‹ L'art de vérifier les datesChapitre 17 sur 230 · CHI-TSOU-TCHANG-TI · texte numérisé non relu

CHI-TSOU-TCHANG-TI

ir44. (2.1*. année Kia-cliin, du LXViiie. cycle.) Tchu-yeousoiigi prince de Fou, étant arrivé à Nan-king, sur une députation (lae les mandarins lui avaient faite, fut salué empereur, le 5 de la 5*. lune, sous le nom. de Chi-tsou-tchang-ti , après avoir hésité trois jours s'il accepterait cette pi'rilleuse dignité. La Chine se trouva ainsi divisée entre trois prétendants à l'empire. Ou-saii-koucï, contraint de dissimuler l'entreprise àcs ïartares ,

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lourna toutes ses forces conlic Li-fsé-tclihig , qu'il rëduisîf, ;ip:ès deux nou%elles vicloires remporlécs sur lui, à s'aller cacher .-ivec une noii?née de ses eens dans la montagne de Lo-kone. La laim 1 ayauL oiilige d en sortir, il tut tue avec sa troupe par «les paysans qui les reconnurent pour des rebelles. La mort de I-i-tsc-icliing éteignit la rébellion , et laissa aux l'artares la liberté iréiendre leur domination dans la (hine. La conduite pleine de sagesse, qu'ils tinrent constamment envers les regnicoles, y contribua plus que la force de leurs armes ; et la peine de voir un prince étranger assis sur le trône de leur nation, fut bientôt adoucie par la manière dont ils furent traités. « La i> Chine en changeant de m^iître , ne changea , ni de forme , ni j) de gouvernemciit. Les tribunaux de Pé-king subsistèrent sur »> le pied qu'ils avalent été établis; et on se contenta de doubler » les emplois , afin d'avoir des places à donner aux Tartares.... j> Les soldats chinois étaient Incorporés dans les armées, et les « officiers élevés à des grades proportionnés à leur capacité et » à leurs services. » *" L'e Mailla)

La cour de Nan-king se conduisait d'une manière bleu différente. Guidés uniquement par leurs intérêts particuliers, et comptant pour rien rutilité publique , les grands qui la composaient n'étaient occupés qu'à se supplanter. Le monarque , plongé dans la mollesse, vivait dons la même sécurité que s'il n'eût eu a icun ennemi à redouter. Four tout remède aux dissensions et aux querelles qui s'élevaient parmi les courtisans , il se conteniait de faire de continuels changements dans les places , sans faire aucun discernement des bons et des méchants, des hommes capables et de ceux qui ne l'étaient pas.

Les Tartares profitèrent des troubles qui régnaient à la cour dcNan-king pour avancer leurs conquêtes. Maîtres de toute la partie septentrionale de la Chine , ils passèrent le Hoang-ho tians la 2*^. lune de l'an 1646 , et après avoir soumis rapide-* ment diverses places, ils arrivèrent, le 24 de la même lune , devant Yang-tchéou. Le général Ssé-lco-fou , cjui avec des forces inférieures leur avait inutilement disputé le passage du fleuve , s'était jeté dans la place , où il fil la plus belle défense qu'on pouvait attendre d'un capitaine expérimenté. Mais ^ épuisé de fatiguts , couvert de sang , environné de tous côtés par les ennemis qui avaient escaladé les murs, prêt à tomber entre leurs mains, il se tua lui-même : exemple qui fut suivi par plusieurs mandarins quj s'étaient renfernics dans Yangtchéou. Maîtres de cette ville, les Tartares envoyèrent des détachements se saisir de tous les postes qui étaient le long du Kiang. Le 10 de la 5*. lune, un officier dépêché de Tching-

