‹ L'art de vérifier les dates ... t.118. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de NotreSeigneurChapitre 79 sur 132 · CHARLES · texte numérisé non relu

CHARLES

1266. Ciiaulks I, comte d'Anjou et de Provence, dernier

(î) Cette sépulture, toute profane qu'elle était, parut encore trop honorable pour un prince que Rome avait proscrit. L'archevêque de Cosence , irréconciliable ennemi de Mainfroi , satisfit sa haine pour -lui, en obtenant du pape que son cadavre fût déterré, et fût transporté au bord de la rivière de Verde, nommée aujourd'hui Marino, et exposé à l'injure du tems et de l'air, en sorte que les habitants du voisinage n'en ont pu retrouver aucun vestige. ( Giauaoue. )

a3a CHRONOLOGIE HISTORIQUE

fils de Loujs VIII, roi de France , et de Blanche de Castillane au mois de mars 1220 , couronné roi de Sicile , le 6 janvier 1266 , dans l'église du Vatican (1), par cinq cardinaux que le pape Clément IV avait nommés ^ est reconnu en cette qualité, après la victoire de Bénévent, par tous les peuples de Sicile et de Pouille. Il n'y eut que la ville de Lucera , où Hélène, veuve de Mainfroi, s'était retirée avec son fils et sa fille, qui fit de la résistance. Hélène étant passée de là, avec ses enfants, à Manfrédonia, tous trois y furent pris et enfermés dans le château de l'Œuf à Naples. L'entrée de Charles et de son épouse dans cette ville fut d'une magnificence qui surprit les Italiens, chez qui le luxe n'avait pas encore pénétré. Charles s'étant rendu ensuite à Capoue, y trouva dans le château le trésor de Mainfroi, qui était tout en or. Ayant fait vider les sacs qui le renfermaient, il ordonna d'apporter des balances pour le peser. A quoi bon des balances, dit Hugues de Baux, chevalier provençal, et avec le pied ayant partagé le tout en trois parts : Voilà, dit-il, la part du roi monseigneur; voici celle de la reine (qui était présente) ; et le reste pour vos chevaliers. Ce trait de grandeur d'âme plut beaucoup au roi , qui récompensa Hugues par le don du comté d'Avellino. On s'attendait à voir renaître l'âge d'or sous le règne de Charles; mais la dureté de son gouvernement désabusa bientôt les peuples. Loin de diminuer les impôts , comme on s'y attendait , il les conserva tels qu'il les trouva établis, et bientôt après il les augmenta. De nouveaux officiers de justice et de finance , qu'il substitua à ceux de Mainfroi , mirent leur industrie à imaginer les moyens de grossir toutes les espèces de taxes à son profit, et les exigèrent sans pitié. Partout on n'entendit que les voix plaintives des opprimés qui déploraient leurs malheurs présents, et exprimaient leurs regrets de n'avoir connu, qu'après l'avoir perdue, leur prospérité passée. « O roi Mainfroi, disaient ces infor- » tunés, nous t'avons méconnu, tandis que tu nous gouvernais; » maintenant nous te pleurons, lorsque tu n'es plus. Tu nous » semblais un loup dévorant au milieu des faibles troupeaux » de ce royaume. Mais depuis que , par notre inconstante

(1) Ce fut avant celte cérémonie que « Chartes fit serment de fide'- » lité au pape, et promit d'offrir, chaque année, dans l'église de saint n Pierre, cent cinquante onces d'or. ( M. de Jîurigni dit huit mille » onces.) Le titre original se conserve dans les archive;» de Saint-Pierre, » et l'hommage se renouvelle chaque année à Saint-Pierre , dans ta >» présentation de la haquenée. » ( M. d« la Lande , Fojage d % llalic y iom. Il, pag, 53o.)

DE» k0I6 DB SICILE a33

», légèreté, nous sommes tombas sous ta domination présente » que nous avons tant désirée , nous nous apercevons enfin » que tu fus un agneau plein de mansuétude. Nous sentons * à présent combien était grande la donceur de ton gouver- » ncment, comparée à l'amertume de celui d'à-présent. Nous » nous plaignions de voir passer dans tes coffres une partàe de » nos biens ; aujourd'hui tous nos biens, et qui pis est, nos m personnes sont la proie d une nation étrangère ». Oest Sabas Malespina, partisan outré du pape, qui met dans (a bouche des Siciliens ces plaintes. Elles ne furent pas vaines et oisives. Bientôt les principaux d'entre les mécontents concertèrent des mesures pour secouer le joug qui les accablait. Après s'être ass vinc Sici

