‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 491 sur 532 · JO · texte numérisé non relu

JO

AHKEGE CHRONOLOGIQUE

>uni tête

3 a Ire pont,

!t coru- * ne put passer sur la plâciî (3).

ut s'ils ne l'avaient pas a une vie Qui leur était que Pomponius , qui

gemina (i), c'esl-a-dire trois fois double, par Laquelle on euirait dans l'ancienue enceinte de la ville, du cftlé du mont Aveotin : sans doute il voulait s'opposer a ceux qui venaient, par cette issue, pour forcer rentrée du temple; mais il se tourna bientôt du coté du pont Sublicius ou de bois, où Publias Lwtorius , qui s'était chargé d'eo défendre l'accès, protégeait la retraite de Gracchus (a), que «es ennemis ne perdaient pas de vue. Il fut atteint près du pont par quelques-uns d entre eux. Ses deux amis, alors réunis sur ce point , s'éla le poursuivaient , tinrent frimt battirent avec tant de courage que p jusqu'au moment ou ils tombèrent i Caïus aurait sans doute péri avec désarmé , pour l'empêcher d'atlenl si chère. Velleius Paterculus xssl

était de l'ordre des chevaliers, après avoir défendu le pont, comme autrefois Horatius Codes, m perça lui-même de son épée (4) , sans doute lorsqu'il eût vu ses efforts impuissants et le pjjjjge forcé.

Il restait à Caïus, pour compagnon de sa fuite, un esclave, que ce même Velleius nomme £u ponts, ainsi qu'Aurelius Victor (S). Plularque l'appelle Pnilocralès , et son nom mérite d'être conservé; car, par une étrange singularité, les autres compagnons de Gracchus, qui étaient présents, intimidés sans doute par le sort de ses deux amis, se comportèrent ici en simples spectateurs : ils l'encourageaient comme s'il eût été question de disputer le prix des jeux; mais aucun ne lui donnait du secours , et ne lui présentait un cheval, quoiqu'il la demandât avec instance (b) : exemple éclatant de l'infidélité et de la lâcheté de la multitude ! Il doit apprendre a tout homme sensé que la laveur populaire est un appui bien fragile , et qui s'échappe sous la main de celui qui s'y est confié , dès que le danger devient aéiieux (7). Gracchus était en effet vivement menacé par ses ennemis , qui le suivaient de très-près. Il les devança néanmoins un peu , et il eut le tenu de se jeter dans un bois consacré aux furies (8), ou il se fit donner la mort par son esclave, qui se la donna ensuite è lui-même. Plularque (u) et Velleius Paterculus (10") le racontent ainsi. Plutaruue ajoute que , scion quelques historiens , le maître et l'esclave furent arrêtés tous U s deux en vie , et que l'esclave serra si étroitement son maître dans ses bras , qu'on ne put porter aucun coup i Caïus, avant que ce fidèle esclave eût péri des blessures qu'il avait reçues (1 1). Appien dit seulement que Caïus s'échappa par le pont de bon au de-la du Tibre, accompagné d'un seul esclave, auquel, lorsqu'il fit parvenu dans un bois sacré , se voyant près ifèlre arrêté, il présenta la gorge, avec ordre de lui don- - (1 s). Un autre historien Laisse en doute si Caïus

ner la 1

se tua lui-même, ou s'il fut tué sent que l'esprit de parti a dû n circonstances, d'un fait qui parait avoir eu On dit qu'un homme qu'on ne nomm

On

it altérer Les peu de témoins.

lorsquV'lle

lui fut

n dit qu Ul été de Caïus , et la portait

enlevée par un ami d'Opimius , nommé Septunuieîus, parce qu'avant le combat ce consul avait lait une proclamation, | dans laquelle il promettait , a quiconque apporterait les tètes de Caïus et de Fotvius, leur pesant d'or (14). C'est a Opimius seul , et non au sénat romain , nue Plularque attribue la honte d'un tel décret , et elle doit lui rester toute entière (iS). Pline (16) et Aurelius Victor (17) font de âcptimulcius un ami de Caïus Gracchus; mais, pour l'honneur de l'humanité, nous aimons mieux croire qu'il se trompe, et que Plularque était mieux instruit sur ce lait.

(I) Scxtu* Aurelius Victor , chjp. 65.

(a) Utm . Mi.

(3) Plutiniue. vie des G ne que», cfaap. 4*.

(4) Velleius Paterculus, Il , 6.

(5) Sexto» Aurel. Vict. . «V riri, Mut. , eh. 65. Macrobr. I, 1 1.

(6) Vi« des Grecque» , chap. 48.

(7) BoHin , t. g , p. 106.

(8) A la déesse Purina , selon Aaréliu» Victor , d* ririt illmttrikns , rhap. 65. Il parait que c'était U première des Furies. Voyts soa article dans l« DirtiooDure de U Fable , par M. Notl.

(9) Vie des Grecques, chip. 48.

(II) Vie des Grecque», chap. 48.

(ia) Appien, livre 1 , cha». 3, $. a&

(i3) Scxlus Aurelius Victor, «V ririi itlutMUs , ctiap. 65. (■4) Plulwque,, .ie des Grecques, dup.48.

Seplimulc ui 1

ius était bien digne de l'amitié d'Opimius , à pporta la tête de Caïus au bout d'une pique : on prit des balances , et elle se trouva peser dix - sept livres nuit onces iwr» *mi /au Airests* ui t'ifuiftt. On sait que ta livre grecque A/re«, comme La livre romaine, était partagée en doure onces, et que tifuipt en

tiers.

Comme nous n'avions pas cours préliminaire, nous a* celui qui précède cette hisli

rié

romaines a bien diffère voos, poidi peu près

Jes poids dans notre Dis tu devoir y suppléer dans Cela nous a Paru d'autant e, que Rollin (18) évalue ces 17 livre» 8 onces nvïron 14 livres de notre poids , ce qui est du résultat de nos tables, où nous n'y trou— e marc , que 1 1 livres ? onces et jt, ou a trèsune once, ce qui lait une différence importante eu cette occasion.

Ces 11 livres 7 onces et * valent, par leur poids de notre or mon noyé , 17,^8* francs; et, comme nous avons observé que l'argent, dans ce lems, avait cinq mis plus de valeur , cette somme représenterait aujourd'hui 66,9*0 , ou près de 87,000 francs.

An reste, ce poids ne fut aussi fort que parce que Septimuleius, non content de s'être souille d un crime, avait encore commis la fraude d'enlever la cêrvclle du crâne de Gracchus ». et d'y faire couler du plomb fondu (19). Diodore, de Sicile (30) , nous donne les noms de ce vil assassin : il s'appelait Locius Vitellius. Septimuleiua n'était vraisernLlabfcment que son surnom; et si les historiens postérieurs n'ont pas donné son nom, c'est peut-être parce que Vitellius ayant été empereur. 00 n'a pas voulu deshonorer la mémoire d'un homme duquel il descendait. Diodore de Sicile ajoute, comme Pline, que ce Seplimulcius éuit l'ami de Gracchus, et que la trahison dont il se rendit coupable an celle occasion envers le corps de son ami, quoique déjà tué, le rendit odieux jusqu'à sa mort , comme s étant montré indigne d'un titre aussi respectable.

Plutarqoe dit que ceux qui avaient porté la tète de Fuirécompense, parce que c'étaient des obscure (ai). Cependant Appien (sa) le consul fit donner le poids des deux têtes en or è ceux qui les lui présentèrent. Mais comme celui qui porta la tête de Fulvius n'eut pas 1a coupable et vile adresse d'y coul moindre .

nulle Parh'cî

Graccbus et de Fulvius ; les maisons de'ees deui infortunes ir le peuple. Opimius fit arrêter , jeter en

jt du plomb , sa récompense dut être beaucoup ; et c'est peut-être ce qui l'a lait regarder comme

prison et étrangler leurs complices. Quant au jeune Qumtus, 1.1s de Fulvius, le choix du supplice lui fut laissé, ai l'on en croit Appien (a3) , qui semble ménaaxr Opimius. Plu—

larque paraît ici plus exact ; il dit que les ennemis de Caïus, par la plus cruelle inhumanité, firent périr le plus jeune des fils de Fulvius, qu'ils avaient arrêté avant le combat, qui n'avait pas pris les armes, ne s'était pas mêlé parmi les combattants, et n'avait été envoyé vers le consul que pour offrir un accomodemenL (»4) Velleius Pat*roilu*(a5u*conte sur cette mort une circonstance gui fait frémir : seioo lui . cet enfuit, qui à peine avait'aitetot sa J: ne put s'empêcher de verser des Lara»

duisit dans les fers. Un devin de T< avoir aucun moyen de le sauver , ne tacle. Las d'une existence qui le rendait témoin de pareilles horreurs, il voulut du moins faire sentir i cet infortuné combien peu valait cette vie qu'il semblait regretter: Que ne suis- tu mon exemple , lui dit-il ? et aussitôt ayant frappe

(15) Hullin . t. 9, p. 106, l'attribua au sénat.

(16) Livre 33 , caap. 14, t. 9 , daos l'édition de Frsntms Lipitm 1780, p. 70.

(17) Sextui Aurelius Victor, 4* ririt Ohutntmt , chap. 65.

(18) Ou Crévicr . Histoire roneioe , 1. 9 , p. 107.

(19) Platarque , vis des Gracqss* , chap. 49 ; Pline , XXX Ut . i4l ctSextus Auretiu» Victor , ét ririt Utatlritus , chap. 65, altesleat ce tait.

(ao) Dans ses Extraits, tome 10 , p. i3i de iVdilioo de Deux- Ponts, où le mime fait est détaillé. Voyes ww Vslère-Msiiin« , VI , 3 et 8 1 et IX , 4 1 et Cicéïon , daos sa première Catibonrr

(ai) Vie des Grecques, cfcep. **.

(as) Livrai, chap. 3, ,. a6.

(»3) Livre I, chap. 3, S- a«.

(si) Vi.de, Grecques, chap. 49-

(a5) Il . 7.

DE L'HISTOIRE ROMAINE

de sa làle le jambage de la porte de U prison , qui eUit de pierre , son crlne fat brisé , m cervelle se répandit toute entière, et il expira victime de m compassion pour l'objet de la barbarie du consul ; mais celui-ci n'eu fut pas ému , et tua lui-même le jeune Fularius.

De cruels tourmenta furent infligés aux amis et aux cliens Je Caïus Gracchuj, qui furent appliqués a la question (i), afin que La douleur les contraignit a se dénoncer les uns les autres, et pour qu'aucun n'ëcnappit. Les corps de Fulvius et de ses enfants, de Gains Gracrhus et de tous leurs par tisans qui avaient été tués au nombre de trois mille , furent jetés dans le Tibre , et leur» biens confisqués en faveur du trésor public On défendit i leurs femmes d'en, porter deuil, et la malheureuse. LicinLs fut en outre privée de dot (a),' elle qui avait fait de si touchants efforts pour arrêter son mari , et le retenir sur le bord du précipice.

Les hommes sentirent le besoin de chercher dans le ciel un bonheur qui se trouve si difficilement sur la terre. Des cérémonies religieuses terminèrent celte horrible catastrophe : Rome fut solennellement purifiée de cette effusion du sang de ses citoyens , et le sénat rit élever dans le Forum , en l'honneur de la Concorde , tan temple (3) , dont les restes viennent d'être retrouvés par un savant antiquaire , précisément dans cet emplacement , au pied de la roche Tarpéienne (4)» •* coméquemment au-dessous du Capilole. Ovide (5) rapporte l'origine de ce temple à Camille. En effet nous ivons observe ( \xtyei 1 an 368 avant notre ère ) , d'après Titc-Live , que ce célèbre dictateur avait voue uti temple à la Concorde , dès l'an 367 avant notre ire ; la dédicace n'en avait été faite que plus de cinquante ans après , l'an 3o4 avant notre ère. Un autre temple i la Concorde fut voué par Manlius dans la Gaule , deut cents dix-huit ans avant notre ère, et l'an ai6, il fut ordonne de le construire sur le champ* Il est vraisemblable que ce fut seulement une reconstruction du temple voué par Camille. Près de deux siècles s'étaient écoulés depuis cette. époque : il est possible que dans un aussi long espace de teins, ce temple eût tellement mnffoi I qu'il fût nécessaire de le construire, et il paratt, par les restes qui ont été découverts, que celui d'Opimius fût rétabli par l'empereur Auguste, dans le même emplacement. Opimius , en élevant cet édifice , offensa et affligea plus le peuple que par tous les actes de cruauté dont il s'était rendu coupable. En effet c'était s'énorgueillir de ce qu'il venait de faire, et tirer vanité de ce qu'il aurait fallu taire oublier; c'était regarder en quelque sorte , comme un sujet de triomphe , le meurtre de tant de citoyens. Aussi la nuit qui suivit la dédicace de ce

éleva ce

i la concorde (6).

Saint- Augustin regarde la construction de ce monument comme une raillerie contre les dieux; car, dit-il, si cette déesse eût déjà été dans la ville, sans doute elle se fût opposée aux dissensions qui venaient de l'agiter si cruellement. Si elle n'y éiait pas, il semble que le temple ne fut véritablement qu'une prison 00 l'on .voulait la renfermer. La Discorde , ajoute cet ennemi du Paganisme , aurait bien mieux mérité des autels pour le triomphe qu'elle venait d'obtenir , et des sacrifices pour l'apaiser, comme ceux que l'on offrait à la Fièvre , afin de recouvrer la santé (7). Mais les Païens eux-mêmes sentaient le ridicule de leurs superstitions qu'ils ne conservaient que comme on moyen de gouverner les hommes. Montesquieu dit avec raison que

celte religion n'offrît au culte des ets naturels, des divinités vicieuses et bizarres . elle produisait sur eux l'effet d'une bonne religion , puisqu'elle les rendait honnêtes gens (8). L'historien grec Polybe, qui avait passé as vie presqu'entière i Rome, ou

(a) Vie des Grecque», chap. 49.

(3) Appiea, livra I , eaap. 3, ta*.

(4) Veyes-cn la description par M. Carlo Féa . annoncée dans le» Annalei encyclopédiques de Millin, en icptembre 1817, tome 5, p. 90, et rapportée en entierdaai le même recueil , parier 1818 , t. ■ , p. 7a ; enfin sn-avee d«n» un mémoire de M. Dnrean de la

, ser la position de la roche TarpfieoM. Il parle du Temple de la Concorde , page q et a6 de ce aaésaoire,

Malle , sor la position di de la Concorde, page. 9

(5) Fut. , livra I , v<

(6) Pl.Urque , vie des

Grarquci ,

ebap. 5o.

il vivait au commencement de ce siècle , dn tenu du grand Se i pion et dn père des Grecques , trace ainsi le tableau de cette fameuse république qu il avait bien étudiée. « Uni > chose, dit-il,. qui produit souvent de mauvais effets

• sur les autres hommes , me parait avoir le plus contribué » a la grandeur de Rosne: je parle de la superstition. £11

■ est poussée au plus grand excès , en public comme en

■ particulier ; et je crois que ce n'est qu une invention de

• la politique pour contenir le peuple. Car si l'on pouvait

• établir une république où il n'y eût que des sages , tout » cela ne serait peut-Are pas nécessaire. Mais comme tout

• ce qui est peuple, est toujours inconstant, plein de détirs

• illégitimes , et se laisse emporter au désordre par la colère » et ses autres passions, il faut le contenir par de semblables

• inventions, et par la crainte de ce qu il ne voit point

« Je trouve «Jonc que ce n'est pas sans cause que les anciens I

• ont inspiré au peuple celte opinion des dieua et des peines » que les méchants souffrent dans les enfers ; et qu'il y a beau- » coup d'imprudence i rejeter ces opinions, comme on le fait

• de nos jours. Je me borne a en donner un exemple : cl. » les Grecs , on a beau prendre des précautions avec ceux « qui manient les deniers publics: si, en leur remettant » un talent , on en fait dresser nn instrument par dix no- > tairrs , qu'on le confirme par autant de sceaux , et qu'on

• y amène vingt témoins , malgré toutes ces précautions , » ils trouvessant le moyen de tromper. Au contraire chez

• les Romains la soûle religion du serment suffit pour s'as- » surer de la fidélité de ceux qui manient les plus grosses

sommes dans les magistratures ou dans d'autres commis-

■ sions , et il est très-rare d'y trouver quelqu'un qui soit

■ convaincu de péculal , au lieu qu'il- n y a rien de plus

• ordinaire chez les autres nations (a). Tel . est l'éloge que Polybe fait ae la droiture et de la

probité des Romains de son tenu; et l'on y voit que ces vertus leur étaient encore naturelles au commencement du septième siècle de leur histoire. Tant qu'à Rome on résonne foi , la . y régnèrent. Nulle

part, dit avec raison Tite-Live (10), le luxe et la cupidité n ont pénétré si tard ; nulle part l'économie et la pauvreté n'ont été si long-tems en honneur. La crainte des dieux , ce respect religieux pour la divinité (11), que Nu ma leur avait inspiré , s'y conservèrent , et les changements introduits dans le culte et les cérémonies ne purent altérer ces

«vsrvvaaiu «•VVSV «jSK» ItHI llMlUUCi XafU I UU d XIII

pecta celte religion , quelle qu'elle fût , la bo justice , l'équité , la pureté des moeurs , y régne

principes. La simplicité, la fini auquel il était accoutumé dés milieu des plus grands succè:

frugalité de ce peuple . le travail l'enfance , se maintinrent au

succès et de la prospérité la plus

et hauts envers leurs sujets qu'ils avaient autrefois traités comme leurs égaux ; regardant avec le dernier mépris tout ce qui n'avait pas le bonheur d'être Romain , ils exercèrent l'empire le plus tirannique sur les provinces qui se virent abandonnées au pillage des gouverneurs , de leurs officiers et des traitants , et exposées aux vexations les plus criantes.

Sans doute lorsque la corruption eut commencé par les grands, elle ne pouvait manquer d'atteindre aussi le peuple; mais le peuple resta cependant encore (ta) quelque terni attaché a ses anciens principes , et ne devint tout-a-fait corrompu qu'après qu'on l'eût mêlé i toosles peuples dllalie , en leur accordant le droit de bourgeoisie romaine. Alors cet amour de la patrie, source de tant de vertus , fut anéanti: on ne le regarda plus que comme un vain nom. Toutes les nations del'univers vinrent communiquer leurs vices aux Romains : on oublia la religion; on oublia la frugalité ; le travail devint insupportable ; on se dépouilla de tous les sentiments d'humanité; et les maîtres, oui autrefois travaillaient rec leurs esclaves,

(7) U cité de Dieu , livre 3 , eaap. aS.

(é) La République romaine, par Beaufort. Paris , 1767, tt,

(9) Polybe, livre 6, rhap. 56 dan» l'rdiiion de Sehweighaeuser. Nou» adoptoni ici la Iraduetion de Beaufort, qui ci le le chapitre 54 apparemment d'une antre édition. Dom Tbuilliér n'a pasaraduit le alueme livre de Polybe.

(to) Préface de son Histoire , t. 1 , p. 7 dans la traductién de Dureau de la Malle ; Paris , 1810.

(11) la République romaine, par Beaufort , t. I , p. 3$i.

sunxaaaussmsaneâs^

ABRÈGE CHRONOLOGIQUE

gens qui étaient de la même famille , le» traitaient de la manière la ploi dure , et le* accablaient d'un travail suppo riable. On prit même plaisir k répandre leur sang cas fameux combats de gladiateurs , où souvent on en c fiait des milliers a la passion que le peuple avait conçue pour ces spectacles inhumains. Rome , remplie d'une po-

rtulace oisive qui ne vivait que des distributions de bté que 'état lui fesait , nourrissait (i) dans son enceinte une foule de séditieux qui , s'arrogeant le nom de peuple romain , disposaient de tout sous la conduite de quelque tribun furieux. On n'y reconnaît plus ce peuple religieux , dont Polybe vante tant la bonne Cm et h probité. Les granit se mocq liaient des auspices j les ministres de la religion s'acquittaient plus qu avec négligence des cérémonies , bientôt il n'y eut plus de frein a l'ambition d'un côté, a la corruption de l'autre (a).

Le sénat y mit le comble, en fesant de ses dis! avec Gracchus, une querelle personnelle, lorsqu'il flatta le peuple, à l'envi de ce tribun , par les lois anarchiques de Livius Drusus. Aussi , lorsqu'il eut remporté la victoire, il n'en résulta que des vengeances qui furent un nouvel outrage aux anciennes lois. Opimius fut le premier Romain qui poria, dans le consulat, toute l'autorité de la dictature, en fesant mourir, sans aucune formalité de justice, trois mille citoyens, et, avec eux, Caius Gracchus et Pulvius, wnage consulaire, honoré du triomphe; l'antre, , puisqu'il n'avait que trente-trois ans , et supérieur à tous ceux de son âge , par aa gloire et par s» vertu (3). A la vérité , on a vu que le consul avait été investi d'une puissance extraordinaire pour exterminer les tirant. Mais iï n'y avait pas d'exemple qu'après la mort des chefs de la sédition , on eût autant cherché a augmenter le nombre des coupables. On peut seulement observer que la punition de Tibérrus- Gracchus étant si récente, Opimius se crut, sans doute, autorisé à faire considérer le crime de Caïus comme une récidive dont le châtiment devait être plus sévère.

A peine Caïus eut- il été tué. que le tribun La ci us Calpurntus Bestia fit rappeler, par les suffrages mime du peuple, ce Popilius qui , étant consul , avait banni les amis de Tibérius, et que Caïus avait fait exiler au commencement de son premier tribunal (4). Il était naturel qu'Opimius s'occupât du sort de «lui qui avait soutenu la même cause

Au reste, si sa cruauté peut-être excusée, il tant convenir que le parti de Fnlvius n'avait pas succombé sans rési* tance. Deux cent cinquante hommes, qui étaient morts en combattant pour lui, avaient sans doute tué ou blessé quelques-uns de leurs adversaires ; c'est ce que prouve la blessure du Publius Lenlnbas, prince du sénat (5).

