‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 493 sur 532 · tome a de la traduction frau · texte numérisé non relu

tome a de la traduction frau

da) livre 4. p.

«aise.

(13) /«Vas. p t3oet i3i.

(14) Catrou, 4. i3,p. S76.

(15) Idem.?. 579.

(ifi) C«ngMif im oraiiop contre Variés.

(17) Lirre 5, t. a. p 137 de la Induction française.

(18) Histoire romaine , par Catrou , t. |3 , p. S79.

(19) Idem, p. WJo.

(ao) Strabon , livre S. p. ■ 37 du I. a de la traduction (ai) Froolin, Slralig , I. 4, c. 3. Cite par Catrou, t. (aa) Aurélius Victor, c. -a.

(a3) Frootin,4. 1, i3; dl*- parle P.dc. Broue,, iPAead. , t. >4. p a4t.

française.

Masnoires d..

'DE L'HISTOIRE ROMAINE. 59i

est un Mercure et une corne d'abondance pleine d'epis (i). I.e symbole de Mercure désignait que le consul avait fait sa fortune par le commerce et par l'éloquence ; les épis de grain font allusion au nom de la nation vaincue , Karn , en langue germanique signifiant du blé , ou plus particulièrement du n igle , qui fesait peut-être aussi le principal produit du pays conquis (a). Cependant le peuple et le sénat , en lui accordant le triomphe d un consentement unanime, avaient eu vraisemblablement moins d'attention à la victoire aisée nu il avait remportée sur les tiantisques ou les Carnes, nation d'ailleurs assez peu connue, qu'aux services importants que lui et ses soldais avaient rendus au public durant la campagne (3) , par les canaux qu'ils avaient ouverts.

640 de Rome , 1 1 S et 114 avant notre ère,

QmtuU : Manius Acilius Balbus , Caius Po actes Cato.

Leur consulat commence le 1". janvier romain , 20 septembre julien de l'an 1 15 avant notre ère. Les Fastes de Sigonius le placent sous Tan 63g de Rome , ceux d'Aimé loveen sous l'an 640, et tous deux sous l'an 114 avant notre ère.

Ces consuls sont nommés par Cassiodore , les Fastes de •Sicile , Julius Obsequens , Pline , liv. 11 , et Plutarque dans la vie de Marius. Le premier était fils de Manius Acilius Balbus, consul l'an de Rome 604 ; le second était frère de Marcus Caton , consul l'an G3K , et petit -Gis de Marcus Caton, surnommé le Censeur, et d'une soeur de Scipion l'Africain (4>

On commença celte année a faire gouverner par un préteur cette partie de la Gaule transalpine , que les Romains avaient assujétie. Elle prit dès lors le nom de Provibcs ROMAINE , qui depuis a désigné spécialement la Provence. Il était du destin des Romains d'avoir en tous lieux des Gaulois a combattre : a peine la Gaule transalpine fut-elle p.n ilice, qu'il leur fallut combattre les Scordisques, peuples gaulois d'origine, établis depuis long-tenu sur les confins de la Thrace , au confluent de la Save et du Danube. Ces peuples ayant fait une irruption en Macédoine , furent combattus par le consul Porcius Caton , qui se laissa envelopper dans un défile ; son armée fut entièrement taillée on pièces ; il échappa seul du combat. Titus Didius, préteur d'Illyrie , vole au-devant des ennemis déjà répandus dans la Tbessalie, juvque sur les bords de la mer Adriatique, les défait et les contraint de reculer jusqu'aux rives du Danube.

Les vestales Emilie , Licinie et Marcie s'élanl laissées corrompre , sont punies de mort avec leurs complices. En réparation de ce scandale , on érige un temple a Vénus Vtrticardia , nouveau surnom qui signifiait que cette déesse était invoquée en celle occasion pour changer les cœurs. Il fut ordonné que la stalue de Vénus serait consacrée par la dame la plus vertueuse de Rome ; et cet honneur fut déféré par les autres dames a Sulpicia, fille de Sulpicius Palerculus , et femme de Quiutus Fulvius Flaccus , comme autrefois, parmi les hommes , il avait été déféré par le sénat A Scipion Nasica(5;.

On voit qu'ici nous abrégeons les détails historiques qui nous mèneraient trop loin , et que l'on trouvera dans l'Histoire romaine continuée par Crérier. Nous allons continuer de la inCme manière.

641 de Rome, 114 et tt3 avant notre ère,

QmtuU: Caïds C acilius Metfxlus Capbahjw , Ckéus Papirios Carro.

Leur consulat commence le 1". janvier romain , 3 octobre julien de l'an 114 avant notre ère.

