DES COMTES ET DES PJUKCES DE CAPOUE
*'étant rendu y au mais de juin 866 , au Mont-Cassin , y reçut les députés des différentes contrées , qui lui apportaient leurs plaintes sur les malheurs que les Infidèles leur faisaient éprouver. Louis s'étant mis aussitôt en marche , pour la troisième fois , va faire le siège de Capoue, qu'il oblige, au bout de trois mois, en septembre 866, à se rendre* Régi non dit que les murs de cette place étant bâtis de grosses pierres carrées, cet avantage avait enhardi ses défenseurs à faire tête à l'empereur , qui l'ayant emportée, fit détruire ces mure, et nomma pour gouverneur du pays, le comte Lambert. Landulfe par là perdit, en septembre 866 , 1a seigneurie de Capoue. Louis étant parti de U au mois de novembre suivant, pour compléter son expédition, entra au mois de décembre, dans Bénévent, pour aller attaquer les Sarrasins de Bari. Il en fut mal reçu d'abord ; mais après avoir été repoussé vigoureusement , il réussit à les»battre, et a les forcer de se renfermer dans leurs forteresses de Bari et de Tarente , tandis qu'il mit aux flammes la ville et la campagne de Matera dont ils s'étaient rendus maîtres. Etant retourné , dans le mois d'août 867 , à Bénévent , il fit partir de la son armée pour faire le siège .de Bari. Les Sarrasins s'y défendirent l'espace de quatre ans; mais avec les secours que Lothaire, roi de Lorraine , fournit à l'empereur , son frère , la place fut emportée au mois de février 871. Le Soudan Seodam, qui avait exercé tant de cruautés envers les Chrétiens , y fut fait prisonnier , et toute sa troupe passée au fil de l'épée. , 11 restait à prendre Tarente, pour chasser entièrement d'Italie ces barbares. La bonne intelligence qui régnait entre tous les princes du pays, semblait assurer le succès de cette entreprise pour laquelle Louis faisait ses préparatifs ; mais la conduite insolente des Français logés à Bénévent envers leurs hôtes , fit évanouir les belles espérances dont on se flattait, les Bénéventains irrités de leurs mauvais traitements , se soulevèrent ; et •leur prince Adelgise, regardant l'empereur comme la piemière cause de ces désordres, partsa faiblesse, se saisit de sa personne pendant qu'il faisait la méridienne et le retint prisonnier, après quoi il força les Français de vider le pays. Mais sur la nouvelle qui se répandit que les Sarrasins avaient débarqué près de Salerne , Adelgise remit l'empereur en liberté , après avoir fait jurer l'impératrice Angelberge, sa femme, et sa fille Ermengarde , que l'outrage qu'on lui avait fait resterait impuni. < Erkeinp. Hist. , c. 34. )
L'empereur partit de Capoue pour repasser les monts, Tan 874, y laissant sa femme et sa fille. Gaifre, prince de Salerne, étant venu faire sa cour à ces princesses, Landulfe, oubliant qu'il lui .était redevable de son élévation, et lui avait fait plusieurs fois
serment de fidélité, le fit arrêter , et ne le relâcha quelques jours après, qu'en l'obligeant de lui remettre en otage les fils de Landon, ses parents, que l'impératrice fit conduire prisonniers à Ravenne; après quoi elle partit pour aller rejoindre son époux. Ce prince étant mort dans la même année , les enfants de Landon furent remis en liberté.
Landulfe termina ses jours au mois de mars 879 , plus méchant évéque que mauvais comte. On a cependant plusieurs lettres qui lui furent adressées par le pape Jean VIII , dans lesquelles il fait l'éloge de sa prudence et Je son habileté dans les affaires. Mais il y 4 loin de là aux vertus chrétiennes et même à l'exacte probité.