La sédition du second des Gracques coûta «Jonc aussi du sang au parti vainqueur, et l'on jugea dès-lors que les Romains qui, dans leurs conquêtes, avaient versé si légèrement le sang des peuples étrangers, ne tarderaient pas à être aussi prodigues de celui de leur* concitoyens (6\ La faction populaire s'était portée dans les troubles à des excès qui dégoûtaient et alarmaient tous les citoyens amis de la paix domestique , et en recourant aux armes elle n'avait que trop justiCe les mesures prises contre elle. Le sénat et lés magistrats ordinaires ayant recouvré leur autorité, la tranquillité se rétablit . et 1 ordre le plus parfait succéda au désordre. Les points de législation furent discutés (7) au sénat, et on ne les porta plus devant le peuple uns l'aven des sénateurs. Les centuries exerçaient la puissance législative; les tribuns jouissaient toujours de la puissance prohibitive ; mais ils prévenaient les abus de la puissance exécutrice sans arrêter les opérations du gouvernement, et sans donner trop d'influence au peuple. On attendait de bons effets de la puissance judiciaire elle-même j on espéra que les chevaliers qui en étaient revêtus maintien-

draient l'équilibre entre les patriciens et les plébéiens Le parti aristocratique, maigre l'ascendant qu'il d'acquérir, n'entreprit pas •■' »- n—

venait

les lois de Gracchus :

(1) LaïWpuili (a) U*m

ton., i.p.35*

(3) PluLri,,. .

U) KoHio, t. 9. p. 8).

(5) Idim , p, 10S.

(6) FrrgvM»» , t. a , p. 164.

(7) Fergusoa, toute a, p. 16S.

il se contenu de punir ceux qui avaient eu part a la dernière sédition , et de rendre leurs biens et leurs rangs a cens des nobles qu'avait opprimés la faction populaire (8). Il n'oublia pas non plus ses intérêts. Peu de tenu après que la puis-

sance lui eut été rendue, 00 fit uae loi . propriétaire* des terres k vendre l'excedênt de la mesure réglée par la loi agraire, vente qui avait été prohibée par une disposition formelle de la loi dont Tibénus Gracchus

avait été le les riches acquirent en dépouillèrent l'cfTet de

Après avoir vendu cet excédent , Bveau la part des pauvre*, ou les

prétexte*. Par fut

pirée (9).

On vu cette année un arc autour du soleil (10) ; peut-être était-ce un signe de chaleur. £n effet, l'année du consulat d'Opimiu* fut unique pour les vins ; qui , dan* toutes le* espèces, parvinrent au plus parlait degré de maturité et de bonté (1 1). On sait que les Romains gardaient leurs vins

; mais ceux de ce conclu tem.

pendant un grand

su lat durèrent des siècles; il en resuit Pline, près de deux cens ans après qu'ils avaient été recueillis. C'est lui-même qui nous l'assure (ta) dans Ut passage qoe nous allons rapporter , et qui avait été fort mal compris i

jusqu'i présent. M. le marquis Garnier (t3) l'explique une très-grande clarté, ainsi qu'on va le nous ont paru tellement corieta , que en donner la traduction entière.

« 11 y a eu une année 00 tous le* vin» ont été bons;

• le consulat de Lai ci us Opimius, lorsque le tribut

• Graccbus fut tué â cause des séditions qu'il excitait parmi le > peuple. Cette année-la, qui était la six cent trente-troisième

• de là fondation de Rome, la saison fut si chaude, que les ■ raisins furent comme confits. Il reste encore aujourd'hui ,

• au bout d'environ deux cents ans, des vins de ce terne-la,

• mai* réduit* en une espèce de miel âpre ; car voilà ce q » deviennent les vin» extrêmement vieux; et il n'est pas

• possible d'en boire f k moins qu'on n'y mette beaucoup

• plus d'eau , tant la vieillesse les re» J amers et âcres ; maas

• en les mêlant, en très-petite quantité, avec d'autres vins,

• ils sérient a donner du goût a ces derniers. Si l'on sup-

• pose qu'une amphore de ces vins coûtait, dam ce tenu là , - cent sesterces, il se trouvera que sous l'empire de Caïus

• Caligula, Gis de Germanicus, c'est-a-dire , cent soixante » ans après l'achat , le prix* auquel se vendait chaque once de

• ce résidu vineux, était assex élevé pour rapporter l'intérêt

• du prix d'achat originaire sur le pied de ris pour cent , » qui est un intérêt modique et raisonnable : et nous avons

montré, par un exemple illustre , qu'en effet cela était

• ainsi ; savoir , en partant de la vie de Pompouiits Secu nd us , ■ et du souper qu'il donna è l'empereur Caïus (Caligula ) ;

" peut voir quelles grandes somme* d argent en provisions de vin. Aasri , n'y a-l-ifpas ise sur laquelle on fasse pin* de profit peu—

par où l'on

• s'emploient en

• de marchandise

• dant vingt ans , quand on

• il n'en est aucune sur '

• on vend mal. • Le texte de Pline, un peu obscur en cet endroit, est

ainsi éefairci par le savant académicien que nous venons de citer (14)- Chaque amphore qui avait coûté originairement cent sesterces, et qui , dans la nouveauté, cornerait vingthuit pintes de liquide, ne renfermait plus, au bout de cent soixante ans. que quelques onces d'un résidu ou sirop trèsépais , sous la forme d'un miel grumeleux , qui se vendait k l once , comme étant devenu une substance presque solide , dont 00 ne pouvait faire usage qu'en le délayant dans une grande quantité d'eau ou de vin. Si l'on suppose que le résidu de chaque amphore fut du poids de cinquante ooees , et que chacune de ces onces , au tems de Caligula, se vendît au prix de vingt sesterces, alors le propriétaire de vin aurait retiré , comme le dit Pline, mille sesterces de l'amphore; et ces mille sesii-rcrs lut auraient valu, avec le capital primitif, ou prix d'achat originaire , l'intérêt de ce capital , au taux de sis pour cent par année. En effet , six aester

(S) Htm, p. 166

t.3,p47iets*ù».

(9) Appirn . livre I , ckap. 4 . $• *?• (.0) iW, 11. >9 Voy. |, fh,.i<,u« d« M. Biot, (u) Vtlleiu, Pilcrculm, 11, 7.

(■*) Un* XIV, ekap. 4- (i3) Histoirt de U Monoslt , Paris , 1819 , t. a , p. 35o. 04) l*m, p. 36i.

DE L'HISTOIRE ROMAINE

intérêt de cenl, mullipliées par 160 , nombre des Minées écoulées , donnent 960 sesterces; lesquelles ajoutées sus cenl »esterces du capital , n'excèdent que de soixante sesterces le résultat que nous indique l'historien : sur quoi il se récrie et s'étonne, avec raison , de U grande quantité de capitaux que consomment les celliers.

Le père Hardouin déduit du texte de Pline, qui a paru fort obscur a Rollin , peut-être a cause de ce commentaire, que cent soixante ans après le consulat d'Opimius, l'once (1) de ce Tin s'était rendue quatre-vingt-seize lirres de la monnaie du tems de ce même Hardouin (a). Le commentateur semble supposer que ce vin , oui , après avoir perdu sa fluidité , était venu a un état de dessiccation presque complète, et avait pris la consistance d'un miel épais et grumeleux, avait néanmoins conservé tout son volume, et remplissait son vase comme au tems où cette liqueur était nouvelle. En parlant de cette singulière supposition, il a calculé que {'amphore pleine donnait un poids de 80 livres ou de 960 onces ; il a cru de plus , que chaque Once était vendue mille sesterces, et que, par conséquent, l'amphore produisait 960 mille sesterces ; de manière que , suivant son calcul , une mesure correspondante à vingt-huit de nos pintes , se serait vendue en argent de ce tems , une somme égale a 84,000 francs , et même, d'après le taux auquel l'annotateur a évalué le sesterce, a plus de aoo,ooo francs. Cette extravagance a cependant été adoptée par l'abbe Brotier, dans aes notes sur Pline (S).

L'auteur de la traduction française de Pline a imaginé ou adopté une autre interprétation. U explique ce passage, de son auteur, en disant que • la douzième partie seulement

• de l'amphore valait autant de sesterces qu'en produit du-

• rant cent ( 4 ) soixante ans l'intérêt accumulé de cent » sesterces , a raison de six pour cent (5). • On voit que ce traducteur suppose que le mot uncia , dans ce passage , signifie le douzième de l'amphore ; ce qui réduirait dans le rapport de 960 a ta ou de 00 I t , la somme trouvée par le père Hardouin. Un commentateur plus moderne, l'auteur des MoacxAOX utils. it S o> Punx, adopte cette interprétation. Mais quoique le mot atarta soit très - souvent employé pour désigner une fraction comme nous l'observons dans notre discours préliminaire , on ne croit pas que les Romains se soient servis du mot mta'a pour désigner le douzième de l'amphorea>Ce douzième était réellement de quatre ttxtarii ou sextiers (G).

Au reste, le passage que nous venons de citer de Pline, ne peut servir pour déterminer le prix moyen de l'amphore a l'époque dont nous parlons. M. le marquis Garnier ne l'évalue qu a quinze sesterces h). Il n'est pas surprenant , que dans une année telle que celle du consulat d'Opimius , où le vin fut réputé être d'une qualité si exquise, et où il dût être si peu abondant , a cause de la chalenr excessive qui avait cuit le fruit , le prix accidentel de l'amphore ait monté jusqu'à cent sesterces (o).

Ce serait se tromper peut-être que de croire avec le traducteur français de Pline, que la chaleur bonifia les vins dans toutes les parties de l'Italie. Il cite en preuve las raisins Cécube* , les raisins Massiques et les raisins Falernes , sur la foi des trois passages suivants (9) :

Ccecu&a sacetntur quesqut annut coxît Opimt.

Martial , livre 11 , épigramme 40.

• On prépare le Cécube , et tout ce que l'année d'Opi- ■ mina en a mûri. ■

Manu a solus haies , et Opimt Cacnba «Jus.

là. , liv. III , épigramme a6.

« Tu possèdes seul les vins de Massique et ceux de Cé-

• cube, recueillis sous le consulat d'Opimius. »

(1) Rollin, I. 9 , p. 119.

(a) Htm , p. tao. On trouvera la note d'Hardouin , qui fait ce calcul (Uni »■ édition , ou dans oellc do Pline de Fransiu* ,

(3) Histoire de la Monnaie , Paria . 1819 , t 9 , p. 363 et 3F,;.

(4) Le mol cemi manque dant la traduction française de Poia- ■inel de Siviy. Il est évident qu'on doit le suppléer.

(5) Histoire ne tare Us de Pane , traduite es français ; Paris , 177a, t. S , p. 179.

(6) Histoire de le Monnaie , t. a , p. 36j.

lV IdZ' P' 3*5

(9) C'est iePpère Hardouin qui 1rs a recueillis dans sas notes.

Statim alla/as stmt ampkora vùrea dib'gtmttr gypsata . arum in ctrwcUms pittacx» étant e/fixo corn hoc tïto/o :

Petronii Arbitri Satyr. , p. 1 14 (so).

t, on nous porta des

ces trois passages. Dans une partie du Lalium , entre la ville de Fondi et celle d'Amyclès, sur la voie Appienne, un petit canton planté en vignes produisait le vin de Cécube, dont Horace et d'autres auteurs ont fait l'éloge. Fondi jouit encore aujourd'hui d'une certaine réputation pour ses vins. Cette ville appartient au roi de Naplea , et lait partie de la province Je Labour (11).

ralerne , en latin moiu Faienms , est une montagne qui se trouve aussi dans le royaume de Naplea et dans la province de Labour. On la nomme encore Mauicus issoau, monte Massico , d'une autre montagne qui y est jointe et qui n'est pas moins célèbre par ses bons vins. On la place près de la petite ville de Carinola; ceux qui la mettent près de Pourvoie (ia) , parlent peut-être d une autre montagne de Fa terne , que celle qui a été rendue célèbre par ses bons vins. En effet, le mont Massico est voisin de Carinola, en latin , CarinuJa, ville du royaume de Naplea , dans la province de Labour, avec un évêché suffragant de l'archevêché de Capoue, mais fort petite, à cause du mauvais air, en sorte qu'elle est presque réduite i un village ne contenant pas plus de quarante maisons , a quatre milles de la cote de la mer Méditerranée, en allant vers Icano, et autant de Suessa au midi , a douze milles au couchant de Capoue. Son territoire , nommé autrefois Steltalei , était célèbre par sa fertilité et par ses bons vint (i3).

On voit par la que les raisins Cécubes , les raisins Massiques et les raisins Falernes, n'étaient que le produit de deux territoires assez voisins l'un de l'autre , et situés dans la même contrée; la chaleur y est habituellement très-forte, sans qu'il soit nécessaire qu'elle le soit autant dans la partie septentrionale de l'Italie, et le prix qu'on y mit, fait voir que la quantité devait en être peu considérable.

Cette année ne fut pat moins célèbre par raffermissement des conquêtes laites dans la Gaule transalpine. Le* Liguriens , qui comprenaient les SaKena et le* Voconces , avaient élé vaincus , deux an* auparavant , par Sexlius. Domitiui , l'année précédente , avait négocié inutilement avec les Allobroges, pour se (aire livrer les chefs de la nation subjuguée par Sexlius. Il fallut combattre au printems de celle-ci. Le* Arvemi, mécontents des Eduen* qui venaient , en quelque aorte , de se livrer aux Romains (i4)# peu satisfaits de la réception que Domitius avait faite a leurs ambassadeurs, entrèrent sur le territoire des Eduens et y firent des hostilité*. Les Eduens s'en plaignirent au

Proconsul , qui , jaloux de signaler son commandement avant arrivée de Fabius , prit de là occasion de passer sur le corps des Allobroges uns perdre de tems, pour s'ouvrir un passage jusque chez les Aiverni. Son armée passa la Durante et s'avança dans les belles plaines du pays de* Cavare* (i5) ; ceux-ci vraisemblablement s'étaient joints i Domitius, étant alliés des Phocéens - Marseillais qui on avaient fortifié les principales places : et nous avons vu que ce furent les Marseillais qui, les premiers. avaient eu l'imprudence d'appeler les Romains dans les Gaules.

Les Allobroges et les Arvernes épargnèrent k Domitius la peine de le* chercher long-tenu ; ils marchèrent eux-mêmes vers lui , et vinrent se camper an confluent de la Sorgue et du Rhône un peu au-dessous d'Avignon (16). Le général

Voyes le Pline de Fruuists, loin. 5, pag. 48. sur les teste*.

(10) Dans l'édition citée par Hardooia , et ton. s, pag. 3g4, dans l'édition de Paris , 180J.

(11) Epi grammes de Martial, traduction par ■819 1 tom. 1 , pas. a48.

(ta) Dictionnaire de Baudrand. Art. Falerne. (l3) Dictionnaire de Baudrand. Art. Carinola. (•4) Appien, 4tMUt Csllicis > *xW M\

(15) Histoire romaine , par Catroa et tom. t3, nag. S38 et S39.

(16) Rollin, tom. 9, pag. lit.

AUKËUÈ CHRONOLOGIQUE

romain s'avança de son coté auprès d'une de ces villes fortifiées par les Phocéens, comme le prouve son nom grec Oumdatiân (i), située un peu au-dessus du confluent des deux rivières dont nous venons de parler. Ce général avait des éléphants dans son camp (a). Avait -on fait grimper les Alpes a ces animaus P les avait-on transportés par mer jusrju à Marseille? c'est ce que l'histoire ne nous apprend point. Noos savons seulement qu'ils n'étaient point inconnus des Cavares , qui pouvaient se souvenir, qu'environ un siècle auparavant , leurs ancêtres en avaient vu passer le Rhône sous les ordres d'Annibal. Mais ces anciens événements étaient effacés de l'esprit des autres nations gauloises, et c'est aux éléphants qu'est attribuée la victoire que remporta Domitius (3). La ferme étrange et inusitée de ces animaux effraya les chevaux et les cavaliers. L'odeur des éléphants , insupportable aux chevaux , comme le remarque Tite-Live en Mus d'un endroit , contribua sans doute aussi k ce désordre (4). Ce fut avec ce secours que la valeur et la discipline des Romains parvinrent à mettre en déroute celle multitude innombrable d'Allobroges et d'Arvernes qui s'étaient rassemblés pour lutter au moins par le nombre (S). 11 resta , dit Orose , vingt mille Gaulois sur la place : trois mille furent faits prisonniers (6). Avantage complet et capable de décourager tout autre peuple que la nalion gauloise! L'affaire de Ouindalidn ne fut que le prélude d une campagne que le consul Fabius, nouvellement arrivé de Rome , vint achever, pendant que son prédécesseur Dorai tins s'empressa d'aller triompher des Allobroges et des Arvernes , ainsi que nous l'apprenons des Fastes dont j'ai rapporté la traduction (7). Dans le même tems, Quintus Métellus vint aussi triompher des insolaires qu'il avait domptés, et prit le surnom de Baléaricus. Il parait que dans la famille de Métellus , on était avide de ces surnoms ambitieux. Le père de celui dont je viens de parler, s'était fait surnommer Macédoniens, quoique ce qu'il avait fait en Macédoine ne tût pas comparable a la conquête de ce royaume par Paul Emile, qui, cependant, n'en avait pris aucun nouveau surnom. Voila deux fils (8) du Macédonique qui se décorent des litres de Baléaricus et de Dalmatiens. Nous verrons bientôt, dans la même famille , ceux de Nu midicus, de Creticus , etc. On reconnaît ainsi la vérité de ce qu'a observé Tite-Live (g) , que l'exemple du premier Scipion l'Africain donna lieu k la vanité de ceux qui le suivirent , de se parer de titres semblables, sans les avoir aussi bien mérités que lui (10).

La défaite des Allobroges et le progrès des armes romaines, obligèrent les Arvernes à déployer toutes leurs forces. Ils appelèrent i leur secours les Rulénicns , que Ptotémée appelle Rulaniens et qui habitaient cette portion de la Gaule Aquitaniqoe, qui a compose depuis fa province du Rouergae , aujourd'hui le département de l'Aveyron, dont Rhodes est la capitale (ti). C'est avec ces auxiliaires que le roi Bélultus parvint k former une armée de deux cent mille hommes. Le consul n'en avait que trente mille (ta) que Fabius, sorti de Rome durant les troubles qu'y suscitait la haine d'Opimius contre GTacchos, avait reçus de Domitius. Ils étaient campes dans le pays des Cavares, sur les bords de l'Ouvèze (i3), où Domitius avait fâil construire deux tours de pierre, au lieu même où il avait combattu, c'est-à-dire a Ouindalidn , qui prit de là le surnom de Bitum'lœ, Rédarridrs, qu'il porle encore, ce même Domitius ne crut pas avoir rempli sa Uche par la victoire qu'il avait remportée et le triomphe qu'il avait ob tenu ; il revint à l'armée pour aide» le consul de ses conseils et de son bras.

(I) Voyr. le. antiquité, du département de Vaneliue, p. 48. f» Outra Tite-Live , Strsbon et Flores , on peut voir sar celte

victoire, Velléius Paicrculu. , et Paul Oro<r, livre 5, chap. i3.

fJJ Histoire romaine , par Catrou et Rouille*. Paris , I7Î0 Un i3, ps* £39, 540, S41.

(4) Histoire romaine , par Rotlin , toro.o, pag. i3i.

(5) Catrou et Roaillé, pag. ty.

(6) Rotlin , loin. Q, pag i3i.

(7) itoilia, p. i3b, sa trompe .donc lorsqu'il place le triomphe de Fabius , avant relui de Domitius. Mai, il rectifie Canroa et Rouillé , en plaçant ««us cette année la victoire de Fabius.

(8) Rollin dit le. fit. et Je neveu; saai. Sigonim (CW lom. 1 , l»f- 4°9 ) . 0'« powlitexoeat que le Halearicu» et le Oalmalicu* fun.st Irecta.

(g) Ut XXX, rh.p 45.

(10) HUtoirt de Rollin , t. g . p. ia4 et lai.

(II) Catrou et Rouillé, n 543.

Tous deux s'avancèrent jusqu'aux bords de l'Isère , peutêtre pour se rapprocher des Ëduens : ils ne furent point effrayes de cette épouvantable multitude qu'ils avaient à combattre. Fabius comptait plus sur ses légionnaires disciplinés, que Bétultus n'avait de fond a faire sur cet assemblage de Gaulois presque sans ordre et sans expérience (1 ,). On avait vu dans d'autres occasions, que les soldats gaulois valaient bien les soldats romains. Mais la force et mime le courage ne l'emportent presque jamais k la guerre sur la bonne discipline militaire. Cesl ce que les Allobroges venaient d'éprouver.

Cependant lorsque le roi des Arvernes aperçut le camp des Romains, il méprisa de si faibles ennemis, et dit aux gens de sa suite : • A peine une si petite poignée d'hommes • suflira-t-elle pour donner de la pliure k mes chiens. • Comme il n'avait auivi dans sa marche que le bord occidental du Rhône , il fallut construire un pont sur pilotis pour faire passer son armée a l'autre rive. Ce ne fut pas assez Je plusieurs bateaux liés ensemble par des chaînes et par des cables ; il forma un second pont qui donna plus de facilite pour traverser le fleuve. Il est douteux que l'art des campements fût alors connu des Celtes. Quoi qu'il en soit , cettr multitude descendit dan* les plaines sabloncuses qui sont vers l'embouchure de l'Isère. Bétultus, impatient de donner bataille , de peur de laisser échapper les Romains qu'il croyait avoir surpris comme dans un filet , s'avança pour commencer l'attaque avant que tout son monde eût quitté le Rhône Le moment qu'il choisit était assez favorable pour lui. l.r consul romain n'était pas entièrement guéri d'une blesvur* qu'il avait reçue dans une rencontre. Il avait la fièvre quarte . et il était pour lors dans le fort de son accès (s5). .Mais, d'un autre coté, le lieu ne favorisait pas l'arrangement dr la grosse armée que le roi des Arvernes traînait I sa suite Le terrain était entrecoupé de canaux , embarrassé de rochers , et semé de taillis. Ainsi les Gaulois ne pouvaient 1 combattre aussi serrés qu'ils auraient dd le faire. L'action se passa le sixième jour avant les ides d'août (16) , c'est-à-dire le 6 août (17) romain de l'an 633; ce qui, suivant noire lablr, correspond au 1 1 mars de l'an tai avant J. C.