Les Fastes de Sigonius le placent sous l'an 640 de Rome, et sont d'accord avec Tacite , qui met de même ce consulat sous la six cent quarantième année de Rome^, et dit qu'alors ,

l'Italie les armes des Ciinbres. Il ajoute que Papirius Carbo fut battu par les Germains (6). Les Fastes d Alméloveen s'accordent avec nous pour compter ici l'an 64t de Rome , et avec Sigonius pour compter l an n3 avant notre ère.

Ces consuls sont nommes par Cassiodore, Julius Obsequens , les Fastes de Sicile , Eutrope , Pline et Tacite. Caïus Métellus est le quatrième fils de Métellus, surnommé le Macédonique , mort pendant qu'il était candidat. Sur le surnom de Caprarius , on. peut voir Cicéron (7) ei Plutarque (8). Le second consul parait avoir été fils de celui qui avait été consul sept ans auparavant Métellus fut envoyé en Macédoine , et Carbon en lltyrie (9).

Métellus eut de nouveaux avantages contre les Scordisques ; mais une guerre plus importante attira les regards des Romains. Les Cimbres et les Teutons , partis du fond du nord pour venir chercher fortune dans Les pays plus méridionaux , se trouvèrent pour la première fois en opposition avec les Romains dans la Norique , c'esl-A-dire dans le pays que nous appelons aujourd'hui la haute Autriche ei la Bavière. Ils y défirent le consul Papirius, qui s'y était avancé pour leur fermer le passage ; mais au lieu de marcher dès lors vers l'Italie, comme on avait lieu de le craindre,, ils tournèrent vers la Gaule , et entrèrent chez les ITelvéliens , aujourd'hui la Suisse (10) , en sorte que leur histoire devient étrangère i celle des Romains pendant quelques années.

64* de Rome , 1 13 et 1 1 a avant notre ère.

Consuh •. Marcus Livras Dauscs , Lucius Caupubjuds Piso dstmiMU.

Ils entrent en charge le 1". janvier romain , ai septembre julien de l'an n3 avant notre ère. Les Fastes de Sigonius mettent ces consuls sous l'an 641 de Rome; ceux d'Alméloveen sous l'an 64a , et tous deux sons l'an 1 ta avant notre ère.

Ils sont nommés par Cassiodore, les bslesde Sicile, Orose, Jules César et Ciceron : ce dernier (11) dit que Drusus était fils de Caïus Drusus, consul l'an 607 ; l'autre consul était fils de Lucius Piso Cassoninus , consul l'an 606.

Drusus fit la guerre dans la Thrace , où il combattit les Scordisques dont il triompha (ta). Il n'est plus guère fait mention de ce peuple dans l'histoire, qui reprend ici le récit de la guerre de Jugurlha. Ce prince envahit le royaume d' Ad herhal, qu'il oblige i se renfermer dans Cirthe , sa capitale , où il le réduit par la famine a se rendre a composition, et le fait périr dans les plus cruels tourmens, contre la foi des traités. Le sénat se contenta d'envoyer a trois différentes reprises des commissaires et de* députés qui revinrent de Numidie beaucoup plus riches qu'ils n'y étaient allés, et ne firent rien pour lè nul heureux Adberhal. On prétend même que l'illustre Amilius Scaurus , prince du sénat, qui était à la tète de la dernière députât ion, nefutpasi l'épreuve de* présens de Jugurtha ; ce prince , dit Florus, triompha de la vertu romaine en la personne de Scaurus. Enfin, a la honte du sénat, il fallut qu un généreux citoyen , nommé Caïus Memmius, désigné tribun pour l'année suivante, se mit en devoir de traduire l'affaire (levant le tribunal du peuple; pour lors le sénat , aCn de n'être point prévenu , rendit un décret portant qu'un des consuls de Tan née suivante mènerait les légions en Numidie (i3).

643 de Rome , 1 ta-i 1 1 avant notre ère.

Consul» : Publius Cornélius Scmo Nasica , Lccius Calporhius Piso Bestia.

Ils entrent en charge le 1". janvier romain , 5 oclobre julien de l'an tta avant notre ère. Les Fastes de Sigonius mettent ces consuls sous l'an 641 de Rome, ceux d' Alméloveen sous l'an 643. et tous deux sous l'an 11 1 avant notre ère.

Ces consuls sont nommés par Cassiodore les fastes de

(t) Mcwel, Nmmùm. «■/•/. Eriiso , Ami'/. Pigh., t. 3, p. io3. (a) M «in. de l'Aeid. des Inscript , 1, ai. p. a^i.

(3) Hist. roni. , par Citron , t. l3 , p. Soi.