Après la mort de Landulfe , ses neveux partagèrent entre eux le comté qu'il laissait vacant. Pandonulfe, fils .de Pandon, eut pour sa part Teano et Caserte. A La m don le Jeune , fils de Landon le Vieux , déjà comte de Capoue, échurent les villes de Suessa et de Berelai. Un autre Landon, fils de Landenulfe, obtînt la ville de Cajazzo et Carinola. Mais le gouvernement de Capoue fut confié à Pandonulfe, qui en fut proclamé comte et gastalde. Il fut, de plus, couvenu entre ces copartageants, que chacun d'eux pourrait établir sa demeure à Capoue. La même année, Landulfe, fils de Landon le Jeune, fut élu évéque de cette ville. Mais la négligence de son père, très- paresseux de sa nature, fit différer sa consécration. Ce partage fait le 1 1 mars entre ces parents-, ne dura cependant que jusqu'au 8 mai suivant. Le comte Pandonulfe , vovant d'un œil jaloux qu'Atenulfe , son cousin, fils de Landulfe l'Ancien, gastalde de Teano, élevait une forteresse dans Calvi , se joignit à ses frères pour détruire cet ouvrage. Mais les assauts qu'ils lui donnèrent ayant été vains, Pandonulfe tourna ses armes contre les fils de Landon, auxquels il enleva Suessa. Il employa depuis tant de stratagèmes, qu'il vint à bout de mettre en prison Atenulfe et Landenulfe , deux des trois fils de Landenulfe le View» , et de leur enlever la ville de Cajazzo. Il se mit ensuitê à persécuter l'évêque Landulfe, fils de Landon te Jeune , et l'obligea de transporter son siège dans la vieille Capoue. Mais Pandonulfe, profitant de son éloignement , fit mettre à sa place Landonulfe, son frère, quoiqu'il fût déjà marié.
Les fils de Landonulfe et de Landon , pour se mettre à l'abri des vexations de Pandonulfe, eurent recours à Gaifre, prince de Salerne, qui les accueillit favorablement et les prit sous sa protection. Gaifre ne tarda pas à se mettre en campagne pour venir à leur secours. Le pape Jean VIII , qui se repentait d'avoir négligé d'interposer son autorité pour rétablir la paix entre les dissidents, se rendit aussi sur les lieux, et, s'étant
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logé dans un lieu nommé Aiitignaun , il fut témoin des divers combats que se livreront les frères et les cousins. Il vit, d'un côté, Athanase , évcque de jSaples , avec ses gens, combattre pour Pandtmulfe , et Je l'autre - les princes de Salerne et de Béncvent , qui , aspirant à la possession de Capoue , lui donnaient souvent de sanglants spectacles ; à quoi ne pouvant remédier, il s'en retourna le cœur plein d amertume, sans rapporter aucun fruit de son voyage, Gaifre c lait cependant occupé à faire le siège de Capoue. Mais il le leva, l'année suivante , après avoir tenté inutilement de reconcilier Paudonulfe avec ses frères et ses cousins. Les Sarrasins, à la faveur de ces discordes , recommencèrent à faire dans le Bénéventain des courses funestes qu ils étendirent jusqu'à la campagne de Home. Le pape Jean VfU, pénétré des nouvelles qu'il recevait des ravages que ces barbares exerçaient, voulut, pour la seconde fois, l'an TOI, se remettre en route pour tacher de ramener à des sentiments de concorde les princes désunis. Etant arrivé à Capoue, il partagea en, deux diocèses l'église de Capoue, et, ayant conféré la consécration episcopale a Landulfe, qui avait été le premier élu, il lui assigna l'église de la vieille Capoue et adjugea celle de la nouvelle Capoue à Landonulfe. Mais ce partage déplut au perlide comte ; et , s'étant concerté avec les Sarrasins et les gens de l'evéque Athanase, il fit mettre le feu à l'église de Saint-Pierre, où l'evéque Landulfe avait été sacré.