Tout alité qu'était alors Fabius , il n'hésita pas de nut cher au combat. Tantôt porté sur son char, il arrangea lui-même ses légions , leur enseignant comment elles devaient attaquer ces peuples qu'il appelait bariara. et tantôt marchant doucement , soutenu sous les bras, il alla de files en files, donna ses ordres, et exhorta ses soldais à bien faire (18). Sans attendre que toute l'armée gauloise lût arrivée sur les ponts , les légionnaires donnèrent avec une ardeur et une impétuosité qui surprirent les ennemis. Les Celles soutinrent quelque tems l'effort des Romains, plus par le nombre que par la constance. Enfin le massacre devint jfTreux (19), et la déroute fut générale. Les Celtes vaincus n'eurent plus d'autre soin que de repasser l'eau , et de gagner l'autre rive. Par malheur, le pont de bateaux, trop chargé, coula i fond, et plusieurs milliers d'hommes qu'il portait, furent submergés. Ce fut alors que Domitius voulut du moins contribuer au succès d'une si brillante journée, par quelque action d'éclat qui l'égalât à Fabius. Le roi des Arvernes n'avait pas quille le champ de bataille , quoique Domitius dût rester encore dans la province; ce priucr voulait se rendre, ainsi que la nation des Allobroges, à Fabius , qui , étant successeur de ce général , avail alors le commanJrmenl (a<>). Domitius, pique de celle préferenct très-naturelle , se vengea par une perfidie. Il fit solliciter Bétultus k une entrevue, et l'invita a passer dans sa tenir, pour traiter avec lui a l'amiable , réclamant les droits d'bos

(ta) Rollin, loin g, pag i3a.

(13) Catrou. (ont. i3, pag. 5{i et 543. L'anleur dit aVWMsri maïs le territoire des Cavare» était borne par le Im . au-delà duquel étaient les Triraitins . un peu au-dewous du pont SaaBt-Kspril

(14) Histoire romaine par Catrou et Rouillé, Paris, 1730, 1. 13,

(|5) C. Mimé mmfmrmlis h u tarir, Ut. 7, on*. 5o.

(16) Cumin* récrit Catrou . qui traduit Pline, où on lit : a. d. 1 1 iéu Amuttms, oui doit effectivement être traduit ainsi.

(17) Rollin se trompen t g^p i33^ en disant leyo août.

des Gaule. . par dom Bouquet Haii.'. 1738, t. 1 , p. 460 et 461

(igl V,UéiiUP»terc«j„.,bb 11 , cap 3g. pag. 3% du mè»e reçu ri!.

(ao) Valcriui Masimn* , hb. g , cap- 6 . p 666 du mène recueil. | Catrou cite pour cet auteur rttl. Pmtêft. , et te trompe evidtni- j

DE L'HISTOlKE humai:

| pitelite, que lui donnait l'ambassade de l'année précèdent!-. Le roi des Arvernea, plein de cette franchise qui fui de tout tenu le caractère des Gaulois, céda a la persuasion mensongère des Romains. Il se laissa conduire, sans escorte, en présence du proconsul. Dès que Domilius l'eut en sa puissance m 11 est nécessaire , loi dit - il , que voua alliez » vous-même a Hume. Là , vous rendrez compte au sénat » de votre conduite, et peut-dire aeret-vous juge digne de • sa Lienvcilljncs >. En vain, Bétultus s'opposa a cette translation, et réclama les dieux protecteurs de U bonne foi. Il ne fut point écoulé, et l'hospitalité fut violée. Coq duit a Ma rsrille , on 1 embarqua lur un vaisseau qui le porta en Italie, où il fut envoyé sotis bonne garde dans la ville d'Albe. Son fils Congenial , qui avait été pria aussi , fut envoyé A Home (i) Tannée suivante , ainsi que nous le dirons en donnant I histoire de cette année.

Fabius cependant goûta, en plu* d'une manière , le fruit de sa victoire. Outre qu'elle fut complète, puisque les Celtes perdirent cent vingt mille hommes (a), ou extermines par le fer ou noyés par Us eaux , le consul fut entièrement délivré de la fièvre (3). Soit que la joie d'avoir vaincu , soit que le monvexnent qu'il se donna durant l'action , eussent causé en lui une révolution subite, il ne sentit plus aucun retour de sa maladie. Le proconsul ne s'occupa donc alors qu'a régler les affaires du pays qu'il venait de conquérir. La nation des AI lobroges se soumit a la domination romaine (4). Cependant on ne la réduisit point en province. Rome ne lui imposa aucun tribut, et l'on n'envoya point de préleur pour ta gouverner (5). César, en parlant a Arioviale de la défaite des Allobroges et des Ruténiens par Fabius Maximua, dil formellement qu'ils n'avaient point élé assujetti (6). Pour les Arvernea , on (es regarda comme suffisamment chitiés par la perte qu'ils avaient faite et la privai ion de leur roi , ainsi que de son fils. On n'exigea point d'autre punition. Fabius leur fil promettre qu'ils demeureraient tranquilles dans leurs limites, et ils tinrent parole. Dans la suite, la république o'eul guère de peuple plus affectionné. A l'égard des Eduens, ils .n'oublièrent presque jamais leur alliance avec Rome, i le sénat affecta de leur donner le nom de frères.

Kcasions, il les protégea, et le nom Eduen é dans la Gaule , qu'il était cher 4 la répu-

dit que7 Domilius avait voulu laisser des mois victoire au lieu où il l'avait remportée , et qu'il y avait érigé des tours surmontées de trophées qui annonçaient de loin aux Allobroges leur humiliation; sorte de constructions jusqu'alors inusitées parmi les généraux romains, leur coutume n'ayant jamais été d'insulter, après la défaite, aux nations qu'ils avaient soumises (8). Fabius i conserver le souvenir de son triomphe , en feuire dans les Gaules deux temples; l'un, à Hercules, comme au dieu particulier du pays, ou plutôt, peutêtre comme i celui auouel la famille de ce général rapportait son origine (9) ; I autre , à Mars, comme a la divinité tutélairc des Romains (10)1 si l'on en croit un historien moderne ; mail l'ouvrage qu'il cite , comme pour le prouver ( les Questions romaines de Plutarqoe), dit précisément le contraire, en affirmant (11) qu'il était défendu i Rome de il cmander si la divinité tutélaire de cette ville était un dieu ou une déesae , et qu'on ne pouvait pas déclarer le nom de cette divinité. Il est bien plus vraisemblable que Fabius , eo celte occasion , considéra Mars comme le dieu des Celtes et comme celui des co rabats ; sous ce dernier rapport , il était commun aux vaincus et aux vainqueurs.

Quoi qu'il en soit , an voit que Fabius , entraîné par l'exemple de Domitius , eut aussi la vanité d'ériger des trophées dans le pays vaincu. Mais cette victoire méritait bien s'il en faut croire ce que nous dit Ap-

fut aoasi blioue < Nous

fl) Sfitamt T.IlLitii, lit. 61.

(a) U. «*W. PW , livre 7 , clwp. Se, dit cent trente miHt ; et Strabon, livre 4 ■ deux cent mille. C'est bien asses d'admettre le calcul i* Tite-Live.

l3) C Piimîi naluralît At'j/orr* , lit. 7 , fjr*. So.

(4) Bfrtamt Titi Uni, lit. 61.

(5) Histoire romains, par Catrou et Houille*. Paris, 17S0, t. i3,PS46.

(6) QtUtt fptUm flMiMji/ iftiariiitt, atfte improruuiam rtJcgiistl, Cmmmrniar, lit. t.

{7) Histoire sonairn, par Catrou et Rouillé. Paris, 1780, t. i3 , p. 546.

(8) Flores, lit. 3, Cf.*.

pien (ia),que l'armée qu'il commandait, en tuant cent vingt mille Celles, comme nous l'avons déjà dit, d'après Tilc- Live , ne perdit que quinze soldats ; et ce ne fut pas sans raison que cet heureux succès fit donner a Fabius le surnom d'Allobrogique (t3).

C'est ainsi que la république romaine , en étendant son territoire, cherchait i se dédommager des dissensions intestines auxquelles elle était en proie et qu'elle venait de terminer au prix de tant de sang. Ses conquîtes ne lui rendirent pas le repos qu'elle avait perdu. Déjà un successeur se préparait à Gracchus. Il se nommait Caïus Marina , né de parents entièrement inconnus , pauvres, et qui étaient obligés de travailler de leurs mains pour gagner leur vie. Son père portait , comme lui, le nom de Marins, et aa mère s'appelait Fukinia. Né l'an i56 avant notre ère, il ne vint que tard i la ville, et par conséquent , il ne commença que tard à connaître les meeurs et les manières de Rome, et i cultiver la société des gens bien élevés. Jusques-la , il avait toujours vécu dans un bourg appelé Cernétum 04), dans le pays des Arpinates, où il mena une vie très-grossière, si on la compare è la vie douce et polie des villes , mais tempérante , sage et très-semblable i celle des anciens Komains.

Plularque dit avoir vu de lui 4 Raveane , dans la Gaule cisalpine, Une statue de marbre qui représentait parfaitement lout ce que l'on rapporte de la sévérité et de la rudesse de ses mœurs. Car , étant né robuste , courageux , et uniquement propre aux armes , et ayant eu une éducation plus guerrière que civile , il apporta dans le commerce des hommes un naturel sauvage , indomptable ; et quand il fut revélu de l'autorité , il se montra toujours intraitable et féroce ; on dit même qu'il ne voulut jamais ni apprendre les lettres grecques , ni se servir de celle langue dans aucune affaire importante et sérieuse, trouvant qu'il é|ail ridicule d'apprendre et d'employer la langue d'un peuple auujétu

Ce même PluUrque , 1 qui nous devons tous ces détails , >us a aussi donné le moyen de calculer l'époque déjà fixée pour la naissance de Marius. En effet , cet historien nous apprend (i5) que Mari us mourut le dix-septième jour de son septième consulat , dans la soixante-dixième année de son âge (16). Or, suivant notre chronologie, ce consulat a

ain de l'an

le

1". janvier romain

Ch8,

correspondant au 17 novembre jolien de l'an 67 avant noire ère. Il est donc mort le 17 janvier romain , 3 décembre julien. Il aurait eu consequemment soixante-dix ans, le 3 décembre de l'an 157; pour être seulement dans sa soixante-dixième année, il faut qu'il soit né l'an 1 56 avant noire ère. Il avait donc trente-cinq ans, a l'époque dont nous parlons ici ; né deux ans avant Caïus Gracchus , il avait pu observer -de près U conduite de ce iribun , et sans doute il avait bliroé sa faiblesse.

Cet âge était suffisant pour que Marius fût parvenu a uta des premiers grades de l'armée après celui de général. En effet, aa première campagne avait été contre Tes Cellibériens, l'an 6ai de Borne , 1 33 ans avant notre ère, lorsque Scipion l'Africain assiégeait Numance. Son chef ne fut pas long-tcms sans apercevoir qu'en force, en courage et autres

Qualités pour la guerre , il était fort au-dessus de tous ceux e son Ige , et qu'il avait embrassé sans peine U nouvelle discipline introduite par Scipion dans les armées , substituant une vie dure et frugale i la vie molle et somptueuse qui les corrompait , comme y étant déjà formé et habitué.

On dit qu'un jour, il combattit un ennemi sous les yeux du général , et qu'il le tua. Scipion , qui n'oublia point ce trait de force et de courage, tacha de se l'attacher en lui rendant toutes sortes d'honneurs , et en l'appelant souvent a sa table; on raconte qu'un soir, Marius ayant l'honneur

(9) H.Uartrur , su eomr vtt la noir or ion

de la vie de Fabius Maxi

Vores dil : Nalmt im (so) Histoire 544 et 546.

(11) Question 61. Vojti \e% Œuvre» mondes ic Hlalsrque, Ira— daitet par Ricard. Paris , 1 78S, t. 3 , p. 4»« et 4aa-

( 1 a) /« Ctllitù. Voyes le Recueil de» historié». , par don Bouquet , t 1 , p. 460,

(i3) Velleïa»V«terculu»./ïi. a,«u>. 3o,

(«4) Pline, III , 5 , août donne ce nota éVfiguré par Plu tarira». (1$) Vie de Caïus Marins, dernier chapitre, (tè) Ii. chap. 86 , dans l'écHtioa de Ctusse.

AbRKGL CHRONOLOGIQUE

de souper svec loi , la conversation étant tombée par huant sur le* capitaines qui rivaient «Ion, quelqu'un de b compagnie demanda à Scipion , »oit qu'il doutai véritablement, toit qu'il voulût loi taire la cour, ■ Quel capitaine le » peuple romain aurait après lui qui pût le remplacer ? » Scipioa, frappant doucement de la main tur I épaule de Marias, qui était au-dessous de lui : • ce sera peut-être • celui-ci, répondit-il • ; tant cet deux homme* étaient heureusement nés, l'un pour marquer dé* ta jeunesse combien il serait grand an jour, et l'autre, pour bien connaître et conjecturer le* grandes et glorieuses suite* qu'aurait un tel commencement! Il est certain que ce mot de Scipioa fut pour Mari us comme une Toix divine qui l'éleva a dt hautes espérance* ; ce rut ce mot , qui , plus que toute autre chose , le porta à se jeter dan* le gouvernement de la républi-

3 ue (1) Quoique tes compatriote* ne l'eussent jugé digne 'tucun emploi a Arpinura, il avait eu la hardiesse de demander la questure a Home , et par ta patience a souffrir de* refus, il était entré par force dan* le sénat , plut Ai qu'il n'y avait été admis (a).

Le parti aristocratique dominait cette année. Il vit avec inquiétude aspirer aux honneurs de l'état , un homme d'une naissance obscure, élevé à Arpinum parmi des paysans (3) et des soldats légionnaires, dont les moeurs étaient rustiques, mais dont le courage était intrépide et l'ambition démeturée, tant autre litre que celui de naturalisé romain. 11 essuya cette année un nouveau refus. S'étartt mis au nombre de ceux qui demandaient le tribunal , il n'obtint pas les suffrages (4)- " retourna sans doute à l'armée des Gaules où il s'était déjà distingué et où ses talents mieux connu lui assuraient des distinctions méritées. Sans doute ses fonc m* de questeur lui

634 de

lai-iao

noire ère.

, Caïd* Panhius Ca*.bo.

Cen.it un : I.vcics CALPU»;ntis Piso Fnuct , Quitrrcs Csctuos Mîtslld* Baléaucus, fil* et petit-fils de

, etc. Vent les Mém. de l'Acad. det Intcr. , tom. XXIV , pag. a38.

Ces consuls entrèrent en charge le 1". janvier romain , an juillet julien de l'an lai avant notre ère. Les Faites d Altnéloveen (5) placent leur consulat *ous la même année de Rome , lao avant notre ère. Ceux de Sigonius «ont eo arrière d'un an, et ne le* mettent que sous l'an 6H3 de Rome, lit ajoutent que cette année Quintus Fabius Maximus Allobrogicut , proconsul, triompha des Allobroges, de* Ruténien* , des Arveraes et du roi Bélulltu, qu'ils appellent Bituitut (6)l

Castiodore et lès FmstiSiculi nomment cet deux consuls, qui ton! aussi placés tout l'an tao avant notre ère, par Argelati. CaïusPapiriutCarboest lemérnequi, ayanlélé tribun du peuple l'an 6a i , et questeur l'an 6a£ , tout le consulat de Claudius et de Perpema, fut ensuite désigné parCaïus Grecchus, comme triumvir pour le partage de* terres. Il avait d'abord suivi le parti du peuple, et t'était ensuite rangé dans le parti opposé (7) ; il fut nommé consul par le crédit de ceux qui tenaient alors les rênes du gouvernement. Il abjura ses anciens principes d'une manière Iris solennelle ; car il défendit la cause ePOpimius, ton prédécesseur, qui, à l'expiration de ton consulat , fut traduit en justice pour avoir fait mourir des citoyens tans observer les formes près criles par la loi ; quoique Papirius eût été leur complice ., il soutint que les arrêt* de mort avaient été justes et nécessaires (b> U vint i bout de -

et le tribun Publius Déciut(o), qui l'avait accusé , lueeomi» Le peuple n'en voulut pas moins faire connaître tout le regret que lui causait la mort de* Grecque*; il leur fil faire de* statues qui furent exposées publiquement ; il consacra le* lieux où ils avaient péri , et il allait y porter le* prémices de* fruits de chaque saison. Un grand nombre même d'entr'eux y offraient chaque jour des sacrifices, et t'y acquittaient des même* devoirs religieux que dan* le* tcmplei Leur mère, Coroetie, supporta son malheur avec beaucoup décourage et de grandeur d'Sme ; elle dit, en parlant des édiBces sacrés qu'on avait construits sur le* lieux ou ils avaient été tués : « Ils ont les tombeaux qu'ils méritent. > Elle vécut le reste de ses jours dans la maison de campagne qu'elle avait près du mont Misène , tant rien changer à ta maniera ordinaire de vivre. Comme elle avait un grandi nombre d'amis , et que sa table était ouverte aux étrangers, elle avait toujours auprès d'elle beaucoup de Grea et de gens de lettrée; le* rois même lui envoyaient et recevaient d'elle des présents. Ceux qu'elle admettait dans sa maison étaient charmés de l'entendre raconter la vie et les actions de Scipion l'Africain , ton père ; mais il* étaient ravit d admiration lorsque , tant témoigner aucun regret , sans verser une larme , elle rappelait tout ce que ses dru» fils avaient fait, tout ce qu'ils avaient souffert, comme si elle parlait de quelques personnages anciem qui lui auraient été étrangers. Plusieurs de ceux qui l'entendaient, croyaient ue la vieillesse lui avait affaibli l'esprit, ou que la graveur de ses maux lui en avait été le sentiment ; mai ili manquaient plutôt eux-mêmes de sens , de ne, pas savoir combien un heureux naturel et une bonne éducation don nent de ressources a l'homme pour surmonter ses chagrins , et d'ignorer que « la vertu heureuse est souvent vaincue par la fortune , elle ne perd pas. dans l'adversité, le couragr de supporter ses malheurs (10). C'est une vérité que confirme une longue expérience. La prospérité , a dit un ancien, faj l'ime du sage; l'adversité l'affermit par ' dont elle le trappe (il).

Comme on nommait des censeurs tous doit en avoir été nommé cette année été commencé. Les Annales de Rom< sur leur nom, il est difficile de sa' Sigonius |'a cooiecluré d'après les études profondes lui avaient données Il croit que l'un des deux était Quinti le même qui avait triomphé l'année p fils de Métellut Macédoniens. En effet, cuJut (ta) nous dit que ce dernier laissa quatre fils qui portèrent ton corpa dans le Forum, dont 1' un était consulaire et avait été censeur; l'autre , seulement consulaire ; le troisième consul ; et le quatrième , candidat pour le consulat qu'il obtint. Cicéron (i3) dit aussi que Quint us Métellut «il trois de se* fils consuls : dont l'un censeur et triomphant ; le quatrième préleur. Pline (i{) assure que le Macédoaiqor fut porté sur le bûcher par quatre 61s, l'un préteur et trois consulaires, deux qui avaient triomphe, un qui avait été censeur. A présent , si l'on cherche lequel de cet deux qui avaient triomphé, a exercé la censure, ai c'est le Baléanau, l>u le Ua/malicus , .Sigonius répond avec raison qne ce ne peut être que le Baléaritut; en effet, Cicéron, daosle discours qu'il ai] resta au peuple après son retour (|5), parle ainsi de ces Je ui Métellut : « Ce n'est pas Lucius Métellut , le consulaire , * ni Caïus Méirllus , qui a été censeur. » Or, il n'aurait pas omis celle dernière illustration en faveur de Lucius.

Ïui est le Dalmatique , s'il avait aussi exercé la censure. Si onc Caïus Métellus a été censeur , et qu'il l'ail été avant la mort de son père, qui cessa de vivre sous le consulat de soe fils Marcus Métellut, il est nécessaire qu'il l'ait été celte année. Sigonius loi donne pour collègue, Lucius Calpurnias Piso Frugi , qui avait été consul treize ans auparavant, l'an 6a 1 , duquel nous avons déjà parié i l'occasion de Caïus Gracchut (16), et que les anciens auteurs disent aussi

es cinq ans, il ■t le lustre doit avoir yant gardé le silence ir quels ils ont été.

mnaissances que ses r l'nitloire romaine.

Métellus Balearicus , "édente , et qui était Velleius l'altr-

(1) Ralerau.. rit de Marins.

(a) V«U« Maxime, liv. VI, ch.

(3) JuvtW . ta lie* 8. Pin», liv. .

(4) Ferguson , Hi.loirc de la R«p

(5) Pag 94

(b) Ceoli Siguzi

fi) C-c.ro, «V0«tor». Ai.//.

I, ». iL 1. ch. 11.

Miaue ramai:

, ta, p. 166.

(9) VaLhUBMikm,, m. 6t. Oa y lit Q. tu lieu « Vojre. P.gW«s , /prouve qa. c'est un. but. , f„ |u

é«p.D;ciB..

H. Ci-

céroa et d'Auréliua Victor.

(10) Plutarqur , ri* des Grecque» , ch. Si , traduit par Ricard

(11) Note de Ricard, »ur ce pjuite.L, Ill ». 14» 4. sa Iraducl. pa) I. u

(i3) Dam ion Traité' de FiMittt, livre S. 04) But. mat. lit VII

(15) L'ddilion ê'Ernesti dit iculrmeat, p. QIX.M £.*/(?. MtieJli, wiani , sais parler d. as censure. Ainsi U raisonnement d* Sigonius peut Mr. contesté.

(16) Sous r*o 63i.

DE L'HISTOIRE ROMAINE

avoir exercé la censure. Car , c'est Je lui que Cicéron parle ainsi dans son Rrutus : « Lucius Piso, tribun du » peuple, a le premier porté une loi sur le» créances a » réclamer, et il a laissé des Annales. » C'est de lui que Deoys d'Halicarnaste invoque le témoignage au quatrième litre de ses Annales et qu'il appelle Aim». Dir»» *»»'*' i, r«îr HWnfaii WtfUu , c'est-a-dire : » Lucius Piso Frugi . dans ses histoire» écrite» par année. - Or, le même auteur, dans son second livre, dit « ni»»» A'iu.r .' w$wmtu

Mine aussi (i) cite ce même Pison comme ayant été censeur. Or, nous ne trouvons parmi les consulaires d'autre censeur nue celui-là. Car nous connaissons avec certitude l'année de la censure de Cnéus Domitius Abénobarbu», était plébéien, parce que, cette année, pour la foi», deux plébéiens eurent celte dignité. Les r ^

de'cetîcTnn^fi^^

Octavius , l'un des tribuns de cette année , fit ajouter une modification à la loi de Gracchus, relative aux blés que fournissaient au peuple le» grenier» (3) de l'annone. Il est probable qu'il affranchit le trésor d'une partie de cette charge ; nuis les historiens ne donnent point de détails sur ce sujet (4) qui méritait cependant de fixer leur attention.

