‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 205 sur 277 · DOUCE ET RAYMOND-BÉRENGER I · texte numérisé non relu

DOUCE ET RAYMOND-BÉRENGER I

II 12, Douce, fille aînée de Gilbert et de Gerberge, leur succéda au comté de Provence , et dans presque tous leurs autres domaines. L'an 1 1 13 ( n. st. ), elle clonna , par acte du i,^ janvier, à Raymond-Bérenger, son époux, tous les droits qu'elle avait, tant du côté de son père que du côté de sa mère, sur la Provence , le Gévaudan et ailleurs. Raymond-Bérenger eut la guerre avec Alfonse-Jourdaln , comte de Toulouse, touchant leurs prétentions respectives sur la Provence. Le premier assiégea, l'an II 23, le second dans Orange, où il s'était renfermé comme suzerain, et serra la place si étroitement, qu'il empêcha les vivres d'y entrer. Les Toulousains, instruits de la détresse de leur comte, accoururent à son secours, le délivrèrent

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et le faménèrent en triomphe dans leur ville. La guerre côrïti-* rua, mais faiblement, entre ces deux princes. Enfin , le i6 septembre 1 125 , ils firent un accommodement par lequel ils partagèrent la Provence en deux parties à-peU-près égales. La haute Provence fut celle qui échut au comte de Toulouse. Ce pays, situé entfe l'Isère au nord , les Alpes au levant, la Durance au midi , le Rhône au couchant , comprenait une grande partie du diocèse d'Avignon avec ceux de Yaisôn , Cavaillon , Carpentras, Orange, Saint-faul-trots-Châteaux, Valence! et Die. Tous ces diocèses composaient ce qu'on appela depuis le Marquisat de Proi>ence j et que des modernes ont confondu avec le comtat Venaissin , qui n'en est qu*une portion. La basse Pro— vence, qui échut au comte de Barcelonne , fut nommée communément dans la suite comté d'Arles ou de Provence. Là ville d'Avignon fut aussi partagée par moitié entre les deux princes, ainsi que les châteaux du pont de Sorgues , de Caumont, de Tor, et leurs dépendances. Mais il paraît que Raymond-Bélenger céda sa part d'Avignon aux comtes de Forcalquief , qui depuis ce tems en effet , ajoutèrent à leurs litres celui de Comtes d'Avignon. Le traité dont nous parlons renfermait de plus un pacte de succession réciproque au défaut de postérité dans l'une ou l'autre maison. Raymond -Bérenger mourut sur la fin de juillet ii3o, laissant (le S(m mariage deux fils, Raymond-Bérenger II , qui eut le comté de Barcelonne , et Bérenger-Raymond , qui suit, avec une fille nommée Bérengère , femme d'Alfonse VIII , roi de Castille. ( Foy. Kaymond-Bérenger III , comte de Barcelonne.^ La comtesse Douce vivait encore en 1 190,1 comme on le voit par sa signature apposée à deux chartes données cette année par Ermengaud Vlll, comte d'Urgel. ) MarCit Hispan.f pag. i3bi et 1882. )

EÉRENGER-RA.YMOND.

ii3o. Bérenger-Raymond , second fils de Raymond- Bérenger, né vers l'an 11 16, lui succéda au comté d'Arles ^ aiasi que dans les vicomtes de Milhaud,de Gévaudan et de Cariât* il fut troublé dans sa possession par Raymond de Baux, qui^ ayant épousé Etiennette , sœur de Douce , prétendait avoir acquis, par cette alliance, des droits sur la Provence. Cette guerre, qui fut longue , partagea toute la noblesse du pays. Bérenger-Raymond n'en vit pas la fin. Il avait eu les Génois pour alliés lorsqu'elle commença; mais dans la suite il se les aliéna par les prises qu'il fit sur eux en mer. Au commencement de l'an ii44 » s'étant embarqué pour aller visiter GndbTWfi« VI, seigneur de Montpellier, qu'il avait secouiu contre

ses vassoux révoltés, il faf attaqué dans le port àc Mclgiioil par une galère génoise , et tué d'un coup de flèche tire par un arbalétrier. U fut enterre à la commandcrie de Trinrjuetaille. Vers ce in^me fçms, les Génois, ayant pris dans la mer de Provence nu bâtiment corsaire de ce comté , firent arracher les yeux à tout IVquipage , pour se venger des pertes qu'il leur avait causées. ( Caffaro , Annal, genuens. ) Bérenger-Piaymond avait épousé , l'an ii35, Béatrix, fille et héritière de Bernard IV, comte de Melgneil , dont il laissa un fds , qui suit. La comtesse Héalrix épousa, en secondes noces, Bernard Pelet des vicomtes de Narbonne , seigneur d'Alais ; mariage duquel descend la maison de Narbonne Pelet qui subsiste encore dô nos jours.

Les empereurs conservaient toujours leurs prétentions sur le royaume d'Arles. Lothaire écrivit , en ii3H, à l'archevêque d'Arles pour se plaindre du peu d'égards que le prélat avait eu jtjsqu'alors pour ses ordres, et du discrétlit où l'autorité impériale était tombée en Provence. Il lui enjoignait en méme-lems de venir le trouver à Plaisance avec ces vassaux. ( Marten. Amplis, coll. , tom. I, col. 717. ) Ce mandement ne fut pas mieux exécuté que les autres. ( Nouv. Hist. de Proi\ , tome II , pag. 227.)

