SAUL
1080. Saul, fils de Cis, de la tribu de Beajamin , de la
de l'histoire sainte. 4*9
ville de Gabaa , cherchant les anesses de son père, qui étaient égarées , va trouver Samuel pour en apprendre des nouvelles. Dieu révèle au prophète que c'est l'homme qu'il a choisi
Eour être roi de son peuple. Samuel t ayant tiré Saiil à part % i sacre roi d'Israël en répandant une fiole d'huile sur sa tête. Saiil avait alors vingt-deux ans (i). L'usage d'oindre les rois n'était pas nouveau, comme on le voit par le v». 8 du ch. IXdu livre des Juges. L'hurle ou le baume qu'on employait, pour cette cérémonie , était la même dont les anciens usaient pour se parfumer les cheveux , lorsqu'ils allaient à quelques* grands repas. Quelquefois elle découlait sur les habits. Mais elle était préparée, dit-on, de manière qu'elle ne salissait.pas> plus que l'eau , ce qui est difficile à croire. Saiil quitte Samuel avec assurance que ses ân esses, sont retrouvées y et que saroyauté vient de Dieu.
Quelques jours après , Samuel , ayant assemblé le peuple à Maspha , propose d'élire un roi par le sort , après lui avoir reproché son ingratitude envers Dieu. Le sort tombe sur Saiil , qui était absent. On le découvre parmi le bagage oit
(i) La vuîgate , conformément au texte hébreu , porte ces mots :. fil tus uni us anni erat Saiil, cum regnare cœpisset ; duobus au tem anm's régnant super Israël. ( Reg- I , c. Xtlî , v. i. ) Ce passage a beaucoup exercé les chronologistes qui se seraient épargné bien des peines et des absurdités , s'ils avaient consulté l'historien juif. Dan» le sixième livre de son histoire , après avoir décrit amplement le règne de Saiil , et rapporté la mort de ce prince , il finit par ces paroles : Saiil régna dix-huit ans durant la vie de Samuel > et vingt-, dfiux ans après sa mort. Toutes les éditions grecques de cet auteur, sont uniformes, et en cela Josephe s'accorde parfaitement avec saint Paul , qui , dans les Actes des Apôtres , donne quarante ans à tout le règne de Saiil : Dédit illis Saiil filium Cis de Tribu -Béni à mi ni auadraginta anni s. ( Act. xill , ai. ) Il faut donc reconnaître avec Chateillon que le texte sacré est altéré en cet endroit , et restituer avec confiance, à la première partie du verset , le nombre quarante., qui a disparu par la faute des copistes , et à la seconde le nombre de -vingt , que la négligence des copiâtes aura également omis. ( Voyez des Viguoles, tome I, page i5o. ) Observons encore ici, avec l'abbé de Longuerue, que le mot unius avant anni n'est pas dans l'original où on Ht simplement : Ben citanah ,Jï/ius anni; sur quoi Ton doit faire attention que les Hébreux mettent, après le nombre dix, les nombres d'années au singulier. Voyez le chapitre V de la Genèse, v. 3. Vixit Adam centum triginla annis. Tout ce chapitra est plein de pareils exemples. ;
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il était caché , on ramène dans rassemblée, dont il frappe les yeux par sa bonne mine et sa stature qui surpassait le reste du peuple de toute la tête , et il est salué roi. Samuel explique au peuple les lois de la royauté, telles que Dieu , prévoyant ce qui devait arriver, les avait fait écrire dans le Deutéronome ; après quoi il congédie l'assemblée. Saûl retourne ew sa patrie avec quelques gens de guerre. Il y eut cependant quelques mutins qui refusèrent de le reconnaître pour souverain ; mais Saùï dissimula prudemment cet affront, comme il convenait dans un commencement de règne.
C'est ici, proprement , la fin du gouvernement des juges, qui , ayant commencé à Othoniel , dura quatre cent soixantequatorze ans ; ce qui est conforme à ce que dit saint Paul dans les actes des apôtres (XI 11. 20. ), que, pendant environ quatre cent cinquante ans, Dieu donna (aux Israélites ) dr$ juges jusqu'à Samuel le prophète. ïl est cependant vrai que Samuel continua de juger les enfants d'Israël pendant plusieurs années , mais avec une autorité subordonnée, en quelque sorte , à celle de Saul.