Après avoir organisé l'administration des province* qu'il avait conquises, Fabius y laissa Domitius qui avait triomphé l'année précédente; voulant aussi triompher à son tour, il s'embarqua au port de Marseille pour retourner à Rome. On ne sait pas si le roi de* Arvernes, Bétultu*, le devança , ou si ce malheureux prince fit la traversée avec lui. Mais Domitius ayant été plus particulièrement accusé de la perfidie exercée sur ce prince, l'avait sans doute tait partir d'avance , afin de taire valoir en sa faveur l'avantage nui en résultait pour son ambitieuse république. En effet, le roi de* Arvernes te plaignit amèrement des procédés de Domitius. • Quel nouveau droit des gens introduisez-vous dans

• nos Gaules, dit-il au sénat f n'avez -vous vaincu que

• pour donner des exemples de mauvaise foi à une nation

• sincère et crédule ? On m'assigne un rendez-vous ; j'ac-

• cepte la conférence, et l'on me charge de chaîne*, comme

• un captif pria à la guerre ; sont-ce donc là le* superche- » rie* «Tune république dont on a vanté l'équité? » Le* sénateurs délibérèrent sur le* plaintes du roi et sur l'action de Domitius. Le* Romain* étaient déjà bien déchus de cette ancienne probité si vantée par Polybe. En celle occasion , l'apparence de l'utilité publique l'emporta sur le grand intérêt du bon droit. On craignit à Rome que Bétultu* ne recommençât la guerre si on le laissait retourner dans son pays. Cette crainte fit mime commettre une seconde injustice. Le sénat donna ordre au consul Publius Manilius , qui partait alors pour la Gaule ( où sans doute il remplaça Domitius ) , de faire «nlever Congéniat , fils de Bétultu*, jeune prince des Arvernes , et de le faire transporter à Rome. Cependant tout se prépara pour le triomphe de Fabius, qui, monté sur un char, fit servir Bétultu» et le* plus riches dépouille* des Arvernes, d'ornement à ta marche , et qui lut depuis toujours distingué par le nom d'Allobrogique (5). Ce nom n'était pas une vaine désignation. On sait que les peuples conquis par le* Romains choisissaient ordinairement pour protecteur* ou pour patrons (6) les généraux mêmes qui Us avaient soumis. Ce fut ainsi que les Allobroges devinrent clients de* Fabien* (7).

Le roi des Arvernes marchait devant lui, non pas à pied, comme un captif ordinaire, mai* monté sur le char où il avait coutume de combattre (8). Nous avons dit, d'après Florus , que ce char était d'argent. Catrou et Rouillé disent seulement qu'il éuit garni d argent à la gauloise. Mais le

(1) XIII , i3.

(a) SigcnU Opttm , t. 1 , ». iu

(3) Ferguton, t. a, p. 167. Il

(4) iV. p. 168.

(5) Histoire romain pag. 54? et 548.

(6) Cicaro ,de O/jfci/j , US. J,JV;. ' '•

(7) Salluite , conjuration de "

(8) Catrou , t. 1 3 , p. i i».

(g) Nfiliu ttm iittiausritm

rmm , 1731 , art. Aijtm-tcni.

(10) Ver» 855.

i73o, ti3.

,ch.4a.

employé par Florus, signifie d'argent , dans Cicéron et Pline. Seulement le poète Ovide t'en sert pour dire argeotin , semblable à l'argent (g) , ce qui n'ett qu'une figure poétique. C'est ainsi que VirgUe paraît l'avoir entendu au huitièmehvre de son Énéide (ko); il n'en a tait usage

qYwÔrt'unér°Bétullu*fut relégué à Albe (11), où il passa le reste de ses jour* dans une honteuse liberté. Pour Congéniat, son fils, conduit à Rome, il y fut élevé aux manières et à la politesse des Romains. Renvoyé ensuite dan* ses états , il aima et honora toujours la république dont il avait reçu l'éducation. Tels furent les premiers artifices que Rome employa pour s'assujétir insensiblement l'une des plus belles et de* plut vastet portion* de l'Europe (taV.

Domitius retté dan* la Gaule, non avec la consul , mais avec celle de préteur de la voyant se* tours de pierre surpassées par Fab ius, voulut laisser d'autre* monumi avait eue à ses victoires , et fit qu'on appela depuis la Voie triompher une seconde fois 1 portée sou* le commandement de la Gaule même, où il fit construire pour

iledeproromaine , temple* de de la part qu'il

(i3> Ne poi

objet le chemin

pavé dont non* venons de parler, 'et le* arc* de triomphe d'Orange , de Carpentra* et de Cavailloa , pour letquel* il employa de» architecte* grect-marseillais , plu* habiles que le* Romains qui , alors , n'étaient pas en état d'élever de pareils ouvrages. Tous ce* détails résultent du passage de Suétone, que nous croyons devoir rapporter ici.

■ Cnéus Domitius , dans son consulat, ayant vaincu les

■ Auvergnats et les Allobroges , traversa la province où il

■ commandait, monté sur un éléphant et suivi de la foule » des soldats, comme dans la cérémonie du triomphe (1 4) ».

Cette marche triomphale fut l'occasion de trois arc* de triomphe destines à perpétuer le souvenir d'une 1 bien faite pour natter l'orgueil des Romains. Ils y une importance d'autant plus grande, qu'elle assura pour plusieurs siècle* à leur pairie l'empire de* Gaule* et l'asservissement d'une nation qui, autrefois, avait fait trembler Rome. Aussi tous les historiens s'accordent-ils à dire que le vainqueur construisit un grand nombre de monuments ; et le voisinage de Marseille , où l'architecture avait été poussée , alors , à un très-haut degré de perfection , lui donna des moyens faciles pour trouver des architectes dignes de satisfaire son amour pour la gloire. A la vérité , la succession des tems, et peut-être les dévastations inséparables! des guerre* intestine* élevée* dans les Gaules, ont fait (i5) I sentir aux villes où ils furent placés , tous les maux qu'elles traînent à leur suite , et ont causé la ruine de presque tous les bâtiments que les Romain* y avaient construits : chacune avait son arc de triomphe qui n'a pas été tout-à-fait détruit; ce qui en reste suffit pour nous faire juger ce qu'ils devaient être dans leur premier état (16). Le nom de fiédarride* rappelle un monument qui a disparu , et conserve ainsi le souvenir nue ce monument ne nous représente plus.

Quelque précieux que puissent être ces débris de l'antiquité, il ne parait pat qu'ils aient été bien connu* jusqu'ici.

L'arc de triomphe , renfermé autrefois dans l'ancienne enceinte d'Orange, se trouve aujourd'hui à cinq cents pas au nord des murs de la nouvelle ville. Il est formé de trois arcs qui soutiennent une espèce de tour; celui du milieu est le plu* grand. L'édifice , bâti de gros quartiers de pierres détaille, est d'ordre corinthien. La sculpture en (17) est très-riche et d'un bon goût; il a environ vingt mètre* de hauteur , et autant de longueur. Il représente quatre (ace* chargées de figures en bas- relief.

Sur la façade septentrionale, qui est la plus décorée, on voit au-dessus des deux petit* arcs , des monceaux d'armes des anciens , telles que des épées , des boucliers de diverses

(11) Valèrr Maxime , US. 9, tmt. 6,

(ia) Histoire romaine, par Catrou et RouillA Paris, 1730, t. i3, pag. 548, S49.

(|3) 14. p, 546 " 547* Voyri ce que dit, nu- cette route, Nicolas Bergier , dans ion histoire d» grands chemin» de I'Empirt romain. Bruxelles, 1-18 , t 1 , p. ao et a5 , liv. 1 . chap. 7 et 9.

(■4) Lea Doute Césars , traduits de Suétone, par la Harpe. Paris, 1770, t. a, p- 191. ,■

(15) Mémoires de l'Acad. des Inscriptions, t. 3a , p. 7I9. Mém. de Mlnard. •

(16) Htm, p. 740.

(17) Annuaire du département de VaurJuse pour l'an XII, p. 1 43

ABKKGL CHRONOLOGIQUE

, sur plusieurs desquels sont gravé* quelques nom* M ; de* enseigne* militaire» , le* une* surmontées d'un •n , le» autre* d'un porc ou sanglier. Au-dessus de ces arc*, «près lesfriseset Ici corniches, sont représentes des | navires brisés , des ancres , des proues , des mils , des rames , des trident* , «te. Plut haut encore , on voit au-dessus d'un duces petits ira, sculptés dans on carré, le* instruments des sacrifies» «les ancien». Du coté opposé et correspondant, parait la figure d'un guerrier i cheval, armé de toutes pièces , sculptée sur un lesnb table carré. Entre ces deui tableaux , o*t représenté «n combat de cavalerie.

La façade méridionale présente i peu près le» mêmes figures et monuments, mais beaucoup plus dégradés. La seule différence qu'on y remarque , est que, le long de ta frite de celle-ci, sont sculptes quelques gladiateurs, et qu'au-dessus d'un des petits arcs, est le buste d'une femme drape* qui a sa main gauche appuyée sur soo visage, et

res de

fe ce monument est composé , jusqu'au aies en pierres de taille , les uses au-dessus

le bras droit sor sa poitrine Sur ta façade orientale sont représenté» de» captifs, les mains liées derrière le dos , placés deux è deux entre les colonnes, et surmontées de trophées , au-dessus desquels est Is figure d'un sanglier avec le laiarum des Romains. Sur la (1) frise tout sculptés des gladiateurs qui combattent. An-dessus de cette frise, parait an botte dont la téle est rayonnante et accompagnée d'une corne d'aboodance. Les detis extrémités du lis une sirène.

La façade oc captifs et de tr

L'intérieur sommet , de vt

des autres , enrichies de sculptures d't Les murs sont ornés de colonnes.

Tel est cet édifice, sur lequel 00 a formé diverses conjectures (a). Celle que nous adoptons ici , a été déjà admise psrCronovius, Vadiaous, Ponlanus , Guib et Mjudajors (3). Elle ne boos paraît pas douteuse.

D'abord , le lieu ou cet arc a été élevé, n'a été le théâtre d'aucune autre victoire, qui pût mériter d'être ainsi éternisée par un monument dont l'histoire fasse mention. Celle de Fabius avait été remportée au confluent de l'Isère et du Rhône, ou il avait bit élever deux temples scelle de Domitios l'avait été au confluent du Rhône et de la Sorgue, où il avait érige ses deux tours; Domitios dirigea sa snerehe triomphale sur la route de Cataillon, OÙ l'on passait alors la Durance, a inge , ville voisine du lieu de son triomphe. £lle était lacée au-devant de l'Evgues, i l'extrémité du pays des Cavares, le seul que les Romains voulussent

et il est naturel qu'ils n'aient pas construit leur dernier

encore envahi;

nuraent dans le

pays

11 pas ce Ineanin

ssaujelir, nier moqu'ils n'avaient point

a". Suétone dit formellement que Domitiu* traversa , comme dans ta cérémonie du triomphe , la province qu'il avait ajoutée a celle de Sexlius. Cette circonstance , particulière a ce général, exigeait nécessairement la construction de quelques arcs. La nouveauté et l'importance d'un tel monument et d'une telle marche, remarquée par Suétone, pour un terne assez éloigoé de cet historien, l'avait sans doute été 11er les contemporain» ; mais il ne nous en reste pas. Le défaut de ce témoignage peut d'autant moins nous être reproché que celui de Suétone le suppose nécessairement ;

3°. 11 fallait un caractère aussi entreprenant que celui de Domitiu*. pour ose» s'exposer a mécootenter une république jalouse comme celle de Rome. Aucun général de cette république ce indépendant ;

et n'i

tenté de se rendre certainement conçu des 1 élevât un édifice en ; mais alor» elle n'avait pas 1rs mêmes et c'est ce qui rend croyable la har-

motifs u iihiuiciuiic , Jiesse de Domitius ; 4°. La famille de DomitUts ayant été . , et étant parvenue à l'empire , il est , élevé en l'honneur de Vuo de ses

la

iturel qu'on

f» sjstsst, a, s44- Cas détails, peu longs, nous ont paru nécessaire*, pour combattra une opiaioa consacrée , an quelque sort» , par bw tuerlloa imi un Totems dot M « cil o ire, de l'Académie de* latcriplioat, tome Sa.

(a) Idtm, p. i;9.

(3> Jsfcva, p. »47.

ete mis S l'abri des injures du teins, et conservé jusqu'à nos jours;

5*. Enfin la beauté du style de ce monument (4) et l'ignorance où l'on est de son architecte, prouve qu'il a été coat truit par des Grecs-Marseillais dont les Romains n'ont pas voulu cooserver le souvenir; mais qui, par les chefsd'œuvre qu'ils avaient construits dans leur propre ville, avaient prouvé leurs connaissances dans cette partie;

S*. On observera que le sanglier qui surmonte les Irophéet i côté du lakarum, te trouve sur le revers des anciennes médailles grecques d'Avignon , en bronze et en argent (fi). Il parait en résulter que déjà, dans ce tems. les Cavares étaient allies des Romains, comme les Marseillais, ce qui est consonne a l'histoire, et qu'ils avaient contribué aux deux victoires de Domitios.

Tous ces arguments reunis paraissent démontrer l'opinion que nous avons cru devoir adopter. L'examen des deut autres arcs de triompha nous en fournira de nouvelle* preuve t.

Le premier écrivain qui ait parlé de celui de Carpentras,

et encore ne Pet — s— il fait que superficiellement et comme en passant, c'est le tavsot evéque de Vaison , Joseph-Marir Suarez , dms une courte description latine du comte Venaitsin , qu'il ht imprimer fb) en 1657. Après lui, dom Montfaucon en a inséré un plan fort imparfait dans son Antiquité KXPUQDÙ (7), sans y joindre ni discours ai explication. On en a , depuis, dit quelque chose dans les journaux , mais d'une manière qui a para si peu solide et si peu satisfaisante a M. M criard, qu'il a cru devoir y suppléer dans les Mémoires de l'Académie de» Inscriptions (*), et c'est d après lui que nous allons décrire cet ancien édifice L'arc de triomphe de Carpentras, placé dans l'endroit le plus élevé de la ville , se trouve aujourd'hui enchâssé dam ta partie du bâtiment de l'évéché qui en forme ta cuisisse et les offices. Ce fut le cardinal Bicbi, alors évéque de Carpentras , qui , plus occupé de sa propre gloire et des négociations qu'il conduisit avec beaucoup de succès à la cour de Krance et i celle de Rome, que de l'étude des bJtimen s anciens et de leur conservation , laissa perdre et ensevelir ce beau monument dans la maçonnerie ou palais épisconal . qu'il fil construire vers l'an 1040 : cependant avec quclqin

l'ordonnance. ^

Remarquons d'abord que le corna entier du monnmrm formait on carré long dé huit cent doute centimètres de longueur, sur quatre cent soixante - trois de largeur, et d'environ douze mètres et demi de hauteur, tout tstii de gros quartiers de pierre de taille du pays, il y a dan* chacun de ses angles une grande colonne cannelée et rudenlee, élevée sur un piédestal dont il ne parait que ta partie supérieure , le reste se trouvant enterré sous Ir pavé moderne : les cimaises en «ont presque mutilées. Le piédestal de ces colonnes, ainsi que leur entablement, sont en rtssaat terme qu'on sait en architecture indiquer un corps qui avance plus qu'un autre, ou qui n'est pas d'alignement.

Les quatre faces de l'édifice étaient percées par dea arcades , dont les jambages son) cannelés et rodentés commîtes colonnes, avec des bases semblables. De ces quatre faces, il y en a trois qui sont embarrassées dans ta construction du bâtiment moderne, savoir celles du nord, du midi et du levant ; on n'y voit de bien entier et dégage de la maçonnerie , que la seule face occidentale ; celle - ci est ornée entre les colonnes , d'un grand trophée en bas relief , élevé et attaché sur le haut d'un tronc d'arbre , d'où pendent de chaque coté dans la partie supérieure, deux boucliers charges de quelques orneroeots ; l'un hexagone , qui est le plus apparent, et l'autre ovale, qui ne parait qu'a demi hors de celui-là : de plus , il sort dé chaque coté , dans U partie inférieure , un faisceau de javelots ou de dards, qui sont lies avec one attache dont lea bouts sortent de dessous les boucliers de forme ronde. On voit , outre cela, au milieu , une cotte d'armes , dans laquelle passe le haut du tronc d'arbre , liée d'une ceinture a plaques; une espèce de manteau, retroussé de part et d'autre, vient se nouer sur le devant dr

(4) /aVss, /M.

(5) Voyet la description dr* net 1 Paris , 1806 , t, 1 , p. 66.

(6) A Lyon , in-4*.

(y) Totne 4> livre 6, rh»p. 8

par T. E. Mion

ME L'HISTOIRE ROMAINE

celte cotte (i) d>nnes. Le tout est terminé dans le faite de l'arbre par une sorte de casque rond , d'où sortent de longs cheveux. Au-dessous des trousseaux de javelots , et de chs/juLcôté du tronc d'arbre, est aussi sculptée en bas-relief une figure d'homme debout, qui paraît avoir les mains liées derrière le dos , dont le corps est couvert d'une draperie en forme de manteau , qui descend plus bas que le genou , et qui est attaché et noué sur les épaules ; ces deux figures sont placées en regard ; au surplus , quelques frustes et dégradées qu'elles soient Tune et l'autre, on y entrevoit qu'elles ont la barbe courte, et que celle de la droite a des cheveu* longs qui voltigent de part et d'autre, avec espèce de bandeau au tour de la tète ; celle de la gauche ne parait avoir que le bandeau, dont les bouts sont pendans sous le nœud derrière la tête. On ne peut dire de quelle sorte de chaussure étaient couvertes les jambes de ces dem figures, pareeque li dégradation de U pierre a presque effacé cette partie ; ce que Von aperçoit seulement de singulier a cé)té et aux pieds de la figure qui est a droite, c'est une espèce de queue d'animal, qui ne se distingue cependant qu'avec quelque peine, parce qu'on a plus particulièrement mutilé cette partie inférieure du trophée, par l'ouverture d'une porte qui donne dans la cuisine de l'éVècbé.

Tel est le détait de toutes les figures et des ornements qui paraissent sur ce qui nous reste de visible H 'd'apparent de Tare triomphal de Carpentras (a). On y retrouve les trophées que Strabon dit avoir été élevés après la victoire de

l'antiquité. Ménard . qui adopte' cette opinion , l 'étend avec raison au genre d'ordre en général employé dans la sculplurt de ces monuments. Il s'est donc occupé i déterminer l'ordrt d'architecture qui décore l'arc triomphal <le Carpentras ; après avoir donné beaucoup de détails sur ce sujet . qu'il serait trop long de rapporter ici , il conclut que l'ordre des I " lit composite, par la raison que le chapiteau

feTfe

lûtes du second (10).

Après «voir ainsi déterminé l'ordre de cet arc triomphal , et fait voir que nous devons le rapporter au composite , Ménard s'est occupé a examiner a quel teins on fixe la na

est formé en partie du corinthien et en partie de l'ionique , I empruntant tes feuillages do premier, l'escbine et le» vo- |

Fabius. C'est en vain que Ménard combat cette opinion pa la simplicité des anciens monuments triomphaux : il

retrouve I qui lui tenir ai Strabon manière

cité des anciens monuments triomphaux : i! point celte simplicité dans celui de Carpent

,r^«r.orne,tropb,n,rava,,l,. pour a?

prouve i ne not

ne Iras ,

i.jMi 1 1 ,<v;i,il:-, pour appar- • (/) ; mai. le témoignage de magnificence de Marseille , dr cuo doute a cet égard. Ce géographe, tout prévenu qu'il était en faveur des villes d'Asie , où l'on n'employait que marbre et granit (4), décrit Mar-

sance de cette sorte d'ordre. Il fait, 4 ce sujet , des conjec- I tures qui «tous ont paru mal fondées. Mous y substituerons cette ci qui est appuyée sur les faits et dont nous allons établir les bases.

L'ordre composite, étant un mélange des autres ordres, a àa venir après eux ; mais il a dû nattre dans un pays où rarchitectare, déjà florissante, avait épuisé toutes les ressources que lui fournissaient les autres ordres. Ce n'était | donc point 4 Rome, où l'architecture était l'enfance, mais plutôt a Marseille, qui , ainsi que le prouve ! témoignage de S,r»l,°(n. (' 0. tel que nous l'avons rapporté, '

édifireTcTfurcr^ tar" '

seillais qui construisirent les arcs de triomphe de Domitius; I et comme ce fut pour les Romains , on en a conclu que les I Romains avaient les premiers employé cet ordre. Mais il faut bien que l'ordre composite eût été employé dans lesj provinces, avant de l'être a Rome , puisque Vit) apprend que l'on s'en était servi avantla mort de Jules | Cesai (ta), et que, selon Ménard, le public de Rome ou nous le trouvons avec tous les

s«ille comme

ville célèbre,

grandeur considé-

rable , disposée en manière d'amphithéâtre , autour d'u n pon creusé dansteroc; peut-être même était-elle encore plus ,. .-• ]e reg|ie d'Auguste, sous lequel vivait cet an-

spécifiques k cet ordre, et dans tootes les règles qu lui sont particulières , est le fameux arc de Titus , dont fia construction «t postérieure déplus d'un siècle; aussi

belle

teur; car, en parlant de "Ci tique, superbe ville de l'Asie, il observe qu'elle était enrichie des mêmes monuments d'architecture qu'on avait autrefois vus dans Rhodes, dans Cartilage et daoi Marseille (5).

