IX. a
l54 CHROXOLOCIE HISTORIQUE.
121 1 (de J. C.) SiUNTOKU succéda, l'an 1871 de l'ère de Sytimu , à Tsatsi , son frère. Sonnctomo , second fils de Joritomo , lui ayant demandé Tinvcstiture des emploits de son père et de son frère , il la refusa ; ce qui engagea Sonnetomo à prendre les armes pour se maintenir dans cette succession. Il fit construire dans ce dessein les premiers vaisseaux de guerre qu'on eut encore vus au Japon. Le dairo fut obligé de plier et de s'accommoder avec ce rebelle en le confirmant dans la dignité de cubo. Après un règne de onze ans , Siuntolvu se démit de la couronne en faveur de son parent qui suif.
12.22. (de J. C) Go-FoRiKAWA, ou Foricawa II, petitfils de l'empereur Takakura, devint empereur à l'âge de treize ans. Il en vécut vingt-quatre , et laissa le trône , en mourant , à son fils aîné.
1233 (de J. C. ) SiDSiO fut placé sur le trône à l'âge de cinq ans, La septième année de son règne, Jorhznc , seogun , ou général de la couronne, qui faisait sa résidence ordinaire à Kamakun , vint à Meaco rendre ses devoirs à l'cmperoui'. Sidsio régna dix ans et en vécut quinze.
124^^ ( de J. C. ) Go-Saga , ou Saga II , fils puîné de Tsa'-^ tsi-mikaddo, régna quatre ans, et mourut âgé de cinquante-trois, laissant le trône à son second fils.
1247 (de J. C.) Go-FiKAKUSA, ou Fikakusa II, monta sur le trône après la mort de son père. l.,a durée de son règne iul de treize années et celle de sa vie de soixante, dont il passa les dernières dans la retraite, après avoir résigné l'empire à son frère puîné.
1260 (de J. C.) Kame-jâmma, successeur de Fikakusa , son frère, abdiqua la couronne, après quinze ans de règne ^ en faveur de son fils aîné , et vécut encore trente-deux ans depuis.
12-5 (de J. C.) Gouda, successeur de Kame - jamma , son père, passa tranquillement les premières années de son règne , tandis que les Tartares étalent occupés à faire la conquête de la Chine. Il ne s'attendait pas que son tour viendrait , lorsque , l'an 1281 , selon Kttmpfer , ou 1280 , suivant le P. de Mailla, on vit la mer du Japon couverte d'une flotte de quatre mille vaisseaux, commandée par le tartare Mouko , envoyé par Feiapereur Uoupilaï pour subjuguer le Japon et reunir cet em*
nES EMPEREURS DU JAPON. i5d
pire sous ses lois. On a parlé cl-dessns du mauvais succès (le cette expédition. Si l'on en croit l'histoire japonaise, les dieux tutélaires de l'empire , irrités du projet audacieux des Tartares , excitèrent la furieuse tempête qui détruisit cette formidable flotte. Gouda mourut la treizième année de soa règne , après en avoir vécut cinquante-huit.
1288 (de J. C.) FusiMi, cousin de Fikakusa et son sucseur , mourut, après un règne de onze ans, dans la cinquantetroisième année de son âge, laissant le trône à son fils.
1299 (de J. C.) Go-Fusi3Ti, ou Fusimi II , étant monté sur le trône à l'âge de onze ans , n'en régna que trois, et en vécut trente-quatre après son abdication ou sa destitution.
i3o2 ( de J. C. ) Go-NiDSio, ou Nidsio H, fils aîné de l'empereur Gouda , et successeur de Fusimi II , résigna le irône , après l'avoir occupé six ans, à son parent qui suit.
i3o8 (de J.C.) FA^^■ASONO, frère puîné de Fusimi II, imita son exemple en résignant, après onze ans de règne, à son cousin qui suit.
iSig (de J. C.) Go-Daigo, ou Uaigo II, frère puîné de Nidsio II , monta sur le trône , l'an 1979 . de l'ère de Synmu. Son règne fut de treize années, dont les dernières furent agitées par des guerres civiles très-sanglantes. Ce fut peut-être ce qui le porta à se démettre de l'empire et à le résigner à son parent qui suit,
i332 (de J.C.) Kouo-GIEN prit possession de l'empire, Tan 1992 de l'ère de Slnmu. Il le remit au bout de deux ans à son prédécesseur, et vécut encore trente-deux ans après son abdication. Pendant qu'il était encore sur le trône, le cubo Takaudsi vint lui rendre ses devoirs.
i334 (de J. C.) Daigo ne tint la seconde fois le sceptre que trois ans.
