XLX. HUGUES DE REVEL
1269. Hugx;es de PiEVKL, , d'une maison illustre en Auvergne, parvint au magistère après la mort de Châteauneuf. 11 e'tait en exercice de cette charge, suivant une charte ( t. i , p. 162), le 24 octobre i25c). Les Hospitaliers illustrèrent son magistère par de nouvelles preuves de leur A'^aleur. L'an 1265, quatrevingt-dix hospitaliers se font tuer l'un après l'autre eu défendant le château d'Assur contre Bibars, ouBondochar, sultan d'Egypte. Ces pertes , et d'autres semblables qui succe'dèrent, menaçaient le Christianisme d'une extinction totale gn Palestine. L'an 1269, les chevaliers soutinrent pendant deux mois le sie'ge de Krac,forme' par Bonduchar , et tous ceux qui s'y trouvèrent y périrent
5l4 CnUONOLOGlE HISTOiaçUE
juscjxi'au dernier. La perte de celte importante place et de ses braves défenseurs , affaiblit encore beaucoup les forces des Chre'tiens en Pales'.ine. L'an 127) , Revel passe en Occident, avec le grand-maître du Temple, pour soUiciler de nouveaux secours. Ils assistèrent l'anne'e suivante au concile de Lyon , 011 ils eurent ranjT au-dessus des ambassadeurs et des pairs de France. Dans les e'ditions de ce concile , dit le P. Seb. Paoli, on a changé le nom du grand-niaitrc Hugues en celui de Guillaume j ce qui l'a fait confondre avec son pre'de'cesseur. L'an 1278, Hugues de Fievel termine ses jours en Palestine. Dans un chapitre ge'neral qu'il tint à Ce'sare'e , il fit régler , comme il l'avait déjà e'te pre'cedeniment , mais assez mal observé, que pour fournir aux frais d'une guerre continuelle que l'ordre avait à soutenir, chaque maison serait taxée à une certaine somme qu'elle ferait passer annuellement au tre'sor de l'hôpital j et parce que dans les lettres de commission qui s'expédièrent aux chevaliers charge's du recouvrement de ces deniers, et de l'administration des biens de l'ordre , il e'tait dit : Nous vous recommandons tel domaine , commendamus , l'abbe' de Vertot en conclut que c'est de-là que vient le titre de commandeur et celui de commanderie. Mais ces titres sont plus anciens, et l'on a une charte de Henri, comte de Champagne, donnée le A janvier i 194? on se voit parmi les témoins, Fraler Roberliis AngUciis lune Comniendator Domits Hospilalis Acconensis ( Sebast. Paoli , t. I, p. 87 ). Il est vrai qu'autrefois on appelait plus comiïiunément précepteurs ceux qu'on nomme aujourd'hui commandeurs, et leurs bcne'fices pre'ceptoreries. Jusqu'à Hugues de Revel le chef des Hospitaliers n'avait été qualifie que maître de l'ordre par les papes. Clément IV fut le premier qui le qualifia grand-maitre par son bref du 18
\ XX. NICOLAS LORGUE.
novembre 1267.
1278. Nicolas Lorgue fut élu grand-maître après la mort de Revel. La Palestine était alors ravagée par les garnisons des places que les Chrétiens conservaient dans le pays, sans distinction d'amis et d'ennemis. Mansour, sultan d'Egypte , ayant en vain demandé qu'on fit cesser leurs brigandages, résolut de se faire justice par lui-même. L'an 1284? i' assiège le château de Margat, appartenant aux Hospitaliers. La place est contrainte de se rendre après la plus vigoureuse défense des assiégés. Affligé de cette perte, le grand-maitre va demander du secours en Europe. Il meurt à son retour l'an 1289, ii'ayant presque remporté de son voyage que des marques stériles de compassion et beaucoup de fatigues.
DES GRA?;DS-I«aÎTRES de MALTE. 3l5