Les mariages des princes réunissent souvent les intérêts des princes divises et mettent fin à leurs longues inimitiés. Le prince Gaiderise , l'un des plus grands adversaires de Pandonulfe, donna, vers ce tems, sa fille au fils de ce dernier, et, en conséquence , se retira de l'alliance de Landon. Mais celuici, sans perdre courage, trouva le moyen de faire emprisonner Gaiderise nar ses soldats, et de faire proclamer à sa place Badelgise, fils J'Adelgise , que les Bénéventains chassèrent après trois ans de règne , pour mettre à sa place , Tan 884 , Aion , son fils. Gaiderise, après sa déposition, fut consigné entre les mains des français. Mais , s'étant échappé , il s'enfuit à Bari chez les Grecs, qui l'envoyèrent à Constantinople , où l'empereur Basile le reçut généreusement et lui donna, outre plusieurs présents considérables, la ville d'Oria , dans la Pouille.
Pandouulfe faisait cependant sa cour au pape Jean VIII, dont il se reconnut l'homme lige. L'ayant gagné par là, il obtint de lui la ville de Gaëte , qui était alors soumise au saint siège. Mais lorsqu'il en eut pris possession , il commença à maltraiter les Gaétans , au point de les empêcher de sortir de la ville. Elle avait pour capitaine un certain Docibile, qui, ne pouvant supporter une telle insolence, ût venir les Sarrasins
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oui demeuraient dans Agropoli , et se mit avec eux à faire le dégât dans le pays. Le pape , commençant alors à se repentir de son excessive indulgence pour le comte, lui écrivit, ainsi qu'aux Gaétans, des lettres pressantes pour les détacher de Fatliance des Infidèles. Docibife se rendit aux instances du pontife, et, s'étant tourné contre les Sarrasins, leur déclara la guerre. 11 y eut alors un sanglant combat où plusieurs gaétans perdirent la vie et un plus grand nombre la liberté. Mais la perte fut encore plus grande du côté des Sarrasins. Ceux-ci avant à la fin demandé Fa paix , elle leur fut accordée avec permission de s'établir le long du Garillan, où ils demeurèrent l'espace de quarante ans, pendant lesquels ils ne cessèrent de faire du mal aux Chrétiens. (Léo Ost., liv. i , c. 43*)
L'évêque Athanase, dans le même tems , las des procédés violents de Pandonulfe à son égard, se détacha de lai pour entrer dans la ligue de Lan don et des fils de Landomilfe. Mais le bon évêque , dit Rainaldo , qui s'ennuyait du mal que faisaient les autres , et ne cherchait néanmoins qu'à tes surpasser en méchanceté, prit à son service les Sarrasins qui habitaient au pied du Mont- Vésuve. Cette perfidie lui réussit mal. Il en lut puni par ces mêmes Infidèles, oui déchargèrent principalement leur fureur sur le territoire de Naples. Pour se délivrer de cette engeance funeste, il eut recours à Garmarl, prince de Salerne, aux Capouans et à toutes les communautés des villes* et places voisines, à l'aide desquels il les obligea, l'an 88i , d'aller se confiner dans Agropoli. Mais à peine eut il dissipé cet orage , que , s'étant associé les fils de Landon et dé Landonulfe , il vint faire irruption sur le territoire de Capoue dont il entreprit le siège. Pour tirer Pandonulfe dé presse , rîadelgise, prince deBénévent, son parent, et son fils Aioo, accoururent avec leurs troupes et pénétrèrent dans la place k travers l'armée ennemie. Ayant par là relevé le courage des Capouans , ils firent avec eux une sortie qui n'eut aucun succès. Les fils de Landon et de Landonulfe, par le conseil de l'évêque Athanase, feignirent alors de vouloir faire la paix avec Pandonulfe. Le comte ayant donné dans le panneau , ils entrèrent dans la ville avec leur suite. Mais aussitôt s'étant rendus maîtres de sa personne , ils le firent prisonnier, et le déclarèrent, au mois de novembre 88a , déchu de son comté.
Laiïdok , dit M Paresseux et le Stupide , fut mis à la la place du comte Pandonulfe, après son emprisonnement. L'évêque Athanase fut assez méchant pour lui conseiller de se défaire de ses frères et de ses cousins , afin de régner avec plu* de sûreté dans Capoue. Mais Landon rejeta cet ayis avee