de quinze à seize ans, était alors en Bavière auprès du duc Olton, son aïeul maternel, et ne subsislaif que par les secours de sa mère Elisabeth, remariée à Maiuard, comte de TyroL Quatre comtes , Galvano , Frédéric Lanza , Conrad Capece et Marin, son frère, s'etant rendus à la cour de Bavière , invitent le jeune prince à venir se rendre maître du royaume de Sicile, qui lui appartenait par le droit de sa naissance. La plupart des villes impériales d'Italie les avaient déjà prévenus par l'offre qu'elles avaient taite à Conradin de cent mille florins d'or, pour l engager à tenter la même entreprise. L'ambition et le courage héréditaires dans sa maison le décident à suivre la voie qui lui est ouverte, pour faire une si belle conquête. Ce fut en vain que sa mère, craignant les malheurs auxquels il s'exposait , voulut s'opposer à cette résolution. Elle fut, à la fin, obligée de se rendre à l'avis des princes d'Allemagne, qui autorisaient de leurs suffrages le parti que son fils avait pris. Conradin prit dès-lors le titre de roi de Sicile, comme il avait déjà pris celui de roi de Jérusalem, que personne ne lui disputait. Le pape ne tarda pas d'être informé de ce qui se passait en Bavière. 11 écrivit en diligence à Conradin, pour le détourner du voyage qu'il projetait de faire en Italie, et en même tems il déclara excommuniés tous ceux qui le reconnaîtraient pour roi de Sicile. Ces défenses qu'il renouvela le jeudi-saint i4 avril de l'an 1267, n'intimidèrent point Conradin, instruit, comme il l'était, que les papes n'ont aucun droit sur le temporel des rois.

Cependant Conrad Capece , que Conradin avait fait général

4^4 £MB0jNOL0G1E historique ' \

arbore lés étendards de Con radin. Les Français veulent réprime* la révolte des Siciliens , et reçoivent divers échecs.

Chartes d'Anjou étàit alors en Toscane, occupé àr découvrir le caractère des Gibelins. Ce fut là qu'il apprit que la Sicile s'était révoltée en faveur de Conradin. Cette nouvelle ne lui fit *pas néanmoins abandonner la Toscane pour retourner dans ses états, où sa présence semblait nécessaire. Plein de confiance , il continua là guerre qu'il faisait hors de chez lui : sur quoi le pape lui fit dé vifs reproches, l'avertissant que s'il se laissait dépouiller d'un royaume que l'église romaine lui avait conféré, et où elle l'avait maintenu jusqu'alors à si grands frais, elle n'en ferait pas de nouveaux, s'il venait à le perdre, pour l'y rétablir. Cependant Conradin, après avoir fait ses préparatifs, commençait à se mettre en marche pour l'Ualie , à la'tete de dix mille chevaux, accompagné du comte de Tyrol, son beaupère, de Louis, comte palatin du Rhin, et de Frédéric de Bade son cousin, qualifié duc d'Autriche, parce qu'il était fils d'Herman VI, margrave de Bade, et de Gertrude, fille et Héritière de Frédéric 11, duc d'Autriche, que Przemislas— * Octave avait dépouillée de cette succession. H arrive à Trente ^ vers la fin d'octobre , et s'y voit arrêté pour quelque tems , par l'opposition que formaient à son passage les villes de Lombaruie, qui étaient dans les intérêts du pape. Mais tandis qu'il s'étudie à les gagner, son beau-père et son oncle l'abandonnent. Cette désertion n'abat point son courage : résolu de vaincre- ou de mourir, il passe à Vérone , où il publie un manifeste pour exhorter les peuples à venir se ranger sous ses enseignes. De Vérone, après y avoir séjourné trois mois, il arrive à Pavie , sur la fin de février 1268. Mais les hommes et l'argent lui manquant , il ne lui est pas possible de rien entreprendre.

Charles jugeant enfin indispensable pour lui de retourner dans ses états, quitte la Toscane pour s y rendre', et voit, en passant par Viterbe , le pape oui renouvelle en sa faveur le* anathèmes lancés contre Conradin et ses adhérents. Celui-ci entre à Pise dans le tems qu'on fulmine la bulle de sa proscription ; mais cela n'empêche point qu'il ne reçoive dans cette ville les plus grands honneurs , et qu'il n'y acquière un grand nombre de partisants , ainsi quç, dans les autres lieux de Ta Toscane. De Pise , il s'achemine vers Rome , et sur sa route 1 il traverse Viterbe. Le pape, de son palais, le voyant passer, dit à ceux qui étaient auprès de lui : Voilà un prince qui court à la mort La pompe avec laquelle Conradin est reçu dans* Home, surpasse tout ce qu'on y avait fait à l'entrée de son rival. \ Ce fût à Henri de Castille, sénateur de Rome et cousin germain, mais ennemi déclaré de Cliarles d'Anjou , que Conradin fut

