‹ L'art de vérifier les datesChapitre 45 sur 230 · IX · texte numérisé non relu

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lS8 CHRONOLOGIE HIST0RlQl5Ë

aboutissent plusieurs canaux. Osaca est défendu par un châieaa d'une grande étendue et bien fortifié. Dans la ville, les différentes heures de la nuit s'annoncent par divers instruments de musique. Les rues sont étroites, mais régulières, et se coupent entre elles à angles droits. « Elles sont propres, sans autre pavé }> qu'un petit cbemin de pierre de taille le long des maisons » pour la commodité de ceux qui marchent à pied. L'extré-^ n miité de chaque rue est fermée par de bonnes portes qui se » ferment la nuit. Chaque façade des maisons présente la » porte, une boutique pour les marchands et un atelier pour j> les artisans. Le toit est plat dans les maisons communes : il » n'est couvert que de bardeaux ou de copeaux de bois ; mais » le toit des bonnes maisons est revêtu de toile noire mastiquée » avec de la chaux. » {Flîst. des Voyages , tom. X, p. 5o4) (i)- Jedo , qui a succédé à Meaco dans le titre de capitale de l'empire , est regardée comme la plus vaste et la plus belle du Japon. Son assiette sur la rivière de Torikan , à l'embouchure d'un golfe auquel elle donne son nom , la rend très-favorable au corameixe. On a construit sur la rivière un pont de quarante- >» quatre brasses de longueur. La population de cette ville est innombrable. Son étendue , où les maisons se pressent , en est la preuve. Ksempfer dit qu'il mit un jour entier à parcourir la ville d'un bout à l'autre dans sa longueur. Mais il faut observer, d'après le même auteur , qu'elle est bâtie en forme de croissant. « Elle n'est point entourée d'une muraille, dit-il, non plus )i que les autres villes du Japon ; mais elle est coupée par plu- >> sieurs fossés ou canaux , avec de hauts remparts élevés des i> deux côtés , à la plate-forme desquels on a planté des rangées » d'arbres. Cela a été fait, ajoute-t-il, moins pour la définsrt j> de la ville que pour prévenir les incendies qui n'y arrivent » que trop souvent, et qui y feraient sans cela d'étranges ra- » vagcs. M Les palais des princes et les temples consacrés aux divinités de toutes les sectes et de toutes les religions établies au Japon , sont les seuls édifices bâtis en pierre. On donne au

(2) « On voit régner, suivant la même histoire ( ï6/i/. ), clans

» toutes les maisons japonaises une propreté qui fait l'admiiatioi» des

» étrangers. Elles n'ont ni tables, ni chaises, ni rien (jui ressemble aux

» meubles de l'Europe. L'escalier, les balustrades et les lambrissant

« vernissés. Le plancher est couvert de nattes et de tanis. Les chanibre.s

» ne sont séparées l'une de l'autre cjue par des paravents, de sorte cju'il

» sulfit de les ôter pour laire une seule pièce de plusieurs chambres,

>) comme on en fait plusieurs d'une seule avec celle facilité à la divi-

» scr. Les murs sont tapissés de papier torl brillant, dont les figures

» représentent des fleurs en argent. »

BES EMPEREURS DU JAPON. iSg

château destiné pour Tempereur et sa cour environ cinq lieues du pays de circuit. Le palais que l'empereur habite en particulier est compris dans cet espace, et fortifié de tontes paris. La structure des bâtiments qui le composent et qui sont immenses, est d'une grande beauté, quoique nullement conforme à nos règles d'architecture, «t Les plafonds , les solives , les » piliers sont de cèdre , de camphre ou de bois de Jeseri dont » les veines forment naturellement des fleurs et d'autres figures ï» curieuses. » ( Idem.) Saccaï, autre ville de l'île de jNiphon, à cinq lieues d'Osaca , sur la côte du midi , passe pour imprenable , surtout à cause de son château bâti au sommet d'une montagne voisine, sur le penchant de laquelle s'élève une bonne forteresse. Presque toutes les maisons de la ville sont construites en pierre. Le port est entouré d'une forte muraille ; chaque rue a ses portes qui se ferment le soir comme dans les autres villes du Japon. On y admire un temple dédié aux dieux étrangers , qui est regarde comme le plus superbe de l'empire. I.a principale idole qu'on y adore est d'une figure effrayante. L'île de Niphoa est si peuplée , que les grands chemins d une ville à l'autre sont bordés des malsons contiguës qui les rendent plus semblables à des rues immenses qu'à des routes.

