‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 193 sur 532 · PTOLÉMÉE I SOTER · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE I SOTER

Ptolémée I a qui l'Egypte échut pour son lot, était AU d'Arsinoë, que Philippe, père d'Alexandre, après l'avoir eue pour concubine, fit épouser â Lagus macédonien ob Mais la naissance de cet enfant ayant prévenu le t qu'exigeait le mariage , Lagus ne voulut point d'abord s'en reconnaître le père. Bientôt, néanmoins, l'autorité de Philippe le contraignit d'accorder à ce fils équivoque la légitimité. Plolémée, dès ses premières années, prouva qu'il la méritait. Aussitôt qu'il fut en âge de porter les armes, Alesandre le mil au nombre de ses gardes. Ayant ensuite accompagné ce prince i la conquête Je la monarchie persane, il devint un de ses généraux, et se distingua daus toutes les rencontres par des actes de prudence et de valeur. Après la rriort d'Alexandre, il ne se hâta point de prendre le titre de roi dans son département,, et se contenta de celui de gouverneur jusqu'à ce que son autorité fut pleialfermie en Egypte. Ce lut par lui que s'ouvrit la des Lagides , qui régnèrent dans ce pays l'espace

•lynasiie ocs LJgtdes, qui régnèrent dans ce pays .le deux cent quatre-vingt-douze ans, c'est-à-dire jusqu'à la mort de (.leopilre ; après quoi l'Egypte fut réduite par Auguste en province romaine.

3 13. Une des premières opérations de Plolémée dans son gouvernement , fut de travailler * se procurer le corps d'Alexaudre le Grand. Plusieurs gouverneurs se disputaient ce précieux depflt , sur re qu'un certain astrologue avait prédit que la terre où il serait placé, jouirait d'un bonheur parfait. Plolémée ayant obtenu la préférence, fit transporter le corps, d'abord a Memphis, et ensuite dans la ville dont ce héros était le fondateur et i laquelle il avait donné son nom. Rien n'égala la pompe et la magnificence de ce convoi. Plolémée fil bâtir dans Alexandrie un temple, et institua des jeux en l'tronneur d'Alexandre.

La douceur avec laquelle Ptolémée exerça sa domination , engagea un grand nombre d'officiers a venir s'engager sous ses drapeaux. Ce fut en vain que Perdiccas , régent du royaume de Macédoine , entreprit de le supplanter. Etant arrivé , dans ce dessein , avec une armée considérable en Egypte, il fut battu devant la forteresse nommée la muraille dm Chameau. Delà, selant avancé jusqu'à Memphis, il fut massacré par ses troupes qu'il voulait contraindre à passer un bras du fleuve, à gué, pour entrer dans le Delta. Anlipater , substitué à Perdiccas dans la" régence , au refus de Plolémée , usa de ménagement envers lui. Son intérêt l'exigeait ; occupé , comme il l'était , à contenir les différents gouverneurs de l'Asie, divisés entre eux et prêts a se révolter. Ptolémée profila de ces troubles pour ajouter à son domaine la Pbénicic et la basse Syrie , après avoir fait prisonnier Laomédon qui en avait le gouvernement. On a parlé ci-dessus du stratagème dont il usa pour maître de Jérusalem.

3i5. Seleucus, gouverneur de Babylone. poussé à bout I

DES ROIS D'ÉGYPTE

par l'ambition cruelle d' Antigone, s'étant réfugié auprès de Ptolémée, «on ami , en fut reçu avec l'accueil qu'il avait lieu d'espérer. S'étant tous deux ligues avec Cassandre , gouverneur de Macédoine et Lysimaque, gouverneur de Thrace , contre cet ennemi commun , ils firent leur* efforts pour arrêter ses progrès. Antigone, maigre l'armée formidable qu'ils lui opposèrent, se rendit maître, l'année suivante, de» meilleurs postes de la Pbénicie; il vint a bout de prendre aussi Tyr , •près un siège de quinze mois , et de suLjuguer, en moins de tents, les villes de Gaza et de Joppé. Plolomée , cependant de son côté, réussit i rétablir Séleucus à Babylone, avec les troupes qu'il lui fournit.

3ia. Démétrins , fils d' Antigone, s'étant fortifie dans Gâta, Ptolémée vient l'y assiéger ; dans une sortie que celui-ci fait, il le bat et l'oblige de fuir avec perte de grand nombre des siens. Le vainqueur lui envoie sans rançon, avec ses bagages, tous les prisonniers qu'il avait faits. Sa victoire le remit en possession de la Syrie et de la Phénicie ; mais ce fut pour peu de teros. Dêmé trius , étant revenu avec de nouvelles forces, fait prisonniers un grand nombre d'Egyptiens , avec le général qui les commandait , et remporte uo riche butin , ce qui le met en état de rendre a Ptolémée la générosité dont il avait usé à son égard. Antigone étant venu se joindre a son fils, ne tarde pas a faire rentrer la Phénicie, la Judée et la Célésyrie sous ses lois. Les chefs des deux partis en viennent enfin à un traité de paix , qui conserve a chacun ce qui lui était acquis par concession ou par droit de conquête. Mais le flambeau de la discorde s'étant bientôt rallumé, consuma tous les restes de la famille d'Alexandre, qui furent tous égorgés. N'ayant plus alors de maîtres legi times a respecter, tous lea chefs se croyent égaux entre eux, et travaillent à empiéter le» uns sur les

3o6. Ptolémée s'étant rendu maître de l'Ile de Chypre, Démétrius lait voile vers Salamine, capitale de l'Ile, bat devant cette place Ménelaiis, frère de Ptolémée, qui lui en avait donné le commandement, et bientôt fait essuyer à ce dernier , qui était accouru en personne dans 111e , une défaite totale. Ce fut alors qu'Aotigone et son fils se firent décerner en Syrie les honneurs de la royauté, que Ptolémée de son cdté obtint en Egypte.

