‹ L'art de vérifier les datesChapitre 47 sur 230 · EMPEREURS DU JAPON · texte numérisé non relu

EMPEREURS DU JAPON

Pour ne rien avancer que de certain sur l'origine de l'empire du Japon, nous dirons, avec les historiens les plus accrédités, que ce fut Synmu qui le fonda, l'an 660 avant Jésus- Christ , quatre-vingt-treize ans après que Romulus eut jeté les fondements de l'empire romain. Ce qu'il y a de plus remarquable, et dont on ne trouve l'exemple chez aucun autre peuple, c'est que depuis Synmu , jusqu'au prince qui règne aujourd'hui (en 1786), l'empire n'est point sorti de la même famille. Mais on ne nous persuadera pas que la vie de Synmu fut de iSy ans; que Koan , sixième empereur, en vécut iSy , Korei i28,Kookin 116, Siusin iig, Synin iSg, Keikoo 149.

Synin , troisième fds de l'empereur Siunsin , régnait lorsque le Sauveur vint au monde. On le compte pour le xi«. en^ pereur.

; TenmD, qui monta sur le trône en l'an 6y2 de l'ère chrétienne, fut le XL^. empereur. Il est le premier dont le règne offre quelques détails dans l'histoire japonaise. Il eut pour rival son jeune frère Oto-mo-no-oosi , qui , s'étant mis à la tête d'une nombreuse armée , entreprit de le supplanter. MaisTcnmu l'ayant vaincu au bout de cinq mois, l'obligea de se fendre le ventre. Le fameux temple de Midera fut bâti la deuxième année de son règne , et l'année suivante on apporta au Japoa de l'argent tiré des mines de Fîle de Tsussima, que les Coréens, à qui appartenait alors cette île , commençaient à exploiter. La quatrième année du même règne fut remarquable par la célébration du premier Matmri. C'est une fête, dit le P. Char— levoix , instituée pour apaiser les malins esprits , ou plutôt pour honorer le dieu protecteur du Heu où elle se célèbre. Rien n'est au-dessus de la pompe et de la splendeur qu'on fait alors éclater; processions magnifiques, représentations de théâtre, danses, concerts de musique, divertissements de toute espèce, rien n'y manque. « Les villes et les provinces changent leurs n dieux tutélalres pour d'autres , surtout après des calamités puj) bllques, comme des famines, des tremblements de terre : en ce » cas , les lieux qui ont le plus souffert , dégradent leurs patrons » comme indignes d'être honorés davantage , et adoptent ceux 3» qui ont protégé leurs adorateurs , c'est-à-dire ceux des villes » et des provinces qui ne se sont pas ressenties des malheurs 3» publics, M {Hisi. z/wV. , t. XX, p. 5o3.) La dixième année du règne de Tenmu, la monnaie d'argent fut défendue dans l'empire , et on y substitua les Put/es de cuivre et de bronze. Ce fut vers le même tems que l'empire fut partagé ea soixante-six provinces. Le neuvième jour du neuvième mois de l'an 687, mourut l'empereur Tenmu, sans laisser d'autre postérité qu'un petit-fils en bas âge.

687 (de J. C.)DsiTO, veuve et nièce de Tenmu, lui succéda , malgré l'opposition du prince Ootzno. Sous son règne, qui fut de dix ans, on commença à brasser du sakki ou de la bière de t\z k Jekisinoki , dans la province à'Oumi.

697 (de J. C.) MoNMU, petit-fils de Tenmu, monta sur le trône après la mort de son aïeul, l'an iSSy , de la période de Synmu. Il est le XLll^. dans la suite des empereurs. C'est lui , dit-on , qui accorda , la huitième année de son règne , des isi'aps ou armoiries à chaque province. L'année suivante , il lit faire une mesure carrée de bois, que les Japonais appellent Sio et 3Iaas , et les Hollandais Ganton, trois desquelles contiennent au juste quatre livres de riz, poids de Hollande;

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SI l'envoya dans toutes les provinces pour y servir d'étalon, et ordonna, sous des peines très-rigoureuses, de s'y conformer pour les mesures de riz, de froment et d'autres grains. Le règne de ce prince fut de onze ans. Il mourut l'an 708, sans laisser de postérité.

