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pereur. Bans uno autre (c'était la c|uatiiènie qui lui fut accorcîée le 1 4 janvier) ce monarque parut consentira la (Itrnaude qn il lui fit au nom Ju pontife, de pouvoir annoncer l'évangile dans sa pureté , et témoigna sa joie de runlon qui all.iit , disait-il , régner désormais parmi les missionnaires. l'~n le congédiant, il le cfiargeà d informer promptcment le pape de ce qui s'était passé. Tous les missionnaires furent enchantés des discours de l'empereur, à 1 exception des Jésuites qui , étant plus accoutumés au manège de la cour de Pé-king, ne purent se persuader que l'empereur eût parlé sérieusement. C'est ce qu'ils firent observer à Mezzabarha , lorsqu'ils le virent prêt à écrire au pape, Î)our lui rendre compte des dispositions de l'empereur. I.a ettre fut néanmoins faite ; mais ayant élé portée à la maison des jésuites français, pour être traduite en chinois, elle y resta entièrement oubliée.
*Les Jésuites ne s'étalent point trompés. Le iJ^ janvier, quatre maidarins étant venus trouver le légat , lui présentèrent un ordre du prince , écrit en lettres rouges , au bas de la constitution du pape. Ils en firent lecture à haute voix , et il portait : M Tout ce qu'on peut dire en voyant ce .décret , est de se » demander comment des européens, ignorants et méprisables , « osent parler de la grande doctrine des Chinois ; eux qui ne ♦) connaissent ni les coutumes, ni les pratiques, ni les carac- » tères qui la font connaître .... 11 n'est pas à propos de per- ■» mettre aux Européens d'annoncer leur loi à la Chine; il leur M faut défendre d'en parler, et par ce moyen on s'épargnera des w affaires et des embarras. »
A la lecture de ce fatal écrit , le premier mouvement du légat fut de dresser une requête pour demander la liberté de prêcher la doctrine chrétienne sans déguisement. Mais les Jésuites lui ayant remontré qu'il ne ferait par-là qu'irriter davantage le monarque , l'exhortèrent à suspendre plutôt la constitution. A quoi il répondit qu'il préférait la mort à luie pareille lâcheté. Les Jésuites insistèrent avec beaucoup de feu sur le parti qu'ils proposaient, soutenant que la consliluîioii n'était qu'une loi ecclésiastique qui ne réglait rien sur la foi ; d'où ils concluaient qu'elle n'obligeait point étrnilemenl , sur-tout dans la conjoncture d'un danger émlneut : ils ajoutèrent même que le pape n'avait pu la donner sans blesser sa conscience. Morao et de Mailla , son confrère, se distinguèrent le plus dans celle dispute par leur emportement. .
Dans la chaleur de celte scène révoltante , le mandarin Liping-tchong arriva brusquement : et prenant le légat par la
torge , l'accabla d'injures , sur ce qu'il l'avait mis en danger {: perdre la lèle pour l'avoir traité avec trop de bonté. Les va-
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lefs tle ce Tnandarin , joints à ceux «]es missionnaires, secondèrent s'es violences , et traitèrent indignement le camérier du légat.
L'affliction où ce prélat était plongé ne lui avait pas permis de prendre de la nourriture depuis trois jours. Malgré son trouble et sa faiblesse, sur une sommation que les mandarins vinrent lui faire , le soir même de cette journée , de répondre à Tordre de l'empereur, il écrivit sur-le-champ à ce monarque pour justifier sa conduite ; et sa lettre finissait par ces mots: « Si votre » majesté me le commande, j'irai me jeter aux pieds du pape » pour lui expliquer les intentions de votre majesté. » Les Jésuites, qui étaient présents, le prirent au mot, et s'efforcèrent de lui persuader que le meilleur parti pour lui était de partir le plutc)t qu'il pourrait , sans exposer sa dignité à de nouveaux oulrages. {/empereur acheva lui-même par ses menaces de le dt'lerniiner à ce parti. Mezzabarha reçut enfin , le i^\ mars, son audience de congé, kang-lii , qui jusqu'alors s'était plu à l'eml^arrasser par des questions plaisantes et malignes, dont le sens était souvent diflicile à saisir, le rdmbla de marques d'estime et de caresses, jusqu'à lui serrer les mains dans les siennes, au grand éfonnement «les Chinois qui jamais n'avaient vu l'empereur faire de pareils honneurs à personne , pas même à ses propres enfants. Kang-hi en le quittant lui souhaita un prompt retour, et le pria d'amener avec lui des gens de lettres, surtout de bons mathématiciens et un bon médecin. 11 lui recommanda aus.>i d'apporter avec lui des livres les plus estimés en europe , et les meillcuies cartes gi^ographiques. Mezzabarba quitta Pé king deux jours apW^s ; et , s'étant rendu à Macao le 27 mai , il s'embarqua pour l'Europe le 8 décembre, emportant avec lui les os du cardinal de Tournon. « Le journal de cette y> mémorable ambassade, qui précéda l'expulsion des mission- » naires , et acheva la ruine de la religion chrétienne à la >> Chine, dit M. Deshauterayes que nous ne faisons qu'abréger» » a été écrit par Viani , confesseur du légat , vice-chancelier de >» la visite apostolique et témoin de la plupart des événements »» qu'il rapporte. Il proteste en finissant, poursuit notre auteur, »» qu il n a eu égiril qu à la vérité, et que son ouvrage a été revu >» avec attention par le légat même qui lui avait communiqué » toutes les pièces originales dont il est parié. Du Halde, ajoufe- » t-il, fait l'aveu que la légation de Mezzabarba fut prudente » et modérée ; mais si Viani représente fidèlement la conduite » des missionnaires de Pé-king, et qu'il faille leur attribuer » toutes les intrigues dont ou les accuse dans ces i\I('moires » pour faire échouer la légation , on sera contraint d'avouer » aussi qu'en qualité de défenseurs de l'idolâtrie chinoise , ils
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» pouvaient être envisagés comme la bande d'Isis , ainsi qu'ils » étaient appelés par quelques-uns de leurs confrères. »