1337 (de J. C. ) Quo-MlO, frère puîné de Kouo-gien , succéda, l'an 1997 de l'ère de Synmu, à Daigo. La seconde année de son règne , il honora le général de la couronne du titre de dai^ ou seigneur. Les historiens japonais ne s'accordent (>as sur la durée du règne de Quo-mio. L'un la borne à deux ans, l'autre la prolonge jusqu'à douze. Nous préférons U seconde opinion avec les auicars de l'Histoire universelle.
j56 . CHRO>;OLOGIE HISTORIQUE
1.349 ( ^^ ■^- ^* ) SiUKOUO monta sur le trône l'an 200g de Tère de Synmu. Son règne ne fut que de trois ans.
i352 (de J. C.) Go-Kouo-GEN, ou Kouo-gen II, parvint à l'empire l'an 2.012. de l'ère de Synmu. La troisième année de son règne, Takaudsi , général de la couronne, vint lui rendre ses hommages. L'année suivante , il envoya Takaudsi lui~m"'me <ians la province d'Oomi , pour apaiser quelques troubles. Ce général mourut quatre ans après ; et son fils Josisaki Tayant remplacé , le dairo lui confirma le titre de daiseogun , de môme qu'à Joosimitz qui lui succéda dans la suite. Le règne de Kouo-gen II fut de vingt ans.
iBya (de J. C.) Go-Jetîsu , ou Jensu II, parent de Kouogpn et son successeur, régna onze ans, et laissa la couronne à son fils aîné.
i3.83 (de J. C.) Gokomatz , fils et successeur de Jensu II, régna trente ans, pendant lesquels le Japon éprouva de grands iremblcments de terre, des tempêtes, des inondations et des fan^ines.
i4i3 (de J. C. ) Seokouo , fils de Gokomatz, lui succéda Tan 20-3 de l ère de Synmu. Il eut à se défendre , la quatrième année de son règne, contre Usje, de la famille de Suggl , qui sétait révolté toîitre lui. Il occupa seize ans le trône qu'il transmit à son fils , qui suit.
1429 (de J. C. ) GoFUNTîAZO, fils et héritier de Seokouo, derora, la seizième année de son règne, du titre de sei-seogun le i?^and-général Josijmassa. Il vit, deux ans après, son palais réduit en cendres par un incendie. Les sept dernières années de son règne, qui fut de trente-six, furent marquées par des j>hénorrtèries extraordinaires qu'on aperçut dans le ciel, et diverses calamités qu'on en regarda comme les suites.
i4G5 (de J. C.) Go-TsuTSi-MiKADDO, fils de Gofunnazo, lui succéda Tan ai^S de l'erc de Synmu. La troisième année de son règne fut fatale à l'empire par les troubles et les guerres civiles qui s'y élevèrent. Josijnavo, (ils et collègue de Josijmassa , général de la couronne, mourut le Jour du troisième mois de la vingt- cinquième année du vègui; de Tsulsi-Mikaddo. Son père le suivit au tombeau l'année suivante, et laissa des regrets bien mérités. La vingt-neuvième année, Josijsimmi, avant été décoré du litre de dal-seogun, alla commander l'armée dans
BES EMPEREURS DU JAPON% t^'j'
la province de Jasîjno. L'empereur Tsutsi-Mikaddo termina ses jours après un règne de trente-six ans,
i5oi (de J. C.) Kasiawabara, fds de Tsutsi-Mikaddo, lui sur.céda l'an de l ère de Synmu 2161. La huitième année de son règne, il conféra le titre de dai-seogun à Jositanno , frère de Josignavo, et vingt et unième descendant de Joritorao. Des guerres et des tremblements de terre agitèrent le Japon la dixième année de son règne , qui fut de vingt-six ans.