1062. Les habitants de Jabès Galaad députent à Gabaa, pour implorer le secours de Saiil contre Naas , roi des Ammonites, qui faisait le siège de leur ville. Saiil revenait alors des champs et suivait ses bœufs. Après avoir écouté le* députés, il met ses bœufs en pièces, et en fait porteries morceaux dans toutes les terres d'Israël , avec menace de traiter ainsi les bœufs de quiconque ne se mettra pas en campagne à sa suite. Il passe le Jourdain, accompagné de Samuel et suivi d'une nombreuse armée, surprend les Ammonites , les taille en pièces , et partage le butin à ses troupes. Cet événement est de la dix-huitième année, et non de la
Sremière de son règne. ( Voyez , sur cette époque , Alphonse es Vignoles. ChronoL de l Histoire sainte , tom. 1, pp. i3bi55. ) Samuel, après cette victoire, emmène le peuple à Galgala , où l'on renouvelle solennellement l'élection du roi , pour imposer silence à certains enfants de Bélial qui refusaient l'obéissance à Saiil. Ce prince y reçoit le serment de fidélité de ses sujets; on immole ensuite des victimes pacifiques, et on fait des festins en présence du seigneur. Voilà ce que porte l'Ecriture. Josephe ajoute que le prophèle oignit alors de nouveau Saul d'une huile sainte ; ce qui est très-probable , Saiil n'ayant reçu la première onction qu'en secret. A l'issue de cette assemblée, Samuel, voulant se démettre entièrement du gouvernement } parle au peuple avec
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beaucoup de force et d'autorité. Il demande si l'on a quelque plaintes à former contre son administration ; tous ayant répondu que non, c'est à moi présentement, dit-il ,à vous reprocher voire ingratitude envers le seigneur , et le mépris que vous avez fait de toutes ses miséricordes. Le prophète récapitule après ce début , toutes les grâces signalées que Dieu leur a faites depuis teur sortie d'Egypte , leurs infidélités multipliées, et l'outrage qu'ils ont fait au seigneur en ne voulant plus qu'il fût leur monarque. Une pluie abondante m^lée de tonnerres ( miracle d'autant plus sensible, qu'outre qu'il se fit à la voix du prophète , on était au tems de lam/isson , où il ne pleut jamais en Palestine) ajoute un poids terrible à ce discours. Le peuple , saisi d'effroi , prie le prophète de ne point cesser d'intercéder pour lui. Samuel le promet, à condition qu'ils seront désormais plus fidèles à la loi du seigneur.
Les Philistins avaient encore des garnisons en plusieurs places de la terre d'Israël , comme à Machmas , à ftéthel , à Gabaa. Saiïl choisit, pour les déloger de ces postes, trois mille hommes de troupes réglées, dont il donne le tiers à son fils Jonalhas. Le jeune prince avec son détachement attaque Machmas , et en chasse les Philistins. L'éclat que fil cette action, fut comme le signal d'une nouvelle guerre qui s'alluma entre les deux peuples. Les Philistins ayant assemblé une armée de trois mille chariots armés de faulx, (i) de six mille chevaux , et d'une multitude innombrable de gens de pied, viennent camper à Machmas. Les Hébreux de leur côté , au bruit de ta trompette que Saiïl fit sonner dans Israël, se rassemblent autour de lui a Galgala.
Mais la vue de l'ennemi les effraie d'autant plus qu'ils étaient mal armés. Car en ce temps là il n'y avait aucun forgeron dans Israël; les Philistins , pendant qu'ils dominaient, ayant interdit ce métier aux Hébreux, afin qu'ils ne pussent forger ni épée ni lance : de sorte que dans toute l'armée de Saiïl ii n'y avait que ce prince et son fils qui eussent à la fois
(i) La Vulgate porte trente mille chariots, ainsi qne 1* Hébreu ▼ulgai«e. Nt>tis suivons les versions syriaque et arabe , qui n'en compteut que tn is mille ; sur quoi il est à remarquer que les chariots se prennent, quelquefois pour les combattants qu'ils portent. C'est ain^i qn-- ! on concilie ces deux passades : David tua sept mille chariots aux Syriens. ( I. Paralip. xix, 18. ) Et David leur tua sept cents chariots. (IL Reg. x , i8. )
Tune et l'autre de ces armes. Celles du peuple étaient la fronJc^ Tare, les bâtons durcis au feu, et d'autres instrumens de cettenature, très-peu propres a combattre contre une nation belliqueuse et aguerrie , nombreuse et bien armée. Bientôt Saiil voit son armée se débander ; plusieurs même vont se cacher dans le fond des cavernes. Ce prince, alors désespéré de voir son armée se dissiper ainsi , et las d'attendre depuis sept jours- Samuel qui avait promis de venir , s'avise d'offrir l'holocauste que ce prophète devait offrir lui-même.
