistance de l'homme y croissaient en $1 grande abondance, que souvent on y recueillait cent pour un. Le vin de cette contrée était en réputation chet l'étranger , qui estimait surtout les vins de Gâta , d'Ascalon et de Sarepta. Les fruits f comme les noix, les olive*, les dattes, les figues, les pistaches . les grenades et autres , y étaient communs. Le miel , d'une douceur agréable, se trouvait partout, dans les fentes des rochers, sur les arbres et jusque dans les haies: et même encore aujourd'hui, suif vant la relation de Maundrell, lorsqu'on passe dans les plaines voisines de la mer, on y respire une odeur de cire et de miel , comme si Ton était proche d'une ruche ou d'un essaim d'abeilles. Toute sorte de bétail paissait en grand nombre dans ces riantes prairies, Les parfums les plus exquis croissaient dans ce pays, et en particulier le baume qui ne venait que dans les plaines de Jéricho. Le Jourdain , le lac de Genesareth et les côtes d*e la mer fournissaie»!
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Les os de Joseph sont enteriés à Sicliem. Ce fut au même lieu que furent transportés les os des autres patriarches , (ils de Jacob et frères de Joseph, comme l'atteste saint Etienne { Att. VII. 16. ) , et non pas à Hébron , comme l'assure Thistorien Josephe qui ose avancer qu'on y voyait de son tems leurs sépulcres.
différentes espèces <le poisson et en grande quantité. Les toisons des troupeaux , le lin et le coton cjui se reeeuillaient dans les champs , servaient aux vêtements des habitants; ils trouvaient , dans le lac Ahphaltite, tout le sel dont ils avaient besoin , et ce sel , au jugement de Galieu , est d'une qualité plus .siccative , atténuante et di— gestive , xjue tout autre sel. Enlin l'air de ce pays était des plus sains. Il fallait, en effet , que le sol du pays de Cbanaan fût nonseulement bien cultivé, mais qu'il fût naturellement fécond , pour
Cependant
considère l'état actuel rie ce pays, on aura de la peine à y reconnaître ces ruisseaux de miel et de lait dont parle si souvent l'Ecriture, et cette admirable fécondité si vantée par les auteur* profanes. Quelques voyageurs disent, qu'eveepté certains cantons assez fertiles, tout le reste du pays est extrêmement sec , pierreux et stérile; mais suivant la remarque de MaundreM, ces mêmes cantons . qui paraissent aujourd'hui arides» pierreux et stér.les, étaient autrefois en valeur Les montagnes, qui >ont en g and nombre, étaient cultivées avec soin. Les habitants amassaient toutes les pierres, qu'ils plaçaient en lignes différentes . comme on fait à la Chine, sur les ■côtes de ces montagnes en forme de murailles; ces bordures em-! péchaient la terre de s'ébouler ou d'être emportée par les pluies Ils formaient, de cette manière, plusieurs couches de terre, les unes au-dessus des autres, depuis le pi d de ces montagnes jusqu'au sommet : on voit encore des traces < videntesde cette forme de culture, partout où l'on passe dans les montagnes de la Palestine Par ce moyen il* rendaient leurs rochers mêmes ferlil» s , et peut être n'y a-t-il point eu dans tout ce pays un seul pouce de terre dont on ne se soit servi autrefois pour la production de quelque chose utile à la vie; carrien n'est plus convenable pour la production du bled et pour la nourriture du bétail que les plaines et les vallées Les montagnes, disposées en couches . n'étaient point propres pour les bestiaux ; mai» elles étaient ensemencées et produisaient du bled ; les parties les plus pierreuses, où l'on ne pouvait semer du grain . étaient plantées en vignes et en oliviers- Les grandes plaines , le long des côtes de la mer, où l'on ne pouvait, à cause 'lu sel de cet élément, semer du grain, planter des vignes, ni faire paître le bétail, servaient à la nourriture des abeilles et à la production du miel. Pour-
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