‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 140 sur 299 · DES SIRES, OU BARONS, DE COLC[. 22D · texte numérisé non relu

DES SIRES, OU BARONS, DE COLC[. 22D

l'onvra^e du roi. L'an 1128 , s'e'tant brouille ( l'on ne sait pour quel sujet) avec Henri , comte de Chaumont en Vexin et frère de Raoul le T^nillanl , comte de Vermandois , il mit fin à la querelle en le faisant assassiner Ce forfait fut de près suivi d'uu autre. Des marchands avaient obtenu un sauf- conduit , signe de lui , pour passer librement sur ses terres j mais , par la plus noire ]ierfidie , il les fit arrêter à leur passaç;e , les dépouilla de leurs s^ffets et les mit en prison. Le roi Louis le Gros , apprenant cette airncite' . monte à cheval , accompapriic du comte de Vermandois , et suivi-d'une arme'e qu'il mène droit au château de Couci. Thomas, en se tenant renferme' dans la place, qui passait pour imprenable, eût pu vraisembljblement triompher des efforts du ]>rince; mais la Providence permit qu'il fit une sortie, dans Inquelle il fut blesse' mortellement par le comte Ptaoul , qui satisfit par là son ressentiment personnel en venj^eant la mort de son frère. Thomas fut pre'sente' au roi, qui ordonna de le transporter à Laon , où il mourut sans avoir donne presque aucune marque de repenlir, et sans même avoir voulu rendre les marchands qu'il tenait en prison. (Suger.) Guillaume de Nangis met sa mort en i 128. Mais Robert du Mont et la chronique de Saint- Me'dard de Soissons la reculent de deux aune'es et la ])lacent en I i5o. C'est le sentiment que du Chesue , messieurs de Sainte- Marthe et nos meilleurs historiens ont suivi. Thomas laissa de sa première e'pouse une fille , nommée Ide comme elle , et Basilic , suivant Albéric , femme d'.\.lard , seigneur de Chimai , que du Chesne, trompé par l'identité de nom , donne pour époux à la mère au lieu de la fille. De sa troisième femme (morte l'an ii47au plus tôt) Thomas eut deux fils : Enguerand, quisuit, et Robert , seigneur de Boves , que son mariage avec Béatrix , fille de Hugues II , comte de Saint-Pol , fit comte d'Amiens, mort au siège d'Acre en 1191; et une fille, mariée à Hugues, seigneur de Gournai en Normandie , après avoir été promise à

' Adelesme , fils d'Adam, châtelain d'Amiens.

ENGUERAND IL

ii3o. Enouerand H, fils aîné de Thomas , lui succéda dans les seigneuries de Couci, de la Fère , de Marie, de Créci , de Vervins , de Fontaines et d'autres lieux, conservant de plus la directe sur la terre de Boves , échue en partage à Robert , son frère puîné. (Cette terre relève encore aujourd'hui de celle de Couci. ) La première chose qu'il fit lorsqu'il se vit possesseur de ces domaines , fut de restituer aux églises les biens dont son pèrft les avait dépouillées. On a des actes de ces restitutions , datés de l'an i i5i. Il en fit plusieurs autres dans la suite. Cepen- XII. 29

i^-jS chromologie historique

daul le roi el le comte de Vermandois , qui avaient poursuivi le père à mort, continuèrent la guerre contre le fils. L'an ii52, ils assiégèrent la Fère depuis le 7 mai jusqu'au 9 juillet. Mais, n'ayant pu forcer la place , ils songèrent à la paix ; et le sceau de celte paix fut le mariage d'Enguerand avec Agnes , ou Ade , fille de Raoul de Baugenci et de Mahaut , cousine germaine dii roi et sœur du cojnle de Verinandois. Enguerand partit , l'an 1 147> à la suite du roi Louis le Jeune pour la Terre-Sainle. On croit qu'il mourut dans cette expe'dition ; du moins aucun mo^ nument ne prouve qu'il en soit revenu. Il laissa de son mariage deux fils : Raoul , qui suit ; et Enguerand , mort au plus tard eu^

RAOUL h^, DIT DE MARLE.