Dans l'île de Xico, Nangasaki , qui en est aujourd'hui la capitale , n'était encore qu'un village lorsque les Portugais s'y établirent et la fortifièrent. Son heureuse situation pour le commerce la fil agrandir et en multiplia les habitants. Ils étaient au nombre de soixante raille lorsqu'on vint leur prêcher la religion chrétienne. Ils l'embrassèrent tous , et y persévérèrent jusqu'à la persécution qui la bannit du Japon , comme on le dira plus amplement par la suite, en iGoo et i63S. La population de iSangasaki est bien diminuée depuis ce tems. On n'y compte aujourd'hui que dix-huit raille habitants.

L'île de Sicoco ne renferme aucune ville qui mérite une attention parliculière,

La religion du Japon est l'idolâtrie qui se divise en trois sectes principales, ie Sinfoïsme, le Budso'îsme et le Siutu'îsme. ï^ première est la plus ancienne et la plus accréditée. Elle ilatte l'orgueil des Japonais auxquels elle donne une origine céleste en les faisant dejscendre des Kamis ou habitants descieu.v. i>e dairo , comme souverain pontife , a seul le droit de canoniser ou de mettre au rang des esprits célestes , après leur mort, ceux qui , pendant leur vie , se sont signalés par des exploits héroïques , ou par de grandes vertus. Chaque kami a son paradis. L'un le place dans te soleil, l'aulredans les planètes ou dans les étoiles, celui-ci dans l'air, celui-là dans la iner, etc. « Chacuu

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» choisit son Dieu, suivant le paradis qui lui plaît ]e plus. Los » ajiolhcoses se sont si multipliées, que le nombre des temple» w est aussi grand dans les villes que celui des maisons. Il y en }> a qui sont soutenus par cinq colonnes de cèdre d'une trèsj> giaide élévation. On y voit des statues colossales de bronze , i> qua;iti!é de lampes et d'ornements de grand prix. Ces temples » sont appelés JSÎius^ ou demeures des âmes vivantes. ■> {ytnerd. japon. ) On en compte à Meaco jusqu'à quatre mille, desservis paj quarante mille bonzes. ( Hist. mod. ) Les liudsoïstes , ainsi îiommes de Buds , leur fondateur , professent à peu près les mêmes dogmes que les Sii.toïstes. INIais ils diffèrent d'eux par une morale plus sévère. Elle accable par la multitude de ses ])rc'ceples aussi bizarres que gênants, dont elle punit la transgiession par des pénitences affreuses.

].e Siuioïsme est la religion des philosophes et des moralistes. Ils n'admettent aucun culte, et croient qu'une vie sage et vertueuse suffit pour honorer la Divinité ; que la vertu et le vice portent avec eux leur récompense et leur punition , l'uire par la satisfaction de faire le bien , l'autre par les remords d'une ccnsclcnce toujours agitée. Ils ne croient d'autre Dieu que le Tien , c'est-à-utre le n:onde matériel , et pratiquent des cérémonies comme les < hinois pour les parents morts. Le Siutoïsme est extrêmement déchu depuis l'expulsion des Chrétiens. Les bonzes sont les prêtres des deux auties sectes, et l'on peut juger de leur nombre prodigieux par celui des Mias , qui montait à. vingt-sept mille du tems de Ktempfer.