RAYMOND-BÉRENGER II , dit LE JEUNE.

ii44- Raymond -BÉRENOER II, surnommé le Jeuisie , succéda, en bas âge, à tous les états possédés par Bérenger- Kaymond , son père , sous la tutelle de Raymond-Bérenger IV, comte de Barcelonne. Ce prince l'emmena à sa cour, où il fut élevé sous ses yeux, et continua la guerre contre la maison de Baux, sur laquelle il remporta plusieurs avantages. Le comte de Barcelonne, étant venu en Provence, reçut à Tarascon , dans le mois de février 1 146, au nom de son pupille, le serment de fidélité des états , qui lui donnèrent le titre de marquis de Provence, qu'il conserva toute sa vie. Cependant Raymond de Baux persistait dans ses prétentions sur la Provence ; et celte même année il en obtint l'inféodation , le 10 août, de l'empereur Conrad III, comme roi d'Arles. Le comte de Barcelonne reprit la guerre contre lui, entra dans la ville d'Arles, qui s'était déclarée en sa faveur, la fit dématiteler, et se rendit maître ensuite de la plupart des places appartenantes à la maison de Baux. Raymond , atterré par ces revers , fit exprès le voyage de Barcelonne pour aller demander la paix. Il l'obtint l'an 114^, en renonçant pour lui et pour les siens, à tous les droits qu'il prétendait avoir sur la Provence, et en faisant hom- X. Si

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mage de ses terres au comte. Ilavi de celte démarche, Raymond" Eérenger lui confirma le don que ses aïeux avaient fait du château de Trinquelaille à la maison de Baux. Il était sur le point de cimenter cette réconciliation par d'autres hienfails, lorsqu'il a[)prit la mort de Kaymond. A cette nouvelle, craignant que ïj lignes de Baux, fils aîné de Kaymond, ne voulut pas tenir le traité fait avec son père, il passe en Provence; et, par son arrivée imprévue, il oblige , Tan ii5o, Hugues, Eliennette, sa mère et ses frères, à ratifier l'hommage que Raymond lui avait fait et à son neveu. Mais las de se voir réduit au niveau des autres vassaux, Hugues pense, au hout de quelques années, à secouer le joug. Ayant fait confirmer, l'an ii55, par 1 empereur Frédéric I , l'mféoilation accordée par Conrad à son père, il renouvelle ses prétentions. Le sort des armes qu'il employa ne lui fut pas favorable. Le comte de Barcelonne lui prit, dans le cours des années ii5l) et 1160, le château de ïiaux et tiente autres places. Mais il trouva une si grande résistance au siège de Trinquetaille , qu'il fut obligé de se retirer. Voyant, alors, qu'il fallait joindre aux opérations militaires les manœuvres de la politique, il s'avisa d'un expédient : ce fut de faire épouser au comte, son neveu, l'an 1162, RiCHiLOE , nièce de l'empereur , afin d'oter l'appui de ce prince à Hugues de Baux. Richilde, fille d'Uladislas II, roi <le Pologne, et de Christine, sœur de Frédéric, était alors veuve d'Alfonse VHI , roi de Caslille. L'empereur, en considération de ce mariage, révoqua l'infeodation qu'il avait laite en faveur d'Hugues de Baux, et accorda, le id septembre, à Raymond-Bérenger , la propriété de la Provc nce ab Alpilus ad Wiudanum avec l'infeodation du comté de Forcalquier , moyennant une redevance annuelle de quinze marcs d'or au poids de Cologne , envers l'empire, sans compter plusieuis autres sommes une fois payées, savoir, à Frédéric, douze mille marobotins, monnaie espagnole, dontseize faisaient le marc; à l'impératrice, deux mille, et mille à la cour impériale. Frédéric , obligea de plus , les àcm comtes à reconnaître son antipape Victor ; et enfin , comme il était extrêmement jaloux de (aire respecter son autorité, il mit dans le traité que, lorsqu'il viendrait en Provence, il y serait reçu avec tous les honneurs dus à un souverain. Le comte de Barcelornie et le comte de Provence reprirent alors le siège de Trinquetaille, dont il se rendirent maîtres à la fin, et qu'ils firent raser. Le premier survécut peu à cette expédition. H mourut au bourg de Saint-Dalmace, près de Gênes, le 6 août 1162, dans un voyage qu'il fit avec le comte, son neveu, pour aller trouver l'empereur à Turin. Le jeune Raymond-Bérenger, étant arrive dans celle ville après la mort de son oncle , y reçut de

DES COMTES DE PROVENCE. 4"o3

Frédéric l'investiture Je ses étals. A son retour, il éprouva de la contradiction. Nice , voulant s'ériger en républiqvie, refusa de le reconnaître. Cette révolte le détourna de la guerre qu'il se proposait de faire au comte de Forcalquicr. Il tourna ses armes contre Nice ; mais il périt au siège de cette place, vers la fin de mars de l'an 1166, ne laissant qu'une fille en bas âge, qui suit. Richilde , sa femme, était qualifiée impératrice, parce que son premier mari s'était fait couronner empereur d'Espagne.

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