liang à Nan-klng , apporta la nouvelle qu'ils s'étaient emparés du port. Le prince épouvanté, prend la fuite au milieu de la nuit avec un petit nombre de ses courtisans. Les Tartares paraissent le i4 sous les murs de la ville, dont les clefs sont apportées au général , avant qu'on la somme de se rendre. On fait courir après le prince fugitif, qui est atteint au moment qu'il allait s'embarquer sur le Kiang. Comme on est près de le saisir, un de ses courtisans le prenant à brasse-corps , se précipite avec lui dans le fleuve. Toute la famille des Ming ne fut point éteinte par sa mort. Il en restait plusieurs princes; mais presque également jaloux d'occuper un trône environné de tant de précipices , ils paraissaient disposés à ne point permettre qu'aucun d'entre eux y montât. Celui que les vœux des grands et de la nation y appelaient , et qu'on regardait comme le plus propre à réparer les malheurs de sa dynastie , était le prince de Lounni^an. Possesseur des villes les plus riches et les plus puissantes de lempire, ayant ses états placés près du théâtre de la guerre, tout ce qu'il y avait de bons officiers et de braves soldats dans les armées du prince de Fou , s'était retiré chez lui à Hangtjchéou, capitale du Tché- kiang, où il faisait sa résidence ordinaire. Ses qualités personnelles donnaient à la politique un nouveau motif qui clevait le faire préférer à ses compétiteurs. Mais ni les prières des grands , ni les instances de toutes les personnes attachées à son service, ne purent lui faire accepter un trône qu'il prévoyait devoir lui être disputé par les princes de son sang. Il fil plus, il se sacrifia lui-même pour le salut de ses sujets. Les Tartares , dans le cours de leurs conquêtes , étant venus investir Hang-tchéou , il consentit à se remettre entre leurs mains , sous la promesse qu'ils firent d'épargner la garnison , les mandarins et le peuple. Cette conduite était fondée sur rimpuissance où il se trouvait avec ses propres forces de résister à une armée très-supérieure, n'ayant aucun secours à espérer des princes de sa famille, quoiqu'il les en eût trèsfortement sollicités. Cette générosité aurait dû lui concilier Teslime et fadrairation des vainqueurs. Mais la politique ne leur permit pas de laisser vivre un rejeton de la famille des Ming, à laquelle ils enlevaient l'empire. Les mandarins, honteux de survivre à leur maître, se donnèrent eux mêmes la mort , pour le suivre au tombeau.

Tandis que ces scènes d'horreur se passaient dans le Tchékiang occidental , deux nouveaux prétendants à l'empire, tous deux de la famille des Ming, le prince de Lou et Tchu-lsine;klen , prince des Tang , travaillaient dans la partie orientaliî de celte province, à faire réussir les proj;Hs de leur ambition.

46 CHEONOLOr.IR HISTORlÔtTÊ

Opposés l'un à l'autre, le premlei- se coiilenfa du titre de protecteur de Fempire, et le second prit hardiment relui d'empereur. Ce dernier ayant attiré dans son parti le fameux Tchingichi-long , lui fit quitter le métier de pirate qu'il exerçait sur les côtes de la Chine , pour le mettre à la tête de ses troupes. Les entreprises du prince des Tang prospérèrent tant (ju'elles furent conduites par ce général. Mais un événement les brouilla sans retour. Le prince de Lou ayant envoyé, l'an 164'^, Tchenk'ie.n , un de-ses officiers, pour traiter avec le prince des Tang, celui-ci fit mourir l'ambassadeur sur ce que dans l'audience publique qu'il lui accorda, il ne lui donna que le titre en usage parmi les princes de l'empire. ïchin-tchi-long , ami de Tchen-kien , jura qu'il vengerait sa mort. S'étant retiré à bord de sa ilotte , il offrit ses services au prince de Lou. On vit depuis ce lems, décheoir la puissance du prince des Tang par Fincapacité des généraux qu'il avait substitués à Tchen-tchilong. Obligé de fuir après avoir été abandonné des siens , devant les Tartares qui le poursuivaient , il fut atteint à Ting-tchéou ; et se voyant dans limpossibilité d'échapner, il se précipita dans un puits, où il périt misérablement, l'an 1646. La mort de ce prince fut suivie de la perte du Fou-kien et du Kiang-si , qui tombèrent au pouvoir des Tartares.