«< Les Japonais ont deux ères ou époques principales. La pre- » mière et la plus commune commence avec le règne de Sinmu « ( le chef de la dynastie qui est encore aujourd'hui sur le j> trône ) , leur premier empereur , en 660 , avant Jésus-Christ. }> Ils appellent cette époque JSùi O... La seconde époque qu'on » ciiiplole au Japon s'appelle JSengo. Les Chinois rin\enterent ^ pour nuMlre plus de cirlilude d^ns la chronologie qu'ils ne » croyûienl pouvoir le faire avec les époques communes; et » elle ne fut introduite au Japon que sous le régne du trente- « sixième empereur. Elle comprend un nombre de peu d'an- « nées , d ordinaire au-dessous tie vingt , et rarement au-dessus. i> C'est. à l'empereur à lui choisir un nom et une figure, et pour » l'ordinaire l'un et l'autre tendent à conserver le siouvenir de » quehjue événement remarquable, ou de quelque changement » important, soit dans l'église, soit danslVtat. i onime lui seul " a droit d'instituer ces périodes, il peut aussi les continuer >i autant qu'il lui plaît... Les Japonais emjdoient celte epocpie » dar.s Icb alm-nachs , ordres, proclamations, journaux, let-

DES EMPEREURS DU JAPON. l4l

trcs et écritures. On ajoute Tannée courante de l'époque iSîn-O dans les livres imprimés , et surtout dans ceux qui ont rapport à Ihistoire et à la chronologie. Il faut observer qu'un nouveau nengo commence toujours avec la nouvelle année , bien (ju'il ait été établi et ordonné plusieurs mois auparavant. Quelquefois aussi il arrive qu'on se sert du nengo précédent dans les titres ées livres , lettres, journaux et antres écrits , bien qu'il y ait un nouveau nengo déjà commencé. Ainsi, par exemple , les almanachs des deux premières années de la période nengo-genrokf ( commencé en 1687) furent datés des cinquième et sixième années du nengo précédent, nommé dsiokio , quoiqu'il fut expiré. Néanmoins, on a soin, en ce cas, qu'une pareille inadvertence ne fasse point glisser d'erreur ou d'embarras dans la Chronologie. Pour cet effet, dans Taimanach suivant... on marque la troisième année du nengogonrokf courant , sans faire mention des deux premières. .-) tl y a encore une troisième ère ou époque dont on se sert dans la Chronologie du Japon. Elle consiste en cycles ou périodes de soixante ans, et les Japonais en ont obligation aux Chinois, aussi bien que de leur nengo. Ces soixante années sont formées d'une combinaison des Jcita, ou noms des douze signes célestes, avec les lettres de leurs noms. Les caractères des signes célestes étant combinés cinq fois avec ceux de leurs dix éléments , ou ces dix éléments six fois avec les signes célestes , il en résulte soixante figures composées ou caractères, dont chacun se prend pour une année. Quand les soixante années sont expirées, un nouveau cycle recommence , et passe de même par ces différentes combinaisons. Les Japonais font usage de cette période pour mieux fixer le tems des principaux événements arrivés dans l'église et dans l'état , dont leurs histoires font mention , et où ils sont rapportés sous l'année courante du cycle, aussi bien que sous celles des deux autres époques Ni'n-O et Nengo. Par ce moyen , leur histoire et leur chronologie s'accordent toujours avec l'histoire et la chronologie des Chinois , avec celte différence pourtant que ces derniers comptent dans leurs histoires non-seulement l'année, mais aussi le nombre du cycle où telles et telles thosps se sont passées , au lieu que les Japonais se contentent de marquer le nombre de l'année. On ne compte point du tout les cycles des Japonais , et on en devinera la raison si on considère TorgLieil naturel à cette nation , et la nouveauté dont leur empire paraîtrait au prix de celui des Chinois . leurs voisins , qui peuvent montrer une longue suite de cycles écoulés plusieurs siècles avant la fondation de la monarchu^ japonaise.

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» Les Jetfa ,, ou signes célestes des Japonais, sont,

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