I.ie viilg
ne se croyant plus en sûreté dans la Juilée , pi it la roule <!e Ronie , par i;nc inspiration divine. ( Fogî>ini , S. Pelri Rom. ilei\ Mamarhi, Orif;. Chr. ï. V. Saccarclli, His. EccL T. I.) Il y trouva Simon le magicien qui , par ses cnchantcmenls , s'était acquis parmi les Komains la même réputation dont il avait joui chez les Samaritains, jusquelà qu'à Rome , suivant saint Justin, on lui avait érigé , dans l'ile du Til)re , une statue avec celte inscription ; A SiMo^î Dieu-Saitst.
On peut rapporter à ce même tems la dispersion desapôîres dans les différentes parties de l'univers. La tradition est, qu'avant de se séparer, ils composèrent un précis de la Foi, pour être aux fidèles ce qu'est le mot du guet aux troupes : c'est ce qu'on appelle le Syndjole. Saint Jean passa en Asie avec la mère de Jésus, et s'établit à Eplièse, où saint Paul avait déjà fondé une église. Il en fonda luimême plusieurs dans cette province. Saint André passa Ghez les Scythes, d'où il vint en Epire et en Grèce; saint Thomas fut envoyé chez les Parthes ; saint Barthelemi dans la Grande Arménie; saint Simon en Perse; saint Jude en Mésopotamie , saint Mathieu en Ethiopie , où il porta son Evangile, qu'il avait composé en hébreu, et qu'on avait traduit dès-lors en grec.
43 Le prophète Agabus prédit une grande famine qui devait se faire sentir en Syrie et en Palestine. Elle arriva l'an 44' ^-'^^ Juifs, en celte occasion , furent soulagés par
44 Hélène , veuve de Monobaze , roi de l'Adiabène , et par Izalès, son fils, qui avaient embrassé leur religion. Les fidèles d'Antioche signalèrent aussi leur charité , envers ceux de Judée, par d'abondantes aumônes dont ils chargèrent Paul et Barnabe d'être les porteurs , après avoir prié pour eux et leur avoir im.posé les mains.
Hérode-Agrippa s'étant rendu à Césarée , y fait représenter des jeux à l'honneur de Claude. Les Tyriens et les Sydoniens, contre lesquels il était irrité pour un sujet qu'on ignore , s'y rendent le 2^ jour de la fcHe pour im-
Î>lorer sa clémence. Ils avaient d'autant plus besoin de le léchir , que leur pays, resserré dans d'étroites bornes du côté de la terre, et néanmoins très-peuplé, tirait ordinairement ses vivres des greniers de ce prince, et ne pouvait, dans la disette qui régnait alors, s'en procurer d'ailleurs. Agrippa, vaincu par les remontrances de Blaste , son intendant, qu'ils avaient gagné, assigne un jour pour leur donner audience dans le théâtre. Le terme ar-
DU KOUVEAU TESTAMENT. 227
rivé, il s'y rend avec le plus brillant appareil , monte sur la tribune , et harangue le peuple avec tant de grâce y qu'on s'écrie de toutes parts : C'est la Qoix- d'un Dieu et non d'un homme. Au lieu de rejeter cette flatterie comme un blasphème , il en tire vanité. Un ange l'ayant aussitôt frappé d'une maladie mortelle , il meurt , rongé de vers au bout de quelques jours, dans la ô^.^ année de son âge, la 4* de son règne sur toute la Judée, et la y* depuis que Caligula lui avait mis le diadème sur la tète. Ces mêmes habitants de Césarée, qui lui avaient donné l'éloge impie
3ui fut cause de sa mort, oubliant ses bienfaits, l'accablèrent 'injures dès qu'il eut rendu l'esprit. Les soldats portèrent la pétulance jusqu'à enlever les statues de ses filles et les porter dans des lieux de prostitution. ( Josephe, Anliq. L. xix, c. 8 ). L'empereur Claude n'apprit pas la mort d'Agrippa sans regret et sans indignation contre l'ingratitude de ceux qui avaient outragé sa mémoire. Ce prince laissait un fils âgé de 17 ans, et nommé aussi Agrippa, à qui l'empereur, qui le faisait élever à sa cour, avait dessein de transmettre le royaume de son père. Mais ses amis et ses affranchis lui ayant représenté, qu'il était trop jeune pour gouverner un état si tumultueux , il nomma Cusplus Fadus gouverneur de la Judée. Hérode , roi de Calcide, obtint néanmoins de l'empereur, pour lui et ses descendans , la préfecture du Temple , avec le pouvoir de créer le grand-prêtre , et ce fut avec cette autorité qu'il ôta le souverain sacerdoce à Canthera , et lui substitua Joseph , iils de Chamide. Outre le fds dont on vient de parler, Agrippa laissa trois filles ; Bérénice, âgée de lÔ ans , Mariamne de 10 , et DrusiUe de 6. Il avait maria la première à son frère liérodc. ( il sera encore parlé d'elle ci-apres. ) Mariamne, qu'il avait fiancée à Julius Archélaiis , fils de Chelclas , le quitta pour épouser ûémétrius, alabarque des juifs d'Alexandrie. Drusille épousa, l'an 52, Aziz, Roi d'Emèse, qui se fit juif pour obtenir sa main , et dont elle se sépara avant l'an 55 , époque de la mort de ce prince, pour se marier à Félix, gouverneur de Judée, qu'elle fit père d'Agrippa , qui périt avee sa femme , sous l'empire de Titus , dans l'embrasement du Mont-Vésuve.
45 Paul et Barnabe , accompagnés de Jean-Marc , cousin de ce dernier, étant venus en Chypre , parcourent cette île en minisires évangéli(|ues , et arrivent à Paphos , où résidait le [uoconsul Sergius Panbis. (Vélail un honmiQ
Eie vulg.
sage et prudent , qui, ayant ouï parler de leurs prédications, désirait d'entendre la parole du Seigneur. Ils vont la lui annoncer; mais un faux prophète juif, nommé Llymas , autrement Bar-Jcsu , s'efforce d'en empêcher l'effet et de détourner le proconsul d'emhrasser le Christianisme. Paul , saisi d indignation , frappe cet imposteur d'aveuglement , en présence du proconsul , qui se convertit en voyant ce miracle. Ce fut alors que l'apôtre quitta le nom de Said pour prendre celui de Paul (r) sous lequel il est toujours désigné depuis dans la suite des Actes des Apôtres, ainsi que dans ses Lettres,
De Chypre, les deux apôtres, avec leur compagnon , passent en i'amphilie ; de là s'étant rendus à vV^ntioche de Pisidic , ils entrent , le jour du Sahbat, dans la synagogue que les Juifs y avaient. Les chefs de l'assemblée les invitent à faire un discours d'édification. Paul , ayant pris la parole , démontra avec tant de force que Jésus-Christ était le vrai Wrssie , qu'au sortir de la synagogue , on le pria de li-aiter le même sujet, au sabbat prochain. Mais la multitude des conversions qu'il fit ce jour-là , où toute la ville était venue l'entendre ^ piqua la jalousie des Juifs, qui firent chasser les deux apôtres. Ceux-ci, après avoir secoué la poussière de leurs pieds en sortant de la ville , vinrent à Iconc , où ils ne furent pas mieux traités. Poursuivis par les Juiis à coups de pierre, ils se sauvèrent à Lystres, en Lycaonie. Paul y guérit un boiteux. Le peuple, témoin de ce miracle, s'imagine que ce sont des dieux qui ont pris la figure humaine , et veut, en conséquence, leur sacrifier; ce qu'Hs n'empêchèrent fju'avec beaucoup de peine. Mais des juifs étant survenus, changent la disposition des esprits à leur égard. Ils les font passer pour des imposteurs, et Paul, lapidé par ceux qui voulaient un moment auparavant l'adorer , est laissé pour mort. Il
(i) Les apôtres et les disciples , qui devaicnl prêcfier l'eVangile p.ar tout le monde, pour ne point choquer les peuples, par leurs noms mêmes, qui auraient pu leur paraître barbares, en évllaient la rudesse autant qu'ils pouvaient , et tes changeaient quand ils en trouvaient l'occasion , en les réduisant à la forme, et à la terminaison des noms grecs ou latins, ou prenaient d'autres noms qui leur fussent plus agréables. Ainsi Ci-phas, Pelrus ; Saul, Pau/us, nom agréable aux Tiomains : de même aussi Lévi , Matlhœus; Jacob, //sto/î^j- ; et Nathanael , qu'on croit un des douze apôtres , est nonmié Barlolomœus ; Silas , Si'lranus^ ( D; Rob. Guérard , Abrégé de la sainte Bible. )
Ere vulg.
revient de cet accirlcnt par les soins des frères, et se trouve en état le lendemain d'aller à Derbe.
46 Un juif, nommé Thendas , se donnant pour un prophète , persuade à une grande multitude de sa nation d'emporter toutes leurs richesses et de le suivre jusqu'au Jourdain, dont il promet de diviser les eaux, par son commandement, pour leur ouvrir le passage. Le préfet Cuspius Fadiis envoie contre eux de la c.ivalerie, qui, les ayant surpris, en tue plusieurs, et fait beaucoup de prisonniers Theudas fut du nombre de ces derniers. Le préfet lui ayant fait couper ia tète . elle est portée par son ordre à Jérusalem. (Joscphe, Antiq. L. xx c 2 ) Cet imposteur ne doit pas être confondu ;tvec eelui de morne nom, dont parle Gamaliel dans le discours qu'il fit au Sanhédrin. Celui-ci parut et périt long-tems avant que Fadus vint en Judée.
47 Tibère Alexandre qui avait abjuré le judaïsme après l'avoir embrassé , succède à Cuspius Fadus ., dans la préfecture de la Judée. Josephe ( L. xx, c. 3 ) dit qu'on le le nommait Alabarque , ce que Scaligfr interprète de l'Intendance des impots. C'est, à ce qu'il paraît, ce même alabarque à qui on érigea dans Rome une statue , suivant le poëte Juvénal, qui, à cette occasion, tourne l'original en ridicule.
48 L'opinion la plus probable , quoique nullement certaine, rapporte à l'an 4^ 1^ mort de la mère de Dieu; mais ce qui est encore plus incertain . c'est le lieu de son trépas et de sa sépulture Les uns prétendent que ce fut près de Jérusalem, dans la vallée de Gethsémani, qu'elle fut inhumée ; et Juvenal , évéque de Jérusalem, au cinquième siècle , est le premier qu'on sache avoir avancé cette assertion, dans sa lettre à l'empereur Marcien et à l'impératrice Pulchérie. D'autres assurent qu'elle mourut à Ephèse , et le concile général tenu dans cette ville, en 43 1 , semble décider en leur faveur.
Tibère Alexandre est remplacé, par Cumanus^ dans la préfecture de Judée, avant la fête de Pâques. Celui-ci craignant que la multitude des étrangers qui venaient à cette solennité n'occasionnât du tumulte, mit, pour le prévenir, comme avaient fait ses prédécesseurs, une cohorte armée aux portiques du Temple. Mais, le quatrième jour de la fête, un soldat ayant eu l'impudence de se découvrir indécemment en public, les Juifs crient au sacrilège, comme s'il eût outragé Dieu même dans son Temple.
a3o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
lis s'en prennent au préfet, et le chargent d'Imprécation, s'imap;inant ou feignant de croire, tju'il avait envoyé ce soldat pour commettre une pareille infamie. Cumanus accourt au bruit , et les exhorte à s'abstenir de sédition, dans le cours de la solennité. Voyant qu'il n'y gagnait rien , il fait venir l'armée entière dans la tour An~ ionia. Le peuple, à la vue de cette multitude effrayante, prend la fuite, et comme les issues étaient étroites, il y en eut plus de dix mille qui furent étouffés dans la foule. De ceux qui avaient échappé , quelques- uns ayant rencontré , à cent stades de la ville, Etienne, domestique de l'empereur, se jetèrent sur lui et le dépouillèrent. Cumanus , pour venger celle insulte, envoyé piller les bourgs voisins de l\'ndroit où elle avait été faite. Un soldat, par- . mi les effets qui tombent sous sa main , trouve le livre de Moïse , et le met en pièces , avec des blasphèmes dont il accompagne cette action. Cumaniis , sur les plaintes que lui en portèrent les Juifs à Césaree , où il résidait, fait mettre à mort le coupable.
49. Ce n'était pas seulement dans leur patrie que les Juifs excitaient clés troubles ; ils faisaient la même chose à Rome, et leur fureur se déchaînait surtout contre ceux de leur nation qui avaient embrassé le Christianisme. L'empereur Claude, sans discerner les uns des autres^ donna un édit pour les chasser tous de Kome. Saint Pierre revint alors en Judée.
Agrippa le jeune, par la faveur de Tempereur Claude, succède dans le royaume de Calcide et la préfecture du Temple, entre les mois de mai et de septembre, à son oncle Hérode, mort Tannée précédente, iiérénice , veuve de ce dernier, se retire auprès du jeune roi son frère , avec lequel elle vécut d'une manière qui dormalieu à des bruits très-désavantageux. Elle se remaria ensuite à Pplémon , roi de Pont, (ju'elle quitta bientôt après. On prétend que Tite l'ayant connue en Judée, voulut l'épouser avant d'être empereur, et qu'il la congédia , lois()u'il fut parvenu à Fempire : ce qui n'est gi:ères probable. Bérénice avait douze ans de plus que ce prince. 5o La paix dont jouissait l'église d'Antioche, fut troublée subitement par l'arrivée de quelques frères de Judée^ qui prétendirent, (jue , Juifs et Gentils baptisés, tous étaient également obligés d'observer la loi de Moïse. Paul et Barnabe résistèrent à ces faux zélés. Mais les fidèles se « trouvant divisés à ce sujet, il fut résolu f[u'on dépuferait
BU NOUVEAU TESTAMENT. aSï",
ïrc vu'g.
los plus distingués d'entre eux, avec Paul et Barnabe, pour consiiUer l'i-dessus l'église de Jérusalem. La décision, formée dans une grande assemblée dont Pierre était le président, fut consignée dans une lettre aux fidèles d'Anlioche. Elle portail, qu'on ne devait leur imposer d'autre joug , sinon de s'abstenir de la fornication , des viandes immolées aux Idoles, des animaux suffoqués et du sang. i^Voyez les Conciles^. C'vst ici le deuxième voyage que fit saint Paul à Jérusalem, depuis sa conversion ; sa date, comme il le marque lui même , est de la quatorzième année après le premier. {^Galat. II. i.)
5i Les juifs de Galilée, en allant à Jérusalem pour les fêtes solennelles, avaient coutume de traverser le pays de Samarie, Il arriva que, dans un de ces voyages, une troupe d'entre eux fut attaquée par des Samaritains , qui en massacrèrent un assez grand nombre. Les chefs des Galiléens , instruits de cet attentat, en demandèrent vengeance à Camanus ; mais il ne tint compte de leurs plaintes, s'ètant laissé corrompre par l'argent des Samaritains. Ce déni dtr jusiice met en fureur les Juifs. Ayant mis à leur lèle un cbvf de brigands, nommé iiléazar, ils se jcltent sur les teir.'s des Samaritains, qu'ils dévastent. Cumanus envoie contre eux quatre cohortes, qui, s'étant jointes aux Saniarlialiis, font inaln basse sur ces furieux, et emmènent un grand nouibrf de prisonniers,
52 Qnadrafjfs^ gouverneur de Syrie, apprend ces troubles,' et n'y est pas indifférent. S'étaut rendu à Samarie , il fait arrêter les pnncipiux des Juifs et des Samaritains, qui l'étaient venus trouver, et les envole à Rome, avec le préfet Cumanus et le tribun Celer ^ pour cire jugés par Tempereur. Les deux partis, ayant plaidé leur cause devant Claude , ce prince condamne à mort les chefs des Samaritains, envoie Cumanus en exil, et lui substitue, dans la préfecture de Jud.v, Féliv, frère de l'affranchi Palias, son principal minisire. Le roi Agrippa, qui se trouvait pour lors a Rome, servit beaucoup les Juifs daus cette occasion. (Josepbe Antiq. L. 20 , c. 5).
52 Cephas, le même que Pierre, étant venu visiser l'église d'Antlochc, ne fait d'abord aucune ditïiculté de manger avec les fidèles inciiconcis. Mais des juifs chrétiens étant survenus, il se sépare des premiers p^ur n^' converser qu'avec les Sv'conds. Paul, témoin de cette dissimulation, lui en fni! publiquement des reproches , que Pierre reçoit avec docilité
202 CHRONOLOGIE HISTORïOL'E
Ere vu'.g,
Paul propose à Barnabe lUaller faire ensemble la revue des églises où ils avaient prêché Barnabe y consent, mais à condition que Jean-Marc sera de la compagnie. Paul s'y I oppose, par la raison que Marc les avait abandonnés en
Pampliylie. Les deux apôtres, ne pouvant s'accorder à ce sujet , se séparent ; Barnabe part avec Marc pour lile de Chypre, et Paul, s'éiant associé Silas, ou Sllvain, parcourt la Syrie et la Cilicie. Jean-Marc regagna depuis les bonnes grâces de Paul, lequel, étant à Bouje, Tan (12, le fit venir d'Orient , en le demandant à Timothée , comme un ministre qui lui serait fort utile, (il Timolhée iv). Ce Timothée était un disciple quesaint Paul emmena de Lystres, dans un troisième voyage qu'il y fit, l'an Ss. Mais comme il était fils d'un père gentil , quoique d'une mèie juive, nommée Eunice , fdle elle même d'une juive appellée Lorde , l'apôtre jugea à propos de le circoncire ; et cela pour qu'il
Ïiût travaillera la conversion des Juifs, et concourir avec ui , dit saint Chrysostome , à fabolition de la circoncision même.