708 ( de J. C. ) Genonei , fille de Tent-sii , trente-neuvième empereur, mort en 672, fut placée sur le trône , après la mort de Monrau. Elle établit sa cour à Nara, à huit lieues de Meaco, et fit frapper, la première année de son règne, de la monnaie d'or et d'argent ; mais la dernière fut de nouveau défendue Vannée suivante. On éleva, la troisième année de ce règne, le temple de Koobokusi pour y placer l'idole de Xaco , formée d'un mélange d'or et de bronze , ouvrage du célèbre statuaire Taisoquan. L'impératrice, dans la sixième année, donna de nouveaux noms , qu'elle fit inscrire dans les registres publics , aux pro\'inces , villes et villages de son empire, suivant la liberté que s'étaient attribuée ses prédécesseurs; liberté qui a causé une grande confusion dans la géographie et l'histoire. Cette princesse mourut Tan 71-^, dans la huitième année de son règne, la 1370^. de la période du Synmu.

718 ( de J. C. ) Gensioo, petit-fille de l'empereur Tenmu , parvint au trône à l'âge de quatorze ans, après la mort de Genonei. Son règne , qui fut de neuf ans, se termina par une démission volontaire qu'elle fit de la couronne, en faveur de son neveu , fils de son frère. Elle vécut encore cinq ans après son abdication, et mourut Tan 7 29 , à l'âge de vingt-huit ans , et non de quarantehuit , comme le marque Charlevoix.

724 (de J. C.) SioOMU, neveu de l'impératrice Gensioo et son successeur , fixa d'abord sa cour à Nooca , d'où quatre ans après il la transféra à JNaniwa. La treizième année de son règne fut reiuarquable par des tempêtes épouvantables, une sécheresse et une stérilité générale; ce qui causa une grande far^inc. Ce prince régna vingt-cinq ans , et ne laissa qu'une fille, qui suit.

749 (de J. C. ) KoOKEN succéda le 7®. raoi^ de l'an 1409 de la période de Synmu , à l'empereur Sioomu, son père. La première année du règne de celte princesse, on lui présenta de l'or , tiré pour la première fois de la province d'Oslo. Les Japojials jusqu'alors l'avaient tiré de la Chine ou de la Corée. Koo— ken, la quatrième année de son règne, bâtit le temple Too-daïsi, pour remplir un vœu de l'empereur, son père. Elle mourut aprè« avoir régné dix ans, on ne sait à quel âge , l'an 1419 ^ie l'ère de

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Synmu , 759 cle J. C. D'un mari , qu'on ne connaît pas, elle laissa une filie qui viendra ci-après.

759 (de J. C) Fai-tai , arrière- petit -fils de l'empereur Tenmu, et le septième fils de Tonneri-fin-o, fut le successeur de l'impéralrice Kooken. On volt sa cour tantôt à Fora, dans la province d'Omi , tantôt à Talranokio , tantôt à Falro, dans la province d'Awadsi. Son règne fut de six ans. On ignore s'il fut rnarié.

765 (de J. C.) Seo-toku , fille de l'impératrice Kooken , succéda à Fai-tai, et mourut après un règne de cinq ans. '

770 (de J. C.) KoONiN, petit-fils de l'empereur Tent-su, ïnonta sur le trône après l'impératrice Seo-toku. La deuxième année de son régne, le Japon éprouva un orage qui passa tout ce qu'on avait jamais vu : il tomba du ciel des feux qui rcssem-^ Liaient à des étoiles, et l'air retentit de bruits épouvantables, jj/empercur, dans sa consternation, ordonna qu'on cclébràt dans tout l'empire des Mahuris , pour apaiser les Jukusis, qu'il croyait irrités; c'est ainsi qu'on appelle les esprits mains qui régnent dans l'air et dans les campagnes. La dixième année du règne de Koonin, un incendie consuma tous les temples de Meaco. Ce prince mourut en 782 , après douze ans de règne, et laissa l'empire à son iils.

782 ( de J. C.) KouAN-MU, fils de l'empereur Koonin , vit fondre sur ses états, la sixième année de son règiie, une nation qui venait d'au-delà de la Chine. C'étaient desTartares qui, pendant l'espace de neuf ans, ravagèrent le Japon. Mais le général Tamamar, profitant de la sécurité que leurs succès leur avaient inspirée, les défit en plusieurs rencontres, et tua Je sa main leur chef. Ces revers n'abattirent pas néanmoins leur courage. Ils trouvèrent moyen de les réparer; et ce ne fut qu'après dix-huit ans, depuis leur première irruption dans l'empire, qu'ils furent entièrenienl chassés du Japon. Kouan-mu, après vingt-quatreans de règne, mourut septuagénaire, laissant l'empire à son fils aîné qui suit.

806 (de J. C. ) Fei-dsio, successeur de Kouan-mu , son père , est compté pour le cinquante-unième empereur ou dairo. Son règne commença l'an 14G6 de l'ère de Synmu , cl n'offie aucun trait remarquable pendant les quatre années qu'il dura. Ce prince en mourant transmit l'empire à son frère qui suit.

