‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 75 sur 416 · IV. FOULQUES · texte numérisé non relu

IV. FOULQUES

ii5i. Foulques, dit le Jeune , fils et successeur de Foulques ïe Rcchin, au comte' d'Anjou, cre'é comte de Ptoie'maïde et de Tyr à son arrivée à la Terre-Sainte ^ c'est-à-dire l'an 1129, eu épousant la fille du roi Baudouin, succéda, l'an ii5i, à son beau-père, et fut couronné le 14 septembre de la même année, par le patriarche Geron. Il était alors dans la fleur de la jeunesse, et régna jusqu'au i5 novembre ii44j époque de sa mort , qui fut causée par une cbùte de cheval qu'il fit en chassant dans la jilaine de Ptoléinaïde. Guillaume de ïyr, suivi par les modernes , met sa mort en 1 142. Mais il y a faute dans son texte , soit de la part du copiste , soit de celle de l'imprimeur. En voici la preuve : cet auteur met le siège d'Edesse , qui fut assez court , et la prise de celte ville dans l'intervalle de la mort du roi Foulques et le couronnement de son successeur. Or , il est certain qu'Edesse fut prise la nuit de INoél 1 144- De plus , nous avons un acte d'échange passé entre la reine Mixissende et Raimond du Pui , grandinaître de l'hôpital, l'an i 149? indiction douzième, la cinquième année , dit cette princesse , du règne de mon fils Baudouin : Régnante flio ineo domino Balduino , rege J herosolj'uiorum ; nnno cjiddern regni ejus (juinto. (Sebast. faoli , Codice Diplom. tom. 1 , pag. 2C)). 11 est donc clair que la mort de Foulques se rapporte à l'an 1 144' Pendant son règne , il eut continuellement les armes à la main contre les infidèles. Il défendit aussi la principauté d'Antioche contre les efforts de l'empereur Jean Comnène , qui prétendait qu'elle devait lui revenir en vertu du traite fait par Alexis , son père, avec les croisés. Foulques laissa de Melissende, sa deuxième femme, fille du roi son prédécesseur, deux fils en bas âge , Baudouin et Amauri, ses successeurs. Voici comment Guillaume de Tyr crayonne ce prince (L. 14 , c. i. ) ,« Sa taille était médiocre; il avait le poil roux comme David, et

n contre le naturel de ceux qui sont de cette couleur, il e'tait » doux , affable et plein de honte. Avant que de parvenir à la )> couronne, il avait fait ses preuves dans la connaissance et la )> pratique de l'art militaire , dont il avait supporté les fatigues » avec beaucoup de courage et de patience. Il avait ses défauts )> comme les autres hommes. Le plus remarquable était son » manque de mémoire , qui allait au point de ne pouvoir retenir » les noms même de ses domestiques et de ne reconnaître les » visages que d'un très-petit nombre de personnes, ensorte qu'un » homme qu'il avait comblé de faveurs et admis à son intimité ,k » s'il venait se représenter à lui après quelque courte absence , » 3I le traitait en inconnu , et s'informait soigneusement qui il y> était. D'où il arrivait souvent que des personnes qui comptaient » beaucoup sur sa familiarité , tombaient dans la confusion ea )) voulant employer leur recommandation auprès de lui , tandis 3) qu'ils avaient eux-mêmes besoin de lui être recommandés ». Nons ne savons si cette ébauche de portrait est bien fidèle. Mais nous sommes assurés que Guillaume de Tyr se trompe en disant que ce prince passait soixante ans , lorsqu'il vint épouser la fille du roi Baudouin , en 1129. Il n'en avait pas même trente -huit, étant né, en 1092 , du mariage de Foulques le Rechin et de Bertrade de Monifort , qui ne s'était fait qu'en 1 089 , suivant Odcric Vital, ou même qu'en 1091, selon la Chronique de Tours. ( Voyez les comtes d'Anjou ).

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