Ce fut vers ce tems aussi que Luc , médecin d'Antio cbe, vint se joindre à Paul, dont il fut dans la suite le plus fidèie compagnon. Ils partirent ensemble de Troade, avec Silas et Timothée , pour la Macédoine, où Paul était appelle par un ordre particulier du ciel. Arrivés à Phllippes , colonie romaine, ils y convertissent une marchande de pourpre . nommée Lydie , qui les engage à loger chez elle. Paul délivre en cette ville une pythonisse du malin esprit qui linspirait. C'était une esclave, dont les maîtres se voyant frustrés du gain qu'elle leur procurait en devinant, excitèrent une sédition contre Paul et ses compagnons. Les magistrats, s'étant saisis de ces étrangers, les envoyent en prison , après les avoir fait battre <le verges. Au milieu de la nuit, une violente secousse de tremblement de terre agite la prison ; les portes s'ouvrent ; les fers des prisonniers se brisent ; le geôlier les croyant échappés veut se tuer de désespoir. Paul le rassure, lui enseigne la voie du salut et le baptise avec toute sa maison. J.es magistrats , instruits que Paul était citoyen romain, viennent lui faire des excuses (i) et le prier de sortir de leur ville.
(i) C'était, suivant Cicéron , un attentat crenrliaincr un citoyen romain , un crime de le frapper, et presfjue Un parricide de le inellie à mort , saos l'avoir jugé selon les formes.
Ere vulg.
Paul et Sllas, étant de là venus à Thessalonique, y font des prosélytes parmi les Juifs, et un bien plus grand nombre parmi les Gentils. Ixien de plus beau que le témoignage queTapôtre leur rend, en écrivant à eux mornes ( I. Thés. II). Rien de plus édiliant que ce qu'il raconte de la docilité avec laquelle ils reçurent la parole divine, et de la ferveur avec laquelle ils la mirent en pratique. Mais ceux des Juifs qui étaient restés incrédules , s'élevèrent contre ces prédicateurs , les accusant de vouloir opposer un nouveau souverain à Tempeieur. 1-es frères, pour soustraire Paul à leur fureur, l'envoyent, sous la conduite de quelques-uns d'entre eux,àBérée. Il y trouva des Juifs bien mieux disposés que ceux de Thessalonique Cliaque jour ils étalent occupés à comparer ce (ju'il leur annonçait, avec les divines écritures; et le résultat de celte étude fut la pleine conviction de la vérité de son enseignement, l^a renommée porta bientfk à Thessalonique les progrès qu'il faisait à Bérée. Les ennemis qu'il y avait laissés arrivent , et, ayant soulevé la populace, ils l'obligent à prendre la fuite.
Amené par ses amis à Athènes , son zèle s'enflamme eu voyant celte ville fameuse , le domicile des sciences , livrée à toutes sortes de supers! itlons. Il entre dans les synagogues pour disputer avec les Juifs ; il disserte, pendant plusieurs jours, dans les places publiques avec tous ceux qui se présentent. Sa doctrine étant nouvelle, cause delà surprise. On l'entraîne dans l'Aréopage pour l'obliger à la développer plus amplement. Dans le discours qu'il y fait , Il insiste principalement sur la vanité des idoles et sur le jour de la résurrection générale, où tous les hommes doivent comparaître au tribunal de Jésus-Christ. Ce dernier point fut une matière de dérision pour les Epicuriens ; d'autres remirent à l'entendre encore une fois sur le même sujet ; quelques-uns néanmoins s'attachèrent à lui ; de ce nombre fut Denis , qui devint ensuite évêque d'Athènes.
5a L'empereiu- Claude , la douzième année de son règne , augmente la fortune d'Hérodc-Agrippa le jeune, parle don qu'il lui fait de la tétraichie de PhiîippL', de la lîaïaiiée, de la Trachonileet de l'Alfylcne qui avait appartenu au tétrarque Lysanias; mais il lui retire la Calcule, dont il jouissait depuis quatre ans. (Jos. .^nt. L. xx, C. 5 ). D'Athènes, Paul avait dessein de retourner à Thessalo- II- 3o
a34 CnRONOLOGIE HISTORIQUE
£:e viilg.
nique; mais il en fut empêché par Satan, après l'avoir' essayé deux fois. 11 y envoya Timolhée et Si i vain à sa place, et partit sur la fin de l'année pour Corinthe , où il séjourna l'espaced'un an et demi. Aquila, juif converti du Pont, l'y étant venu trouver , ils habitèrent ensemhle ^ exerçant le même métier: c'était celui de fa-ire des tentes de cuir ; et de ce travail Paul tirait sa subsistance, afin de n'être à charge à personne.
> 53 Timothée et Silvain arrivent de Thessalonique à Corinthe, et rendent compte à l'apôtre de l'état florissant où ils ont laissé cette église, malgré les persécutions qu'elle avait essuyées. Les idolâtres, enettct, avaient pillé les biens des fidèles de Thessalonique, et leur avaient fait d'autres outrages, qu'ils avaient soutenus avec joie, loin d'en être abattus. L'apôtre ne tarda pas à leur écrire pour les féliciter de la fermeté de leur foi , les exhorter à la persévérance, et leur réitérer les préceptes qu'il leur avait donnés de vive voix. Mais peu de tems après, il apprit qu'ils étaient troublés par de faux docteurs, qui leur annonçaient, comme Irès-prochaine, la fin du monde. C.e fut l'occasion d'une seconde lettre qu'il leur adressa pour les rassurer, en leur marquant les signes qui doivent précéder ce terme et le dernier avènement de Jésus-Christ. On voit, par celle-ci, qu'on en avait fait courir une sous soii nom pour appuyer l'erreur qu'il combat.
Les juifs de Corinthe voyaient cependant avec une extrême jalousie le nombre des fidèles s'j multiplier dejour en jour, à la prédication de Paul, appuyée des miracles qu'il faisait en confirmation de sa doctrine. S'étant jetés sur lui, dans un tumulte qu'ils excitèrent, ils letr.'iinèrent, comme un séditieux, au tribunal du proconsul Gallion , frère aîné du philosophe Sénèque. Mais ce magistrat, voyant qu'il ne s'agissait entre eux que de questions touchant leur loi , les congédie, en disant, qu'd ne voulait pas être juge de ces sortes de matières. 54 La Judée alors était désolée par des imposteurs et des brigands qui la dévastaient impunément. Le préfet Llaude Félix, excité par le grand-prêtre Jonalbas , vint néanmoins à bout de surprendre leur chef, Eléazar, iïls de Dinée , qu'il envoya sous bonne escorte à Rome. Mais las des remontrances que Jonathas ne cessait de lui faire sur les desordres qu'il tolérait, il le fit tuer par Doras, l'homme en qui ce pontife se fiait le plus. L'imrviniité de ce meurtre enhardit les assassins à en commettre Lieu
DU NOUVEAU TESTAMENT. 23o
Ere vulg.
d'autres. Ananlas, dont Jonaiîias (''tail lo collé£;ue , our. pour successeur ismaël, sous le pontificat duquel il s'éleva un grand conflit entre Tordre des ponlilès et celui des prêtres; il s'agissait de la part que les premiers devraient avoir dans les dîmes. Ceux-ci étaient en grand nombre , parce qu'on changeait presque tous les ans de grand-prêtre; et, quoique déposés, ceux qui avaient occupé celte dignité, prétendaient en consex'ver les émoluments. Leur impudence monta au point qu'ils envoyaient des gens armés dans les aires, où l'on ramassait les dîmes, pour les enlever de force (i) ; ce qui réduisit plusieurs prêtres et lévites, faute de subsistance , à se tuer de désespoir. D'autres, néanmoins, soutenus par des bandits, se m.irent en état de défense. Félix, en ayant pris quelques-uns, les fit conduire à Rome, d'où ils furent renvoyés, après quelques années de prison , parce qu'on ne jugea pas leur cas digne de mort. On vit paraître dans le même tems à Jérusalem, un égyptien qui se donnait pour un proplièle, 11 persuada au peuple de monter avec lui sur le mont des Oliviers, avec promesse de faire tomber à leur vue les murs de la ville, pour en laisser l'entrée libre de toute part. Un corps de troupes , envoyé par le préfet , dissipa cet attroupement. Mais l'égyptien eut le bonheur de s'échapper, et disparut. ( Josephe yint. L. xx, c. 8).
55 Paul, après s'être fait couper les cheveux, pour acquitter un vœu de nazaréen , s'embarque au port de Cenchrce, voisin de Corinthe, pour Ephèse, avec Aquila et Priscilla sa femme. En y arrivant il alla, selon sa coutume , prêcher l'Evangile dans la synagoge. S'étanl remis en mer, peu de jours après, il descend à Césarée , monte ensuiteà Jérusalem, dont il salue l'église ; part de là pour Anlioche, d'où il prend sa roule par terre pour retourner à Ephèse , en traversant l'Asie mineure. 11 passa trois années consécutives en celte ville, enseignant tous les jours dans l'école d'un nommé Tyian. La première demande qu'il Ht aux fidèles , en les catéchisant , fut de savoir s'ils avaient recule Saint-Esprit , depuis qu'ils avaient embrassé la foi.
(i) Suivant la loi de Moïse , les Lévites recevaient les dîmes tlu peuple , et en rendaient la dime aux prêtres. Ces derniers , sur leut portion, fournissaient au grand sacrificateur ce qu'il lallalt pour soutenir sa dignité, et partageaient le reste entre eux.
2,36 cl!no^'OLOGlE historique
Ire vulg.
<f Nons n'avons pas même oui dire, répondirent-ils, j> qu'il y ait un Saint-Esprit ». 11 se trouva en effet qu'ils n'a\aipnl reçu que le baptême de Jean , et n'en connais- . saient point d'autre. L'apôtre, alors, les ayant baptisés au
nom de Jésus-Christ , et confirmés par l'imposition des mains, le vSaint-Esprit descendit sur eux , et ils conmiencèrent aussitôt à parler diverses langues et à prophétiser. Paul, de son côté, faisait d'autres miracles, non-seulement par lui-même , mais aussi par ses disciples, en appliquant surles malades des linges qui avaient touché son corps; ce qui opéra la conversion de plusieurs gentils.
Sept frères juifs, fils de Scéva, prince des Prêtres, (c'està dire vraisémblalement l'un des chefs des vingt-quatre iamilles sacerdotales ) faisaient le métier d'exorcistes en courant le monde. Témoins de ces merveilles, ils s'avisèrent d'invoquer sur un possédé le nom de Jésus que Paul prêchait. Le démoniaque se jette aussitôt sur eux , déchire leurs habits , et les laisse à peine échapper nus. Le bruit de cet événement se répandit par toute la ville , et mit la terreur dans les esprits. La magie était en vogue à Ephèse , même parmi les fidèles. Plusieurs d'entre ceuxci , touchés de remords, vinrent confesser le mal qu'ils avaient fait ; Paul fit brûler en public les livres qui traitaient des curiosités aussi vaines que dangereuses auxquelles ils s'étaient adonnés.
Pendant son séjour à Ephèse, Paul apprit, par des personnes de la maison de Chloé , dame chrétienne de Corinthe , que la discorde régnait dans cette église, les uns s'attachant à Paul , les autres à Céphas , d'autres à Apollon, ou à (|uelquc autre personnage estimé des apôtres , comme si Jésus-Christ fût divisé. Outre cela, dans les agapes, ou repas de charité, les riches avaient leurs mets particuliers dont ils ne faisaient point part aux pauvres, ensorte que l'un était rassasié, et Taiitre demeurait affa- , iné; les vierges assistaient sans voile aux assemblées ; il y avait entre les fidèles des procès qu'on portait devant les juges idolâtres ; plusieurs mangeaient sans scrupule des viandes immolées aux idoles ; dans l'usage même du doa des langues, il y avait de la confusion; enfin, ce qui est horrible , on tolérait un fidèle qui avait un commerce incestueux avec sa belle-mere. L'apôtre, pénétré de douleur 67 à ce récit , écrivit une lettre pleine de lumière et de force aux Corinthiens pour remédier à ces de-
DU NOUVEAU TESTAMENT. z'Sj
Ere >ulg.
sordrps. Un orage cepentlant se formait contre lui à Ephèse. Le culte de Jésus-Christ, à mesure qu'il s'y établissait , faisait lomber celui de Diane, la patrone de cette ville , et déserter le temple magnltKjue qui lui était consacré. Un orfèvre, noiiimé Démétrius, voyant diminuer le gain qu'il faisait en fabriquant de petites figures en argent, représentant ce temple , assemble ses ouvriers, et soulève avec eux toute la ville contre Paul. L'apôtre veut aller se présenter au théâtre, où le peuple s'était rendu en foule, mais les fidèles l'en empêchent, et l'obligent à se cacher.
Le tumulte ayant cessé, Paul convoque tous les fidèles , prend congé d'eux , et parcourt la Macédoine. Il y passa trois mois, pendant lesquels Tertius , son disciple, écrivit sous sa dictée sa lettre aux Romains , cjui la reçurent des mains de Phébé , diaconesse de Cenchrée. Les Juifs et les Gentils de l'église de Rome se disputaient la préférence dans l'ordre de la vocation. Ce fut pour humilier les ims et les autres, en leur prouvant qu'ils étaient également indignes de la grâce de la foi , que saint Paul fit cette lettre, où il traite admirablement du mystère de la prédestination. Etant à Philippes, dans la même pro\ince, il écrivit aux Corinthiens sa deuxième lettre , dont le porteur fut Tite, son disciple. Tel en est le sommaire : après des excuses sur l'impuissance où il est de les aller voir, il relève, en considération delà tristesse salutaire que sa première lettre leur a\ait causée, l'incestueux de l'excommunication dont il l'avait frappé; leur donne des pré-' ceptes et des conseils sur divers points, et menace les impénitents de ne point les épargner s'ils ne se corrigent.
De la Macédoine, t'aul vint en Grèce, et de là s'étant rendu à ïroade, dans la petite Phrygie, sur l'Hellespont, il y séjourna une semaine. Le samedi , se disposant à partir le lendemain , il assembla les fidèles dans une salle haute, il leur fit un discours qu'il continua jusqu'à minuit. Parmi ses auditeurs, un jeune homme, nommé Eutyque , était assis sur la fenêtre ; le sommeil l'ayant pris , il tomba d'un troisième elagc, et fut emporté mort. Saint Paul descend, lui rend la vie en l'embrassant, remonte, célèbre l'eucharistie, reprend ensuite son discours, et se remet en route au point du jour : son dessein était de se rendre à Jérusalem, s'il était possible, à la Pentecôte.
Ere vulg.
Etant arrivé ]iar t^rre dans une ville de Mysle , nommée Asson, il y rejoignit ses compagnons, Sosipalre, Aristarque, Second, Gains, Timoîhée, Tychique et Ti'ophime, qui avaient fait le voyage par mer. Tous ensemble s'embarquèrent au port d'Asson , et arrivèrent en quatre jours à Mllet. Paul y ayant appelé les prêtres d'Ephèse, îeuriaitun discours pathétique sur leurs devoirs, et persuadé que riieure de son sacrilice est proche , il finit par leur dire qu'ils ne le reverront plus. Leur douleur, à ces dernières paroles, éclate par des sanglots et des torrents de larmes.
Paul se remet en mer, et va aborder à Tyr , où , pendant sept jours qu'il y resta, des disciples lui prédirent que des chaînes et des tribulations l'attendaient à Jérusalem. A Césaréc, où il logea chez le diacre Philippe, le prophète Agabus lui fit les mêmes prédictions. Ses amis le conjurent alors en pleurant, de ne point aller dans une ville où sa liberté doit lui être ravie, Paul est attendri par leurs larmes ; mais il proteste qu'il est prêt à souffrir et la prison et la mort même pour le nom du Seigneur Jésus. Alors ils cessent de le presser, disant ; que la oohnlé du Seigneur soit faite. Il arrive enfin à Jérusalem, et s'élant " rendu chez Jacques , évêque de cette ville , tous les prêtres
viennent l'y trouver. On l'avertit qu'il est accusé d'enseigner aux Juifs convertis de quitter entièrement la loi de Moïse; et pour dissiper ce bruit, on lui conseille de se joindre à quatre nazaréens qui étaient venus pour accomplir leur vœu , de se purifier avec eux , et de contribuer à la dépense du sacrifice qu'ils devaient offrir. Il suit cet avis, mais , le septième jour de sa purification, des juifs d'Asie l'ayant rencontré dans le Temple, se jettentsur lui, l'entraînent dehors, appellent le peuple à leur secours, et veulent le mettre à mort. Heureusement , le tribun Lysias étant survenu avec une cohorte , le tire de leurs mains , et l'emmène dans la citadelle. Le lendemain, il le iait amener dans le Sanhédrin , pour savoir la cause du tumulte de la veille. Dès qu'il commence à parler pour sa défense, le grand-prêtre Ananus ordonne à ceux qui étaient près de lui de le frapper au visage. Dieu vous frap^ peravous même, muraille blanchie., lui dit Paul par esprit prophétique : quoi., vous êtes assis pour méjuger selon la loi, et cependant, contre la loi ., vous coinmmandez qu'on vu frappe! On lui reproche qu'il viole lui-même la loi, en
DU ÎnODVEâU TESTAMElST. 2.>)
Ere vulg.
maudissant le grand-prêtre de Dieu. Il s'excuse en disant qu'il Ignorait que ce lût le grand-prêtre. Reprenant ensuite son apologie, sur ce qu'il s'était aperçu que l'assemblée était composée de Pharisiens et de Saducéens, il met aux prises les uns avec les autres , en se rangeant du parti des premiers^ et se déclarant pour la résurrection des morts. Tandis que la dispute s'échauffe, le tribun, craignant que Paul ne soit misen pièces, le fait enlever et reconduire dans sa prison. Le lendemain, instruit par le neveu de Paul qu'il y a une conjuralion formée contre lui par quarante juifs , il le fait partir, dans la nuit, sous bonne escorte, pour Césarée, avec une lettre au gouverneur Félix, Celui-ci le fait enfermer dans le prétoire d'Hérode, jusqu'à l'arrivée de ses accusateurs. Ils ne tardèrent pas à venir , ayant à leur tête le grand-prêtre Ananus. Paul, appelé pour comparaître, réfute victorieusement les allégations de TertuUe , leur orateur. H rest.n néanmoins prisonnier, tout le tems de la préfecture di^ Félix ; ce magistrat avare espérant lui faire acheter à prix d'argent sa libejté. A son départ, il voulut mériter les regrets des Juifs, en laissant Paul dans les liens. Ils ne l'eu poursuivirent cependant pas moins à Rome pour ses malversations. Mais il obtint grâce par le crédit de son frère Pallas.
