SEPTIÈME ÉPOQUE
LA c mu I 1 H.
Nabuchodcmoior fait, fctre une statua d'or de la soixante coudée* et de kl largeur de lis conviennent point a b ne surpasse
dont il s'agit 'devait être one colonne ôu une pyramide sur
mentions qui
poi»t a b forme humaine dont la haut, jamais de ail fois la largeur. Ainsi la statue devait Mue one colonne ou
laquelle on avait gravé L'idole est placée
divinités ou hiéroglyphes dansb'pbine de Dura , province de Babylone , et le" roi commande à tous ses sujet» de l'adorer, l es trois jeunes Hébreux Ananias , Axarias , et Misai i l'ayant refusé, sont jetés dans une fournaise ardente, au milieu delàquelle on les voit se promener comme dan» un lieu de rafraîchissement. Etonné de ce miracle , le roi les tait retirer et détend de parlée mal du dieu des Hébreu*.
Ce fut vers oe tstM, suivant dom Calmel, que parut le pro phète Abdiaa. dont les prédiclions, selon b sens littéral , portent contre l'idumée et en marquent b ruine.
S7». L'an troisième de la ruine de Jérusalem et du Temple, trente-troisième du règne de Nabuchodonosor, ce prince s'étant rendu maître de Tyr , après un siège de treize ans, passe en Egypte avec son armée victorieuse , ravage le pays d'un bout a l'autre , et eo remporte un immense butin. La plus grande partie de» habitants périrent par l'épée , par la famine et par la peste. Les Juifs qui se trouvaient en Egypte, furent enveloppés dan» ce désastre, et il n'en échappa quo eaux qui purent se sauver an Judée.
570. Nabuchodonosor voit en songe ub grand arbre qui. est abattu par l'ordre de Dieu , mais dont le tronc est conservé pour reproduire de nouvelles branches k la place do celles qui ont été coupées. Daniel , appelé pour exf' songe, annonce au roi que cet arbre est lui-même
569. Au bout d'un an, tandis que ce prince, s'admiranl lui-même, contemple arec une complaisance orgueilleuse l'étendue de sa puissance et U beauté des ouvrages qu'il a fait*, a Babylone, il ucsd tout-a-roup le sens. Il se croit une bêle fauve « et en prend toutes les inclinations. Il est chassé comme un insensé d$ la compagnie des hommes . ou bien il s'enfuit de Un- même dans les champs où il vit avec Us bête* , broutant l'herbe , et arrosé comme elles de U rosée du Ciel. Ses ongles s'allongent et deviennent semblables a des griffes. Son corps se couvre de poil , el 1 peine lui teste- 1- il quelques. Irait* de U figure humaine. U demeure dans cet état l'espace de sept ans , pendant lesquels son fils exerce l'autorité souveraine.
56a. A U fin , le mus lui étant revenu , il lève les yeux vers le Ciel , et s'étant humilié sous U puissante main de l'Eternel , il est rétabli dans son royaume. Mais un aq s'est i peine écoulé qu'il descend du trône dans le tombeau.
S61. Evilmerodach, fil* et successeur de Nabuchodonosor, lire de prison , après trente-sept ans de captivité , Jéchonias, roi de Juda , et lui donne place au-dessus de loua les roi* qui sont à sa cour.
L'idole de Bel était b divinité de* Chaldéen* b plus cultivée, et celle dont l'entretien était le plus dispendieux. Chaque jour, a Babylone , on lui offrait douze mesures de la plus para farine de froment , quarante moutons , six grands vases pleins de vin , et tout cela était absorbé pendant la nuit suivante. Daniel, sollicité par le roi Evilmerodach de rendre hommage a celte divinité , s'engage a déma*qoer b fourberie des prêtre* qui b desservaient au nombre de soixante et dix. Assuré qu'ib venaient chaque nuit , par de* souterrain*, enlever dans le Temple les offrandes qu'on y avait déposées , ri en fait sceller de l'anneau du Roi b porte après avoir répandu, de b cendre sur le pavé. Le lendemain , étant entré dans le Temple avec le Roi , il lui fait observer les pas de* prêtres et de leur» famille* imprimé» sur b cendre. Le mo- , alors désabusé, condamne a mort lu prêtres, abanl' idole a Daniel , et fait détruire le Temple.
Bel n'était pas le seul objet du culte de* Babyloniens. Ib nourrissaient un énorme dragon auquel ils rendaient également des honneur* divins. Amené par le roi devant cet animal pour l'adorer , Daniel s'oblige à le tuer, sans épéc oi bâton , si le monarque le permet. La permission accordée, il lait une pile composée de poils , de poix cl de graisse qu'il (ait avaler a l'animal , qui en crève aussitôt. Furieux de cet événement , 1rs Babyloniens contraignent le roi, par leurs menaces, à faire jeter Daniel dans une Gisse où l'on nourrissait sept lions. Le prophète reste sept jours sans être touche parce* animaux. Pendant ce tenu le prophète llabacuc, Iran* porté de Judée par un ange , apporte a Daniel un diner qu'il avait préparé pour ses moissoneurs. Le 'roi , étant venu le septième jour a b fosse pour pleurer Daniel , le trouve au milieu de* lion* tan* en avoir reçu aucun mal ; il l'en fait retirer, et, dans son indignation, y fait jeter les ennemis du prophète qui Sont aussitôt dévores.
