‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 92 sur 416 · III. RAIMOND L · texte numérisé non relu

III. RAIMOND L

iiSy. Raimotvd, fils de Pons et de Cécile, remplaça son père, l'an 1 157, dans le comté de Tripoli. En fils bien né , son premier soin fut de venger la mort de son père sur les traîtres qui l'avaient occasionnée. Ayant rassemblé promptement les débris de son armée, il va chercher les coupables sur le Mont- Liban , vient à bout de se rendre maître des principaux d'entr'eux, et les ayant amenés à Tripoli , il leur fait subir, à la vue et au contentement du peuple, de longs et rigoureux supplices. Mais bientôt après» iSanguin ou Zenghi , sultan d'Alep, ce cruel et puissant ennemi des Chrétiens , instruit de la mort de Pons et du carnage de ses gens , comptant trouver le pays épuisé , vint assiéger la ville de Raphania. Foulques , roi de Jérusalem , sollicité par Rairaond, vole à son secours. Ces deux princes , ayant réuni leurs forces , marchent vers la ville assiégée. T\lais Sanguin étant venu à leur rencontre , leur livre bataille , fait prisonnier le comte de Tripoli, et oblige le roi de Jérusalem à se jeter avec ces troupes dans lin château voisin à demi ruiné, sans vivres et sans bagage. La place est aussitôt assiégée. Dans sa détresse. Foulques fait partir en diligence des couriers pour Antioche et pour Jérusalem. On lui amène du secours de l'un et de l'autre côté. Guillaume, patriarche de Jérusalem , avec la vraie croix conduisait le» troupes qu'il avait levées dans le royaume. Raimond, prince d'Aniioche , marchait à la tête des siennes. Sanguin, apprenant leur marche, fait proposer au roi de lui rendre tous ics pri-

DES COMTES LATINS , OU FRANCS DE TRIPOLI. gZ

sonnicrs qu'il a faits , s'il veut lui remettre la place. Foul(jues,ne croyant pas le secours qu'on lui amène si proche de lui, acccj)le la proposition. Le siège est aussitôt levé'. Le roi s'en retourne à J(,'nisalem , le comte de Ti-ipoli dans sa capitale , et celui d'Aatioclie dans la sienne alors assiegc'c par les Grecs. ( Jf^illehn. Tjr. L. i5.) Raimond jusqu'alors ne s'e'tait fait connaître que par des actions honor-jbles j mais , l'an i J/jS, il se signala par une perfidie atroce envers Bertrand, fils nalurel d'Alfonse Jourdain, comte de Toulouse, et son proche parent. Bertrand, avec N. sa sœur, avait suivi son père à la Terre-Sainte. L'ayant perdu le soir même de leur débarquement, ou peu de jours après , le frère et la sœur s'étaient jctc's dans un château du comte' de Tripoli. L*;in de leur tendre une main secourabic dans la de'solalion où ils se trouvaient, Raimond eut l'iulumianite' de les livrer aux Turcs. La sœur, par la suite, devint femme du sultan Noradin; et Bertrand, l'an ii5c), fut délivre' par les soins de l'empereur Manuel et de Baudouin III, roi de Jérusalem. {^Voy. Noradin , sultan d'yllep ,et Mfonse Jourdain , comte de Toulouse.) L'an n49» Raimond se trouva à la bataille de Bélinas f>u de Paneade, gagnée contre Noradin^ mais celui-ci fut dédommagé de cet échec par la mort du prince d'Antioche qui périt dans l'action. L'an ii5r, le comte Raimond eut une fin non moins funeste. 11 avait épousé HodîekîvEj sœur de Mélissende, reine de Jérusalem. Le roi et la reine apprenant qu'ils vivaient fort mal ensemble, se rendirent sur les lieux pour les réconcilier. Mais n'ayant pu y réussir, ils emmenèrent Hodierne avec eux. Le comte les reconduisit; et, comme il s'en revenait, il fut massacré , près la porte Tripoli , par les Batliéniens ou Assassins, peuple du voisinage. Il laissa de son mariage un fils nommé comme lui, et une fille, appelée Mélissende , accordée avec l'empereur Manuel qui ensuite la refusa. Parmi les sceaux, publiés par Y). Vaissette , on voit celui de Raimond I, comte de Tripoli, tiré d'une charte de l'an ii5i. Il y a deux faces d'égale grandeur , dont la première représente ce prince à cheval, tourné vers la gauche, la tête couverte d'un bonnet, et portant un étendard et un bouclier. L'inscription est — Ray- MUNDus CoM! s Tripolis. Au rcvcrs on voit la ville de Tripoli avec cette légende : Et h.ec sua civitas Tripolis.

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