810 (de J. C.) Sa-ga, cinquante-deuxième empereur ou

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(daîro , régna quatorze ans , pendant lesquels on bâtit des temples mngnifiques en divers endi'oits. (^est tout ce que l histoire nous apprend de son règne.

824 (de J. C. ) SlUNWA, frère puîné de Sa-ga , parvint au trône l'an 14^4 (^^ Fcre Synmu. I-a deuxième année de son règne, dit l'historien japonais, Ihasima revint de Foreisan au Japon, à l'axe de trois cent quarante -huit ans. Il avait vécu pendant ce tcms-là sous l'eau avec les dieux aquatiques, ou l'on préicnd, au Japon , que les hommes ne vieillissent pas. On peut juger par ce trait du discernement de l'écrivain qui le rapporte. Siunwa mourut après dix ans de règne, et laissa le trône à son neveu qui suit.

834 (de J. C.) NiNMio, second fils de l'empereur Sa-ga, et successeur de Siimvva, son oncle, régna dix-sept ans sans laisser aucun trait remarquahle de son gouvernement, et mourut l'aii l5i I de Tère de Svnmu.

85 1 ( de J. C.) MoNTOKU ou Eontoku , fils aîné de Ninmiô £tson successeur, fut témoin de plusieurs tremblements de terre qui arrivèrent au Japon, Son règne fut de huit ans.

859 Cde J. C.) Seiwa, quatrième fils deMontoku, occupa, durant dix-huit ans, le trône que son père lui avait transmis; après quoi il en descendit pour y placer son fils aîné. H survécut quatre ans à cette abdication, et mourut le huitième jour du cinquième mois de l'an i54i de l'ère de Synmu. La cinquième année du règne de ce prince, les livres de Confucius furent apportés à la cour du Japon , et lus avec beaucoup de satisfac-t lion.

877 ( de J. C. ) JosEï, fils aîné de Seiwa, mourut Tan iS45 de l'ère de Synmu , de J. C. 885 , après un règne de huit ans.

885 (de J. C.) Kooko, fils puîné de l'empereur Ninmio, et frère de Montoku , fut le successeur de Josei. Il ne régna que trois ans, et fit passer le sceptre à son troisième fils qui suit.

888 (de J. C. ) Uda. , placé sur le trône après la mort ou l'abdication de Kooko, son père , l'occupa dix ans, et se donna pour héritier son fils àmé. Sous le règne de ce monarque , fleurissait par son savoir extraordinaire la princesse Isse , fille de Kugu , prince du sang. Elle composa un ouvrage qui est encore atijourd'hui très -estimé au Japon. Uda mourut l'an 898 de. Jésus-Christ.

j5o CHKOÎÎOLOGIE HISTORIQUE

898 (de J. C. ) Dai-co, successeur J'Uda, son père^ mou4 rut l'an gSi, après trente-trois ans de règne, sans laisser d'autre mémoire de lui que celle de son nom.

9^1 (de J. C.) SiusAKU, douzième fils de Dai-go, régna seize ans après lui. Le trône lui fut disputé , l'an Cj'62. , par Massakaddo, prince du sang, dont la révolte dura sept ans, et ne finit que par la défaite et la mort de son auteur. Le feu"^du ciel réduisit en cendres, la treizième année de Siusaku, plusieurs îemples et monastères de bonzes. Ce prince mourut l'an de J. C. 947 , après seize ans de règne.

g47 (de J. C. ) MuRAKAMi, quatorzième iils de l'empereur Dai-go , ayant succédé à Siusaku , son frère, entreprit , la quatorzième année de son règne, de réunir les différentes sectes idolâtres qui partageaient le Japon. Il assembla, pour cet effet, les chefs de toutes les sectes dans la salle de son palais, nommée SsiruJeen. Mais on ne marque pas quel fut le résultat de l'assem.- Llée. Murakami régna vingt et un ans, et laissa en mourant le sceptre à son second fils.

968 (de J. C.) Ren-sei était âgé de soixante et un ans lorsqu'il succéda à Murakami, son père, il ne régna que deux ans, et fut remplacé par un de ses frères.

9-0 ( de J. C. ) Jeisavo ou JlN-Jo, cinquième fils de Muraknmi , régna quinze ans, et mourut l'an 985 de J. C. , 1640 de l'ère de Synmu.