redevable de ces honneur*. Il part de Rome, le 10 d'août, avec un corps considérable de cavalerie et d'infanterie romaine, et prend le chemin de l'Abruzze , dans le dessein de délivrer Lucera, ville des Sarrasins, dont Charles avait formé le siège. Mais Charles l'avait déjà levé pour arriver avec toutes ses troupes à Aquila. De là il se rendit dans la plaine de Saint- Valentin ou do Tagliacozzo, à cinq lieues du lac Fucin ou de Celano. Ce fut là que les armées ennemies se trouvèrent en présence. Celle de Charles était inférieure en nombre à celle de Conradin , et la victoire semblait assurée à ce dernier. Mais la fortune de Charles voulut que, peu de tems auparavant, il eût reçu à sa cour un chevalier français , nommé Alard de Valeri ou de Valberi, qui revenait de la Terre-Sainte, où il avait servi avec gloire l'espace de vingt ans. C'était un personnage d'une rare prudence et d'une habileté consommée dans le métier des armes. Ce fut lui qui conseilla à Charles de partager son armée en deux corps, et de se tenir en réserve derrière un tertre, avec cinq cents des plus braves cavaliers, pour y attendre l'issue de la bataille. Le août 1268 , les deux armées en vinrent aux mains. On se battit avec fureur de part et d'autre , mais à la lin, comme le plus grand nombre, à égalité de courage , dit Muratori, remporte ordinairement sur le moindre, les Français et les Provençaux commencèrent à reculer et à se rompre. Charles, qui de dessus une éminence, voit le désordie et le carnage des siens, meurt d'impatience de tomber sur l'ennemi ; mais il est toujours retenu par Alard, jusqu'à ce que ses troupes étant débandées, il voie celles de Conradin, les unes, poursuivant les fuyards, les tailler en nièces ou les faire prisonniers, les autres s'occuper à dépouiller les morts. Alors se tournant vers Charles, sire, lui dit-il, il est tems, la victoire est à nous. Aussitôt Charles, avec sa troupe, fond à bride abattue sur l'ennemi en désordre, et ne lui laisse ni le tems, ni je moyen de se rallier. Une partie laissa la vie sur le champ de bataille, une partie fut faite prisonnière , et le reste chercha son salut dans la fuite. Conradin et plusieurs de ses barons , épuisés de fatigues et presque étouffés par la chaleur, avaient déjà quitté leurs casques, dans la persuasion qu'ils étaient vainqueurs. Voyant la scène tout-à coup changée, ils ne pensent plus qu'à fuir. Conradin, le jeune duc d'Autriche , les comtes Galvano et Gérard de Pesé, s'étant travestis en paysans, prennent le chemin de la Maremme , dans la vue de se rendre * Pise et de là en Sicile. Ils marchèrent nuit et jour jusqu'à ge qu'ils fussent arrivés dans une terre, nommée Astura, appartenante à la maison des Frangipani, nobles romains. Ce fut là qu'ils frétèrent une barque de pécheur pour les conduire d

l'argent leur manquant pour avoir des de son doigt une bague de grand prix, qu'il remit au pêcheur, pour s'en procurer sur ce gage. Celui-ci la porta au seigneur du lieu, qui , jugeant qu'elle apparlenait aux princes fugitifs qu'on recherchait, les fit arrêter et les envoya à Charles, qui les fit enfermer dans un des châteaux de Naples, où ils restèrent jusqu'au commencement d'octo1)re. Alors Charles ayant convoqué un grand parlement, auquel assistèrent des barons, des syndics des villes et des jurisconsultes, l'affaire du malheureux Conradin y fut soumise à l'examen. Ricobald , historien ferrarais , dit avoir appris de Joachim Reggio , qui fut présent au jugement, que Gui de Luzano , célèbre docteur ès lois, y soutint , entr'autres jurisconsultes , avec les barons, que « Conradin ne pouvait, avec justice, être » condamné à mort, attendu qu'il était fondé en bonnes raisons » pour chercher à recouvrer le royaume de Poudle et de Sicile-, » conquis par ses ancêtres avec tant de peines et de travaux, u sur les Sarrasins et sur les Grecs, sans s'être rendu coupable » d'aucun délit qui dût le priver de son droit à cette succès- 1 » sion. On alléguait contre ce prince, que son armée avait i> saccagé des églises et des monastères : à quoi l'on répondait j* qu'il n'y avait pas de preuves que cela eût été fait par sou » ordre, et que peut-être les troupes de Charles en avaient fait » autant et même encore pis. Un seul docteur ès lois fut d'un j> avis contraire, et vraisemblablement plusieurs barons gagnés » par Çharles opinèrent à la mort de Conradin. Bref, le roi » Charles se déclara pour le sentiment barbare de ces sortes « de gens , dans la persuasion où il était , qu'il ne pourrait. >j conserver le royaume de Sicile, tant que Conradin serait eu » vie. Ainsi le 29 octobre de cette année ( 1268 , et non de la » suivante, comme quelques-uns l'ont écrit), on dressa dans » la place, ou plutôt sur le rivage de Naples , un échafaud où » fut conduit le jeune Conradin qui , prévenu de son sort, avait » fait son testament et s'était confessé. Un peuple innombrable. » qui était accouru à ce funeste spectacle , ne pouvait retenir >i ses gémissements et ses larmes. La fntale sentence fut lue par 3> le juge Réveil de Bari ; et la lecture fut à peine finie, que » Robert , fils du comte de Flandre (Robert de lîéthune) et » gendre du roi, donna un coup d'épée dans la poitrine du » juge, en disant qu'il ne lui convenait pas de condamner à » mort un si noble et si grand seigneur. Le juge tomba mort » en présence du roi , sans que personne osât dire un mot. » Conradin laissa sa tête sur l'échafaud ; et avant lui fut dé- » collé Frédéric, duc d'Autriche. Après ces deux exécutions , » vint celle du comte Gérard de Donoratico de Pise, qui se

