‹ L'art de vérifier les dates (volume 4)Chapitre 209 sur 277 · CHARLES II , DIT LE BOITEUX · texte numérisé non relu

CHARLES II , DIT LE BOITEUX

128S. Charles II, fils de Charles I et de Béalrix, leur succède aux comtes d ■ Provence et de Forcalquier , ainsi qu'au joyaume de Sicile. Son père, qui l'avait de son vivant créé prince de Salerne, lui avait donné de plus un comté avec plusieurs leries non titrées, et de tous ces fiefs lui avait conféré différentes investilu;es par différentes marques, suivant la diversité de leurs espèces, en le créant chevalier. C'était pour la principauté un cercle (et non un collier) d'or, pour le comté un étendard, et pour les autres seigneuries un anneau. Inoest/enfes, est-il dit dans l'acte de cette cérémonie, pradii:liim Carolum noslrum printo^enitinn per circulum atireum de prœdicio Fniripatii , et per vcxillum nostrum de conututii , et per anmihim jiostritm de honore et rciitpns terris piœdictis. { Nouo. hist. de Proi?., tome lll, page ii5, n. ) Charles II était prisonnier du rci d'Aragon à la mort de son père. Ayant obtenu sa délivrance le 4 octobre 1268, en donnant pour se remplacer ses trois Gis,

DES COMTES DE PROVENCE. ^l3

puînés, il engagea Charles de Valois, son cousin , à se désister île ses prétentions sur les royaumes d'Aragon et de Valence, que le pape lui avait transportés ; et , pour l'y déterminer, il lui céda les comtés d'Anjou et du Maine avec la main de Marguerite, sa fille aînée : alliance qui s'accomplit le 16 août 1290. Mais, pour le dédommager de ce qu'il avait donné de trop dans la dot de Marguerite, le roi Philippe le Bel lui abandonna la partie de la ville d'Avignon qui lui appartenait. Ayant conclu la paix sur la fin de l'an 1294 P'"" ^'^ traité définitif avec l'Aragon , il la cimenta le 1". novembre de l'année suivante , en donnant en mariage Blanche, sa seconde fille, à don Jayme II , roi d'Aragon. Mais Frédéric , frère de don Jayme, n'ayant point acquiescé à ce traité, s'empara de la Sicile, qui devait retourner à Charles II, et s'y maintint contré les efforts que Robert et Philippe, fils de Charles, assistés de Charles de Valois, firent pour recouvrer cette île. Obligé de faire la paix, le 19 août 1S02, avec Frédéric, pour retirer de ses mains Philippe, son fils, qu'il avait fait prisonnier, Charles revint en Provence, laissant l'archevêque d'Arles pour gouverner le royaume de Naples. Sa résidence en ce comté y produisit de grands biens. Il réforma divers abus qui s'étaient introduits dans l'administration de la justice et des finances, et réprima l'orgueil des roturiers qui s'égalaient aux nobles d'extraction à la faveur des fiefs que ceux - ci avaient été obligés de leur vendre pour se mettre en état d'aller à la défense du royaume de Naples. Quelques villes du Piémont s'étaient mises volontairement sous la domination de Charles I. Les autres, plusieurs années après, ayant suivi cet exemple, se donnèrent à Charles II, son fils; et, l'an i3o6, ce prince ■unit le Piémont à la Provence par lettres datées de Naples le i4 février. Mainfroi IV, marquis de Saluées, pendant qu'il avait eu la régence du Montferrat, lui avait cède frauduleusement plusieurs places de cet état. Mais Théodore Paléologue, ayant obtenu le marquisat de iNIontferrat, vint à bout de les recouvrer, comme nous le marquerons à son article.

L'an i.So(S, Charles étant à Maiseille, y fit son testament le i^ mars, par lequel il institua po.ir héritier universel de ses royaiames et comtés , Robert, son fils aîné, avec une substitution graduelle à ses enfants de mâle en mâle, et, à leur défaut , à l'aînéç des filles , pour le royaume de Naples ; ordonnant, pour les comtés de Provence, etc., que, dans le même cas , ils passeraient à Philippe , son second fils; et celui-ci \^nant à mourir sans postérité masculine , à ses frères dans l'ordre de la primogéniture ; puis, à l'extinction de leur r^ce j à l'aînée des filles. Charles il mourut en son palais de

4l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Casenove, près de INaples, le 6 mai 1009 ; et , après avoir été d'abord inhumé aux Dominicains de ÎNaples, qu'il avait fondés^ il ïut transportés aux Dominicains de ISazarelh, à Aix en Provence. Avant Charles 11 , la ville d'Aix n'avait point encore le droit de commune. Ce fut ce piince qui lui accorda , 1 an 129a, la faculté d avoir un conseil de ville et des Syndics. ( Noiii'. hi'st. de Prov. t t. 111, p. m.) Voy. les rois df Naples et de Sidle. )

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