XVHI. GUILLAUME DE CHATEAUNEUF
1244- Guillaume de Chateavnetjf , français de nation et mare'chal de l'ordre , fut e'iu dans le mois d'octobre 1244 au plutôt , pour remplacer le grand-maitre de Villebride. L'an 1249 » il alla joindre , avec ses chevaliers, le roi S. Louis devant Dajniette, avec le palriarche de Jérusalem. ]1 fut fait prisonnier le 5 avril 1 25o à la journée de la Massoure, et l'on crut d'abord parmi les siens qu'il avait été tue'. Lorsqu'on sut qu'il était captif, on suspendit , suivant l'usage , dit Mathieu Paris , la bulle de plomb de l'Hôpital, jusqu'à ce qu'on fut assuré de sa délivi'ance : Pro quo bulla hospitalis , cjuœplumhea est , donec constareL de illiiis liberatione, jiixta consuetudiiiem hospitalis , est suS" pensa {^ad an. laSi , p. 54^. col. 1.). Il resta près de 18 mois dans les fers , d'où il ne sortit qu'au moyen d'une très-forte rançon. Remis en liberté il alla rejoindre ses frères en Palestine et arriva le 17 octobre I25i à S. Jean d'Acre (iôid. Additani. p. IT9 , col, t). Peu de tems après son retour une nouvelle irruption des Kharismiens en Palestine, sous la conduite de Barka-Khan, que Joinville qualifie empereur des Perses , jeta de nouveau la consternation dans le pays. Le grand-maitre Guillaume relève le courage des Francs , et les engage à se défendi-e. Il inspire la même résolution au sultan d'Alep ; et ayant fait alliance ensemble , ils se joignent à Gautier de Brienne, comte de JafTa , et marchent, de concert, chacun à la tête de ses troupes , contre ces barbares. Les ayant atteints, ils
DES GRANDS-MAÎTRES D£ MALTE. 3l3
en vinrent à une bataille où le corps commande par le sultan d'Alepfut taille eu pièces. Gautier, abandonne' de ses gens qui prirent la fuite , et dont plusieurs , dit Joinville , par désespoir s'en allèrent jecter dans la mer , fut pris avec le grand- niaitre de l'Hôpital et un grand nombre de ses chevaliers, et emmené' à Babylone. Le brave Gautier paya pour tous. Les marchands de cette ville l'ayant demande' au sultan, le mirent en pièces pour se venger des dommages qu'il leur avait cause's par ses courses. Ou lit grâce aux autres prisonniers, et ils recouvrèrent même à peu de frais leur liberté' 'Joinville , p. loo.). Pendant le magistère de Guillaume, les querelles des Hospitaliers avec les Templiers se renouvelèrent. L'an 1209, combat entre les deux ordres. Ou s'y bat à outrance ; 'es Hospitaliers en sortent vainqueurs. A. peine resta-t-il un Templier pour porter dans les places de son ordre la nouvelle de celte de'faite. Guillaume de ChAteauueuf mourut la même anne'e avant le 24 octobre. Jusqu'à ce grandmaitre il n'y avait point en pour l'habillement aucune distinction entre les chevaliers de l'Hôpital et les frères servants, ce qui de'tournait plusieurs gentilshommes d'y entrer , pour ne pas se voir confondus avec des roturiers. Sur les re'pre'sentatious qui lui furent faites à ce sujet , le pape Alexandre IV, par sa bulle du ni des ides d'août 1 aSg, adiesse'e d'Anagni au maître et aux Jrèies de V Hôpital de S. Jean de Jérusalem , ordonne que les chevaliers , pour les distinguer des autres frères de l'ordre, porteront des nioiiteaux noirs , clainjdes nigras , et que lorsqu'ils iront à la guerre , ils auront des jupons rouges avec les autres ornements militaires de même couleur, sur lesquels, ainsi que sur leurs drapeaux, sera cousue une croix d'étoffe blanche (Sebast. Paoli , T. I, p. 278). Nous ne pouvons dire si ce fut Guillaume de Châteauneuf ou son successeur qui reçut cette bulle.