Ces deux histoires remplissent le quatorzième chapitre de la prophétie de Daniel. Nous n'avions plus ce chapitre qu'en grec ; Thedoiion , qui éloil Juif, l'avait iraduil sur l'hébreu. Il n'a donc point été fabriqué par de* Chrétien* , comme Luuis CappeJ et d'autre* protestants le supposent.
553. La troisième année de Baltbasar , dit aussi Nabonide et Labinet , roi de Babylone , vision mytlériruse de Daniel. Il élait alors au château de Suse , dan* le pays d'Elam , sur le bord du fleuve Eulée. Un bélier lui apparaît frappant de ses deux corne* contre l'Occident , contre l'Aquilon et contre le Midi , triomphant partout où il éprouve de U résistance , faisant tout ce qu'il veut , et «'élevant a un haut degré de puissance. Mais un bouc n'ayant qu'une corne au mi heu du front accourt ensuite de l'Occident avec une légèreté surprenante , attaque le bélier , le terrasse et le/foute aux pieds. Sa corne après cela se rompt , lorsqu'il est dans sa plu* grandeforce , et a b pbce de cette corne d t'en forme quatre autre* ver* les quatre venls du ciel. De l'une de ces corne* il en sort une petite qui t'agrandit extrêmement; elle «élève contre l'armée du ciel dont elle bit tomber plusieurs étoiles, renverse b vérité par terre, entreprend tout, el réunit eo toutes ses entreprise*. Telle est la vision du prophète , et voici l'explication que l'ange lui en donna. Le belier a deux cornes est l'empire de* Mèdes et de* Perse* , le bouc qui le terrasse, le roi des Grecs 1 Alexandre le Grand, vainqueur de Darius); le* quatre cornes qui succèdent i la corne rompue du bouc , les quatre royaumes forme* des débris de sa puissance (b Syrie, l'Egypte, b Thraceet b Macédoine); b petite corne sortie deTune des quatre grandes, marque un roi impie ( Autiochu* Epiphanes, roi Je Syrie), persécuteur de* Juif* el de leur religion.
Le royaume des Chaldéen* commençait dès- lors a pencher vers sa ruine. U s'y précipita depuis avec tant de ra> pidilé , que, dans l'espace de quinze ans, il fui totalement détruit. Les deux instruments dont Dieu se servit pour renverser cet énorme colosse, forent Cyaxare , roi de* Mèdes, ( nommé Dariu* le Mède , dans U prophète Daniel ) , et Cy rus , rai de Perses. I.e cour* rapide de leur* conquêtes les amène devant Babylone dont il* forment le liège. Les habitant* de cette ville immense, tranquille* à l'abri de leur* mur* el de leur* tour* , dont b hauteur et b force n'ont point d'égale* . regardent l'entreprise de* assiégeants comme le comble de b témérité. Le roi Balthasar luimême continue de se livrer a b débauche comme dan* le te ras d'une profonde paix « et y ajoute même l'impieté. Dans un repas qu'il donne aux grands de sa cour , il bit apporter les vase* du temple de Jérusalem et s'en scil pour boire en l'honneur de set Dieux. Mai* au même tenu ■I aperçoit vis-*- si» de lui une main qui trace sur ie mur Irai* mot* qu'il ne comprend pas. La frayeur k saisit ; il appelfo tes devin* pour expliquer ce* caractère* , et le* trouve tout en début. On fait venir Daniel qui déclare au roi qu'iU contiennent l'arrêt de sa condamnation. Cette nuit même 1 oracle s'accomplit. Les assiégeants, après de* travaux incroyables, étant venus a bout de détourner le cours de l'Euphrale , s'introduisent dans b ville , vont droit au pabb el massacrent Baltasaravec tous ses courtisan*. Par celte conquête, l'empire de Babylone passa aux Mèdes dans la personne de Cyaxare; et c'est ainsi que commença de s'exécuter l'an* thème tant de fois prononcé contre cette superbe ville , b dominatrice des nations, a laquelle ses astrologue* promettaient l'éternité. Depuis ce tem», elle alb toujours en décadence , et a b longue elle s'est tellement ensevelie sous ses ruines, qu'on ne peut aujourd'hui déterminer b véritable position de celle
DE k'HKTOIHE SAINTE.
merveille du monde. Parlé se taouve pleinement vérifiée celte parole du Seigneur dam baie : « Je perdrai Babylone et j'en effacerai toutes les traces .. Perdam Babylom nemea « rtiiew«.(C.XlV.v.*a).