Que ceux qui ne connaissent que les arts de leur siècle, lisent le voyage pittoresque des Iles de Sicile , de Malle et Lipari par le peintre Hovel (6), et qu'entr'autres antiquités, ils y voient le plan du temple de Ségeste , qu'on trouve a cinq cents pas du chemin qui conduit è Trapani. Ce temple existe encore tout entier (7). Ils verront aussi dans les lettres familières de Winekelmann (8) une description très- curieuse du temple de la Concorde i Girgents, anciennement Agrigente , qui termine le premier volume ! de ces lettres.

Ces témoignages vivants de l'ancienne magnificence de la | Sicile et de celle de Marseille , rendent très-croyable la facilité qu'eut Domitius , de trouver des architectes capables de construire des arcs de triomphe. La modestie qu'avait eue d'abord ce général , en construisant ses deux tours de pierre i Bédarrides , ne tint pas contre un second I succès.

Comme l'inscription qui a dû accompagner l'arc de triomphe de Carpentras , nous manque , il est nécessaire d'y rechercher toutes les marques caractéristiques qui peuvent suppléer à ce défaut de lumières , et nous conduire è la connaissance de l'époque de sa construction et de l'événement auquel il se rapporte. Une des principales est Tordre qu on y a suivi dans les ornements des colonnes (g). C'est par les restes de la sculpture antique que nous jugeons de la consécration des temples et des arcs de triomphe; et après les inscriptions c est le

!ii Idem, p. 741.

a) Arï».p.7éa.

(3) Idem, p. 746.

(4) Encyclopédie; Neascaltcl, 176S . s5&

(5) Hem , p. iS;.

(6) Tablaau raisonné de l'bistotre I siècle 1 octobre, 1783; YterdoD , p

(7) Idem, p. 45.

ta, 1

Kllereire au

un s'est

de nos plus grands madrés d'architecture, VignoJe, qui l si bien distingué dans sa profession , dit-il « que l'arc

• de triomphe de Titus , est un genre de bâtiment aussi « nouveau que l'ordre dont les Romains en décorèrent les

• façades, qui est le composite ■ Çt3). Mais il ne parie en cet endroit que de Rome, et l'histoire de l'art n'avait point été assez approfondie de son tems , pour que l'on sût distinguer l'architecture de cette capitale de celle de Marseille , afin de savoir quelle était la plus ancienne.

Au surplus, les figures sculptées sur l'arc de Carpentras, nous présentent des indices puissants de la dédicace de cet édifice; les deux captifs oui paraissent au pied du trophée, les mains liées derrière le dos, ont des cheveux flottans, oui dénotent les peuples vaincus; ce sont , è n'en pouvoir douter, les images et les simboles des (14) Auvergnats, des Allobroges et dès Ruténiens , compris dans cette partie de la Gaule-Celtique , qui porta le nous de Oailia comala , Gaule chevelue , k cause de la chevelure de ses habitants. L'un de ces captifs, placé sur la droite du trophée, ne porte point de barbe; et l'autre, placé sur la gauche, en a une , mais fort courte ; tel était encore l'usage de ces anciens peuples , attesté par César et par Strabon ; les uns la rasaient , et les autres la coupaient en partie. De plus , on lés voit tous deux vêtus de cette sorte de surtout et habit de guerre, appelé tagum , le saie, qui, selon le témeignage formel de Varron et de Diodore de Sicile, était propre aux Gaulois ; il s'attachait avec une boucle , et descendait jusqu'aux cuisses.

Nous ne dirons rien du tronc d'arbre, chargé d'armes et de boucliers, qui est au milieu de la façade occidentale ; il n'y a rien la d'absolument caractéristique pour noire objet : on sait que c'est l'image et la peinture fidèle de la manière de triompher dans les premiers tems , qui consistait pour le vainqueur (s S) i (aire son entrée k Rome , portant sur ses épaulas un arbre chargé des dépouilles de

(8) Idem, p. a 17.

(9) Daviler wr ViiioU, cours d'accfeiieetur* , t. 1 , p. 08. (to) Mémoimdai'acaaesoitde Inscriptions, I. 3a, p. 7S0. (11) Livra 4. chap. 1.

(■») Mémoires <U l'sead. dès User. , t. 3a, p.ySi. (|3) Idem, p. 79a.

(i4) Idem. p. 755, (1$) liem , Md.

mm

SÔo

ABRÉGÉ CHRONOLOGIE K

le

; ce qui ressemblait parfaitement a un homme , ainsi que le pratiqua d'abord Romulus (i), et ensuite miniers vainqueur» qui triomphèrent après lui.

s au monument deCavaUlon, que «loin Montfaueon a seulement indiqué, se contentant d'en publier le dessin, sans nous en apprendre l'époque, ni la destination. Celle ancienne ville des Cavares avait été, dan* les lems primi tirs, soumise «m Marseillais, "suivant Artétnidore d'Epbèse , cité par Etienne de Bicance ; elle devint ensuite une dés villes latine*, puisque Pline la qualifie de ce titre (*), et suivit conscqnernnieni le sort de la ville d'Avignon , dont il paratt qu'elle ne fat jamais séparée dans ces lems reculés. L habitation et le séjour des Romains la rendirent une des ville* les plu* oroees du pays; on y trouve tous la jours, en creusant sou* terre, quantité de médailles, d'inscription* grecques et latine*, et de fragments d'architecture qui annoncent ce qu'elle a dû être dû tenu de ce* peuples.

Cependant, de tous le* monument! d'antiquité qui se trouvent a Cavaillon, il n'en est point de plus digne de notre attention que les fragment* d'un arc de triomphe, qui se trouvent dans le jardin , dont jouissait , avant la révolution , le prévôt de la cathédrale. Ce qui nous reste de ce monument, forme une grande et seule arcade , avec un pilastre de chaque coté , qui est chargé de fouillâtes en dessin courant, et dont le chapiteau est orné de feuilles d'acanthe, affectée*, comme on sait, a l'ordre corinthien, mais plus court d'un module que les chapiteaux de cet ordre; ce qui doit foire juger que c'est ici un pilastre attiqoe. On voit au - dessus des archivolte* ou cintre* de l'arc , une victoire ailée dans chaque angle . tenant une palme de la main droite, et une couronne de la gauche; ta partie inférieure de ce monument , a prendre depuis la corniche de l'archivolte , est toute cachée sous terre , de sorte qu'on ne peut point en juger (3) , et il serait a désirer que cette découverte fût entreprise , afin que l'on pût mieux comparer l'arc de triomphe de Cavaillon avec ceux de Carpentra* et d'Orange , et par cet examen w convaincre qu'il* «ont ou ne sont pas du même lems. ou du moins du même architecte. Cette entreprise est bien digne d'un gouvernement ami de* arts, et aussi généreux qu'éclairé.

11 ne faut pas comprendre dan* cette description une architrave et une frise d'entablement , orné* de compartiment*, où sont sculpté* divers dessins de fleur* ou de feuillages, comme on le* voit dans une gravure qu'on a faite de re monument (4). Ce morceau est purement postiche, mat assorti, et na jamais appartenu a cet édifice, dont la sculpture est très - différente et bien autrement travaillée; aussi le célèbre Mignard *l'a-t-il entièrement retranché , dans le dessin qu'il fit autrefois de celle antiquité, et d'après lequel a été gravée l'estampe qu'en a donnée dom Montfaocon (5).

Quant au vainqueur a qui peut appartenir cet arc triomphal , nous n'avons paa dans celui-ci les même* indice* que dans le précédent; les figures caractéristique*, le* sym noie* , nous manquent ; l'ordre m£me d'architecture ne nous fournit aucune lumière (6) , et nous sommes oblig de nous livrer a la tradition du pays , qui , plu* ancienne que nou* , s'appuie peut-être sur des motifs est aujourd'hui la seule trace. C'est donc encot tius qu'il fout l'attribuer ; sa voie pavée paxu rcment a Cavaillon , qui ae trouve sur le chemin d'Orange a Aix. Cette route était tellement fréquentée, qu'on y avait établi, pour le passage de la Duraoce , une compagnie d'utriculaire* , sur lesquels H. Calvel a composé une sa vante dissertation , qui a élé imprimée.

Si le tenu avait épargné ce monument , nous y trou verions «ans doute quelque* signes symboliques de (importante victoire qui en fut l'objet, et vraisemblablement aussi une inscription qui noua en aurait appris la dédicace; il est du moins certain que la place des figure* cl de* lettres

t'y trouvait toute entière, et que nous en voyons 1rs fragment* de l'arcade qui subsiste , et par toute I Jonnance et la liaison de celle partie avec les autres, b«w difice avait quatre façades régulières , qu'on ne i] 'accompagner de tous les

térislique* qui pouvaient servir a en expliquer le comme c'en était constamment l'usage (7).

C'est ce que confirme l'arc de triomphe d'Orange , qui a été mieux conserve. Le nom de Marins, confondu aire plusieurs autres noms sur les bouclier* qui t'y trouveat, est une circonstance (8) plutôt favorable que contraire aa sentiment que nous avons adopté. £0 effet, Msrius, qui avait toujours élé brave et distingué des sa jeunesse par ses talents militaires, a bien pu se foire remarquer parmi les chefs de légion, ou autres officiers d'un grade inférieur. Nous avons même la certitude qu'il fut questeur celle année, comme nous l'avons dit sous l'année précédente. Rien o empêche donc que son nom ait été inscrit cette année , au nombre de ceux qui avaient mérité, l'année precédeate, de fixer l'attention de* chef* dam les victoire* tees par Domitiu* et par Fabius.

Nou* avons recueilli avec soin tout ce qui regarde les victoires de Domitius el de Fabius, parce que le récit ej est un peu embrouillé dans les historiens modernes, les anciens nou* en ayant laissé les circonstances éparsrs dans divers ouvrages, d'où il est difficile de les extraire arec ordre. Ces événement* sont d'autant plus importants pour qu'il paratt que ce fut alors que les Homains formèqu'ils appelèrent Narbonnaise , n'ayant en nie méridionale et occidentale des Gaules rovince a laquelle ils donnaient ce nom de pro r excellence, et qui ne s'étendait que jusqu'il dont elle occupait la rive gauche. Cette province nprenait , dans son étendue , ce que l'on a depuis appelé iavoie , le Dauphiné et la Provence , tandis que la Gaule

nous,

rent une Gau encore dan* la que la pro vin rince par exe Rhône, cora Savoi

narbonnaise était formée, pour la plus grande partie, da Languedoc avec le Roussillon. Ce qui nou* reste de l'ai*' toire romaine , nous apprend assci manière forent soumis le* Liguriens , viens, le* Voconce* et les Allobrogej, cipaux d'entre le* peuple* des trois j

Ind et de q Saliens ou S i étaient les pnnnière* provinces ; nnent point comla partie de Tan-

don! elle a Domi

(1) Voyai sa vit , »«r Phrtarase.

(a) Pusse. Ill.S.VoyeslesMtinuité.de VaucUue; Paris, .808, de Tacad. des Inacript. , t. 3a , p. 7S6.

(S) Mémoires

(4) létm, HU.

(5) Antiquité eipliquéè, I. IV, trvri

(6) Mémoire» de l'acsd. des liucrip

(7) Idtm, p. 75g.

e* peuple* des trois mais le* ancien* historiens ne nous ap ment et en quel teins le Languedoc, cienne Narbonnaise , qui est sur la rive droitc'et occidentale de ce fleuve , fut assujétie à la république romaine ; ce que l'on doit attribuer i la perte de* livre* de Tite-live, de Dion et de* autre* historiens, qui auraient pu nous l'apprendre (g).

A leur défaut , ce n'est que par conjecture que l'on peut fixer le tenu auquel ce qu'on a depuis nommé le Langue doc * tomba «ou» la puissance de la république , et lut uni an reste de la province romaine , pour ne faire ensemble qu'un même corps. 11 semble certain que cette époque peut être marquée immédiatement après la victoire de Fabius Maxirou* , et de Cneus Domitius sur Relultus , roi des Auvergnats, sur les Allobroges et les RuUni, ou après la bataille qui se donna au confluent de l'Isère et du hhone l'an 633 de Rome , cent vingt - un ana avant notre ire. Voici le* preuves de celte opinion.

1*. Il est certain qu'avant cette bataille, la plus grande partie du Languedoc était sous la domination de fietultus(io), et sous la dépendance des Auvergnat*. Or, il fut aisé i Fabius, ou à Domiiius , après avoir entièrement défait le roi, et remporte sur lui une victoire complète, de passer le Rhône , et de soumettre les pays situé* audelà ou à la droite de celle rivière, dont les peuples avaient secouru le* Auvergnat* dan* la guerre que ceux-ci avaien entreprise contre les Romain*. H est vrai que César (11) dit qu'après cette action , les Romains accordèrent la paix aux Auvergnat* , et qu'il* ne réduisirent pas leur pays eu province. Cela s'accorde avec ce que nous avons dit, que Congéniat , clevé i Rome , gouverna les étals de son père ;

(8) Anaoair* statistique da département de. Vascluse , poar l'an XII , p. 147.

(<j) Huloirt générale du Languedoc , par deux Bénédictins ; Paru, 1730, I. 1 , p. 600*

(10) Strsbon, livre 4» p- 191 da l'édition de Caxaubon, cl aadn Recueil de* historien* de France.

(11) DtBttlo Oallua. lib. 1 , tr». 45.

DE L'HISTOIRE HUMAINE

mais cela doit s'entendre du pays des Auvergnats, pris en particulier , et non des autres provinces situées au - delà du . Khdne , comme le Languedoc , sur lequel Bctultus étendait sa domination (i).

a*. Cicéron , dans son discours pour Fonteius , se moquant des menaces que lésaient les peuples de la province narboonaise, de se révolter si l'on ne punissait cet ancien gouverneur du pays , dit par ironie : ■ Il faut faire re- » vivre Domilius et Fabius , pour soumettre encore une • fois , par la force des arme*, les Allobroges et les autres ■ peuples de la province (a) • ; ce oui prouve que l'on donnait à Domilius et a Fabius la gloire d'avoir achevé de soumettre, à la république romaine, tous les peuples qui composaient alors la province romaine , en donnant à

ce nom toute son étendue, et par conséquent ceux qui en fesaient partie à la droite du Rhône, ou dans ce qui a depuis composé le Languedoc.

3*. Velleius Palerculus (3) raconte comment et par qui les diverses provinces de l'empire romain furent assujélies ; et en parlant de la province romaine ou narboonaise, il reconnaît qu'elle fut entièrement soumise par Domilius et Fabius , qui y entrèrent a la tête d'une armée.

4*. Ammien Marcellin (4) attribue a Fabius la gloire d'avoir achevé de soumettre la Narboonaise. ■ Fulvius, dit- « il, y entra le premier; Sextius ensuite la secoua par de » petits combats; Fabius enGn la dompta». Or, Fulvius et Setlius n'eurent affaire qu'ans peuples qui sont à la gauche du Rhône , et ne passèrent pas celte rivière comme S l'aurait fallu , pour qu ils fussent entres en Languedoc. C'est donc a Fabius que l'on doit attribuer la conquête de celte partie de la province romaine.

S*. Nous savons enfin qu'il y avait dans la Narbonnaise un grand chemin appelé Via Dormira, qui traversait toute celle province au teins de Cicéron (5). Il est parlé aussi dans l'Itinéraire d'Antonin et les Tables de Peutinger , d'un lieu nommé forum Domitû, aujourd'hui r rontignan (6), situé en deçà du Rhdne , entre Substantion et Cesséro, aujourd'hui Saint— Tibéri , en Languedoc, bourg situé sur l'Hérault , entre Agde et Pézenas (7). Or , nous ne connaissons point d'autres Domilius qui ait pu donner son nom a cette voie et a ce lieu, que Domilius Ahénobarbus qui commandait la province en qualité de proconsul , l'an 633 el l'an 634 de nome , d'abord conjointement avec Fabius , et qui I a vraisemblablement été trois ans gouverneur de celle province. C'est donc i ces deux généraux qu'il faut attribuer la soumission du l-anguedoc 4 la république romaine (8) , et l'on ne doit pas être surpris qu'un aussi grand événement ait été la suite d'une bataille importante. Nous serons par-la confirmés dans l'opinion que nous avons déjà sou tenue, que Bclullus, dont la défaite a entraîné celte conquête , était un grand souverain. PosAonius , que nous avons déjà cité, dit, avec raison, que les Romains renversèrent sa puissance 1 maïs le traducteur dr Athénée , A qui nous devons ce passage , a eu tort d'en conclure qu'ils le tuèrent , ce qui est contraire à son texte et i la vérité de l'histoire (y). Les Romains regardèrent celle victoire comme si importante, qu'ils firent graver sur le marbre le triomphe de Domilius , dans un fragment des fastes triomphaux qui est parvenu jusqu'à nous , et que Pigbi a fait graver dans ses Annales (10). Gruter donne aussi ce fragment dans son curieux recueil.

(I) Histoire générale du Paris , 1730 , t. 1 , p 600.

(a) Cicéron , *v» F—lii», p. 4S1 de l'édiL da G ravi lu,

(3) Lib. a , cap. 3<i.

(4) Lib. iS.

(5) Cicéron , fn Fonttio.

(6) Recueil d« historiens des Gaules , par D. Bouquet , •• I , p. 109. D'Anville, notice de la Gaule , art. /Venu Demitil, fait de longs raisonneraena sur ce sujet, el place Fanas Damilii '* dix milles au nord de Cette; c'est a peu près la situation de Froaligoan

(7) Notice de la Gaule, pard'Anville, qui n'y met aucun doute a l'art. Ctisrrv. Voye» aussi le grand Dictionnaire historique , par Moréri . *rt. Saint Tubéri , pour TirUri , Fantm Titerii.

(8) Histoire générale du Languedoc, par deux Bénédictin»; Paris , 1 7Ï0 , t. 1 , p Coa.

(9) iwi Pstuiia» Mr«it«Hi>r«f . Voyes la traduction d'Athénér, par le Febvre de Villebrunc ; Paris , 1789, I. a , p. 85.

(10) Valère Maiime , I. g, cap. i3. Note de Pighius , dans l'édil. rmntnm. Ugi Btttwm i655. page 784.

(II) Ferguton , biil. de la Rép. rom. . t. a , p. 168.

(la) C'est ainsi qu'écrivent Ira Faites de Sigonius; ceui d'Almc'-

Marius s'enorgueillit avec raison d'une victoire, a laquelle il avait contribué. Il reparut sur la scène avec plus d'avantage celle année que la précédente (■■}, et parvint i se faire nommer tribun du peuple par la faveur et la protection deCerilius Mctellus, a la maison duquel il était attaché de père en fils ; car la faveur était nécessaire dan* une république , devenue trop puissante et trop nombreuse pour que les citoyens passent se juger le* uns les autre* , par eux-mêmes.

635 de Rome, 120-119 avant n°lre ère.

Consuls : Lucius C/BctLius MirELLUs Calvvs, Gts de Lucius , petit - fils de Quintus (ta) , Luciu» AvULtus Coït a.

Tribuns : Caiu» Mamus , etc.

Prêteurs : Quimtcs Fa Bios Maximcs Ebdrhvs, etc.

Ces consnls entrent en charge le 1". janvier romain , 11 aodt julien de l'an tao avant notre ère. Les Fastes d'Almeloveen (i3) placent leur consulat sous la même année de Rome, cent dix-neuf ans avant notre ère. Ceux de Sigoniut sont en arrière d'un an , mais seulement pour l'an de Rome qu'ils disent lire 634 (»4)- Cassiodore et Julius Obséquens nomment ces consuls , ainsi que Plutarqoe dans la Vie de Marius, et Appien dans son Histoire des guerres d'Ulirie ; ce Mé tel lus était le (ils de Lucius Méteîlu* Calvus, qui avait été consul l'an 61a (i5), et censeur l'an fàa8. Il étail conséquenunent le neveu de Métellus Macédonicu*.

A peine le consul de l'année précédente, Papirius Carbon , fut-il sorti de charge , que lui-même, qui avait fait absoudre Opimius au commencement de son consulat , fut accusé par le jeune Lucius Licinius Crassus. Cet orateur, l'un des plus célèbres qu'ait eus la république (16}, étant le beau - frire de Caïus Gracrhus , ne pouvait pardonner i celui qui , après avoir aimé avec passion cet infortuné tribun, était ensuite devenu le défenseur de son meurtrier. Licinius n avait alors que viogt— un ans (17), et fit de celle accusation son coup d'essai. C'était assez l'usage des jeunes gens qui aspiraient a. la gloire de l'éloquence , de travailler a se faire connaître par quelqu'accusation d'éclat, qui leur donnât occasion de déployer leurs talents, et en même lems de prouver leur zèle pour la justice et leur haine contre le* méchants citoyens (18). Carbon , auquel s'attaqua Crassus, était assurément distingué par son crédit, sa puissance , le* honneurs auxquels il était parvenu , et une grande éloquence qui le fesait regarder comme le premier orateur de son tenu ; aussi inspira -t- il une telle crainte a son jeune adversaire, que la timidité excessive de Crassus pensa lui faire perdre tout le fruit de ses travaux, et sauver l'accusé ; lorsqu'il commença à parler, il se déconcerta, ses idées se confondirent. C'aurait été pour lui une nécessité de ce retirer avec honte , si le président du tribunal n'était venu a son secours. C'était le frère de Quintus Fabius, vainqueur de* Allobroges. On l'appelait Quintus Fabius Maximus Eburnu* (ta,); ce surnom d'kéurnus exprimait la blancheur de son teint, comparable i celle de l'ivoire. F estas rapporte qu'il avait été frappé de la foudre, sans en avoir reçu aucun dommage. Ce prodiçe donna lieu de dire que Fabius était le bien aimé de Jupiter. De-U , il fut appelé communément pullus Jovis (20), le poussin de Jupiter. C'était un des préleurs de l'année.

loveen se trompent en donnant a ce Lucint Cacilias Métellus le surnom de Dalmatiens. Voycs ci-après sous l'an de Rome 637. <i3) Page «4.

(i4> CmnU Signait amtrn. Uciialnni 173a , L 1 , p. 36. (■5) Htm , p. 4'o.

(16) Cicéron , Dialogue des orateurs illustres , chap. 38, L 1 , p. 60a de l'édition d'F.rnesti.