» fit sous les yeux du comte Galvano , sorr père , à qui l'on, fit

» ensuite sauter la tête Comme ils étaient excommuniés $

» leurs corps furent inhumés en lieu profane. Divers écrivains » font mention d'autres nobles exécutés dans cette malheureuse *> journée. Ainsi finit dans la personne de Con radin, la très- » noble maison de Suabe , et dans la personne de Frédéric , » celle des anciens ducs d'Autriche. Par un tel excès de cruauté, » Charles se couvrit d'une infamie universelle aux yeux nonv seulement de ses contemporains , mais de toute la postérité, » Sa barbarie fut détestée même des Français ; et Ton a re~ » marqué que dès-lors ses affaires, qui paraissaient dans le plus j» haut point de prospérité, commencèrent à tellement déchoir, » qu'on vit pleuvoir sur lui les plus cruels revers. Enée Silvius, » .qui fut depuis le pape Pie II , et divers écrivains de Naples » et de Sicile, racontent que Conradin étant sur l'échafaud , j> jeta son gant, en signe d'investiture , au peuple, marquant, » parla, qu'il appelait a sa succession don Pierre d'Aragon, » mari de Constance , fille du feu roi Mainfroi. Mais ce sont » probablement des choses inventées pour donner plus de » couleur à ce que firent depuis les Aragonais. La nouvelle de » la défaite et de la prison de Conrtdin étant arrivée en Sicile , *> les peuples renonçant a leur révolte, commencèrent à rentrer » sous l'obéissance du ft>i Charles. Ce prince y ayant envoyé P son armée navale , renouvela la guerre sous le commande- » ment de Gui de Montfort ou de Guillaume Létendard et » réduisit sous ses lois tout le reste de l'île , en faisant un » grand carnage , sans distinction des coupables et des irmo- » cents. Conrad d'Antioche , chef des révoltés, ayant été mis » en prison , fut d'abord privé de la vue et ensuite pendu avec » Nicolas Maleta. Frédéric de Castille et Conrad Capece eurent » le bonheur de se soustraire à la fureur du roi, en se sauvant m sur des vaisseaux à Tunis. Charles ne borna point là sa ven» » geance contre les peuples de Sicile et de Pouille; il dévasta » leurs villes et leurs terres, fit une boucherie de ceux qu'il » avait fait mettre en prison, établit des impôts exorbitants 4» sur les peuples de ces contrées , et permit à ses français une » licence efFrénée , en sorte cfue ses misérables sujets s'imagl- » riaient être tombés dans une déplorable servitude pire que » celle qu'ils auraient éprouvée sous les barbares ». (Ann* d 'Ital. , tom. VII, pp. 385 , 386. ) Clément IV fut lui-même touché de ces malheurs , et écrivit à Charles , mais en vain , pour rengager à modérer sa fureur : tant s'en faut , dit l'annaliste d'I laïie, qu'il eût conseillé, comme plusieurs malveillants Vont prétendu, la mort de Conradin.

La reine Elisabeth , mère de Conradin , à la nouvelle de son

Di

a"8 CimOHtLOGHE HISTORIQUE

emprisonnement , s'était mise en route avec une grosse somme pour le racheter; mais étant arrivée trop tard, elle donna une grande partie de cet argent aux religieux du -couvent del Carminé de Naples, afin qu'il priassent Dieu, à perpétuité, pour le repos de son âme. On voit encore, dans cette église, son tombeau et celui de Frédéric , son cousin. (1785.)

Il ne restait plus, en 1269, au ro ' Charles d'autres villes à soumettre dans la Pouille, que Lucera , le nid des Sarrasins. ^En ayant formé, celte année , le siège, il poussa cette entre**»

Ï>rise avec tant d'ardeur et de constance , qu'après avoir réduit es habitants à se nourrir d'herbes , il les contraignit de se rendre à discrétion. Les ayant en son pouvoir, il les dispersa en diverses provinces , pour les empêcher de se réunir contre lui. Plusieurs d'entre eux embrassèrent ou feignirent d'em»brasser le Christianisme. On détruisit de fond en comble les murs de la ville , et tèuis les déserteurs chrétiens qu'elle renfermait , furent passés au Si de Tenée. (Sabas Malespina, l. 4» c. 20.)