Daniel conserva son crédit tous la domination des Mède*. Cyaxare ou Darius le Mède , Cyrus , instruits de son mérite, le mettent 1 U tête des centt vingt satrapes qu'ils établissent pour le gouvernement des différentes provinces de leur empire. Ces satrapes, jaloux de U prospérité de cet étranger, cherchent l'occasion de le perdre. Ils la trouvent en suggérant a Cyaiare de donner un édttqui défend è ses sujets d'adresser a d autre qu'à lui leurs priera durant trente jours. Daniel , comme ils s'y étaient bien attendus , ne tint compte de cette loi. Il* l'épient, et observent qu'il continue d'adorer trois fois le jour son Dieu dans sa chambre., les gênons en terre , ses fenêtres ouvertes et le visage tourné du côté de la ville sainte. Il est déféré au roi, comme violateur de son édit , et aux termes de celte loi , condamné à être jeté dans In fosse aux lions. Dieu préserve son serviteur pour la. deuxième fois de la gueule de ces animaux. Le lendemain il est trouvé plein de vie. Cyaxare commande alors que les accusateurs de Daniel subissent la peine du talion : ils deviennent aussitôt la proie des lions.
S36. Daniel instruit par les écritures que la captivité de son peuple doit Bientôt expirer, redouble ses prières pour hâter cet heureux terme. L'Ange Gabriel est envoyé pour lui annoncer que ses vosox sont exaucés , et lui révéler en même tenu un autre mystère. Il apprend au prophète qu'a compter de l'édit qui sera donné pour rebâtir Jérusalem il y aura soixante-dix semaines d'années (quatre cent quatrevingt-dix ans ) après lesquelles toutes les prévarications seront abolies , l'iniquité cessera, la justice éternelle descendra sur la terre , les prophéties auront leur accomplissement , le Christ sera mis k mort , son peuple rejeté, le sanctuaire détruit et Jérusalem réduite k un état de désolation qui ne cessera que vers la fin des siècles.
Celte vision date de la première année de Cyrus; rot des Perses et des Assyriens.
huitième Epoque,
DEPUIS IE RETOUA DE LA ÇA1TIVITB JPSQU'A LA TEStl* DU MBMIB.
536, Cyrus, frappé de l'état des Juifs, s'entretient avec Daniel de leur religion et des causes qui ont opéré leur captivité. Le prophète lui répoad que les juifs ont mérité les malheurs qu'ils éprouvant pour avoir violé l'alliance qu'ils avaient faite avec le Dieu du cieL Mais il l'avertit en même terns que le momcnl Je leur délivrance est proche, et que c'est a lui que cet ouvrage est réservé. Pour t'en convaincre, il lui montre dans Haïe son nom écrit plus de deux siècles au-paravant et la prédiction que ce prophète y fait de la protection qu'il doit accorder aux Juifs. Cyrus, flatté de se voir l'objet d'une prophétie indubitable, trouvant d'ailleurs son i,ntérft politique k repeupler une province déserte de ses états , et surtout une de ses frontières, donne un édtt, la première année de son règne en Médte , qui permet aux Juifs de retourner en leur paya et de rebâtir le temple de Jérusalem, avec ordre de leur rendre tous les; vimnjm d'or et d'argent que Nabuchodonosor en avait enlevés.
Us partent sous la conduite de Zorobabel, Bis de Salathiel et du grand prêtre Jésus ou Josué, fils, de Josedec, au nombre de quarante-deux mille trois cent soixante personnes : troupe bien petite en comparaison de ceux qui aimèrent mieux rester a Babylone que de retourner dans leur patrie.
Aussi , l'écriture remarque-t-elle qu'il nV eut que ceux dont Dieu toucha le coeur, qui profitèrent de la faveur de l'édit. ( C'est ainsi , disent les pères de l'église , que la terre , qui est pour nous un lieu d exil et de captivité , devient notre patrie jusqu'à nous faire oublier le ciel dont J. Q nous, a ouvert les portes , ai Dieu ne nous touche le cceur par sa grâce. ) Arrivés en Judée les uns s'établissent à Jérusalem , les autres dans les lieux voisins. Plusieurs de la tribu d'Ephraïm et de celle de Manassé t'étant joints aux Juifs dam le voyage fixèrent leur demeure a Jérusalem.
(t) C'est lai que l'Ecriture, suivant V>uMe et les sneilkor. cri-
Erection de l'autel des holocaustes. C'est l'ouvrage par où les Juifs débutèrent à leur arrivée a Jérusalem, le premier jour du septième mois ( Thisri ) ; on commence a y offrir U sacrifice perpétuel du soir et du matin. On traite ensuite avec les syriens et les Sidonieos pour faire amener des cèdres du Liban au port de Joppé. Des ouvriers sont loués pour tailler le» pierres et Us bois de charpente; le travail s'échauffe, et chacun *'y porte avec la plus grande ardeur.
535. L'année suivante, deuxième du retour des Juifs , au deuxième mois (Zius) , on pose les fondements du temple an milieu des cris confus du peuple, dont les uns trésaillaient de joie, les autres poussaient, des gétnisemants; les premiers étaient les jeunes gens qui n'avaient pas vu le premier temple ; les seconds étaient des vieillards qui pleuraient en prévoyant, attendu l'impuissance de la nation, combien la magnificence de ce nouvel édifice serait audessous de celle de l'ancien.
Les Samaritains demandent a Zorobabel et aux anciens des Juifs, d'être admis, avec eux, a la construction du temple, alléguant pour motif que depuis qu'Asarhaddon les a transplantés dans la terre d'Irael, ils ont toujours immolé des victimes au dieu du Ciel, mais ils n'ajoutent pas qu'ils i acrifiaient en même teins â différentes idoles.