Go Porfrus Festiis, successeur de Félix, arrive à Jérusalem ^ trois jours après son entrée dans la province. Les Juifs lui demandent d'y faire venir Paul pour le juger; sur son refus, ils se rendent à Césarée. Paul est confronté avec eux., et voyant le gouverneur disposé à le renvoyer à Jérusalem pour y être jugé par lui-même, il en appelle à César,
Etant décidé qu'il sera conduit à Rome, il est entendu avant de partir, dans une audience solennelle tenue en présence du roi Agrippa et de Bérénice, sa sœur, qu'il étonne par sa doctrine. Il part, et on l'embarque, avec d'autres prisonniers, sur un vaisseau d'Adramyle, ville de Mysle (et non pas d'Adrumet en Afrique, coîTime porte la Vulgate) sous la conduite d'un centenier nomme Jules. A Limyre, ville maritime de Lycie (la Vulgate dit Lvs- 1res en Lycaonlc , qui est fort éloignée de la mer) on le transporte, avec tout l'équipage, dans im vaisseau d'Alexandrie , qui faisait roule pour l'IlaHo. La navigaVlon étaiit devenue lente par l'eHel des vents conlraircs, ils gagnent,
24q chronologie historique
Ere vulgî
lîon sans peine , le lieu nommé Beaux-Ports, près la ville <le Labée ou Thalasse, au midi de l'île de Crète. On était alors au septième mois hébreu, thisri , qui répond à ceux de septembre et d'octobre. Paul conseille au centenier de relâcher là pour y passer Thiver, prévoyant, dit il, un grand danger à continuer la route dans celte saison. Il n'est point écouté; ce qu'il avait prédit arriva : une grande tempête s'élève quelques tems après , et obscurcit tellement le ciel , que, pendant quatorze jours, on ne vit ni le soleil ni les étoiles. Paul console l'équipage consterné , en l'assurant que le dieu qu'il sert lui a accordé, dans une vision , le salut de tous ses compagnons de voyage. ( Ils étaient au nombre de 276.) Enfin, le vaisseau s'étant échoué contie une langue de terre , les uns se sauvent à la nage, les autres sur des débris du bâtiment , et tous arrivent à rîsle de Malte , dont le gouverneur Publhis , et les habitants les reçoivent avec beaucoup d'humanité. Leur premier soin fut d'allumer un grand feu pour les sécher et les réchauffer. Une vipère, sortie d'un faisceau de broussailles , que Paul avait jette dans le brasier, saisit sa main, et y demeure suspendue. Paul secoue l'animal dans le feu, sans en ressentir aucun mal ; ce qui le fait regarder par les barbares comme ime divinité.
Les troubles cependant se renouvelaient en Judée. Un édit de Néron, surpris par B?//77i«5 , son gouverneur, à la sollicilation des Syriens de Césarée, avait privé du droit hï de bourgeoisie romaine , les juifs établis dans cette ville. Ce fut l'occasion d'un soulèvement de ceux-ci, qui se rc pandit dans toute la province. Bientôt elle sévit, inondée de brigands, dont les plus terribles étaient les Sicaires , ainsi nommés de leurs coutelas recourbés à la persanne, qu'ils portaient sous leurs habits. Adroits à se déguiser , ils se mêlaient dans toutes les assemblées où il y avait foule, et commettaient des meurtres dont ils feignaient ensuite d'être les plus indignés. A ce désastre se joignit la discorde qui s'éleva entre le roi Agrippa et l'ordre sacerdotal. Ce prince avait construit, dans le palais d'Hérode, où il logeait, étant à Jérusalem, un édifice d'une telle hauteur que, de son appartement , l'œil plongeait dans ia cour intérieure du Temple. Les prêtres s'olfensèrent de cette entreprise comme d'un attentat sacrilège, la Loi ne pcrm "ttant qu'à eux de voir ce qui se passait audedans du Temple, surtout dans le lems des sacrifices. Pour contre-
Lu jS'OUVEAU TESTAMENT. 2.1^1
tr« vu!g.
carrer le monarque, ils élevèrenl, vis-à-vis du palais, une muraille qui dérobait la vue du Temple, non seulement à ce bâtiment , mais encore à la galerie où les Komains faisaient garde aux grandes fêtes. Agrippa et Festus se réunissent pour faire abattre ce mur; mais les Juifs les arrêtent par une dépulation qu'ils font à l'empereur , à la tcte de laquelle était le grand-prétre Ismael. Néron, gagné par sa maîtresse Poppée, juge en faveur des Juifs , et ordonne que le mur subsistera. Agrippa se venge d'Ismaël en le déposant. Josephe {^de Bell. Jiid. L. vili, c. 9. ) dit que ce pontife eut dans la suite la tète tranchée à Cyrène, sans marquer par quel ordre ni sous quel prétexte cela se fil.
61 Paul et ses compagnons quittent l'île de Malte, après un séjour de trois mois , pendant lequel l'apôtre guérit plusieurs malades. S'étant rembarques, ils abordent à Syracuse , où ils s'arrêtèrent trois )ours. Ils passèrent ensuite à Rhege , et en deux jours, ils arrivèrent à Pouzzole , où saint Paul demeura sept jours , après lesquels il se rendit à Rome, par le marcl>é d'Appius, et par les Trois-Loges ( Très Tahernas. ) (1).
Le centenier Jules, ayant remisions les prisonniers au préfet du prétoire, Afraniiis Binrus, il fut permis à Paul de demeurer en son particulier, sous la garde d'un soldat qui ne le quittait point; il était même enchaîné avec lui par le corps et la main droite, cnsorte qu'ils ne pouvaient marcher qu'ensemble.
Trois jours après son arrivée , Paul fait prier les princi-^ paux des Juifs de venir le voir, pour leur prolester de son innocence , en leur exposant la cause de son appel. L'ayant entendu, ils l'assurent n'avoir rien appris, ni de vive voix , ni par lettres qui fut a sou désavantage. Mais ils témoignent être curieux de savoir de lui-même le fonds de ses sentiments, et ayant pris jour pour cela , ils reviennent en plus grand nombre. Paul , dans un discours qu'il fit du matin au soir, leur expliqua la doctrine de l'Evariigile, et
(i) C'est aujourd'hui Césarillo , petit lieu dans la campogne de <Rome, sur la voie Applenne, entre le 4'i" et le ^J^^ mllliaires de Rome, où l'on voit encore les vestiges d'une ville détruite ; sur quoi il est à propos de ronsiiller le Fe/us Latiuin du Cardinal Marcellin Corrîidin (T.iI,L.II,p,2.)
^42 CHRONOLOGIE HISTORIQLE
Ere vulg.
en persuada plusieurs. Les autres persistant dans leur endurcissement, l'apôtre, pour les piquer de jalousie, leur déclare qu'il va se tourner du côté des Gentils, qui recevront, dit-il, la parole du salut que vous rejetez. Làdessus, ils se retirent en disputant vivement entre eux.
Le séjour de saint Paul à Rome fut de deux ans. Ce tems fut employé à prêcher l'Evangile à tous ceux qui se rendaient auprès de lui, sans que personne y mît empêchement. Les Juifs , malgré la haine qu'ils lui portaient , avaient trop peu de crédit en cette ville pour être en étai de traverser sa prédication. Il avait pour co-opérateur saint Luc, qui ne l'avait point quitté dans son voyage, Timothée , Aristarque et quelques autres de ses disciples.
Les Philippiens, ayant appris qu'il était captif à Rome, se hâtèrent ae lui envoyer Kpaphrodite , leur évêque , avec des présents, pour l'assister dans ses besoins. Une maladie grave retint à Rome ce député, plus long-tems qu'il ne s'y était attendu. Dès qu'il eut commencé à se rétablir, saint Paul le renvoya promptement, afin de mettre fm aux inquiéîudes que son état avait causées à ses ouailles. C'est ce qu'il témoigne dans la lettre dont il le chargea pour celte église; lettre où, après les avoir assurés de la tendresse de son affection , et les avoir remerciés de la part qu'ils avaient prise à ses liens , il les exhorte à la concorde , et les prémunit contre les faux apôtres qui leur prêchaient les observances de la Loi, comme nécessaires au salut. A la tête de cette épître, il joint à son nom celui de Timothée, qu'il promet de leur envoyer dès que ses affaires le permettront.
Vers ce même tems, Onésime, esclave de Philëmon, citoyen distingué de la ville de Colosse en Phrygie , et disciple de saint Paul, ayant pris la fuite après avoir volé son maître, vint à Rome; il y vit l'apôtre qui, l'ayant fait rentrer en lui-même, l'instruisit, le baptisa et le renvoya ensuite à Philémon , avec une lettre très-pathétique et très-ingénieuse, pour l'engager à recevoir en grâce ce serviteur que le baptême avait rendu son frèi-e. Tychique accompagna Onésimeà son retour. Par la même occasion , saint Paul écrivit aux Colossiens, dontl'évêque Epaphras, qui les avait convertis, était venu le trouver a Rome, pour lui rendre compte de l'état de cette église naissante. D'après le récit qu'Epaphras lui fit , il était à craindre que les
DU NOUVEAU TESTAMENT. a^S
Ere vulg.
Colossiens ne se laissassent corrompre par les discours captieux de certains séducteurs, du genre de ceux qui s'étaient glissés parmi les Pliilippiens. Toutes leurs insinuations tendaient à leur inspirer le Judaïsme, en les obligeant an discernement des viandes et des jours, et à les Ga détourner de la foi en Jésus-Christ , pour les attacher a un culte superstitieux envers les anges. Ce sont ces illusions que l'apôtre s'applique à dissiper dans celte lettre, où il développe, d'une manière admirable, toute l'économie de la religion chrétienne. Timothée lui servit de secrétaire pour l'écrire; et il n'y a de sa main, comme il l'atteste lui-même, que la salutation qui est à la fin.
Tychique , de son côté, fut chargé d'une lettre de Ta— pôtre à l'église d'Ephèse. La sublimité des matières qu'il
traite, dans les premiers chapitres (i), la rend obscure; a langue grecque, toute riche qu'elle est, ne pouvant, dit saint Augustin , fournir à son cœur et à l'étendue de ses pensées des expressions assez énergiques et assez claires. La suite est plus à la portée de tous les esprits : elle roule sur les devoirs propres à chaque état.
Enfin , après deux ans d'une captivité qui le rendit célèbre dans tous les tribunaux de Rome, qui enhardit plusieurs de ses disciples à prêcher plus hautement la foi , et lui fit des prosélytes jusques dans la cour de Néron, saint Paul fut remis en liberté, sans qu'on sache, dit M. de Tillemont, comment cela arriva. Alors, il entreprit de nouveaux voyages , pour faire de nouvelles conquêtes à Jésus-Christ. Mais, avant de quitter l'Italie, il écrivit sa lettre aux Hébreux , que Timothée, partant pour la Palestine, fut chargé de leur remettre. Telle était la prévention des Juifs, même, convertis contre saint Paul, que tout ce qui venait de lui leur était suspect. C'est la raison pourquoi il n'a pas mis son nom à la tête de sa lettre ; ce qui a porté quelques anciens à douter qu'elle fût de lui. Mais
(a) Dans les écrits des anciens , iJ n'y avait, originairement aucune division, ni de chapitres, ni de paragraphes, ni d'articles , pas même de séparation de mots, excepté un point ou quelque autre signe e'quivalcnt, qu'on mettait entre les divei> membi'es de la même période. C'est saint Jérôme qui introduisit la stichometrie, ou distinction par versets, dans les manuscrits de l'Ecriture Sainte , pour eu faciliter l'intelligence auv. simples fidèles. Mais, pour la dislinction de chac^ue mot, elle ne fut L;eiL, établie qu'au IX* siècle,
saint Jérôme atteste que, de son tems , les églises d'Orient s'accordaient à la regarder comme son ouvrage. Aujourd'hui , il n'y a plus de doute à cet égard. Elle mt écrite en hébreu vulgaire ou en syriaque, telle, à ce que l'on croit, qu'elle se voit dans nos bibles polyglottes. Le but de Tapôtre est d'y prouver que la vraie justice ne vient point de la Loi , mais de la foi qui nous est donnée par Jésus- Cbrist et par son esprit. Et pour établir cette vérité , il relève , i". la grandeur de Jésus-Christ, fds de Dieu , qui l'a fait asseoir à sa droite au-dessus de Moïse, qui n'est que son serviteur, au-dessus des anges, qui ne sont que les exécuteurs de ses ordres ; n". l'excellence du sacerdoce de Jésus -Christ , dont celui d'Aaron n'était que la figure, cl de son sacrifice par lequel tous ceux de la Loi ont été abolis comme inutiles et sans effet. A la fin de cette épître, saint Paul promet aux Hébreux d'aller les visiter, pourvu que ïimothée ue tarde pas à revenir.
64 I^e retour du messager fut prompt , et l'apôtre tint parole. Mais sur sa roule il fit diverses stations assez longues, soit pour fonder de nouvelles églises, soit pour confirmer dans la foi celles tju'il avait déjà établies. II resta peu de tems en Judée, et s'étant rembarqué pour l'Occident, il alla descendre à Ephèse(i), où il laissa Timolhée qui l'avait accompagné , lui donnant le soin de l'Asie. On croit qu'd fut ensuite à Colosses, comme il l'avait promis à Philemon. Ce qui est plus certain , c'est qu'il passa d'Asie en Macédoine, où sans doute il ne manqua pas d'acquitter la promesse qu'il avait faite aux Philippiens de les aller voir. M. de Tillemont pense que ce fut de Macédoine qu'il écrivit à Timothéesa première lettre , dont le principal objet est de lui tracer les devoirs d'un évêque. Celle qu'il écrivit, vers le même tems, à Tite^ qu'il avait fait, dans ce voyage, évêque de Crète ou de Candie, roule à-peu-prrs sur le même sujet. L'apôtre lui mande de venir le trouver à Nicopoli, où il était près de se rendre , et où il avait résolu de passer l'hiver.
€5 Le printems arrivé , saint Paul reprit la roule de l'Asie,
(i) L'apôtre néanmoins, sept ans auparavant , avait annoncé aux Epliësiens , en leur p.irlaiit , qu'ils ne le reverraient plus. 11 le croyait alors ainsi, sur ce qu'il savait que les chaînes l'attendaient à Jérusalem ^ ç>n il allait.
DU NOUVEAU TESTAMEÎ^T. 2.!^^
£rc vulg.
comme il Tavait fait espérer à Tiraothée. En passant à Troade, il logea chez Carpe , son disciple, où il laissa un de ces habits de campagne , que les anciens nommaient Penula ( c'était ime espèce de manteau pour la pluie) , avec des livres (ses Epitres , suivant saint Chrysoslôme ) et des membranes (i) , qui pouvaient être les volumes de l'Ecriture- Sainte. ( 1(. Timoth. 1,4)' Timothée le revit à Ephèse, avec une joie qui est attestée par les larmes qu'il répandit en le voyant partir. ( Ibîd. W , 20 ). Après l'avoir quitté, l'apôtre alla à Milet , et y laissa Trophime malade. {^Ibid. II, 2). Dieu lui avait révélé, suivant saint Athanase et d'autres pères , qu'il devait souffrir le martyre à Rome. Impatient de recevoir l'effet de cette
Îrédiction ,, il retourna à Rome, dès qu'il eut terminé es affaires qui l'avaient rappelé en Asie. A son arrivée , il y trouva saint Pierre, avec lequel il partagea, mais sans préjudice de la primauté de celui-ci , le gouvernement de l'église romaine. Même zèle dans l'un et dans l'autre pour la conversion des Juifs et des Gentils. Pierre s'attachait plus particulièrement aux premiers , parce qu'ils étaient l'objet principal de son ministère. Paul faisait plus de progrès parmi les seconds , dont il était l'apôtre par sa destination. La persécution cependant était ouverte à Rome
(i) Ancieniiemenf on écrivait sur quatre sortes de inaliéres': 1° sur des tablettes enduites de cire , avec un slylet pointu d'un bout , pour graver les lettres, et applati de l'aulre , pour les eitacer quand on le jugerait à propos ; 2° sur du papier d'EiîVP'c, dit en latin papyrus, espèce de roseau qui croit dans le Nil, dont on de'tachnit les diverses tuniques pour en composer . en les collant deux à deux , l'une contre l'autre, ea sens contraire , diffe'renîes feuilles . larges quelquefois de deux pieds ; 3" sur des écorces d'arbres, principalement du hèlre et du tilleul, non pas les écorces extérieures, mais les intérieures, préparées à peu près comme celles du papier d'Egypte ; 4*^ iur des peaux d'animaux passées; C est ce qu'on nomme parchemin, pergamenum , dont on rapporte l'invention h Eumene, roi de Pergame. Sur ces trois dernières sortes de matières on écrivait , comme font encore aujourdhui les Orientaux , avec un roseau trempé dsns une encre à peu près semblable à !a nôtre.
