II. BOÉMOx\D II
tiit. BoÉMo^D II, fils de Boe'mond I, et de Constance, re' l'an 1107, succéda à son père sous la tutelle de sa mère et la r< gence de Tancrcde, prince de Gaîile'e , qui £;ouverna sagemcni , lirais trop pctl de teins, l'ctat de son pupille. Ce rtf'gent e'tant mort ie 6 de'cembre 1 1 1 2 , fut remplace' , dans le même emploi , par son neveu Fioger, fils de Richard, sene'chal de la Pouiilc , et mari d'Hodierne , sœur de Baudouin II, roi de Je'rusalen:. Roger, l'an i i 'g, voyant la principauté' d'Antioche attaque'e p. r une armée de turcs et d'arabes , sous la conduite de Doldequin , sultan de Damas, à qui le succès de ses armes me'rita !e surnom de Gazi ou de Conque'rant, appela à son secours Baudouin II, roi de Je'rusalem , Josceiin de Courtenai , comte d'Edesse , et Pons , comte de Tripoli , avec lesquels il marcha contre ces infidèles. Mais leur ayant livre bataille, il périt en les poursuivant dans une retraite qu'ils avaient feinte. Sa veuve se remaria avec [lerbrandde Hergets , dont elle eut un fils nomme' Mauassès, qui devint: connétable de Je'rusalem. Le jeune Boe'mond e'tait cependant e'ieve' sous les yeux de sa mère à Tarente , dans la Fouille, dont il tenait la principauté' de son père et de son aïeul. Le roi de Je'rusalem , voyant alors celle d'Antioche comme vacante , la mit sous sa main, et la re'unit à son royaume. Mais Bt)èmond e'tant venu en âge de puberté', se rendit en Syrie, et réclama la succession de son père. Ce voyage ne peut être antérieur à l'an 11 26; car on voit un diplôme de ce prince, date' du mois de janvier de l'an du monde, selon les Grecs , 6654 (1 12G de J.-C.) , par lequel il donne à Nil, abbe' de Carbon , le monastère de Saint-Barlhélemi de Tarente , fondé par sa mère, qui n'était plus alors au monde. { Paul. yîEmil. Sarlor. Hist. Carbon. Mon.). Le roi de Jérusalem , pour concilier les intérêts de Boémond avec les siens, lui donna sa fille Aiiix en mariage , et l'investit de la principauté d'Antioche. Boé-
DES PniNCES LATINS, OU FRANCS D ArsTIOCHE. 77
mond servit son beau-père avec zclc clans loutrs les occosioiis. L'an ii5o, le prince d'Antioclie , le comte de Tripoli el ceiui d'Edesse, ayai^t réuni leurs forces le 7 du mois de décembre , marchent contre Damas , qu'ils avaient dessein de surprendre. iVîais leurs gens s'e'lant debande's pour faire le jnllage dans îa campagne, ils sont eux-mêmes surpris par le sultan, et mis en fiiite avec une perle considérable. L'aime'e suivante fut encore plus funeste à Boe'mond. Après avoir signale' sa valeur au siège de Capliarda, il engagea teme'rairenicnt , au mois de fe'vrier, une bataille contre Rodoam , sultan d'Alep, près d'Athareh , dans un lieu dit le Pré des Manieaiix. Il y pe'rit à l'âge de vingt -quatre ans, après avoir e'té lâchement abandonne' des siens. Cette perte causa des regrets bien me'rite's. Boe'mond, eu efiet, suivant le portrait que trace de lui Guillaume de Tvr ( L. xin , c. 26) , était un prince accompli pour les qualités du corps et de l'esprit. Son cadavre, selon Romua'd de Salerno , {apiid Miirnt. Scrip. liai., t. vu, col. iHy), fut trouvé sans t'ie, et inhumé au monastère de^Notre-Dame, près du SaiîU- Séjndcre. Sa veuve, dont il laissa une fille, nommée Constance, voulut prendre la régence de la principauté. Mais elle fut chassée par le roi Baudouin , son père , qui s'empara une seconde fois d'Antioche et de ses dépendances. Alix fit ses efforts pour s'y rétablir. Elle fit alliance pour cet effet avec Pons, comte de Tripoli , et .Toscelin le jeune, comte d'Edcsse. Mais Foulques d'Anjou, gendre du roi Baudouin et son successeur désigné, ayant défait le prenu'er, prit posâcssiou de la principauté d'Antioche, dont il donna ensuite le gouvernement à Renaud Mai suer, seigneur de Margot. Plus équitable toutefois que Baudouin, auquel il succéda la même année, il ne se regarda que comme régent des états de la jeune Constance. Dès qu'elle commenr.i à sortir de l'enfance , il pensa h les lui rendre et à la marier: ce qu'il exécuta de la manière qui suit.