1148 ou environ. Raoul, fils aîné' d'Enguerand II et son Éucccsscur dans la sirerie de Couci , comme dans la plupart de ses autres terres , fut surnomme' de Marlk , à cause du se'jour ordinaire qu'il faisait en cette ville. L'an 1 154, Robert de Boves, sou oncle paternel , non moins avare et presque aussi cruel que Thomas de Marie , s'empara de ses cliâleaux et de ceux qui appartenaient au jeune Enguerand , son frère. Cette usurpation, lie parait pas néanmoins avoir eu de suite. ( J^abul. Fus?iiac.) Raoul accompagna, l'an ii85, le roi Pilippe Auguste dans'Ia. guerre qu'il fit au comte de Flandre , et dont lui-même e'tait en. partie l'auteur par ses conseils.

En 1 165 , Roger , evêque de Laon , de qui. relevait en partie la seigneurie de la Fère , en céda la directe au roi Pilippe Augustej et le sire de Couci, par ce moyeu , qui le mettait dans la mouvance immédiate du roi, tint cette terre en baronnie ou jjairie du royaume. On voit aussi par une pièce de l'an 1187, rapjîortée dans l'iiistoire de la maison de Guines (p. 55o ) , que; ])endant la guerre du roi contre le comte de Flandre , ce prélat avait force' Raoul de lui faire liommage pour Marie et Vervins , mais que Piiilippe Auguste ne voulut faire la paix qu'à condition que cet hommage serait rendu à sa couronne comme auparavant ; ce qui prouve que celte terre était originairement immédiate comme celle de Couci.

Raoul^ après avoir fait son testament, s'embarqua, l'an 1190, avec le monarque pour la Terre-Sainte. Etant sur le point da };artir, il s'e'tait accommodé provisionnellement , au mois de juin de la même année, avec l'église de Laon touchant les droitSv de main-morte qu'elle prétendait à Couci , à IVIarle et à la Fère ^ et sur d'autres droits qui étaient en litige entre eux. ( Tabnlar. JEccles. Laudun., fol. 278; r") 11 laomut l'ajiBée suivante au siège

DtS SiriES, ou BAr.ONS, DE COUCT. 22/

^'Acre. {^Albéiic.) L'ahbc" Velli raconte qu'un chevalier , cliarp;e par le testament de Raoul de porter son cœur en France à la dame de Fayel , rencontra sur le pont du château le mari de la dame, qui , l'ayant fait fouiller, lui trouva le fatal présent. « Le 3) malheureux e'poux , ajoute-t-il, transporte de rage , imagina M de faire mettre le cœur en ragoût pour être servi sur la table » de sa femme j elle en mangea beaucoup. Alors le cruel e'poux » lui de'couvritle secret. La dame , saisie d'horreur, jura qu'a- » près une nourriture si chère, si pre'cieusc , elle n'en «rendrait » jamais d'autre, et mourut peu de jours après. » Cette aventure , €n la supposant vraie , regarde Renaud I^% châtelain de Couci, et non point Raoul , auquel on ne l'a sans doute attribue'e que parce qu'e'tant plus fameux par sa naissance et par ses actions , il rendait le fait encore plus inte'ressant. Les châtelains de Couci étaient , comme tous les autres chà'elains , de grands officiers du baron , charge's de la garde du château , oi!i ils exerçaient aussi nne sorte de juridiction. lis ont forme' deux branches principales , savoir , celle des châtelains de Couci dont e'tait Renaud , et celle des seigneurs de Torote , cliàlelains de Nojon ; sur quoi voyez \e Mémoire de M. de Belloi , et une Histoire des châtelains de Couci , imprimée in-4" vers 1780. Le roman des amours du châtelain de Couci et de la dame de Fayel existeparmi les manuscrits français de la bibliotlièque du roi , n° iy5 , oii la plupart des chansons de cet amant sont rapporte'es.

Raoul avait époxise' , 1° Ag^Ès , dite la Boiteuse , seconde fille de Baudouin IV, comte de Hainaut , morte en 1175. Elle fut enterre'e à l'abbaye de Nogent-sous-Couci , à laquelle , dans son testament , elle avait fait un legs de cent sous , ce qui occasiona un procès entre cette abbaye et celle de Saint-Vincent de Laon. Cette dernière pre'tendait que mal-à-propos les religieux de Nogent avaient accorde la sépulture à la ,dame de Couci, attendu qu'elle était leur vassale ( à cause de Crèci); à quoi ceuxci opposaient qu'elle était leur paroissienne. Après de lon^^s débals, Roger , évoque de Laon , s'étant associé les évêqucs de Soissons et Senlis , rendit, l'an 1177, ^*^" jugement arbitra! , par lequel il adjugea, bi moitié du legs à l'abbaye de Saint-Vincent. (Il eût mieux fait d'adjuger le tout aux pauvres. ) Nous avons sous les yeux cette pièce eu original. Raoul épousi en secondes noces Adx, fille de Robert I^' , comte de Dreux , vivante encore en 1217. Du premier lit, sortirent trois filles : Yolande, mariéoj en 1184, à Robert II, comte de Dreux j Isabelle, appelée Mélisende par du Chesne , femme; 1° de Raoul , comte de Rouci ; 2° de Henri IV, comte de Grand-Pré • et Ade , mariée à Thicrri, seigneur de Beures 01 Flandre. Les enfants du second lit sont Eugucrand , qui suil^ Thomas , qui-

