‹ L'art de vérifier les datesChapitre 155 sur 230 · RAYMOND-PONS III · texte numérisé non relu

RAYMOND-PONS III

928. Raysiond-Pons III succéda^ l'an 928, à Raymond II, son père. A son exemple , il demeura fidèle à Charles le Simple ;

Quelques modernes ont cru, mais sans fondement, qu'elle était sœur de Louis le Débonnaire.

SUNIFRED , MARQUIS de Septimanie.

844. SuNiFRED, fils de Borrel, comte d'Ausone , dans la Marche d'Espagne, était comte bénéficiaire de Gironne et d'Urgel dès l'an 819. Le roi Charles le Chauve, après la mort de Bernard , et peut être même de son vivant, lui donna le gouvernement de Septimanie , qui prit alors le titre de marquisat. On ne connaît aucun autre trait de sa vie. Il était déjà remplacé l'an 848.

ALEDRAN.

848. Aledran, dont on ignore l'origine, défendit, l'an 848, la Marche d'Espagne en qualité de Gouverneur de Septimanie, contre l'armée de Guillaume II, comte de Toulouse, renforcée d'un corps de sarrasins. Le sort des armes ne lui fut point favora'ule. il perdit celle année les villes de Barcelonne et d'Ampurias , que Guillaume lui enleva. Le roi Chai les le

bES COMTES OU DUCS DE TOULOUSE. SRg

Ht tant q»e ce roi vécut , il ne voulut point reconnaître Raoul, ni niéme long-tenis apr. s la mort de Charles. Cet événement est line (les principales époques du grand pouvoir que s'attribuèrent les comtes de Toulouse. L'an c)24 ■> Raymond-Pons défait les Hongrois qui étaient entrés en Provence, et les en chasse. L'an gSa , il reconnaît Kaoul roi de France , qui dispose en sa faveur du duché d'Aquitaine et du comté particulier d'Auvergne. Raymond-Pons mourut vers l'an gHo, laissant de Garsinde, sa femme, trois fils en bas âge, Guillaume , qui suit ; Pons Raymond, comte d'Albigeois, assassiné vers l'an Çjf^g , par Artaud, son beau-fils, que sa femme avait eu d'un premier époux; ec Raymiond dont le sort est inconnu; avec une fille appelée Raymonde, mariée avec Aton, vicomte de Soûle en Gascogne. Les modernes, qui placent la mort de Ravmond-Pons en cj55 , ou 961 , ou en tTautres années, se trompent, {l'oyez Raymond- Pons, comte (T Ain^ergne.) il est à remarquer, d'après i). Vais— sète, que depuis Raymond- Pons aucun des comtes de Toulouse ne s'est qualifié duc d'Aquitaine. Une autre remarque à faire, suivant le même auteur, c'est que tous les actes de la province (de Languedoc), dressés pendant la prison du roi Charles le Simple , sont datés des années du règne de ce prince : preuve

Chauve le remit en possession de ces deux places en 85o ; mais,' l'an tSôa, Abdoulkeiim , général des Sarrasins, prit de nouveau sur lui Rarcelonne, par la trahison des Juifs. On présume qu'Aledran périt en cette occasion. Ce qui est certain , c'est qu'd était remplacé dans le mois de septembre iS5a. Les Sarrasins aban-^ donnèrent Rarcelonne après l'avoir pillée.

ODALRIC , MARQUIS DE Septimanie.

852. Odalhic , ou Udalric tint, le 10 septembre SSa , un plaid général , en qualité de marquis de Septimanie, à Crépian, dans le diocèse de iNarbonne. Il était comte de Gironnè dès l'an S+S. Les peuples d'Aquitaine, ses voisins, s'étant révoltes contre Charles le Chauve en faveur de Pépin, la contagion de leur exemple ne corrompit point la fidélité d'Odalric; il demeura constamment attache à son légitime souverain. Odalric mourut, au plus tard, en 6hn,

HUMFRID , MARQUIS DE Septimanie.

857. HuMFRiD , ou WlFRED, qu'on croit être de la famille diu duc saint Guillaume, ainsi que ses prédécesseurs, jouissait IX. 47

certaine que les peuples de Languedoc lui demeurèrent fiJèïeS

après que liaoul se fut emparé de toute Tautorité.

GUILLAUME TAILLEFER IIL

9S0. Guillaume Taili.efer III, fils aîné de Raymond-Pons, lui succéda dans un âge tendre au comté de Toulouse, et à la plupart de ses autres domaines, sous la tutelle de Garsinde , sa mère. L'an 97S, il fit avec Raymond III , comte de Rouergue , un traité de partage des domaines de leur maison, par lequel, entr'aulres choses , chacun se réserva la moitié du comté de ]Sismes,dont leurs descendants hériteraient; la portion de ce comté, qui échut au comte de Toulouse, fut appelée le comté de Saint-Gilles, parce que l'abbaye de ce nom, située sur le Rhône , s'y trouvait renfermée. ( Foyez Raymond 111, comte de Huiiergue. ) Guillaume, avant ce partage, avait épousé, vers l'an 973, Arsitsde, appelée Blanche par Ivesde Chartres, dans une lettre au légat Conon, qui se trouve dans le Cartulaire de saint Berlin, et par Alberic de Trois-Fontaines, qui la disent , l'un et l'autre, sœur de Geoffroi GrisegoncUe, comte d'Anjou , et non sa fille , comme le pense D. Vaissète. Guillaume eut de cette princesse deux fils, Raymond et Henri, avec deux filles.