Le papier de cliiffrs, dont nous nous servons aujourd'hui, ne remonte pas au-delà du i3<^ siècle. Les Chinois, cependant, sont en possession, dès la plus haute antiquité, de leur papier de soie sur lequel ils écrivent avec un pinceau , et dont l'extrême finesse ne permet pas d'écrire sur les deux cotés. Les Grecs ont eu aussi, dès le ix^ siècle au moins, leur papier de coton , qui a servi de rnodèle à uotre papier de chiites.
2 fi CHllOMOLOGIE HISTORIQIŒ
Ere vulg;
contre les Chrétiens , depuis que Néron leur avait imputé calomnieusement Fincentlie de cette capitale de l'univers. Les deux chefs du Christianisme ne manquèrent pas de lui être déférés. Saint Paul fut arrêté et mis en prison. Ayant été ensuite appelé pour comparaître devant ce prince , il fut abandonné de tout le monde dans cette importante occasion ; mais il fut assisté du Seigneur qui lui donna des forces et du courage, afin qu'il pût accomplir ce qui lui restait encore de son ministère à remplir. C'est ce qu'il mande, dans sa deuxième épître à Timothée. (IV, i6 ). On y voit qu'ayant échappé pour cette fois à la mort , il resta chargé de chaînes. Mais la parole du Seigneur resta libre dans sa bouche , et il acheva, dans sa prison, la conversion d'une concubine de INéron la plus chérie , et celle de son échanson, qu'il avait commencées' lorsqu'il était en liberté. Le tyran , furieux de se voir enlever ces deux complices de ses débauches , et apprenant que Pierre était collègue de Paul, condamne les deux apôtres à la mort. Us furent exécutés, lemême jour, 29 juin, mais non par le même supplice. Paul , comme citoyen romain, eut la tête tranchée, au lieu nommé les Eaux Salxiennes. Une dame romaine, nommée Lucie, le fit inhumer dans sa terre sur le chemin d'Oslie. Le supplice de Pierre futcelui de la croix, qu'il subit, dans le quartier des Juifs, an haut du mont Janicule , mais la tête en bas , comme il l'avait demandé. Reprenons l'histoire des Juifs.
La Judée était alors dans la plus grande agitation. FesliiSj gouverneur ou préfet de cette province , étavit mort , en Pan 61 de Jésus-Christ (7^. de Néron ) , eut pour successeur Albin. Mais, tandis qu'il est en route pour son gouvernement , le grand-prêtre Ananus , pharisien des plus féroces , suivant Josephe ( et non pas Saducéen , comme le dit un moderne) ayant assemblé le Sanhédrin , y fit condamner à mort l'apôtre saint Jacques , évêque de Jérusalem , avec quelques autres chrétiens. Albin écrivit d'Alexandrie , où il apprit ce procédé irrégulier , une lettre menaçante au pontife. Le roi Agrippa , craignant les suites de cette affaire , se hâte de déposer AnJiws , avant l'arrivée d'Albin , et de mettre à sa place Jésus , fils de Damnée.
62 Le nouveau préfet donna ses premiers soins à détruire les bandits, dont le nombre et la hardiesse croissaient de jour en jour. Mais il n'y réussit pas. Son avarice en fut ea
DU NOUVEAU TESTAMEî^T, U^J
partie la cause, parce qu'il relâcha, pour de l'argent, b plupart de ceux qui tombèrent entre ses mains. Le grand prêtre Jésus , fiîs de Damnée , déposé par Agrippa, quelques mois après son inlallation , en prit une partie à sa solde, pour faire la guerre à Jésus, fds de Gamaliel, qu'on lui avait substitué. « Il semble, dit M. de Tillemont, « qu'Ananus eut aussi sa faction à part, et la plus puis- M santé de toutes, parce qu'il était le plus riche». Agrippa, vers le môme tems, établit une nouveauté qui déplut fort au plus grand nombre de la nation. Jusqu'alors les Lévites, conformément à la loi de Moïse, n'avaient point; d'habit qui les distinguât des Laïques. Ce prince, en sa qualité de surintendant du Temple, leur accorda la robe de iin, etd'aulres privilèges particuliers aux prêtres. La querelle, entre ceux-ci et les pontifes, durait toujours, au sujet des dîmes , dont les plus forts enlevaient la meilleure part. Enfin, vers le milieu de cette année, le Temple, ayant été achevé, dix-huit mille ouvriers employés à cet édifice se trouvèrent sans occupation. Agrippa proposa de lésera- I ployer à paver la ville en pierres blanches. Mais si l'entre-
prise fut commencée , elle fut bientôt interrompue , et le nombre des bandits s'accrut de cette foule d'ouvriers réduits à l'oisiveté.
Cette même année fe, quatre ans, dit Josephe, avant la guerre (dont nous allons parler), sept ans avant le siège de Jérusalem, un paysan nommé Jésus, fils d'Ananus, étant venu à la fête des Tabernacles , commença tout d'un coup à crier : malheur au Temple , malheur au Temple , voîj, du côté d'Orient : voix, du côté des quatre vents : voÎm contre Jérusalem et contre le Temple : voix contre tout le peuple. Il courait nuit et jour par les rues de la ville, qu'il remplissait de ces cris funestes. Il continua ainsi jusqu'au tems du siège , sans s'offenser des mauvais traitements qu'on lui faisait pour lui imposer silence, ni remercier ceux qui lui fournissaient de la nourriture. Josephe dit que le préfet Albin, l'ayant fait arrêter, le fit déchirera coups de fouet , sans qu'il proférât d'autres paroles que celles qu'on vient de rapporter, et qu'ensuite il le renvoya comme un fou. Enfin voyant la ville assiégée, il se mit à crier d'une voix plus haute, en faisant le tour de la ville: Malheur , malheur sur la ville : malheur sur le Temple : malheur sur le. peuple : malheur aussi sur moi: et, dans ce moment, une pierre lancée par une machine l'étendit mort parterre.
Eie vnig»
Il y avait déjà trois ans qu'il faisait ces lamcnlalions ^ lorsqu'on vit , l'an H5, divers prodiges qui paraissaient être faits pour les confirmer. A la fête de Pâques, qui tombait cette année le 8 avril, le Temple, sur les trois heures apr^^s minuit , se trouva, durant une demi-heure, éclairé comme en plein jour; ce (|ue les plus judicieux prirent pour une marque du feu qui le consuma peu d'années après. En la môme fête, une porte d'airain qui femiait le Temple intérieur, si pesante que vingt hommes avaient pemc à la fermer , se trouva ouverte d'elle-même à minuit ; elle annonçait par-là , que Dieu ouvrait ce Temple aux ennemis. Le 21 du n\ois suivant , vers le coucher du soleil, on vit en l'air, dans tout le pays, des chariots et des bataillons d'hommes, traverser les nues et se répandre autour des villes, comme pour les assiéger. Ce prodige, ainsi que les précédents, raconté par Josephe. {de BeUo Jud. L. \1 c. 3i j. n"a pas été oublié par Tacite (^Hist. L. V. c. 10). A la fête suivante de la Pentecôte, le? prêtres, étant entres de nuit dans le Temple, entendirent cl'abord comme un bruit de personnes qui se remuaient, et ensuite une voix qui disait : Surfunsdici. (Jos. Ibid).
64 Albin , après avoir administre la Judée environ deux ans , fut remplacé par Gesshis Florus , dont les crimes firent oublier ceux de son prédécesseur. Il se comporta , dit Josephe, non comme un magistrat commis pour gouverner un peuple, mais comme un bourreau chargé d'exécuter des criminels, ( et c'est ce qu'il était dans l'ordre de la justice divine). Les voleurs n'eurent pas de peine à s'accomoder avec lui ; ils obtinrent la permission de tout piller, en lui faisant part du butin ; ce qui contraignit un grand nombre de personnes à quitter le pays pour aller s'établir ailleurs, et rendit déserts plusieurs cantons de la Judée.
66 Tant de maux , essuyés pendant le cours de deux ans, lassèrent enfin la patience des Juifs Ceslius Galtus^ gouverneur de Syrie, étant venu, ran(3'i de Jésus Christ, vers la fête des Azymes, à Jérusalem, les Juifs prirent occasion de son arrivée pour lui faire des plaintes de leur préfet. G«//m5 promit que Florus changerait de conduite. Mais celui-ci ne tint compte de cette promesse; et dans im voyage de Césarée, où il accompagna Ga/liis, il réussit à le tromper par ses mensonges. Alors, libre de crainte, il ne songea qu'à tourmenter de plus en plus les Juifs,
DU NOUVEAU TESTAMENT. z^Q
£tc vulg.
pour les obliger à se révolter. C'était le moyen qui lui pa-* raissait le plus sûr pour se mettre à couvert de leurs accusai ions ; ce moyen à la fm lui réussit.
Après avoir mis aux prises, par un déni de justice ([u'il leur fit , les Juifs établis à Césarée, avec les Syriens de la même \ ille, il envova prendre à Jérusalem 17 talents (i) d'argent dans le Temple. Cette espace de sacrilège causa une émeute parmi le peuple , cpii le cbnrgea de malédictions. Les plus sages néanmoins renfermèrent leur mécontentement dans le silence, et vinrent à bout , par leurs remontrances , d'empêcher une sédition. Peu de tr^ms après, les Jérosolymltains, apprenant que Flonis vient dans leur ville, vont au-devant de lui pour lui faire honneur. Mais cinquante cavaliers qui le précédaient, les obligent à se retirer. Le lendemain de son arrivée, étant monté sur son tribunal , il somme les principaux citoyens de lui livrer ceux qui l'ont outragé. On le supplie d'oublier cet écart d'une populace imprudente. Loin de se rendre à cette prière, il ordonne h ses soldats d'aller pilier le haut marche , et de faire main-basse sur tout ce qu'ils rencontrerpnt. Trois mille six cents pL'rsonnes, de tout I5geetdes deux sexes , furent massacrées, dans cette journée, qui fut le 16 mai de la deuxième année du gouvernement de FJoriis , la douzième de l'empire de Néron , et la dix-scpticme du règne d' Agrippa; ce C|ui revient à l'an 6(3 de notre ère vulgaire.
Florus ^ un ou deux jours après, ayant excité un nouveau tumulte , veut en profiter pour piller l'argeni; qui était dans le Temple. Mais les Juifs, étant montés sur les toits des maisons, l'arrêtent à coups de traits, et coupent la galerie qui joignait le Temple à la tour Antonia ; ce cpii obligea Florus de renoncer à son dessein.
Il part , laissant à craindre qu'il ne revienne en forces. Le roi Agrippa, cpii se trouvait pour lors à Jérusalem, travaille à procurer quelque satisfaction au préfet Ayant harangué le peuple, il l'engage à relever la galerie qu'il ava\t détruite, et à fournir promptement ce qui restait dû
(1) Le talent hébraïque c'tait composé de trois mille vicies , valant rharun trente sols, et taisant la somme de quaUe mille cinq cents livres, .suivant le taux du marc d'argent sous les dernières années de Louis XI V. Ce taux a presque doublé souà le règne de Louis XV.
25o CI1R0Î\0L0GIE HISTORIQUE
Ere vulg,
aux Romains. Mais il le soulève dansune nouvelle assemblée, en l'exhortant à demeurer soumis à Florus jusqu'à ce que l'empereur lui ait donné un successeur. On lui jelte des pierres; et obligé de se cacher, il retourne dans ses états. Son départ fut le signal d'une révolte des Juifs contre les Romains. Les bandits , que sa présence avait intimidés, s'étant introduits furtivement dans le château de Massada, près des bords du lac Asphaltide , s'y établirent^ après avoir égorgé la garnison que les Romains y avaient mise. Vers le même tems , à Jérusalem, Eléazar, fds du gi'and prêtre Ananus, jeune homme hardi, et alors capitaine du Temple, persuada aux sacrificateurs de ne plus recevoir de victimes que des Juifs, et de n'en plus offrir pour l'empereur ni pour les Romains , comme ils avaient accoutumé. Les principaux de la ville , voyant les conséquences de cet attentat, en avertirent, par leurs députés, le préfet, qui se tenait à Césarée, et le roi Agrippa, les priant l'un et l'autre d'envoyer promptem.ent des troupes pour arrêter la sédition dans sa naissance. Florus , dont le désordre assurait l'impunité, ne tint compte de cet avis. Agrippa fit partir pour Jérusalem troismllle chevaux qui, favorisés par les plus distingués et les plus, sages descitoyens, se rendirent maîtres de la vdle haute, contre Eléazar et sa faction, qui tenaient le Temple et la ville basse. Il y eut alors, entre les deux partis, un combat sanglant, qui dura sept jours, et où la perte fut à peu près égale de part et d'autre. Mais les séditieux, ayant été renforcés par les Sicaires ou Assassins, forcèrent la haute ville, le i4 aoiit , brûlèrent la maison du pontife Ananus , père de leur chef, avec le palais d'Agrippa et de Bérénice, et étendirent l'incendie sur le tiésor des archives. Leur dessein était d'anéantir par-là tous les actes qui contenaient Ijcs obligations des particuliers, et d'attirer par ce moyen à leur parti les gens obérés. Trois jours après, ils emportèrent la forteresse yZ/i/on/a, qu'ils réduisirent en cendres ; le 6 septembre suivant, ayant forcé le haut palais, ils mirent à mort le pontife Ananus, et vérifièrent ainsi la prédiction que saint Paul lui avait faite dans le Sanhédrin. La garnison romaine s'était retirée du haut palais dans trois tours voisines. Eléazar, le capitaine du Temple, l'ayant sommée de se rendre, elle ne demanda que la vie sauve, qu'on lui promit j mais on lui manqua de' parole.
DV NOUVEAU TESTAMENT. 2.^m
Le même jour, et à la même heure, vîngl mille juifs périrent àCésarée dansun soulèvement des Gentils coutre eux , excité , ou du moins favorisé par Florus , qui envoya aux galères ceux qui échappèrent au carnoge. La nation juive se vengea sur plusieurs villes et hourgades des Syriens , voisines de la Judée. Ceux-ci rendirent la pareille aux Juifs, et en firent une horrihle boucherie partout où ils furent les plus forts. Ainsi chaque ville était divisée comme en deux armées, et toute la Syrie dans une confusion horrible. La ville d'Alexandrie signala dansle tems même sa haine contre les Juifs, dont elle attaqua le quartier nommé le Delta, qu'elle inonda de leur sang.
Cestîus Gallus ^ voyant tous les Julls en armes,, crut ne pouvoir plus demeurer en repos. Il part d'Antioche avec la douzième légion , à laquelle les rois Antiochus et Agrippa joignirent leurs troupes ; brûle , à la fête des Tabernacles, la ville de Lidda ; et, s'érant approché de Jérusalem, à la distance de Go stades, il en vient aux mains, près de Béthoron , avec les Juifs qui étaient accourus en foule à sa rencontre. Le succès du combat fut Incertain. Mais Gallus , ayant reçu de nouvelles forces, repoussa les Juifs dans leurs murs , et s'avança jusqu'au lieu dit Scopas, distant de sept stades de la ville. Après y avoir inutilement attendu trois jours s'ils viendraient lui faire «les soumissions , le quatrième , qui était le 3o octobre , il fait irruption dans la ville , dont il occupe la partie basse, et oblige les rébelles à se retirer dans la dernière enceinte auprès du Temple.
Si le général romain eût voulu profiter de cet avantage, il lui était facile, suivant Josephe, de forcer les rébelles dans leurs derniers retranchements, et de meltre f)ar-là fin à la guerre. Mais ses officiers , corrompus par 'argent de Florus, qui voulait prolonger la guerre, l'arrêtèrent ; près d'emporter le Temple, après six jours d'assaut, ils lui conseillèrent de ne point aller plus avanl. Il cesse donc les attaques, sans avoir essuyé le moindre échec , sort de la ville , et retourne à Scopas. Cette retraite ayant rendu le courage aux Juifs, ils poursuivent l'armce romaine, dont ils enlèvent le bagage, et surtout les machines de guerre, après lui avoir tué près de cinq mille hommes dans les défilés. Cette action est du 8 novembre.
Après cette victoire , taiit occupés des moyens de sou -
zSz CHRONOLOGIE HiiTORIQUE
Ere vulg.
tenir la guerre, les Juifs choisissent les plus braves d'entre eux pour commander dans les places et dans les divers cantons de la Judée. Josephe , fds de Gorion , et le souverain sacrificateur Ananus, eurent le commandement dans Jérusalem ; Josephe , l'historien célèbre de cette guerre, homme de tête, de l'ordre des Prêtres, fut chargé du gouvernement des deux Galilées ; et Kléazar , chef de ceux qui se nommèrent les Zélateurs , eut celui de riturée. Cestius Gallus étant mort peu de tcms après, (lac. Ilist. L. V. C. lo) et Florus ajant été tue ^{Joseph, lie viia sua) Néron envoie d'Achaïe, où il était pour lors , Vespasien pour remplacer le premier. Tite, fds deVespasién , part en même tems par ordre de son ])ère, pour lui amener, d'Alexandrie en Syrie, les cinquième et dixième légions. Pendant qu'elles sont en marche pour Antioche, Vespasien rassemble en* diligence, autour de cette ville, toutes les troupes de son gouvernement, et des royaumes voisins soumis aux Romains.