L'avidité de Charles ne se bornait pas au pays que les droitJ de. sa naissance ou la force de ses armes lui avaient acquis-; toute l'Italie devint l'objet de sa cupidité : en quoi il fut secondé de gré ou de force , c drame chef de la faction des Guelfes, . par les papes. Dans cette vue, il envoya des ambassadeurs aux principales villes de Lombard ie poiar les inviter à se rendre a un grand parlement qu'il convoqua à Crémone, Ce fut là qu'il .exposa son dessein , en promettant à tous ceux qui l'approuveraient sa protection et plusieurs grands avantage^. Les Plaisantins, les Crémonais , les Parmesans , les Modénois, les Ferrarais et ceux de Reggio consentirent, sans difficulté, à se donner à lui. Mais il n'en fut pas de même des Milanais, des Coraasques, des Verceillais , des Novarrais, des Alexandrins , des Tortonais , des Turinais , des Pavesans , des Bergamasques, des Bolonais et du marquis de Montferrat. Ils voulaient bien avoir Charles pour ami , mais nullement pour maître. Ce fut dans cejpartage de sentiments que se termina le parlement sans que Charles eût pu retirer aucun fruit tks hautes idées que son ambition lui avait inspirées. (Mura/.» Ann. , toro. VU , pag. 390. ) *

L'an 1270, Charles conduit une flotte en Afrique, au se* cours de saint Louis, et aborde près de Carthage, le *5 août, presqu'au moment <jue ce monarque venait d'expirer. Au retour, il fit une action bien barbare et dont les Infidèles auraient eux-mêmes rougi. La flotte du roi de France, en revenant d'Afrique en Sicile , fut accueillie d'une violente tempête qui submergea une partie de ses vaisseaux et en obligea plusieurs daller échouer sur les terres. Charles eut la cruauté

ele s'approprier les débris de ce naufrage, au préjudib propriétaires , allégant une loi du roi Guillaume 1 et la

lice d,scoutume , qui adjugeaient au fisc tous les effets des vaisseaux qui se brisaient sur ses côtes. En vain les Génois, qui étaient aa nombre de dix mille dans cette flotte, représentèrent-ils qu'ils étaient venus à sa demande pour le service de lar croisade , qu'il leur avait promis toute sûreté pour leurs personnes et leurs effets , qu'il leur avait même fait espérer d'être indemnisés de leurs pertes : le tribunal de l'amirauté fut sourd à ces remon- , trances et prononça la confiscation. ( Cafïari , Ann. Genn. 9

L'an 1278, au mois de janvier, Charles prend le titre de roi" de Jérusalem, et se fait couronner en cette qualité par le pape, Comme ayant acquis, en décembre 1277, les droits de Marie, fille de Boémond IV, prince d'Antioche et petite-fille d'Isabelle et du roi Jean de Brienne. Roger de San^Severino , qu'il avait nommé baile de ce royaume, arrive avec six galères, le 7 juin, à Saint— Jean d'Acre, prend possession de la ville et du royaume , au nom de Charles, et oblige les barons avec le secours des Templiers, à lui prêter serment de fidélité. {Voy. Boémond IV, prince d'Antiocfie , et Hugues 111, roi de Chypre.)

L'an 1 281, après la mort de Nicolas III, Charles force les cardinaux assemblés à Viterbe, d'élire le nape qu'il voulait, c'est-à-dire un français. L'élection tomba, le 22 février, sur le cardinal Simon de Brion, qui prit le nom de Martin IV. Les Siciliens, cependant, gémissaient sous le poids des impôts dont Charles les accablait et sous la violence dont ses officiers usaient à leur égard. La licence et la lubricité des Français achevaient de désespérer cette nation jalouse à l'excès 1 . Jean de Procida, ainsi appelé d'une île près de Naples dont il était seigneur , banni de Sicile pour son attachement à la maison de Suabe , entreprend de délivrer sa patrie du joug qu'elle déteste: Il était alors à la cour de Pierre , roi d'Aragon, époux de Constance, fille de Mainfroi. Par son éloquence, il persuade à ce prince de tenter l'invasion de la Sicile , comme d'un bien appartenant a. sa femme, l'unique rejeton dé la maison de Suabe. 11 passe

logue, une audience secrète dans laquelle il le prévient que . « te roi Charles et les Vénitiens ont fait une ligue contre lui , m qu'on travaille à équiper une grande flotte , que le roi ife m France ne manquera pas de soutenir le roi de Sicile, so»i » oncle; que le seul moyen de détourner cet orage est de

