FRANÇOIS-MARIE DE MEDICIS
1 37 4- François, fils aîné de Côme le Grand et d'Eléonore, né le 20 mars i5+i ». marié, l'an i565, à Jeanne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand 1 , succède à son père dans le duché de Toscane , qu'il gouvernait depuis dix ans.
Le jour même de la mort de son père, il fit renfermer , dans un monastère, Camille Marelli , sa belle-mère, et ne lui épargna aucune sorte de mauvais traitements. A cela près , il se montra doux envers tous ceux qui avaient reçu des bienfaits de
Cdme, 8ân4 excepter ses frères, dont les contradictions fréJ quentes offensaient son dispotisme. Le cardinal Ferdinand j indigné de sa conduite voluptueuse , prit le parti d'abandonner, au mois de décembre i5?4, Florence et de se retirer à home. Pierre, autre frère du grand-duc, contre lequel il ne cessait de tenir les propos les plus infâmes , quoique lui-même fût de mœurs très-dissolues, et formait tous les jours des complots, fut traité d'une manière plus favorable qu'il ne méritait. La seule vengeance que François-Marie tira de lui fut de le faire voyager en différentes cours. U n'en rapporta pas un caractère plus modéré. Instruit, à son retour, qu'Eléonore de Tolède, sa femme , à son exemple, lui était infidèle, il lui plongea , de sa main , un poignard dans le sein, la nuit du n juillet iSj6 f et crut en être quitte en demandant pardon à Dieu et promet-» tant de ne plus se remarier; promesse qu'il ne tint pas. (Galuzzi.) La cour impériale contestait cependant toujours à François-* Marie Le titre et les honneurs de grand-duc. 11 les obtint enfin de l'empereur Maximilien II , son beau-frère , par un diplôme* du 26 janvier 1676. ( Galuzzi.) François, en conséquence , prétendit avoir la prééminence sur les autres princes d'Italie. Mais les électeurs de l'empire , s'&tant assemblés le a3 août 1 58a , déclarèrent qu'elle appartenait au duc de Savoie , comme vicaire de l'empire. Ce fut cette même année que s'établit à Florence l'académie de Crusca , nom qui veut dire du son , et vient du son et du blutoir qu'elle avait pris pour emblème, avec cette devise : // piu bel fior ne coglie; c'est-à-dire que la plus belle farine se tire d'une farine grossière , en séparant le son. Le grand dictionnaire de la langue italienne que cet te académie a produit, sera sans doute pour toujours le premier dépôt de cette langue , et contribuera a la fixer : la plus belle édition est de 1729, en six vol. in-fol. L'an 156*7 » ' e g' an d— duc François-Marie meurt le 19 octobre. Après le décès de sa première femme, arrivé le 6 avril 1578, il avait épousé, le i2 octobre suivant, Bianca Capemja, vénitienne, depuis long-tems sa concubine , qui mourut quinze heures après lui- On a fait sur la rencontre de ces deux morts, une histoire scandaleuse , que nous ne croyons pas assez bien appuyée pour mériter créance. Du premier mariage , François-Marie laissa Kléonore , mariée à Vincent, duc de Mantoue , et Marie, épouse de Henri IV, roi de France. On ne connaît point d'enfants nés du second mariage ; mais avant qu'il fût célébré , François avait eu, de Bianca Capellia, trois enfants; savoir, Antoine, qu'on prétend néanmoins avoir été supposé par cette femme , et qui lut marquis de Capistran ; avec deux filles.
Le grand-duc François , par la manière dont il faisait le
DE^ GRANDS-DUCS DE TOSCANE. 8g
commerce pour son compte, ruina, suivant un de ses historiens, celui de ses états. « 11 en faisait un particulier avec sa nation p et avec les étrangers, qui servait du moins à grossir son trésor.
* Il entrait volontiers dans toutes les sociétés les plus acrréj* ditées, tant de ses états que du dehors, se couvrant néan— » moins, dans les deux cas , du nom de ses sujets. Mais il faisait
* ouvertement et par lui-même , le commerce des diamants , » parce qu'il l'entendait très-bien... Ses galions et ses autres »t vaisseaux de transport « sans cesse en course , étaient pour
* lui d'un rapport qui n'était pas à mépriser. 11 faisait la ban-
* que à Rome et à Venise... Il tenait, dans différents lieux de n ses états, des boutiques ouvertes, remplies de marchandises » d'un usage commun. Ce prince trafiquant retirait encore » un grand profit d'un commerce de grains qu'il faisait en
* Toscane, dans toute l'Italie et jusqu'en Portugal. »(Galuzzi.) U ne fut toutefois nullement avare , sur tout envers les gens de lettres: et les artistes, dont il encouragea les talents par de grandes récompenses. Sa cour, d'ailleurs, était la plus brillante de l'Italie.