(4) Siftmi aptra. 1. 1 , p. 4«3.

(5) Annale* romaines, par Macquef ; la Haye, 1757, p. 317, en corrigeant ta date.

(6) Mvun in Gennaiai , chap. 37.

(7) Dt Orttort, lit. 11.

(8) Sur la fortune de* Romains.

(g) Sifmii Cf4f», t- 1 , p. 4*4 *' 4'$*

( 10) Voycs ï'introduct. A l'histoire du Danemartk, par Malle 1. (11) Dam ton lirulus.

fia) Floru». Tïle-Live, Smtamt , //An" 63. Rufm. Suëtone. (i3) Annales de Macqiwr. Voyet les détails daos Salluste.

ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE

Sicile , Julio» Obseqoens, Salluste, Eutrope, Orose , Valère Maxime et Cicéron. Nasica fut chargé de l'iulie , et Calpuroius de la Numidie (t).

Révolte dans l'Espagne où Sergius Galba est envoyé (a). Marins y avait déjà été comme préteur. Il s'était allié a une famille illustre, en épousant Julie, tante de Jules- César. Ce ne fut cependant qu'avec peine qu'il parvint è

magistrature curule, qui lui donnait entrée daas le t. 11 tut accusé d'avoir acheté les suffrages du peuple ,

et le sénateur Cassius Sabacoo , qui lui avait prêté son ministère en cette occasion, fut dégrade par les censeurs. Valère Maxime se sert d'une expression bien propre a caractériser le génie et la conduite de Marins , en «lisant qu'il fit irruption dans le sénat plutôt qu'il n'y entra.

Scipion mourut dans le cours de sa magistrature, ainsi que nous l'apprenons de Cicéron (3).

■ Ce fut un malheur que le sort eut tait échoir la commission de réprimer l'audace de Jugurtha a Calpurniua , homme capable de résister a tout, excepté aux attraits de l'avarice. Les armes lui tombèrent des mains a la vue des grandes sommes que lui offrait le prince numide. De con cert , dit-on , avec Scaurus, qui l'avait suivi en qualité de lieutenant-général, il accorda, pour satisfaire son avidité, une paix bien contraire aux intentions de la république. Elle veuait de refuser de traiter avec le fils de Jugurtha, que son père avait envoyé è Rome , a moins que le roi ne te remit lui et ses étals è la discrétion des Romain». Le. consul

se contenta d'exiger quelques cic|m«i> , et une somme d'argent très-modique.

Ce tut une nouvelle occasion pour le tribun Memmius de faire paraître son xele et son éloquence. Sallusle nous a. conserve fa belle harangue qu'il prononça à ce sujet devant l'assemblée du peuple , ou il fût décidé que le préteur Cassius irait en Numidie, et qu'il amènerait Jugurtha en Italie, sous la garantie du peuple romain. Cassius y joignit fa sienne propre , dont , au rapport du même SaLlustc , Jugurtha ne fit pas moins de cas que de fa foi publique , tant ce magistrat était en réputation de probité. Le roi numide fut cité et interroge juridiquement par Memmius, en pleine assemblée du peuple ; mais le tribun CaYus Bébiua , gagné a prix d'argent , lui fit défense de répondre , et il eut l'audace de persister dans son opposition , les gens de bien (4).

644 de Rome , 1 1 t-i to avant notre ère. Consuls : Mabcto Mimtcius Rurus ,

AlBIMVa.

. Ils entrent en charge le premier janvier romain , a S septembre julien de l'an m avant notre ère. Les Fastes de Si-

Sonius nomment ces consuls sous l'an 6*3 , et ceux d'Aimé- >veen sous l'an 644 de Rome. Tous deux les mettent sous l'an 1 10 avant notre ère.

. Ces consuls sont nommés par Cassiodore , les Faste* de Sicile , Salluste, qui donne mal A propos è Miatuaus le prénom de Quint us , l'épi tome du livre 65 de Tite-Live , et Velleius Paierculus. Minucius fut envoyé en Macédoine, et Postulai o* en Thessalie. Minucius fut encore obligé de combattre les Daces , les Triballet et les Scordisques, dont il triompha (5).