€j Tite arrive, pendant l'hiver, avec ses légions, à Ptolémaïde, où son père était venu l'attendre. Vespasien , se trouvant, alors , à la lêtc de Go mille hommes , assiège , le 4 mal, Jotapale , où commandait l'histoiien Joseplie , prend la place d'assaut au bout de quarante jours, la livre aux llammes , et accorde la vie au commandant , qu'il relient néanmoins prisonnier. Tibériade , qu'il attaque ensuite , lui ouvre ses portes, malgré les séditieux, et obtient grâce de l'incendie, par les prières du roi Agrippa. Taricliée, qui soutient un siège, est réduite en cendres. Gamale éprouvé le même sort, le 2.6 octobre, après un mots de résistance. Jean de Giscale défendait cependant la ville, dont il portait le surnom, contre Tile, qui lui fait promettre la vie sauve, s'il veut se rendre. Il feint d'accep'ter l'offre , et se sauve avec les siens , pendant la nuit , à Jérusalem. Les Chrétiens n'étaient plus dans cette ville. Voyant approcher sa ruine, prédite par le Sauveur, ils s'en étaient retirés ; et les mieux avisés d'entre les principaux citoyens les avaient imités. Mais il n'y avait guère plus de sûreté pour çux dans le reste de la Judée , du moins en deçà du Jourdain. Tout y était plein de brigands qui pillaient, massacraient ceux qui parlaient de se rendre aux Romains, ou qu'ils accusaient de ee prétendu crime. Le dépôt de leurs rapines était à Jérusalem, dont la discorde avait fait un théâtre d'horreur. Les Zéla- /'
Eie vulg.
leurs, poursuivis par le peuple qu'ils avaient irrité par leurs violences, se réfugient clans le ïemple , où ils se fortifient comme dans une place d'armes. Bientôt ils s'y voient, assiégés par Auanus , frère du pontife de ce nom. On se préparait à leur donner l'assaut ; mais Jean de Giscale les en ayant fait avertir, ils font venir, en diligence, vingt mille iduméens, qu'ils introduisent, par une sortie nocturne, d'abord dans la ville , et ensuite dans le Temple. .11 y eut , à cette occasion , huit mille hommes de tués parmi le peuple. Le carnage continua les jours suivants; et l'on fit état de douze mille citoyens les plus distingués, du nombre desquels fut le capitaine Ananus, que ce désastre enveloppa. Les Iduméens reconnaissent, alors, que les Zélateurs les ont trompés, en les appellant au secours de la patrie qu'ils désolent eux-mêmes ; ils se retirent , après avoir délivré deux mille hommes, que ces furieux retenaient dans les liens. Mais leur retraile ne ralentit, point la rage de ces derniers. Quoique divisés entre eu!v, les Zélateurs se réunissaient pour dépouiller et massacrer le peuple. Vespasien laissait les Juifs ainsi s'entrc-détruire, espérant que l'excès de leurs maux les porterait à rentrer d'eux-mêmes sous l'obéissance des Romains , ou les rendrait plus faciles à subjuguer. Cependant , excité par les cris de plusieurs citoyens , il se détermina, enfui , à faire le siège de Jérusalem. ftLiis, pour ne rien laisser derrière soi qui pût lui donner de l'inquiétude, il porta ses armes dans la Pétrée , qu'il soumit toute entière, à l'exception du château de Maclieron ; après quoi il mit son armée en quartier d'hiver , et alla prendre le sien à Césaréc. 68 Au priutcms suivant , il voulut encoi'e s'assurer de ridumée ; l'ayant réduite par la force , il vint , dans le mois de juin, à. Jéricho, qu'il trouva entièrement vid<' d'habitants ; enfin il s'ap;)rochc de Jérusalem, autour de laquelle il fait élever des tours. On apprit, alors, en Judée, que Néron venait d'être tué, et (ialba mis en sa place. Vespasien, à celle nouvelle, suspend le siège, et îait partir Tite , pour aller saluer , de sa part , le nouvel empereur , et prendre ses ordres sur les affaires de la Judée ; elles se brouillaient de plus en plus. Les habitants de Jérusalem , ne pouvant plus tenir contre les violences d'Eléazar et des 'Zélateurs, retranchés dans le Temple, firent venir Simon, fils de Gioras , qui dévastait la campagne à la tète d'un corps de galiléens,
254 CIIROMOLOr.IE tilSTORIQUE
Ere vulg.
et rinlroduisirent Jans la ville avec ses gens. Il y eut, alors, trois factions à Jérusalem; celle d'Eléazar , dans le Temple; celle de Jean Giscale, dont les partisans se paraient aussi du nom de Zélateurs ; et celle de Simon, également ennemie de l'une et de l'autre. La division régnait, même parmi ceux qui occupaient le Temple; et ils en vinrent plusieurs fois aux mains, jusfjues dans le sanctuaire, qui fut souillé de leur sang, et jonché de leurs cadavres.
69 Tite rapporta d'Achaïe (car il n'alla pas plus loin) la nouvelle de la mort de Galba, et presque, dans le même tems , l'armée d'Egypte proclama Vespasien empereur, le 1*'^. juillet, dans Alexandrie. Obligé de se rendre à Rome, il laissa le soin de la guerre de Judée à Tite, avec défense de faire aucune grâce aux Juifs. Mais, avant de partir, il remit en liberté l'historien Josephe , en reconnaissance de ce cju'il lui avait prédit , qu'il parviendrait à l'empire. Tite employa le reste de l'année à faire ses préparatifs
yO pour reprendre le siège de Jérusalem. S'élant mis en campagne, dès que la saison le permit, il alla camper, avec une partie de ses troupes, à Gabath-Saiil , c'est-àdire, suivant l'interprétation de Josephe, /a vaUée des Epines ^'d trente stades , ou environ nne lieue et demie , de Jérusalem. De là, s'étant avancé, avec six cents chevaux, pour reconnaître la place , il se vit enveloppé par une troupe des ennemis. Il devait être pris , et n'échappa de leurs mains que par un extrême bonheur.
La fête de Pâques , qui tombait cette année le î4 avril , étant proche , une infinité de juifs se rendent , de toute part, à Jérusalem, pour cette solennité. Ce fut alors que Tite, par l'ordre, non du destin, mais de la sagesse divine , fil investir la ville , afin de prendre toute la nation , comme dans un filet. lUéazar crut ne pouvoir se dispenser d'ouvrir les portes du Temple à cette multitude. Mais les gens de Giscale , s'étant inêiés parmi la foule , firent paraître, dès qu'ils furent entrés, les armes qu'ils avaient cachées sous leurs habits , et se rendirent maîtres de l'intérieur du Temple. Ils y vécurent des oblations et des autres choses consacrées à Dieu, comme les premiers, et avec aussi peu de circonspection et déménagement, sans prendre soin de se purifier, et jusqu'à s'enivrer. Bientôt ils eurent consommé les provisions du Temple ; car ils étaient au nombre de huit mille cfuatre
DU NOUVEAU TESTAMENT, 2j5
Cire vulg.
cents ; et alors ils commencèrent à piller la ville pour subsister.
Tite, cependant, la serrait de si près, qu'ayant fait une brèche avec ses béliers , il y entra , le :i8 du mois xantique , ou d'avril , et se trouva maître de toute la partie septentrionale, jusqu'au torrent de Cédron. Mais, de ce côté-là, Jérusalem avait une triple enceinte. Tite, avant d'aller plus avant , envoya l'historien Josephe faire des propositions de paix aux Juifs. Elles furent rejetées, et quatre jours après, les Romains, ayant forcé la seconde enceinte, pénétrèrent dans la ville neuve, jusqu'à la forteresse y^n^ow/a. Mais, presqu'aussitôt, les Juifs les contraignirent de repasser le mur qu'ils venaient de prendre. Il fallut quatre jours de travaux immenses et d'efforts , pour regagner le terrein perdu. Nouvelle députation de Josephe aux assiégés , pour les engager à se rendre. Il épuise, avec eux, son éloquence , qui n'était pas médiocre, emploie, tour à tour, les prières, les menaces, les promesses; rien ne peut les fléchir. Cette opiniâtreté n'était, à la vérité , que le crime des chefs de la sédition , à oui l'énormité de leurs forfaits ne permettait pas d'espérer de pardon. Le peuple , voyant croître , de jour en jour , Sa misère , détestait ces scélérats , et n'osait leur résister. Plusieurs, néanmoins, s'étant soustraits furtivement à leur tyrannie, allèrent, avec leur famille, se mettre à la discrétion du général romain , qui leur permit de se retirer où ils voudraient. Mais Simon et Jean de Giscale , s'étant aperçus de leur évasion , firent défense aux portes de laisser sortir personne. Il n'y eut que les pauvres qui se hasardèrent d'aller chercher, autour de la ville et dans les cavées , des herbes pour vivre , laissant chez eux leurs femmes et leurs enfants pour gages de leur refour. Le» Romains surprirent un grand nombre de ces malheureux, queTite fit mettre en croix à la vue des assiégés , pour les intimider. Les plus aisés dans la ville se trouvèrent euxmêmes réduits à la condition des pauvres, et manquaient également de subsistance. On se disputait, on s'arrachait réciproquement, sans distinction de parents ou d'amis, les plus vils aliments. Les séditieux, non moins affamés que les autres, se jetaient dans les maisons , emportariË de force ce qu'ils y trouvaient de vivres , tuaient, égorgeaient ou maltraitaient ceux qu'ils soupçonnaient avoir Irompé leur avidité. Voici un trait quon ne peut rap-
Ere vulg.
porler sans {lémlr. Une femme juive, d'au-delà du Jourdain , nommée Marie, était venue à la fête, avee son enfant qu'elle allaitait, ^'aincue par la faim, eile se détermina, dans son désespoir, aie tuer; et l'ayant fait cuire, elle en mangea la moitié. Les soldats , attirés par l'odeur de la viande , entrent riiez elle , la forcent de leur montrer ce qu'elle avait apprêté. Mais ayant vu la moitié d'un enfant , ils se retirent saisis d'horreur. Ainsi fut accomplie la prédicl,ion de Jésus-Cbrist aux femmes de .Jérusalem; qu'un jour viendrait, où Ton estimerait heureux les ventres stériles et les mamelles qui n'auraient point allaité.
La famine produisit son effet ordinaire, la mortalité ; elle fut telle, qu'il n'y avait pas assez de vivants pour enterrer les morts, et qu'on se contentait d'enfermer la plupart des cadavres dans les maisons qui étaient restées vides.
Le siège , malgré ces désast) es , n'était pas soutenu avec moins de vigueur. Ce ne fut qu'après des combats furieux et multipliés que les Komains emporlri-ent la tour ylntouia. L'ayant ensuite ruinée, ils vinrent jusqu'au Temple. C'était le 17 juillet, jour auquel le Tcuiiid ou sacrifice perpétuel , qui n'avait point été interrompu , depuis que Judas jSIachahée l'avait rétabli, cessa, faute de ministres,
Î)our l'offrir. Le sacerdoce cessa, dans le même tems, par a mort du grand-prêtie Mathias , que Simon . fds de Gioras, fit exécuter, avec trois de ses fds, et dix-sept autres personnes , sur l'accusation, vraie ou fausse, d'entretenir des correspondances avec les Komains.
Tite, désirant conserver le Temple, fit encore proposer, avant de l'attaquer, une amnistie aux factieux, par Joseplie, qui n'en fut pas mieux reçu qu'auparavant. Tandis même qu'il leur parlait , il reçut un coup de pierre qui l'étendit comme mort. Des soldats romains , survenus à propos , l'emportèrent et le firent revenir de son évanouissenient. Le siège du Temple fut donc résolu. Après la perle de la tour Anlow'a ^ les factieux avaient eux-mêmes dijà mis le léu à la galerie, par où elle communiquait à cet édifice. Les Romains en firent autant, le ■j.j juillet, à une partie de celles qui environnaient le Temple, et le firent à la vue des Juifs , qui se contentèrent de leur donner des malédictions, sans se mettre en devoir d'arrêter le progrès des flammes. LaseconJe enceinte, par-là, se trouvait à découvert ; Tite y fit appliquer les béliers , qui ne firent
bïi NOm'ÊAU TESTAMENT. aSf
fert vuigj
aucnn effet , tarit étaient énormes , et étroitement liées ensemble, les pierres qui composaient ce mur. L'escalaJe fut tentée ensuite à plusieurs reprises, avec aussi peu Je succès. On prit donc le parti de melire le feu aux portes du Temple . et comme elles étaient cOu^ertes de lames d'argent , l'embrasement continlia tout le jour et la nuil suivante. Ceci est du 8 août. le lendemain, Tile ayant assemblé son conseil , fixa le jour suivant , lo août, C)*' . du mois judaïque ab, (jui toinbait cotte année un vendredi ,
f jour un assaut j^enéral. Les assiégés , qui s'y attendaient , c prévinrent par deux sorties qu'ils firent sur les Pvomains, la nuit qui précéda ce même jour Elles furent sans suctès. Cbaque fois les assiégeants les repoussèrent, après un rude combat, i.e général , après cela , se retira dans si tente. Alors, un soldat romairt, de son propre mouvement, se fit soulever contre le mur par un de ses comjpagnons , et tenant un gros tison endammé , il le jfta,
Ïiarune fenêtre^ dans un desapparteme.sts qui entouraient e sancluairei I.e feu prit aussitôt à cette pièce ^ et se communiquant rapidement aux autres , il consuma le Temple entier Ce désastre arriva au même mois et au même jour que Nabuchodonosor avait fait brûler le Temple de Salortion. Tile, averti de l'incendie, accourut pour le faire éteindre ;mais la confusion était si grande, qu'il né put se faire obéir,ni même se faire entendre. Lés Komains ne songeaient qu'à massai rer les Juifs et à augmenter l'embrasement. Ce prince entra dans le lien dit le Saint , et dans le Sanctuaire, dont il trouva la magnificence et l,i ricliesse bien supérieures à ce que la renommée en publiait. Il sauva, du premier de ces endroits, le chandelier d'or, la table des pains de proposition, l'autel des parfums, le tout de pur or. J^es soldats romains pillèrent tout ce iqu'iis purent arracher de précieux aux flammes, et emportèrent beaucoup d'or et d'argent.
l>es séditieux cependant s ouvrirent un passage au travers des vainqueurs , et se sauvèrent dans la partie de l.i ville dont les Romains n'étaient pas encore maîtres. Quelques prêtres se retirèrent sur une haute muraille, épaisse de huit coudées, où ils demeurèrent cinq jours, gardés
fjar les Romains, afin qu'ils ne pussent s'enfuir. La faim es ayant contiaints ensuite de se rendre, ils furent menés à Tite et lui demandèrent la vie ; mais il leur répondit que le tems de la miséricorde était passé , et li;s envoya au Supplice.
ii. 33
a^S CHRONOLOGIE HISTORIQUE DU NOUVEAU TESTAMENT-
f.re viilg.
Les Juifs se défendirent encore près d'un mois dans la ville haute , tandis que les Romains saccagèrent la ville basse , à laquelle ils mirent ensuite le feu. La ville haute fut à la fin rendue, le 7 septembre, et les vainqueurs, y étant entrés, arborèrent leurs enseignes sur les tours. Le carnage y fut affreux, ce jour et le lendemain 8 septembre, qui fut celui de l'entrée de Tite dans cette place.
Les Romains n'ayant plus à piller ni à tuer, Tite les occupa à démolir ce qui restait du Temple, jusque dans les fondements , alin d'accomplir ( quoiqu'il n'y pensât pas) ce que Jésus-Christ avait prédit, qu'il ne resterait
{►as pierre sur pierre de ce superbe édifice (i). Il donna e même ordre pour toute la ville , ne réservant que les trois tours d'Hippique , de Phasaè'l et de Mariamne , pour faire connaître à la postérité ce qu'elle avait été, avec la muraille qui environnait la partie occidentale , afin qu'elle servît de camp à la deuxième légion qu'il y laissa. Voilà quelle fut , selon Josephe, la fin de Jérusalem , cette ville si fameuse et si illustre dans toute la terre.
(i) Cette prédiction n'eut cependant son entier acconiplissemenf que sous l'empereur Julien, .comme nous le verrons à larticle de ce prince.
l^ES conciles, dont la célébration était aussi fréquente autrefois qu'elle est rare aujourd'hui , forment , pour la plupart, des époques remarquables dans l'Histoire ecclcsiaslique. Ce sont comme des points d'appui pour quantité de faits qui la concernent , et même pour un grand nombre d'événements civils. On peut juger, de là , combien il importe de bien fixer le tems où ils §e sont tenus ; c'est à quoi nous avons donné toute l'application dont nous sommes capables. Jjes savants connaissent les difficultés dont cette matière est hérissée. Pour les aplanir, nous avons consulté les plus habiles critiques , comme on le verra par nos citations ; mais nous n'avons pas suivi ces guides en aveugles. Avant que d'adopter leurs décisions, nous avons discuté avec soin leurs moyens. Lorsqu'ils ne s'accordent point entre eux, nous marquons, pour l'ordinaire, celui dont nous préférons lesen^ liment. <^uelquefois nous leur opposons notre jugement particulier ; mais ce n'est que lorsque l'évidence nous y force ^ et alors nous joignons la preuve à l'assertion.
