III. BAUDOUIN IL
ÏI18. BAunouiN II, du Bourg, fils aine' de Hugues , comte de Rethel , et parent de Baudouin I , avec lequel il e'tait venu à la Terre-Sainte , et qu'il avait remplace' dans le comté d'Edesse , fut élu par le manège de Joscelin, comte de ïabarie, et couronné
roi de Jérusalem le jour de Pâques de Tau 1 1 18. Ilghazî, roi de Marëdin, de la race des Orlokides , ayant défait, l'an u iq , Roger, prince re'gent d'Anlioche , qui périt dans l'action , Baudouin, avec le comte de Tripoli, marcha contre ce musulman l'an 1 1 20 , et lui tailla en pièces quatre mille hommes. L'an 1 1 24 (N. S.) en février , Baudouin fut fait prisonnier par l'ortokide Balâk , en voulant de'livrer Galeran , son parent , et Joscelin , qu'il avait fait comte d'Edesse, enferme's dans le château de Rhortobret. Pendant sa captivité' , le royaume de Je'rusalem fut administre par Eustache Garnier, seigneur de Ctsare'e et de Sidon, qui soutint dans ce poste la re'pulation de sagesse et de valeur qu'il s'était acquise. Ce fut sous sa re'gence que la ville de Tyr tomba, le 7 juillet 1124, au pouvoir des croisés , maigre' le triple mur qui l'environnait , après un siège de près de cinq mois , commence' le i5 février précédent par le patriarche Gormond. Baudouin , racheté le 2(^ août de la même année avec le comte Joscelin, tenta inutilement celui d'Aîep. L'aniiaS, il chassa , du territoire d'Antioche , Boursld, général du sultan de Perse. liCs six années suivantes de sa vie furent employées en difi'érentes expéditions , dont le succès ne répondit pas toujours à sa valeur. Il laissa néanmoins le royaume de Jérusalem fort agrandi par ses armes. Cet état comprenait, à sa mort , toute la Syrie, à l'exception d'Alep , de Damas , d'Emese et d'Hamach , avec leurs territoires. Baudouin n'avait point d'héritier. Ce prince, l'an II 29, de concert avec le patriarche et les barons du royaume , jette les yeux sur Foulques le Jeune , comte d'Anjou , pour en faire son gendre et son successeur. Foulques était venu, l'an 1 120 , à la Terre-Sainte, où, pendant un séjour d'une année, il s'était fait connaître avaatageusement. Ce fut Guillaume de Bures , chevalier français , occupé depuis long-tems à la croisade, qui fut mis hla. tète de l'ambassade formée pour aller faire la proposition au comte d'Anjou. ( Gesta Cenoman. Episc. ) Elle fut très-favorablement accueillie; et Foulques , étant arrivé la même année en grand cortège à la Terre-Sainte , épousa la princesse qui lui était destinée. Baudouin mourut le 21 août ii5i , dans la quatorzième année de son régne. Il avait épousé Morphie , fille de Gabriel, prince de Mélitine , en Arménie,, dont il eut quatre filles ; Mélissende , femme de Foulques , dont on vient de parler^ Alix, mariée à Boémond II , prince d'Antioche; Hodierne , qui épousa Raimond, comte de Tripoli; et Ivette, qui fut abbesse de Saint- Lazare de Béthanie. Voici le portrait que fait de ce prince Guillaume de Tyr. (Livre 12, c. 4)' « C'était un des hommes les mieux faits de » son tems. Il avait la taille avantageuse , le visage agréa- » ble, la chevelure blonde; peu épaisse et mêlée de blanc, la
)) barbe claire , descendant néanmoins jusqu'à la poitrine , îe*
j) couleurs vives et tirant sur la rose , autant que cette barbe
» permettait de s'en apercevoir. Habile au maniement des armes
5> et à l'e'quitalion, savant , par une longue expe'rience , dans
» l'art militaire , circonspect dans la conduite des affaires , et heu-
3) reux dans ses expéditions^ la pie'té consacrait tous ces avanta-
j) ges. Il e'tait tendre et compatissant , religieux , péne'tre' de la
î) crainte de Dieu 5 tellement assidu à la prière , qu'à force de
V génuflexions et de prosternemenls , ses genoux et ses mains ea
3) avaient contracté des durillons j d'ailleurs actif, et toujours
I» prêt , maigre son âge avance , à se porter où l'appelaient les
» besoins de l'état. *