CHHONOI.OGIE HISTORIQUE

» donner à ce dernier de l'occupation chez lui en faisant ré* » voiler la Sicile dont les peuples étaient las de la tyrannie 3» française; que la chose était très-facile, si l'empereur voulait » les aider, et que le roi d'Aragon n'attendait que l'occasion m pour faire valoir les droits de la reine Constance, son épouse. » 11 ajouta qu'il n'était pas nécessaire que l'empereur armât ; j» que , pourvu qu'il fournît de l'argent , il y avait tout sujet » d'espérer que le succès de l'entreprise serait heureux, Michel » promit tout ce qu'on désirait. Il donna des lettres à Pro- » cida pour le pape Nicolas 111 (ennemi du roi Charles), et » pour le roi d'Aragon, et chargea Benoît Zacharie,'un dç » ses secrétaires , d'accompagner Procida en Europe , et d'as- ,» surer que les mécontents pourraient compter sur trente » mille onces d'or , qui leur seraient délivrées âu premier » hesoin qu'ils en auraient pour exécuter leurs projets ». (Burigni, Hist. de Sicile, tom. II, pag. 186. ) L'an ia82 r le 3o mars, lendemain (et non le surlendemain) de Pâques, grand soulèvement à Palerme contre les Français. Ce ne fut point, comme on le pense ordinairement, un coup prémédité. Le peuple allait tranquillement et sans aucun mauvais dessein entendre les vêpres à l'église du Sainfe-Esprit, située a six cents pas de la ville. Cependant , sur quelques bruits qui couraient , le commandant, Jean de Saint-Remi, avait donné ordre d'examiner s'il n'était point armé. Ce fut pour le soldat une occasion de manquer de respect aux femmes. Un français, nommé Prognel, voyant passer une jeune dame parfaitement belle, l'insulte brutalement sous prétexte de chercher si elle n'avait point quelque poignard caché sous ses robes. Aux cris qu'elle jette , son père et son mari , qui n'étaient pas loin, accourent avec leurs amis. On s'écrie dans le premier transport qu'il faut tuer ces insolents. Les bourgeois se rassemblent, tous en même teins fondent sur cette soldatesque licencieuse , dont une partie est massacrée sur la place, l'autre poursuivie dans la ville, où l'on ne mit plus de différence entre eux et les autres français; ils sont tous dévoués à la mort sans distinction (i). La fureur alla si loin , qu'on n'épargna ni les femmes, ni les enfants , ni même les Siciliennes qui étaient grosses des Français. C'est là

(t) Pour discerner les Français , et ne pas confondre avec eux les Siciliens dans le massacre , on obligeait ceux qui étaient suspects , de t prononcer le mot ciceri, et , à leur prononciation , on jugeait s'ib riaient naturels ou étrangers. On n'épargna, dans Palerme, d'autre Français que Guillaume de Porcelets , gouverneur de Pouxzoles > eo Aonaidéi alion de sa justice et de sa vertu.

DES HOIS DE SICILE. » Û^f

ce quon appelle les Vêpres siciliennes. Il est raux qu^à^a iDéme' heure, on ht main-basse sur les Français dans toute la Sicile s il est également faux que les Parlermitains aient! alors proclamé roi Pierre d' Aragon. Ils arborèrent, au contraire, la bannière de l'église , en proclamant le pape Leur souverain. Etant après cela sortis en armes, ils entraînèrent plusieurs villes dans leur révolte, telles que Palerme, Montréal, Cooigion, Carini , Tcrmini , qui, peu de jours après, firent main basse sur les Français qu'elles renfermaient. Le 3i mars suivant , même massacre à Céphaledi, àTrapani, à Mansale et à Mazare. Les Messinois ne furent pas si prompts à se déclarer : ils le firent, néanmoins, avant la fin d'avril > en tuant ou chassant de leur ville tous les Français qu'elle renfermait. Charles reçoit à Monlefiascone, où il était avec le pape Martin IV, la nouvelle de cette révolution par un courrier que lui avait dépêché l'archevêque de Montréal. Après avoir rongé de colère , sans dire mot , la canne qu'il tenait à la main , il rompt enfin le silence, en disant qu'il laissera un terrible exemple qui désormais fera trembler tous les rebelles. Presque aussitôt il mande au prince de Salerne, son fils , qui était alors en Provence, d'aller à la

peu de tems auparavant , avec le prince de Salerne , bientôt il se vit à la tête d'un armement épouvantable, composé de plus de cent galères , deux cents bâtiments pour passer la cavalerie , dix mille hommes d'armes et une infanterie sans nombre. (Pï/Aiw, l. VII, c. 62.) Le pape, de son côté, pour le seconder, avait publié, le 7 mai 1282 , fête de l'Ascension , une bulle portant défense, sous les peines les plus graves, qu'il se croyait en droit de prononcer , a toutes personnes ecclésiastiques ou laïques de prêter aucune assistance aux rebelles. Il nomma de plus son légat en Sicile, le cardinal Bianchi avec plein pouvoir de traiter avec les conjurés et de pacifier toutes choses.