Marius restent è Rome , après avoir délivré des brigandages dont elle était le théâtre , l'Espagne ultérieure , qu'il avait gouvernée en qualité de préteur. Les Espagnols, dans ce lems— la , ne connaissaient rien de plus beau que de vivre de vols et de rapines. Marius, rentré dans le sénat ; y prit part aux affaires publiques ; mais il n'y apporta ni richesse , ni éloquence, deux des plus puissants moyens qu'eussent alors , pour gouverner, ceux qui avaient le plus de considération parmi le peuple. «Ses concitoyens, néanmoins, lui ayant tenu compte de la force de son caractère , de sa constance infatigable dans les travaux , de sa manière de vivre , toute populaire , il acquit une grande influence. A fa tempérance dont il lésait profession , il joignait , dit-on , une Jans la douleur, et il en

( 1 ) Sifonîi oftra , \i\ fdtm, p. itj (3) Daas «on Brut»,

ebap. 34.

(4) Annale» de Maupier, p. 3ig. Voyet

(5) Sifotii Optra, t. 1 , p-4>8.

grande preuve dans une opération qu'il se fit faire. Ses jinibcs étaient pleines de- varices, dont il supportait avec peine la difformité; ayant donc appelé un chirurgien pour les lui couper, il lui présenta une de ses jambes, sans vouloir qu'on 1a lui lill , et souffrit les douleurs cruelles que lui causèrent les incisions, sans faire aucun mouvement , sans jeter un soupir, avec un visage assuré et dans un profond silence : mais quand le chirurgien voulut passer è l'autre jambe, il refusa de fa lui donner , en disant : ■ je vois nue la guérison » ne vaut pas la douleur qu'elle me cause ■ (6). Ceux qui mettent la préture de Marius quelques années plutôt, nous ont paru laisser une trop grande distance entre sa prétare et son consulat , d'après le texte de Plutarque. Cependant leur opinion est favorisée par le texte de Cicéron (7) , qui dit que Marius était dans la septième année depuis sa prétare , lorsqu'il demanda le consulat.

Jugurtha fait assassiner, è Rome , Massiva, prince oumiik , qui s'était déclaré pour Adherba) , et qui prétendaii è fa couronne , comme étant fils nature) de Gulussa, l'an des fils de Masinisw. Il prend fa fuite et se retire en Numidie. Le consul Albinos le suit , et revient sans avoir rien terminé , ni par fa voie des armés , ni par celle des négociations. 11 est convaincu de connivence avec Jugurtha , rt condamné, par cette raison, a l'exil, avec Calpurnius Pisôo, Lu ci us Opimius, le persécuteur des Gracqueset le meurtrier de Caïus Gracchus , CaYus Porcins Caton , qui se trouva impliqué dans cette affaire sans que l'on sache comment , rt Caïus Galba , du collège des pontifes, et le premier de cet ordre que l'on eat vu condamné pour crime. Rome avait mis à fa tête des commissaires qui instruisirent le procès de ces accusés, jEmilius Scaurus , qui apparemment était innocent, ou plus scélérat que tous ceux qu'il condamna. Aulus, frère du mnsul Albinus , resté a la télé du camp en Numidie, avec fa qualité de propréteur, est défait par Jugurtha. Ce

S rince l'oblige a passer sous le joug , avec ce qui lui restait e troupes (o).

fc-45 de

Consuls : Qoihtus Cjtciisvs Métkllcs nommé Nouibicus , Ma a cvs Juitroa Silahua.

Ils entrent en charge te premier janvier romain , 8 octobre julien de l'an 1 10 avant notre ère. Les Fastes de Sigonius mettent ces consuls sous l'an 644 • ** ceux d'Alméloveen soas l'an f>4-r> de Rome. Tous deux les placent sous l'an iocj avant notre ère. Mous croyons superflu de répéter cette observition qui s'applique a toutes les années suivantes.

Ces consuls sont nommés par Cassiodore , les fastes de Sicile t Asconies Ps-dianus , Eutrope , et Cicéron dans son Brvtus. MéteMus était fils de Lucius Métellus Calvus. Sigonius place sous cette année les censeurs Marcus JEtnifius Scaurus et Marcus Livius Drus us (q). Tous deux étaient consulaires, et Plutarque, dans ses Questions romaines', dit qu'ils ont été collègues dans la censure. Marcus Mmilius Scaurus fait construire fa voie Emilia et le pont Emilien (10).

Le consul Si fanas est envoyé dans la Gaule narbonnaise contre les Cimbres, qui menaçaient l'Italie d'une invasion prochaines il est vaincu: les Cimbres mettent au pilliEf toutes les contrées qui obéissaient è la république au-delà des Alpes , c'est-i-diie fa province romaine.