Nous exprimons les noms des conciles en latin , parce que c'est en celte langue qu'ils se trouvent dans les collections ; mais nous les rendons ensuite en français , avec ceux des provinces auxquelles ils appartiennent, sans quoi souvent le lecteur serait exposé à se méprendre. Les noms des conciles généraux sont marqués en lettres capitales , pour les distinguer des autres. L'astérisque* avertit, que ceux auxquels il est appliqué, ne sont point reçus dans l'Eglise.
On trouvera dans cette liste plusieurs conciles qui n'ont pointété connus du P. Labbe et du P. Hardouin. Nous les avons tirés principalement des collections publiées dans les pays étrangers; telles que l'édition des conciles, donnée àVcnise , par M. Coleti ; le supplément à cette édition , publié à Lucques , par le P. Dominique Mansi ; les conciles d'Allemagne, du P. Hartzhelm ;
£6o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
ceux (le Hongrie, du P. Pélerfy; ceux d'Espagne, du cardinal il'Agulrre; ceux d'Angleterre, de Wilklns; elc. Notre intention, n'a pas élé cependant de rassembler ici tous les conciles dent le^ actes , ou la nu rhoire , sont venus jusqu'à nous. Outre l«s conciles dnnloi.x, ou supposés, cjue nous avons jugé à propos de passer sous silence , nous en avons supprimé beaucoup d'autres, dont l'objet est inconnu, ou trop peu intéressant. Si noui çn rapportons cpiel([ues^uns de ceux-ci, ce n'est qua raison des. difficultés cju'on peut faire sur leurs dates.
L'an de Jésus- Christ So, Jerosolymltanum ^ de Jérusalem , qui décharge de la Circoncision et des cérémonies, prescrites aux Jui(s par la loi de Moïse , les Gentils qui embrassaient rK\angile, en ne leur ordonnant que de s'al>stenir de l'idolâtrie, ou, comme il est marqué aux Actes des Apôtres, chap. ï5, des souillures des idoles , de la foin'u alion et du sang. Ce dernier point , qui n'est qu'une loi de discipline , est encore en vigueur dans une partie de l'Orient.
On voit dans ce concile , tel qu'il est rapporté aux actes que nous venons de citer , le modèle des concilesgéneiaux. Les fidèles se trouvant divises de sentiments sur vin point impoit;jnt , on envoie consulter l'église de Jérusalem^ ou la prédication de l'Evangile avait commencé, et où saint Pierre se rencontrait alors. Les apôtres et les prê- - . très s'asseinblent en aussi grand nombre qu'il est possible. (Il y avait cinq apôtres, saint Pierre , saint Jean, saint; Jacques, saint Paul et saint Barnabe). On délibère à loisir, chacun dit son avis ; on décide. Saint Pierre préside à l'assemblée ; il en fait l'ouverture ; il propose la question , et dit le premier son a\is. Mais il n'est pas seul juge : saint Jacques juge aussi , et il le dit expressément. Xa décision est fondée sur les saintes Ecritures, et formée par le commun consentement. On la rédige par écrit , non comme un jugement humain, mais comme un oracle , et on dit avec confiance : // a semblé bon au Sai/d- Esptii et à nous. On envoie cette décision aux églises particulières , non pour être examinée, mais pour être ic(^ue et exécutée avec une entière soumission (Fleuri).
JN'ous ne parlons point du concile d'Antioche , (|u'ori dit avoir été tenu, vers ce tems-ci, par les apôtres. On en lit neuf canons, dans le P. Labbe. Mais ce concile , quoique cité au second concile général de Nicée, en 787 , est supposé.
i-es Canons, dits des Apôtres, au nombre de cinqUianle
DES CONCILES. a6t
clans Denis le'Petlt , ou de quatre-vingt-quatre, dans le P. Labbe , et les constitutions apostoliques, qu'on voit dans les Conciles du même auteur , sont des tems apostolicjues ; mais ils ne sont point des apôtres. Il faut cependant excepter des canons apostoliques les quarante-six et quarante-sept, qui permettent la rebaptisalion des hérétiques , et que nous regardons comme des fourrures faites dans le quatrième siècle , ou même plus tard. Quelle apparence , en effet , s'ils étaient des tems apostoliques , qu'ils n'eussent pas été employés par Firmilien et par saint Cyprlen, en répondant au pape saint Etienne, qui les pressait par l'autorité de la trauition ?
Il en est de même des Récognitions et des Lettres attribuées à saint Clément : elles ne sont point de ce pape , quoiqu'elles en portent le nom. Il n'y a que la première lettre aux Corinthiens qui soit certainement de lui. La seconde aux mêmes , est douteuse.
Les Décrétales des Papes , depuis saint Lin , successeur immédiat de saint Pierre , jusqu'au pape Sirice , qui a commencé à gouverner l'Eglise, en 384, "^ sont point aussi des papes dont elles portent les noms. Elles ont été fabriquées au neuvième siècle , et contiennent des règles de discipline inconnues aux premiers Chrétiens. L'igno-rance de la critique les a fait regarder comme véritables jusqu'au milieu du dix-septième siècle. Aujourd'hui on en reconnaît la fausseté. Elles ont été souvent citées autrefois , comme des lettres authentiques , par des auteurs célèbres , et surtout par Gratien, dans son Décret , où il les regarde comme des règles dont il n'est point permis de s'écarter. C'est ce qu'il est bon de savoir de la suppo-', sition de ces Décrétales pour ne point s'y tromper.
102. Pergamenum , dp Pergame , où l'on condamne les Colorbarsaniens , espèce de Valentiniens. ( Ed. Veneta ).
173 Hierapolitanum , d'Hiéraple , en Phrygie , où l'on condamne Montan , Théodote le corroyeur , et leurs sectateurs. (Fabricius ).
196 Romanum , de Rome ; CtB^ar^^nse Palestinum , ou de Césarée, en Palestine; Ponfkum, de Pont, en Asie; Corinthiiim , de Corlnthe ; Osrhoëniim , d'Osrhoè'ne ; Lugdu— nense , ou GalUcanum ; et quelques autres encore marqués dans le Synodicon, imprimé dans Fabricius, tom. XI, de sa Eibliolhèque grecque ; pour célébrer la Pàque, le dimanche après le 14 de la lune.
iq6 * EpJiesinnm , d'Ephèse , sous Polycrate , qui en était évê(jue. Fondé sur l'usage des apôtres saint Jean et salnÇ
Îl62 CHRO^'OLOGlE HISTORIQUE
Philippe; ce concile décida qu'on devait célébrer Pâques le 14 tk la lune, quelque jour qu'il tombât.
197 ou environ* Romanurn, où le pape Victor excommunie les Asiatiques quarlodécimans. Cette excommunication fut tenue pour nulle par Polycrale et les Asiatiques. Elle fut aussi blâmée par plusieurs autres évêques , et en particulier par saint Ircnée , évêque de Lyon.
jgy ou environ. Lugdunense ^ d'où ce saint écrivit au pape Victor une lettre, par laquelle il l'exhortait fortement à suivre l'exemple de ses prédécesseurs , en ne rompant point la communion avec les Asiatiques quartodécimans. (Baluze, «op. Coll. ) La question de la Pâque fut décidée au concile de Nicée , en 325.
ûoo ou environ. * Curthaginense , ou Africanum. Ce concile , de tous les évéques d'Afrique et' de Numidie, assemblé par Agrippin, de Carthage , décida, contre ce qui s était pratiqué jusque-là en Afrique , qu'il ne fallait plus recevoir sans baptême ceux qui l'avaient reçu hors de l'Eglise. Tillemont le place vers 200 , d'autres en ai 5 ou 225.
217 ou environ, Carthaginense^ par Agrippin, où l'on défend de nommer aucun ecclésiastique pour tuteur ou curateur. Ce fut en vertu de ce canon, que saint Cyprien défendit de prier pour Geminus Victor, qui , par son testament, avait institué curateur de ses enfants, un prêtre, son parent, nommé GeminlusFaustinus. (^Cyprlaniis^ Ep. 56. )
SOI Alexandiiiium., sous Démètre. 11 y dégrada Origène, pour s'être mutilé. Dans un autre concile d'Alexandrie , tenu très-peu de tems après , le même Démètre déposa Origène du sacerdoce, et l'excommunia. D'autres Eglises prirent la défense d'Origène.
û3i ou environ. * Iconiense et Synnadense , d'Icone en Lycaonie, et de Synnade en Phrygie , où il est mal décidé qu'il faut donner le baptême à ceux qui l'ont reçu hors de l'Eglise. ïlllomont place ces conciles vers 23o , et Pagi à la fin du règne d'Alexandre Sévère, mort en sSS ; ce qui revient presque au même.
235 ou environ. Alexandrinum^ incerti loci , dit le P. Labbe , où Héraclas d'Alexandrie ramène à la foi l'évéque Ammonius qui s'en était écarté, La ville de cet évêque, où le concile s'est tenu, n'est point nommée.
240 ou environ. Lambesitamtm , de Lambèsc, en Afrique, de 90 évêques , contre l'hérétique Privât.
34- Philailelphiense , de Philadelphie, ou ïîosra , en Arabie »^ contre Berille , évêque de Bosra, qui faisait de Jésus- Christ un pur Ijomiue.
DES cOTSrCILES. à6^
â45 Ephésinum ^ contre Noet , qui niait la dislincLion des personnes dans la Trinité.
a47 ou 248. Arabicum , d'Arable , la quatrième année de Tempereur Philippe, contre ceux qui prétendaient que les âmes mouraient et ressusciteraient avec les corps. Ils furent convertis par Origène , selon Eusèbe et le Synodicon de Fabricius.
aSo Achàicum , d'Achaïe , contre les Valésiens, qui prétendaient qu'on devait se faire eunuque pour être sauvé.
*5i Carthaginense /, de Cartbage, sous S. Cyprien , après Pâques, avec un grand nombre d'évêques. JA^lection àxt pape saint Corneille y fut examinée et confirmée, la cause des Apostats, ou tombés dans la persécution, y fut aussi jugée ; et on y fit des canons sur la manière de les recevoir à la pénitence et à la communion , etc. On y condamna de plus le schismatique Félicissime. Le P. Pagi prouve que ce concile a duré longtems et qu'il a été prorogé. Il a commencé, d'abord, avant l'élection de saint Corneille ; mais il n'a fini qu'après.
aSi Romanum^ de Rome, de soixante évêques, et d'un plus grand nombre de prêtres et de diacres, sous le pape saint Corneille, au mois d'octobre. Les canons pénitentiaiix du précédent concile de Carthage , y furent confirmés^ et Novatien condamné pour son schisme, et parce qu'il refusait la communion aux Tombés , quelque pénitence qii'ils fisssent.
Les confesseurs schismatiques furent reçus à la communion de l'Eglise par le même pape , et par cinq autres évêques, au mois de novembre de la même année, au grand contentement de tous les fidèles, qui les virent détester le schisme de Novatien , et revenir à la communion de saint Corneille et de l'Eglise. Ce qui s'est fait; pour cette réunion, peut passer pour un second concile , moindre que le premier.
262 Antlocheniim , d'Antioche , au moins convoqué contre Novatien , par l'évéque Fabius, à qui saint Corneille en avait écrit. Le Synodicon fait mention de ce concile, comme ayant été tenu par Démétrlcn, successeur de Fabius , mort la même année 252.
^02 Carihaginense II, par saint Cyprien, à la tête de quarante* deux évêques, le i5 mal. Les Tombés, qui étaient demeurés dans l'église, pleurant leur chute, furent traités avec indulgence, à cause de la persécution qui approchait. Dans le concile de aSi, on ne leur donnait la paix, qu'en
a64 CiiliONOLOGlE HISTORIQUE
péril de mort : on use cFindulgence clans celui-ci, en ordonnant de l'accorder incessamment.
a53 ou environ, Caiihaginense II ï ^ de soixante-six évêques ^ sous saint Cyprien. On y décida qu'il fallait baptiser les enfants; et saint Cyprien, qui en écrivit la décision à l'évêque Fidus , en son nom et au nom de ses collègues, en rend raison, en disant : « Si les plus grands pécheurs, venant à la foi, reçoivent la rémission des péchés et le baptême , combien doit-on moins le refuser à un enfant qui vient de naître et qui n'a point péché, si ce n'est en tant qu'il est né d'Adam selon la chair, et que^ par sa première riaissance , il a contracté la contagion de l'ancienne: mort ? il doit avoir l'accès d'autant plus facile à la rémission des péchés, que ce ne sont point ses péchés propres, mais ceux d'autrui, qui lui sont remis. » C'est ainsi que saint Cyprien et ses collègues reconnaissent le péché originel, (Fleuri. )
On peut rapporter à ce même concile les prières et le sacrifice offert pour les morts, dont il parle comme dé pratiques anciennes.
i254 Carthaginense IV, de trente-six évêques , sous saint Cyprien. On y déclare que Basilide et Martial , évêques d'Espagne , ont été bien déposés comme libellatiques; et que les ordinations de Sabin et Félix, mis à leurs places, sont valides, sans avoir égard aux lettres que Basilide avait obtenues du pape saint Etienne , pour être rétabli : lettres qui ne servent, dit saint Cyprien dans la sienne, écrite de la part du concile, qu'à rendre Basilide plus criminel, pour avoir usé de surprise, (Fleuri.)
î>55 * Cartilagineuse , le premier que saint Cyprien y tint, avec trente et un évêques et plusieurs prêtres, pour baptiser tous ceux qui l'avaient été hors de l'Eglise.
256 * Carthaginense 1 1 , saint Cyprien , à la tête de soixanteonze évêques , y confirme la fausse décision du concile précédent , touchant rinvalidité du baptême donné hors de l'Eglise.
256 Romanum. Saint Etienne refuse de communiquer avec les députés de saint Cyprien , et y condamne la décision des deux conciles précédents , prétendant que le baptême donné par les Hérétiques est bon, ( Fabrlclus, )
^56 * Carthaginense III ^ le i". de septembre. Saint Cyprien, à la tête de quatre-vingt-cinq évêques d'Afrique, de Numidieet de la Mauritanie, d'un grand nombre de prntres et du peuple , y confirme sa fausse opinion de l'invalidité du baptême donné hors de l'Eglise; mais, sans se séparer
DES COTSCILES. 2.Q3
de la communion de celui qui ne serait pas de cet avis. M Aucun de nous, dit-il au sujet du pape saint Etienne, n ne s'établit évèque des évèques, et ne réduit ses coUè- » gués à lui obéir par une terreur tyrannique, puisque » tout évéque a une pleine liberté de sa volonté ; où il » n'y a point de décision, ni de canon universellement » reçus ; et comme il ne peut être jugé par un autre , il j> ne le peut aussi juger. Attendons tous le jugement de » Notre-Seigneur Jésus-Christ , etc. ( Fleuri.)
258 ou environ, liomanum, sous le pape Sixte, où l'on condamne l'hérésie de Noet. Le Synodique le rapporte mal à propos au tems du pape Yicîor. (Baluze, I\loi>. Coll.)
260 ou environ, Romanuni^ par le pape saint Denis, où saint Denis d'Alexandrie se justifie, par une belle lettre, de l'accusation de Sabellianisme, intentée contre lui par les évoques de la Penlapole (Hardouin , Turne I. )
264 Antioiheiiiirn I , irAiilioclie , au mois de septembre, contre Paul de Saniosale , qui en était évéque , et qui niait la divinité de Jésus-Christ. Paul évita sa condamnation, en protestant (ju'il tenait la loi de IT-glise; mais il trompait. Saint Grégoire Thaumaturge, evéque de Néocésarée, et Athénodore, son frère, sont nommés les premiers parmi ceux q\ii souscrivirent ce concile.
26J D'Antioche li. Paul de Samosate y estconvaincu d'erreur, et déposé au commencement de l'an 270, au plus tard, et Domnns mis en sa place, à Antioche. On n'est pas assuré du nombre des évèques qui composèrent ce concile. Saint Athanase en compte soixante- dix , Facunthis quatrevingts, et les moines d'Orient, dans leur requête présentée au concile d'Ephèse contre Nestorlus , portent ce nombre jusqu'à cent quatre-vingts. Un moderne nip que cerîpni^ll'* ^it rejeté le terme Omousion, ou consubstanliei, dans Paul de Samosate. ôaint Athanase (de Synod. Rinûn. et Selciic. ) l'assure néanmoins positivement, et en donne la raison , parce que Paul , dit-il , entendait ce terme corporellement.
