PRINCES DE SALERNE
Salerne ( Salernum), ville maritime, capitale de cette partie du royaume de Naples , qu'on nomme aujourd'hui principauté extérieure ( en italien Città diquà ) , faisait autrefois partie du Picentin, dont Picentia était la capitale. Les Romains , suivant Tite-Live , y établirent une colonie. Elle fut enlevée à l'empire grec par les Lombards , qui l'érigèrent , avec les conquêtes qu'ils firent aux environs, en principauté. Plusieurs écrivains ont exercé, sans succès, leurs -plumes sur la suite chronologique de ceux cjui l'ont possédée. Il élait réservé à D. Salvador-Marie Blasi , bibliothécaire de l'abbaye de Cave , de mettre cette matière en évidence à la lumière des archives de son monastère , dans un ouvrage publié , l'an 1785 , à Naples , sous ce titre : Séries principum qui Langobardorum œtate Salerni imperarunt. Ce sera, par conséquent, lui que nous prendrons pour notre principal guide à cet égard.
jVIais avant que d'entamer ce sujet, il est à propos de faire quelques observations sur l'usage où étaient les notaires de dater leurs actes sous les princes lombards de Salerne. L'indiction était la seule ère qu'ils y exprimassent avec l'année du prince régnant , qu'ils commençaient au jour où il était monté sur le trône , pour la terminer au jour de l'année suivante où elle expirait. Sous les princes normands qui succédèrent aux Lombards à Salerne, on suivait une autre méthode. La première année de leur règne, commençant au jour de leur intronisation , finissait avec celle de notre ère vulgaire, comme le pratiquaient en France plusieurs notaires sous nos rois de la première et de la seconde race. Autre observation: quoique les
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notaires lombards n'expriment point dans leurs actes Tannée de Vère chrétienne , on voit cependant qu'ils suivaient le calcul pisan , qui anticipe de neuf mois et sept jours sur notre ère vulgaire , comme nous l'avons observé dans notre dissertation sur les dates des chroniques et des chartes ; c'est ce qui résulte de la combinaison des années du règne de leurs princes avec celles de l'indiction.
Jusqu'à la mort de Sicard, prince de Bénévent, Salerne avait fait partie de cette principauté. Mais Siconulfe , son frère , qu'il avait exilé à Tarente , ayant été tiré au bout de sept ans de la
Î>rison où il était détenu , se rendit à Salerne, dont les habitants e reconnurent , au mois de janvier 840, pour leur prince. Il fut appuyé par Landulfe, comte de Capoue, et par les Napolitains contre Radelgise, nouveau prince de Bénévent; ce qui perasiona une longue guerre , dont l'issue ne tourna pas à l'avantage de Radelgise. Et ce fut ainsi que la principauté de Salerne fut démembrée de celle de Bénévent. Sjconulfe, prince d'un grand courage et sachant bien la guerre, fit tous ses efforts pour réunir dans sa main tous les états de son père; et peut-être y aurait-il réussi , si Louis 11 , fils de l'empereur Lothaire et depuis son successeur , n'eût interposé sa médiation pour en* gager Siconulfe et Radelgise à conclure , l'an 848 , un traité de partage de l'ancien duché de Bénévent. M. de Saint-Marc place, en 85 1, la mort de Siconulfe; mais don Blasi nous paraît mieux fondé à la mettre en 84g* En mourant, il laissa un 6ls , qui suit. ( Voy. Radelgise , prince de Bénévent. )
Sicon , fils et successeur de Siconulfe, eut pour collègue Pierre, sous la tutelle duquel son père l'avait laissé en mourant, Adémar, fils de Pierre, lui fut associé, l'an 854, du vivant de Sicon , qui mourut l'an 855 , avant le mois d'octobre. Erkempert ( de Gest. Princ. Benevenl. ) dit que Pierre et son fils, qui observaient attentivement toutes les démarches de Sicon , jaloux de ses liaisons étroites avec les Capouans , parmi lesquels il se plaisait à résider , le firent empoisonner par des gens habiles dans ce métier. Pierre , l'an 856, et Adelgise , prince de Bénévent, s'étant alliés, entreprirent le siège de Bari pour en chasser les Sarrasins, dont les fréquentes incursions leur causaient de grandes pertes. Mais les Barbares étant venus les attaquer, furent obligés de prendre la fuite. Us ne se rebutèrent point , et ayant rassemblé de nouvelles forces, ils engagèrent une seconde bataille où ils mirent les Chrétiens en déroute, après leur avoir tué beaucoup de monde, f iers de cette victoire , les Sarrasins coururent les deux principautés ennemies, massacrant tout ce qui osait leur résister,
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emmenant les femmes captives , et saccageant le pays d'où ils emportèrent de riches dépouilles à Bari. {Anonym. Salern. Paralipom., part, a.)