Il falla it aux Romains un vengeur du cruel affront reço en Numidie, et sans exemple, depuis l'affaire des fourches Caudines ; on le trouva en la personne de Métellus , collègue de Silanus. Ce général ne se laissa ni éblouir par les propositions de paix , ni corrompre par les présents; il attaqua l'ennemi, le vainquit sur les bords du Mutbul; et profitant de sa victoire , il se répandit dans la Numidie , porta partout le ravage, et mit garnison dans Vacca, ville considérable, dont il fit son magasin do vivres, et dans un grand nombre d'autres places. Il ne réussit pas de même è l'attaque de Zama , qu'il assiégea dans le dessein d'engagrr une seconde bataille. Jugurtha ne donna point dans ce

(7) DtOtttili.lit.y

(8) Annale* de Macqaer, p. 319. Vi

(9) Sifoaii Operm, t, 1 , p. 4'&

(10) Vores Sestos Aaretun Victor, <lr riris itlutrièmj , e.ya; sus la traduction française , t. a, p. i37.

et Straboi

DE L'HISTOIHK ROMAIN fc.

des escarmouches subites et imprévues ; et par ses fréquentes apparitions , il encouragea si bien les assiégés, qu'il* tinrent ferme jusqu'à la fin de la campagne. Ce coup manqué , | Mctcllus prit un autre parti qui ne Ini fit pas beaucoup d'hooneur. Il employa contre Jugurtha les mêmes armes dont ce prince s'était servi arec tant de succès ; à force de promesses, il corrompit Bomilcar , le plus iolime confiuVm du roi , et l'engagea a porter son maître a se remettre a la diicrétion des Romains.

Qu'on se rappelle la triste situation des Carlhaginoii , lorsqu'après avoir été dépouillés de tout par les consuls Marcius et Manilius, ils reçurent l'ordre d abandonner les murs de leur ville natale ; tel fut i peu près le sort de Jugurtha. Après qu'il eut livré aux Romains deux cent mille livres pesant d'argent , tous ses élèplians, tous les transfuges, la meilleure partie des armes et des chevaux de ses troupes , on lui intima l'ordre de paraître devant le consul pour entendre la décision de son sort ; mais il prit , comme les Carthaginois , le parti de continuer la guerre (i).

Métellus dut la plupart de ses succès au choix qu'il avait fait de Marius pour son lieutenant. Marius , qui vit dans cette expédition un vaste champ i de grands combat* et à des actions glorieuses , n'eut garde , comme les autres lieutenants, de servir i l'élévation de Métellus , et de travailler pour sa gloire. Persuadé que c'était moins Métellus qui l'avait choisi pour cet emploi , que la fortune elle-même , qui lui ménageant l'occasion la plus favorable , l'avait placé sur un vaste et magnifique théltre , où il pourrait se signaler par les plus belles actions, il y déploya tout ce qu'il avait de talents militaires. Dans le cours de cette guerre , qui offrait les plus grandes difficultés on ne le vit jamais ni craindre le* travaux les plus rudes , ni dédaigner les fonction* le* moins importantes (a).

646 de Home , 109- 108 avant notre ère.

Commis : Sumt» Svuicioa Galba , Qvmoê Hot- T&NSlUs. Quintus- Hortensius n'étant point entré en fonction , on lui substitua MA.BXOS Aoaiuua SCAtmoa.

Les Fastes d'Alraéloveen se trompent (3) en appelant .«milius ce consul subrogé. 11 entre e^ charge , avec Galba v

notre ère.

Galba était fils de Servi ns Galba , consul l'an 610. Lui et Aureliu* Scaurus sotil nommes par Cassiodorc , Julius Obsequens , VEftUonu de Tîle-Livc . Cicéroa et le* Fastes de Sicile. Scaurus fut envoyé dans la Gaule (4).

Sigonios conjecture que les censeurs qui firent , cette année , le soixanle-troUieme lustre , étaient Quintus Fabius Maximus Allobrogicus, Caïus Licinius Gela.

Cicéron (5) observe que ce dernier , qui avait* été rejeté du sénat par les censeurs Lucius Métellus et Cnéu* Domilius , fut ensuite nommé lui-même censeur.

Dans la Gaule narbonnaise, le consul Aurélius est défait par les Cimbres, que Tacite (6) nomme Germains. Ces peuples le firent mourir (7) trois ans après, l'ayant fait prisonnier comme lieutenant du consul Cnéu» Malliu». Quintilien dit (8) qu'il avait perdu son armée.