985 (de J. C. ) QuASSAN, fils aîné de l'empereur Ren-sei, étant monté sur le trône après la mort de Jenwo , prit le parti d en descendre au bout de deux ans, pour aller s'enfermer dans Ja solitude. Il choisit pour le lieu de sa retraite le monastère de Quarasi, où il se fit raser à la manière des bonzes, et prit le nom de ISiGUGAKF. Après y avoir passé vingt-deux ans , il y mourut à lâge de quarante-deux ans.

987 (de J. C. ) Itsi-dsio, cousin de Quassan et son successeur, apporta sur le trône un esprit cultivé par les lettres. Ce j^OLÎl attira un grand nombre de savants à sa cour, où ils reçurent les honneurs et les récompenses dus à leurs talents. Une grande mortalité affligea le Japon la huitième année de son règne, qui fut de vingt-cinq ans.

1012 (de J. C.) Sanpusio, fils puîné de l'empereur Ren-sei^ régna cinq ans , et mourut âgé de cinquante et un ans.

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1017 (de J. C.) Go-iTsr-DSio , ou Itsi-dsio Iï, fils puîné tl'Itsl-dsio I, n'avait que neuf ans lorsqu'il parvint au trône, qu'il occupa vingt ans. La cinquième année de ce règne, un seigneur, nommé Saï-sin , obtint de Tempereur (vraisemblablement à raison de ses infirmités), la permission de se faire traîner dans un khuruma, ou chariot couvert, tiré par des hreufs : invention qui parut si commode, que toute la cour suivit bientôt cet exemple. L'an 1028 de J. C, le jeki, ou la peste, fit de grands ravages dans tout l'empire. Six ans après , il tomba , dans le quatrième mois qui répond à notre mois de juin , une si grande quantité de neige , qu elle couvrit la terre de quatre à cinq pieds.

loSj (de J. C.) Go-siu-SAKU , frère puîné d'Itsi-dsio H, lui succéda dans la vingt-huitième année de son âge. La première année de son règne , qui fut de neuf ans, le Japon éprouva un furieux tremblement de terre.

1046 (de J, C.) Go-REiSEï, ou Reisei II, fils aîné de Goslu-saku et son successeur , eut à se défendre, la troisième année de son règne , contre Joori-isje , qui se révolta contre lui dans la province d'Isju. Les rebelles se soutinrent l'espace de cinLj ans, jusqu'à ce que Jori-jossi , général de la couronne, les eut défaits, et eut tué deux de leurs plus braves chefs. Go -reisei mourut âgé de quarante ans , après en avoir régné vingt-trois.

ic6q (de J. C.) Go-SAN-DSio, frère puîné de Go-reisei et son successeur, régna six ans , et se donna pour héritier son fils aîné qui suit.

lojS (deJ, C.) SURAKAWA régna douze ans après la mort de Go-san-dsio, son père.

1087 (de J. C.) FORICAWA , fils puîné de Siiracawa , n'avait que neuf ans lorsqu'il succéda à son père. Il mourut dans la trentième année de son âge, après un règne de vingt et un ans-

1108 (de J. C.) To-BA, fils aîné deForicawa, lui succéda l'an 1768 de l'ère de Synmu. Il régna seize ans, et laissa la couronne à son fils aîné qui suit.

11^4 (de J. C.) SI^'TOKU monta sur le trône l'an 1784. de l'ère de Synmu, et 1 occupa dix-huit ans. Ce fut sous son règne que fut bâtie la ville de Kuraakura. Kijomori, prince du sang, s'étant révolté contre lui, prit le titre de dairo , et se fit une eour composée de ses créatures , sur le modèle de celle du vrai

iSa CHROKOLOGIE HISTORIQUE

dalro; mais ne pouvant soutenir long-tems un si gran»! rôle, it fut obligé de s'enfuir clans le fameux monastère de Midira ^ sur la montagne de Jéesaori, où les bonzes le protégèrent contre la rour impériale et contre les troupes envoyées pour l'enlever, S'élanl fait peu de tems après bonze lui-même , il vécut quatorze ans dans cette retraite, et y mourut à l'âge de soixante ans d'unefihvre ardente, qui lui fit devenir le corps rouge: commes'il eût étr tout en feu : juste punition, dit Thlslorien japonais, de sa présomptueuse révolte.