277 Dispute c'-lébre d'Archélaiis, évèque de Caschar, en Mésopotamie, avccl'hérésiarqueManès. Photius , d'après saint Epiphane, dans son Traité de Ponden'bus et viens, n. 20, la place en 272 ; mais saint Epiphane a corrigé lui-même cette époque dans son Traité des Hérésies , où il dit que Manès commença à répandre son hérésie sur la lin de l'empire d'Aurélien , et au commencement de celui de Probus. J^oyez Zacagni, Mon. Vet. Ercl.gr. Tome I, où l'on trouve les actes entiers de celte dispute. 11, 34
266 CHRONOLOGIE HISTOniQUE
Ellhmianv.m , ou l'iHeiitanurii ^ d'ilne^ m Roiissiilon. On altril>u(' à ceroiiciK- (iiiade-vingl un canons pcniunliaux. Ils sont tous ili^iies (Je l'iuitirjinU' , et lous exjirKjUfS par ]Vleni!o7.a, espagnol, ri par M de l' \ubcspine , évè(]ue d'Orléans, dans la collection du P Lal)l)e. i^kiclques-uns les regardenl plutôt comme un recued de différents canons, tires de plusieurs auteurs ou de plusieurs conciles, que comme l'ouvrage du seul concde d'Elne , dont on ne connaît point le lems. Les uns le mettent avant 260; les autres , vers 3oo , 3(i5 , ou ^i^-i : d'autres, en .Hs-f , ou plus tard encore. îSous le plaç(Mis vers 3oo , avec M. de Tillemont L'un des canons les plus remarquables de ce concile est celui qui porte (ju'un diacre, ayant commis un crime secret avant son ordination, s'il le confesse ensuite de lui-même, sera mis en pénitence pendant trois ans; mais que si un autre le découvre, sa pénitence sera (le cinq ans : après quoi il sera réduit à la communion laïquf. Sur quoi il est à propos d'observer que 1 usage de l'Eglise a été, jusqu'au quatrième siècle , de soumetlie les clercs, comme les laïques, à la pénitence publique. iMais, dans la suite, on s'est contenté de les déposer lorscpj'ilj étaient convaincus decrime, sans les excommunier, comme les autres pécheurs publics, pour ne pas leur imposer une double peine; bien entendu, néanmoins, qu'on leur faisait faire une pénitence secrète,selon la qualité du crime, (Marca, lUsp- ^ p. 22, Vaissète , Hisl. de Languedoc, T. I,, pp. i4-^ ^^ ^f'7 \ Galtia Christ. , T. VI , col. lO.-jo.) 3oi ^/e:r«//r//7/n/m , d'Alexandrie , sous Pierre, martyr. Mé— lèce , évéque de Lycopolis, convaincu d'avoir abandonné la Foi , d'avoir sacrifié aux idoles , et de plusieurs autres crimes , v fut déposé ; et sans se soucier de se justifier, dans un autre concile, il commença un schisme ""ui durait encore i5o ans après. M. de Tillemont rapjiorfe ce concile ;\ l'an 3o6 , sur une letttre de saint Alhanase, qu'il suppose écrite en 36i , où ce père compte 55 ans depuis la naissance du schisme de Mclère. Mais D Cellier (T. iîl, p. (iyS ) prouve, d'après \). Monifaucon, que la lettre dont il s'agit fut écrite vers l'an 355. 3o5 * Cirfeuse.1 ck' ( irte, ou Zerte , en Numidie, tenu le 5 mars, par onze ou douze évéques , qui ions étaient coupables d'avoir livré , pendant la persécution , les saintes JÈcrilures. Ils se donnent réciproquement l'absolution de ce crirrïc. Ces évéques traditeni's furent les premiers auteurs du schisme des L^onalistes, et les évéques catholiques ^0 servirent, dans la suite, avantageusement,, contre ces schismatiquos, des actes du concile de Cirtc. On y
JiVS CONCILES. 267
élut, ponréveqne de la inomc ville, le sous-rlincre Sylvain, qui était aussi lia(lil«'ur. Ou lit daus les acîes île ce concile, qu'il se tint le 5 mars Diocletieii élanl. consul pour la Kuiti -me fois, et Maxiinien pour la septième; ce qui revient à l'an 3o3 de Jésus Christ Maison ne peut douter qu'il n'y ait taute n cette date : et saint Augustin , qui la rapporte, dans ses Livres contre Cresconi us , remarque ailleurs que, dansTexcmplaiie deces actes produit a la conférence de Carihage, on lisait qu'il avait été assemblé l'année d'aïuès le neuvième consulat de Dioclélien et le huitième de Maximieu , le troisième des noues de mars, c'est-à dire le 3 mars .^o5 C'est ta véritable leçon , comme le prouve D. Cellier, Tome III, paije i'^^6.
Si2. (jarfJiaginense , où (À^cilieu est élu pour succéder à Mensurius, évêque de cette ville. Douât, évéque des Casesnoires, en Numidie. s'élève contre cette élection, comme ayant été faite , selon lui, par des traditeurs; c'est ainsi qu'on nommait ceux qui avaient livré les saintes Ecritures aux païens, dans la perséculiou de Diorlétien. H entraîne dans son parti les évèques de sa province, lesquels s élant pareillement assemblés à Carthag!',an nombre de soixantedix, y déposent Cécilien, tUordoutienl a sa place Majorin. C'est ce qui forma le schisme des Douatistes. (Tillemout.)
01 3 Romanum , sous le pape Melchiade , sur l'affaire des Uonatistes. Ce concile, commencé le 2 octobre, dura trois mois. Cécilien y fut absous et Douât des Cas-.^s-noires condamné , comme chef des Donalisles (Tillcmont. )
3i4 Arelatense , d'Arles, assemblé, le premier août , de tout l'Occident, par ordre de (Constantin. Cécilien y est absous de nouveau , et les Donalistes encore condamnés. Dans le huitième canon , il est dit que « si quelqu'un » revient do l'hérésie au sein de l' l'église , on l'interrogera w sur le symbole ; et si l'on s'aperçoit c[u'il a été baptisé » au nom du Père , du Fils et du Saint Esprit , on se con- M tentera de lui imposer les mains pour recevoir le Saint- » Esprit. » C'est le concile plénier ( dans sa convocation ) où saint Augustin dit que fut terminée la cpiestloii du baptême des Héréticjues. Les L'onalistes en appelèrent: encore à l'empereur, qui les condamna rigoureusement, à Milan, vers la fin d'octobre oi(). Il est à remanpier qu'à la fin des actes de ce concile , les évêques ne signent pas suivant le rang qu'on a donné depuis à leurs sièges ; mais suivant celui de leur antiijulté. On y voit, par exemple, 1."» souscription de l'évêque de Vienne, après celle des évêques de sa province ; celle do l'évc(juc d'Auiun, avant cçUc
de l'évêque de Lyon. Il n'y avait donc encore rien de réglé, dans les Gavdes , touchant la prééminence de certains sièges ; et tous les évêques y étaient regardés comme égaux ; l'âge seul mettant une différence entre eux. Adon de Vienne compte six cents évêques à ce concile , ce qui est conforme à d'anciens exemplaires manuscrits des actes de cette assemblée, dont un (celui de Corbie) est du sixième siècle.
3i4 ou environ. Ancyranum ^ d'Ancyre , métropole de la Galatie , par Vital d'Antiocbe , entre Pâques et la Pentecôte, où l'on fit vingt-cinq canons, dont la plupart regardent ceux (jiii étalent tombés au tems de la persécution. On leur impose diverses pénitences, selon le degré et les circonstances du crime. Le neuvième canon est remarquable , en co qu'il porte que , si un diacre , au moment de son ordination, a déclaré qu'il ne peut passer sa vie dans le célibat, il peut se marier ensuite , sans pour cela être interdit de ses fonctions; mais s'il s'est abstenu de faire cette déclaration, il ne peut plus songer au mari.ige : ou , s'il prend une femme , il faut qu'il abdique le diaconat. Dans le douzième, il est défendu aux chorévêques d ordonner des prêtres ou des diacres. C'est la première fois , ditD Cellier, qu'il est parlé <les chorévêques.
3i4 ou 3i5. Neocœsareciise ^ de INcocésarée , peu de tems après celui d'Ancyre , par Vital d'Antiocbe. Il traite de la discipline , en (juatorze ou quinze canons.
S21 ou environ. Àlexandrinum^ ou le prêtre Arlus et neuf diacres furent excommuniés, tout d'une voix , par saint Alexandre et par tout son clergé,
Sai D'Alexandrie II , où saint Alexandre , à la tête de cent évêques d'Egypte, condamne de nouveau Arius et ses sectateurs, qui soutenaient qu'il y avait un tems où le Fils n'avait point été, et qu'ainsi il n'était point parfaitement Dieu.
821 * BUhyniense et Palestînum ^ de Bithynie et de Palestine. Deux conciles en faveur des Ariens, tenus, par le crédit d'Lusèbe de Nicomédie principalement. ■
3^4 Alexandiinmn^ tenu par Osius , que Constantin y avait envoyé pour la réunion de S. Alexandre avec Arius. Les Ariens sont condamnés, dans ce concile, de même que les Collutbiens, qui soutenaient que Dieu n'est point l'auteur du mal physique, comme il ne l'est point du péché. (Tillemont. )
Zzh NICJENUM ^ de Nlcée en Bilbynie, depuis le 19 juin jusqu'au 25 août; (c'est le premier concile général)
tenu en présence île rempereur Constantin : Il y avait trois cent dix-liuit évèques de toutes les parties de Femnire. C'est le nombre marque dans la Chronique grecque d'Eusèbe, dans la Iraduclion de cette Chronique par saint Jérôme, dans saint Ath.mase, dans saint Hilaire, dans saint Ambrolse. (Le ministre Beausobre . sur le récit d'Luti— chius , écrivain décrie du dixième siècle , y fait entrer les pasteurs des différentes sectes, qui composèrent, dit-il, avec ces pères , le nombre de deux mille quarante-huit ëvêques. ) hà foi de la ccDsalsUmiialîlé du Fils de Dieu avec son père , y fut définie , et signée par les Eusébiens mêmes, fauteurs .VArius. Il y fut auathématisé avec tous ses sectateurs , et banni. Usius y présidait, au nom du pape saint Sylvestre , qui avait envoyé à Nicee deux de ses prêtres , avec ordre de consentir à tout ce qui s'y déciderait. Osius y dressa le Symbole, que nous appelons encore aujourd'hui dejSicée; et tout le monde l'approuva, excepté Arius, et peu de ses disciples déclares. Les Méléciens se réunirent à FEglise , pour la plupart. L^ne lettre de l'empereur Constantin, r;;pportée par Lusèbe, nous apprend que ce concile décida la question touchant le jour de la célébration de la i'âque, en fixant cette solennité au disnanche qui suit le quatorzième de la lune de l'équinoxe du printems. Mais ce règlement, que nous n'avons plus, n'était point apparemment exprimé dans des termes assez clairs pour ôter toute amblguité ., puisque nous \ oyons qu'au septième siècle les églises d'Irlande persistaient encore dans l'usage de célébrer la Pâque le quaiorzième de la lune , lorsque ce jour tombait un dimanche. On sait combien saint Colomuan , dont l'Eglise universelle rév( re la sainteté, fut attaché à celte praliqîie, même pendant sou séjour en France et en Italie. On dressa, dans ce concile, vingt canons sur la discipline, qui sont reçus dans l'Eglise universelle. Les Ai"abes y en ajoutent soixante autres , qui sont admis comme légitimes par toutes les sectes d'Orient, et dont Abraham t.chellensis s'est efforcé vainement de prouver l'authenticité. On proposa de défendre à ceux qui étaient dans les ordres sacrés d'habiter avec les femmes qu'ils avaient étant laïques ; mais, sur les représentations de l'évèque Paphnuce, la propositii)n fut rejetée. Paphnuce pariait sans intérêt personnel , ayant toujours vécu dans le célibat.
Une autre remarque importante à faire, c'est qu'à ce concile les prêtres ou diacres , procureurs des prélats absents, y prirent, parmi les cvé({ucs , le mX'me rang
£yO CÏIROT^OLOGIE HISTORIQUE
qu'auraient eu ct'ux dont ils étaient les députés , s'ils avaient été présents. C'est ce qui paraît par les souscriptions. La même chose s'est toujours observée depuis, dans les conciles tenus en Orient. Le contraire s'observait tians ceux qui furent tenus en Occident. (Salmon , Trailé de l'élu fie dfs ruitri/t's , pag. 5o6. ) l'église grecque fait mention des pères de Micée , le 29 mai.
Dans un manuscrit du Vatican , cité par Riccioli , (Cfironol. réform. IX ^ 4) ^^ symbole de ^icée est daté du 19 da-sius de l'an 6,-^6 de l'ère d'Alexandre (ou des Grecs), indiclion 18, sous le consulat de Paulin et de Julien ; ce qui revient au ic) juin de l'an de J. C. Saô. Peu de lems après ce concile , il s'en tint un autre de quelques évoques, où Eusèbe de Nicomédie et Théognis de Nicée , reconnus pour chefs des Ariens , quoiqu'ils eussent signé la Consubsfantialité, furent déposés et relégués dans les Gaules par Constantin. Environ après deux ans d'exil, ils en furent rappelés par le même empereur, et rétablis dans leurs sièges.
33o Alexaudrinum , le 27 décembre , où saint Athanase est ordonné à la place de saint Alexandre , mort , au mois d'avril de cette année. (Pagi. ) Le P. Mansi place ce concile en SsS ,
33o au plus tard. * Carthaginenss , conciliabule , où deux cents évéques donatisles reçurent à la communion les Tradiieiirs ^ c'est-à-dire, ceux qui avaient livré les livres saints pendant la persécution. Les collecteurs des conciles se trompent, en rapportant cette assemblée à l'an oot? , puisque Donat, faux évéque de Carthage, qui en fut le président, ne remplaça Majorin qu'après le concile de Nicée. ( Pagi. )
Soi * ylntiocheniim , d'Antioche, par les Ariens. Saint Eustalhe, qui en était évéque, y est faussement accusé d'un crime honteux , et en conséquence déposé. Quelques anciens mettent ce concile à Nicomédie. Le P. Mansi {Suppl. Conc. T. L , ) le rapporte à l'an 027, ou environ.
534 * Ccesareeme , do Césarée , en Palestine, par les Ariens , calomniateurs de saint Athanase. Sachant que ce concile , qui devait se tenir contre lui, ne serait pas libre, le prélat ne jugea pas à propos de s'y rendre , et les Eusébiens lui en firent un grand crime auprès de Constantin, disant qu'il avait abusé de leur patience, après s'être fait attend*-e l'espace de trente mois, qui s'étaient écoulés entre la convocation du concile, faite en 33i , et sa célé-^ bralicn.
DES COISCILES. 27 1
335 * Tyriense. Ce concile nombnux , tenu aux mois d'août et de septembre, se passa en tumultes, excités par les F.us 'biens contre saint Athanase, tpii se retira avant la fin. Il y fut outrageusement calomnié, et enfin^déposé par les Ariens.
335 * Jerusolymitanum ^ pour la dédicace de l'<'glise du Saint Sépulcre , où les évi^ques du concile de J'yr furent appellés par Constantin. Dans celui de Jérusalem, commencé le i3 septembre, Ariiis fut reçu à la communion de l'Eglise par les Eusébiens , après avoir présenté au concile , et auparavant à Constantin, une profession de fol équivoque et captieuse , où le mot de Consuhslantiel ne se trouvait point , ni aucun autre éjpiivalent. Saint vVthanase fui banni dans les Gaules, sur la fin de la même année 335, et il arriva à Tnves , en février 336.
336 * Constantinopu'it mum , de CP. au mois de février, où Marcel d'Anc\re fut de[)osé et excommunié parles Ariens.
Arius meurt subitement pendant ce concile, où les Eusébiens voulaient le faire recevoir à la communion, par saint Alexandre de CP. On attribue'celte mort aux prières de ce saint, et à celles de saint Jacques de Nisibe. Ce concile fut nombreux et dura près rie six mois. L'exil de Marcel d'Ancyre, rélégaé par l'emperCur , on ne sait où, ainsi que celui de Paul, prêtre de CP. envoyé dans le Pont, fut encore une suite de ses opérations. Ce concile dura jusqu'au mois d'août.
SSg * /inh'ocheiium , par les Ariens , en présence de l'empereur Constance, où Pistu?, prêtre de la Maréote, est ordonné à la place de saint Àtbanase. ( D. Cellier , ihid.)
33g *(lc>nsfantinopolUanutn^ où Pani, évêque deCP. , est injustement déposé par les Ariens. ( Pagi. le Quien. )
340 Alexandn'num , en faveur de saint Athanase , qui avait
été renvoyé à son église, par Constantin le Jeune, en 338.
Ce concile, d environ cent évêques, réfuta, dans une lettre
circulaire, toutes les calomnies avancées contre saint
, Athanase, par les Eusébiens. ( Pagi.) Labbe se Irojnpe , en
rapportant ce concile à l'an 33^. {Edit Venct. T. II. ) Gangrense j de Gangre , en Paphlagonie. Nous rapportons ici le concile de Gangre, parce que Denis le Petit, dans sa collection, en place les vingt canons avant ceux du concile d'Antioche, qui suit. Un ignore sa véritable épo(jue. (Fov^^Tdl. et Pagi.) , 341 Antior.henum ^ d Anlioche, vers le mois d'août, pour la dédicace de l'Eglise. Il y avait quatre -yingt-dix-scpt
évêques, dont quarante ariens. Ceux-ci donnèrent leur profession de foi. Elle ne dis-.'l point , et elle ne niait point que le fils lut consubstantiel au Père ; mais les Catholi(|ues s'en contentèrent, pi jsqu'ils communiquèrent avec les Ariens. On y lit . après la dédicace de l'Kglise , deux autres professions de foi contre le Sabellianisme , toutes deux catholiques ; et enfin ^5 canons , dont le premier anathématise ceux qui ne se conformeront pas au règlement du concile de Nicée, touchant le jourde la célébration delà Fâque.(On ne voit point que les pères de INicée aient employé les censures dans cette matière : mais ceux d'Anlioche pouvaient user de celte voie de rigueur, parce qu'alors il n'y avait plus qu'une poignée de dyscoles qui s'obstinât à suivre l'usage des Juifs, Un les appela depuis Quartodécimans ). Le cinquième canon ordonne la déposition contre un clerc schismatique , et ajoute ces paroles remarquables : S 'il continue de troubler l'Eglise ^ qu'il soit réprimé par la piiissanee extérieure ^ comme séditieux. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui implorer le secours du bras séculier. Le dix-huitième porte que, si un évéque , ordon né pour une église, est rejetépar son peuple, sans qu'il y ait faute de sa part, il conservera non-seulement l'honneur de son rang, mais aussi les fonctions de son ministère, pourvu qu'il ne soit point à charge à l'église où il les exercera.