{17) Idem, chap. 43, p 606. Cicéron y dit aJmtMm aJoletetns; mais il ajoute que Licinius était né sous le consulat de Q. Csapiou et de C. LsbMus, c'est^-dire l'an 614 da Rome t il avait donc ai ans l'an 633. En effet , Cicéron le fesant P*r'*r lui-même , de Ornière, lib. 3, e. 74, p. 336 dans l'édition d'Eroesti, lui tait dire qu'il avait alors ai ans

(18) Amctar de Cnmi tan. ttaa. , n*. 34. On croit que Tacite est l'auteur de ce discours. Voyes le Tacite de Brolier et celui de M. Dureau de U Malle. Tacite l'est trompé, en donnant teulemeo! iq ans à Crassus. Voycs la note précédente.

(19) Rollin , t, 9, p. iS4> le nomme Quintus Maximal ; et Catrou , t. i3. p. 555, Quintus Fabius Eburnu*. On le ven sous l'an 638.

(30) Histoire romaioe . par Calrou et Rouillé , 1. i3, p. 570.

Soa

\BHK(it CHRONOLOGIQUE,

Ce juge ctit compassion de l'eut où il venait un jeune orateur, qui promellaii infiniment. It rompit l'audience, et remit la cause à on autre jour. Orassus eut airui le tenu Je reprendre courage. Il rappela que celui qu'il accusait avait été complice de la sédition de Gracchus, et avait contribué i la mort de Seipion (i), n'ayant abandonné la lactton plébéienne que pour être consul. Il parla avec tant de force « que Carbon se sentit vaincu avant d'avoir combattu. Il lui arriva sans doute çe qui arrive aux transfuge qui se rendent odieux a ceux qu'ils abandonnent, et suspecta a ceux dans le parti desquels ils passent (a). Il ne pouvait éire soutenn par la faction populaire qu'il avait abandonnée , et les partisans de l'aristocratie ne se fiaieni point à lui. Le jeune accusateur n'omettait rien pour diminuer le mérite de son retour au parti des gens de bien , en rappelant aui juges le* excès dont il s'était rendu coupable lorsqu'il était attaché à la faction des Gracqnes. Il le poussa si vivement, cfite Carbon prévint une condamnation inévitable en s'empoisonnant , a ce que l'on crut , avec des cantharides. En effet , comme il ne fut défendu par aucun parti, il fui sacrifié (3), et Valère Maxime qualifie a celte occasion Licinias, le plus éloquent de ses c on tempo rai as.

Ce jeune orateur se 6l beaucoup d'honneur dans cette affaire (4). On trouva fort beau que, dan* un ige où ceux

3 ni s'exercent , méritent des louanges , Crassus pratiquât éj* dans le barreau, avec une telle supériorité, ce qu'il pouvait encore étudier dan* le cabinet avec honneur. Mais ce ne fut pas seulement son éloquence qui lui attira des applaudissements ; on admira davantage , et avec raison , un trait de justice et de générosité a l'égard de ton ennemi. Un esclave do Carbon étant venu trouver CraMus, lui apporta de* papiers de son maître , qui pouvaient servir contre lui comme pièce* de conviction. Crassus eut horreur de celle trahison, et renvoya à l'accusé son esclave, chargé de chaînes, avec le porte— feuille qu'il ne voulut pas même ouvrir. 11 savait que dans cette espèce de guerre, aussi bien que dans celle qui se fait par la force de* arme* , il y a de* lois qui doivent s'observer même entre ennemis (5). Quelle justice n'y avait-il pas alors entre les amis, s'écrie Valère Maxime (6), puisqu'il s'en trouvait tant entre le* accusés et le* accusateur* t

Mariu* n'avait pas l'éloquence de Liciniusj il voulut se distinguer dans son tribunal, par des loi* oui n'annonçaient point l'esprit de parti , et où l'on ne découvrait pas encore distinctement le germe de celte ambition insatiable qui était au fond de son cœur. La première (7) avait pour objet les élections, et réformait un abus dont on se plaignait alors. Le pont où passaient le* citoyens pour donner leurs voix élait si large, qu'il pouvait contenir, outre ceux qui venaient voter, le* candidats eux-mêmes, leurs amis et leurs partisans , qui ne manquaient pas de s'y placer, afin de solliciter le* électeur* (8). Il en résultait pour le* riche* un avantage , auquel Mariu* attribuait le* obt- 1 qu'il avait rencontré* pour parvenir à U questure et "* ^9)^ Comme la loi qu il proposait réglait aussi

.iu tribunal

nner le* voix et le* suffrage*, et qu'elle diminuer l'autorité de» noble* dan» le* , le consul Cotta s'y opposa. Ne connaissant point irius , il persuada au sénat de la rejeter , et de citer le tribun pour venir rendre compte de la proposition qu'il . avait faite. Marius entra dans le sénat , non avec l'embarras et t'élonnement d'un jeune homme, qui, avant d'a-

fait aucune action d'éclat , s'ingérait de réformer la republique, mais avec l'assurance et la confiance que lui donnaient d'avance les grandes actions qu'il se sentait ca-

un jour.

11er en prison , s'il ne

pable de faire un jour. D'abord il menaça Colla de le trat-

uaju;

décret :

le champ.

(1) Il avait car? appeler Srlplom en j«lice. Voy. V»|<re-Maiim«, livre 6,11,3. Carbon était «Ion tribun du peuple

(a) Trmmif*t* momtm , mnrmUtt nttriUt laciil , Tile-Live.XXVH, ,,.

(3) Valerc-Msxinte , livre 3 , «bap. 7 , n. 6.

(4) Cieero . ét O/jkiit , 1 1 , 47-

(a) Histoire romaine, par Hojiin , t 9, p. 1 54- (0) Livre 6, chap. 5 f n. 6.

(7) Ltf Mmnm air Saffrmfih. Cicero, //'*. 3 , de letitti. (é) Ferauion, t. a , p. t68 et 169 ; il dénature Le récit de Plulançât.

(9) Valere-Maxime , livre 6 , ckap. 9, $. 14.

(10) Plularejue , vie de Catui "

(u) Histoire

Mariu*, chap. 4par Catrou et Rouillé, t. |3, p. S53.

Cotta s'éiaot tourné vers Metellus , lui demanda son avis. Métellus se levant , appuya l'avi* du consul ; mais, au même instant, Mariu*, oubliant le respect qu'il devait a on nom illustre, et abusant du pouvoir de sa charge contre le pro lecteur qui la lui avait procurée , fit appeler un licteur qui était à la porte, et lui commanda île mener en prison Métellus. Celui - ci en appela aux autre* tribun* ; aucun d'eux ne vint 4 «son secours , de sorte que le sénat , intimidé , abandonna et annulla son décret. Marius sortit du sénat avec l'attitude d'un vainqueur, et vint reprendre aa place a l'assemblée du peuple , où il fit passer et autoriser sa loi.

Cette action vigoureuse le fit regarder d'abord comme un homme ferme, qui serait inaccessible a. la crainte, et qui ne renoncerait a aucune de ses entreprises par bonle, ni par respect humain; enCn, oui serait toujours prêt a s'opposer au sénat, et a lui résister pour soutenir les intérêts du peuple. Mais par une action toute cootraire , il effaça bientôt cette opinion , que l'on avait conçue de lui. Un de se* collègue* voulant favoriser le* citoyens pauvres aux dépens du trésor, proposa d'annuller l'édit qu'Ociarius avait porté l'année précédente, et de diminuer le prix du blé que vendaient les grenier* public* établis par Caïus Grarchui. I<es tribun* factieux employaient des moyens de cette espèce pour gagner 1rs Plébéiens. Marius montra les dangers de cette innovation, dont les effets étaient déjà si connus; il il s'y opposa de toutes ses forces; et l'ayant emporté, il se fit honorer cl respecter également des uns et des autres , comme un homme incapable de favoriser l'un dis deux parti* contre l'autorité publique (m).

Le* deux consuls qui avaient si mal réussi contre Marius , ne restèrent point en Italie. Auréliu* Cotta fut destiné à gouverner la Gaule (■■), où il n'y eut point de soulèvement cette année, en sorte que sa présence y devint inutile. Il se joignit à Colla pour faire la guerre aux Ségrstains, qui furent battus; mais ces penptea furent sans doute mal soumis, puisqu'ils se révoltèrent peu de tero* après (ta). Comme Appien rapporte ce fait dan* l'histoire des affaire* d'illirie, et que la Sicile, où étaient d'autres .Scgestains , clai i alors e o l ièrement soumise aux Romai ns, Catrou et Rou il le ont cru , avec raison , qu'il était ici question de» habitants de Segtttt ou Stgtstka , aujourd'hui Segesd , ville ancienne de basse Pannonie, qui est ruinée depuis long-lents, et dont on voit encore le» ruines dan» rEsclavonie , *ur la Save, vers l'embouchure du Kulp et la petite ville de Siteg (14). C'est ainsi que l'a décrit Baudrand , plus exactement que Catrou , qui la place dans la Pannonie supérieure, quoiqu'à l'embouchure du Kulp dans la Save (iS) ; les Romain» ne conquirent véritablement la Pannonie iou» le règne d^Auguste (16). Pline (17) place une ville détruite dan» le pays des C*»mi", sur la mer Adriatique , sou* le nom de Segeste. C'est peut-être la même où le» Romains envoyèrent une colonie, et qui fut nommée Tergeste (18); nous l'appelons aujourd'hui Trieste. L'éditeur

mats

que t

moderne d'Appiens emble être de ite dans le pays de* Carni (19) ■plique très-bien en plaçan Pannonie , ou sur se* con£ tilt sur ta cane du monde

ire de cet as il, en plaçant Se- 9) ; mais Appien lui-même (ao) aot le pays des Ségeslain* dans Danv

de^sX'u^^^l^ Sartts , aujourd'hui le Kulp et la Save. Au reste, on convient que les contrée* qui composent aujourd'hui l'Ulirir hongroise, firent partie Je l'aocien lltyricum (ai), province romaine, et le* Ségeslain* de Pannoo.e en feraient partie , ou du moin* confinaient avec l'Hlyrie, ^

636 de Rome, 119-118 avant notre ère.

(tat Aypltn.JrMUttrfyriaj, S- 10, t. 1, p. 843 , de Srhwcighsfuscr

not*6.

SaS. C'est

Appiea . $. âa.

(17) 111 , a3 dans l'édition de Friatius, t. 1 , p. 7*4. (ifc) Pline, III, aa. JM. , p 719.

(19) Aimcftitmtt aitH.étrHat 1 Srhwrighwuirr.

(ao) Dttttih Utjricii, J. aa.

(ai) Géographie de MeatcUe , 1. 1, p. 10S.

, redit.

: dit

DE L'HISTOIRE ROMAINE. 5tM

CaWr Mabcvs Pondus Cato , tU de Marcu», peiitfii* de Marcu» Quurroa Maacius Rkx (i).

Caton étant mort pendant ton consulat , on lui substitua Qutirru* A mus Tubebo (a).

Les Jeu» premier» consul» entrèrent en charge le i*'. jan vier romain, a3 août julien de l'an 119 avant notre ère. Ils sont nommés par Cassiodore , Julius Obscquens , Eutrope, Valère Maxime et Auliis Gellius. Quant au consul subrogé Quintus AElius Tubcro, c'est une conjecture qui parait très-bien fondée , faite par Pigbius (3). Les Fastes d'Alméloveen placent leur consulat sous la même année de Rome, ntt avant noire ère; ceux de Sigonius sont en arrière d'un an , mais seulement pour l'an de Rome , qu'ils disent être 635.

Le tribunal de Marina expirant cette année, il demanda la grande édilité, car ilyavait à Rome deux rangs d'édiles, Le premier était celui d'édiles cnrules, ainsi appelés de certains sièges à bâtons courbés , sur lesquels ils étaient assis quand ils rendaient la justice; et l'autre , qui était beaucoup moindre, était celui des édiles, qu'on appelait du peuple. On élisait les édiles eu ru les les premiers, et ensuite, dans le mém( jonr, on procédait a l'élection des autres.

Marias voyant donc clairement qu'il allait être refuse pour la première édilité, se borna d'abord i demander la seconde ; mais comme celte poursuite parut trop insolente et trop opiniâtre, il ne réussit pas mieux à celle-ci ; et bien qu'il eût essuyé ainsi deux refus dans le même jour, il ne rabattit rien de sa fierté ni de son audace (4).

Marcos Porcius Cstou était pelil-fils du premier Caton,' mais de sa première femme. Aulu- Celle (a) parle avec avantage de son éloquence ; c'était , dit - il , un orateur «éhément. Dans les narangues qui nous restent de lui , ajoute eet auteur, on remarque le goût et le génie de l'ancien Caton, ton aïeul. Des mouvements ayant eu lieu en Afrique , le sort le désigna pour y aller (6).

On a vu , sous l'an 600 , que Micipsa régnait en Numidie. Nous avons dit qu'il mourut, Tan 119, avant notre ère, laissant deux fils et un neveu qu'il avait adopté. Lorsque ce prince , accablé par l'âge et la maladie, sentit sa fan prochaine, il fil venir ses amis et ses parents, ainsi que ses deux fils Adhcrbal et Hiempsal ; et en présence de tous, il tint, dit-on, ce discours a Jugurtha (7), son neveu :

■ La mort de ton père t'avait laissé , Jugurtha , presqu'au

• berceau, sans aucun rang , sans aucune distinction , lors-

• que je t'approchai de ma couronne , persuadé que mes

• bienfaits m obtiendraient dans ton eccur la même ten

• dresse que je pouvais attendre des enfants que la nature » m'aurait donnes. Tu n'as point trompé mon espoir ; et , » pour ne point parler des autres exploits qui ont signale

■ ton courage, il y a peu de tenu, au siège de Numance,

• tu as illustré de la gloire mon royaume et moi ; ta va » leur a resserré les noeuds d'ami lie qui nous unissaiem

■ avec les Romains ; tu as renouvelé en Espagne le nom

• de ma famille ; enfin, ce qui est un prodige ici-bas, i

■ force de gloire , tu as triomphé de l'envie. Maintenant ,

• puisque ta nature a marqué le terme de mes jours , je

■ viens , par celte main que je presse , par la fidélité que » tu dois è ton roi , te demander, te conjurer, de chérir

■ ces enfants que la nature a fait tes parents, et qui, par » moi , sont devenus tes frères. Pourquoi irais-tu chercher

• des amis étrangers, au lieu de cultiver ceux que le sang

■ t'a donnés d'avance t Non, ce ne sont ni les arasées, ni » les trésors, qui sont les plus fermes appuis des trônes; « ce sont de vrais amis , et on ne les conquiert poiot avec » les armes , on ne les achète point avec l'or ; ils sont le » fruit des bons offices et de 1 attachement. Or , un frère » peut-il avoir un meilleur ami que son frère ; et de quel

• étranger pourra-t-on se promettre de l'attachement , si m l'on a commencé par être l'ennemi des siens? Mes enfants, » je vous laisse un royaume bien affermi , si votre conduite

• est sage ; bien chancelant , si elle oc l'est point. Avec la

(1) Csnli Sigeafi tptrm. âfeJiofaat ij3a, t. 1 , p. 26. (a) Fi»tn d'AlméloTcs», p. g4

(3) Ctnli Sépmii tftm. Mttotod i73a, t. s , p. {so.

(4) PluUrq»,, vie de Caïu. Marius.

(5) Livre XIII.

(6) Histoire romaine, par Catrou «t Rouillé, t. |3, p. 56».

(7) Salluste, guerre de J neurt ha , ch. 9. Nous adoptons la Ira duction de M. Dureau de la Malle , avec dé léger» changement».

m concorde, les plus faibles états prospèrent; les plus puis- « sants croulent par la discorde. Jugurtha , c'est è toi sur-

• tout, qui as plus d'âge et de lumières, â prévenir un

• pareil malheur : dans toutes les querelles , le plus fort ,

• quand il serait l'offensé, a toujours, par sa supériorité ,

• lair d'être l'agresseur. Et vous, Adherbal, Hiernps.il,

• honorez , respectez ce grand homme ; imitez ses vert us , » et qu'on ne puisse jamais dire que l'adoption m'a tait plus

• heureux père que la nature (8) ». Micipsa finit , en leur recommandant à tous de demeurer fidèlement attachés au peuple romain, et de le regarder toujours comme leur bienfaiteur, leur patron, leur maître (y).

Jugurtha, qui sentait bien que le roi n'avait point parlé selon ses sentiments, et qu'il y avait eu dans la conduite de ce prince , è son égara , comme dans ce dernier discours, plus de crainte que de bonne volonté, lui rendit feinte pour feinte, et couvrant ses pensées d'une dissimulation profonde , il répondit avec des témoignages appareils d'amitié et de reconnaissance , comme la conjoncture du tenu le demandait. Micipsa mourut peu de jour» après. Lorsqu'on eut célébré ses obsèques avec la magnificence convenable , selon la coutume du pays , les jeunes princes s'assemblèrent pour conférer sur l'état présent des affaires. Hiempsal , le plus jeune des trois, d'un caractère allier, et qui, de tout tenu, n'avait eu que du mépris pour Jugurtha, â cause de la tache de son origine maternelle , sa mère n'étant qu'une concubine, prit la droite d' Adherbal , afin d'enlever â Jugurtha la place du milieu, que les Numides regardent comme la plu» honorable. Cependant , »ui les instances réitérées de son frère, qui demanda cette de- I férence pour leur aîné, il consentit, quoiqu'avec peine, à prendre une autre place , par considération pour I âge d'Adherbal; il prit sa gauche.

Après ce début, qui ne promettait pas beaucoup de con crt , on agita plusieurs questions sur l'administration de l'état; et entr'aulres propositions que lit Jugurtha, il lui échappa de diie qu'il était â propos de casser toutes les ordonnances que le feu roi avait faites dans les cinq dernières années de son règne , parce qu'étant usé de vieillesse , son esprit se ressentait de l'infirmité de son corps. Hiempsal . prenant sur-le-champ la parole, répondit qu'il était tout â fait de cet avis, parce que son père n'avait adoplé Jugurlha que trois années avant sa mort, et lui avait ainsi ouvert le chemin du trône. Ce mot, dont Jugurlha, sentit toute la force, s'enfonça dans son coeur plus avant qu'on ne l'imaginait. Depuis ce moment la colère et la crainte ne lui laissent point de repos: il projette, il dispose : c'était sa seule occupation de trouver quelques moyens pour faire tomber Hiempsal dans ses pièges ; enfin toutes les mesures entraînant trop de lenteur au gré de son implacable ressentiment, il était résolu de manière ou d'autre i consommer sa vengeaoce(i o). Hiempsal de son côié ne le ménageait pas, et semblait prendre soin de nourrir sa haine (11).

Dans cette première conférence entre les trois princes, que nous venons de rapporter , on était convenu , d'après leur désunion, qu'on partagerait les trésor», ainsi que le royaume , en faxant 1 chacun les limites de sa portion. On «signa des termes pour ce double partage , le plus prochain pour celui de l'argent ; et en attendant, ils se retirèrent chacun de leur cote , dans les places voisines des trésors (1a). On sent que les Romains ne pouvaient être indifférens è lous ces mouvemens. Presque toutes les villes Puniques et tout le pays qui , dans le» derniers tenu , avait composé le territoire de Carlhage, formaient la province du peuple romain, qui l'administrait par se» magistrats(i3).Carthage avait été rebâtie, et des citoyens romains l'avaient repeuplée(i4). Porcius Cato passa quelques mois dans celte province , et de la il observa de plus près les démarches de Jugurtha et de ses deux frères. La mort qui surprit ce consul ne lui permit pas de venir faire â la république , le rapport du parti qu il jugeait convenable dans les dissensions élevées en Numidie. Donna-t-on un successeur â Porcius pour le rejn-

(8) /«V»*, cb»p. to.

(g) Rnllia , H isl. romaine , t.n, p. 17a.

(10) Guerre de Jugurtha. par Salluste, chap. il.

(1 1) Histoire romain* . par Rollin . t. 9, p. 177. (ia) Guerre de Jugurtha, par Selluite, chap. ta.

(13) Hem. ebap. aa

(14) Eutrope, bvre 4.

ABRÉGÉ CHUONULOGIQUE

placer? Laissa-Ion Marcius achever leul l'année comulaire? C'est un .ail que l'histoire n'a pas assci développé. Il a paru vraisemblable à quelques moderne* , que I» place du mort fut déférée à Quintus *lius Tubero. En effet Pomponius usure que Quintus iElius Tubero fut élevé au consulat 11 ne s'agit plus que de savoir en quelle année. C'est ce nue les historiens de Rome nous ont laisse ignorrr. Dans l'ii # de pouvoir la fixer, les annalistes saisissent la place vacante

r la monde Porcius pour la donner a Tubero (i). Mais ne donnons pas ce qui est une simple conjecture, quoique très vraisemblable , pour une certitude, et fixons toute notre attention sur'Qumtus Marcius que les Faste* consulaires re connaissent pour le seul chef de la i« publique , durant l'anpresqu'entière. Il était surnommé Re», sans doute parce qu'il descendait d'un parent du roi Nu ma (a). H était pelillils d'un tribun du peuple du même nom , nommé a cette charge l'an de Rome 558 (3).

La Gaule transalpine échut à Marcius pour département Depuis que la république s'y était établie par la conquête des Salions et par la réduction des Auvergnats et de* Allobroges, Rome ne cessait point «l'y envoyer des consuls avec des armées nombreuses ; tout était a craindre d'une nation belli queuse, dont on avait éprouvé les fureurs, et de laquelle on voulait conquérirsuccessivemcnt les diverses parties. Le consul se préparait a partir, lorsqu'il lut survint une affliction domestique qui le retint a Rome. Marcius n'avait qu'un 61s, aimable et respectueux, qui, par ses vertus, fesait les délices de son nére , et commençait a donner de grande* espérances à ta république. La mort l'enleva. Personne n'ignorait combien le consul était touché de ta perle ; mai* personne ne s'aperçut de sa douleur. Le jour même que ce fil» chéri fut porté au bûcher , Marcius ne cessa point de tenirson au dience a l'ordinaire et donna ses ordres pour convoquer le sénat qui, suivant les lois, devait être assemblé ce jour-la il y assista sans laisser échapper aucune marque de tristesse et montrant une constance admirable dans son affliction, il sot vaquer à la fois a deux devoir* bien différens , et partager I une même journée entre un consul exact et un père qui as- I siste aux obsèques de son fils (4). C'était dans la violence qu'ils fesaient aux sentimen* naturels, que les Romains fêtaient consister le suprême degré de la vertu. Mettant une sorte d'ostentation dans Icu* philosophie, ils voulaient per- I suader au public que les passions les plus vives n'étaient (5) pas capables d'affaiblir la constance et la gravité du philosophe.