eut en partage les seigneuries de Vcrvins, de Fontaines et de I.andousies , et dont la branche subsiste encore dans messieurs de Couci-Polccourt. Raoul, qui embrassa Tetat eccle'siaslique , fut le troisième fils du sire de Conci. Robert , le quatrième, eut la seigneurie de Pinon, et e'pousa Elisabeth , vicomtesse de Mareuil-sur-Marne. ( ylrchiv. de S. Rémi de Rein?.';.) Il était mar<*'chal de France en 1226 ( Mém. sur les Pairs , par Lancelot , Paris , 1720 , pp. 55 — 34) , et fut aussi chef d'une branche qui est e'teinte. Agnès, fdie de Raoul , épousa Gilles , châtelain de Bapaume , à qui elle apporta seize cents livres de revenu , ù prendre sur les terres de Marie et de Cre'ci.

ENGUERAND III , dit LE GRAND.

itqi. Enguerand III, fds aîné' de Raoul et d'Alix de France, succe'da à son père dans presque toutes ses terres en verlu du testament qu'il avait fait avant son départ pour la Terre-Sainte. Il eut de plus dans sa mouvance les parts de ses frères puincs^ quoiqu'ils les tinssent en baronnie on pairie du royaume ; et cela suivant un usage qui subsistait encore du tcms de saint Louis , dont les e'tablissements portaient que baronie tie départ mie entre frères , si le père ne a fait partie , ajoutant plus bas que nul ne tient de baronie se il ne part de baronie par partie de f rérage ou s'il n'a le don du roi. ( Ord. du L. Tome /, pp. j 26 — 284. ) Enguerand mc'rita le surnom de Graivu , qui lui fut donne', soit pour ses grandes alliances, soit pour le grand rôle qu'il ioua sur le théâtre du inonde, soit enfin pour les grandes qualite's qui brillaient en lui , quoiqu'obscurcics t[uclquefois ])ar de grands d(:fauts. Il fut de toutes les guerres qui se firent de son tems en France , en Flandre et en Angleterre. Ce fut lui qui fit bâtir à Couci le château et la tour , dont on a ])arlé au cnmmencciuent de cet article. 11 agrandit , embellit et fortifia la ville ; il releva les châteaux de Marje et de la Fère , augmenta le parc et la maison de Folcmbiai , fit construire un hôtel à Paris , près de Sainf- Jcan-cn-Grève , et laissa d'autres marques de son goût et de sa mai;nificence. La baronnie de Couci, quoique formant un pays distinct du Vermandois , se gouvernail en grande partie suivant les coutumes de ce comté dont elle est limitrophe. Lnguerand fit quelques changements à ces usages, ou revêtit de son autorité' ceux qui s'étaient introduits sous ses pre'de'cesscurs. C'est ce qu'on nomme aujourd'hui la {Coutume de Couci.

1/an 1200 ou environ, mécontent de l'archevêque de Reims ot de son chapitre ( on ignore pour quel sujet), Enguerand se JiiTua avec le comte de Rèthel et le seigneur de Rosoi , et tous trois firent ensemble des courses Irès-funestcs sur les terres de

DES SlRi:S, ou BARONS, DE COUCÎ. '-iO-C)

celle église. Les chanoines curent en vain recours à la protection du roi Philippe Auguste. Je ne puis/aire autre chose pour vous , leur re'pondit-il , que de prier le seigneur de Coiici de ne point vous inquiéter : réponse qui faisait allusion à celle que les chanoines avaient faite quelque tcms auparavant à ce prince, en lui disant, lorsqu'il leur demanda du secours contre les Anglais, (juils ne pouvaient faire autre chose que de prier Dieu pour la prospérité de ses armes.

