‹ L'art de vérifier les dates (volume 5)Chapitre 98 sur 416 · ISABELLE ET PHILIPPE · texte numérisé non relu

ISABELLE ET PHILIPPE

12 it). Isabelle , fille de Livon . qui l'avait inStittï^e sùîi hét^tière , lui succéda en bas âge , sous la tutelle de Constant, son parent, connétable d'Arménie. Rairnond Rupin lui disputa cette succession, el vint à bout de se faire reconnaitre roi d'Ariaénie à

Et ROIS CHRÉTIENS o'AnlWIÎ.NÎF;. Io5

Tharse. Mais peu de tems après, il tut pris par Constant, qui le confiua dans une prison, où il mnvxnit, suivant Sanut ( L. ii , par. 3 , c. lo). Le Lignage d' Ouireiticr dit cpi'ii fut lue par les Arméniens. L'an I2.>i , Constant fit épouser à sa pupille Philippe, troisième fds de Boémond IV, prince d'Antioche. Ce choix ne fut pas heureux. Philippe en peu de tems s'attira par sa conduite le me'[)ris et la liaine de ses peuples. Constant, qu'il avait dépouillé de son autorité, le priva lui-même de celle qu'il lui avait procurée. wS'élant assuré de sa personne, l'an 1222, il le fit mourir en prison, et se défit en même tems de soixante-dix barons ( le P. Monnier, dans sa Lettre sur l'Arménie, n'en compte que vint,'t-six) , dont l'attachement pour ce prince annonçait qu'ils ne laisseraient pas sa mort impunie. Redevenu inaitre alors du gouvernement et de la main d'Isabelle , il lui donna pour nouvel e'poux AiTON , son fils , sous le nom duquel il exerça le souverain pouvoir, avec le titre de baile et de régenl. L'Arménie était alors tributaire du sultan d'Iconium, à qui elle était tenue de fournir et d'entretenir chaque année quatre cents lances. Sur le bruit que les Tartares devaient entrer dans la Turquie , le sultan Alaédia envoya sa mère et sa sœur en Arménie pour les garantir des outrages de ces barbares. Mais Constant, au Keu de les accueillir et de les garder en fidèle vassal, les livra entre les mains des Tartares, et fit alliance avec eux. Le sultan, irrité de cette perfidie, vint en Arménie, et mit le siège devant Tharse, qui appartenait alors à ce royaume. Mais il mourut l'an laSy, dans cette expédition, {f^inc. Bellov. Ju. ^xy.\ , c. i44j !■'• xxxii , c. sq). L'histoire ne marque pas l'année de la mort de Constant. Elle nous apprend seulemei/t qu'outre Alton il laissa un autre fils, nommé Sembat, ou Senibald, qui lui succéda dans la charge de connétable , avec deux filles , Eticnnclle , femme de Henri, roi de Chypre, et Marie , alliée à Jean d'ibelin.

AiTON ou OTTON.

AïToN ou Otton n'exerça les droits de la royauté qu'après la mort de son père, sons lequel il avait toujours été eu tutèle. L'an 1248^ ayant appris l'arrivée du roi saint Louis en Chypre, il lui envoya des ambassadeurs avec des présents pour lui faire offre de ses services. Le monarque français les reçat avec dislinclion, et pour donner à leur maître une marque de la sincérilé de son aifeclion , il s'entremit pour accommoder ses ditiércnts avpç le. prince d'Antioche , et ménagea entre eux vme trêve de dis ans#. L'an i25i , Alton fit partir Scmbat, son frère , pour aller résider.

Page 1