Adémar étant resté seul prince de Salerne, après Fan 856, donna un libre essor à ses mauvais penchants et surtout à son avarice , en quoi il était parfaitement imité par sa femme Guimeltauoe , ce qui les rendit odieux l'un et l'autre à leurs sujets. Un seigneur du pays , nommé Gaifer , forma, l'an 661 , contre Adémar une conjuration qui , ayant arrêté et mis ce prince eu prison , proclama Gaifer en sa place. Adémar avait un fils , nommé Pierre, qu'il avait fait élire évéque de Salerne. Celui-ci voyant le malheur de son père, s'enfuit de peur à Saint-Ange , et peu de tems après , s étant donné de plein gré au nouveau prince , il fut ramené à Salerne , sans qu'on sache ce qu'il devint dans la suite. (Anonym. Salern., ibid. ) ^'empereur Louis II désaprouva hautement la conduite de Gaifer envers Adémar. C'est ce qui fit que Louis étant arrivé à Bénévent, l'an 806, pour faire la guerre aux Sarrasins, Gaifer n'osa d'abord l'aller trouver ni lui envoyer des ambassadeurs à l'exemple des autres seigneurs du pays. Redoutant toutefois le ressentiment de l'empereur , il vint ensuite au-devant de lui jusqu'à Sarno. Ce qu'il avait lieu de craindre arriva. Louis exigea qu'il remît Adémar entre ses mains, dans la vue de le rétablir, à quoi Gaifer répondit : « Que voulez-vous faire seigneur , d'un m homme qui est privé de la vue m ? Adémar ne l'était pas encore ; mais , sans perdre de tems, Gaifer envoya secrètement des ordres pour lui faire crever les yeux. (Iùid , part, 3, c. 00.) Adelgise , duc de Bénévent , ayant fait prisonnier, Pan 07 1 , l'empereur Louis II , pour se venger des désordres que ses troupes commettaient dans son duché, les Sarrasins, que Louis avait obligés de repasser en Sicile, profitèrent de la retraite d« ces troupes, que les Bénéventains avaient chassées, pour rentrer en Italie, et vinrent débarquer près de Salerne, dans le dessein d'en faire le siège. Mais le prince Gaifer, prévenu de leur résolution par un ami qu'il avait parmi eux , fit entourer la ville de fortes murailles et d'un grand nombre de tours , pour la mettre à couvert de leurs assauts. Les Capouans , comme vassaux de celte principauté , furent contraints de contribuer à la dépense que ces ouvrages occasionèrent , et construisirent à leurs frais la tour qui était à* l'Occident. (Anon. Salern. , c. 1 19.)
Gaifer avait un fils nommé Gaimar, qu'il se donna pour collègue en 877. Celui-ci, que nous nommerons Gaimar I, ou Waimaire , partagea le trône , en 8g3 , avec Gaimar II » son fils , après quoi il disparaît dans l'histoire. Il avait épousé Yiote , fille de Gui , . duc de Spolettc.