Charles ayant assemblé toutes ses troupes, passe le détroit et arrive , le 16 juillet, devant Messine, dont il forme aussitôt le siège. Les Messinois , dans une sortie qu'ils firent sur les assiégeants , essuient une défaite , et étant rentrés dans leurs murs, ils apprennent que le château de Melazzo a été emporté de force par les Français. Ce double revers les engage à faire une députation au roi et au légat qui l'accompagnait. Les députés sont très-mal reçus du monarque; mais le légat, fléchi par leurs prières , veut bien se rendre à Messine pour entendre les conditions auxquelles les assiégés consentaient à rentrer sous Tobéislance de Charles. Elles se réduisaient à trois points: XY111. 61

que le ^>assé soit mis en oubli ; que le roi se contente des tributs établis sous Guillaume le Bon; et que les Français soient exclus de toute magistrature et de toute charge en Sicile. Le» seigneurs de l'armée française étaient d'avis qu'on déférât à ces. propositions. Mais Charles les rejette avec hauteur, et leur en oppose trois autres ; savoir, que les taxes continueront d'être levées comme elles sont depuis son avènement au trône ; qu'il lui sera libre de confier les emplois de tout genre aux Français comme aux Siciliens; enfin, que les Messinois lui remettront huit cents otages dont il pourra disposer à son gré. Cette réponse met le désespoir dans le cœur des Messinois et les détermine à manger plutôt leurs enfants que de se rendre. Le légat , voyant que sa médiation était inutile, se retire après avoir déclaré les habitants excommuniés. Le siège continue avec une ardeur incroyable, et la défense n'est pas moins vigoureuse. Charles comptait, par un assaut général , se rendre maître du pays ; mais il fut tien désabusé en voyant les assièges fermer leurs brèches à mesure qu'elles s'ouvraient , et par là rendre ses efforts inutiles.

Les affaires de Messine étaient en cet état lorsque Pierre roi d'Aragon , invité par utig ambassade des Palermitains , arrive d'Afrique, où il avait Wint une expédition pour donner le change à Charles» et vient débarquer, le 10 août, à Trapani , avec une flotte composée de cinquante galères , sans compter les autres moindres vaisseaux, et chargée de huit cents hommes d'armes avec dix mille fantassins. {Anna/. d'ItaL , tom. VII.) La descente se fit le 3o août; et deux jours après, le roi d'Aragon 6t son entrée dans Palerme , dont les habitants le reçurent comme leur libérateur. Pierre , par le conseil de Jean de Procida qui l'accompagnait , envoie sa flotte , sous la conduite de l'amirante Roger de Loria , dans le phare de Messine , pour surprendre celle de Charles qui n'avait personne pour la défendre. Ce dessein ayant transpiré , Charles lève promp tement le siège de Messine pour repasser en Calabre, dans la crainte que son rival ne lui coupe la communication avec ses états de terre ferme. L'amirante , étant entré dans le détroit de Messine avec soixante galères, en prend vingt-neuf à Charles. Passant ensuite à Reggio, puis à Catane, il brûle dans leurs ports quatre-vingts huissiers ou grosses barques de transport , et cela , sous les yeux de Charles , qui , désespéré , se retire à Naples. Pierre arrive à Messine le 2 (non le 10) octobre , et y est reçu comme il l'avait été à Palerme. Il y fait venir la reine Constance , son épouse , avec Yolande, sa fille, et ses fils, Jacques, Frédéric et Alfonse, qui furentjfeçus , le 22 avril 1260 (Muratori, tom. Vil, pag. 44j • )» * vr c l°* démonstrations de joie qu'un peuple sortaut de l'oppression