Métellus est continué dans le commandement de l'armée de Mumîdie , sous le nom de proconsul. Les habitants de Tacca (a) massacrent la garnison romaine. Le proconsul court a la vengeance, se saisit de celle ville, et La met a feu et à sang. Bomilcar, pressé de nouveau par Métellus, forme une conjuration contre Jugurtha; il est découvert et puni de mort. Cet événement déconcerte les vues de Métellus, qui avait compté voir finir incessamment la guerre avec la vie de Jugurtha (io). Le* vœux publics appellent un autre chef. Marius , supérieur i tous ses égaux en bon sens et en prudence pour tout ce qui pouvait contribuer t l'ulilité commune, disputait, avec les simples soldats, de patience et de frugalité, et il acquit ainsr la bienveillance de toute l'armée. Cest eu général un grand soulagement dans les situations difficiles , que d'avoir des compagnons qui

en partagent volontairement les peine*, et qui semblent par là en êter la contrainte et la nécessite. 11. n'est pas de spectacle plus doux pour un soldat que de voir son général manger publiquement le même pain que lui , coucher sur une •impie paillasse, et travailler avec lui à ouvrir une tranchée , ou a fortifier un camp. Il estime bien moins les capitaines qui lui donnent de I argent ou qui l'élèvent aux charges , que ceux qui s'associent a ses travaux et a ses dangers ; il aime qu'ils partagent ses fatigues , et non qu'ils le laissent vivre dans (oisiveté. Marius, ensuivant celle conduite, gagna l'affection de tous les soldats, etremplit bientôt l'Afrique entière et l'Italie même , du bruit de son nom et de sa gloire. Tous ceux qui de l'armée écrivaient à Rome, ne cessaient de répéter qu'on ne verrait la fin de cette guerre contre ce roi barbare, que lorsque Marius, nommé consul , en aurait seul la conduite (11). .,

Une préférence si marquée déplaisait fort è Métellus ; mais rien ne lui causa plus de chagrin que l'aveulure de Turpilius. C'était un ami de Métellus , et les deux familles étaient depuis long-temps liées par les nœuds de l 'hospitalité. Turpilius avait alors a l'armée la chvrge d'intendant des ouvriers. Prépose par Métellus à la garde de Varca , il avait cru qu'en ne fesant aucune injustice aux habitants , en les traitant msnw avec beauconp de douceur et d'humanité , il s'assurerait de leur 6délilé ; mais leur perfidie l'avait livré, sans qu'il s'en doutai , entre le* mains des ennemis. Ils avaient reçu Jugurtha dans leur ville ; mais ils n'avaient point fait de mal a. Turpilius , et avaient obtenu pour lui , de ce prince , la vie et la liberté. Traduit i un conseil de guerre, comme coupable de trahison, il eut pour un de ses I uges Marius , qui , très-indisposé contre lui , aigrit tellement la plupart des autres, que Métellus se vil force, maigre lui, parla pluralité desso(trages,de le condamner à mort. Peu

(1) Annale» de Marquer. Voyei Salliute.

(a) Vie de Marins, par Plntarqu* , ebap. 7

(3) Pag. 417. Il» sont exacts, p. 49, oii us t

(4) Sig—ii Optra, t. a , p. 4ao.

(5) PnCItnlio Valère-Msiime dit la m* me choM.

(6) M «air» de» Gerxaaia*, cbvp. 37.

(7) Vellein» Patcrculu*. Tite-Live, Bfitcmt , 1. 67. (é) Dtdamatit Uni».

Je tenu après , l'accusation ayant été reconnue fausse , et tous les autres jogrs partageant la vive douleur de Métellus, Marius, au contraire, en témoigna publiquement sa joie ; il' se vanta que cette condamnation était son ouvrage, et il o'eut pas honte de dire partout qu'il avait attache è l ame de Métellus une furie vengeresse , qui le punissait d'avoir fait mourir son hote. Il éclata, dès-lors, entre eux une haine implacable ; et Métellus lui dit un jour , en le raillant : a Vous voulez dnnr nous quitter , homme de bien ,* • vous penses i vous embarquer pour Rome , et a y briguer > le consulat ; car vous n'auriez garde d'attendre i être con- » sul avec mon fils. » Ce fils de Métellus était encore dans sa première jeunesse (ta).