Celle même magnanimité que Marcius avait montrée à la tille, il la porta dans son administration , en continuant I les travaux commencés par Doniitius. Il se fil aimer de tous les Gaulois qui habitaient le long de la mer , et qui n'oppo- [ aèrent aucun obstacle a ses projets (li). Ouvrir un passage aux armées romaines , depuis le* Alpes jusqu'aux Pirénées , tt rendre les chemins libres depuis Marseille jusqu'aux mon tagric's qui séparent l'Espagne des Gaules, c'était une occupation digne de lui. Mais jugeant avec raison que ses suc cesseur* pourraient ne pas jouir de la même faveur que lui

crut nécessaire de prendre des précautions contre l'inconstance d'un peuple naturellement léger. Ce fut sans doute ' d'après son avis, que la république envoya au-delà du RltAne une colonie romaine, assez forte pour tenir en bride une nation qui n'était faible que par ses divisions. L'affaire était I de la compétence du peuple, puisqu'il devait fournir les nouveaux habitants pour la Gaule transalpine. Elle fut donc rapportée et long-tems débattue en comices (7). Licinius Crassus, qui s'était si tort distingué l'année précédente ] par la condamnation de Carbon , pour laquelle il avait | réuni les deux partis, sembla vouloir essayer du parti

(1) Hirt. rom. , par Calrou et Rouillé , I. i3 , p. 56a. (a) PluUrque . ne de Coriolao. Calrou cite à faux Aulueelle, | liv. t , chip. la.

(3) HUloire romaine , par Calrou et Rouille' , t. i3 , p. 56a.

(4) Vultre-Manime , livre V, chap. 10.

(5) HUloire romaine, par Calrou rl Rouillé, t. i3, p. 563.

(6) Calrou rl Rouillé a dansleur Histoire romaine. 1. 13, p. S64. 'créent une nation qu'il eut à combattre . selon eus, dans le Gévau-

dan. Ce «ont XttSloiu, <|ue oou» prouveront, tous l'année suivante , être des Gaulois cisalpins.

(7) Ucm , f. 566. Catrou te trompe, en attribuant au sénat ce I que Rollin attribue au peuple.

(8) Dans son Brutus , n. 160.

(q) Histoire romaine , par Rollin , t. 9 , p. i55 et i56.

pulaire dans l'affaire de la colonie de Narbonne, dont 'il ' it être, comme il le fut en eflel, l'un de* fon- , quand ils établissaient trois penonne* de marque pour . il* éuienl appelés iriutmiii , triumvir* chefs de la colonie. II parah s'opposait a celle de Narbonne. Crassus , dai» qu'il fit sur ce sujet, et que Cicéron loue (fi) comme étant d'une maturité au-dessus de l'Jgc de l'orateur, attaqua vivement l'autorité du sénat, et mit tout en usage pour la rabaisser ; c'est la seule démarche de cette nature qu'on puisse lui reprocher (9). Il plaida cette affaire sans la timidité qui l'avait entièrement déconcerté dan* celle de Carbon. Il parla devant le peuple et devant le sénat , avec toute la fermeté nécessaire, ne conservant de sa timidité ancienne qu'une aimable modestie (10) , qui non-seulement ne nuisait point à ton discours , mais qui y servait de recommandation, par l'idée avantageuse qu elle donnait de l'orateur. A la vérité , celte modestie alla toujours jusqu'i une sorte do crainte , et tout à la fin de sa carrière , Cicéron l'introduit encore, déclarant qu'il ne parle jamais en public sans changer de couleur, surtout dans les commencements , et sans trembler de tout le corps. Plus on a de goût et d'intelligence, dit Cicéron (11 ) , plus on sent la grandeur ■le l'art de la parole, et la difficulté d'y réussir (ta). Licinius Crassus et Marc-Antoine sont les deux premiers orateurs romains que Cicéron croie pouvoir mettre en parallèle avec les Grecs (1 3).

Licinius l'ayant emporté , la colonie marcha au-delà des Alpes. Le lieu où elle fui placée , fut le pays des Voice» Tcctosage*, i quelque distance de la mer, et le nom qu'on lui donna fut Narbo Marcius (t4). C'est la ville de Narbonne qui était beaucoup plu* ancienne , puisque Straboh cite Polybe comme en ayant parlé à une époque antérieure a celle de cette fondation (i5). Polybe b nomme comme une des villes les plus illustres de la Gaule. Peuplée par les Romains, elle devint la capitale d'un grand pays connu sous le nom de Gaule Narbonoaise , et servit d'entrepôt aux armée* romaines, que l'on fit passer plus aisément des Alpes vers les Pirénées , et des Pirénées vers les Alpes. Tout en convenant que cette colonie eut lieu sous le consulat de Marcius , d'Anville observe que les médailles et les inscriptions, où le surnom de Narbonne est par un T, MARI', et non par un C, font voir que le nom de ce consul n'y eut point de part (16). Cet argument ne peut être considéré comme une démoasl ration , le nom de Marcius ayant aussi été quelquefois écrit par un T ; mais le Languedoc avait déjà été soumis aux Romains , comme nom l'avons observé , et Marcius n'eut que le mérite d'un lablisseroent utile (17).

G37 de Ronte , 118-117 av4nl n0,re

Consuls : Luctrs Cacimus Métiixus , fils et petitfils de Quintus , qui fut surnomé DalmaticUS , étant encore consul. Quintus Mucius Scavula, fils et petitfils de Quintus (18).

Ces deux consuls entrent en charge le 1". janvier romain, 5 septembre julien de l'an titt avant notre ère. Ils sont nommés par Cassiodore , les Fastes de Sicile , et Eutrope. Ces deux derniers auteurs écrivirent Scatvola (19), au lieu de Scsevula. Les Fastes d'Alméloveen (ao) placent ces consuls sous la même année de Rome que nous, cent dix-sepi ans avant notre ère Ils conviennent que, contre leur opinion, Glandorpius (ai) donne, ainsi que nous , au premier consul, le surnom de Dalmatiens; c'est aussi ce que font

(it) /M.,n. 120.

(la) Rollin, 1- 9. p. i55.

(■3) /«iras. p. i56.

(■4) Catrou, t. i3, p. 566. Il cite Cicero , pt» t—Uia, et les Fastes Capiiolins. Voyex Pighiu*. I. 3 , p. 85.

(15) Voyet le Tableau historique «t géogrjphique du monde, t. 4 ■ P' 16a • où ce passage est discuté fort au long. Voyct aussi lé Poljbe de Schweigbaeuser. III , 37 ; et XXXIV, 6 et jo.

(16) Notice de la Gaule : art. Nsrboi

(17) Antiquités de V (lé) -

Caroli Sigenii , (19) idem , p. 4>0.

(ao) Pag. 94.

(21) Dans jon Onomasticos

173a, t. t, p. afi.

nage t

DE L'HISTOIRE HUMAIN*,

le* Fûtes de Sigonius, qui sont en arrière d'un an, nais seulement pour Pan de Rome qu'ils disent être 636.

Luciu* ffétellus était le second fils de l'illoslre f.ucius Métellus le Macédonien. Un ulcère , qui lui déGgurait le front , l'obligeait de porter une espèce de bandeau , pour cacber la plaie. De là, le surnom de Uiadematui, que lui ont conservé Plularqoe (i), Pline et les autres historiens qui ont parlé de lui. Le terme latin Uiadematiu fesait illusion au diadème , dont les rois d'Orient avaient coulurae de se ceindre la téle. Nous suivons ici Pline VU , 45, sur te témoignage duquel Glandorp et Sigonius appuient leur opinion, en lui attribuant la victoire sur les Dalinaics , ce qni est d'ailleurs conforme au récit d'Appien cl a Ytpitome du livre 62 de Tite-Live, comme on le verra ci-après, fighius rapporte une inscription d'après laquelle il croit que re triomphateur fut l.ucius Métellus, qui avait été consul deux ans auparavant, et qui était Gis de Métellus Cal rus.

Quintus Mucius Scsevola était fib de Quintus Scsevola, l'un des Jeu» consuls de l'an 5tio de Rome. Les historiens de l'antiquité ont célébré le mérite de ce grand homme pjr les plus magnifiques éloges. Ils conviennent que Scsevola fut un modèle de sagesse dans la magistrature , et de probité dans le commerce de la vie civile. Il avait puisé dans la phi— losuphic stoïcienne, dont il fesait profession, celte vertu rigide qui frsaii le caractère des premiers Romjrns. A ces qualités éminentes, il joignait celle du plus habile jurisconsulte de Rome. Aussi ses décisions passaient - elles pour autant d'oracles. La plupart de ceux qui se destinaient au barreau , se rendaient chez lui pour écouter ses leçons. Chacun se disputait l'honneur d'avoir été formé de la main «l'un maître si excellent. Malgré les distractions du dehors il sut tellement se partager entre la jurisprudence et le autres genres de littérature, qu'il surpassa, par l'étendue <|, ses connaissances, tons ceux qui l'avaient précédé. Srtrvola fut honore de la dignité d'augure , et c'est sous ce titre que lei auteurs (a) l'ont représenté (3), pour le distinguer du grand- pontife qui portait le même nom. C'< si à quoi plusieurs modernes n'ont pas fait attention , lorsqu'il les Ont confondus pour n'en faire qu'un seul homme. Cet illustre persooi et

la

leur échapper. Ils commencèrent par meitr maisons , tuèrent leurs femmes et leurs en£

mort qu'ib) devaient recevoir de la main ennemie. Persuades , a <is doute, qu'après la perte de leur vie, ils en | recouvreraient une seconde, selon la doctrine des Druides rodiguèrenl , sans ménagement, celle qui était prèle à I

c le feu a leurs'j faat$, el se précipitèrent eux - mêmes dans les Hammes ; tous , jusqu'aux I enfants même, s'arrachèrent la vie par divers genres de mon. f.e sort de ceux qui tombèrent entre 1rs mains de l'ennemi , ne fut pas plus heureux, et pas un seul habitant ne survécut I a la perte de sa liberté (ta).

La nouvelle d'une expédition si meurtrière fut portée à I Rome , et le sénat y reçut , cette même année , d'Afrique , celle d'un événement tragique d'un autre genre.

On a vu, sous l'année précédente, que les trois fils de Micipsa s'étaient placés dans le voisinage des trésors de ce prince, afin de les partager. Hiempsaf était a Thirraida, , ville qui a disparu comme tant d'autres, et que nous ne cou naissons plus aujourd'hui. Par hasard , il occupait la maison du premier licteur de Jugurtha, que celui-ci avait toujours chéri et distingué. Le hasard ne pouvait mieux servir Jugurtha. Il accable cet homme de promesses, et il I obtient de lui que , sous prétexte de visiter sa maison , il ] entrera dans la place, et s'en procurera de fausses clés: car les véritables étaient remises chaque jour a Hicmpsal. Il lu: -

finale était gendre de Cai'us Lsclius, si devint, dans la suite, le beau-père i icins Licinius Crassus fi), dont nous

surnommé le Sage,

avons déjà parlé.

' pour la seconde de la

Lucins Licinius Crassus (4), dont

Quintus Marcios Rex, ayant été année , en qualité de proconsul di Gaule , cessa de s'occuper de sa dans la Gaule cisalpine, les excès d'une nation extrêmement jalouse de sa liberté. Il n'est pas douteux que celte expédition ait eu lieu en-deçà des Alpes. Orose (5) l'exprime bien, en appelant-cettc contrée, tub radice Alpium niant; Tite-Live du (6) seulement , gens Altuna. Les anciennes éditions de cet auteur, varient, à la vérité, sur le nom de ces peuples. Quelques éditions écrivent Sarnios ; manuscrit dit Slonas , et c'est ainsi qu'écrivent Strabon el Pline (7). Les Marbres Capitolins sont encore venus au secours de la critique. On y a retrouvé les Slccnéens . comme dans Strabon, qui dit, qu'au-dessus de la ville de COme , située au pied des Alpes et vers l'Orient , sont placés les Lépontii , les TriJentùù, les Stoni, el plusieurs autres petits peuples très-pauvres , qui n'étaient connus dans l'Italie, dans le tems dont nous parlons, que par leurs brigandages. Les Sttni occupaient le territoire de Sténéco (8). Etienne de Bizance fait de Siainoi, une ville des Liguriens (a.). Pline le naturaliste dit qu'elle était la capitale des Euganeens , qui avaient trente-quatre villes (10) ; le père Hardouin la place dans le territoire de Tridentum (Trente), près des sources d'un fleuve qu'il appelle Clusius(u). Sans doute les Stœnéens s'étaient rendus coupables de quelques brigandages, peut-être, contre les Romains, qui revenaient de l'expédition contre les Ségestains. Menacés d'une invasion par le consul Marcius, ils prirent les armes et défendirent leur contrée. Ils Furent battus. Aussitôt qu'ils se virent enveloppés par l'armée romaine, ils n'attendirent pas

Il lui promet de se trouver lui-même en personne, quand il le faudrait , a la tête d'un gros détachement. Le numide eut bientôt disposé les choses ; une nuil , suivant l'instruction qu'on lui avait donnée, le licteur introduit les soldats I de Jugurtha; ceux-ci ayant enfoncé la maison, cherchent le roi de tous cotés ; ses serviteurs sont massacrés , les uns dans leur lit, les autres au passage ; il n'est point de recoins qu'on ne fouille , pas de porte qu'on ne brise ; on bouleversait toute la maison , lorsqu'enGn le roi se trouve , qui cherchait a se cacher dans la loge d'un pauvre esclave , où, dès la première alarme, ne connaissant point les lieux, il ••tait allé, tout tremblant, se réfugier. J.es Numides, suivant- 1 l'ordre qu'ils avaient reçu, rapportent sa tête à Jugurtha (i3) La nouvelle d'un pareil événement fut bientôt répandue dans toute l'Afrique : l'effroi saisit Adherbal et toute l'ancienne cour de Micipsa. Les Numid™ *f pai l^g'"fit 1 le plus grand nombre ae déclare pour Adherbal ; les plus braves, pour Jugurtha. Celui-ci lève le plus de troupes qu'il peut ; les villes se soumettent de gré ou de force ; il ne se pro-

posait rien moins que de régner sur toute la Numidie Adherbal eût envoyé a Hon

Quoiqu'Adberbal eût envoyé a Home des députés pour instruire le sénat du meurtre de son frère et de sa situation il ne laissa pas de se préparera la guerre, comptant sur là supériorité du nombre; mais quand on en vint a combattre, il fut vaincu «obligé de s'enfuir dans la province romaine, d'où il se rendit a Rome même.

Quand Jugurtha eut accompli ses desseins, et que pows seur de la Numidie entière , il vint a réfléchir de sang froid sur son crime, la peur des Romains s'empara de lui : il ne voyait de ressource contre leur indignation , que dans ] ses trésors et la cupidité des nobles; il attend a peine quel-

jours , et il iail partir pour Home des députes , avec >s*es sommes d'or et d'argent; il leur enjoint de corner d'abord par ses anciens amis , de les assouvir de

31 Je e grosses meneer d'i

largesses ; puis de lui en acquérir de nouveaux ; enfin , de — r ceux qu'ils croiraient susceptibles de se laisser cornnre, et de n'en négliger aucun, quel qu'il fui. lorsque 1rs députés furent arrives a Rome , ils suivirent leurs ins Inactions; et distribuèrent des présents magnifiques aux amis de leur maître, et a lous ceux qui avaient de l'influence sur le sénat ; leur succès répondit a l'attente de celui oui 1rs

qui les

envoyai! , et prouva qu'a Rome tout élait vénal. Il se fil une révolution si prompte , que Jogurtha , dont on ne parlait qu'avec indignation, se trouva avoir acquis subitement la faveur et (affection des nobles. Gagnés , les uns par de l'argent, les autres par des promesses, ils allaient solliciter chaque sénateur, les conjurer de ne pas prendre

(1) Vie de Coriolan <t traité de la Fortune dei Romains, (al Voyes Cicéron dan son Lalius, el su premier livra de ion traité ét oraton.

(3) Hist. ron. , par Cstrow, t. i3 , p. 568.

(5) Livre S.

(6) Kpilome , liiri 6a.

(7) Edition de Paria, 1S73, t a, p. 398. Ejttomt, liiri 6a.

(8) M. Gowelia, noie lurStraboa, dune II graphe, t. a, p. ga. Ii«re 4. p- ao-t du Ici le. (çj) ï»ei>«» we*.ir Aiyv'isr.

(10) Pline , III, 14-

(11) Tom. 1 . p. 728, dans l'édition de Franilus. (ia) Or oie , livre S.

(l3) Guerre dr Jugurtha, par Saltule, cbsp. 1a.

traduction de ce jéo-

5tt6

CHRONOLOGIQUE

Je parli rigoureux. Ce fui ainsi que l'on parvint a rendre lout-è-coup favorable la cause de Jugurtba, ai odieuse et I si criaate par elle-même , qui d'abord avait révolté tout le I monde; lorsqu'on se crut assex rassuré sur le succès de la . deputation , on fin le jour de l'assemblée, et l'on donna audience aus us» et aux autres. Adherbal parla ainsi (i):

Père» conscrits, M ici psa, m on père, me , de ne me regarder, moi, que cot u royaume de Numidie, et youe,u

servir le peuple romain de tout m la paix , soit dans la guerre ; .Je l'affection que l'on ressent pour ses frères : il me promit qu'à ce prix, je trou amitié seule, une armée, des richesses, de la puissance. Cet sages instructions de i être ta règle invariable de ma conduite , scélérat des hommes que la terre ait produit, Juguriha, au mépris de votre autorite, sans égards pour un pet' fils de Matinisaa, pour un allié, pour un ami hérédita dn peu le romain, est venu m'cnlever mon royaume et

i Pères conscrits, puisque je devais être réduit à cet excès d'infortune, j'aurais voulu du moins avoir dans mes propres services, plutôt que dans ceux de mes ancêtres, quel

3ues droits a vos secours; et quoiqu'il m'eût été plus oui, sans doute, de n'avoir point a redemander au peuple romain, les services que j'aurais pu lui rendre, je les aurais du moins alors réclamés avec plus de confiance , comme l'acquittement d'une dette; mais puisque l'innocence est par elle-même une trop faible défense, et qu'il n'a pas été en mon pouvoir de former une autre Ime à Jugurtha, je me suis réfugié ver* vous, père» désespéré de vous être a charge , avaat d'avoir pu lire utile (a).

> Les autres monarques , ou n'ont été admis i alliance qu'après avoir été vaincu» par vos armes , l'ont recherchée , que par la nécessité de Ma maison a formé ses première» liaisons avec le peuple romain , pendant la guerre d'Annibal , dans on lems ou vos vertus , plus que voire fortune, pouvaient rendre cette alliance désirable. Ne souffrez pas, pères conscrits, qu'un rejrton de celle maison, que le petit-fil» de Maxinitsa, implore inutilement votre appui.

> Quand je n'aurai» de litres que mes malheurs , nue cette affreuse situation d'un monarque si récemment distingué par l'éclat de sa race , par la réputation de tes aïeux, par les force* de ion empire , a présent dégradé par l'infortune, manquant de tout et n attendant de secours que de la pitié d'autrui , il serait encore de la majrslé du peuple romain d'empêcher une injustice, el de ne pas permettre que , sous son empire , qui que ce soit s'agrandisse par le crime; mais les états qu on m'enlève, sont ceux dont le peuple romain a fait don a mes ancêtres , ceux d'où mon père et mon aïeul vous ont aidés i chasser Siphax et les Carthaginois ; c'est votre bien qu'on me ravit , pères conscrits ; en me dépouillant , c est vous qu'on outrage.

• Hélas! l'aurais-lu pu croiie , ô Micipsa t ô mon père ) que , pour prix de tes bienfaits , celui que tu avais traité à l'égal de tes enfans , et que tu avais (ail l'héritier de ton sceptre, conjointement avec eux, serait le premier destructeur de ta race ? Notre famille ne trouvera-l-elle donc jamais le repos ? Vivrons-nous toujours dans I sang , dans les horreurs de la guerre ou de l'exil ? Tant

» que Cari ha ge a subsisté , nous devient nous attendre a j tous les maux que nous avons soufferts -, l'ennemi était

• si près , vous si loin : tout notre espoir était dans nos

• armes. Lorsque enfin on eut purgé l'Afrique de celle

• peste , nous nous flattions de goûter les douceurs de la

• paix , ne nous voyant plus un seul ennemi, si ce n'est

• ceux que vous aviez prescrits à notre coursge ; et voila

• que tout-à-coup Jugurtha , n'écoutant que sa coupable

• audace, ne respirant que le crime et Is barbarie , poignarde ■ mon frère , son plut proche parent , el fait sa première

• proie des étals de ce frère infortune ; puis , furieux de

• ne pouvoir me prendre aux mêmes pièges , lorsque . la majesté de votre -

me chasse de

contre la violence de la

(s) Guerre J« Jugurtha , ehsp. i3.

(») Guerre Je Jugurtha, chap. l4.

vous voyez , dcoué de tout , couvert d humiliations , et réduit à ceiexcès d'abandon , que partout ailleurs je serais plus en sùrelé que dans mon propre royaume (3). ■ Je pensais bien , pères conscrits , et M l'avais souvent ouï dire à mon père , que ceux qui se. dévouaient à cultiver votre amitié , s'engageaient à un service quelquefois pénible , mais que rien ne pouvait porter à leur sûreté la moindre atteinte. Ma famille a fait ce qu'elle a pu ; elle vous a servi dans toutes vos guerres ; i votre

rà noire

tour , pères conscrits , sûrelé dam la paix ?