peut donner. De Naples , Charles passe en Calabre, pour con—

çaise , commandée par Pierre , comte d'Alençon , frère du monarque français , par Hubert , comte d'Artois , par les comtes de Bourgogne et de Daramartin, et Mathieu de Montmerencii Le roi d'Aragon , à qui l'argent commençait à manquer, a recours à la ruse pour tenir l'ennemi dans 1 inaction. Connaissant la valeur des Français, moins réfléchie que bouillante, il fait signifier à Charles un acte farci des injures les plus outrageantes* par lequel il le défie , pour vider leur querelle, à un combat de cent hommes contre cent hommes , et assigne, pour t héâtre de la .scène, la plaine de Bordeaux. Charles, sans délivrer, accepte le défi (i), et promet de se trouver à la tête de sa troupe, le I er - juin suivant, sur le terrain indiqué. Le pape, informé par Charles lui-même de cette résolution , la blâme hautement et fait tous ses efforts pour empêcher quelle ne s'exécute. Dans une longue lettre qu'il lui écrit à ce sujet , il lui remontre que c'était la mauvaise situation où se trouvait son rival qui l'avait engagé à proposer ce moyen de terminer la guerre , parée qu'il sent sa faiblisse et celle des rebelles , qui tremblent aux seules approches d'une armée florissante ; qu'en acceptant ce combat , il perd tout l'avantage qu'il a sur l'Aragonais, qui, par là, devient son égal; qu'en s'éloignant de la Sicile, il s'expose au danger de ruiner toutes ses affaires. Il ajoutait que c'était un faux point d'honneur de soutenir rengagement qu'il avait pris, quoiqu'il Peut confirmé par unserment , attendu qu'un tel serment , étant téméraire et contraire au bien de l'église et de l'état , ne l'obligeait en aucune manière; qu'en tout cas, il lui en donnerait l'absolution et lui défendrait même, sous peine d'excommunication, de l'ob* server. Il écrivit de plus au roi d'Angleterre , seigneur alors du Bordelais , pour le prier de ne pas permettre que le combat se donnât sur ses terres. (Rainaldi, ad an. 1283.) Mais Charles était trop entêté sur le faux point d'honneur pour se rendre aux raisons que le pape lui alléguait dans cette lettre , et qu'if lui représenta ensuite de vive voix , dans une' entrevue qu'ils

(i) Il y a partage entre les historiens, sur celui des deux rois qui provoqua l'autre au duel. Ceux d'Aragon prétendent que ce fut le roi Çharles. «Mais outre qu'il n'est pas vraisemblable , dit M. de Burigni^ » qu'une pareille proposition vienne du prince le plus puissant , le- » le pape Martin IV assure positivement que le roi Pierre ûi le pre- » miei fiT proposition du duel. »

eurent ensemble. Déterminé à tenir sa parole , il écrivit au roi dé France , son neveu , pour le prier de lui faire fabriquer à Paris -une armure complète, pour lui et les gens qui devaient combattre avec lui; ce qui fut promptement exécuté. 11 part ensuite, laissant la régence du royaume au prince de Salerne , son fils aîné , et le commandement de l'armée aux comtes d'Alençon et d'Artois. Arrivé à Paris , il est accompagné du roi , son neveu , .et d 1 une nombreuse noblesse-, pour se rendre à Bordeaux. S'é tant présenté au jour assigné devant le sénéchal du roi d'Angleterre, il entre dans la lice avec ses cent chevaliers, et y demeure depuis le lever jusqu'au coucher du solei-l. Mais VAragonais n'ose paraître. Les historiens ne sont pas ici d'accord. Les uns disent que le roi d'Aragon n'alla point a Bordeaux ; les autres rapportent qu'il s'y rendit travesti ; qu'il alla» se présenter devant le sénéchal du roi d'Angleterre , auquel il protesta qu'il était prêt à combattre le roi Charles; mais qu'il ne le pouvait pas, attendu qu'il n'y avait pas de sûreté, le roi de France étant à une journée de Bordeaux avec trors mille chevaux , et la ville étant pleine de Français } qu'après avoir pris ensuite du sénéchal un certificat de son exactitude à se rendre à l'assignation, il étai^remonté à cheval pour, retourner en Aragon. - 4f *i

Le pape Martin IV, prenant la défense du roi Ckarles, déclare le roi Pierre non-seulement usurpateur du royaume de Sicile, mais aussi déchu du royaume d'Aragon avec ses dépendances, qu'il adjuge à Charles , comte de Valois, second fils du roi Philippe le Hardi , à condition de le tenir en fief de l'église. «Je laisse à d'autres , dit Muratori, à décider si ce a» décret fut juste et louable. Mais ce q^ue je sais bien, c'est » que les Français, qui, dans ces derniers tems , ont attaqué » le pouvoir que s'attribuent les souverains pontifes, de dépo- » ser les rois et de disposer de leurs royaumes, reçurent à » baise-main ce don que le pape Martin leur fit des états d'un » autre , et firent leurs efforts , comme nous le verrons , pour » s en rendre maîtres ».

Charles, dans la même année (ia83), fait partir de Provence une flotte de vingt voiles, pour aller au secours de Malte , dont le château , fidèle a ce monarque , était assiégé par les Siciliens. Roger de Loria en ayant avis , sort de Messine avec dix-huit galères, pour attaquer celle (lotie; et l'ayant attaquée dans le port de Malte , lui livre un combat furieux» qui dura plusieurs heures , el finit par la prise de dix galères.

Î provençales qu'il amena dans le port de Messine. Les dix autres , brt mal trailées par les Siciliens , s'en retournèrent en dili-» genec au pays d'où elles étaient venues. (Murât.)

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