Llle de Rhodes était soumise à Ptolémée, Démétrius étant venu l'assiéger , elle tait une longue et vigoureuse résistance qui oblige a la fin Démétrius à se retirer. Ce fut à cette occasion qu en reconnaissance des secours que Ptolémée leur avait tournis, en 3o4< **» Rhodiens lai donnèrent le titre de tottr, sauveur, et lui élevèrent un temple sous la nom de Ptoléméon. (Poisson. , 1. 1 , c. VI. )

Phrygie, où tous les roi* de la

d'Ips

t x pression

3oi. Bataille terre, suivant

successeurs d'Alexandre, se disputèrent les vastes états de ce prince. Quatre d'entre eux , Ptolémée , Séleucus , Lysi-

de Plutarque, c'est-à-dire, les aodre, se dispute d'entre eux , Ptol maque et Cassandre s'étant confédérés, y combattirent contre Antigone et Démétrius, son fils. Le père y perd la vie après avoir fait des prodiges de valeur, et Démétrius, consterné de cette perte, se retire à Epliî-se avec les débris de l'armée Les confédérés partagèrent le royaume d'Antigone entre eux C'est a l'époque de cette bataille que l'empire d'Alexandre est divisé en quatre royaumes fixes, et la prophétie de Daniel exactement accomplie. Quoique les successeurs d'Alexandre eussent déjà pris lè titre de roi , ce n'était jusqu'à ce jour qu'un titre précaire que chacun s'était donné de m propre autorité et qui n'était pas reconnu par. les autres. Mais aprèi la bataille u'ipses, un traité solennel, fait par les quatre confédéré» , assigne à chacun ses états à litre de royaume et les reconnaît souverains et indépendants de toute autre autorité supérieure. Ces quatre rois sont Ptolémée, Séleucus , Cassa n dre et Lysimaque. Ptolémée obtient 1 Egypte, la Lybie, la Cyréna'ique, l'Arabie, la Palestine et la Célésyrie. Dès qu'il se vit et) possession de ses états, il donna tous ses soins pour y faire goûter les délices de la paix.

Démétrius, force lui-même de consentir aux arrangements pris entre les rois vainqueurs, avait envoyé le célèbre Pyrrhus, son beau-frère, en Egypte pour y rester en qualité d'otage. Pyrrhus ne tarda point à captiver l'amitié de Ptolémée, qui lui fit épouser, l'an 3oo, Antigone, que Bérénice, la plus chérie de ses femmes , avait eue de Philippe le Macédonien, son premier époux; il s'engagea, de plus, à le rétablir dans le royaume d Epire, dont il éuit déchu, et lui tint parole.

287. La reconnaissance attacha Pyrrhus aux intérêts de son beau-père. Démétrius faisant des efforts pour rentrer dans les états de son père . il entre dans l'alliance que Ptolémée «venait de renoaveier avec Lysimaque et Séleucus contre le premier, maître alors de la Macédoine. Il eut la plus grande part à la victoire qu'ils remportèrent sur celui-ci qui, jouet perpétuel de la fortune , se vit obligé de fuir en Grèce sous l'habit d'un simple soldat.

Ptolémée n'ayant plus de guerre à soutenir, consacra ion repos au bien de ses états. Mais Alexandrie où il avait établi sa cour, fut le principal objet de ses soins. Il y fit bâtir dans un des faubourgs, nommé Racotis, à l'honneur de Sérapis , un temple magnifique , nommé Serapeon , qui subsista jusqu'au règne de l'héodose le Grand, par ordre duquel if fut détruit à la demande du patriarche Théophile. A coté de ce temple , il fonda le fameux muséum , où il ouvrit la plus riche bibliothèque de l'univers à tous les savants qui furent à portée de la consulter.

Parvenu à l'âge de quatre-vingt-quatre ans , Ptolémée s'occupa du choix de son successeur. Il avait deux fils de son nom, dont l'atné portait le surnom de Cinuttau ou de foudre , à cause de la violence de son caractère , et le second fut distingué depuis par le surnom de Philadelphe. Le célèbre orateur Démétrius de Fhalère, obligé de quitter Athènes, après y avoir dominé près de dix ans, était alors à la cour d'Egypte. Voyant le roi balancer entre ces deux enfants, il employa , mais vainement , son éloquence ponr le décider en faveur du premier, et le second prévalut. Philadelphe, dés qu'il fut sur le trône, se vengea du conseil qu'avait donné Démétrius à son père, en le jetant dans une prison, où il mourut de la piqûre d'un aspic. ( Ckero pro Rabirio.) Ptolémée Soter, après avoir fait couronner Philadelphe, descend du trône et se met au rang des gardes du nouveau monarque. 11 mourut dans cet état, regretté de ses peuples, qu'il avait gouvernés avec beaucoup de modération et défendus avec une égale valeur. Les lettres lui durent aussi des larmes, tant à raison des services importants qu'il leur avait rendus, que pour les fruits de son génie , dont il les avait enrichies, et que l'injure des tenu leur a ravis. Parmi ces productions , on' vantait surtout une vie d'Alexandre le Grand. Soter conserva sur le trône l'amour de la simplicité et l'éloignement du faste , persuadé que la véritable grandeur d'un roi n'est pas d'être riche lui-même, mais ctenrichir ses sujets.

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