Les Juifs rejettent la demande des Samaritains, parce qu'elle tendait k leur acquérir le droit d'offrir des sacrifices dan» le temple, droit funeste qui eut uni de communion les Juifs avec un peuple qui corrompait la pureté de la religion.
Les Samaritains, irrités de ce refus, s'appliquent i traverser l'entreprise des Juifs; ils gagnent par argent les ministres du roi, et viennent à bout défaire suspendre les travaux pendant tout le règne de Cyrus.
Les Juifs, alors, oubliant 1a maison du Seigneur, ne s'occupent qu'a bâtir pour eux mêmes de superbes édifices.
Dieu, pour les punir de leur indifférence, frappe le pays de stérilité.
5ao. La deuxième année du règne de Darius, fils d'Hislaspe(t>, le 34 du sixième mois, (elul ) les Juifs encouragés par les prophètes Aggée et Zacharie reprennent l'ouvrage du temple ; pour récompense de leur site , Dieu leur envoie , suivant la promesse de» deux prophètes , une annén des plus abondantes.
I>e vingt-unième jour du septième mois , Aggée adressant U parole i Zorobabel, au grand-prêtre Josué, et k tout 1e peuple, de la part du Seigneur, promet que la gloire du nouveau temple surpassera celle du premier, parce que le DeauV dt* mJûnm (le Messie > l'honorera de sa présence.
5 tq. Assuérus, la troisième année de son règne, s'avise d'étaler sa magnificence aux yeux de ses peuples, par le plus somptueux et le pins long festin dont on eût jamais ouï parler. Ce fut dans Suse, capitale de ses étais, qu'il le fit préparer ; tous les grands de sa cour y furent invités , et sa durée fut de cent quatre- vingts jours, après quoi il donna aux habitans de Suse, dans le vestibule de ses jardins, un antre festin qui dura sept jours; la reine Vas— thi , son épouse, traita de même les femmes de sa cour.
Le septième et dernier jour, le roi, dans la chaleur du vin , commande A ses officiers d'amener la reine parée de son diadème , pour la montrer i ses sujets, parce qu'elle i était extrêmement belle. Vasthi, considérant celte démarche comme indigne de son honneur et de sa qualité, refuse d'obéir aux ordres du roi : irrité de ce refus, le monarque la répudie , de l'avis de son conseil , et rend a ce sujet un édit qui est inséré dans le corps des lois de la nation ; mais , quelque tenu après , sa colère étant calmée , il pense a reprendre Vasthi ; ses officiers, pour le détourner de ce dessein , qui eut occaaioné une révolte, lui conseillent de %e faire amener les plus belles filles de son royaume | et de mettre k la place de Vasthi, celle qui lui plaira le plus ; l'avis est adopté. Parmi les vierges que l'eunuque ou chambellan Egée rassemble dan* le palais , le juif Mardochee , l'un de* portiers , fiait admettre Kdiasa, sa nièce; présentée au monarque , après un au de soins
tiques , désigne sous le 000» «Y Assiéras.
AUHtfC.fi CHRONOLOGIQUE
et d 'épreuves , elle obtient la préférence sur ses rivales ; son nom est changé en celui d Esther. I.e pouvoir de te* charmes allant toujours en croissant, Atsuérus l'épouse solennellement au bout de quatre ans. Son oncle, qui ne la perdait point de vue, sans pouvoir s'aboucher avec elle, lui faisait cependant passer des avis utiles. Un jour, ayant découvert le complot forme contre le roi par deux eunuques , Mardochée en instruit sa nièce qui rend aussitôt la chose au roi , en nommant l'auteur de l'avis, sans dire néanmoins qu'il Tut son parent; le crime étant vérifié, les coupables sent pendus, et le tout est consigné dans les annales de l'empire.
5to. Mardochée avait cependant on ennemi dangereux dans la personne d'Aman , de la race d'Agag , de la race des Amaleciles, parvenu! la plus haute faveur auprès il' Assuerus, Aman exigeait de tous ceux qui l'approchaient qu'ils fléchissent les genoux devant lui, Mardochée, regardant cet honneur comme une idolâtrie, le refuse au favori ; furieux de ce refus, Aman cherche a perdre Mardochée et toute la nation juive. Mais , tandis qu'il roule ce dessein dans sa tête, le roi , dans une insomnie, s'elaat fait lire les annales de son règne , s'arrête i l'endroit où il est parlé du service important que Mardochée lui avait rendu ; ayant demandé quelle récompense ce fidèle serviteur avait reçue, il apprend qu'il n'en avait point obtenu; alors, il mande Aman, et lui ordonne de conduire par toute la ville, en pompe, Mardochée, monté sur son cheval; de retour cher lui , la rage dans le cœur , après cette humiliante cérémonie, Aman, a force de calomnies contre les Juifs, vient a bout de persuader au roi , qu'il est de son intérêt d'exterminer cette nation ; l'ordre "en est expédié pour étre-cxéculé par tout l'empire, dans un même jour. Consterné, comme tous les Juifs, de ce cruel édit, Mardochée pressa Esther d'aller trouver le roi pour le faire révoquer. Elle allègue la loi oui défend a toute personne, sous peine de mort, d'approcher du trône sans être appelée; l'oncle insistant, elle s'arme de courage, cl s clam présentée devant le roi , qui d'abord la reçoit avec un air terrible, elle le désarme par son effroi, et obtient de lui qu'il vienne le lendemain dîner avec elle, accompagné d'Aman. Flatté de cette distinction , le favori se croit au comble de ses voeux; invile a un second repas, il y accourt avec le roi; mais il trouve la chance bien changée pour lui , la reine dévoile au roi la perfidie de ce ministre; il est condamné! être penduà la potence qu'il avait déjà fait dresser pour Mardochée. Triomphe des Juifs dans tout l'empire; ils obtinrent la permission de se venger de tous ceux qui avaient conjuré leur perte. En mémoire de leur délivrance, ils instituent, à perpétuité , une féte, le treizième jour du moisadar, qu'ils appellent i'hurimon , Purim , c'est-a-dire des sorts, parce qu'Aman avait fait tirer au sort pour savoir quel |our il ferait massacrer les Juifs.
