PTOLÉMÉE ALEXANDRE I
107. Ptolémée- Alxxavdu, après ta fuite de Lathyre, son frère, fut rappelé de Chypre, où il était depuis huit ans , par Cléopatre , sa mère , et placé sur le trône d'Egypte. Lalhvre alors alla prendre sa place en Chypre. 11 y vivait paisible , lorsque les habitans de Ptolémaïde , assiégés par Alexandre Jannée, roi des Juifs et partisan de Cléopitre, l'envoyèrent prier de venir i leur secours. S'élant embarqué avec une bonne armée pour se rendre è leurs vaux , il fil sa descente i Sycamin , d'où il s'avança vers Ptolémaïde. Mais les habitans , sur les remontrances de Démsnète , le principal d'entr'eox , ayant changé d'avis , ne voulurent , ni recevoir ses ambassadeurs, ni écouter les propositions qu'il leur envoya faire. Alors il résolut de pousser la guerre en son nom, et assiégea Ptolémaïde dont le roi des Juifs s'était éloigné. Daus le même tenu , s'étant jeté avec une
partie de ses troupes sur Axot , il prit d'assaut la place , d'où il emmena dix mille esclaves avec un riche butin. D'Azot il passa à Séphoria , et de la ayant marché vers Asoph , non loin du Jourdain , il rencontra près de la , Jannée , sur lequel il remporta une sanglante victoire. Encuuragé par ce succès, il alla se rendre maître de Gaza , et vint reprendre ensuite le siège de Ptolémaïde , qu'il emporta d'emblée. Cléopitre , sa mère , sans perdre cousagr , rassembla toutes ses forces de terre et de mer, dont elle donna le commandement à deux Juifs , Cbelcias et Ananias: envoya son fils Alexandre en Phénicie, pour maintenir cette province dans l'obéissance , et vint en personne se présenter devant Ptolémaïde , dont les habitans furent contraints de lui ouvrir les portes (io3av. J. C). Avant de quitter l'Egypte , elle avait s» bien pourvu i la sûreté de ce royaume , que La-
CHH0Nol.Oi.IK HISTORIQHIi.
tbyre ayant fait divers eftorl* pour y lie» barrières insurmontable».
Etant revenue en Egypte, Cléopitre y exerça un si grand despotisme tar son fit» Alex*adre , qu'elle ne lui laissa que le litre de roi. Non contente de lui avoir ravi toute I autorité , elle voulut encore lui ôter la vie , qu'il tenait d'elle («9 av. J. CA Alexandre «Vu étant aperçu , la prévint , et la fit périr par le glaive de quelque* assassins. (Justin; l. XXXIX. ci, Pausania* . U L c. 9. ) Mai» l'auleor de ce mnu, ^les Egyptien» saisis d'horreur,
PTOLÉMÉE LATHYRE , JUtatli.
89. La mort de Cléopitre et la Tuile d'Alexandre, facilitèrent a Lathyre le retour en Egypte. Trouvant le trône vacant, il y remonta sa ni obstacle. Son premier soin alors fut de remédier aux désordres causés par 1rs derniers troubles. La ville de Thèbea, dans la haute Egypte, refuse. d'obéir et entreprend de se rendre indépendante. Lathyre marche en personne contre le* rebelles, le* défait en bataille rangée et — leur ville qu'ils défendent pendant trois ans avec nstance incroyable. Elle est prise au bout de ce , et abandonnée a l'avarice et a la cruauté des soldais
qui la réduisirent presque a rien. Alexandre, cependant , n'avait pas perdu 1 espérance d'y être rétabli. S'étant relire dans l'Ile de Cos, il y ramassa quelques vaisseaux , avec les quel» il se hasarda d aller attaquer ce fière , qui l'avait supplanté. Mais Pyrrhus , amiral de ce dernier , l'ayant défait , l'obligea de se retirer a Mire, en Lycie, d'où il se rendit daus Plie de Chypre , se flattant qu'elle se déclarerait en sa faveur. Chéréas, autre amiral de Lathyre, ne lui donna pas le teint d'y faire débarquer sa flotte. L'ayant attaquée subitement, îl la dispersa dans un combat où périt Alexandre, laissant on (ils nommé comme lui. C'est celui que les historien» appellent Alexandre II. (£«m*. Chr.) Il était déjà connu par diverses aventures , et lorsque la reine Cléopitre, son aïeule, mena une armée contre Latbyre, son (ils, elle l'avait envoyé , avec ses trésor» , dans l'Ile de Cos pour y être en sûreté. Mais elle fut trompée dans ses vues. hé% habilans de l'Ile livrèrent le prince et le* riches»» qu'il avait apportées, a Mithridate, roi de Pont. Alexandre, peu de tems après , s'éUot échappé des main» de celui-ci , alla se remettre entre celles du dictateur Sylla, qui faisait la guerre au roi de Pont. Lathyre avait régné trente-six ans, savoir dix, conjointement avec sa mère,. en Egypte, dixhuit en Chypre, et huit tout seul en Egypte, après la mort de sa mère. ( Prideaux. )
tMolémée l'astronome, dans son canon , ne fait pas m en lion d'Alexandre I , nuis compte tout le teins depuis la mort de Piolémée Physcoo , jusqu'à celle de Ptoléxnée Ia ihyre , comme appartenant au règne de ce dernier. Nous avons fait de même en donnant Irenle-si» ans de règne lathyre. Mai» nou» avons observé que de ces trente-six ans, il en paisa dix -huit en Chypre , pendant lesquels son frère Alexandre , avec sa mère , occupait le trône d'fcgyplc.