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Gaimar II était dans la quarante unième année de son règne , lorsqu'on 9^, il s'associa Gisulfe,son fils, qui n'avait alors que quatre ans. Romuald de Salerne , dans sa chronique , dit que Gaimar termina ses jours la même année , laissant Gisulfe sous la tutelle de Priscus. Mais D. Blasi prouve que le père vivait encore en 94^. ( Voyez les comtes de Capoue. )
Gisulfe, premier du nom, s'acquit une estime universelle parla sagesse de son gouvernement. Grecs, Français, Saxons et Sarrasins même, tous s'étudiaient à capliver son amitié, et nul n'osait attenter à ses élats. Le pape Jean XI l lui ayant fait proposer, par ses ambassadeurs , en 9S9 , une alliance avec lui, il le vint trouver en grand cortège à Terracine. (Ànonym. 5aleruit.) Gisulfe était cousin de Landulfe , fils d'Atenulfe, prince de Bénévent , qu'il avait adopté et qu'il comblait de bienfaits. Pour sa récompense, l'ingrat forme une conjuration contre lui, et, à l'aide de ses fils Landulfe, Indulfe, Landenulfe et Gaimar, aidés par l\ison, Romuald, et d'autres nobles de Salerne, étant entrés par une fenêtre dans le palais , l'arrête prisonnier et le fait enfermer , l'an 974 , dans une prison avec GfcMME, sa femme, et d'autres personnes qui leur étaient attachées, après quoi il s'empare de la principauté de Salerne. Mais Pandulfe Tête de fer , indigné de cette perfidie , vient l'assiéger dans Salerne, qu'il oblige à lui ouvrir ses portes , et rétablit Gisulfe, au mois de juin de la même année 974. Celui-ci, n'ayant point d'enfants, adopte Pandulfe, second fils de son libérateur, et meurt l'an 978. (V oyez les princes de Capoue,)
Pandulfe , fils aîné de Pandulfe Tête de fer , successeur de Gisulfe , règne à Salerne avec son père jusqu'en 981 , et seul jusque vers la fin de 982.
Manson, duc d'Amalfi et patrice impérial, ayant chassé de Salerne, l'an 982, Pandulfe , y jouit de la souveraineté jusqu'à l'année suivante, avec Jean , son fils, qui disparait ensuite.
Jean, surnommé Lambert, toscan de naissance, parvint, on ne sait comment , sur la fin de q83 , à la principauté de Salerne , dans laquelle il s'associa ôyi , son fils. Tous deux régnèrent ensemble l'espace d'environ cinq ans. La mort ayant enlevé Gui, l'an 988, Jean, son père, lui substitua Gaimar, son second fils , et mourut au plutôt l'an 996.
Gaimar III du nom, fils puîné de Jean- Lambert, et son successeur , après avoir été son collègue, régna seul jusqu'en 1016. S'étant alors associé Jean, son fils aîné, il le
perdit au mois de septembre 1018, et le 21 du même mois,' suivant la chronique de Cave , il lui substitua Gaimar, son second fils. Sa mort arriva Pan 1027. (Blasî. ) Il avait épousé Gai tel grime , qui lui survécut quelques mois , après lui avoir donné un troisième fils, qui fut duc de Sorrento; et un quatrième, nommé Pandulfe ou Paldulfe.
• Gaimar IV du nom, n'avait point encore atteint l'âge de puberté à la mort de son père. L'an io38,' il se donna pour collègue Jean, son fils, qui mourut deux ans après. La même année io38, il joignit à ses états les principautés de Capoue et. d'Amalfi , par la faveur de l'empereur Conrad , qui avait dépouillé Paldufe de la première. (Voy. les princes de Capoue.) Sa fortune ne se borna point là. 11 devint encore , Tan 1042 , duc de Calabre et de la Pouille. Mais l'artnée suivante , il restitua ou perdit tous ses états, qui lui furent enlevés par les Normands, à l'exception de ceux de Salerne et d'Amalfi, qu'il conserva. Une conjuration s'étant formée contre lui, il y succomba l'an io5a , laissant deux fils, Gisulfe, qui suit, et Jean ; avec deux filles , Sikelgaïte , femme de Robert Guiscârd , et Gai tel grime , mariée, en premières noces, vers l'an 1079, 4 Jourdain, prince de Capoue, et en secondes, à Hugues de Paida , dont on ignore 1 origine et le rang. Le Pellegrini dit M. de Saint-Marc, soupçonne que la Nouvelle de Tancrède, laquelle se lit dans Bocace , est , sous des noms supposés , l'histoire de Gaitelgrime et de Hugues.