1627 ( de J. C.) GoîîARA , fds de Kasiawabara et son successeur , vit finir, au commencement de son règne , la guerre commencée sous le précédent entre les deux princes japonais , Fossokava et Kadsuragaga. Deux ans après , le premier de ces princes se fendit le ventre avec ce courage frénétique qui caractérise les Japonais. L'empire, durant ce règne , qui fut de trente et un ans , fut affligé deux fois de la peste , cjui occasionna une grande mortalité. Il éprouva d'autres désastres , tels que de* grandes inondations, et une tempête qui fut si violente et si générale , qu'elle renversa un nombre prodigieux d'édifices et une partie considérable du palais impérial. Gonara , l'an iSaS , donna le titre de dai-seogun à Jositir, fds de Josifar et vingtquatrième descendant de Joritomo. Mais dix-huit ans après , dans un accès de désespoir dont on ne dit pas la cause, Jositir se fendit le ventre. Son père vivait encore, et, après lui avoir survécut trois ans , il termina sa vie de la même manière que lui.
i558 (de J. C.) OokimatZ, fils de Gonara, parvint a» trône après son père. La onzième année de son règne , il éleva à la dignité de dai-seogun Josijtira, fds de Jositir. On volt le second jour du cinquième mois de la vingt-cinquième année du même règne, Nobunanga, qui avait remplacé ce général, massacré avec son fils aîné à Meaco. Quelques lettres des missionnaires parlent de Nobunanga comme d'un tyran qui s'était emparé de plusieurs petits royaumes aux environs de Meaco , et s'était élevé à un degré de puissance dont l'abus avait excité une conspiration dans laquelle il périt. Fide-josi, son successeur, qui prit le nom de Taiko-sama, fut honoré par le dairo, l'an i585, de la dignité de quambuku , au moyen de laquelle il devint l'égal de son maître qu'il acheva de dépouiller entièrement de la puissance temporelle. Depuis ce tems, il y eut proprement au Japon deux empereurs, l'un ecclésiastique, sous le nom de dairo, l'autre séculier, appelé cubo, ou (ubo-saœa, absolument indépendants l'un de l'autre , avec celle différance, néar-
l58 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
îMoiiis, que les empereurs séculiers vont de Jérlo, leur capitale^ «■a grande pompe à Meaco , tous les trois , quatre ou cinq ans, r<'ndre un hommage de pure cérémonie au dairo, Ookimatz , la vingt-neuvième année de son règne , se voyant entièrement subjugé par le cubo , se démit de la couronne en faveur de son ]H'til-Iils.
Ce fut l'an i542, sous le règne de Cjonara, que le Japon fut découvert par trois marchands portugais qui, faisant voile pour la Chine , furent jetés par la:tempcte sur les côtes de Bungo , ii.'ins l'île de Xico. Ravis de la richesse et de la beauté du pays, ils oublièrent la Chine, et s'établirent, avec la permission du prince d'Omura, dans le bourg de Nangasackl, qui devint considérable en peu de tems par le grand nombre de régnlcoles et d'étrangers que le commerce y attira. Parmi les derniers, quelques-uns ayant parle de la religion chrétienne au prince , s'aperçui-tïnt qu'il éiait prêt à la favoriser. Ces dispositions se conmiuniquèrcnt au roi de Saxuma, dans la môme île , lorsque saint François Xavier arriva, le i5 août i549, ^ Cangoxima, viîle de sa dépendance, avec trois japonais qu'il avait convertis à <foa. Il fut très-bien accueilli de ce prince, et annonça librement l'Evangile dans le pays avec beaucoup de fruit. Mais au boni d'un an, les Portugais ayant transporté leur commerce dans l'île de Firando, le prince, irrité de ce qu'ils abandonnaient ses étals , défendit à Xavier la prc<lication, et voulut même contraindre ses sujets d'abandonner le Christianisme. Il n'y réussit pas. Les nouveaux Chrétiens opposèrent à ses menaces une fermeté qui l'étonna et le réconcilia avec eux. il cessa d'être persécuteur, et peu s'en fallut qu'il ne devînt lui-même chrétien. Cependant Xavier avait suivi les Portugais à Firando. Il y fit des progrès encore plus rapides et plus grands qu'il n'en avait fait a Cangoxima.
