‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 90 sur 416 · L BERTRAND · texte numérisé non relu

L BERTRAND

T 109. Beutraxd, fils aîné de Raimond, comte de Snint-Gilles et de Toulouse , fut nommé comte de Tripoli par les croisés le jour même qu'ils entrèrent dans la place. A ce domaine il ajouta, peu de tenis après, les terres que Guillaume Jourdain, comte de Cerdagne, son cousin, mort dans la même année, possédait eu Orient, et qu'il tenait de la libéralité du comte Raimond , père de Bertrand. L'an 11 10, il aida le roi Baudouin à faire la conquête de Béryle , ou Barutli , qui se rendit le i5 mai. Ces deux princes marchèrent , au mois de juin suivant, au secours de Baudouin du Bourg, comte d'Ede^se , qu'une armée de turcs tenait assiégé dans cette place, à la sollicitation de Tancrède, sou ennemi. Au bruit de leur marche les infidèles levèrent le siège. Enfin après avoir assiégé , avec Baudouin , la ville de Sidon , qui se rendit au mois de décembre de la même année , Bertrand alla faire sa résidence à Tripoli. L'armée suivante Tancrède, administrateur de la principauté d'Antiochc , après la mort de Boémond I , son cousin, s'étant brouillé avec Bertrand, lui enleva Tortose dont il donna le gouvernement à Guillaume, fils naturel de Robert, duc de Normandie. Bertrand se vengea d'une manière bien chrétienne de cette insulte. Une armée de cent niille turcs s'étant avancée jusqu'à Césarée de Philippe, à une journée d'Antioche , menaçait de faire le siège de cette dernière ville. Tancrède se voyant hors d'éîat de résister, implora le secours des princes chrétiens. Baudouin I , roi de Jérusalem , le comi':;

DES COMTES LATINS, OU FRANCS DE TRIPOLI. Ç)l

Eorlrand , et plusieurs autres seigneurs , se mirent en marche , Je joignirent , et attaquèrent avec vingt-siiL mille hommes , qui composaient toute leur arme'e^ celle des infidèles qu'ils mirent en fuite le 2q de'cembre 1 1 1 1 ; ce qui dt'livra Tancrède d'un grand pe'ril. jicrtraiid ne put se dispenser l'aimce suivante de se liejuer avec l'empereur Alexiscontrc ce même Tancrède, qu'Alexis euvova sommer de lui rendre la ville d'Antioche en vertu de sou serment. Mais , dans le tems des négociations pour cette ligue , Bertrand mourut le 21 avril 11 12 , à l'âge de ([uarante six ans , laissant un fils unique , en bas âge , de sa seconde femme Hélène ou Alix , fille d'Eudes I , duc de Bourgogne, qu'il avait e'pouse'e enioqS. (Devenue veuve, elle se remaria à Guillaume III , comte d'AIençon. ) La première femme de Bertrand, nièce de la ce'lèbre Mathilde , comtesse de Toscane , ne lui donna point d'enfants. C'est à Bertrand , suivant la remarque de D. Vaisselle, qu'on doit attribuer la fondation du grand prieure' de S. Gilles , qui est la plus ancienne maison de l'ordre de Malte , en deçà de la mer.

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