Samuel étant arrivé quelques moments après, lui déclare que Dieu, pour le punir de la faute qu'il vient de commettre, lui ôtera son royaume , et le donnera à un autre qui sera plus agréable à ses yeux. La faute de Saiil t au jugement des uns, était de n'avoir pas attendu le prophète suivant l'ordre qu »L en avait reçu ; et dans l'opinion des autres, elle consistait à avoir lui-même, n'étant ni prêtre ni Lévite, offert le sacrifice. Nous voyons cependant que David, et Salomon en ont otTi'rt de même , quoiqu'ils fussent de la. tribu de Juda.
Samuel s'en retourne à Gabaa, et Saiil l'y suit avec* le peu ■ de troupes qui étaient demeurées avec lui.
Les Philistins maîtres de la campagne envoyent des détachements pour fourager les terres d'Israël. Des rochers escarpés séparaient Gabaa de Mac h mas. Jonathas et son écuyer les ayant franchis en gravissant, tombent sur un corps des ennemis avec tant d impétuosité , qu'ils renversent par terre ceux qu'ils rencontrent , et laissent environ vingt hommes étendus morts sur la place. Ce succès répand l'alarme dans l'armée des Philistins. Croyant avoir sur les bras toute celle des Israélites, ils prennent la fuite en désordre, et s'entretuent en se pressant les uns les autres- Saiil instruit de cette déroute se met à leur poursuite avec les six cents hommes qui étaient demeurés près de lui. Dans sa marche, il maudit témérairement quiconque mangera avant le soir et avant l'entière défaite de l'ennemi. Jonatnas, qui n'est pas instruit de cette imprécation, porte à sa bouche un peu de miel en passant dans un bois où il y en avait beaucoup qui découlait à terre. Saiil ramène lesoirson armée victorieuse, mais épuisée de faim et de soif. 11 apprend par une voie surnaturelle que Jonathas en allant à l'ennemi a violé la défense qu'il avait faite de manger; il veut en conséquence le faiçe mourir. Mais le peuple qui doit à ce jeune prince le succès de cette journée, s'oppose à ce dessein parricide , le délivre et lui sauve la vie.
DE L'HISTOIRE SAfNTE;
"Samuel commande , de la part du Seigneur, à Saul d'aller combattre les Àmalécites, et de les détruire entièrement avec lout ce qui leur appartenait. Ce peuple méritait un tel châtiment , pour avoir refusé le passage aux Israélites , lorsqu'ils tenaient d'fcgypTe, et pour différentes abominations dont il -«tait souillé. Saul bat les Amalécites , les fait passer au (il de Ténée, et ruine leur pays. Mais il épargne Agag, leur roi , qu il emmène prisonnier avec ce qu'il avait de meilleur dans le butin et dans les troupeaux. Samuel lelant venu trouver à Galgala , lui déclare de nouveau que le Seigneur Ta rejette à cause de sa désobéissance, qu'il ne sera plus roi , et que son •sceptre passera en d'autres mains plus dignes de le porter, S'étant tait en suite amener Agag , il le coupe en morceaux , (c'était en représailles des cruautés qu'il avait coutume d'exerxer envers ses prisonniers) puis il se sépare de Saul pour ne •plus le revoir. L'esprit du Seigneur se retire alors de Saul, ^t fait place à l'esprit malin qui s'empare de ce prince.