Leurs affaires prospéraient également en Judée ; interrogrs par Tatlanaï, gouverneur des provinces situées en deçà de l'Euphraie, et par ses conseillers , de quelle au Inrité ils rétablissaient le Temple; ils citent en leur faveur l'edit de Cvrus; sur quoi l'on écrit a Darius, par les ordres duquel 1 e'dit ayant été trouvé a Ecbalane , il mande à ses officiers de tenir la main a son exécution , avec menace de mort contre les contrevenants; Darius veut même qu'on prenne sur son épargne les sommes nécessaires pour l'édifice du temple, et pour les victimes qu'on y immole, afin , dit-il , que les prêtres offrent des sacrifices au Dieu du ciel , pour la vie du roi ci celle de ses enfants.
5i6. La sixième année du règne de Darius, le troisième jour du mois Adar, le temple étant achevé , les Juifs ce font la dédicace avec de grandes réjouissances ( i ).
C'est vers ce teins qu'un critique moderne ( Slilting ) place, avec beaucoup de vraisemblance, la mort du prophète Zacharie, qu'il prétend être ce. même Zacharle qui lut tué par les Juifs , suivant le témoignage de notre
(i) Le temple, dit Esdras (I. r. c. 6, v. 1 5 )f»f mclfé ie Inisième jour é* mail Adtr ( on doutierae mois qui répond partie à notre mois île février, partie a nuire moi» de mari) la iineme année du règne Je IJarimi. Lor» donc que le» Juif* (Jrnn. ch. Il, v. ao) disent a Jlsiu-Chrut fn'nn a employé nuartnle-iix mnt à reiélir le temple, ou rl> ne disent pas vrai . ou cela doit s'rolendrc non précisément du temple construit par Zorobabrl , mai» peut-être de tout le lem»
Sauveur, entre le temple et l'autel. En effet le prophète était fils de Barachie , comme celui dont il est parle dans l'évangile; et comme il n'était pas permis au peuple de pénétrer dans l'espace qui est entre l autel des holocaustes et le temple proprement dit , il faut supposer que ce meurtre fut commis tandis qu'on achevait le temple et avant sa dédicace. Ou ne peut opposer a cela que le silence de l'Ecriture sur la mort du prophète Zacharie ; mais nous a-t-elle appris celle d'Isa'îe, de Jéremie et d'autres prophètes qu'on croit avoir été victimes de leur zèle ?
Le quatorzième jour du premier mois de l'année (Judaïque ) suivante, ils célèbrent pendant sept jours la Pique, de la manière la plus solennelle. Les prêtres, qui avaient tous été purifiés, l'immolèrent, et les enfants d'Israël y participèrent avec tous ceux qui avaient renoncé au culte idolJtrc des Samaritains et des autres peuples voisins, pour embrasser la religion des Juifs.
Durant toute Ta suite du règne de Darius , qui fut en tout de trente-six ans, et sous celui de Xercès , qui fut I de douze ans (2), les Juifs demeurèrent en paix dans leur j pays, gouvernes pour la religion, par le grand-prêtre, et pour la police et les affaires communes, par les chefs de Juda , avec subordination , toutefois , au gouverneur persan des provinces situées en deçà de l'Euphrate.
473. Artaxercès Longuemain , qui monta ensuite sur le trône de Perse, laissa jouir la Judée du repos que ses prédécesseurs lui avaient accordé.