Gisulfe II, fils puîné de Gaimar IV, qui se Tétait associé l'an 1040^ lui succéda l'an io52, par la valeur de Gui, son oncle , qui le soutint contre ceux qui voulaient lui ravir sa principauté, comme ils avaient ravi la vie à son père. Gisulfe conserva cette succession l'espace de vingt-cinq ans. Mais ses sujets,, qu'il accablait d'impôts , ayant porté leurs plaintes à Robert Guiscard, duc de la Pouille , celui-ci envoya une ambassade à Gisulfe, pour l'inviter à traiter plus humainement son peuple. Robert n étant nullement satisfait de la réponse de Gisuffe, commence à faire la paix avec Richard I, prince de Capoue,' auquel il faisait la guerre, et , pour condition, lui impose l'obligation de l'aider à conquérir Salerne. Le pane Grégoire VII,* ami de Gisulfe, lui députa Didier, abbé de Mont-Cassin , pour l'exhorter à se réconcilier avec Robert. Didier n'ayant pu rien gagner sur le cœur obstiné de Gisulfe , le siégejde Salerne fut entrepris, et poussé avec tant d'ardeur, que les Lombards, pressés par la famine , ouvrirent leurs portes aux assiégeants dans le mois d'août de la même année 1077. Gisulfe, s'étant»
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retiré dans la citadelle, fut bientôt contraint de se rendre, en demandant pour toute grâce la liberté d'aller où il voudrait. Pierre Diacre dit que le pape le nomma gouverneur de la campagne de Rome. Mais D. Blasi déclare n'avoir rencontré aucune charte qui lui donne ce l i ire. Robert Guiscard , dans le même lems qu'il assiégeait Salerne, fit la comptée d'Amalfi, ville alors la plus célèbre d'Italie par son commerce de terre et xle mer. Quelques chroniques avancent que ce fut à la prière des habitants d'Amalfi que Robert vint se rendre maître de cette ville. Cependant nous voyons Gisulfe, onze ans après la conquête des Normands, reconnu souverain d'Amalfi dans les actes publics ; témoin cette charte tirée des archives de Cave, laquelle débute par ces mots : In nominc dumini l)ci eiemi et Sahatoris nustri Jesu Christi , annu ab Incarnation* ejus , eic. ; ostensa sunt duo scripta , yuœ scripta sunt per Johannrm Notarium in anno snprascriptœ duminkœ. Imanuiliouis , millesimo octoçesimo octavo , temporibus domini Roggcri, ^uriusi ducis ; Uamm de meuse apnli , et elt.ru m de meuse maio , indiciione undecimâ concurrente. Unum ex cis cuntinehat qualiter durn infra cwitatem Amalfiam coram prœsentia dumini Gisutfi prin/ipis esset Ademarus judex , et plures more solito cirra eum staret caterva
ftdclium , tune in eadem prœsentia suprascriptus Guaymarius
fidejussorem eis posuerat suprascriptum domiaum Gisulfum principem, etc.
