CHAPITRE XII
Diverses manières d'ajuster Us différentes sortit d" matées , soit entre elles, soit avec les époques dont on se sert
pour calculer.
Les anciens auteurs
suivi une me
tliode
forme pour ajuster les différentes formes d'années, soit entre elles, soit avec les époques qu'ils ont prises pour supputer; et les chronologisti-s modernes s'étant encore plus éloignés de la précision et de la justesse, ont augmenté l'obscurité et la confusion. Les Romains se sont servis de trois sortes d'années pour rapporter les faits : l'année civile , l'année du règne ou 1 année consulaire , et l'année julienne.
Quoique l'année civile ait toujours commencé depuis Numa au janvier romain, et que son jour civil fut fixé , néanmoins a cause de ses inégalités et des intercalations arbitraire* qu'elle recevait, son jour julien était en quelque sorte mobile; et le 1*'. janvier civil parcourrait successivement tous les mois juliens, d'où il résultait qu'une année civile s'étendait le plus souvent sur deux années juliennes. Par exemple, lorsque le 1". janvier romain correspondait au 1". septembre julien, les quatre premiers mois de l'an-
(|5) Ascamies Padietuu t'a oral, pra Mileaa , cap. S. Non fuit autem morts ab eo, qui primtu iuterre» proditus crat, eoaiilia haberi.
(t6) tW. , lit. I. Fait. ». 81 :
Jamque novi pneeunt fastes, nova purpura futfet , Et nova conspicttum pondéra sentit ebar.
(17) Vie., lit. XL, p. i4<- Proiode his iisdem annis tnulli lumultua in urbe grattai 1 sunl. polluimûm werb in romttin, iià ut Calvinus et Mettait conaules vis seplimo tandem mesue crcali tint. ê
(18) Die. t itid. p. i4a. Ita factum est ut neque consulibu* . nç(|ue pretoribus, neque urbaois sliis magiitralibos surcederetur . sed prima anni parte sroe omni magistratu Hornss viveretur.
(19) Asceaias J^ajiaaaj ia eraf. pra Miloac , cap, t. Ponipeius ab interrege Scrv. Sulpitio , 5 kal. rasrtias, meute intercatariu , consul crealua cal, statiwque cimulatum iniit.
Dfc LA CHHOMULOGIK ROMAINE,
née civile appartenaient a une année julienne , et le* boit derniers mou a une autre armée. Cette observation est encore plu* nécessaire a l'égard de l'année da règne et de l'année consolaire ; cea année* n'étaient lises ni quant au jour julien, ni mime quant au jour romain. L'époque de l'inauguration de chaque roi réglait le comment rmi-nt de toute* les années de son règne; de même l'installation des consola fixait le commencement de leur consulat, et elle variait, comme nous l'avons dit dans le chapitre précédent, suivant les différents accidents qui la faisaient avancer on retarder; de sorte que chacune de ce* années s'étendait pour l'ordinaire non-seolement sur deux années juliennes, mais sur deux année* civiles. Par exemple, lorsque le règne ou le consulat commençait au i*'. juin romain , et que ce i". juin correspondait au i«*. juillet julien, les sept premiers mois de l'année du règne ou du consolât appartenaient a une année civile , et les cinq derniers mois a une autre année civile ; et en même tenu le* six premiers mois de cette année du règne on consulat, tombaient a une année julienne, et les six derniers à une autre année julienne , d'où il résulte que, comme c'est par années du règne et par années consulaires que le* Romains ont écrit leur histoire, de* (ails que l'on croit appartenir 1 une année civile ou julienne, appartiennent très-souvent à l'année suivante.
C'est a quoi l'on doit faire une très-grande attention , si l'on veut appliquer avec précision chaque date è l'année civile ou julienne qui lui convient; il y a néanmoins des auteurs, même anciens, qui se sont dispensé* de celte exactitude ; et ayant trouvé que tel consulat a commencé dans telle année civile, et qne celle année civile a commencé dan* telle année julienne , ils ont procédé dans leurs calculs, de même que si tous le* événement» de ce consolât concouraient avec cette année civile, et si toute l'année civile correspondait avec cette année julienne. Or, il est très- important pour la chronologie de connaître tous ces différents procédés; non-eentement ils servent a concilier 1rs auteurs qui paraissent opposés, mais à découvrir la vraie date et è la fixer.
Ijes auteurs n'ont pas été moins divisé* sur la manière de faire cadrer ce* années avec les époques dont il* se sont servis pour supputer, et leur division parait principalement dans l'application qu'ils ont faite de ces années a l'ère des olympiades, et à celle de la fondation de Rome , les plus célèbres dont ils aient fait usage.
Censorin dit (i) que l'année des olympiades se compte du solstice d'été : l'année de la fondation de Rome cht ai avril, jour des Palilies, et l'année julienne du i". janvier; et prtsr qu'on ne s'y méprenne pas, il ajoute : « J'ai marqué ■ le jour on commencent cet année», afin que l'on ne croye - point qu'elle* partent toutes du i". janvier ». Il s'ensuit ■le La, i*. que comme nous l'avons remarqué dans le chapitre premier, l'ère des olympiade* correspond toujours à deux années julienne», et le pins souvent a deux années civiles et à deux années de la fondation ; a*, que l'année de la fondation correspond le plus souvent è deox année* des olympiades , et à déni années julienne* , et toujours à deux années civiles. En effet , cette année commençant au' ai avril romain , elle ne Unit que le ao avril de l'année civile suivante ; de sorte que suivant la forme que l'année civile a eue avant ou après les décemvira , les neuf ou les huit premiers mois, et dix jours de l'année de la fondation, appartiennent i une année civile; et les deux ou les trois derniers mois et vingt jours, tombent i une autre année civile. Ainsi , les faits arrivés dans les mois de janvier et de mars de l'an 100 de la fondation de Rome, appartiennent à l'an civil 101. Telle est la règle exacte que Censorin s'est attache à prescrire et à inculquer; mais de* auteurs moins instruits ou moins attentifs que Censorin , s'en sont écart es , et ont pris une méthode qm leur a paru plus facile et plus courte.