4^7. Il y axait alors parmi les Juifs établis J Babylone, un prêtre nommé Ksdras, qui descendait d Eleazar, Cl? aîné d'Aaron. Il riait fort versé dans la connaissance de la loi de Moïse. L'Ecriture le qualifie de scribe; c'était chez lesJuifs, ce qu'étaient les mages parmi les Perses, les philosophes parmi les Grecs, les Druïdes parmi 1rs Gauloii. S'etant fait connaître au roi Arlaxcrcès , il en obtint !.. commission de retourner à Jérusalem, avec tous ceux de s.i nation qui voudraient l'accompagner, pour régler , comme il le jugerait a propos , les affaires de la religion et de IVlat Muni de ces pouvoirs , il part de Babylone le premier jour du premier mois (nisan) de la septième année d'Arlaxercès, avec une troupe de prêtres, de lévites, d'autres Israélites ei de Nathinéens, et arrive le premier jour du cinquième mois (ab), a Jérusalem. Après avoir remis aux prêtres les offrandes faites par le roi , par les nobles du pays et par les Juifs babyloniens, il notifie aux officiers du roi les ordres dont il est porteur , et commence l'exercice de sa commission. On lui apprend que les prêtres , les lévites et lout le peuple ont violé la loi de Moïse , en épousant des femmes idolâtres. Il en est pénétré de douleur; les avant assemblés, il leur reproche celte prévarication, et les engage a renvoyer ces femmes, avec les enfants qu'ils en avaient eus. La tendresse paternelle ne leur permit pas sans doulr de congédier ces enfants , sans pourvoir à leur subsitiauee- EsuVas s'appliqua particulièrement à revoir les livres saints , et a corriger les fautes qui s'y étaient introduites par la négligence des copistes ; il y fit quelques légères additions pour en faciliter l'intelligence.
46a. Es Judée , mort du grand-piêtre Joachim. Il est remplacé par Eliasib, son fils.
454. La vingtième année du règne d'Artaxercès, au mois de nisan , le juif Nchémie, echanson de ce prince et de la race des prêlies, obtient de lui la permission de faire un voyage en Judec, avec \in édit, daté de Suse ( i) , pour rebâtir les murs de Jérusalem. C'est de cet édit , et non de celui de Cyrus, pour réédifier le temple, qu'on doil dater le commencement des soixante et dix semaines de Daniel , ab exitu vtrii ut Iterum tedificelur Jérusalem. Ce» soixante et dix semaines d'années , faisant la somme de quatre cent quatre-vingt-dix ans , nous conduisent à l'an trente-sixième de l'ère vulgaire chrétienne, et comme la prophétie porte que le Christ sera mis a mott dans le milieu
que Zorobabel. le grand-prêtre Simon et le roi He'rode le Grand employèrent à construire «t à perfec tionner cet édifice.
(a) Suivant Calmet , et de vingt an* selon la plupart des chronologitles. ( Noie Jes EJilenn. )
(3) Le» roi» d'Assyrie passaient l'hiver et I» priment» à Suse, l'été et l'automne à Ecbatane.
DE L'HISTOIRE SAINTE
de U dernière de cet semaines , il suit de là que cet événement est ârrivé l'an trente-trois de celle même ère. C'est effectivement le lems où nous démontrons en son lieu que Jésus-Christ est mort.
Arrivé en Judée, Néhémie déclare aux magistrats le sujet de son voyage. Tous l'approuvent. On met la main a l'oeuvre tans délai. Les prêtres comme le peuple se livrent avec ardeur a ce travail. Sanaballat d'Horonasm , au pays de Moab, Tobie, ammonite, Gossero, arabe, et les autres chefs des peuples voisins de la Judée se moquent de l'entreprise des Juifs, et voyant que Néhémie ne tient compte de leurs railleries, ils se mettent en devoir de la traverser. Néhémie établit un ordre pour avancer l'ouvrage et repousser en même tems l'ennemi. Tandis qu'une partie des jeunes gens est occupée au travail, l'autre se lient en armes pour éviter la surprise. Les travailleurs eux-mêmes font l'ouvrage d'une main , et tiennent l'épée de l'autre. Ne pouvant réussir par la force , les ennemis des Juifs ont recours à la fraude. Ils lichen! d'intimider Néhémie par de faux avis , par des calomnies, par des prédictions sinistres. Ils séduisent même quelques Juifs, et tes attirent dans leur parti. Malgré ces obstacles, l'ouvrage s'avance en grande hâte, et en cinquante-deux jours il est achevé, le a5 du mois élul.
Dédicace des murs de Jérusalem , elle se fait avec une grande solennité. Néhémie sépara 1rs prêtres, le» lévites, les princes du peuple en deux bandes. L'une marchait du eût* du midi, l'autre du cAtc du septentrion sur les murs Elles se rencontrèrent dam le temple, ou l'on immola de grandes victimes , avec des transports de joie. Néhémir i-tablit ensuite un ordre pour la garde et pour la sûreté de Jérusatém. Cette villa n'atant pas peuplée a proportion de son étendue, Néhémie engagea les plus distingués d'entre les Juifs, ainsi que la sixième partie du peuple, à y faire leur demeure. Le tems de la captivité avait lulrodait de la confu sion dans les famille*. Néhémie recherche les géné-douic des prêtres et des lévites. Ceux qui ne peuvent justiuei leur origine , sont exclus du ministère.
Ksdras, cependant, continuait de rassembler, de tran s frire, de mettre en ordre et de corriger le livre de la loi , qu'il divisa, pour la première fois, en cinq parties formant autant de livres, appelés rolrectivement le Pentaleuqoe, et distingués par les litres particuliers de Genèse, d'fciodc, de Lévitiquc, de Nombres et de Deutéronome.