i05i. Samuel, après avoir long-tems pleuré Saiil , reçoit *>rdre du seigneur de se rendre à Bethléem, pour y sacrer roi d'Israël, l'un des fils d'isaï ou Jessé , qu'il lui fera connaître. Le prophète arrive , et ayant passé en revue tous les enîants de Jessé, il s'arrête au dernier, nommé David, qu'il sacre au milieu de ses frères , sans marquer l'objet de cette inauguration. David élaitalors âgé d'environ vingt ans. C'était tin jeune homme rubicond, d'une taille avantageuse, d'une force extraordinaire (i) et d'une figure agréable.
io5o. David , habile à jouer de la harpe, est amené à Saiil pour modérer, par le son de cet instrument , les agitations que lui causait Pesprit malin. Saiil le prend en affection et le fait son écuyer.
1048. Les Philistins s'assemblent de nouveau pour faire la
(t) David rend lui-même témoignage de sa force extraordinaire dan» le discours qu'il tint à Saiil . lorsqu'il lui fut présenté pour combattre contre Goliath. Lorsque votre serviteur y lui dil-il, menait paître le troupeau de son père, il est 'venu quelquefois un lion ou un ours qui emportait un bélier du troupeau. Alors je courais après eux f je les attaquais , et je leur arrachais la proie d'entre les dénis ; et lorsqu'ils se jetaient sur moi , je les prenais à la gorge , je les franglais ci je les tuais. (I. Reg. xyh, 34,
guerre aux enfants d'Israël, et viennent camper entre AzeVa et Socho. Us avaient dans leur armée un géant de la ville dp Geth , nommé Goliath , haut de dix pieds et demi • qui défiait les Israélites chaque jour à un combat singulier avec lui (i). David, qui était retourné chez son père, vient a l'armée d'Israël pour voir ses frères , le quarantième jour qu'elle était en présence de l'ennemi* H s'offre, quoique sans autre arme que son bâton et sa fronde , de combattre le géant, l'attaque, le terrasse d'un coup de pierre qu'il lui lance au front, et lui coupe la tête avec sa propre épée. Les Philistins consternés de cet événement prennent la fuite. Ils sont poursuivis par les Israélites, qui reviennent victorieux après avoir pillé leur camp. David, au retour du combat, présente la téte de Goliath à Saiïl , qui lui demande quel est son père. Le n'est pas qu'il méconnût son visage ; mais il voulait s'instruire de son origine, parce qu'il avait promis sa fille Mérob à celui qui vaincrait le géant.
Les louanges que le peuple donne à David excitent la jalousie de Saiil . Au lieu d'acquitter sa parole en lui donnant Mérob , il la marie avec Hadriel. H fait plus , dans des accès de phrénésie que lui causait l'esprit malin , il veut , jusqu'à deux fois , le percer de sa lance , tandis qu'il jouait de la harpe pour égayer son mal. David évite l'un et l'autre coup. Sa présence étant insupportable à Saiil , ce prince , pour l'éloigner sous un prétexte honnête, l'envoie commander un corps de mille hommes. Jonathas, attaché à David autant que son père le haïssait , le revêt de ses habits avant qu'il parte, et lui donne son armure , afin de le rendre par-là plus respectable a sa troupe. Michol , deuxième fille du roi , témoigne elle-même de l'inclination pour David , et ne cache pas te désir qu'elle aurait de l'épouser. Saiil, dans l'espérance de le faire périr, lui fait dire qu'il la lui donnera pourvu
(i) L'Ecriture dit qu'il avait un casque d'airain, une cu'rasse écaillée de même métal , pesant cinq mille sicles , ce qui fait plus de cent cinquante-six livres de notre poids; qu il avait aussi des bottines et un bouclier d'airain ; que le fut de sa hallebarde était de la grosseur d'une ensuble de tisserand , et que le fer dont elle était garnie, pe ait six cents sicles, c'est-à-dire près de vingt livres. \Jn auteur qui a examiné scrupuleusement la pesanteur de cette armure, trouve qu'elle devait peser au moins deux cent soixante-douze livres de notre poids, sans parler de l'épée dont la pesanteur a'est point marquée.
fit L^HISfOtHE SAlfcTfc. $2$
Vpfïi lui apnorte cent prépuces de Philistins eh (preuve d'un pareil nomme de ces incirconcis qu*il aura mis à mort* David en ayant apporté deux cents au retour de L'expédition obtient la fille du roi , qu'il épousa.