>*. Nous avons fait voir dans le premier chapitre qne l'année de la fondation ne commençant qu'un peu plus de deux mois avant le renouvellement des olympiades, il va d'ao-
0) Cmorim. it 4it a*M . »f. ai. Secundo» «jiun rariuntm hic anaux , eujus tfIu! index el tilulua quidam est Ulpii «I Pontiani contsUlui , ah olympiade prima miliesimus est et quarts* decimu» , es diefcus dumtasat naliris qoibiu Agon olyopiu» cela bratur; a Roraà aulfm tondit?, nnngrntiiimui prîmus , et quidem ex parilibus. undè urim anni numerantor : eoram verb aanorum
4oi
ciens auteurs qui ont cru pouvoir les confondre , el compter l'une et l'autre par l'olympiade, qui suivait de si près le commencement de l'année de la fondation ; de sorte que , quoique la première année de la fondation de Rome tombe a la troisième année de la sixième olympiade, ils ont néanmoins compté par la quatrième année de cette olympiade.
a*. Les chronotogistes modernes ont encore plus transgressé la règle; ils appliquent i Tannée julienne toute entière, une seule année des olympiadrs, de même qoe si cea deux sortes d'années commerçaient l'une et l'autre au a*', janvier. Ainsi , quoique l'an julien 5oo, avant Jésus-Christ corresponde pour les six premiers moi» i la troisième année de je soixante-septième olympiade , et pour les six derniers mois è la quatrième année, ils appliquent 1 tout cet an julien, la quatrième année de la soixante-septième olympiade. Les anciens ne s'étaient permis ce procédé que pour l'intervalle de deux mois, qui se trouve entre la fondation el l'olympiade ; les modernes , sous prétexte d'éviter la confusion , 1 ont étendue a sis mois dans chaque année , et ils se sont exposés a tomber continuellement dans l'erreur.
3*. Quelques anciens onl aussi confondu l'armée de la fondation avec Tannée civile ; et quoique l'une commence an ai avril romain, et l'autre au i". janvier, néanmoins comme leur comme n cerne n t n'était éloigné que de deux i trois mois, ils ont cru pouvoir supputer delà même maniera, que si l'une et l'autre commençaient au s*', janvier romain.
4°. Enfin, Tanoée julienne étant devenue Tannée dvile des Romains par la réformation de Jules César, il y a eu des anciens qui, depuis celle réformation , ont confondu avec Tannée julienne, Tannée de la fondation , et qui comptent Tune el l'autre du i". janvier julien. |
Or, nous le répétons, il est oVunc très-grande importance de connaître toutes ces différentes manières de procéder , et d'y avoir égard suivant les diverses méthodes que les auteur», dans lesquels on prend les dates, auront suivies. C'est la seul moyen de trouver la vraie date, quand les anciens sont oppose* entre eux, et d'éviter des erreurs.
Non» ne rapporterons point ici les exemples qui prouvent que tous ces procédés ont été pratiques; ni la liste des auteurs qui se sont conformés 1 Tune plutôt qu'à l'autre méthode. Les exemples nous engageraient dans des discussion» trés-lougucs , et d'ailleurs nous n'en serions pas moins obligés de les répéter et de les présenter dans noire Abtegc chronologique, où on les trouvera dans un ordre et une brièveté qui naîtront de l'enchaînement des faits. A Tegard des différentes classes d'auteurs qui ont suivi l'un ou l'autre procédé , il- n'en pas possible d'en taire une exacte distinction : le même histonen paraît avoir diversement supputé suivant qu'il copiait différents auteurs plus anciens que loi, lesquels avaient adopté pour leurs calculs différentes méthode». C'est pour celle raison que la plupart des historiens romains, principalement Tite-Live, ne suivent dans leurs ouvrage* aucun système fixe de chronologie.
Au surplus, dan* l'exactitude la plus rigoureuse, l'olympiade ne commençait ni au solstice d'été , ni a aucun jour lia* : elle était attachée i l'onzième jour de la nouvelle lune , qui suivait le aofetice , en sorte qu'elle était mobile , et variait selon les révolutions de la lune qui faisait sa règle; mais ponr éviter des calculs qu'il faudrait commencer sur chaque année, et qui, portant sur la différence de quelques jour» seulement , ne seraient pas d'une grande utilité , nous prenons le parti qui a été embrassé par la plupart des chronotogistes modernes, de commencer chaque olympiade au juillet julien.
Opinions sur la date de la fondation de Home.
Fabius Pictor place cette époque à la fia de la première année de la huitième olympiade, ce qui répond è Tan 3967 de la période julienne.
Polybe la place è la fin de la deuxième année de la sep tième olympiade, et è l'an 3gba>>
qaibua julianis aoraen est, docenlcùmns octofesirnat tcrtiui, ,») ex die kaL ja». wmèi JuKas Casser aoai à m rottiUofti feail initiant. . . . initia autem istonun annonim propterei notavi . ne quia «os sut es kaL janaarm , aut ex alio aliquo tara pore simili potaret iocipere.