» Nous étions deux frères : mon père nous en donna un troisième dans Jugurtba , s'imaginaut que ses bienfaits seraient un lien qui l'attacherait à nous. L'un de nous deux est mon assassiné par lui ; et moi , sans une fuite prompte , je tombais également sous ses mains barbares. Qu'aurais-jc pu faire ? quel autre parti prendre dans mon malheur ? J'ai perdu tous les appuis de ma famille ; mon père , chargé d'ans , a satisfait à la nature ; mon frère , sans défiance contre un parent aussi proche , a été victime de sa perfidie ; mes amis , tous mes autres parents , oot péri plus cruellement les uns que les autres. Prisonniers de J uguri ha , les uns ont expiré sur la croix ; les autres ont' été abandonnés aux bêles; et le peu qu'on a laissé vivre, enfermes dans les ténèbres des cachots" avec la douleur et la désolation , traînent une vie plus affreuse que la mort. Quand je conserverais encore tous les appuis qui me manquent , quand j'aurais pour moi tout ce oui s'est tourné contre moi , c'est vous encore que , dans un malheur imprévu , j'implorerais , pères conscrits ; vous f à qui cette tuprême puissance se cible imposer le devoir de surveiller toutes les vertus et les crimes de la terre. Mais dans l'étal où je suis , sans patrie , sans asile , abandonné de tous et manquant de tout , i quels autres qu'à vous devais je recourir f Irai-je a ces nations et a ces rois que noire amitié pour Rome a rendu les irréconciliables ennemis de noire famille ? Quels lieux ne sont pleins de? mon urne lis des boslilités de me» ancêtres? Quelle pitié puis-je attendre de ceux qui , plu» ou moin» long tems , ont élé vos ennemis ? (4).

* D'ailleurs , Masinissa nous a fait une loi de ne reconnaître au monde que le peuple romain , de doqs refuser à loule autre traité, à toute autre alliance. U protestait que votre amitié seule saurait bien nous suffire ; que si la fortune venait à changer pour cet empire , notas n'avions qu'à nous ensevelir tous ses ruines. G ri ce à la valeur et aux dieux qui vous secondent , vous êtes au comble de la grandeur et de la puissance ; tout vous prospère et vous obéit. Il vous en est plut aisé de donner quelques soins i ceux de vos alliés qu'on opprime.

■ Je ne crains que les préventions qu'inspire à quelquesuns d'entre vous l'amitié de Jugurtha . bien mal appréciée par eux. J'apprends qu'ils font jouer mille ressorts , qu ils vont de maisou en maison , sollicitant , pressant de ne rien décider en l'absence de Jugurtha , sans avoir entendu ses raisons. Ils débitent que je vous en impose par ma fuite; qu'il ne tenait qu'à moi de rester dan» mon royaume. Ah 1 que ne puis-je le voir en imposer ainsi celui dont le forait exécrable m'a plongé dans ce gouffre de maux! Que ne peut-il arriver le moment où Ta justice romaine et celle des dieux immortels s'éveillant enfin sur les iniquités de la terre , ie le verrai celai qui maintenant triomphe el s'enorgueillit de ses crimes , je le verrai dans l'horreur de» torture» , expier dignement , et sa barbare ingratitude envers mon père , et rassassinat de mon frère , et l'excès des maux qui m'accablent I

■ Pardonne , ô mon frère , si malgré ma juste tendresse

• pour toi, malgré cette mort ti prématurée et l'indigne » perfidie de celui que tu pensais avoir le moins à craindre .

• pardonne si Je crois devoir me rejouir plus que m'afRigrr » de ton sort. Ne regrette point le trône que tu perds ; en

■ te délivrant de la vie , on t'a délivré des horreurs de La m fuite, de l'exil , de l'indignation , et de tous les maux où m je suis en proie , tandis que Ion infortuné Adherbal , prr

■ cipilé du trône de ses pères dans un abîme de malheun , . ne vit que pour être un triste spectacle des calamités

(3) Guerre <Je Jufturttai , chip. i5.

(4) Guerre de Jugurtha , ctap, 16.

D£ L'HISTOIRE ROMALNE.

humaines , incertain de ce qu'il doit faire , l'il doit venger ta mort , lorsque lui-même a besoin qu'on le venge, s'il doit songer encore au trône, lorsque sa vie et sa mon sont à la merci d'autroi. Ah ! que la mort n'est-clle nne voie honorable pour sortir de mes raistres I Faut-il que je risque d'encourir an juste méprit , si , par lassitude de mes maux, je laissais triompher rinjustice! Puisque je n'ai plutque l'alternative d'une vieaffreuseou d'une mort détho notante, ah! pères conscrits, je vous en conjure par vous*, par vos enfans , par les auteurs de vos jours , par la majesté de cet empire, venez au secours d'un malheureux; opposes vous aux succès du crime ; ne souffre* pas que le royaume de Numidîe , qui est à vous , reste souillé d'un forfait horrible et du sang de nu famille. » ( . ). Ce discours , tel que nous le donne l'historien Salluste , est peut-être trop long pour un événement si élnigné de nous ; mais on sent combien il a du paraître pathétique dans la bouche d'un roi détrôné . d'un allié du peuple romain. L'auditoire était prévenu : lorsqu'Adherbal eut fini de parler, les députés de Jugurtha , se fiant plus a l'effet de leurs largesses qu'à la bonlé de leur cause , répondent en peu de mots ; • Que les Numides avaient tué Hiempsal en

■ haine de sa cruauté ; qu'il était étrange qu'Adherbal , après

■ avoir été l'agresseur , vint , parce qull avait été vaincu , se

■ plaindre qu on l'avait empêché dé nuire ; que Jugurtha

• demandait au sénat de ne pas le croire différent de ce qu'on

• l'avait vu à Numance, et de ne pas le juger sur les discours

■ d'un ennemi , plutôt que sur ses propres actions. ■ On les fait sortir ensuite de la salle les uns et les autres , et le sénat commence aussitôt m délibération.

Les fauteurs de Jugurtha avaient , par leur crédit, corrompu une grande partie dès sénateurs plus sensibles a l'argent qu'a l'éloquence. Ils se mettent tous a exalter les grandes qualités de ce prince ; il* ne parlent qo'avec mépris d'Adherbal et de ses plaintes ; intrigue , clameurs , tous les moyens d'influence sont épuisés. Ils n'eussent pas fait plus d'efforts pour défendre leur propre gloire, qu'ils n'en fêtaient pour excuser le crime d'un scélérat et couvrir son infamie.

D'autres , au contraire , mais en petit nombre , qui consultaient le devoir et la justice plus qu'ils n'estimaient l'argent , opinaient pour qu'on secourut Adherbal , et qu'on poursuivît avec sévérité la mort de son frère. C'était surtout l'avis d'JBmilius Scauros , dont nous avons parlé assez au long sous l'an 633 , et qui s'était fait honneur alors par le décret qu'il avait provoqué contre Caïus Gracchus. C'était un homme d'une grande naissance , plein d'activité , intrigant , avide de pouvoir, d'honneurs , de richesses ; mais qui mettait tout son art * cacher habilement ses vices. Lorsqu'il vit l'éclat et l'indiscrétion des largesses du roi , craignant que l'indécence de celte prostitution publique ne produisit son effet inévitable , celui d'allumer an général , il se tint en garde contre ton naire (a).

Aussi n'obtint-il pas le mime succès que dans l'affaire de Gracchus , où un intérêt plus vif l'avait animé. Le parti nui sacrifiait à l'argent ou au crédit, prévalut dans le sénat ; il fut arrêté que dix députés partageraient entre Jugurtha et Adherbal tout le pays qu'avait possédé Micipaa. A la tété de la députatation , était te fameux Opimius, alors tout puissant dans son ordre , parce que sous son consulat il avait fait périr Cal us Gracchus , ainsi que Marc us Fulvius, et qu'il avait poursuivi avec le dernier acharnement la victoire de la noblesse sur le peuple. L'accusation dont il avait triomphé l'année suivante , n'avait fait qu'augmenter son crédit.

Quoique Jugurtha eut su d'avance, k Rome, le mettre clans ses intérêts, il redoubla de soins pour se l'sltacber de nouveau. A force de présent et de promesses, il tut tellement fasciner Opimius, que celui-ci sacrifia aux convenances du monarque ta réputation, son devoir, enfin son existence toute entière (3). Les autres députés furent attaqués par les mêmes armes ; presque tous se laissèrent séduire ; bien peu préférèrent leur devoir à l'argent. Dans le partage du royaume , la partie qui touchait a la Mauritanie, dont le terri

(») Guerre de Juturtha , chap. 17.

(a) Guerre de Jugurtha , chap. ith Plutarquc , vie des Grecque»,

qu'Opimius

envoyé an

ch. 5o, «I vers Jngaitha, te

rompre S prix d'argent.

(4) Guerre de Jugurtha , par Salluite , chap i g.

(5) Utm, chap. s3.

toire était plus fertile, les habitants plus belliqueux, fut réservée à Jugurtha : l'autre qui , avec plus de porta , était ornée de plus beaux édifices, avait plus d'éclat que d'avantages réels, tut le lot d'Adherbal (4).

Jugurtha, qui n'avait pas laissé d'être frappé d'abord de quelque crainte, se voyant récompensé de son crime , et ayant ainsi vérifié ce que ses amis lui avaient dit à Nuisance, que l'argent pouvait tout dans Rome, enflammé d'ailleurs

de charger de dons et de largesses, n'eut plus d autre pansée que d'envahir les eut» d'Adherbal (5). Mais il sentit que l'exéculinn de ce projet , pour être mieux assurée , devait être différée de quelque* années. Il employa cet intervalle a bien organiser sa puissance dans tes nouveaux états et i s'assurer la fidélité des sujets qu'il venait d'acquérir , pendant

3n'il se fesait secrètement des partisans parmi les sujets 'Adherbal. Celui-ci comptant sur l'appui dès Romains, ne s'occupa qu'à jouir du repos qu'il leur devait, ssns même se croire obligé à dire de grands efforts pour conserver une protection qu'il croyait avec raison lui être due.

Les Romains, en mettant plus de pris à l'a chaient alors moina d'importance à la gloire det cius Métellus acquit cette année les honneurs du triomphe , avec bien peu de peine, s'il est vrai, comme le dit Appien (6), que le* exploits de ce consul se réduisent à être entré avec une armée dans le pays des Dalmates , peuples d'Illirie, auxquels il avait fait déclarer la guerre sans aucune cause légitime, et à avoir passé l'hiver à Salone , où il avait été reçu comme ami. L'épitome 6a de Tite-Uve porte néanmoins qu'il subjugua les Dalmates. Il prit même le surnom de Uat maiicut. Salone est une ville aujourd'hui ruinée. Un en montre les restes à quatre milles de Spalatro (7).

Métellus n'avait pu conduire une armée en Dalmatie qu'aidé par le souvenir de la ruine des Ligurient Sioneens qui te trouvaient sur ton passage ; et dont le proconsul Quintut Marcius Rex triompha à la fin de ce consulat le troisième jour avant les nones de décembre, c'est-à-dire le 3 de ce mois, ainsi que nous l'apprenons des Fastes de Sigonius (8) , où tes vaincus sont désignés sous le nom générique dè Gaulois , tandis que l'inscription rapportée par Pighius, d'après les marbres capitolins, spécifia les JJguriens-Sionéene en

, atta-

i. Lu-

(J. Marc!*, Q. F. Q. S. /?«

Proan. an. DCXXXri.

D» LigurHia Stveneis

111 mon. dtCMubr. [y).

On voit que , dans cette inscription , les années de Rome sont comptées comme dans les Fastes de Sigonius , avec une unité de moins que dans les nôtres.

Les Romains, peu occupés cette annéedes affaires présente*, portèrent toute leur attention sur des observations superstitieuses , et ne prièrent que de prodiges. Souvent la foudre était tombée aux environs de la ville. On prétendit fie) qu'à Prenesle, ville de l'ancien Lalitam, située à peu de distance du lieu où est aujourd'hui Paleslrine, il avait plu du lait. On publiait que la lance donl la statue de Mars était armée, avait paru s'ébranler d'elle même. A Priverne, ville ancienne du pays des Volsques, aujourd'hui connue tous le nom de Piperuo, un tremblement de terre avait ouvert un abîme dans l'espace de sept jugera (1760S mètres carrés ou près de deux hectares ). Enfin on avait trouvé en Italie un enfant de dis ans qui portait les marques des deux sexes. Ce fut pour les Romains un monstre d'un dangereux augure. L'enfant fut jeté à la mer, et la ville fui expiée par les hymnes qu'un chotur de vingt-sept filles distinguées par leur naissance et leur éducation chantèrent dans let carrefour* et dans les temples (n).

ci-après.

G13 de Rome, 11

16 avant notre ère.

(6) Dt BMh Illjritis , chap. 1 1 , t i , p. 8,5 , dan» l'édition it Srhweijhstuser.

(7) Histoire romain* dW ReVU*, t. a , p. isav (H , Cmnti Site.ni, tfttm . t. i , p. a*.

(g) Histoire romaine , par Catrou «t Rouillé, t l3, f> SGS,

(10) Juliu» Obicqueiu, c. 96.

(11) H Ut. romaine , par Catrou et Rouille' , l. i3, p 56o et $yt •mmmWmmamm I

5NJ

ABREGE CHRONOLOGIQUE

Cmuit/s: Caïus Licwius G«ta, 0.uintus Fabius Maxi mu» Kburnus (i).

le i". janvier

itt. Ils «ont nommés,

Ces conwU *5 août julieo de l'an 1 17 par Cassiodore , le» Fuie* de Sicile et ceux deCuspinien (a) Les Faste* d'Alméloveen (3) le» placent «ou» la même année de Rome que nous , 1 16 ani avant notre ère. Les Fastes de Sigonius sont en arriére d'un an; mais seulement pour l'an d« Rome, qu'ils disent être 637.

Nous avons déjà parlé de Quintus Fabius Maximus Eburnus , comme préteur, sous Tan 63$. H obtint la pluralité de» suffrages, au Champ-de-Mar* , par préférence sur jEmi liu* Scaurus, son compétiteur. Il fallut a Fabius toute la faveur du peuple, pour l'emporter sur un sénateur qui avait autant de mérite et de réputation (4).

Ce fut cette année qne Métellus , consul de l'année prétriompha des Dalmales (3). F.ulrope (6) le fait , l'année précédente, avec son collègue Mûri us ; mais Appien n'attribue cette victoire, si ç'en est une, qu'à Métellus, dont le surnom de Dalmatien atteste qu'il était seul. Psedianus (7) affirme qu'il éleva un temple à Castor, avec les dépouilles qu'il avait enlever- • et Pline rapporte aussi son triomphe (8).

63g de Rome , 1 iC- 1 1 5 avant notre ère.

une légère inexactitude. Il écrit mal Mamereus Scaurus, dans les annales de Tacite , a l'endroit que nous venons dr citer. Il écrit Mardis, dans la vie d'Agricota , chap. 1 , on il écrit mal Priscus Rulilius , tandis que lui- mime avait mirai écrit Publius a l'endroit ci-dessus cité. Au reste , Scaurus , plein d'une noble confiance en loi- , et n'étant , aussi bien que Caton l'ancien , avec lr

: Marcus

Scaubcs, Marcus Csci-

Lius Métellus, fils et petit -fils de Qumtus.

Censeurs : I.uctus G*ciuus Métellus , Gis de Lucius et petit-fils de Qui ni us ; Cstvs DOSUTIUS Ahbkubabbus , flk et petit-fils de Coéus.

: Publius Dgcics Mus , Caïus Oacilics Mb-

tbixus Cafrarius , etc. ( Pighius, t. 3 , p. 0,7 , place deux an» plutôt ta préture de Capranus ; nous préférons l'autorité de Ane).

Ces censeurs firent le soisante-deuxtème lustre (9). Ils sont nommés, par Cassiodore, ainsi que les deux consuls, qui le sont encore, par les Fastes de Sicile et de Cuspinien (tn). Ces consuls entrèrent en charge le 1". janvier romain, 7 septembre julien de l'an 1 16 avant notre ère. Les Fastes d'Alméloveen (11) les placent sou» la même année de Rome que nous, uS ans avant noire ère. Les Faite» de Sigooiu» continuent d'être en arrière d'un an ; mai* seulement pour l'an de Rome , qu'ils disent être 638.

Noos avons déjà parlé die Scaurus , i l'occasion de la conspiration des Gracqucs et du partage des états de Numidic; nous avons dit que, Vannée précédente, Fabius l'avait emporté sur lui pour obtenir le consulat. Le succès qu'il obtint celle-ci , fut l'occasion d'un procès qui a répandu , sur sa mémoire, une «orte de tache. Il fut accusé de brigue par le plus homme de bien qu'il y eut alors dans Rome, Publius Rulilius. Mais l'intérêt personnel que Rulilius avait dans cette poursuite , diminua le poids et l'autorité de cette accusation. Ils avaient demande ensemble le consulat , et Scaurus ayant été préféré (ta), on peut croire que l'animosiléet la vengeance grossirent les objets aux yeux de Rulilius. Ce qu'il y cul de singulier, c'est que Scaurus ayant été absous, accusa du même crime de brigue, Rulilius, a son tour. Ce que l'on peut penser de plus honorable pour tous les deux, et peul-étre de plus vrai, puisqu'un jugement consacre cette opinion , c'est qu'ils avaient tort l'un et l'autre dans leur accusation (i3). C'est Tacite (i4)qui nous apprend que Marcus /Kmilius Scaurus accusa de brigue, Publiot Rutilius Ru lus. La traduction de M. Bureau de la Malle, est trop répandue et trop estimée , pour ne pas y

relever m

(1) Caroti Sifimii , opère, Kidietni 17%*, 1. 1 , p.a6. (a) Idem, p. 4> '•

(4) Cicero, Orw/ïv pn Marrae. \ oyci Us M^m. de l'Acid. Je»

losrripl. , l. a4» p- a38.

(5) Cenli Sigoeii opère, t. 1 , p. a6.

(6) Litre 4.

(7) la renia.

(8) CarviiSigiui, fera, t. 1 , p. 4ia.

(5) Cemli Sifeeri ,

(10) Idem , p. 41a.

(ta) Cicero, ta JSrttfo fl3) R0IH0. Histoire

duquel il a de grands rapports, nullement porté a les éloges qu'il pouvait mériter, écrivit sa propre vie en trois livres (iS); Rulilius en fit autant. Tous de», dit Tacite , qui ménle d'en être cru sur ce sujet , en écrivant eux-mêmes leur histoire, ont cru prouver, non de l'orgueil , mais la confiance de la vertu ; et , ni l'un , ni l'autre, n'en ont élé ni moins crus, ni moins estimé» (ib).

Jamais homme ne soutint sa dignité avec plus de grandeur et de constance qu'.Cmilius Scaurus. Peut-élre le souvenir que l'on conservait du premier état de pauvreté ou il avait vécu dans sa jeunesse, lui attirait-il un peu de mépris de la part des préteurs, set subalternes. Du moins, "

s'en trouva un assez, insolent pour lui manquer de respect. Ce même Publius Décius Mus, qui s'était porté pour accusateur d'Opimius, après la mort du jeune Gracchus, eta.t passé du tribunal a la nrélure. C'était un homme arrogiat. protégé par la faveur du peuple , quoiqu'il n'eût pas réussi dans son accusation, et qui croyait pouvoir (17) s'égaler i lout ce que la république avait de plus respectable. Scaurw prit plaisir a humilier son orgueil. Un jour, le consul et le prêteur se trouvèrent dans la même rue , l'un et l'autre portés sur leurs siégea c la coutume ancienne que le magistrat inférieur cédât te pas au supérieur , qu'il se rangeât pour le laisser passer, et qu'il

■* levït pour lui faire hoimeur". Décius négligea le cérémonial. Il resta fièrement assis, en présence du consul. Son insolence fut punie sur-le-champ. Scaurus ordonna a son escorte de licteurs, de fondre sur celle du préteur ; on le força de se mettre a pied , on brisa sa chaise curule -, on déchira même ses habits et sa robe prétexte. Ce ne fut pas encore assez. Pour rendre la punition plus éclatante, le consul interdit le préleur des fonctions de ta charge, et fit défense aux plaideurs de porter leurs causes a son tribunal. Par- 11, Scaurus fit revivre l'ancien usage , que la vanité des officiers subalternes avait en partie détruit.

Une démarche , si courageuse , augmenta l'opinion que l'on avait déjà de la fermeté du consul. L'autorité ùc sa charge, diminuée par les attentats des tribuns du peuple, fut rétablie. A leur tour, les chefs de la république osèrent porter des lois, prérogative dont le tribunal s'était empandepuis quelques tems. Un vit donc le consul monter à U tribune , et y proposer au peuple deux édita qui passèrent en comices, par la considération qu'on avait pour le législateur. Avec les richesse», la somptuosité des repas t'était augmentée i Rome, et les viandes (18) ordinaires ne suffirent pas aux tables des riches voluptueux. On ne mesurait plus la bonté des mets que par le prix et la rareté. Tout ce que les forêts, les mers et les fleuves d'Italie produisaient dé plus exquis, était devenu insipide. Rien ne flattait plus le goût que ce que l'on fesait venir, a grands frais, des pays d'outremer. Scaurus n'entreprit pas de réformer l'abondance des labiés, mais leur délicatesse trop recherchée. Il en bannit les lirons engraissés exprés, les coquillages étrangers, et les oiseaux venus de loin , et inconnus en Italie (19).

Par une seconde loi, moins judicieuse (as>), eo apparence , que la première , mais que la circonstance des Ittns rendait nécessaire , le consul remit les affranchis dans leur ancienne possession (31). Autrefois ils avaient élé réduits sous la seule tribu esquiune. Pour lors, les maîtres avaient

(4) Annales, III, 66.

(15) Kollin, Histoire romaine , t 9, p. t4> et (43-

(16) Vie d'Agricola , ebap. 1.

(17) Histoire romaine, par Catrou et Rouillé, t. lî, p. S74 RoJlin rapporta le tnènie fail plus brièvement . t. 9, p. 1^3 L'autorité d'après laquelle tous deui l'ont raconte' est celle de Seitiis \arciiu Vitlor, de nrit itlulriUe , chap. 7».

(18) Histoire romaine, par Calrou et Rouillé, 1. i3, p 575.

(19) Pline, Hi»l. nat., Iivtw 8, chap. 57, dans les anciennes éd!

lioiu , cl Sa dans celle de Fransiiu , t. 3 , y. 5g8. (30) Hist. rora. . par Cation et Rouille, t. i3, p- 376. (ai) Sexlus Aurelius Victor, de riril iltmitriiei . chap 7

des deux loi» de Scaurus.

7a. Il parle

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