45^. Le premier jour du septième mois ecclésiastique (thisri), le peuple s'assemble de toute la Judée a Jérusalem , pour célébrer la féte des trompettes. Esdraa venait alors de mettre la dernière main a son travail. Le peuple le prie d'apporter le livre de la loi de Moïse. Esdraa, monté sur une tnbone , fait publiquement la lecture de ce livre , depuis le malin jusqu à midi , ayant, à chaque cité , six prêtres qui expliquaient en chaldérn , ce qu'il lisait en hébreu ; car les Juin) n'entendaient plus que la première de ces deux langue* depuia la captivité. Tous les auditeurs fondent en larmes, Esoraset Nénémie les consolent en les exhortant a célébrer cette féte avec joie. Eadras continue te lendemain sa lecture, et étant arrivé à l'endroit où il est parlé de la féte de* tabernacles, qui tombait précisément le quinzième du mois où l'on était, il invite le peu pli a la solenniaer avec toute l'exactitude que la loi prescrit. Il ne discontinua point de lire le Pentaleuqoe. La méthode qu'il observa , de commencer par la lecture du texte hébreu , puis d'en donner la traduction en cbaldéen , a toujours été suivie depuis dans les synagogues ou assemblées, publiques et religieuses des Joint; et de la vinrent par la suite des tems les paraphrases chaldaïques , nommées Targvm par tes Juifs. On les trouva nécessaires non-seulement pour les jssrmblées publiques, mais aussi pour les familles, afin d'y avoir l'Ecriture dans une langue que le peuple entendit.
On présume que ce fut i la féte dont on vient de parler ,
Îu'on retrouva le feu sacré que les préires , à la prise de érufsalem , avaient caché dans le fond d'un puits qui était 1 sec. Ce n'était plus que de la boue, ou une eau épaissie. Néhémie , ayant fait préparer un sacrifice , ordonna oe faire
des aspersions de cette eau, tant sur le bois, que sur les victimes. Le soleil ayant alors paru , tout lut embrâsc au grand élonnemenl des spectateurs. ( M œhai. I, v. 19 et seq. ) Le roi de Perse, informé de ce miracle, donna de grands biens aux prêtres, et fit fermer de murs l'endroit, où l'on avait trouvé le feu sacré.
Le 34 du même mois de thisri, les enfants d'Israël célèbrent un jeûne solennel, et se présentent devant le Seigneur revêtus de sacs et la tête couverte de cendres On lit quatre fois le jour la loi divine , et l'on bénit autant de loi* le Seigneur. Nouvelle alliance dea Israélites arec Dieu, signer par les prêtres et les anciens, publiée par Néhémie et confirmée par le peuple, avec un serment solennel (1).
Malgré ces «elles apparences, les Juifs n'en deviennent pas meilleurs. Les riches, toujours dominés par l'avarice, continuent d'accabler le petit peuple d'usures , jusqu'à en exiger le centième denier par mots. Néhémie s'en étant aperçu , leur fait de vifs reproches de cette dureté envers leurs frères. Ils en témoignent du repentir, consentent de rendre aux pauvres ce qu'ils avaient à eux, c'est- à dire, leurs rnfants qu'ils avaient réduits en servitude, leurs champs, leurs vignes, leur* plants d'oliviers, leurs maisons, et s'obligent même à remettre tout ce qui leur est dû par leurs frères.
44a- Retour de Néhémie , en Perse , après avoir gouverné la Judée l'espace de dourc 9ns.
C'est vers ce tems -ci qu'un doit placer la prédication de Malachie, que l'on compte pour le dernier des prophètes. Il ne faut que lire sa prophétie pour être convaincu du peu de sincérité ne la conversion des Juifs depuis leur retour. L'avarice des prêtres, qui ne voulaient rien faire gratuitement . les mariages illicites, les divorces fréquents et sans juste cause, le refus de parer la dime , les parjures, les adultères , l'oppression des veuves, des orphelins, des étrangers, les murmures contre la Providence, sont les principaux vices -|ue Malachie reproche à sa nation. Il déclare en même tems que Dieu rejette les sacrifices qu'on lui offre , il promet un nouveau sacerdoce plus parfait que le premier , et un nouveau sacrifice qui sera offert au Seigneur par toute la terre. Il prédit que le dominateur désiré par les Juifs, l'ange de la nouvelle alliance, le Messie en un mot, viendra lui-même dans son temple, qu'Elie. reparaîtra dans les derniers tems pour réconcilier son peuple avec Dieu , que toutes choses finiront par le jugement terrible et solennel que Dieu prononcera contre les impies.
Malachie est , comme on l'a dit , le dernier des prophètes dans l'ordre des tems. Depuis lui jusqu'à la venue du Messie . il restait un espace de quatre cents et quelques années.
• Dieu devait, a la majesté de son fils, de faire taire les
• prophètes durant tout ce tems , pour tenir son peuple en
• attente de celui qui devait être 1 accomplissement de tous
• les oracles. » (Bossnet.)
44** Mort du grand-prêtre Eliasib. Joïada ou Jokanan , son fils, lui succède 11 ne reçut point l'onction sacerdotale, ni aucun de ses successeurs, parce qu'elle avait cessé depuis la destruction du temple.