Cependant Marius sollicitait vivement son congé, que Métellus différait toujours , et qu'il lui accorda enhn , lorsqu'il ne restait plus que douze jours jusqu'à l'élection drs consuls. Marius se rendit en deux jours et une nuit i TJlique sur mer , quoiqu'elle fut i une dislance considérable du camp. Avant de s'embarquer, it fil un sacrifice, et le devin lui assura , dit-on , que le dieu lui promenait des pros pérités extraordinaires, et bien supérieures à ses espérances Le cceur enflé de ces promesses, il mit i la voile, et ayant eu constamment le vent le plu* favorable, il fit la traversée en quatre jours. Le peuple le reçut avec de vives démons l ration* de pie. Conduit aux comices par un des t ribun», après avoir présenté plusieurs chefs d'accusation contre Métellus, il demanda le consulat , en promettant de tuer de sa main Jugurtha , ou de l'amener prisonnier è Rome. Il fut nomnir consul sans opposition, et aussitôt, au mépris des lois et des coutumes des Romains, dans les nouvelles levées qu'il fît, il enrôla des esclaves et des gens sans aveu. Tous les généraux, avant lui, n'en recevaient pas dans les troupes ; ils ne conGaieut le* armes comme les autres honneurs de la république , qu'à des hommes qui en fussent dignes , et dont la fortune connue rrpoudlt de leur fidélité. Ce ne fui pas , néanmoins, cette nouveauté qui décria le plus Marius ; il offensa bien davantage les premiers de Borne , par des discours pleins de fierté , de méprit et d'insolence. Il criait partout que son consulat était une dépouille qu'il enlevait

(gl PUilaraue . vie de Marius , rhap. 8 , dit que cette ville était roniidlrable. Elle était dan» la Kiunidie propre , et sa nomma jourd'hui Vegia, dan» le ro jaunit d'Alger.

(10) SalluMe, où l'on Iroiivcra de fia» grands détail».

(11) Plotarque, vie de Marias, eaap 7.

(la) PlntarajiK, vie de Mari un . rhap. 8 Noua adoptons iri la tradacliou de Ricard , quoique peut-être inférieur* à celle de ftollis-

CHRONOLOGIQUE

a la mollesse «les pair ici m.» et de* riches; que , pour lui , il se glorifiait, auprès Ju peuple, non de vains mon urne ris et d'image* étrangères, mais de ses propres blessures. Souvent même en parlant des généraux qui avaient été défaits en Afrique , tels que Bestia et Albinus, consuls avant Métellus , qui , tous deux issus de maisons anciennes , mais sans capacité pour la guerre , n'avaient dû leurs débites qu'a leur inexpérience. • Croyez-vous , demandait-il à ceux qui

• étaient préacos , que les ancêtres de ces deux généraux

• n'auraient pas préféré de laisser des descendants qui me

• ressemblassent r Ne se sont-ils pas eux-mêmes rendus « illustres bien moins par leur noblesse et par leur rang, que

par leurs vertus et leurs exploits? » Tous ces discours ne lui étaient pas inspirés seulement par sa présomption et sa vanité , par l'envie de s'attirer gratuitement la haine des patriciens ; il était encore excité par le peuple , qui , charme du mépris que ces propos attiraient au sénat, et mesurant toujours l'élévation de rime a la fierté des paroles, portait Marins iu^aux nues, et. epo^it4(nepttép^„erl«

647 de Rome, 108-107 avaot nolre ere-

Consuls : Lucius Cassius Lokgmos, Caius Ma mus.

Ils entrent en charge le premier janvier romain , 10 octobre julien de l'an 108 avant notre ère. Ils sont nommes par Cassiodore , Pline et les Fastes de Sicile. Lucius Cassius avait été préteur , l'an 643 , ainsi que nous l'apprenons de Salluste, et Sigonins le croit fils «le Lucius Cassius, qui avait été consul l'an 627. 11 fut envoyé dans la Gaule , et Marius en Numidie (a).

Cassius marcha contre les Tigurins, nation helvétique, qui traversait Je pays des Allobroges pour aller joindre les Cimbres. 1 1 perd i t une bataille dans celle contrée et fut tué avec Calpurnius Pison , l'un de ses lieutenants-généraux. L'autre lieutenant , nommé Caïus Popilius, ne crut pouvoir sauver les restes de l'armée , qu'en consentant qu'ils passassent sous le joug, et livrassent aux ennemis la moitié de leurs bagages. Il fut accusé a son retour, et s'exila lui-même, pour prévenir le jugement (3).

Tacite (4) comprend encore les Tigurins sous le nom de Germains , en disant que Cassius fut vaincu et tué par les Germains. On crut devoir lui substituer un autre consul, qui fut : Maucus 4F.mii.ii-s Scaubus IL

Glandurpius (5) ajoute le nom d'Hortensius a celui de Scaurus (b). C'est le même qui avait été consul l'an Ij3<j. L'histoire ne dit rien de ce consulat sans doute fort court , et s'occupe entièrement de Marius.

Le second Scipion n'avait point formé d'aussi habile guerrier que Marius , si ce n'est, peut-être, Jugurlha. Ce fut un spectacle digne d'attention , de voir deux élèves de Scipion , deux anciens amis devenus rivaux , se disputer le prix de La gloire à la tête des armées.