Gisulfe II fut le dernier prince de Salerne. D. Blasi place mo fa nts.
sa mort en 1092. Gemme, sa femme, ne lui donna point d'en-
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Gui, frère de Gaimar IV et duc de Sorrento, eut un fils appelé Gaimar, lequel fut père d'un autre Gaimar , et d'une fille, qui vivaient l'un et l'autre en 1124 et 1126. Le dernier Gaimar n'eut point d'enfants. Sa sœur fut mère de Landulfe de Bariagiano , qui peut être , dit M. de Saint-Marc , le chef d'une maison issue nar elle des princes de Salerne.
Pandulfc, autre fils de Gaimar IV, eut trois fils ^ dont celui <jui paraît avoir survécu aux autres , peut avoir fini ses jours , en 1 1 38 ou n4o , sans laisser de postérité.
Nous ne pouvons pas quitter l'article de Salerne sans faire mention de la célèbre école de cette ville. « Quelques auteurs » ont prétendu faire remonter sa fondation à Charlemagne. » Mais c'est à des tems moins éloignes , dit Giannone , qu'il » faut rapporter l'origine de l'école de Salerne. Dans ses com- 5> mencemenls, elle ne fut point instituée par les soins ou les » ordres d'aucun prince : aussi ne porta-t-elle point le titre XVIH. aa
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» d'académie, de collège ou d'université, mais de simple école. » Elle s'établit à Salerne , parce que cette ville étant sur le » bord de la mer, il s'y faisait dê fréquents débarquements » d'Orientaux et d'Africains. Sous le règne des derniers princes » lombards, les Sarrasins, ou Arabes, y allèrent souvent,
» en sorte qu'ils avaient occasion d'y faire Je longs séjours •
h Insensiblement il s'établit une sorte de commerce qui facilita » aux Salernitains les moyens d'apprendre des Arabes la phi— » losophie , et particulièrement la médecine , dans laquelle ils » excellèrent.
» Entre ceux qui contribuèrent à l'illustration de l'école de » Salerne , il faut placer le fameux Constantin l'Africain , j» originaire de Carthage. Dans ses grands voyages en différentes » parties de l'Asie et de l'Afrique, il avait appris, parmi ces j» nations, diverses sciences, particulièrement la philosophie m et la médecine. Il passa à Babylone , où il apprit la gram- » maire , la dialectique , la géométrie , l'arithmétique , les » mathématiques , l'astronomie , la physique des Caldéens , » des Arabes , des Perses , des Sarrasins , des Egyptiens , des j» Indiens. 11 employa trente-neuf ans à se procurer ces sciences, » et s'en retourna en Afrique. Mais ce grand homme ayant su » que les Carthaginois , jaloux de se voir obscurcis par son m mérite extraordinaire, avaient résolu de le faire mourir, il v s'enfuit dans un navire qui le porta à Salerne , où il resta
» pendant quelque tems caché sous l'habit d'un mendiant
» Bientôt après que Constantin y fut arrivé , le frère du roi de » Babylone y vint aussi , attiré peut-être par la curiosité de a> voir celte ville dont Robert Guiscard avait fait sa capitale, « et qui, par le trafic continuel qu'elle faisait avec différentes m nations, possédait le plus fameux port de la mer d'Occident. » Ce prince reconnut Constantin , ht au duc Robert l'éloge de » ses grands talents , et l'engagea a lui rendre tous les honneurs » dus à son mérite. Ce savant fixa donc son séjour à Salerne, » où il fit prospérer l'étude de la philosophie , et surtout celle » de la médecine qu'il possédait plus que toutes les autres » sciences.
» Après avoir passé plusieurs années à Salerne , il se retira » au Mont-Cassin , où il se fit moine; et , pendant tout le tems » qu'il y demeura , son occupation fut de traduire des livres de » diverses langues , et de composer plusieurs traités de médev ci ne, dont Pierre Diacre a donné un long catalogue. Par les v soins de ce savant , et par ceux des moines du Mont-Cassin , » qui faisaient des études continuelles sur la médecine, l'école » dé Salerne acquit beaucoup de réputation. Déjà , dès le tems du p pape Jean Yill , ces moines étaient médecins \ et un nommé