L'an i2o5, Engucrand , de même que plusieurs autres barons et dames, adressa au roi Philippe Auguste une lettre par laquelle il l'invitait à ne faire ni paix ni trêve avec le roi d'Angleterre, par contrainte du pape ou des. cardinaux. Il lui promettait secours en cas de violence, et de ne point s'accorder sans lui avec le pape. {Inv. des Char!. Cab. des Ord. , T. X.)

Enguerand se croisa, l'an 1209, contre les Albigeois, et Tannc'e suivante, il alla renforcer avec ses troupes l'arme'e du comte de Montfort. Certains mots confus d'une ancienne chronique donnent lieu de penser que les rivaux de sa gloire et de sa puissance lui dressèrent dans cette expe'dition des embûches dont il ne fut pre'serve' que par une singulière protection du ciel.

L'an 1214, Enguerand fut un des seigneurs français qui contribuèrent le plus, par leur valeur et leur habileté', au gajn de la bataille de Bouvines. De retour en ses terres , il prit (querelle avec l'e'glise de Laon , et poussa les choses au point qu'il re'duisil les chanoines à la dernière misère , et 6t jeter le doyen dans un cachot. Toutes les e'glises de la province de Reims s'inle'ressèrent pour les perse'cutès , et ne purent néanmoins venir à bout de fle'chir le persécuteur. Il jjarlit, l'an 1216, pour l'Angleterre avec Louis, prince héréditaire de France , que les barons anglais avaient appelé pour renq)lacer le roi Jean-5ans Terre , qu'ils avaient déposé. Pendant sou abseiice , le pape llonorius , doublement irrité contre lui, et pour le traileuient qu'il avait fait à l'église de Laon , et pour avoir conseillé au prince Louis l'expédition d'Angleterre, ce pape , dis-je, par ces deux motifs , frappa d'esconimunicatiou le sire de Conci. Enguerand demeura sous l'anathème jusqu'en 1219, (ju'il lut absout des censures , après s'être engagé à ne plus toucher aux terres de l'église de Laon.

Au mois de janvier 122.5 (V.S. ), Enguerand et ses deux frères , Thomas et Robert , furent du nombre des grands du royaume qui conseillèrent au roi Louis VIII de faire la guerre aux Albigeois. {hn>. des Charles , T. VIII, Cab. des Ordres.) Il y suivit ce prince j et se trouvant, au mois de novembre 1 226, près de sa personne , dans sa dernière maladie, à Montpens'.cr , il lui prêta , avec d'aulreé pairs , le scriucnt de reconnaître après

2rj0 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

sa mort son fils aînd pour roi. Le sire de Couci fut ensuite corr- Voque' avec les pairs pour le sacre du jeune monarque. ( Lancelot , pp. 55 — 54.) On sait d'ailleurs qu'Enguerand fut un dcs^ £remiers à offrir son bras à la reine Blanche , mère de saint ouïs et rc'qente du rovai.me. Mais , l'an 1 228 , il eut le raallicur de se laisser entraîner dans la ligue des seigneurs mécontents de la régente. 11 n'est pas vrai néanmoins, comme plusieurs motlcrnes l'avancent, cpie son dessein fût de supplanter saint Louis, ni que les conjures eussent fait une pareille proposition. On ne voit en effet aucun monument, aucun historien du tems , qui ait constate' ou affirme' le])rojet de cette e'trange re'volution. Le fait est d'ailleurs raconté d'une manière encore moins vraisemblable que le fait môme. (Voyez le Mémoire cité de M. de Belloi. ) La régente ayant en moins de deux ans dissipé la conjuraliou formée contre elle , le sire de Couci rentra , comme ses complices , et peut-être plus lot qu'eux, dans le devoir.Vers ce tems, saint Louis , tenant sa co'ir à î.îeaux , fit , au mois de décembre î 25o , un re'giement sur les Juifs. Eiiguerand le ratifia, de même que les autres pairs , dans la forme d'usage alors , que voici : -Ego Engeran. de Cociaco eadem volul , consulta et juravi. (Lancelot, png. 5^.) Le retour du sire de Couci fut sincère ; et le roi, comptant sur sa fidélité , le manda , l'an i25G, à Saint-Germain-en-Laye , pour le servir de sa personne et de ses troupes contre le comte de Champagne. Il fut appelé de même, l'an 1242, à Chinon pour y délibérer dans une cour plénière sur les moyens de réduire le comte de la Marche, qui s'était ligué avec le roi d'Angleterre. Etant de retour dans ses terres, il mourut cette même année ou la suivante par un accident bien singulier. En passant à gué une petite rivière près de Gersi , à une lieue de Vervins , son cheval le jeta à la renverse j la violence du mouvement ayant fait sortir son epée du fourreau , Enguerand tomba sur la pointe qui lui passa au traversdu corps. Il alla expirer à Gersi , d'où il fut transporté à l'abbaye de Foigni pour y être inhumé. Nous avons de lui deux chartes qu'il est à propos de rapporter ici. La première est un accord fait au mois d'août i225 avec Thomas de Ycrvins, son frère , touchant les différents qu'ils avaient au sujet du village de Landousies. ( Cart. de S. Médard de Soissons , fol. 64- ) Par la seconde, datée du mois de septembre 1227, Enguerand reconnaît n'avoir d'autres droits sur la vicomte de Morsain , que vingt-cinq sous de rente, el la punition des voleurs après tpi'ils auront été condamnés par la justice de Saint-Médard.(y/;'iW. fol. io4- ) Il avait épousé, i", vers l'an 1202 , Eustachif. , sœur el héritière de Raoul et de Jean I"", comtes de Rouci , dont ie premier s'était allié à Isabeau , sœur d'Enguerand. Euslachic et