Le prince des Tang laissait un frère qui s'était sauvé du Foukien , et prenait le titre de prince de Tchu-yué-ngao A la nouvelle de la mort du premier , le second étant arrivé à Kouang-tchéou, capitale du Kouang-long, y trouva les princes et les grands de la cour chinoise , occupés à délibérer sur le choix d'un successeur à l'empire, sans pouvoir rien conclure, tant ils étaient divisés de sentiments. Sa présence termina les différents, et réunit tous les partis en sa faveur. Il fut proclamé solennellement empereur , et sVmpressa de prendre possession du trône. Mais dans le même tems , Kiu-ché-ssé , vice roi du Kouang-si , aj)pelé Thomas par les Chrélic\ns , dont il avait embrassé la religion, ayant assemblé les grands mandarins de son département, leur persuada que Trhu -yeou-tcié , prince de Yong-ming, étant petit-fils de l'empereur Chin-tsong, avait le droit le plus légitime à l'empire. Aussitôt il emporta l'unanimité des suffrages. Une députation qu'on lui fil pour lui annoncer son élection, l'ayant salué empereur, il reiusa ce titre et se contenta de celui de prince de KfHieï. Tchu yue-ngao lui ayant déclaré la guerre, les armées des deux compétiteurs se livrèrent, à Chaug-foui , une sai'glante bataille , doul celé du prince de Koueï sortit victorieuse, il n'eut ]ias le riH-ini- i^fudieur contre les Tartares qui, l'ayant battu près de Kouang-tchéou,

lîES EMPEUEURS DE LA. CHINE. 4?

Vobliçcrent de fuir de vilh- en ville. Mais Kiu-ché-ssé qui avait procuré son élévation , lui rendit le courage par une grande \ictoire qu'il remporta, Fan 16^7, sur les Tartares devant Koueï-lin , qu'ils assiégeaient sous les ordres du général chinois Li-tching-tong. iiiu-ché-ssé lui procura, l'année suivante, un nouvel avantage encore plus éclatant sous les murs de la même place. Cet événement fit un tel effet dans l'empire , que les plus belles provinces vinrent faire leurs soumissions au prince deKoueï. Ce fut Li-tching-tong lui-même qui fut le principal auteur de cette révolution. Mais la fortune se lassa bientôt de favoriser les armes du prince de Koueï. Ses généraux Kin-tchinhoan et Li-lching-long ayant échoué, l'an 1^49? ^^i siège de Kan-tchéou, dans le Kiang-si , eurent le malheur de se noyer tous les deux, mais non pas dans la même rivière, en fuyant devant les Tart^ies. Les affaires de ce prince ne furent plus désormais qu'un enchainemont de peines et de disqri^ces.

La Chine fut délivrée, vers le même tems, du rebelle Tchanghien-tching , non moins redoutable aux Chinois , qu'aux Tartares. Les ravages qu'il commit dans le Chen-si , le Ilo-nan , le Ho-kouang, le Kiang-nan , le Ssé-tchuen, surpassent toutes les horreurs qu'on peut imaginer. Sa fureur éclata surtout dans le Ssé-tchuen. S'éîant rendu maître de Tching-ton, capitale de cette province, il y attira les lettrés, classe de gens qu'il haïssait mortellement, sous prétexte de les élèvera de nouveaux honneurs; et trente-deux mille s'y étant rendus, il les fit tous égorger. Il fit subir le même sort à trois mille eunuques, et à tous les hochan qui se trouvaient dans Tching-ton. Ce ne fut point encore là où se termina la barbarie de ce monstre dans le Ssé-tchuen. Avant appris qu'un de ses généraux , qu'il avait envoyé contre les Tartares, avait passé à leur service, il s'en prit à cette province, dont il fit massacrer jusqu'à six cent mille habitants, comme s'ils eussent été complices du général déserteur. Ses propres concubines furent les victimes "de sa cruauté. Pour n'avoir aucun obstacle dans ses armées, et se préparer à repousser les Tartares qui venaient à lui , il fit égorger jusqu'à deux cent quatre-vingt de ces mal heureuses, et persuada à ses soldats de faire le même traitement à leurs femmes , dont il périt dans cette boucherie jusqu'à quatre cent luille. Enfin, étant près de Han-tchong, il fut tué d'un coup de (lèche par les soldats d'une armée de Tartares, qu'il était allé reconnaître.

L'an 164G, et non pas iG45, le premier jour de la pi^emière lune, 17 janvier, il arriva une éclipse de soleil.

XXIK DYNASTIE.

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