437. Nénémie revient en Judée , et y trouve plusieurs nouveaux abus a réformer. Pendant son absence le grandprêtre Eliasib avait donné on logement dans le vestibule du temple a Tobie , gouverneur des Ammonites. Indigné d'une telle profanation, Néhémie fait jeter dehors les meubles de Tobie, et purifie le temple. Manassé, l'un des fils de Joïada, avait épousé la fille de Sanaballat d'Horunatm, gouverneur îles Culhéens ; Néhémie le somme dr reparer ce scandale en renvoyant sa femme. Sur son refus , Néhémie le chasse de Jérusalem. Il se relire a Samarie, auprès de son beaupère. Plusieurs Juifs , mécontents de la fermeté de Néhémie pour les contraindre i renvoyer les femmes idolâtres qu'ils avaient enousées, suivent ce déserteur dans sa retraite. Sanaballat , toujours occupé a nuire aux Juifs, obtient de
( 1) Parmi les promesse* que T« pénale fit alors au Seigneur , celle àobienrer fidèlement l'innée sibbaltqac est exprimée ra ces terme» : Naat taisrtnas la Irrrt tans la eatuter la ttatièate an»**. ( tféàém. , x, 3i.) Les Juif», pendant plmieur» siècle» «Tant lu captivité, I avaient négligé celle loi , et ce Fut nae de* causes qui tirant que leur terre demeura inculte l'espace de dix sabbats ou toisante et dix an»
Darius Notbus, roi de Perse , la
ion de bâtir
tjb fat la tarait êa Stigatar iattaatflll , ami atall ilé anaaacè* par la êaaeat Je Jèrrmie. et aae la terre eètéèrél ttt foart de taital ; ear elle fat êamt a» tattat eaatiaa*! damai taal le Iran é* ta éeiolêUoa ,
AjrMr. , t*36, ». ai. ) ^ *
ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
mont Garisim un temple semblable! celui de Jérusalem, et d'en donner la souveraine sacrificature a son gendre. Samarie devient alors le refuge de tous les mécontents de la Judée. Ils y sont reçus a bras ouverts, ce qui change enfin l'état de la religion dans cette province. Jusqu'alors tes Cuthëens et les autres peuples que les rois d'Assyrie j avaient transportés a la place des dix tribus, mêlaient le culte du dieu d Israël à celui des idoles assyriennes. Hais depuis la construction du temple de Gariïini , où l'on faisait le service comme à Jérusalem , le vrai Dieu fut seul adoré dans Samarie , et les cérémonies furent observées suivant la loi de Moïse. 1,'clabliisement, néanmoins, de ce temple acheva de produire entre les Juifs et les Samaritains cette antipathie cl celle haine mutuelle qui a toujours duré depuis, et a rompu tout commerce entre ces deux peuples.
11 y a tout lieu de croire que Néhémic ne vivait plus lors de la construction de ce temple. Puissant comme il était à La cour de Perse, il eflt sans doute employé son crédit, avec succès , pour l'empêcher. On ne sait précisément ni le tems, ni le pays où il mourut. Nous apprenons de Josephe qu'il termina sa carrière dans un âge fort avancé ; ce qui est trèsvrai , puisque vers le tems où finit le livre qui porte son nom, il devait passer l'âge de soixante dix ans. Durant tout le cours de son administration, ce grand homme se distingua par son zele pour la religion , par son attachement aux fois de la justice, par son désintéressement et son amour pour l'hospitalité. ■ Depuis le jour, dit-il, que le roi m'avait . donné le gouvernement de la Judée, nous n'avons rien
■ pris, ni moi ni mes frères, des revenus qui étaient dus aux » gouverneurs. Je n'ai point acheté de terres; j'ai travaille
• moi-même avec toits mes gens aux réparations des mua railles. Lrs Juifs et les magistrats, au nombre de cent cin-
■ quante personnes , et ceux qui venaient des nations voi-
• sines , mangeaient toujours a ma table. On m'apprêtait a chaque jour un bosuf et six excellents moulons, sans la
• volaille. On servait à ma table différentes sortes de vin. a Je donnais beaucoup d'autres choses, quoique je ne
• reçusse rien de ma charge, a
Nous sommes dans la même incertitude sur le tenu de la mort d'Esdras que sur celui de la mort de Nehcmie. C'est lui, comme on t'a dit , qui mil en ordre les livres sacres de concert avec les plus sages de la nation juive. On ne peut dire dan» quel ordre il les avait rangés, parce qu'ils le sont différemment dans les différents exemplaires manuscrits qui sont parvenus jusqu'à nous. On prétend aussi , mais sans fon-
ueiucm , que ce fut lui qui changea les caractères pheni ciens, dans lesquels ces livres étaient écrits, pour y substituer les caractères chaldéens. Il est certain que long-tems
res le retour de la captivité , les Juifs se servaient encore leurs anciennes lettres. On le voil par les médailles frappées, en Judée, sous les princes asmonéens. On le voil encore par les Bibles et les Paraphrases chaldaïques écrites en caractères samaritains ou phéniciens, au troisième siècle de l'église.