‹ L'art de vérifier les datesChapitre 18 sur 230 · CHUN-TCHI · texte numérisé non relu

CHUN-TCHI

1649. (sGe, année Ki-tcheou^ du Lxviii cycle.) Celte année est celle que les Chinois comptent pour la prenii;^re de CiiUN- TCHI. Il entrait alors dans sa quatorzième année. Ses oncles , qui exerçaient la régence, jugeant à propos de le marier, lui cherchèrent une épouse parmi les princes mongous. L'ambassade qu'ils envoyèrent pour en faire la demande , était magnifique. Mais en passant à Taï-tong, les jeunes gens qui la composaient ayant enlevé la fille de l'un des plus distingués de la ville, qu'on menait en pompe à son époux, excitèrent parmi les citoyens un soulèvement universel. I.e gouverneur Kiang-tsaï, s'étant vainement plaint de cet attentat au chef de Pamhassade , fit main-basse sur tous les gens de sa suite. 11 n'en demeura pas là. Il publia un manifeste pour exhorter la nation chinoiseàla vengeance. Cet écrit produisit tout Teffet que le gouverneur pouvait espérer. Tout ce qu'il y avait de plus brave et de plus courageux dans le Chan-si et le (]hensi accourut pour se joindre à lui. Il engagea même dans son

f)arti le prince mongou, dont la fille avait été l'objet de l'am- )assade. La cour de Pé-king vint à bout de détacher de la ligue te prince , et de renouer le mariage de sa fille avec le jeune empereur. Mais Kiang-tsaï n'en fut pas moins ardent à poursuivre les Chinois. Deux grandes batailles qu'il gagna sur eux , répandirent l'alarme dans Pé-king. S'étant ensuite retiré dans Taï-tong pour y faire reposer ses troupes , il y fut investi par le général Tsé-tching-ouang. Un fossé large et profond que celui-ci fit creuser autour de la place, semblait termer toute issue aux assiégés. King tsaï, à la tète de ses soldats, le force, après un combat de quatre heures; mais en poursuivant l'ennemi, une flèche dont il est atteint , lui enlève la victoire avec la vie.

Le prince de Koueï, malgré les derniers revers qu'il avait essuyés, s'était fait reconnaître empereur des provinces méridionales de la Chine. Mais ce titre ne le réconcilia point avec la fortune. Deux batailles qu'il perdit, en i«i.So, contre les Tartares , furent suivies de la prise de Koueï-lin, sa capitale , qui, se trouvant alors dégarnie de troupes , et n'espérant aucun secours d'ailleurs , ne put être défendue par le ministre.

Kiu-ssé-clié et le grand général Tcbang-long-tcliang, qui s'y étaient rcniermés. Ce fut en vain que le généra! ennemi proposa ù l'un et à Tantre àa passer au service des TarLares. Les trouvant inébranlaiDles , il ne pnt refuser des éloges à leur fidélité ; jTiais la politique ne lui pcnvmit pas de la laisser impunie. Tous deux, par ses ordres , subirent le dernier supplice. Les Tartares éprouvèrent plus de difficultés au siège de Kouang-tchéou , qu'ils firent ensuite. Secourue par une flotte que Tching-tching- Jcong, fils de ïchlng-lclii-long , lui a%'ait amenée, elle se défendit pendant huit mois, et n'eut vraisemblablement pas été prise , si des traîtres n'en eussent ouvert une des portes aux ennemis.

L'an i65i, mourut le prince Tsé-lcbing-ouang , chef du conseil de régence à la cour de Pé-king. l^e jeune empereur avait tant de respect pour lui , qu'il ne le nommait jamais que Père Prince. Il lui était en effet redevable du trône et de la réunion de l'empire sous ses lois. Chun-tchi, après sa mort ^ prit les rênes du gouvernement, et les mania avec une sagesse qui lui attira l'admiration .générale. Toutes les provinces de la Chine lui obéissaient, mais il lui restait à soumettre la mer ^ que Tching-tching-korrg4«ft?âtait avec d'autant plus de liberté, que les Tartares n'avaient point de marine. Ce pirate leur avait voué une haine mortelle depuis qu'ils retenaient prisonnier à Pé-king, Tcbing-tchu-long, sou pore, qu'ils y avaient attiré sous les promesses les plus flatteuses. Le fils avait appris son métier du père, qu'il surpassa en habileté comme en férocité.

On vit arriver, en i656, à Pé-king, une ambassade des Russes, nommés Oros par les Chinois. R\ie avait pour chef une espèce de cosaque nommé Baikof, et pour objet l'établissement d'un commerce libre entre les deux nations. Le czar Alexis avait fait remettre à son ambassadeur la valoir de 40,000 roubles, tant en argent qu'en marchandises. A son arrivée, celui-ci fut reçu avec honneur. On vint à sa rencontre , et on lui assigna un logement convenable et une table somptueuse* Mais son opiniâtreté à ne vouloir pas se soumettre aux usages et aux formalités du pays, rendit sa légation inutile (i). Il ne fut point admis à Taudience de l'empereur; on lui renvoya ses présents, et il fut reconduit aux frontières sans aucun honneur. (M. Lévesqac, Hîs/oire de Russie ., tom. III, p. 456.)

(i) « Avant l'audience , qu'il se flat'ait d'obtenir, il devait com- » nrencer par rendre hommage devant le trône du vieux palais , où j/ l'on garde le trésor et le sceau impérial. Tous les grands de la » Chine sont obligés de rendre leurs respects à ce trône avant due w de paraître aux yeux de l'empereur ; et l'empereur même , avant

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