Les Philistins, pour se venger de l'outrage que David Vient de leur faire , se mettent en campagne \ et entrent sur les terres d'Israël. L'armée de Saiil marche contre eux , les met en déroute, et David a la meilleure part à cette victoire.
1047. Nouvelle irruption des Philistins, et nouveau triomhe de David sur eux. Ces prospérités , qui attirent à David e grands applaudissements du peuple, ne font qu'irriter la jalousie de Saul contre luh Apprenant qu'il est au lit malade, il envoie des satellites pour le tuer. Michol prévenue fait évader son époux, et substitue une statue en sa place.
David toujours poursuivi par Saiil , va trouver à Nobé ou Anat,oth , ville sacerdotale dans la tribu de Benjamin , le grand-prêtre Achimelech , nommé aussi Abiathar (1) comme son fils ( Marc H , 26 ), qui lui donne à manger à lui et à ses gens des pains de proposition tirés du tabernacle, et lui remet Tépée de Goliath. Delà il se retire chez Achis, roi tle Geth 11 en sort bientôt, ne s'y trouvant pas en sûreté , et va se cac her dans la caverne d'Odollam , où ses parens * du nombre desquels étaient ses trois neveux Joab , Abisaï et Asaè'l , His de Sji via , sa sœur , et d'autres mécontents viennent se joindre à lui.
Doè'g , lduméen , témoin de l'entrevue de David et d'A- <chiraelech, en fait son rapport à Saiil. Le pontife mandé à la cour , essaie en vain de se justifier. Saiil te fait massacrer par son accusateur avec quatre-vingt cinq prêtres. Non content de cette vengeance , il envoyé détruire la ville de Nobé* Abiathar, fils d'Achimelech , échappe au carnage > et va se réfugier auprès de David.
1046» Les Philistins font le siège de Ceila, dans la tribu
(1) On pourrait dire aussi » arec quelques interprètes, qu* Abiathar > étant alors comme vicaire de son pere> faisait ta fonction dé sacrificateur, lorsque David vint trouver Achimelech, et que l'évangeTiste saint Marc aura mis le nom d' Abiathar v qui e'tait plus célèbre que celui d'Achimelech , fils d'Achitob. ( D. Robert Gu«rard , Abrégé dé la Saint* BiNc. )
'4*6 AfeîtÉGÉ CttRONOLOGIQtJÊ
de Jtida ; David marche au secours dé la place et la délivre; Saiii vient pour l'assiéger lui-même dans Ceila. David consulte le Seigneur sur les dispositions des Ceililes à son égard* lis vous trahiront , lui est-il répondu ; David s'enfuit dans le désert de Ziph. Delà, toujours poursuivi par Satil , il passe dans le désert de Maon. Saiil le serre de manière qu'il ne peut échapper. Mais une irrruption subite des Philistins oblige ce prince à laisser David pour marcher contre ces ennemis.
David change de retraite. Saiil apprenant qu'il est aux environs d'£ngaddi, vient l'y chercher. Un besoin naturel l'oblige d'entrer dans une caverne , où celui qu'il poursuivait était caché avec ses gens. David conseillé par ses officiers de le tuer, rejette avec horreur cette proposition; il se contente de couper un peu de la casaque de Saiil , sans
au'il s'en aperçoive, et la lui montre de loin lorsqu'il est escendu dans la plaine. Saiil reconnaît son injustice, l'innocence, de David et la générosité de son procédé ; mais il n'en demeure pas moins obstiné à le poursuivre. Il y a souvent loin de l'aveu du crime au changement du cœur.
1042. Mort de Samuel à l'âge de quatre-vingt-dix-huit ans. Il est enterré avec pompe dans sa maison à Hamath, et tout Israël le pleure pendant trente jours. L'Ecriture le loue pour son attachement au culte et a la. loi du Seigneur, comme un juge irréprochable, comme un prophète d'une fidélité reconnue , comme un homme suscité de Dieu pour le salut et la réformai ion d'Israël.