1 142 ( de J. C. ) KoNJEi , huitième fils de l'emperenr To-ba, prit possession de la couronne l'an i8oa de l'ère de Synmu. Ce fut sous ce règne (jue Jorimassa, prince du sang, se signala par ses exploits, qui le firent regarder comme l'Hercule japonais» Aide par Kaisman, qui est le Mars du Japon, il tua , dit-on , à coups de flècbes le dragon infernal Nage , qui avait la tête d'un singe , la queue d'un serpent, le corps et les griffes d'un tigre. Ce monsiie s'était établi dans le palais, et ne causait pas une médiocre frayeur au dairo et à toute sa cour. Ce récit de l'historien japonais, que le P. Charlevoix adopte et prend à la lettre malgré son invraisemblance, est peut-être le portrait hiérogly— phi!|ue de quelque chef de rebelles. Les empereurs (|ui, pendant une longue suite de siècles , avaient joui d'une autorité absolue , commençaient à sentir l'affaiblissement de leur puissance. Les princes tributaires empiétaient sur leurs droits, et, poussés par l'ambition et la jalousie , ils allumèrent une guerre longue et fatale , qui pensa entraîner la ruine de l'empire. Konjei mourut après un règne de quatorze ans.

I i.'^fi (de J. C. ) Go-SIJRAKVWA, quatrième fds de l'empereur To-ba, et successeur de Konjei, son frère, fut oblige de prendre les armes , la première année de son règne, contre /i-.«'-/'M, qui s'était révolté. Il ne vit pas la lin de cette guerre, qui fut: longue et cruelle. Les revers qu'il y éprouva le dégoûtèrent da trône , qu'il résigna à son fils aîné , après l'avoir occupé l'espace de trois ans. Il se consacra depuis à la retraite , et mourut parmi les bonzes à l'âge de quarante-trois ans.

Il 59 (de.L C. ) NiDSioo n'avait que seize ans lorsqu'il succéda à Go sijrakawa, son père. La première année de son règne, ses deux généraux, ÏNobu-joriel Jositomo, après avoir réprimé la rébellion excilée sous le dernier règne, se soulevprent euxmêmes, et allumèrent une nouvelle guerre décrite dans les histoiii's, sous le nom de Feifsî-no-midoni, c'est-à-dire la déso— ïatioa du tems Feitsi. Deux ans après , Jositomo fut tue dans lii

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province d'Owari , et son fils Joritomo fut exilé à Idsu. Le règne ae Nidsioo fut de sept ans ; il mourut âgé de vingt-trois ans.

n66 (de J. C.) RoKU-DSioo succéda dans sa dixième année à Nidsioo, son père. Après trois ans de règne, il laissa le sceptre à son oncle.

1 169 ( de J. C. ) Takakura, troisième fils de l'empereur Gosijrakawa, fut le successeur de Roku - dsioo , son neveu. Les auteurs de l'Histoire universelle disent qu'il n'avait alors que neuf ans. Cela n'est guère croyable, son père ayant abdiqué dès l'an 1159. Les princes tributaires avaient déjà presque entièrement secoué le joug, et jeté les fondements de ces royaumes que l'on a vus depuis en si grand nombre dans les îles du Japon. Pour les réprimer, l'empereur créa Joritomo grand seogun, ou général de la couronne. Joritomo secondé par Kadsuvara, l'un des plus grands capitaines de son tems ,• défit les ennemis de Takakura et les siens. Mais plus occupé de ses intérêts que de ceux de son maître, il envahit sur lui une partie de l'autorité temporelle , et prit le titre de cubo , qui répond à celui de maire du palais sous la première race de nos rois , ou à celui de sultan sous les califes,

ii8i (de J. C. ) Antoku, fils aîné de Takakura , lui succéda. Son règne fut troublé par les factions des Fékis et des Gendzis. Se trouvant incapable de les contenir, il résigna, l'an II 84 de Jésus-Christ, la couronne à son quatrième frère.

1184 (de J. C.) Go-ToBA ou Toba II , parvint à la couronne l'an 1844 de l'ère de Synmu. La douzième année de son règne, Joritomo, après de nouvelles victoires remportées sur les généraux des différents partis , vint lui rendre ses devoirs à Meaco. Toba lui confirma le titre de cubo où de grand général de la couronne. Joritomo transmit ce titre à ses descendants qui s'en prévalurent , comme on le verra ci-après , pour se rendre maîtres absolus de l'état.' Go-Toba régna quinze ans , après quoi il abdiqua la couronne en faveur de son fil aîné. Il mourut à l'âge de soixante ans,

1199 (^^ ^- ^- ) TsATSi ou TsuTSi, surnommé Mikaddo, n'avait que trois ans , dit-on , lorsqu'il monta sur le trône après l'abdication de son père , l'an de l'ère de Synmu i85g. La première année de son règne mourut Joritomo ; il laissa héritier de sa dignité Jori-sje, son fils, qui fut tué deux ans après. L'empereur Tsatsi régna douze ans , et résigna ensuite l'empire à son frère puîné.

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