Dci Firando, il se rendit aii mois de février i55i à Meaco , d'où il sortit au bout de quinze jours, sans y avoir fait aucun fruit , les troubles qui régnaient a la cour du dairo ayant empê- < lié qu'on ne l'écouîât. Cn y allant, il n'avait pas été mieux reçu dans Amangachi , capitale du royaume de Naugato, renommé pour ses mines abondantes d'argent. Mais il fut bien dédommagé à son retour dans cette ville par la docilité avec laquelle un grand nombre des habitants reçurent la parole de D:eu qu'il leur annonça. Le prince, ou roi de Naugato , fut une de ses conquêtes. Ayant mandé le saint apôtre à Kucheo, lieu de sa résidence, il obligea les bonzes tl'entrer en C)ni<renct; avec lui. La victoire que Xavier remporta sur eux en con\erlit quelques uns; le roi lui-même reconnut la vérité du Christianisme ; mais l'a^ustérité de sa morale l'empêcha pour lors de
DES EMPEREURS DU JAPO^\ l5f)
4'embrasser. Les prédications et les entretiens particuliers de Xavier firent plus d'effet parmi le peuple qui accourait en foule pour recevoir le baptême. Le saint liorame , après un séjour de deux ans et quatre mois au Japon , s'embarqua le l'O novembre i55i pour retourner dans les Indes, d'où il envoya trois jésuites, ses confrères, pour veillera la conservation de la chrétienté qu'il avait fondée au Japon. Arrivé à Malacd , il connut le dessein de passer à la Chine pour y porter la liimitre de l'Evangile. Mais la rigueur des lois de l'empire chinois, (jui en fermaient l'entrée aux étrangers, et surtout aux Portugais, s'opposait à l'exécution de ce projet. Pour lever cet obstacle, il proposa au gouverneur de Malaca d'envoyer une ambassade à la Chine au nom du roi de Portugal, pour demander la permission d'y faire le commerce, espérant que si on l'obtenait, les prédicateurs évangéliques n'éprouveraient plus les mêmes difficultés dans cet empire. Le gouverneur Alvarez d'Atavde ayant mal accueilli sa proposition , il ne laissa pas de s'embarquer sur un vaisseau qui partait pour l'île de Sancian, située sur la cote de la province de Quanlong. Il y mourut le a décembre iSSa , ;» l'âge de quarante-six ans , dont il avait passé dix et demi dans les Indes. L'Evangile, après son départ, continuait de fructifier au Japon. Les rois de jSeugato , de Bungo et d'Arima, retinrent le baptême , et contribuèrent , par leurs exemples, à la conversion d'un grand nombre de leurs sujets. Ces princes, Tan iSîS:^, envoyèrent, à la sollicitation des jésuites missionnaires, une ambassade solennelle au pape Grégoire XIU, pour l'assurer de leur obéissance filiale. Ceux qui la composaient furent magniliquement reçus à leur passage en Portugal , et également bi^n à Rome. Mais elle fut mal interprétée par les politiques du Japon.
DAIROS.
i587 (de J. C.) Go-Josei, petit-fils d'Ookimatz , lui succéda l'an de l'ère de Synmu 2247. Réduit à l'autorité spirituelle , il la vit sensiblement diminuer par les progrès que la religion chrétienne faisait de son tems au Japon, malgré les tourments inouis qu'on employa pour la détruire. Il est très-vraisemblable qu'il se joignit aux bonzes pour cucouia-
CUBOS.
i585 (de J. C.) riDE-.TOSi, appelé a\issi Taiko-sama , après avoir réduit le dairo à la simple dignité de chef de la religion , eut encore à lutter contre les différents princes qui avaient érigé leurs gouvernements en souverainetés, il employa dix années à les réduire, et y réussit, partie par politique, partie par la force de se& armes. Après avoir établi
i6o eHRONOLOGIE
gcr la persécution. Son règne , qui fut de vingl-cinq ans , se termina l'an 1612.
1612 ( de J. C. ) Dai-sco- KOUOTEl, fils de Go-Josei, ou Josei II, lui succéda l'an de l'ère de Synmu 2272. La dixième année de son règne , il épousa en grande pompe , dans son palais de Meaco , la fille du cubo Fide-tada, et deux ans après, le fils de ce dernier vint, le i5 octobre 1626, rendre ses devoirs au dairo , qui lui donna le titre de sei duiseogun. (^Voyez la description de la marche du cubo dans V Histoire universelle^ in-4°-, tome XX, page 538.) Kouotei, ayant abdiqué, la dix- huitième année de son règne, en faveur de sa fille, vécut encore cinquante ans depuis, et mourut âgé de quatre-vingt-dbc ans.
i63o (de J. C.) NiOTE, ou SlOTE , fille du dairo Kouotei .
lui succéda dans sa dignité Elle eut la cruelle satisfaction de voir sous son règne le Christianisme, si contraire à la gloire et à l'intérêt des dairos, en tièrement détruit au Japon, îs'ayant point été mariée, ou du moins n'ayant point d'enfants, elle résigna la couronne en 1643 entre les mains de son frère.
1643 (de J. C.) GoTTO-Mio monta sur le trône, par la résignation de sa sœur, le septième jour du neuvième mois de l'an 23q3 de l'ère de Syumu. La