David étant dans le désert de Pharan, demande à Nabat,' homme riche du pays , des vivres pour lui et ses gens. Sur son refus, il jure sa perte. Abigaïl, femme de Nabal , vient apaiser David par ses excuses et ses présents. Nabal meuTt subitement dix jours après, et Abigaïl devient femme de David. Saiil enlève à David Michol sa fille , et la donne pour épouse a Phalti. David prend pour seconde femme Acbinoam, fille de Jesraël.
Saiil marche, à la tête de trois mille hommes, contre David, qui était dans le désert de Ziph. David pénètre dans sa tente pendant la nuit , enlève sa lance avec sa coupe qui était près de son lit, et empêche Abisaï de le tuer. Etant monté ensuite sur la montagne voisine du camp, il appelle de loin Abner, général de Saiil, lui reproche sa négligence à garder son maître , et renvoie la lance à Saiil.
i, DE L'HISTOIRE SAINTE. £27
io£i. David va chercher un asile chez Achis, roi de Geth qui lui donne la ville de Siceleg, pour sa demeure et celle de ses gens, il y resta l'espace de seize mois, pendant lesquels il fit diverses courses du côté de Gessuri , de Gersi , et des Amalécites, tous peuples dévoués à l'ariath&ne, el également étrangers aux Philistins et aux Israélites. Mais à son retour il donnait à entendre au roi de Geih qu'il venait des terres d'Israël. C'est un mensonge que l'Ecriture rapporte sans l'approuver. Ces incursions procurèrent à David et à ses gens un riche butin.
1040 Nouvelle guerre des Philistins contre Saul. Us viennent camper à Sunam, au pied de la montagne de Gclboé. Saul consulte le Seigneur qui ne lui rend aucune réponse. Déconcerté par ce silence, il va trouver de nuit une pithonissé ou magicienne à Endor , et l'engage, sans se faire connaître, à évoquer Samuel. Le prophète paraît , non par l'effet de l'enchantement , mais par la volonté de Dieu , et annonce à Saul sa défaite et sa mort prochaine. Demain, lui dit-il f le Seigneur livrera le camp d'Israël entre les mains des Philistins, et demain aussi vous serez avec moi, vous et vos enfants» La prédiction se vérifie à la lettre Saiil posté sur le mont Gelboé , perd la bataille ; trois de ses fils y périssent, et lui même blessé se tue de desespoir, à l'âge de soixante-deux ans. après en avoir régné quarante , comme le marque saint Paul {Act. XI 11. 20. 2ii) savoir dix-huit ans avec Samuel, et viiifct-deux ans seul. Les Philistins ayant trouvé le cadavre de ce prince, lui coupent la tête qu'ils envoyent dans le temple d'Astarolh , (1) et pendent son corps aux murs de Dethsan ou Segthopolis, avec ceux de ses trois fils, Jonathas,. Abinadab et YJelchisua. Mais les habitants de Jabés viennent les détacher pendant la nuit, les braient, ensevelissent leurs os sous un chêne et font un jeûne de sept jours en leur mémoire , suivant l'usage des Hébreux dans leurs deuils. David avait accompagné, dans cette guerre Achis qui l'en avait prié. Mais les Philistins, craignant qu'il ne se tournât contre eux dans le combat , obligèrent ce prince a le renvoyer avec ses gens. Pendant son absence , les Amalécites surprirent la ville de Siceleg el la brûlèrent après l'avoir pillée. David, étant revenu trois jours après ce désastre r se met à la pour-
(i).Astaroth ou Astarte , 1a même divinité, suivant les appa*. tences, que Daçon. ( Voyez Bible d'Avignon x tome IV \Disscrt*\
suite des Amalécites , les taille en pièces , et partage le butin entre ceux «le ses gens qui avaient combattu , et ceux que la lassitude avait obligés de rester auprès du bagage.
Un jeune Aroalécite vient annoncer à David < la perle de la bataille de Gelboé, trois jours après cet événement. U déclare que c'est lui-même qui a tué Saul à sa prière, et
S revente , en preuve de son récit , le diadème et le bracelet e ce prince. David , indigné de ce récit, le fait mourir, et chante un cantique lugubre sur U mort de Saul et de Jonaihas. Cet Âmalécite ayant le premier trouvé le corps de Saul , lui avait pris sou diadème et son bracelet, pour se faire un mérite auprès de David d'avoir tué son ennemi.