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(Enr;uerand s'etant séparés peu de tems après , celui-ci épousa en secondes noces Matuii-de , ou Mahaut, fille de Henri le Lion , duc de Saxe , sœur de l'empereur Otton IV, petite -fille de Henri II , roi d'Angleterre , et veuve de Geofroi lîl , comte du Perche. Cette alliance , bien plus illustre que la précédente , ne contribua pas peu à relever l'éclat de sa maison. Il prit aussitôt le titre de comte du Peiche, quoiqu'il ne prétendit rien à ce comté. Mais c'était alors \\n usage assez commun parmi les seigneurs de prendre les litres des terres dont ils avaient épousé les douairières. C'est ainsi que flobert de Dreux, frère du roi Louis le Jeune , prit le même titre , parce qu'il avait épousé la veuve de Rolrou II. Mathilde étant morte sans postérité l'an 12. 10 , Enguerand prit en troisièmes noces Marie , fille de Jean, seigneur de Montinirel en Brie, lequel, s'étant fait moine à Long-Pont, y mourut , l'an 1217 , en odeur de sainteté. Marie apporta pour sa dot la terre de Condé en Brie , et recueillit ensuite toute la succession de sa maison , c'est-à-dire , les seigneuries de Monlmirel , d'Oisi dans le Cambrcsis , de Crevecœur, de^la Ferté-Ancoul ( aujourd'hui la Ferté- sous- Jouarre ), de la Ferté-Gaucher , et d'autres belles terres avec la vicomte de Meaux et la chàtellenie de Cambrai. Enguerand lais'îa de cette temme trois fils et deux filles. Les fils sont Raoul et Enguerand, qui lui succédèrent l'un après l'autre^ Jean , seigneur de Chiinai , qui suivit le roi saint Louis avec son père , en 1242 , contre le comte de la Marche , et qui , deux ans après , mena quelques troupes au roi d'Ecosse, son beau-frère, contre le roi d'Angleterre : faible secours qui fut bientôt dissipé. Marie , l'aînée des filles d'Enguerand , épousa , 1", l'an I259, Alexandre II, roi d'Ecosse; 2° Jean de Brienne , dit d'Acre, grand-boulillier de France , puîné de Jean de Brienne , roi de Jérusalem, Alix, cadette de Marie, devint femme d'Arnoul III , comte de Guines , dont les enfants unirent, comme on le verra, la succession de Couci à celle de Guines. Marie de Montmirel , . mère de ces enfants, vivait encore en 1271 , et fut enterrée à Long-Pont auprès de son père. La vraie devise d'Enguerand III, que les modernes ont altérée , était :

Je ne suis Roi ne Duc , Prinre ne Comte aussi; Je suis le Sire de Couci.

Devise , dit M. de Belloi , fière et modeste , qui annonce une grandeur sans faste et peu jalouse des titres Cependant Gauthier dans la vie de Charles le Bon , comte de Flandre, qualifie Thomas de Madc , cQiiite de Couci.

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