du comté de Bésalu avant que de succéder à Odalric dans le marquisat de Septimanie. Les Normands ayant fait, l'an 8S9, une descente près de Narbonne , assiégèrent cette ville, la prirent et l'abandonnèrent après l'avoir pillée. Humfrid, l'an 863, s'empara de la ville de Toulouse , et en chassa le comte Raymond. l..e roi Charles le Chauve, informé de cette entreprise ^ dépouille, l'an 864 , Humfrid de ses honneurs, et le proscrit. Ce fut alors, comme on l'a dit, que Charles sépara la Sep-timanie en deux gouvernements, dont l'un fut celui de la Septimanie proprement dite, et l'autre celui de la Marche d'Espagne ou de Barcelonne.

BERNARD II , marquis be Septimanie.

861. Après la proscription d' Humfrid , la Septimanie proprement (iite fut donnée à Beh!SARD, fils d'un autre Bernard ^ frère d'Eménon , comte d'Auvergne, et de Bilichilde, fille de Roricon, comte du Maine. L'an 867, il fut substitué dans le comté de Poitiers par le roi Charles le Chauve, a Rainulfe I, décédé cette année. Charles le Chauve ayant passé les Alpes^ Van 877, pour aller s'opposer à son frère Carloman, Beriiardse

DES coivrrES ou ducs de toitlouse. 371

éoni l'aînée, Constance, devint reine de France l'an 998 , par son mariage avec le roi Robert; et la seconde, nommée Ermengarde , fut mariée à Robert I , comte d'Auvergne. Guillaume épousa, vers l'an 990, en secondes noces, Emme , fille de Rolbold, comte de Provence , laquelle apporta dans la maison de Toulouse ce qu'on appela, dans la suite, le marquisat de Provence. Depuis ce mariage, Guillaume fit sa résidence ordinaire en Provence. Le comte Guillaume était en possession , comme tous les grands vassaux de la couronne , de nommer aux évêchés et aux abbayes , situés dans ses domaines. Mais il n'était nullement scrupuleux sur la manière d'user de ce droit usurpé. L'évéché de Cahors étant venu à vaquer en 990 , il l'offrit , de concert avec l'archevêque de Bourges , à Bernani de Comborn , abbé de Solignac , moyennant une somme considérable d'argent. Bernard, élevé dans l'abbaye de Saint-Benoîlsur-Loire , sons le célèbre Abbon , consulta sur celte proposition le pieux abbé, qui le détourna, par une lettre très-forle, de l'accepter. Sur son refus, l'évéchè fut donné à Gauzebert, homme de condition. ( Vaissote. ) Adémar de Chabannals raconte un événement singulier, arrivé à Toulouse, sous le gouvernement de Guillaume lll. C'était un usage immémorial en celte ville , que tous les ans le jour de Pâques, on amenai dans

ligua contre lui avec d'autres seigneurs , et tous refusèrent de lui amener les troupes qu'il leur avait demandées. Ce prince étant mort la même année, les conjurés, pour la plupart, se réconcilièrent avec son fi s , Louis le Bègue; mais Bernard persista dans sa révolte. L'an 878 , il s'enipara de Bourgf^s et dn Berri sur Boson , comte de ce pays et duc de Provence. Mais à peine en etait-il possesseur, qu'il fut excommunié au concile de Troyes , et privé de ses dignités. Se voyant proscrit, il se retira d'abord à Autun et ensuite dans le comté de Mâcon , que Boson, après l'avoir dépouillé de celui d'Autun , lui donna. Il ne demeura pas tranquille dans ce nouveau département. Ayant été assiégé peu de tems après dans Màcon , par les rois Louis et Carloman , il y fut pris sur la fin de 879 , et puni , à ce qu'il parait, du dernier supplice. ( Voyez Bernard, comte.de Bourges^ Bernard , comte de Poitiers ^ et Bernard , comte de Mdcon.

BERNARD IIL

878. Bernard III , comte d'Auvergne , surnommé Plan" Ui'elue , en latin planta pilosa , différent de Bernard , fils de Do-

Sya CHROÎÇOLOGIE HISTORIQUE

la cathédrale, un juif, pour y recevoir un soufflet, en représailles tle celui que notre Sauveur avait reçu chez le granctprétre. L'an 1002. , Aimeri , vicomte de Rochechouart , s étant rencontré à Toulouse , ce jour-la , eut l'honneur de coluphiser le juif. IMais il ap[)lifjua le soufflet avec tant de force, qu'il (it sauter la cervelle et les yeux de la tête au malheureux juif, qui lomha mort à ses pieds. C'est ainsi que le zèle sans lumières se tourne souvent en cruauté. Le comte Guillaume finit ses jours, âgé d'environ quatre-vingt-dix ans, après le mois de septembre de lan io3y. De son second mariage , il laissa deux fds , l'ons , qui suit, et Bertrand, qui eut en partage une portion de la Provence.

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