Lorsque Marius arriva au camp de Numidie, il n'y trouva

S lus Métellus. Aptes avoir couronné ses exploits par la prise e Thala , château qui passait pour imprenable , a cause de sa situation au milieu d un désert aride ; après avoir réduit le roi de Numidie a quitter ses états pour aller mandier du secours chez les Gélules et les Maures , Métellus reprit la route de l'Italie, sans vouloir s'aboucher avec Marius qu'il croyait devoir mépriser souverainement. Il fut reçu beaucoup mieux qu'il ne l'avait espéré ; sa présence et ses exploits parlaient assez en sa faveur: on l'accabla de louanges , on l'honora du triomphe et du surnom de Numidique ; enfin , les juges devant lesquels il fut accusé de péculat par un audacieux tribun du peuple , refusèrent de prendre connaissance de ses comptes , et s'en rapportèrent a sa parole : genre de triomphe encore au-dessus du premier.

Marius , de son côté , après être demeuré quelque tems dans une espèce d'inaction forcée, pour laisser aux nou

(1) Plutarquc , vit de Marius, chap. g.

(a) SgnU Sipmi Optra, I. » . a.4ai *i 4»a.

(3) Annales deMacquer, pag.3ai. Cet aulcurfait combattre 1rs Tigurins par Clalba, ce qui est contraire au témoignage de loua le* auteur» anciens cl modernes. Ca&sius remplaça Scaurus.

(4) Moeurs des Germains, chap. 3t.

(5) Page 36.

(6) Fastes d'Alméloveen, p. oS.

(7) Comme le dit Plutarquc . vie de Marius , chap. io ; et non son gendre . comme Brolier le Tait dira i Salluste , < leste. Votci la note de Hicard sur Plularqur.

levées qu'il avait amenées , le tems de se discipliner , surprend Capta , ville toute semblable a Thala pour la force et La situation. Il commence a signaler sa cruauté , en feu ni massacrer les habitants de cette ville , qui s'étaient rendus a discrétion , sous la seule condition d'avoir la vie sause. Celte sanglante exécution répand la terreur devant lai ; il parcourt la Numidie jusqu'aux confins de la Mauritanie: tout se soumet à son passage. La seule citadelle de Mulucha, où Jugurtha avait enferme ses trésors, refusa de lui ouvrir ses portes : elle était assise sur une roche extrêmement haute et escarpée , et si bien taillée i pic , qu'on n'y apercevait aucune éminence qui pût laisser prise a la main , ou quelque assiette au pied pour y monter. Marins ne laissa pas d'en former l'attaque avec son intrépidité ordinaire , par un petit chemin creux pratiqué dans le roc, qui laissait a peine passage pour deux hommes de front. Son bonheur fit le reste ; un soldat ligurien vint loi annoncer que , s'étaol amusé par hasard à ramasser de, limaçons dans un lieu humide aux environs de la place, il était parvenu insensiblement a monter jusqu'à La citadelle , qu'il avait trouvée entièrement abandonnée de ce coté-là, Marius profita de La découverte ; il fit faire une fausse attaque par le chemin creux, tandis qu'une troupe d'élite, sous h conduite du soldat ligurien , escalada le roc et s'empara de la citadelle par les derrières. L'expédition de Capsa au., égalé Marius a Métellus dans l'esprit des soldats ; celle de Mulucha le leur fit regarder comme un homme inspiré et favorisé des dieux. Il s était déjà mis en marche pour aller prendre ses quartiers d'hiver , lorsqu'il fut attaqué sur le soir par Jugurtha , accompagné de Bocchus, son beau-père (7), roi des Maures. Comme les Romains furent surpris, ils n'eurent pas le tems de se mettre en bataille ; tout ce qu'ib purent faire, fut de se former en pelotons, jusqu'à ce qu'ils eussent gagné deux collines sur lesquelles ils passèrent la nuit ; et , au point du jour , ils surprirent i leur tour les ennemis , les mirent en fuite , et en firent un carnage affreux. Marius fut bien secondé en cette occasion par le fameux Sulla , pour lors questeur de l'armée ; Sylla fit des coups de maître pour ses coups d'essai , et s'attira bientôt l'estime et l'aminé de Marius , crus l'avait d'abord beaucoup méprisé , sur la réputation qu il avait d'être un débauché délicat et rafiné. Les ennemis attaquent une seconde lois les Romains, et sont absolument détails. Bocchus, dégoûté de l'alliance de Jugurtha , traite secrètement avec Marius , par l'entremise da Sulla j on lui accorde une trêve et la permission d'envoyer des ambassadeurs a Rome (8).

648 de Rome, 107- to6 avant notre ère.

Consuls : Caïus Atiuus ScfenAHDS , Quintus Seeti-

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