‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 73 sur 416 · II. BAUDOUIN I · texte numérisé non relu

II. BAUDOUIN I

Tioo. BAUDoutjf I, appelé Barduil par les Arabes, comte tl'Edcsse , sa conquête, et frère de Godefroi , fut reconnu roi de Je'rusalem , et couronne', le jour de Noël i loo, parle patriarche Daymbert , dans l'e'glise de Bethle'em. L'an i loi , une nouvelle arme'e de croisés partit de France pour la Terre- Sainte , sous la conduite de IIugues-le-Grand, de Guillaume, duc d'Aquitaine, d'Etienne, comte de Blois , etc. Mais ce second voyage n'eut aucun succès , la plupart dos croise's ayant pe'ri sur la route , par la perfidie , ditron , d'Alexis, empereur de Constantinople. Ce prince , suivant les historiens latins , après les avoir bien reçus eu apparence , donnait avis de leur marche et de leurs desseins aux Turcs. Ceux qui e'chappèrent revinrent passer l'hiver à Constantinople, et au printems suivant ils parvinrent enfin eii Palestine; mais ce fut pour y comple'ter leur infortune. I^e comte de Saint-Gilles , après s'être servi d'eux pour reprendre Tortose sur les Sarrasins qui s'en e'taient empare's, les abandonna. Ils passèrent ensuite au service du roi Baudouin. Celui-ci les ayant mene's , le 27 mai i 102 , au combat de Rama , ils y furent presque tous ou tue's ou faits prisonniers. Baudouin courut risque lui-même d'être pris , s'c'tant sauve' , lui sixièirie, à Rama , d'où , quelques jours après , il alla se jeter dans Joppe', ou Jaffa , avec ce qu'il avait pu ramasser de troupes dans les environs. Les infidèles ne tardèrent pas à venir l'assie'ger dans cette place. Mais , il tomba sur eux si à propos dans une sortie, qu'il les obligea de fuir en de'sordre , laissant leur bagage et leurs machines de guerre. Ce retour de prospérité' releva le courage et l'espérance des croises. L'an 1104, Baudouin, avec le secours d'une Hotte ge'noise de soixante-dix vaisseaux , s'empara de Ptolèmaide , uomme'e depuis Saint-Jean d'Acre , au mois de mai , après vingt jours ( et non vingt mois ) de siège. Il avait e'choue' l'anne'e pre'ce'denle devant celte place. L'an 1 109 , il prit , le 1 7 mai, Be'rythe , uomme'e alors Baruth, qu'il tenait assie'ge'e depuis soixante-quinze jours, L'anne'e suivante , il attaqua Sidon , dite alors Sayette , Sageila , et s'en rendit maître au mois de de'cembre. L'an i ii5, il bâtit le château de Montre'al. Enfin , après avoir remporte' plusieurs victoires sur les infidèles , Baudouin , e'iant tombe' malad« en Egypte au siège de Pharamia , mourut, en s'en revenant en Palestine , à Laris dans le de'sert. Ses entrailles furent enterre'es dans un lieu qu'on nomme encore aujourd'hui HegiaratBarduii,, le Sépulcre ou la pierre de Baudouin. Son corps fut porte' à Je'rusalem pour y être inhume' auprès de Godefroi, son frère. Les historiens arabes ue sont d'accord ni entrç eux ni avec les latins

sur l'année de sa mort. Ben-Kalecan la met en l'an Je l'He'gire 5o4 ( de Jesus-Christ 1 1 lo ) , Ben-Schohna en l'an de l'He'gire 5 1 5 ( de Jesus-Christ 1121), Romuald de Salerne et Foucher la placent au mois d'avril 1118; l'histoire anonyme de Je'rusalem, au mois de mars de la même anne'e. Cette dernière c'poque est pre'fe'rable , s'il est vrai, comme le marque Albert d'Aix (Liv. 12, ch. 19, pag. 579) , que le corps de Baudouin entra dans Je'rusalem le dimanche des Rameaux de la même anne'e que mourut le patriarche Arnoul. Ce prince ne laissa aucun enfant des trois îemmes qu'il avait eues. La première, nomme'e Goduare , par Albert d'Aix; Gutuere , par Guillaume deTyr; et Godechilde, par Orderic , e'tait fille de Raoul II , seigneur de Toëni et de Couches. Elle était se'pare'e de Robert de Beaumont , comte de Meulent , son premier e'poux, lorsqu'elle donna sa main à Baudouin, qu'elle accompagna à la première croisade; mais elle mourut avant d'arriver à Antioche , et fut enterre'e à Maresa. La deuxième femme de Baudouin , dont le nom n'est pas exprime' dans les auteurs , e'fait fille de Taphnuz, prince d'Arme'nie , qui lui donna en dot soixante mille besants , et l'institua he'ritière de toutes les forteresses qu'il posse'dait. Baudouin , pour des raisons qu'on ignore , la répudia vers l'an iio5, et la contraignit de prendre le voile au monastère de Sainte-Anne de Je'rusalem. Guillaume de Tyr ( L. 2 , c. i), dit qu'elle s'e'vada de cette retraite, et retourna dans sa famille , où elle s'abandonna au libertinage, Baudouin prit en troisièmes noces, l'an iii5, Adèle, fille de Boniface, marquis de Montferrat, femme re'pudie'e, et veuve pour lors de Roger I, comte de Sicile , qui lui apporta de grands tre'sors , en vue desquels il contracta cette alliance contre toutes les règles , sa deuxième femme e'tant encore vivante. Arnoul , patriarche de Je'rusalem , sur l'ordre qu'il en avait reçu du pape, rompit ce dernier mariage, après quoi la princesse retourna, l'an 1 1 17, eu Sicile , où elle mourut peu de tems après Baudouin. {Albert. Aq. L. 12, c. 24. JVillelm. Tjr. L. 2 , c. i5 ). Roger, comte , depuis roi de Sicile , fils du premier lit de cette princesse, fut tellement irrite' contre Baudouin, du traitement fait à sa mère par ce prince , qu'il devint son ennemi irre'conciliable , au point qu'il faisait courir sus à tous les vaisseaux qui passaient dans les parages de Sicile pour aller en Syrie. ( TVillelm. Tjr. ibid. c.

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