* Les quarante évêques ariens élurent, ensuite du concile et à Antioche même, Grégoire, qu'ils envoyèrent à Alexandrie, à la place de saint Athanase, cju'ils regardaient comme déposé depuis le concile de Tyr. ( e Grégoire s'y fit recevoir en qualité d'évêque, avec des cruautés inouies, (|ue saint Antoine avait prédites.
Nous ne parlons point d'une quatrième formule é(]uvoque, composée par les mêmesAriens, dans leurconciliaibule , après le concile, (f^'o/ez Pagi.)
342 Bomanum, vers le miois de juin, sous le pape Jules. Saint Athanase y est pleinement justifié de toutes les calommes que les Ariens avaient avancées contre lui. Marcel d'Ancyre, qu'ils poursuivaient de même , y prouva également^ son innocence, ainsi qu'Asclepas, de Gaze. Ce concile était de cinquante évêques, Le pape écrivit, au nom de tous , une lettre magnifique aux Orientaux, qui avaient d'abord demandé le concile, et qui refusèrent ensuite d'y venir. Ce concile est daté de l'indiction 1 5. C est la première fois que celle date se trouve employée par les Latins. Les édi-
teurs des conciles placent celui-ci, mais mal, en 041. (Pagi.)
345 ■" Antiorhenum , par les Ariens. Ils y firent une nouvelle profession de foi, qui , pour sa longueur, ful*appelée Macrostiche, ou à longues lignes. Elle aurait été catholique si le mot cGusithsluntiet s'y fut trouvé. Elle fut présentée , par les députés orientaux, au concile sui\ant. (Till.) Le P. Mansi place ce concile vers la fin de 34^-
346 Medio/ane/ise, de Milan , par les Catholiques. Ils refusèrent de souscrire la nouvelle profession de fol présentée par les Orientaux, en déclarant que celle de Micee leur suffisait, et qu'ils ne voulaient rien au- delà. (Till. ) Ce concile est de l'an .344 1 selon le P. Mansi.
346 * Agripinensc seu Çoloiùense , de Cologne, voyez Eupbratus, évêque de cette ville.
347 Sardicense ^ de Sardique, en Illyrie (aujourd'hui Sofia, en Bulgarie) commencé au mois de mai, d'environ cent; soixante- dix évoques, cent occidentaux et les autres orientaux. Saint Athanase y était. Ses ennemis voyant le concile en règle, et ([u'ils n'y prévaudraieut point, se retirèrent confus. Saint Athauase y fut encore justifié et confirmé dans la communion de l'Eglise. Les chefs de ses ennemis, au nombre de huit évéques , y huent déposés et excommuniés. Grégoire , mis à sa place , le fut de même. On n'y fit poitJt de nouvelle prolession de fol : celle de Nicée fut déclarée suffisante; mais on fit vingt canons, presque tous proposés par Osius. Ces canons, dans la suite, ont été souvent confondus avec ceux de Nicée. Il y en a un qui permet à un évéque condamné par un concile particulier , d'appeler à Rome , s'il se croit injustement condamné; et au pape de nommer de nouveaux juges , s'il croit l'appel bien fondé.
* Pendant le concile , les orientaux , au nombre de cjuatrevingts, se redrèrent à Philippopolis , en Thrace , et de là écrivirent une lettre où ils excommuniaient entre autres Osius, saint Athauase et le pape Jules, ils dressèrent une profession de foi qui n'a rien de remarquable quel'omismission affectée du Vormo. ronsidislaiiliel. Depuis ce dernier
S retendu concile de Sardique , l'Orient fut quelque temis Ivisé de l'Occident, et les Ariens continuèrent d'exercer de grandes vloh^nces en Orient. Le P. Mansi, {SiippL i'uiu:. Tome I), place ces deux conciles en J44 5 sur quoi il est réfuté par le P. iMamachi.
347 ou Ciiv'non. Latopolilanum, de Latopole , en Egypte , composé d'éyêques et de moines, devant lesquels saint IL ' ~ o5
^74 CHRONOLOr.IE HISTORIQUE
Pacôme rend compte dos dons extraordinair('s qu'il avait reçus de Dieu. {^Edit. Venet. T. II, )
347 Médiulanense ^ de Milan, contre Photln , évoque de Sirmich, 1]ui niait la Trinilé , et disait que Jésiis-Chrisl était un pur homme, qui n'existait point avant Marie. Ursace et Valons y abjurèrent l'Arianisme , et furent réunis à l'Eglise , dont ils avaient été séparés à Sardique. Le P. Mansi place en 34G ce concile , sur une lettre du pape Libère, écrite en 054, dans laquelle il est dit queles évêques^'étaient assemblés huit ans auparavant à Milan , poirr déposer Pholin.
348 * Anlioclienum , d'Antioche, parles Ariens, où l'évoque Etienne est déposé. JVIansi rapporte ce concile à l'an 345
348 * In Ni/midia ^ parles Donatistes circoncellions, au suîet de Marculfe, un de leurs évèques,que Macaire , envoyé par l'empereur Constant en Afrique , avait fait mourir. Cette assemblée députa dix de ses membres à ce prinec, pour lui faire des plaintes sur la conduite de Macaire. (Mansi.)
348 ou 34q. Cartilagineuse , de Cartilage , sous l'évèque Gratus.
1 Ce concile était de toute l'Afrique, et l'on y fit treize canons sur la discipline.
349 Jerosuly mitanum, de Jén salem, par l'évèque saint Maxime , à la tête de quinzt autres. Un y écrivit une lettre synodale en faveur de saint Athanase, qui était alors à Jérusalem, et qui s'en retournait avec l'agrément de l'empereur Constance, à son église, après la mort de Grégoire l'intrus.
S49 Rumaniim , de Kome , contre Photin , au mois de janvier. Ursace et Valens y rétractèrent , on présence du pape Jules, tout ce qu'ils avaient dit contre saint Athanase, et lui écrivirent des lettres de communion. Le P. Mansi place ce concile en 348. Le P. Hardouin le partage en deux : l'un tenu en 3F)C), où Valens en Ursace se rétractent, l'autre célébré en 35 1 , où Ton comdamna l'hérésie et la personne de Photin ; sur quoi il est réfuté par l'éditeur de Venise. (Tome II.)
349 ou environ. Cordubense , de Cordoue , par Osius. Ee cardinal d'Aguirre le croit national. On y confirma tout ce qui s'était fait à celui de Sardique. {Edlt. Ven. Tome 11. )
aSi * Sinni'en^e, de Sirmich en basse Pannonie, contre Pholin, que les Ariens y déposèrent. Il y dressèrent un ^nouveau formulaire, toujours suspect, à cause de ses
auteurs , et de l'omission affectée clu mot consubstaniiei. Mansi assigne ce concile à l'an 358.
002 MgyptuKAini, tl'hgypte , par soixante-quinze évéques catholiques, qui écrivirent une lettre synodiqueau pape Libère, en faveur de saint Athauase. (Mansi, Siippl. Conc, Tome I. )
352 Romanum^ de Rome, sous le pape Libère, pour saint Athan.ise, accusé par les Orientaux, et soutenu par un plus grand nombre d'Egyptiens.
353 * Arelatense , d'Arles en Provence ; par les Ariens , soutenus par l'empereur Constance. Photin de Sirmich, Marcel d'Ancyre et saint Athanase y sont condamnés. "Vincent de Capoue , légat du pape Libère, consent à ces trois condamnations. Saint Paulin de Trêves, qui refuse de souscrire à celle de saint Athanase, est exilé , et meurt dans son exil en 358. Le P. Mansi rapporte ce concile à l'an 354.
354 * Antiochenum , d'Antloche, par trente éveques ariens, qui déposent de nouveau saint Athanase, et mettent Georges, homme de la lie du peuple , à sa place. ( Sozomène, l.w. 4). Le P. Mansi met ce concile en 356.
oo5 * Médiulanense , de Milan, par les Ariens et par les Occidentaux , au nombre de plus de trois cents, en présence de l'empereur Constance. Il y présenta un formulaire arien , qui fut rejeté par le peuple ; Il insista ensuite pour la condamnation de saint Albanase. Quelques éveques lui ayant représenté que ce qu'il exigeait était contre la règle de l'Eglise; ce giie je oeiix, répliqua-t-ll , doil passer pour règle : les è<<êques de Syrie trompent bon que je parle ainsi. Irrité de la fermeté avec laquelle ces prélats appuyèrent leurs premières représentations, il s'emporta jusqu'à tirer l'épée contre eux. Le plus grand nombre consentit enfin à la condamnation de saint Athanase. Ceux qui eurent la force de résister furent condamnés à l'exil. l)e ce noml^re furent saint Eusèbe de Vercell, Lucifer de Cagliarl , Denis de Milan lui-même , qui avait eu la faiblesse de souscrire à la condamnation de saint Athanase, subit la même peine à cause du zèle qu'il témoignait pour la fol de Nlcée; et le diacre Hilalre , envoyé du pape Libère, y fut fouetté par les eunuques ariens, excités par Ursace et Valens, qui étaient retournés à TArianlsrae.
35S Galliranum ^ peut-être de Poitiers, ou de Toulouse, peu de tems après le concile de Milan. Saint Hilalre et les autres évèuues calholiquci des Gaules s'y séparèrent
iyG CHRONOLOGIE HISTORIQUE
(le la communion de Sainrnin, évêquc d'Arles, de Yalens et d'Ursace, et accordèrent à leurs partisans un délai pour revenir de leur ét^arement. ( Mansi , Siippl. Tome I. )
356 Biterrcnse , de Eéziers, avant le mois de juin. Saint liilaire, qui s'y opposa à Saturnin d'Arles et aux autres ariens, y fut peut-être déposé. Du moins il est certain que peu après il fut exilé , par l'empereur Constance, en Pbrygie, où il acheva ses I^ivrcs de la Trinité.
SSy "^ Sirmiense II , de Sirmich, où les Ariens dressèrent un nouveau formulaire, plus mauvais que plusieurs autres dressés auparavant. C'est celui que la grand Osius eut le malheur de signer. Mansi rapporte ce concile à l'an 35q.
357 ou 358. * Cœsareense ^ de Césarée, en Palestine, par Acace Césarée , où saint Cyrille de Jérusalem est déposé. Il appelle de ce concile à un plus grand tribunal, et l'empereur autorise cet appel. (Socratc, liist. Ecdés. Liv. 2 , ch.4o.)
358 * Antiorhcniim ^ d'Antioche, par léveque Eudoxe , qui en avait visurpé le siège , et par d'autres évêques ariens, lis y condamnèrent les mots consuhstantiel et semblable en substance.
.358 Mclilinense., i\c !Mélitène, dans la petite Arménie , où l'on déposa Euslache, évcc]ue de Sebaste. (^Eâit. Vencta ^ Tome H.)
358 Neoazsareense^ de INéocésarée, dans le Pont, où le même Eustache est de nouveau déposé. ( Ibib. )
358 * RoTuamim, de Rome, où l'anti-pape Félix , à la tête de quaranîe-iuiit évêques, condamne Ursace et Valens , et même l'empereur Constance, comme hérétiques. (Baluze, Noca Coll. )
358 * Àncyranum, d'Ancyre, en Galatie , par les sémi- Ariens. lis y condamnent la seconde formule de Sirmich de l'an SSy , et ils enseignent le semblable en substance. Mansi met ce concile en oSp.
358 * Sirmiense III., de Sirmich, où, contre l'usage de l'Eglise, on dressa une nouvelle formule, datée du 2.-^ mai. On y donne, à Constance , le titre de rut éternel ^ qu'on y refuse au fils de Dieu. Le pape Eibère est rétabli , après avoir signé ce formulaire arien, et condamné saint Atliapnsc dont la cause était alors inséparable de celle de la foi. Ce qui fait dire à saint lïilaire: Anathême , à Libère. Mansi place ce concile en 35g.
359 Ariminense , de Rimini en Italie , d'environ quatre cents évêques. 11 n'y en avait qu'environ quatre-vingts qui
DES CONCILES. inj
fussent ariens. Les rn.'hoiiques , séparés fies Ariens, confirmèrent la foi<leNicee; et eurulamnèrent de nouveau Arius avec lonles ses erreurs, lis eonflaniiièrent aussi, le 21 juillet , Ursace , Valens , et quelques dutjes , comme hérétiques. Le concile aurait pu ici se séparer ; mais l'ordre d'envoyer des députés à l'empereur, retint les ôvèqnes à iUmini,
* L'empereur, par ses délais, engagea, vers le lo octobre, les députés callioîiques à signer, à JNice , en Thrace , un nouveau lormuîaire arien, qui fat envoyé à Riraini, et enfin reçu par Ions les évéques du coni ile , qui finit aiasi mallieureusement , après avoir si bien commencé. IJrsace, Valens, et (jiiclnues autres de leurs amis, en portèrt-nt la nouvelle à l'empereur. Le pape Libère et quelques évéques occidentaux, rejetèrent le nouveau formulaire de {.'onslance.
û.^f) * Seleitricnse , de Séleucie , le 27 septembre , où les Orientaux s'assemblèrent en même tems que les Occidentaux à Riraini. Il s'y trouva àes demi-ariens, au nombre de cent cinq , des anonit-ens , ou purs ariens , environ quarante , et des catlipliques environ quiiize , entre lesquels était saint Hilaire exilé. Le concile se passa en disputes entre les semi-AriensetlesÂnoméens, qui rejelai< rit le semblable en substance; il n'y fut proprement rien conclu. Les députés des uns et des autres allèicnt trouver l'empereur a Constantino[)le , qui y assenibla un nouveau concile. f
36o * Cunstantinnpolitanum , au commencement de l'année , où l'on fit signer à tous les évê jues , la formule île Rimini, en y ajoutant une défense de se servir de l'expression de semblable en substance. De là on envoya cette formule par tout l'empire, pour la faire souscrire par tous les evoijues absents. (jC qui remplit alors l'Eglise de troubles effroyahles et d'une infinité de prévaricateurs. Saint Hilaire , qui était pour lors à Constantinople , demanda audience à Tempereur, parmi écrit où il fil voir l'absurdité de tant de nouvelles forrmdes de foi , et s'offrit de la prouver en présence du concile. L'assemblée refusa son défi , et le fit renvoyer à Poitiers, comme un homme qui troublait l'Orient.
3Go Parisiense /, de Paris, sous Julien l'Apostat , déclaré auguste dans la même ville, au mois de mai en cette année. Saint Hilaire en fut l'àme par ses lettres écrites d'Orient , d'où il n'était p.ns encore revenu On y rejeîle la formule de Rimirii, dressée par las Ariens, cl on s'en tient
à celle de Nicée. D. Constant {Vit. S. Hïlani) prouve que ce concile s'esl tenu en36o; d'autres le rapportent à 36i, quelques-uns à 0(12 , et le P. Mansi à 364 '• niais ce dernier se trompe visiblement. Car il est certain qu'au lems de ce concile, les évèques, chassés de leurs sièges, en conséquence de la défection des pères de Rimini , n'étaient point encore rétablis; et il est également certain qu'une des premières opérations de Julien, après son élévation à l'empire , fut de les rappeler de leur exil. 36 1 Aiitwchenum , en présence de l'empereur Constance, où Ton élit saint Mélèce , évèque d'iVntioche. Constance l'exila trente jours après son élection.
561 * Antiochcnum ^ où les Ariens , dominant après l'exil de saint Mélèce , retranchent de leur formule , qui est la dernière des Ariens , le semblable en substance , comme le dit expressément Sozomène ( Pagi. )
36a On tint celte année plusieurs conciles dans les Gaules , par les soins de saint Hilaire de Poitiers, dont Dieu se servit parliculièiement pour préserver et délivrer l'Occident de l'hérésie arienne.
562 Alexandriniim, où saint Athanase et plusieurs confesseurs exposent ce qu'on doit croire de la Trinité et de l'Incarnation. Ils y décident qu'il faut recevoir avec affection les évéques séduits par les Ariens, et les Ariens, mêmes s'ils reviennent sincèrement à l'Eglise.
Cette douceur déplut à Lucifer de Cagliari , qui était à Antioche, et s^ rigueur le jeta dans le schisme, appelé depuis des Lucijériens. Il augmenta aussi celui d'Antioche, en y ordonnant pour évêque Paulin , que les Mélécieni ne voulurent point reconnaître. Ce schisme d'Antioche , commencé à la déposition de saint Eustache, en 3ji , ne finit qu'en 4^5 , sous l'évêque Alexandre.
36a Thei'estamim , de Théveste, en Numidie , où Primase , évêque de Lemelle, en Mauritanie , se plaint des violences que les Donatistes avaient exercées contre son peuple. C'est tout ce qu'on en sait. ( D. Cellier. )
363 ou environ. "^Zelense , de Zèle , dans le Pont , où les semi- Ariens, dressèrent une profession de foi. (Mansi, A/y». t. 1).
363 Alexandiinum , au mois de juillet, ou d'août; assemblé de toute l'Egypte, p>ar saint Athanase, pour satisfaire à la demande que lui avait faite l'empereur Jovien , de lui envoyer une exposition de la vraie foi. Dans la réponse, saint Athanase exhorte l'empereur à s'attachera la foi de> Kicée, etc. ( Pagi.)