BERTRAND
iio5. Bertrand , fds de Raymond de Saint-Gilles et de sa première femme , déclaré comte de Toulouse , l'an 1096 , dépouillé , l'an 1098, par Guillaume IX, duc d'Aquitaine , et enfin rétabli l'an 1 100 ; succéda , l'an iioS, à son père. Bertrand , à son exemple , sacrifiant son repos et ses états au service de la rehglon contre les infidèles, entreprend le voyage de Palestine, et s'embarque au commencement de mars de Taa 1109, avec son fils unique, âgé seulement de onze ou douze ans. vSa flotte, composée de quarante vaisseaux, sur chacun desquels étaient montés cent chevaliers , est roforcéc sur la route par quatre-vingt-dix voiles génoises et pisaues , qui se joignirent à lui et se mirent sous sa protection. Ayaut débarqué an port d'Amiroth , près de Constantinople , il fut invité par l'empereur Alexis de se rendre à sa cour, et en partit fort salisfait , après avoir renouvelé à ce prince le sermeut que son père lui avait fait. Arrivé au port d'Antioche , il y fait la descente , et reçoit la visite de Tancrède qui gouvernait cette principauté en l'absence deBoémond, son oncle. lierlrand ayant redemandé à Tancrèdc la portion de la ville d'Antioche dcjut son père s'était le premier emparé, Tancrèdc feint d'ac([uiescer à la demande ; mais il exige préalablement que Bertrand l'aide à ru-
DES COMTES OU DUCS DE TOULOUSE. Sj^
prendre Mamlstra que les Arméniens avaient livrée depuis peu à l'empereur grec. Sur son refus , dont il allègue pour motif les engagements qu'il venait de prendre avec l'empereur, Tancrcde l'oblige à se remettre en mer par la défensi' qu il fait de lui fournir des vivres. H aborde enfin au port de Tortose , ville dont llaymond de Saint-Gilles s'était rendu maître autrefois, et qui alors était entre les mains de Guillaume-Jourdain , comte tle Cerdagne, ainsi que la Camolta : c'était le nom sous lequel On comprenait toutes les conquêtes que Raymond de Saint- Gilles avait faites en Orient. Bertrand fait inutilement sommer Guillaume-Jourdain de lui rendre son héritage. N'étant pas en état de l'y forcer, il va reprendre le siège de Tripoli, commencé par son père et continué par le comte de Cerdagne , qui l'avait ensuite abandonné. Baudouin ,. roi de Jérusalem , étant venu au secours de Bertrand , donne ordre à Taticrède et à Guillaume-Jourdain de venir le joindre. Ils obéissent, ets'étant réconciliés avec Bertrand, ils contribuent à le rendre maître de' Tripoli, qui lui ouvrit ses portes le lo juin iioq, après sept ans de siège ou de blocus. Bertrand fut alors reconnu c jmte de Tripoli et de ses dépendances , auxquelles il joignit les terres que Guillaume-Jourdain lui avait restituées par la médiation du roi de Jérusalem. Il servit ensuite ce monarque en diffé- . lentes expéditions. Mais la mort trancha trop promptement le fil de ses jours. Une maladie l'emporta le 21 avril de l'an 1 1 12. De sa femme Hélène , dite aussi Hèle , Elute et Aux , fille d'Eudes I*^"^. , duc de Bourgogne, qu'il avait épousée , comme on l'a dit plus haut , l'an 1096, et qui l'avait suivi en Orient, il ne laissa qu'un fils nommé Pons , âgé de quatorze ou quinze ans.
Le jeune Pons succéda à son père dans ses états d'Orient seulement , c'est-à-dire dans le comté de Tripoli , qui était une des quatre principautés établies dans ce pays par les princes chrétiens; il y fixa sa demeure, et transmit ce domaine à sa postérité, abandonnant ainsi à Alfonse-Jourdain , son oncle, paternel , le comte de Toulouse et les autres domaines de son père en Occident. Pons se rendit célèbre par ses exploits dans la Palestine. L'an 1107 , trahi par des Syriens , il fut pris dans un combat qu'il livra sous le Mont-Pèlerin au prince de la milice de Damas, qui le fit périr d'une manière cruelle. ( T'oy. l'article de Pons, dans la chronologie des comles de Tripoli. ) î^ Ncuve de Bertrand se remaria avec Guillaume III, dit Talvas, «oiale du Perciie el d'Alem^on.